Guerre fratricide entre Armagnacs et Bourguignons

LA GUERRE DE CENT ANS

De 1337 à 1453

Blason du royaume d’Angleterre

Blason du royaume de France

LES VALOIS DIRECTS

Armes des Valois

GUERRE FRATRICIDE ENTRE ARMAGNACS ET BOURGUIGNONS

Blason de la maison Armagnac

Croix de Saint-André des Bourguignons

Armagnacs et Bourguignons

CONTEXTE

Au début du XVème siècle, la France, déjà en lutte avec le royaume d’Angleterre dans le cadre de la Guerre de Cent Ans, doit subir sur son sol un autre fléau : une guerre civile qui va sérieusement l’affaiblir. Ce conflit est une lutte armée dirigée par les deux branches cadettes de la dynastie royale des Valois : les Armagnacs et les Bourguignons. Il a pour objectif le contrôle de la régence de Charles VI, roi de France. Celui-ci est dans l’incapacité de gouverner, car devenu fou…

De 1407 à 1435, le royaume de France va être déchiré par ces affrontements sanglants, où les deux factions vont se combattre sans merci. Alors que la guerre avec l’Angleterre reprend, le pays divisé sombre dans l’anarchie.

Lire : la folie du roi Charles VI

SOMMAIRE

Depuis 1392, année qui marque le début de la folie du roi Charles VI, deux camps s’opposent violemment : celui de Philippe de France (duc de Bourgogne), oncle du roi, et celui de Louis Ier d’Orléans, frère du roi. Les deux partis s’affrontent pour contrôler le Conseil de régence.

Philippe le Hardi, duc de Bourgogne

LE « CASUS BELLI »

En 1404, après la mort de Philippe de France (premier duc Valois de Bourgogne, dit « Philippe le Hardi »), son neveu Louis d’Orléans s’installe à la tête du royaume et accroit son influence sur la régence. Écarté du pouvoir, « Jean Sans Peur », le fils de « Philippe le Hardi » et donc nouveau duc de Bourgogne, voit les richesses de ses possessions bourguignonnes réduites. Il saisit là une bonne occasion pour se débarrasser de ce neveu ambitieux, et ordonne son assassinat.

Le 23 novembre 1407, Louis Ier d’Orléans, frère du roi Charles VI, est assassiné sur ordre de son cousin Jean Ier de Bourgogne, dit « Jean Sans Terre ». Cet acte meurtrier représente le « casus belli » qui va plonger la France dans une grave guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Les hostilités prendront fin avec le traité d’Arras, le 21 septembre 1435.

Signature du Traité d’Arras (21 septembre 1435)

Traité d’Arras, signé entre le roi de France Charles VII et le duc de Bourgogne Jean le Bon.

Cet assassinat plonge le royaume dans la guerre civile, entre les Armagnacs (partisans de la maison d’Orléans, menés par Bernard VII d’Armagnac), et les Bourguignons (réunis derrière le duc de Bourgogne, « Jean sans Peur »).

Jean sans Peur

Les deux belligérants vont se disputer Paris et la régence du royaume de France. À ces antagonismes se rajoutent des divergences sur la conception de l’État, la religion, l’économie et la diplomatie.

En pleine Guerre de Cent Ans, les deux partis belligérants vont tenter d’avoir le soutien de l’ennemi anglais, dont le roi Henri VI revendique ses droits sur la couronne de France.

Dès 1415, les Armagnacs se rangent derrière le dauphin Charles, le futur Charles VII.

Charles VII

Après l’assassinat de Jean sans Peur en 1419, les Bourguignons s’allient avec les Anglais ; dès lors, ils participent à l’invasion anglaise et contribuent à établir le roi d’Angleterre sur le trône de France.

21 septembre 1435 – Le traité d’Arras

En 1435, la signature du traité d’Arras, met fin à la guerre civile. Les Bourguignons se rallient à Charles VII, ce qui permet à celui-ci de se consacrer entièrement à la guerre contre les Anglais.

ET SI CHARLES VI N’ÉTAIT PAS DEVENU FOU ?

Qui peut dire ce qu’il se serait passé si la raison de Charles VI ne s’était pas mise si tôt à « battre la campagne » ? Car c’est bien là, la cause qui a mis le feu aux poudres. Le roi fol, dans l’incapacité de gouverner son royaume, va abandonner les rênes du pouvoir et laisser le champ libre à ses oncles. Ils sont tous autant avides et ambitieux les uns que les autres ; ce qui ne va rien arranger ; bien au contraire…

Charles VI

Parmi ceux-ci, Philippe II le Hardi (duc de Bourgogne) ; c’est le plus déterminé à s’emparer de la régence du roi fou. S’oppose à lui le frère cadet de Charles VI, Louis 1er d’Orléans. La rivalité est policée mais coriace.

Philippe le Hardi duc de Bourgogne

En 1404, Philippe meurt et son fils, celui que l’on nomme « Jean sans Peur », entend bien continuer la lutte et poursuivre le combat de son père.

Armes de Philippe le Hardi

La courtoisie va laisser la place à la rage : le 21 novembre 1407, Louis 1er d’Orléans est assassiné sur ordre de son cousin et rival « Jean sans Peur ».

PARIS AUX MAINS DES BOURGUIGNONS !

Depuis l’assassinat de son père (Louis 1er d’Orléans), le 23 novembre 1407, par les hommes du duc de Bourgogne (Jean sans peur), Charles d’Orléans demande justice. Pour se venger, il fait alliance avec Bernard d’Armagnac (le chef du parti des Armagnacs). La France, déjà en guerre contre l’Angleterre, bascule dans la guerre civile. Ce second conflit connaîtra son apogée le 29 mai 1418, quand les Bourguignons prendront Paris et y feront régner leur dictature.

Armagnacs et Bourguignons

En 1415, le parti armagnac est décapité lors de la bataille d’Azincourt, et Charles d’Orléans est captif en Angleterre.

Charles d’Orléans prisonnier dans la tour de Londres

Mais Bernard VII d’Armagnac, nommé connétable du royaume, et chef de la régence du Dauphin, est au sommet de sa puissance. Il est le maître de Paris depuis qu’il a écrasé « la révolte cabochienne », en 1413. Il y fait régner une grande terreur en faisant exécuter tous les partisans avérés ou supposés de ses adversaires. La répression est telle que les Parisiens en viennent à souhaiter le retour des Bourguignons.

Dans la nuit du 28 au 29 mai 1418, un dénommé, Perrinet Leclerc (fils d’un capitaine de la milice qu’on dit avoir été malmené par un soldat armagnac) ouvre avec ses clés la

La révolte des Cabochiens ou des «Écorcheurs »

porte de Buci. Il laisse entrer dans la ville le sire Jean de Villiers de l’Isle-Adam (capitaine bourguignon), et près de 800 cavaliers.

Ces derniers s’attaquent aux Armagnacs aux cris de « Paix ! Vive Bourgogne ! » Bernard d’Armagnac est capturé, et, en deux jours, plus de 500 personnes sont massacrées par la populace.

29 mai 1418 prise de Paris par Jean sans Peur, duc de Bourgogne.

Charles VI, sorti de son lit, se voit obligé de défiler à cheval dans les rues de Paris, pour faire croire qu’il soutient ces crimes. Mais le Dauphin Charles (le futur Charles VII), lui, échappe aux Bourguignons. Le prévôt des marchands Tanneguy Duchâtel, avec l’aide d’Ambroise de Loré (tous deux partisans des Armagnacs), après avoir enveloppé le dauphin dans une robe de chambre l’emmènent à la Bastille Saint Antoine, puis à Melun.

Lors de la prise de Paris par les Bourguignons, Tanneguy du Chastel emporte le dauphin à la Bastille Saint-Antoine.

Enragée, la fureur parisienne redoublera de violence, et, le 12 juin, 4000 prisonniers armagnacs seront de nouveau exécutés, dont Bernard d’Armagnac en personne.

Réfugié à Bourges, le dauphin se proclamera lui-même régent du royaume de France.

Charles VII, roi de France.

Ce qui lui vaudra le surnom de « petit roi de Bourges ».

 

 

 

 

LA NAISSANCE DES DEUX PARTIS RIVAUX

Après l’assassinat, le duc de Bourgogne « Jean sans Peur » préfère quitter Paris. Mais son crime ne peut rester impuni. Valentine Visconti, la veuve du malheureux Louis 1er d’Orléans, s’enquiert de demander justice au roi. Celui-ci promet sans trop y prêter attention.

En janvier 1408, le duc de Bourgogne rentre à Paris. Il a l’intention de se justifier auprès du roi Charles VI pour obtenir son pardon. Face à cette offense, la veuve Visconti quitte la capitale pour Melun, avec à sa suite les princes à la fleur de lys, terrifiés par la puissance du duc de Bourgogne.

Blason du duché d’Orléans

Celui-ci est maître de Paris et cherche le soutien de l’Université, des bourgeois et des marchands. Mais il doit s’absenter un temps et partir pour Liège, où la révolte se fait de plus en plus menaçante.

LA BATAILLE D’OTHÉE

La plupart des villes de la principauté de Liège sont en révolte, avec à leur tête Jean de Hornes. Le 23 septembre 1408, l’insurrection va aboutir à la défaite des Liégeois à bataille d’Othée. Les Liégeois sont massacrés sur place sur les ordres de Jean sans Peur, qui a interdit qu’on fasse grâce à aucun prisonnier. Henri et Thierry de Hornes (chefs de la révolte), de même que les principaux nobles de l’armée liégeoise, périssent dans la bataille. Jean de Hornes, le principal chef, parvient lui à se retirer après la bataille. La victoire de l’armée de Jean sans Peur est suivie d’une répression féroce.

Pendant ce temps, la veuve du duc Louis 1er d’Orléans, Valentine Visconti, regagne Paris. Mais en novembre 1408, elle s’enfuit à nouveau devant l’assassin de son époux, le duc de Bourgogne « Jean sans Peur », victorieux à la bataille d’Othée. Cette fois, accompagnée des princes et du dauphin, le futur Charles VII, elle part se réfugier à Tours. Elle mourra retirée au château de Blois, à peine plus d’un an après son époux, à l’âge de quarante ans…

Gisant de Valentine Visconti, basilique Saint-Denis.

Au château de Blois, elle a fait graver sur les murs et sur le tombeau de la chapelle des Célestins la phrase devenue célèbre : « Rien ne m’est plus, plus ne m’est rien. »

A sa mort, on tente une réconciliation. Le 9 mars 1409, à Chartres, le duc de Berry organise une entrevue. La réunion prend une tournure hypocrite et fausse, si bien que le jeune Charles d’Orléans (le fils de Louis 1er d’Orléans et de Valentine Visconti) rentre à Blois animé par un profond désir de vengeance.

Le duc de Bourgogne, « Jean sans Peur », va régner sur la capitale pendant une année, imposant sa volonté au roi de France Charles VI.

Terrifiés, ses rivaux s’organisent autour de Charles d’Orléans et de son beau-père, Bernard VII, comte d’Armagnac.

Dans le projet de venger son père, Charles d’Orléans fomente partout des animosités envers le duc de Bourgogne, désormais maître de Paris.

Le 15 avril 1410, à Gien, Charles d’Orléans, ayant pris pour épouse la fille de Bernard VII d’Armagnac, forme à l’occasion de ses noces une ligue contre le duc de Bourgogne et ses partisans. Cette alliance se compose, outre le duc d’Orléans et son beau-père, des ducs de Berry, de Bourbon et de Bretagne, ainsi que des comtes d’Alençon et de Clermont. Tout ce beau monde décide d’engager des troupes pour défendre l’honneur du roi maltraité par le duc de Bourgogne. C’est la naissance du parti Armagnac.

De son côté, « Jean sans Peur » rassemble les seigneurs de Bourgogne et de Flandre, requiert l’aide des comtes de Savoie et de Foix.

Au cours de l’été 1410, les forces armagnacs se dirigent sur Paris pour en découdre avec les Bourguignons.

Bernard VII va recruter dans le Midi des bandes de mercenaires qui font la guerre avec une férocité inouïe : les Écorcheurs. Avec eux, il ravage les environs de Paris et s’avance jusqu’au faubourg Saint-Marcel. Un nouveau traité est signé à Bicêtre le 2 novembre 1410 ; les hostilités sont suspendues pour un temps.

PAIX DE BICÊTRE

Cette paix est signée le 2 novembre 1410, près de Paris, dans la demeure du sieur Jean de Berry. Elle stipule que les ducs de Bourgogne et d’Orléans doivent licencier leurs troupes et s’en retourner dans leurs états respectifs, le gouvernement étant alors confié à un conseil composé de seigneurs autres que des princes de sang.

Le duc Jean de Berry donne un fastueux banquet.

C’est un nouvel échec : après la réconciliation de façade de Chartres l’année précédente, les partis bourguignons et armagnacs reprendront les armes dès le printemps.

En juillet 1411, Charles d’Orléans fait une nouvelle demande auprès du roi, et réclame justice pour le meurtre de son père. Dans une missive il défie son ennemi « Jean sans Peur », la guerre est inévitable.

En octobre 1411, à la tête d’une armée forte de 60 000 hommes, le duc de Bourgogne entre dans Paris et attaque les Bretons, alliés des Armagnacs, qui sont retranchés à La Chapelle.

Dans un premier temps il fait marche arrière, mais, dans la nuit du 8 au 9 novembre, il sort par la porte Saint-Jacques, se dirige sur Saint-Cloud et bat complètement l’armée des Écorcheurs.

Puis « Jean sans Peur » se lance à la poursuite des princes d’Orléans et leurs alliés.

Le 11 juin 1412 il assiège Dreux, puis Bourges, aidé par l’armée royale qui se range avec lui (après que Charles d’Albret, ambassadeur des Orléanais, a demandé l’aide de l’Angleterre).

La paix est signée à Bourges le 15 juillet 1412, et confirmée à Auxerre le 22 août.

Des deux côtés on demande l’aide des Anglais, qui optent finalement pour le camp bourguignon (un embargo sur la laine anglaise pourrait avoir un effet économique désastreux et ruiner les drapiers de Flandre).

Les Armagnacs commencent à remporter des succès significatifs et, du coup, menacent la capitale. Terrifié, le roi Charles VI sollicite le duc de Bourgogne pour venir à son secours, et l’accueille comme un sauveur du royaume.

Le duc de Berry

Dès lors, dans Paris, on massacre les Armagnacs, fidèles aux Orléans. Bien décidé à en finir avec son rival, « Jean sans Peur » met le siège devant Blois, où il affronte le duc de Berry.

L’année 1413 voit la réunion des Etats, en majorité pro-bourguignons, qui demandent l’abolition des impôts qui écrasent la population.

En mai et juin, les bouchers de la capitale, menés par Caboche, se soulèvent et massacrent les Armagnacs. « Jean sans Peur » soutient la révolte des Cabochiens (du nom de leur meneur) qui met Paris à feu et à sang. Soupçonné d’être l’instigateur de la tuerie, le duc de Bourgogne doit quitter la capitale à la fin août.

En 1414, les Parisiens, terrifiés, appellent les Armagnacs à leur secours. Leurs troupes reprennent le contrôle de la ville.

LA RÉVOLTE DES CABOCHIENS, (du 27 avril – 28 août 1413)

La révolte des Cabochiens (ou des « Écorcheurs ») est un épisode de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Le principal enjeu de la révolte est le statut de la puissante Corporation des Bouchers. Cet épisode, totalement oublié de nos jours, a lieu à la fin du règne du Roi Charles VI « Le Bien Aimé ». Jean sans Peur, duc de Bourgogne (après avoir assassiné son cousin Louis 1er d’Orléans, frère de Charles VI et premier chef des Armagnac en 1407), cherche à contrôler la capitale.

La révolte des Cabochiens ou des «Écorcheurs »

Au printemps 1413, il parvient à soulever le peuple de Paris et à imposer une réforme appelée ordonnance cabochienne.

Pour cela, il n’hésite pas à s’allier à Simon Le Coutelier dit « Simon Caboche », boucher-écorcheur de son état (d’où le nom de Cabochiens donné à ses partisans).

Ce sont des gens originaires pour la plupart des classes populaires de la cité parisienne. Ils font partie de la corporation des bouchers, gens riches mais mal intégrés parmi les notables. Les Cabochiens arborent un capuchon blanc, signe distinctif de leur parti, et se livrent à des massacres dans les prisons et les rues de Paris. Ils commettent un nombre important d’assassinats, s’emparent de la Bastille, et pénètrent jusqu’au palais du roi.

Le 27 avril 1413, Pierre des Essarts, le prévôt de Paris, un proche du Dauphin et pourtant protégé du Duc de Bourgogne, est ainsi lui aussi assassiné.

Pendant un mois, les « Cabochiens » remplissent Paris de leurs crimes. Ils poursuivent et massacrent les Armagnacs, en particulier dans le quartier Saint-Antoine où le massacre dure près d’une semaine.

AZINCOURT…

A la bataille d’Azincourt, en octobre 1415, le duc de Bourgogne « Jean sans Peur » n’intervient pas contre les Anglais qui ont repris les hostilités. Il laisse ainsi Henri V battre l’armée

Henri V

française, essentiellement composée de troupes d’Armagnacs.

La bataille d’Azincourt assène un terrible coup sur le parti Armagnac. Plusieurs de ses chefs sont fait prisonniers, dont Charles d’Orléans, et emmenés en captivité à Londres.

Le duc de Bourgogne « Jean sans Peur » a donné des ordres stricts : ne pas se présenter à l’ost royal pour ne pas participer à la bataille. Mais ses directives n’ont pas été suivies (on retrouve notamment dans les listes des morts de nombreux sujets du duc de Bourgogne, y compris son propre frère, Antoine de Brabant).

La Bataille d’Azincourt ( 25 octobre 1415)

Après avoir tenté de reprendre Paris occupé par Bernard VII (le chef du parti des Armagnacs), Jean sans Peur décide de renforcer son alliance avec les Anglais.

Dans la nuit du 29 mai 1418, brutalisés par la politique menée par le comte d’Armagnac, les Parisiens ouvrent les portes de la ville et laissent entrer les Bourguignons.

« Jean sans Peur » est de nouveau le maître de la capitale et reprend le contrôle sur Charles VI, le roi fol. Pendant ce temps, le dauphin, le futur Charles VII, s’est enfuit à Bourges. Il a été enlevé à la terreur assassine du peuple par Tanneguy Duchâtel (le prévôt des marchands).

Le massacre qui s’ensuit coûte la vie à cinq mille Armagnacs, dont le comte Bernard ; un véritable bain de sang.

Mais en l’absence du dauphin, « Jean sans Peur » gouverne avec difficulté. Il n’a plus la main mise sur les révoltés, alors que la famine se répand dans Paris.

L’assassinat de Jean Ier de Bourgogne au pont de Montereau.

En août 1418, une nouvelle insurrection cabochienne est écrasée sauvagement. Mais rapidement, le pouvoir de « Jean sans Peur » s’affaiblit, et sa puissance décline.

Le 10 septembre 1419, le duc de Bourgogne est assassiné par des partisans Armagnacs sur le pont de Montereau-Fault-Yonne, lors d’une entrevue avec le dauphin Charles.

Ceux-ci redoutent un rapprochement du dauphin avec les Bourguignons, et veulent enfin venger le meurtre de Louis d’Orléans. Cet événement empêche

Philippe le Bon

tout apaisement entre les deux partis, et fait se démanteler tout ce qui reste d’unité dans le royaume de France.

« Jean sans Peur » mort, son fils Philippe le Bon lui succède et jure de le venger…

Aussitôt, le nouveau duc de Bourgogne passe à l’action et s’allie à Henry V d’Angleterre. Il lui fait allégeance en le reconnaissant comme seul héritier de la couronne de France. La Guerre de Cent Ans peut reprendre…

Cette alliance va aboutir en 1420 à la signature du désastreux traité de Troyes. Charles VI déshérite son fils, le dauphin Charles, et marie sa fille Catherine de Valois à Henri V d’Angleterre.

Mariage de Henri V et de Catherine de Valois, fille de Charles VI de France

 

Le traité stipule qu’Henri V doit exercer la régence du royaume de France, avant d’hériter de la Couronne à la mort de Charles VI. Ce traité est dénoncé par les Armagnacs, qui arguent « que le roi appartient à la couronne et non pas l’inverse ».

 

Les luttes fratricides vont perdurer encore pendant quinze ans. Les Bourguignons et leurs alliés Anglais vont s’affronter avec les Armagnacs, restés fidèles au roi de France Charles VII.

 

 

LE TRAITÉ DE TROYES      

Il est signé le 21 mai 1420 à Troyes, entre Henri V d’Angleterre et Charles VI de France. Il fait du roi d’Angleterre l’héritier légitime du roi Charles VI.

Charles VI et Isabeau de Bavière durant le traité de Troyes

Le traité marque l’apogée de la supériorité anglaise au cours de la guerre de Cent Ans. Il fait suite à la conquête de la Normandie et à plusieurs victoires anglaises, notamment celle d’Azincourt (le 25 octobre 1415).

La bataille d’Azincour 1415

La ratification de ce traité a été permise par l’alliance des Anglais et des Bourguignons. Cet accord ouvre une nouvelle phase de la guerre civile française, entre les partisans de la double monarchie franco-anglaise (les Bourguignons) et ceux du dauphin Charles (les Armagnacs). Elle perdurera jusqu’en 1435, avec la signature du traité d’Arras.

LA FIN DE LA LUTTE FRATRICIDE

Charles VII entreprend alors une lente reconquête des territoires perdus. Il veut surtout séparer les Bourguignons des Anglais en brisant leur alliance. Ces derniers vont essuyer de sérieux revers, ce qui va décider le duc de Bourgogne Philippe le Bon, en 1435, à se rapprocher du roi de France ; c’est tout son intérêt de la faire.

Le 21 septembre 1435, Charles VII conclut avec Philippe le Bon le traité d’Arras. Cet accord reconnaît les expansions territoriales bourguignonnes, et dégage le duc de Bourgogne de l’obligation de lui prêter l’hommage traditionnellement dû au roi de France. Il marque désormais la réconciliation des deux « frères ennemis ».

CLAUSES PRINCIPALES DU TRAITE D’ARRAS

Il est signé le 21 septembre 1435. Concernant le meurtre du duc « Jean sans Peur », le roi Charles VII avoue ses torts et s’en excuse :

Le traité débutait par cette confession : « Premièrement, le roi dira, ou par ses gens notables suffisamment fondés fera dire à mon dit seigneur de Bourgogne, que la mort de feu le duc Jean de Bourgogne, son père, que Dieu absolve, fut iniquement et mauvaisement faite par ceux qui perpétrèrent ledit cas, et par mauvais conseil, et lui en a toujours déplu et de présent déplaît de tout son cœur, et que s’il eût su ledit cas, et en tel âge et entendement qu’il a à présent, il y eût obvié à son pouvoir… ».

Charles VII cède à Philippe le Bon les villes de la Somme, le comté de Mâcon, la vicomté de Bar-sur-Seine, et le comté d’Auxerre.

Il accorde une indépendance à l’État bourguignon. Le duc de Bourgogne reste vassal du roi de France, mais est dispensé personnellement de lui rendre hommage.

Philippe le Bon (le duc de Bourgogne) reconnaît la légitimité de Charles VII comme roi de France (désormais en paix avec la Bourgogne. Il a toute liberté pour reconquérir ses territoires perdus sur les Anglais.

Le traité d’Arras de 1435 met fin à la guerre entre les Armagnacs et les Bourguignons, et à l’alliance anglo-bourguignonne.

Proclamation de la paix consécutive au traité d’Arras.

Le traité est entériné le 11 décembre 1435. Ce jour-là, devant le duc de Bourgogne, le roi Charles VII jure d’en respecter scrupuleusement toutes les clauses. Philippe le Bon est représenté par Guy III de Pontailler, maréchal de Bourgogne (commandant en chef de l’armée bourguignonne), seigneur de Talmay, d’Heuilley-sur-Saône, et autres lieux…

Cet accord met officiellement fin à la guerre civile, et va permettre à Charles VII de reprendre aux Anglais pratiquement toutes leurs possessions continentales : fin 1453, ils ne contrôleront plus que Calais.

Sources :

Photos publiques Facebook

Les rois de France des Éditions Atlas (Valois directs).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_VI_(roi_de_France)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_entre_Armagnacs_et_Bourguignons

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Troyes

 

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