Les Témoins du passé – L’Abbaye de Silvacane

LES TÉMOINS DU PASSÉ

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L’ABBAYE DE SILVACANE

Abbaye de Sylvacane (7)

La Roque-d’Anthéron

Blason de la ville de La Roque-d'Anthéron

Blason de la ville de La Roque-d’Anthéron

Bouches-du-Rhône

Blason du département des Bouches du Rhône

Blason du département des Bouches du Rhône

FONDATION : 1144.

CONGRÉGATION : Ordre cistercien.

PÉRIODE OU STYLE : Roman cistercien. Gothique pour le réfectoire.

DÉBUT DE CONSTRUCTION : 1175.

FIN DES TRAVAUX : 13ème siècle, 15ème pour le réfectoire.

DISSOLUTION : 1450.

ABBAYE-MÈRE : Abbaye de Morimond.

ABBAYE-FILLE : Abbaye Notre-Dame de Valsaintes.

PROTECTION : inscription sur la liste des monuments historiques de 1840.

L’ORDRE CISTERCIEN : vers le 12ème siècle, l’ordre monastique clunisien est à son apogée, et se manifeste ostensiblement par sa puissance, sa gloire,

Ordre cistercien

Ordre cistercien

et sa richesse. Un moine, du nom de Robert de Molesme, décide alors de revenir à la règle stricte de Saint Benoît, écrite en 534. Celle-là même qui prône l’humilité, l’obéissance, la pauvreté et le juste équilibre entre le travail et la prière. En 1098, il fonde le monastère de Cîteaux, près de Dijon, qui donnera son nom au nouvel ordre (l’Ordre Cistercien). A partir de 1109, Etienne Harding codifiera la règle cistercienne.

UN ORDRE EN PLEIN ESSOR

Entre 1113 et 1115, Cîteaux fonde les quatre premières de ses abbayes « filles » : La Ferté, Pontigny, Morimond et Clairvaux. En 1115, Etienne Harding envoie le jeune abbé Bernard à la

Bernard de Clairvaux

Bernard de Clairvaux

tête d’un groupe de moines, pour fonder une nouvelle maison cistercienne dans une clairière isolée près de Bar-sur-Aube : le Val d’Absinthe, qui deviendra « Clairvaux ».

Sous son abbatiat, Bernard, de 1115 jusqu’à sa mort en 1153, confirme avec force la règle de Saint Benoît ; Clairvaux devient alors le centre de l’ordre cistercien, qui essaime à travers toute l’Europe. Dénonçant avec vigueur l’ostentation de Cluny, Bernard de Clairvaux donne l’élan de la rigueur et du dénuement. Chez les Cisterciens, que l’on appelle les « moines blancs », le mot d’ordre est alors le travail et la prière. En 1153, à la mort de Saint Bernard, plus de 160 moines vivent à Clairvaux ; l’ordre cistercien est en pleine ascension : il compte désormais 350 abbayes.

Les moines cisterciens revêtent pour le travail une tunique blanche et un scapulaire noir. Lors des offices, ils se parent d’une coule en laine écrue non teintée, d’où leur nom de « moines blancs ».

La coule, aussi appelée cuculle (du latin cucullus), est un vêtement à capuchon (tunique ample et longue), porté par les moines. Utilisé à l’origine pour les travaux des champs, il devient par la suite un habit monastique. Il ne s’agit en aucun cas d’un ornement liturgique.

SITUATION

L’abbaye de Silvacane est une abbaye cistercienne située sur la commune de La Roque-d’Anthéron, dans les Bouches-du-Rhône, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Fondée en 1144 par des moines venus de l’abbaye de Morimond, Silvacane est avec ses « sœurs provençales » (les deux autres étant celle du Thoronet dans le Var et Sénanque dans le Vaucluse), l’une des trois abbayes cisterciennes de Provence.

L’abbaye est implantée près d’un site appelé Gontard, appartenant à l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Cet emplacement était déjà habité au 11ème siècle par des anachorètes, venus pour défricher et assurer la sécurité du passage sur la Durance. Ces ermites bâtirent tout d’abord une première église. Puis ils installèrent un bac reliant les deux rives à l’aide de cordes tendues, permettant ainsi de traverser le cours d’eau.

Anachorète : « qui s’est retiré du monde ». C’est une personne qui s’est volontairement soustraite de la société temporelle pour des raisons religieuses, afin de suivre une vie basée sur l’austérité, la rigueur et la pénitence. Les anachorètes sont des ermites qui vouent leur existence à la spiritualité, à la prière et à l’Eucharistie.

ORIGINES & FONDATION

CHRONOLOGIE :

Le nom de Silvacane signifie forêt de roseaux (Silva Cannorum). Il fait référence aux nombreux marécages présents sur le site. C’est vers 1144 qu’un groupe de moines cisterciens venus de Morimond, sous la conduite de l’abbé Othon, demi-frère de l’empereur Conrad III (1093-1152), s’établirent à cet endroit pour y fonder un monastère. Ils se substituèrent aux Bénédictins, administrèrent l’abbaye, et dès son affiliation à l’Ordre cistercien, ils entreprirent des travaux de valorisation des terres aux alentours.

– 1145 : La prédication de Saint Bernard contre l’hérésie de Pierre de Buys en Languedoc amène les religieux à se vouer à l’ordre de Cîteaux.

– 1147 : l’abbé de Morimond envoie un groupe de moines. Différentes donations permettent l’agrandissement du domaine de l’abbaye.

Forte de la protection de grands seigneurs de Provence, l’abbaye connait à ses débuts un essor des plus prometteurs.

– De 1175 à 1230 : Bertrand des Baux fait construire l’abbatiale dans laquelle il se fera enterrer.

ABBATIALE : Une abbatiale, ou église abbatiale, est une église spécialement construite pour une abbaye.

– En 1188, l’abbaye de Silvacane fonde une abbaye fille à Valsaintes, non loin d’Apt.

– De 1210 à 1230 : construction du chapitre et de la salle des moines.

– De 1250 à 1300 : construction du cloître.

LE DÉCLIN

CHRONOLOGIE :

Il débute dès la fin du 13ème siècle et sera irréversible. Les pillages et les guerres civiles de la fin du 13ème siècle ne vont pas épargner l’abbaye. Au 15ème siècle, Silvacane sera annexée au chapitre de la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix en Provence.

– Fin du 13ème siècle : rivalité avec l’abbaye bénédictine de Montmajour. Les moines de Montmajour attaquent Silvacane et en chassent ses occupants.

– Le 1er août 1289 : l’abbé de Montmajour est sommé de restituer l’abbaye de Silvacane à l’ordre de Cîteaux, au plus tard le 14 septembre.

– En 1358, des vagabonds conduits par Rican Corvi, seigneur d’Aubignan, attaquent le monastère et le pillent. Les dégâts s’élè