Ambrose Powell Hill

                                                                                      

 

LA GUERRE DE SÉCESSION

(1861-1865)

AMBROSE POWELL HILL

(9 novembre 1825-2 avril 1865)

Ambrose Powell Hill

« Little Powell » pour les soldats

Insigne de col d’un général confédéré

SOMMAIRE

Ambrose Powell Hill était un militaire américain, général dans l’armée confédérée au cours de la guerre Civile.  On l’appelait « A.P. Hill » afin de ne pas le confondre avec le général confédéré Daniel Harvey Hill.  (Les deux hommes n’avaient aucun lien de parenté).

Originaire de Virginie, Hill fut un officier de carrière de l’armée américaine. Il participa à la guerre américano-mexicaine ainsi qu’aux guerres séminoles avant de se rallier à l’armée des États confédérés. Hill était appelé « Powell » par sa famille, et « Little Powell » par ses soldats.

En 1862, après le début de la guerre, il se fera remarquer très tôt au cours des batailles des « sept jours », à la tête de sa célèbre « division légère ». Il deviendra l’un des subalternes les plus compétents de « Stonewall » Jackson. Il se distinguera notamment lors de la bataille de Cedar Mountain, de la Seconde bataille de Bull Run, et de celles d’Antietam et de Fredericksburg.

En mai 1863, après la mort de Jackson à la bataille de Chancellorsville, Hill sera nommé lieutenant-général et prendra le commandement du troisième corps de l’armée de Virginie du Nord, de Robert E. Lee. Il le dirigera lors de la campagne de Gettysburg et des campagnes d’automne de 1863.

L’ARMÉE DE VIRGINIE DU NORD

L’armée de Virginie du Nord est une armée des Etats confédérés d’Amérique durant la Guerre Civile. Au cours des opérations qui se déroulent dans l’Est pendant le conflit, elle représente la force de frappe majeure de la Confédération.

L’armée de Virginie du Nord

Placée sous les ordres du général Robert E. Lee, cette armée se compose en majorité de soldats venant des États de Virginie, de Caroline Du Sud, de Caroline du Nord, et du Maryland. Certaines unités sont issues d’États tels que l’Alabama, l’Arkansas, le Tennessee, et le Mississippi.

L’armée de Virginie du Nord

L’armée de Virginie du Nord occupe une position stratégique. Placée en limite de la ligne de séparation avec les États frontaliers, elle bloque tout accès à la terre sacrée de Virginie, en faisant face aux États de l’Union et à l’armée nordiste du Potomac.

En 1864 et 1865, Hill devra interrompre son commandement à plusieurs reprises pour cause de maladie. Il ne reprendra du service que vers la fin du conflit, et trouvera la mort lors de la troisième bataille de Petersburg, du général Grant.

NAISSANCE & FAMILLE

Hill naît le 9 novembre 1825 à Culpeper (comté de Culpeper), Virginie, et meurt le 2 avril 1865 à Petersburg, Virginie.

Il est le 7ème et dernier fils du major Thomas Hill (1789-1857) et de Fannie Baptist Hill Russell (1783-1828).

Powell hérite du nom de son oncle, Ambrose Powell Hill (1785-1858), et de celui du capitaine Ambrose Powell (un combattant, explorateur, shérif, législateur, et ami proche du président James Madison). Son oncle aura deux mandats dans les deux chambres de la législature de Virginie.

Dès sa petite enfance, le jeune Powell Hill vit avec sa famille dans une maison de North Main Street, à Culpeper, Virginie.

JEUNESSE

A l’été 1842, il entre à l’Académie militaire des États-Unis à West Point. Il fera partie de la célèbre promotion de 1846.

Mais au coure de sa première année, il contracte lors d’un congé d’été une « blennorragie ». Cette maladie sexuellement transmissible va l’éloigner momentanément de l’Académie militaire. Il devra retourner chez lui afin de se soigner et recouvrer la santé.

Cette affection sérieuse lui provoquera des complications médicales si importantes que son absence lui fera manquer de nombreux cours ; il devra pour cela redoubler sa troisième année.

Hill souffrira des effets de cette « gonorrhée » pour le reste de sa vie (subissant une prostatite récurrente qui ne pourra être soignée, les antibiotiques n’existant pas à cette époque). Il se peut qu’il ait souffert d’une forme d’énurésie due à l’inflammation de la prostate appuyant sur son urètre, pouvant également conduire à des lésions rénales.

Dès son retour, en 1847, il obtient son diplôme et sort 15ème de la promotion sur 38 cadets. Il est affecté à la 1ère artillerie américaine.

L’HOMME

Au cours de la Guerre Civile, Hill soulève des polémiques. D’un physique fragile, il souffre de maladies fréquentes qui vont amenuiser son efficacité au combat ; par exemple aux batailles de Gettysburg, de la Wilderness et à Spotsylvania Court House (au cours de cette dernière, Hill tombera malade et sera contraint de remettre le commandement de son corps au général Jubal Early. Il ne reprendra ses fonctions qu’après deux semaines d’absence).

Ambrose Powell Hill

Certains historiens affirment que ses problèmes de santé sont liés à la maladie vénérienne qu’il a contractée en tant que cadet de West Point.

Même s’il réussit extrêmement bien à commander sa célèbre « Division légère », il est moins efficace comme commandant de corps. L’historien Larry Tagg le décrit comme « toujours émotif… si nerveux avant la bataille qu’il avait de plus en plus tendance à se sentir mal lorsque les combats étaient sur le point de commencer ».

Cette faiblesse est, en partie, compensée par l’attitude agressive dont il fait preuve dans l’action des combats. Il porte souvent une chemise de chasse en calicot rouge lorsqu’une bataille est sur le point de débuter, et ses hommes font passer le mot : « Le petit Powell a enfilé sa chemise de combat ! » puis aussitôt, ils commencent à vérifier leurs armes.

Hill est un chef affectueux avec les soldats du rang. Un officier l’appellera « le plus adorable de tous les généraux de Lee ». Même si l’on dit que « ses manières sont si courtoises et hésitantes », ses actions sont souvent enthousiastes et ne manquent pas de décision, mais de jugement.

En fait, Hill sera l’un des généraux les plus appréciés de la guerre dans les deux camps.

GUERRE AMÉRICANO-MEXICAINE

(1846-1848)

Chute de Mexico

Hill doit servir dans une compagnie de cavalerie pendant les derniers mois de la guerre américano-mexicaine. Lorsqu’on l’y envoie, la guerre avec le Mexique est déjà terminée. Il ne participera à aucune bataille majeure, contrairement à la plupart de ses anciens camarades de la promotion 46.

Réintégré dans la promotion de 1847, il se lie d’amitié avec Henry Heth et Ambrose Burnside.

Après quelques affectations en garnison le long de la côte atlantique, Hill participe aux Guerres Séminoles. Une fois de plus, il arrive vers la fin de la guerre. Il combattra dans divers affrontements de faible importance. En septembre 1851, il sera promu premier lieutenant.

GUERRES SEMINOLES

« Seminole Wars ou Florida Wars »

(1816-1858)

Drapeau de la Floride

Les guerres séminoles (au nombre de trois) opposèrent, en Floride, les Etats-Unis à divers groupes d’Amérindiens que l’on a appelés « Séminoles ». La 1ère eut lieu de 1817 à 1818, la seconde de 1835 à 1842, et la 3ème de 1855 à 1858.

Ambrose Powell Hill y participera, et sera promu premier lieutenant en septembre 1851.


AMBROSE POWELL HILL ET LES FEMMES

AP Hill aimera trois femmes :

1 – La première, Emma Wilson, une belle femme brune de Baltimore, est une camarade de classe de sa sœur Lucy. Toutes deux fréquentent le « Potapsco Female Seminary » à Ellicott City, dans le Maryland.

Hill la rencontre peu après avoir obtenu son diplôme de West Point, en 1847. Il se fiance avec elle, mais ne l’épousera jamais. L’idylle durera longtemps mais, pour une raison inconnue, n’aboutira pas.

2 – Entre 1856 et 1857, à Washington, il rencontre la séduisante Ellen Mary Marcy, une belle blonde aux yeux bleus, fille du major Randolph B. Marcy (l’explorateur de la célèbre Rivière Rouge, et chef d’état-major fédéral dans les premières années de la guerre).

Il se fiance avec elle (date inconnue) ; mais son père s’oppose énergiquement à leur union pour deux raisons :

Hill est un Sudiste (issu d’une famille esclavagiste).

– Sa préférence va plutôt à un jeune lieutenant de l’armée qu’il aime beaucoup, George B. McClellan. Celui-ci a fait partie de l’expédition à la Rivière Rouge avec lui.

En pleurs, Ellen Mary, après de nombreux refus de la part de ses parents, doit se résoudre, la mort dans l’âme, à rendre la bague en diamant à Hill ; et le 22 mai 1860, elle épouse le lieutenant George Brinton McClellan.

3 – En 1857, deux séduisantes sœurs de Lexington, Kentucky, arrivent à Washington pour une visite, et descendent à l’hôtel Willard.

Le Wiilard pendant la Guerre Civile

L’une est Mme Kitty Morgan McClung (veuve de son cousin, Calvin McClung, de Knoxville). L’autre s’appelle Henrietta Morgan. Toutes deux sont les sœurs du célèbre général confédéré de cavalerie John Hunt Morgan, du Kentucky.

Hill rencontre Kitty, la jeune veuve, lors d’une fête organisée par un ami de Washington, le Dr Wood. Et lors de cette entrevue, le couple éprouve une attirance réciproque.

Le 18 juillet 1859, Hill épouse Kitty Morgan McClung dans la banlieue de Lexington, Kentucky.

DE CETTE UNION NAÎTRONT QUATRE FILLES :

– Henrietta Hill « Nettie » (1860-1862).

– Frances Russell Hale Hill (1861-1915).

– Lucie Lee MacGill Hill (1863-1931).

– Anne Powell Hill (1865-1868).

En mars 1861, juste avant que n’éclate la Guerre Civile, Powell Hill démissionne de l’armée des États-Unis.

Ambrose Powell Hill

Lorsque le 17 avril 1861, la Virginie fait sécession, il est nommé colonel et reçoit le commandement du « 13th Virginia ». Le 21 juillet 1861, Hill sera général de brigade lors de la bataille de Bull Run.

FAITS D’ARME

ET

PARTICIPATIONS AUX BATAILLES

Charge of the 6th Mississippi at Shiloh by Rick Reeves.

Au cours du conflit, Ambrose Powell Hill aura plusieurs commandements :

– Au printemps 1861, il est colonel au 13ème Virginia.

Le 13ème Virginia comprend des unités de son comté natal de Culpeper et des comtés voisins d’Orange, Louisa et Frederick, ainsi que les « Lanier Guards » du Maryland et les « Frontier Rifles du Hampshire ». Ce comté deviendra bientôt la Virginie occidentale.

Le 13ème Virginia est l’un des régiments de brigade du général Joseph E. Johnston qui sera transporté par chemin de fer en renfort à la première bataille de Bull Run,

Cependant, Hill et son régiment sont envoyés pour garder le flanc droit confédéré près de Manassas Junction, et ne participeront à aucune action pendant la bataille.

Lire : 1ère bataille de Bull Run.

L’épée d’AP Hill

– Le 26 février 1862, Hill est promu général de brigade.

– Du 26 février au 27 mai 1862, il est commandant de brigade de la division Longstreet (département de Virginie du Nord)

– Le 26 mai 1862, il est général de division. (Une distinction particulière acquise à la bataille de Williamsburg).

– A partir du 29 juin 1862, il est commandant de la Division légère dans le 1er Corps.

– A partir du 27 juillet 1862, il est commandant de la Division légère dans le 2ème Corps.

 – Du 27 mai 1862 au 30 mai 1863, il est commandant du 2ème corps de l’armée de Virginie du Nord.

Ambrose Powell Hill

– Le 24 mai 1863, ainsi que du 30 mai 1863 au 7 mai 1864 et du 21 mai 1864 au 2 avril 1865, il est lieutenant général et commandant du 3ème corps de l’armée de Virginie du Nord.

CAMPAGNE DE LA PÉNINSULE

(De mars à Juillet 1862)

McClellan et Johnston

Situation : la Péninsule est située entre les rivières York et James, de Fort Monroe jusqu’à Richmond (Virginie).

Campagne de la Péninsule, carte de la progression de l’Armée du Potomac jusqu’à la bataille de Seven Pines.

Au cours de la Guerre de Sécession, au printemps et en été 1862, la Campagne de la Péninsule est une offensive de grande importance de l’Armée de l’Union contre la capitale confédérée, Richmond.

Placée sous les ordres du major-général George B. McClellan, l’Armée du Potomac applique son plan de campagne sans embûche. McClellan a prévu de transporter son armée par voie fluviale. Ainsi, dès la fin avril, il déplace ses troupes par bateau à Fort Monroe, sur la côte atlantique. Son objectif consiste en une manœuvre d’encerclement, destinée à capturer Richmond en se servant de la péninsule formée par les rivières York et James. Mais nul ne sait et ne comprend pourquoi, McClellan a toujours eu une certaine propension à surestimer le nombre de ses ennemis dans les armées qui lui font face. De fait, il stoppe son offensive devant Yorktown et assiège la ville… Étonnés par ce délai inattendu, les Confédérés, désormais sous le commandement de Joseph Eggleston Johnston, commencent prudemment à se retirer sur Richmond. Après quelques engagements de seconde importance et peu concluants, la première phase de la Campagne de la péninsule se termine par la bataille indécise de Seven Pines.

Au cours du combat, le général confédéré Joseph Eggleston Johnston sera gravement blessé.

 

 George Brinton McClellan écrit à sa femme :

« Notre avant-garde continue son avance, et je fais faire des reconnaissances dans diverses directions. Nous gagnons un peu plus de terrain chaque jour, mais notre progression est très lente à cause de l’état exécrable des routes, ainsi que de leur étroitesse et de leur rareté. Il est regrettable que notre avance soit ainsi retardée. Ma seule consolation est qu’il est matériellement impossible d’aller plus vite. Imagine qu’il a fallu quarante-huit heures pour faire avancer deux divisions et leur train de cinq milles seulement ! C’est vraiment le comble de la lenteur. Par temps pluvieux, le meilleur moyen d’aller vite est de ne pas bouger. »

Extrait de « Il y a toujours un reporter » (« La guerre de Sécession », de Victor Austin, paru aux éditions René Julliard.).

BATAILLE DES SEPT JOURS

(Du 25 juin au 1er juillet 1862)

McClellan et Lee

100 000 fédéraux ont débarqué en Virginie. Ils ont pour chef George B. McClellan, qui a la ferme intention de s’emparer de la capitale confédérée, Richmond. Les Sudistes sont placés sous le commandement de leur tout nouveau chef, Robert E. Lee. Ce dernier a remplacé au pied levé Joseph Eggleston Johnston, blessé à la bataille de Seven Pines.

Lee sait qu’il va devoir se battre en infériorité numérique. Il ne peut donc pas affronter son ennemi en terrain découvert au cours d’une bataille rangée. Aussi décide-t-il de faire une diversion contre l’armée de l’Union qui, par la vallée de la Shenandoah, doit se joindre à celle du Potomac de McClellan. C’est le général Stonewall Jackson, le héros de Bull Run, qui est chargé de l’intercepter à la tête d’une petite armée forte de 27 000 hommes. Contre toute attente, Lee s’apprête à attaquer…

La Bataille des Sept Jours est une suite d’affrontements qui se sont déroulés du 25 juin au 1er juillet 1862, dans les environs de Richmond. L’issue des combats voit la victoire des forces sudistes commandées par le général Robert E. Lee, face à l’Armée du Potomac du général George B. McClellan.

Lire : 1862 : le Sud défend sa capitale.

BATAILLE DE CEDAR MOUNTAIN

(Le 9 août 1862)

Stonewall Jackson ralliant ses hommes

La bataille de Cedar Mountain (également appelée bataille de Slaughter’s Mountain ou Cedar Run) se déroule le 9 août 1862, dans le comté de Culpeper, en Virginie. Cette bataille entre dans le cadre de la Campagne de Virginie Septentrionale. Elle se terminera avec la défaite de l’armée de l’Union à la seconde bataille de Bull Run (du 28 au 30 août 1862). La bataille de Cedar Mountain sera le premier combat de la campagne de Virginie du Nord.

Les forces nordistes, placées sous les ordres du général Nathaniel Prentice Banks (1816-1894), attaquent, près de Cedar Mountain, l’armée du général confédéré Thomas J. « Stonewall » Jackson. Ce dernier, envoyé par Robert E. Lee, avance sur Culpeper House pour stopper leur progression vers le centre de la Virginie. Les forces de Banks, après un début prometteur où elles manquent de peu la victoire, essuient une contre-attaque sudiste qui enfonce ses défenses et entraîne sa défaite.

Lire : La bataille de Cedar Mountain.

LA DEUXIÈME BATAILLE DE BULL RUN

(Du 28 au 30 août 1862)

Seconde bataille de Bull Run

Les forces confédérées, commandées par le général Robert E. Lee, sortent victorieuses de la Campagne de la Péninsule au printemps 1862. Suite à cet échec, Lincoln remplace au pied levé le général nordiste battu, George McClellan, par Henry Halleck au poste de général en chef des armées de l’Union.

Une partie de ses troupes est affectée à l’Armée de Virginie (unioniste), placée sous les ordres de John Pope. Ce dernier attend le renfort de l’armée du Potomac, défaite lors de la Campagne de la Péninsule, et qui doit le rejoindre. Robert E. Lee ne veut pas attendre : il sait qu’il est en infériorité numérique, et doit empêcher la réunion des deux armées. Pour cela, il cherche une opportunité qui lui permettra d’isoler Pope et de l’attaquer.

Campagne de la Péninsule, lire :

Le sud défend sa capitale.

John Pope

La deuxième bataille de Bull Run.

L’ARMÉE DU POTOMAC

L’Armée du Potomac est la principale Armée de l’Union sur le théâtre oriental de la guerre de Sécession. Lorsqu’éclate la Guerre Civile, en 1861, seule une partie de la Virginie fait sécession.

L’armée du Potomac

Les comtés du Nord-Ouest (aujourd’hui l’État de Virginie-Occidentale) décident de rester fidèles à l’Union. L’État du Maryland, bien qu’esclavagiste, demeure également dans l’Union. Ainsi, une grande partie du cours du Potomac et de son estuaire forme la frontière séparant l’Union des États confédérés.

Les commandants :

– Le brigadier – général Irvin McDowell : commandant de l’armée et Département du Nord -Est de Virginie, du 27 mai au 25 juillet 1861.  

– Le Major – général George McClellan : commandant de la Division militaire du Potomac, et plus tard, de l’armée et du ministère du Potomac, du 26 juillet 1861 au 9 Novembre 1862.  

– Le Major – général Ambrose Burnside : commandant de l’armée du Potomac du 9 novembre 1862 au 26 Janvier 1863.  

– Le Major – général Joseph Hooker : commandant du ministère et de l’armée du Potomac du 26 janvier au 28 juin 1863.  

– Le Major-général George Meade : commandant de l’armée du Potomac du 28 juin 1863 au 28 Juin 1865.  

– Le Major-général John G. Parke : a eu le commandement temporaire pendant les absences de Meade à quatre reprises au cours de cette période.  

– Le lieutenant – général Ulysses S. Grant : général en chef de toutes les armées de l’Union. Il a placé son quartier général dans l’armée du Potomac, et a fourni les directions opérationnelles à Meade de mai 1864 à avril 1865.


BATAILLE D’ANTIETAM

(Le 17 septembre 1862)

Bataille d’Antietam

Après la terrible défaite des Nordistes à la « Seconde Bataille de Bull Run », Abraham Lincoln décide d’envoyer le général John Pope à l’Ouest, dans le Minnesota, pour combattre une révolte des Indiens Sioux. A son grand regret, il se voit contraint de réhabiliter George McClellan à son poste de commandant en chef de l’Armée de l’Union.

Le 1er septembre, face à une armée de l’Union en plein doute et en déroute, Jefferson Davis et Robert E. Lee décident, pour la première fois, de porter la Guerre dans le Nord.

A la tête d’une armée forte de 40 000 hommes, Lee envahit le Maryland où, quinze jours plus tard, va se dérouler la bataille indécise d’Antietam. Cette bataille, également appelée par les Confédérés « bataille de Sharpsburg », est le premier grand affrontement de la Guerre Civile à se produire sur le sol de l’Union. Elle reste à ce jour la plus sanglante de l’Histoire des États-Unis. Les pertes sont énormes, avec près de 23 000 morts, blessés ou disparus en une seule journée.

Soldats confédérés morts à Bloody Lane, Antietam

Lire : la bataille d’Antietam.

LA BATAILLE DE FREDERICKSBUBG

(Du 11 au 15 décembre 1862)

Bataille de Fredericksburg

Au lendemain de la sanglante bataille d’Antietam (le 17 septembre 1862), Lee parvient à s’enfuir au nez et à la barbe de son adversaire McClellan ; l’armée confédérée est affaiblie, certes, mais encore en état de se battre.

Le mois suivant, exaspéré, Abraham Lincoln décide de relever définitivement McClellan de son commandement, et le confie au major-général Ambrose Burnside.

Ce dernier est plutôt contrarié du départ de son prédécesseur ; il ne se sent pas du tout prêt à endosser une telle responsabilité et à commander une armée d’une telle importance. Burnside est maintenant à la tête de l’armée du Potomac forte de 110 000 hommes ; un lourd fardeau sur ses épaules.

Néanmoins, pressé par Lincoln qui veut une victoire rapide, Burnside fait avancer sa puissante armée en direction de Falmouth, pour affronter Lee qui s’est replié en Virginie.

Il suit la rive nord de la rivière Rappahannock et vient se placer en face de Fredericksburg. Son plan de bataille est ambitieux : il a pour objectif de franchir la rivière, mener son attaque vers le Sud et menacer Richmond, la capitale des Confédérés. Mais Bobby Lee l’attend, et n’est pas décidé à le laisser faire…

Lire : la bataille de Fredericksburg.

LA BATAILLE DE CHANCELLORSVILLE

(Du 30 avril au 6 mai 1863)

Chancellorsville

En 1863, malgré sa victoire à la Pyrrhus à Antietam, malgré la proclamation d’émancipation des esclaves qui a suivi le 1er janvier 1863, malgré sa supériorité numérique en hommes, en matériel, et en équipement, l’Union a d’énormes difficultés à tirer profit de son avantage. 

De son côté, de Vicksburg à Charleston, la précaire coalition confédérée craque de toutes parts. Si elle résiste encore malgré tout, elle le doit grâce à l’audace, à la chance, et au génie de ses chefs. Avec la bataille qui s’annonce à « Chancellorsville », le général Robert E Lee va encore une fois dévoiler tout son talent. Au mépris de toutes les règles inscrites dans les manuels militaires, il va oser, et prendre d’énormes risques, pour être une nouvelle fois victorieux.

Mais l’année 1863 va être déterminante. L’issue de la guerre va se jouer dans un coude du Mississipi, à Vicksburg, et dans un coin perdu de la Pennsylvanie, à Gettysburg.

En réalité, il s’agit d’une des batailles les plus déséquilibrées de la guerre civile américaine. D’un côté, l’armée de l’Union du Potomac dispose d’environ 130 000 soldats, et de l’autre, l’armée de Virginie du Nord n’en même pas la moitié : environ 60 000 hommes.

Lire : la bataille de Chancellorsville.

LA BATAILLE DE GETTYSBURG

(Du 1er au 3 juillet 1863)

Gettysburg, la charge de Pickett

La bataille de Gettysburg se déroule du 1er au 3 juillet 1863 à Gettysburg, en Pennsylvanie. Elle est souvent considérée comme le tournant de la guerre, et se conclut par la défaite des Confédérés. Les pertes humaines sont considérables, les plus lourdes de la guerre.

George G. Meade (à gauche) et Robert E. Lee (à droite)

Le nouveau commandant des troupes fédérales s’appelle George Meade, un officier hargneux et suffisant. Ses hommes lui ont donné comme surnom « la tortue aux gros yeux ». Ses généraux ne sont pas certains de savoir où il cherche à se rendre. Quant à Lee, il ignore tout des mouvements de l’armée fédérale. Le corps de cavalerie de JEB Stuart s’est trop éloigné des forces sudistes, et n’est plus en mesure de tenir informé son Etat-Major.

La bataille se termine par la victoire de l’armée du Potomac du major-général de l’Union George Meade, qui bat celle du général confédéré Robert E. Lee. L’Union stoppe définitivement l’invasion du Nord par Lee.

Lire :

La Campagne de Gettysburg.

La Bataille de Gettysburg.

LA BATAILLE DE BRISTOE STATION

(Le 14 octobre 1863)

Bristoe Campaign

La bataille de Bristoe Station se déroule le 14 octobre 1863 à Bristoe Station, en Virginie. Elle oppose les forces de l’Union (dirigées par le major général Gouverneur K. Warren) et les forces confédérées (dirigées par le lieutenant-général AP Hill) au cours de la campagne de Bristoe. Le IIème Corps de l’Union, commandé par Warren, repoussera victorieusement l’attaque confédérée de Hill.

LA BATAILLE DE MINE RUN

(Du 27 novembre au 2 décembre 1863)

Mine Run Campaign

La bataille de Mine Run (également appelée Payne’s Farm, ou New Hope Church, ou campagne Mine Run) se déroule du 27 novembre au 2 décembre 1863 dans le comté d’Orange, en Virginie.

Elle se termine par l’échec de l’armée de l’Union du Potomac, qui tentait de vaincre l’armée confédérée de Virginie du Nord. Cette bataille met fin aux hostilités sur le théâtre de l’Est pour l’année 1863.


BATAILLE DE LA WILDERNESS

(Du 5 au 7 mai 1864)

The battle of the Wilderness

La bataille de la Wilderness s’est déroulée du 5 au 6 mai 1864 dans la forêt de la Wilderness, en Virginie. Les armées en présence étaient commandées par le général nordiste Ulysses S. Grant et par le général sudiste Robert E. Lee.

Cette bataille (aussi appelée « bataille de la nature sauvage ») débute dans la confusion la plus totale. Les officiers doivent s’orienter à la boussole. Des unités s’égarent et, par faute de visibilité, tirent par mégarde sur leurs propres camarades. Mais le deuxième jour, les forces de l’Union parviennent à enfoncer le centre des lignes confédérées.

Inquiet, Lee voit avec soulagement la brigade texane du général John Gregg (1828-1864) se précipiter pour renforcer sa ligne. Les Texans résisteront jusqu’à l’arrivée des renforts.

A l’issue de la bataille, le bilan est lourd pour l’Union : les Confédérés ont enfoncé le flanc droit des positions nordistes, ils ont fait 600 prisonniers, dont deux généraux, et ont failli couper la ligne de ravitaillement de l’Armée du Potomac de Grant.

La première offensive de Grant se solde donc par un désastre : la bataille de la Wilderness lui a coûté 17 000 hommes.

De plus, un gigantesque incendie de broussaille se déclare pendant la nuit entre les deux positions retranchées ennemies. Les tirs de canons et de fusils mettent le feu à la forêt, et environ 200 blessés, qui ne pourront s’extirper des flammes, périront brûlés vifs.  

Lire : la bataille de la Wilderness.

BATAILLE DE NORTH ANNA

(Du 23 au 26 mai 1864)

Bataille de North Anna

La bataille de North Anna a lieu du 23 au 26 mai 1864 dans les comtés de Hanover et de Caroline, en Virginie, au cours de la campagne terrestre du lieutenant-général de l’Union Ulysses S. Grant.

La bataille est indécise. Elle oppose l’armée du Potomac de Grant à l’armée de Virginie du Nord du général confédéré Robert E. Lee.


BATAILLE DE COLD HARBOR

(Du 31 mai au 12 juin 1864)

Bataille de Cold Harbor

La bataille de Cold Harbor s’est déroulée du 31 mai au 12 juin 1864 près de Mechanicsville et de Gaines’Mill, en Virginie. L’armée de l’Union d’Ulysse Simpson Grant y fut sévèrement battue par les forces confédérées de Robert Edward Lee. Cette bataille est connue comme l’une des plus sanglantes et des plus déséquilibrées de l’Histoire américaine.

Des milliers de soldats nordistes furent sacrifiés, tués ou blessés, dans un assaut frontal sans espoir contre les positions fortifiées de l’armée confédérée. Les pertes de l’armée de Grant furent terribles (plus de 50 000 hommes), et lui valurent le nom de « boucher ». Celles de Lee furent moindres, mais irremplaçables ; la Confédération n’avait plus les moyens de renouveler ses effectifs.

Cette défaite de l’Union mettra un terme à la Campagne de la Wilderness du général Grant.

Lire : la bataille de Cold Harbor

LE SIÈGE DE PETERSBURG

(Du 9 juin 1864 au 25 mars 1865)

Le Siège de Petersburg – mortier de siège Dictator de calibre 330 mm et pesant plus de 7,7 tonnes durant le siège. C’est le plus lourd utilisé pendant la guerre de Sécession.

Le siège de Petersburg (ou campagne de Richmond-Petersburg) s’est déroulé entre le 15 juin 1864 et le 25 mars 1865 à Petersburg, en Virginie.

Grant et Lee

Pendant neuf mois, les forces de l’Union, commandées par le général Ulysses Simpson Grant, essaieront de prendre d’assaut la ville. Ils creuseront un réseau de tranchées d’une longueur de 30 miles (près de 50 km), à l’est et au sud de la ville.

Petersburg est une place stratégique, car elle ravitaille non seulement l’armée de Virginie du Nord du général Robert Lee, mais aussi la capitale, Richmond. En avril 1865, Lee finira par abandonner les deux villes, ce qui entraînera sa reddition à Appomattox.

Tranchées devant Petersburg

Lors du siège, on constatera le plus grand rassemblement de troupes afro-américaines de toute la guerre. Elles subiront de lourdes pertes au cours de multiples affrontements, notamment lors de la bataille du Cratère et des combats de Chaffin’s Farm.

Pendant le siège de Petersburg, Hill et ses hommes participeront à plusieurs batailles, notamment à celle de « Jerusalem Plank Road », à celle du « Crater », à « Globe Tavern », à « Second Reams Station » et à « Peebles Farm ». Lors de la bataille du cratère, Hill combattra Ambrose Burnside, son camarade de promotion de West Point.

Au cours de la Guerre, Hill repoussera Burnside à deux reprises : à Antietam, et à Fredericksburg.

En mars 1865, Hill sera plusieurs fois souffrant. Sa santé sera si mauvaise qu’il devra s’absenter en convalescence à Richmond jusqu’au 1er avril 1865.

Lire :

Le cratère de Petersburg

Le Siège de Petersburg.

Ambrose Burnside.

LA TROISIÈME BATAILLE DE PETERSBUG

(Le 2 avril 1865)

Troisième bataille de Pétersbourg

La troisième bataille de Petersburg (aussi appelée « Percée à Petersburg » ou « Chute de Petersburg ») a lieu le 2 avril 1865 dans la région de Petersburg, en Virginie. Elle se déroule à la fin du siège de Petersburg (292 jours). L’armée du Potomac de l’Union, l’armée de la Shenandoah et l’armée de James (commandées par le général en chef Ulysses S. Grant) lancent un assaut à Petersburg contre les tranchées et les fortifications de l’armée confédérée de Virginie du Nord du général Robert E. Lee.

Les lignes de ravitaillement confédérées sont coupées, et le Sud perd plus de 10 000 hommes (tués, blessés, faits prisonniers, ou en fuite). Parmi les morts, Lee déplorera la perte de d’Ambrose Powell Hill, tué le 2 avril.

Ayant appris la mort d’A.P. Hill, Lee déclarera : « Il est au repos… et c’est nous qui restons qui souffrons ».


SA MORT

Hill avait déclaré qu’il ne voulait pas survivre à la défaite de la Confédération.

Le 2 avril 1865 (au cours de la troisième bataille de Petersburg, sept jours avant la reddition de Lee à Appomattox Court House), Hill est abattu par un soldat nordiste, le caporal John W. Mauk, du « 138th Pennsylvania Infantry ».

Lieu où est tombé Ambrose Hill

Accompagné d’un officier d’état-major, Ambrose Powell Hill chevauche vers Petersburg, et sur son passage exhorte les soldats de l’Union à se rendre. Mais ceux-ci refusent et lui tirent dans la poitrine. Une balle lui coupe le pouce gauche et lui traverse le cœur. Hill tombe sur le sol et meurt en quelques secondes.

Les généraux « Stonewall » Jackson et Edward Robert Lee, dans leur délire, auraient tous deux appelé Hill sur leur lit de mort.

Jackson aurait dit : « Ordonnez à AP Hill de se préparer à l’action ! », et Lee de dire : « Dites à Hill qu’il doit monter ! ».

Ces anecdotes soulevèrent des questions concernant la capacité de l’un ou l’autre homme à prononcer ces paroles dans leurs derniers soupirs. Mais si ces paroles s’avéraient véridiques, nul doute que les deux généraux croyaient pouvoir compter sans réserve sur Hill ; jusqu’à la mort.


Sources :

La « Guerre de Sécession », de Ken Burns. 

Cet article comporte un extrait de « Il y a toujours un reporter ». (« La guerre de Sécession », de Victor Austin, paru aux éditions René Julliard.).

Photos publiques Facebook

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Ambrose_Powell_Hill

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