Yolande d’Aragon, une grande dame !

LA GUERRE DE CENT ANS

De 1337 à 1453

Blason du royaume d’Angleterre

Blason du royaume de France

LES VALOIS DIRECTS

Armes des Valois

YOLANDE D’ARAGON,

UNE GRANDE DAME !

Yolande d’Aragon duchesse d’Anjou et le jeune Charles VII

 

Armes de yolande d’aragon

NAISSANCE ET FAMILLE

Yolande d’Aragon (duchesse d’Anjou) naît en 1381 à Saragosse, en Espagne, et meurt le 14 novembre 1442 près de Saumur. Elle est la fille de Jean Ier, roi d’Aragon (1350-1396), et de Yolande de Bar (1365-1431). Elle fut duchesse d’Anjou, comtesse du Maine et de Provence, reine de Naples, de Jérusalem, et dame de Guise.

MARIAGE

Le 2 décembre 1400, elle prend pour époux Louis d’Anjou en la cathédrale Saint-Trophime d’Arles. Ce dernier, à la suite de la conquête de Naples, a accédé au trône de Naples un an plus tôt sous le nom de Louis II de Naples. Cette union doit résoudre les revendications controversées entre les deux maisons d’Anjou et d’Aragon, sur le royaume de Sicile et Naples.

De cette union naîtront six enfants :

Louis III (1403-1434) sera duc d’Anjou, comte de Provence, roi titulaire de Naples.

Marie (1404-1463) épousera Charles VII, roi de France, avec qui elle aura quatorze enfants, dont l’aîné, Louis XI, deviendra roi de France.

– En 1406, une fille décèdera en bas âge.

– René (1409-1480) épousera Isabelle Ière, duchesse de Lorraine. Il sera duc de Bar, duc de Lorraine, duc d’Anjou, comte de Provence, roi titulaire de Sicile, de Naples, de Jérusalem et d’Aragon.

Yolande (1412-1440) épousera le duc de Bretagne François Ier.

Charles (1414-1472), comte du Maine, ne sera jamais duc d’Anjou.

REVENDICATIONS AU TRÔNE D’ARAGON

Armes du royaume d’Aragon

Au cours de la première moitié du XVème siècle, Yolande d’Aragon exerce un rôle important dans la politique de l’« Empire » angevin, de la France, et de l’Aragon.

Martin Ier d’Aragon

Elle est la dernière fille encore vivante du roi Jean Ier d’Aragon (qui n’a pas d’héritier mâle). En 1407, après la mort de sa sœur aînée Jeanne d’Aragon (1375-1407), comtesse de Foix (fille d’un premier mariage de son père Jean 1er avec Marthe d’Armagnac), Yolande réclame le trône d’Aragon.

Ferdinand d’Antequera

Cependant, à cette époque, les lois de succession en Aragon et à Barcelone ne sont pas bien établies, et penchent plutôt en faveur des héritiers mâles. C’est ainsi que Martin 1er d’Aragon (oncle de Yolande et frère cadet de son père Jean 1er) hérite de la couronne d’Aragon.

En 1410, Martin meurt sans descendance. Pour lui succéder, les Etats d’Aragon élisent comme nouveau roi Ferdinand 1er d’Antequera (le second fils d’Éléonore d’Aragon, reine de Castille, sœur de Jean 1er et de Martin 1er).

Le fils aîné de Yolande, Louis III d’Anjou (1403-1434), duc de Calabre, est le prétendant angevin. Sa revendication au trône s’appuie sur le « Pacte de Caste », selon lequel Yolande et ses fils se considèrent comme les seuls héritiers. Dès lors ils utilisent le titre de « roi d’Aragon ».

Le Compromis de Caspe de 1412.

Il représente l’éminente assemblée tenue à Caspe, dans le royaume d’Aragon, et composée de neuf notables : trois représentant les États d’Aragon, trois de Valence, et trois de Catalogne. Ils ont pour mission de choisir lequel des prétendants à la Couronne d’Aragon succéderait au roi Martin Ier l’Humain, mort sans descendance.

Suite à cet héritage, Yolande sera appelée « reine de quatre royaumes ». Ces royaumes sont ceux de Sicile, de Jérusalem, de Chypre et d’Aragon.

René d’Anjou (1409-1480), dit « le bon roi René », le fils de Yolande d’Aragon, sera choisi comme héritier par le cardinal-duc de Bar. Par la suite, il deviendra par mariage duc consort de Lorraine.

LA FRANCE ET LA MAISON D’ANJOU

Blason du duché d’Anjou

Les territoires de Yolande d’Aragon et sa famille comprennent en France les fiefs d’Anjou ; ils possèdent sans controverse la Provence et l’Anjou, le Maine, la Touraine et le Valois.

La Maison d’Anjou-Provence est issue en droite ligne d’un des fils de Jean le Bon, Louis 1er d’Anjou. Elle représente donc une des branches parallèles de la dynastie royale des Valois.

 

YOLANDE D’ARAGON, GRANDE DAME DE LA GUERRE DE CENT ANS.

Au cours de la seconde partie de la Guerre de Cent Ans, Yolande d’Aragon choisit de se ranger du côté de Charles VI, le Valois.

Jean Ier de Bourgogne dit Jean sans Peur

Pendant la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, elle soutiendra le parti armagnac, resté fidèle au roi, contre les Bourguignons.

Charles VII, le Gentil dauphin

Elle lutte pour interdire l’accession au trône du royaume de France à son dernier fils, le dauphin Charles de Ponthieu. Isabeau de Bavière, l’épouse du roi Charles VI, est sous l’influence du duc de Bourgogne Jean sans Peur.

Il est dit que Yolande d’Aragon est la protectrice du futur roi Charles VII. Durant son adolescence, elle le préservera des intrigues, des complots en tous genres et de tentatives d’empoisonnement. Elle prend le rôle de mère avant d’avoir celui de belle-mère. En effet, en 1413, elle le fiance à sa fille Marie d’Anjou. Au début de 1414, pour fuir les menaces bourguignonnes à Paris, elle emmène les jeunes fiancés dans ses duchés d’Anjou et de Provence.

YOLANDE D’ARAGON, BELLE-MÈRE ET FIDÈLE SOUTIEN DE CHARLES VII

Le 29 avril 1417, Louis II d’Anjou meurt à Anger. Sa veuve, Yolande d’Aragon, va désormais se battre pour faire reconnaître la légitimité de son beau-fils, le futur Charles VII. Pour cela, elle va

Jean de France, duc de Touraine

rassembler les grands vassaux de la monarchie. Dans le même temps, elle espère bien qu’ils feront cause commune pour s’opposer à l’ennemi et envahisseur anglais.

Charles VII, roi de France.

Le 4 avril 1417, le dauphin Jean, duc de Touraine, meurt. De ce fait, son frère cadet, le jeune Charles de Ponthieu (le futur Charles VII) devient l’héritier de la couronne de France. Dès lors, l’alliance entre les Maisons de France et d’Anjou, créée par les fiançailles de Charles et de Marie, prend une tournure inattendue.

De son vivant, Louis II d’Anjou s’était fait un devoir de propulser son jeune gendre au centre du Conseil du roi. Mais il décède le 29 avril 1417, laissant sa succession à son épouse, Yolande d’Aragon, devenue veuve à trente sept ans.

 

UNE BELLE-MÈRE RÉSOLUE

Une fois Charles devenu le seul héritier de la couronne de France, la reine Isabeau de Bavière se manifeste et sollicite son fils auprès d’elle. Yolande d’Aragon s’interpose avec fougue et refuse tout net d’abandonner ce jeune garçon, qui la considère, elle, comme sa « bonne mère ».

Elle dit : « A femme pourvue d’amant, point n’est besoin d’enfant. N’ai point nourri et élevé celui jusqu’ici pour que le laissiez trépasser comme ses frères ou le rendiez fol comme son père, à moins que le fassiez anglais comme vous. Le garde mien ; venez le prendre si l’osez ! ».

De toute évidence, Yolande veut protéger le futur Charles VII de sa mère, l’instruire, l’éduquer : car le jeune homme est fragile, et la reine, elle, est forte…

YOLANDE D’ARAGON, UNE FINE POLITICIENNE !

Yolande d’Aragon s’est fixé deux objectifs : d’abord, faire reconnaître la légitimité du dauphin, puis rétablir l’unité du royaume en réunissant les grands feudataires (titulaires d’un fief). Pour cela, elle immisce, dans le cercle proche du jeune roi, plusieurs de ses hommes de confiance, des fidèles qui formeront le Conseil du roi. Certains de ces notables sont Angevins et lui sont tout acquis.

Charles VII

C’est le cas de Pierre de Beauveau (sénéchal du Maine et d’Anjou), d’Hugues de Noyers, et d’Harduin de Maillé ; tous les trois sont des précepteurs du dauphin. On trouve aussi autour de celui-ci Robert de Maçon (seigneur de Trèves, chancelier du dauphin à Angers), Jean Louvet, le président de Provence et commissaire général des finances. Et encore Tanguy du Châtel, le prévôt de Paris (seigneur de Barbazan, dit le « chevalier sans reproche ») ; il a pour mission de ne jamais quitter le dauphin.

Quant à Yolande, tandis que la reine Isabeau est éloignée de Paris (alors sous la domination de Bernard d’Armagnac), elle en profite pour faire nommer le dauphin lieutenant général du royaume par le roi.

Dorénavant, le dauphin Charles signera ses actes par la formule : « Fils du roi de France, dauphin de Viennois, duc de Touraine et de Berry, comte de Poitou et lieutenant général de Monseigneur en son royaume ». C’est une façon d’attester sa légitimité et de contredire sa mère, la reine Isabeau de Bavière, qui prétend sournoisement qu’il serait bâtard.

Lire : Guerre fratricide entre Armagnacs et Bourguignons.  

UNE NÉGOCIATRICE PERSÉVÉRANTE !

Yolande Aragon

Infatigable médiatrice, Yolande d’Aragon a l’intention de se rapprocher du duc Jean VI de Bretagne qui, en mai 1421, a pris pour épouse Jeanne de France, la fille de Charles VI. Le duc Jean, qui a pris parti pour les Anglais, signe alors un accord avec le dauphin Charles.

Charles VII

En parallèle, elle engage des pourparlers avec Henry V d’Angleterre. Mais celui-ci a des prétentions colossales, et les discussions sont abandonnées. D’autre part, elle essaie de rallier à sa cause le pape de Rome Martin V, et l’ancien chanoine de la cathédrale d’Angers Nicolas Perigaud.

Yolande et son beau-fils établissent le gouvernement à Poitiers, et le dauphin prend le titre de régent du royaume. Dès lors, la France compte deux gouvernements : l’un à Paris (rallié aux Anglais par Isabeau de Bavière et le duc de Bourgogne, Jean sans Peur), et l’autre à Poitiers (qui reste fidèle au dauphin Charles).

Isabeau de Bavière, parfois aussi connue sous le nom d’Isabeau de Wittelsbach-Ingolstadt ou d’Isabelle de Bavière

Mais en septembre 1419, alors qu’elle séjourne longuement dans son comté de Provence, deux événements déterminants viennent détruire son œuvre politique :

1 – La mort du duc de Bourgogne Jean sans Peur, assassiné par des partisans du dauphin. Son fils Philippe le Bon lui succède.

2 – Le 21 mai 1420, la signature du désastreux traité de Troyes.

Jean sans Peur

L’assassinat de Jean Ier de Bourgogne au pont de Montereau.

 

LE TRAITE DE TROYES

Suite à l’assassinat de Jean sans Peur, son fils Philippe le Bon (le nouveau duc de Bourgogne), qui veut venger son père, pactise avec les Anglais.

Philippe le Bon

Allié à la reine Isabeau de Bavière, il signe avec Henry V le désastreux traité de Troyes. Par cet accord, le roi d’Angleterre devient l’héritier de la couronne de France, et le régent du royaume jusqu’à la mort du roi Charles VI le « Fol ».

Le Dauphin Charles, déclaré bâtard par sa mère, la reine Isabeau de Bavière, refuse le traité de Troyes, et cherche le soutien du centre et du sud de la France.

Mais des événements heureux, cette fois, vont se succéder pour le dauphin :

– Le 31 août 1422, le roi d’Angleterre Henry V meurt. Son héritier, Henry VI, n’est qu’un bébé de neuf mois.

– Le 21 octobre de la même année, son père le roi Charles VI meurt à son tour.

Alors que Charles VII se proclame roi, le duc Jean de Bedford est nommé régent du royaume de France pendant la minorité du nourrisson, Henry VI.

JEAN DE LANCASTRE, Ier DUC DE BEDFORD

Armes de Jean de Lancastre, duc de Bedford

Jean de Lancastre (1389-1435), 1er duc de Bedford, est un membre de la famille royale d’Angleterre. Troisième fils d’Henri IV et de Marie de Bohun, il est le frère puîné du roi Henri V.

Jean de Lancastre, duc de Bedford

À la mort de ce dernier (le 31 août 1422), il prend le titre de régent du royaume de France du fait de la minorité de son neveu Henri VI (seulement âgé de neuf mois). Il est proclamé roi de France et d’Angleterre en application du traité de Troyes.

Dix mois plus tard, le 26 août 1423, Yolande d’Aragon rentre à Angers après avoir passé quatre ans en Provence.

Elle s’est d’abord arrêtée à Bourges où sa fille, la reine Marie, vient d’accoucher du futur Louis XI. A cette occasion, elle constate avec désespoir que le roi Charles VII est mal entouré par des favoris qui l’éloignent de sa mission royale. Elle remarque qu’il est faible et sans ressources, et qu’il ne fait plus attention à son image.

Mes photos du château de Charles VII, de Mehun-sur-Yèvre.

Lire :

Le château de Charles VII.

Le dauphin Charles, « le petit roi de Bourges »

Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.

Royaume de France

Sans attendre, Yolande se remet à l’ouvrage et reprend sa place au Conseil. Elle entend emmener son beau-fils sur le trône de France, en souverain légitime, et dans un royaume débarrassé des Anglais.

DES FAVORIS DÉVOUÉS, MAIS MALHONNÊTES !

Tout autour du roi gravite une pléiade de favoris exerçant sur lui une influence néfaste.

On trouve parmi ceux-ci :

– Jean Louvet (1370-1440). Autrefois au service du duc d’Anjou, il est Président de la Cour des Comptes d’Aix en Provence.

Blason de la famille Louvet

Cet homme peu scrupuleux dirige toute l’administration des finances, et détourne à son profit une grande part des subsides. En 1425, il sera évincé du pouvoir pour raison d’État, étant précisé que le roi lui conservera sa confiance et son amitié jusqu’en 1440, date de sa mort.

– Tanneguy du Châtel, célèbre pour avoir sauvé le roi lors de l’émeute parisienne des Cabochiens en mai 1418. Il est fort dévoué et acquis à son souverain, mais a tendance à s’enrichir lui aussi sur les caisses du royaume.

Dans la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, c’est un des chefs du parti Armagnac aux côtés de Bernard VII d’Armagnac, connétable de France.

Blason de la famille du Chastel.

Ces deux hommes (de farouches opposants au rapprochement avec les Bourguignons) seraient, avec Pierre Frotier (maître de l’écurie) et Cadart (premier médecin du roi), les principaux conspirateurs de l’assassinat du duc de Bourgogne Jean sans Peur.

En bonne politicienne avertie, Yolande d’Aragon va tirer parti de la situation, pour prendre l’avantage sur les Anglais…

Sources :

Mes photos

Photos publiques Facebook

Les rois de France des Éditions Atlas (Valois directs).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Cent_Ans

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_VII_(roi_de_France)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yolande_d%27Aragon_(morte_en_1442)

 

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1 réponse

  1. 26 août 2022

    […] VI roi d’Angleterre Jean de Lancastre, duc de […]

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