La Guerre de Sécession – La bataille de Mechanicsville

                                                                                      

 

LA GUERRE DE SÉCESSION

(1861-1865)

LA BATAILLE

DE

BEAVER DAM CREEK

OU DE

MECHANICSVILLE

(Le 26 juin 1862)

Bataille de Beaver Dam Creek ou de Mechanicsville

Bataille de Beaver Dam Creek ou de Mechanicsville

 

SITUATION MILITAIRE

100 000 fédéraux ont débarqué en Virginie. Ils ont pour chef George B. McClellan, qui a la ferme intention de s’emparer de la capitale confédérée, Richmond. Les Sudistes sont placés sous le commandement de leur tout nouveau chef, Robert E. Lee. Ce dernier a remplacé au pied levé Joseph Eggleston Johnston, blessé à la bataille de Seven Pines.

Lee sait qu’il va devoir se battre en infériorité numérique. Il ne peut donc pas affronter son ennemi en terrain découvert au cours d’une bataille rangée. Aussi décide-t-il de faire une diversion contre l’armée de l’Union qui, par la vallée de la Shenandoah, doit se joindre à celle du Potomac de McClellan. C’est le général Stonewall Jackson, le héros de Bull Run, qui est chargé de l’intercepter à la tête d’une petite armée forte de 27 000 hommes. Contre toute attente, Lee s’apprête à attaquer…

Lire :

« 1862, le Sud défend sa capitale ».

« La bataille de Seven Pines ».

Campagne de la Péninsule

SOMMAIRE

La bataille de Beaver Dam Creek (également connue sous le nom de bataille de Mechanicsville ou Ellerson’s Mill) a lieu le 26 juin 1862 dans le comté de Hanover, en Virginie. C’est aussi le premier affrontement majeur de « la bataille des sept jours » au cours de la Campagne de la péninsule de la guerre civile américaine.

Elle marque le début de la contre-offensive du général confédéré Robert E. Lee contre l’armée nordiste du Potomac, placée sous les ordres du major-général George Brinton McClellan. Ce dernier, à la tête d’une puissante armée, menace de s’emparer de Richmond, la capitale confédérée.

« Le coup de feu qui m’a atteint a été un bienfait pour les Sudistes, car je n’ai à aucun moment su bénéficier de la confiance du gouvernement. A présent, un homme, investi de cette foi, va pouvoir me succéder pour accomplir ce que je n’ai jamais été en mesure de faire. Cet homme c’est l’audace même, il sait prendre plus de risques en moins de temps que tout autre général de ce pays, qu’il soit Nordiste ou Sudiste ».

John Eggleston Johnston

« La Guerre de Sécession », de Ken Burns.

Au lendemain de la dernière bataille de « Seven Pines », Jefferson Davis remplace au pied levé le commandant de l’armée confédérée John Eggleston Johnston, blessé au cours du combat. Davis nomme à sa place le général Robert E. Lee, son conseiller militaire, en qui il a toute confiance.

Parlant de Robert E. Lee, George B. McClellan dira :  

« Je préfère affronter Lee plutôt que Johnston. Lee est plus prudent, moins audacieux et ne s’aventurera pas à m’attaquer ».   

McClellan se trompe lourdement. Lee va se montrer courageux, et déployer tout son talent et son génie. Il prendra des risques osés, défiant ainsi toutes les règles inscrites dans les manuels militaires. Son adversaire sera surpassé sur tous les plans.  

Johnston et Lee

« La Guerre de Sécession », de Ken Burns.

Au cours de la bataille, Lee essaiera de tourner le flanc droit de son ennemi, au nord de la rivière Chickahominy. Pour accomplir son plan, il enverra les hommes du major-général Thomas Jonathan « Stonewall » Jackson. Mais celui-ci n’arrivera pas à temps pour faire basculer la décision.

ARMÉES EN PRÉSENCE

ARMÉE DU POTOMAC

 

Armée du Potomac

Armée du Potomac

L’Armée du Potomac est la principale Armée de l’Union sur le théâtre oriental de la guerre de Sécession.

Lorsqu’éclate la Guerre Civile en 1861, seule une partie de la Virginie fait sécession. Les comtés du Nord-Ouest décident de rester fidèles à l’Union (aujourd’hui l’État de Virginie-Occidentale). L’État du Maryland, bien qu’esclavagiste, demeure également dans l’Union. Ainsi, une grande partie du cours du Potomac et de son estuaire forment la frontière séparant l’Union des États confédérés.

George Custer à gauche sur la photo

 

 

 

 

 

 

Les commandants :

– Le brigadier-général Irvin McDowell : commandant de l’armée et Département du Nord -Est de Virginie, du 27 mai au 25 juillet 1861.  

– Le Major-général George McClellan : commandant de la Division militaire du Potomac, et plus tard, de l’armée et du ministère du Potomac, du 26 juillet 1861 au 9 Novembre 1862.  

– Le Major-général Ambrose Burnside : commandant de l’armée du Potomac du 9 novembre 1862 au 26 Janvier 1863.  

– Le Major-général Joseph Hooker : commandant du ministère et de l’armée du Potomac du 26 janvier au 28 juin 1863.  

– Le Major-général George Meade : commandant de l’armée du Potomac du 28 juin 1863 au 28 Juin 1865.  

– Le Major-général John G. Parke : a eu le commandement temporaire pendant les absences de Meade à quatre reprises au cours de cette période.  

– Le lieutenant – général Ulysses S. Grant : général en chef de toutes les armées de l’Union. Il a placé son quartier général dans l’armée du Potomac, et a fourni les directions opérationnelles à Meade de mai 1864 à avril 1865.


ARMÉE DE VIRGINIE DU NORD

 

Armée de Virginie du Nord

Armée de Virginie du Nord

L’armée de Virginie du Nord était une armée des États confédérés d’Amérique durant la Guerre de Sécession. Au cours des opérations qui se déroulèrent dans l’Est pendant le conflit, elle représentait la force de frappe majeure de la Confédération.

Placée sous les ordres du général Robert E. Lee, cette armée se composait en majorité de soldats venant des États de Virginie, de Caroline Du Sud, de Caroline du Nord, et du Maryland. Certaines unités étaient issues d’États tels que l’Alabama, l’Arkansas, le Tennessee, et le Mississippi.

Drapeau de l’armée de Virginie du Nord

L’armée de Virginie du Nord occupait une position stratégique. Placée en limite de la ligne de séparation avec les États frontaliers, elle bloquait tout accès à la terre sacrée de Virginie en faisant face aux États de l’Union et à l’armée nordiste du Potomac.

 

 

FORCES EN PRÉSENCE

Armée du Potomac

Armée du Potomac

POUR LES FÉDÉRAUX

 

 

Les forces nordistes, avec les 104 100 hommes de l’Armée du Potomac, sont sous les ordres du Major-Général George Brinton McClellan. Elles sont composées de 35 brigades.

George Brnton McClellan

 

 

 

 

 

 

LES COMMANDANTS :

IIème CORPS : général de brigade Edwin Vose Sumner (1797-1863).

IIIème CORPS : général de brigade Samuel Peter Heintzelman (1805-1880).

IVème CORPS : général de brigade Erasmus Darwin Keyes (1810 -1895).

Vème CORPS : général de brigade Fitz John Porter (1822-1901).

VIème CORPS : général de brigade William Buel Franklin (1823-1903).

CAVALERIE : général de brigade George Stoneman, Jr. (1822-1894)

Armée de Virginie du Nord

Armée de Virginie du Nord

POUR LES CONFÉDÉRÉS

 

 

L’armée sudiste, avec les 92 000 hommes de l’Armée de Virginie du Nord, est sous les ordres du général Robert Edward Lee. Elle est composée de 40 brigades.

Robert E. Lee

 

 

 

 

 

 

LES COMMANDANTS :

Corps du major-général Thomas Jonathan « Stonewall » Jackson

– Division du général de brigade William Henry Chase Whiting (1824-1865).

– Division du général de division Thomas Jonathan Jackson (1824-1863).

– Division du général de division Richard Stoddert Ewell (1817-1872).

– Division du général de division Daniel Harvey Hill (1821-1889).

Corps du major-général John Bankhead Magruder (1807- 1871).

– Division du général de brigade David Rumph Jones (1825-1863).

– Division du général de division Lafayette McLaws (1821-1897).

– Division du général de division John Bankhead Magruder (1807- 1871).

Corps du major-général James Longstreet (1821-1904).

– Division du général de division James Longstreet, puis division du général de brigade Richard Heron Anderson (1821-1879).

– Division du général de division Benjamin Huger (1805-1877).

– Division légère du général de division Ambrose Powell Hill (1825-1865).

– Division du général de division Theophilus Hunter Holmes (1804-1880).

Réserve d’artillerie

Artillerie du brigadier-général William Nelson Pendleton (1809-1883).

William Nelson Pendleton

Cavalerie

Cavalerie du brigadier-général James Ewell Brown (Jeb) Stuart (1833-1864).

James Ewell Brown (Jeb) Stuart

BATAILLE DES SEPT JOURS

(DU 25 JUIN AU 1er JUILLET 1862)

5 ème "Cavalry Regulier" à la bataille des Sept Jours

5 ème « Cavalry Regulier » à la bataille des Sept Jours

COMBATS DE LA BATAILLE DES SEPT JOURS :

La Bataille des Sept Jours est une suite d’affrontements qui se sont déroulés du 25 juin au 1er juillet 1862, dans les environs de Richmond, lors de la Guerre de Sécession. L’issue des combats voit la victoire des forces sudistes commandées par le général Robert E. Lee, face à l’Armée du Potomac du général George B. McClellan.

&

– Le 25 juin : bataille d’Oak Grove, aussi appelée bataille de French’s Field ou de King’s School House, Comté de Henrico, Virginie.

Issue de la bataille indécise.

&

– Le 26 juin : bataille de Beaver Dam Creek, également connue sous le nom de bataille de Mechanicsville ou d’Ellerson’s Mill, Comté de Hanover, Virginie

Victoire tactique de l’Union.

Victoire stratégique des forces confédérées.

&

– Le 27 juin : bataille de Gaines’s Mill, quelquefois appelée première bataille de Cold Harbor ou bataille de la Chickahominy River, Comté de Hanover, Virginie. 

Victoire confédérée.

Bataille de Gaines’s Mill

&

– Les 27 et 28 juin : bataille de Garnett’s & Golding’s Farm, Comté de Henrico, Virginie.

Issue de la bataille indécise.

&

– Le 29 juin : bataille de Savage’s station, Comté de Henrico, Virginie.  

Issue de la bataille indécise.

                      

Bataille de Savage’s Station

&

– Le 30 juin : bataille de White Oak Swamp, Comté de Henrico, Virginie.  

Issue de la bataille indécise.

Bataille de White Oak Swamp

&

– Le 30 juin : bataille de Glendale, aussi appelée bataille de Frayser’s Farm, Nelson’s Farm, Charles City Crossroads, New Market Road, ou Riddell’s Shop, Comté de Henrico, Virginie.  

Issue de la bataille indécise.

Bataille de Glendale

&

– Le 1er juillet : bataille de Malvern Hill, aussi appelée bataille de Pointdexter’s Farm, Comté de Henrico, Virginie.  

Issue de la bataille indécise ; victoire tactique de l’Union.

Bataille de Malvern Hill

William H. Johnston naît le 18 juillet 1850. Il meurt le 16 septembre 1941 à Morristown, St. Lawrence, New York, à l’âge de 91 ans.

Il était le tambour de la compagnie D du 3ème « Vermont Infantry ». Willie a 12 ans lors de la bataille

William H. Johnston

des « Sept Jours », en Virginie.

Son action durant les combats est exemplaire. Il sera le seul batteur à repartir avec son instrument lors de la débâcle générale de son unité, alors que ses camarades avaient jeté leurs armes. Ses supérieurs considèreront que le jeune soldat a fait preuve d’héroïsme.

Sur la recommandation de son commandant de division, il recevra, pour ce fait d’arme, la médaille d’honneur. Il devient ainsi le plus jeune récipiendaire de la plus haute décoration ; il avait 13 ans.

PREMIER ASSAUT :  MECHANICSVILLE !

Assaut des troupes confédérées à Méchanicsville

Assaut des troupes confédérées à Méchanicsville

Un officier nordiste raconte la difficile progression de l’armée du Potomac :

« La route était encombrée de fourgons, ce qui rendait forcément notre marche très lente. Notre brigade traversa White Oak Swamp passé minuit, et nous installâmes notre bivouac sur un terrain un peu plus élevé. L’ennemi nous poursuivait et nous serrait de près.

Le génie avait eu juste le temps de détruire le pont sur lequel nous avions traversé le marais, que les éclaireurs ennemis arrivaient en reconnaissance. Pendant plusieurs heures, seul le marais nous sépara. Puis, soudain, l’ennemi fit avancer ses canons de derrière les collines qui s’élevaient en face de nous. Plusieurs batteries ouvrirent le feu alors que nos hommes mangeaient, étendus sur l’herbe. Le choc fut si inattendu que nous fûmes déconcertés pendant quelques instants. Toute une division se sauva même dans un bois, les officiers abandonnant leurs chevaux attachés aux arbres en plein champ. Mais elle fut vite ralliée. On menaça d’abattre immédiatement les conducteurs de fourgons qui feraient prendre le trot à leur équipage, et des gardes furent placés à de courts intervalles, le long de la route, pour éviter toute débandade.

Un régiment de New York essaya de prendre la fuite, mais un autre de nos régiments le chargea à la baïonnette et l’arrêta… L’ennemi fit des efforts répétés pour traverser le marécage pendant la canonnade, mais à chaque fois, il fut repoussé. Une cantinière irlandaise, appartenant à un régiment new-yorkais, se fit remarquer pendant le combat. Elle resta auprès de son mari et refusa de se mettre à l’abri. De temps à autre, repérant un soldat qui tentait de s’esquiver, elle se mettait à courir après, le saisissait par le col et lui faisait reprendre sa place dans les rangs en le traitant de « gredin » et autres épithètes choisies. Le sifflement des obus ne l’effrayait pas. Pendant le plus dur du bombardement, cette femme courageuse circulait parmi les soldats, les incitant à continuer la lutte. Sa seule arme, offensive ou défensive, consistait en un vaste parapluie qu’elle portait sous le bras.

Ceux qui faisaient partie de l’arrière-garde, cette nuit-là, à la traversée de White Oak Swamp, s’en souviendront longtemps. La situation était dramatique. Pas une seule sentinelle entre les deux armées pour donner l’alarme en cas d’avance ennemie.

Il était maintenant deux heures du matin, ce 1er juillet ; nous reprîmes notre marche. Nous ne savions même pas quel chemin prendre ».

Extrait de « Il y a toujours un reporter ». (« La guerre de Sécession », de Victor Austin, paru aux éditions René Julliard.)

Plan de la bataille

Plan de la bataille

L’enjeu de cette bataille est vital. Il s’agit pour les Confédérés, en nette infériorité numérique, de repousser l’armée du Potomac de McClellan, qui menace Richmond. Les troupes de l’Union, après une lente et meurtrière progression sur la péninsule, arrivent en vue de la capitale sudiste et sont sur le point de s’en emparer. Lee doit absolument dégager Richmond pour reprendre l’initiative. Dans le cas contraire, si McClellan est victorieux, la rébellion confédérée sera poignardée en plein cœur.

Non loin du champ de bataille de Fair Oaks, en Virginie, le capitaine nordiste George Custer se tient aux côtés du lieutenant James Washington, son camarade de promotion de l’école militaire de West Point ; ami proche capturé le matin même par un détachement de l’Union.

« La Guerre de Sécession », de Ken Burns.

Tout au long de la Campagne, Lee observe scrupuleusement les avancées de McClellan vers le Nord de la Péninsule. Alors que celui-ci s’apprête à mettre le siège de la capitale sudiste, Bobby Lee va le surprendre une première fois, le 26 juin, à Mechanicsville. La manœuvre est risquée et défie tous les usages militaires. Lee divise ses forces déjà amoindries et attaque la puissante armée nordiste en espérant que McClellan sera trop prudent pour oser s’emparer de Richmond.

DÉROULEMENT DE LA BATAILLE

Plan de la bataille

Plan de la bataille

Lee envoie tout d’abord son brillant général de cavalerie James Ewell Brown Stuart, dit « Jeb Stuart » (1833-1864), faire une reconnaissance des forces de McClellan. Du 12 au 15 juin, Jeb Stuart et ses 1200 cavaliers exécutent une longue chevauchée de trois jours, parcourant 240 km tout autour de la colossale armée de McClellan.

Plan de la bataille - virée de Jeb Stuart

Plan de la bataille – virée de Jeb Stuart

Ses hommes incendient des camps nordistes, abattent des poteaux télégraphiques, capturent des prisonniers, des chevaux, des mules, et ne freinent leur cavalcade que pour recevoir les fleurs et les baisers des femmes rencontrées sur leur route. Nonobstant, Stuart a pu rendre compte au général Lee de la force et de la position de l’armée Yankee.

Jeb Stuart

UNE PROGRESSION PÉNIBLE DANS LES MARAIS

L’armée nordiste se trouve confrontée aux pires difficultés sur la rivière Chickahominy, gonflée par les pluies torrentielles qui tombent sans discontinuer. Sa progression est difficile et dangereuse.

Quatre des cinq corps de l’armée de l’Union sont positionnés au Sud de la rivière, en ligne semi-circulaire.

Le Vème Corps du général Fitz John Porter se trouve, lui, au Nord de la rivière. Il est non loin de Mechanicsville sur un front disposé en (L) allant du Nord au Sud, à l’arrière du ruisseau Beaver Dam, et au Sud-est le long de la Chickahominy.

Bataille des Sept Jours

Lee, qui a divisé son armée, a déplacé la plus grande partie de ses forces (environ 65 000 hommes) au Nord de la rivière Chickahominy ; il veut attaquer le flanc nord de son ennemi.

Il n’a laissé que deux divisions (soit 25 000 hommes) pour défendre et protéger la capitale sudiste. Elles sont placées sous les ordres des généraux John Bankhead Magruder et Benjamin Huger, et doivent s’opposer au corps principal de l’armée de l’Union.

C’est un plan de bataille osé qui exige une préparation minutieuse. Eu égard à son infériorité numérique sur le terrain, Robert Lee sait qu’il ne pourra être victorieux dans un combat d’usure ou de siège contre la puissante armée de l’ennemi.

Plan de la bataille des Sept Jours

Plan de la bataille des Sept Jours

Suivant ses plans de bataille, Lee a prévu de faire attaquer, tôt le 26 juin, le flanc nord du Vème Corps du général Fitz John Porter, par la division de Thomas Jackson.

Cependant, tard dans la matinée, la bataille n’est toujours pas engagée.

Dès le début, les plans compliqués de Lee prennent une mauvaise tournure. Les hommes de la division de Jackson, harassés par leur récente campagne et leur longue et pénible marche, arrivent sur le champ de bataille avec quatre heures de retard.

A 15 heures, Ambrose Powell Hill, ne pouvant plus attendre, sans ordres, fait avancer sa division pour attaquer les lignes fédérales. Les 16 000 nordistes, bien retranchés derrière un cours d’eau (le Beaver Dam Creek), et appuyés par 32 pièces d’artillerie, repoussent toutes les attaques confédérées ; c’est un véritable massacre. Ambrose Hill perd 1500 de ses soldats (tués ou blessés), alors que l’Union ne déplorera la perte que de 160 hommes.

Les trois divisions de Jackson étaient situées seulement à quelques kilomètres, mais n’ont pas porté secours aux hommes de Hill.

La grande fatigue de Thomas Jackson !

De nos jours, la non intervention de Jackson pour soutenir les hommes d’Ambrose Powell Hill à Mechanicsville demeure un mystère.

Sa marche a été entrecoupée par les harcèlements de la cavalerie unioniste. De nombreux obstacles ont entravé sa marche : des arbres en travers de la route, des ponts détruits ou brûlés. Ces genres d’inconvénients n’avaient jamais posé de soucis aux cavaliers de Jackson dans la vallée de la Shenandoah.

Il semblerait que la cause de la passivité du général la plus plausible soit imputable aux transports en trains, souvent très longs et pénibles, au manque de sommeil et de repos. Jackson, ne pouvant se reposer que quelques heures lors de sa marche pour rejoindre Richmond, a souffert de ce que l’on appellerait aujourd’hui, le surmenage. Il s’endormira d’ailleurs à plusieurs reprises à des moments décisifs de la bataille des Sept Jours.

En raison de la mésentente du plan de Lee et de sa désastreuse exécution, les Confédérés ont accusé de lourdes pertes et n’ont pu atteindre aucun des objectifs qu’ils s’étaient fixés. Dans l’ensemble, la bataille de Beaver Dam Creek fut une victoire tactique de l’Union. De son côté, McClellan la qualifiera de totale, mais ce n’est pas pour autant qu’il prendra le risque de poursuivre son offensive. Dès lors il ne combattra que pour assurer sa retraite, et la défaite tactique des sudistes à Mechanicsville va se transformer en une victoire stratégique pour le Sud.

Au quartier général de Lee, on est particulièrement amer de l’attitude de Jackson. Or le manque de communications, les ordres mal rédigés de Lee, et la mauvaise interprétation de la plupart des autres subordonnés du général en chef, font penser qu’eux-aussi étaient à condamner. 

PERTES

POUR LES FEDERAUX

Sur les 15 631 hommes de son armée lors de la bataille de Beaver Dam Creek, l’Union déplorera la perte de 361 victimes.

Tués : 49.

Blessés : 207.

Disparus ou prisonniers : 105.

Une habitante de Richmond témoigne :

« Au cours de cette semaine chaque bataille livrait sa moisson de blessés à l’hôpital. Je me voilais soigneusement le visage à chaque fois que je quittais mon hôtel, comme pour empêcher mon regard de croiser l’horreur du spectacle.

Il m’est arrivé une fois de croiser un de ces sinistres fourgons dans la rue. Figé par la mort, le bras d’un cadavre pointait vers l’azur ; comme pour réclamer vengeance aux cieux ».

« La Guerre de Sécession », de Ken Burns.


POUR LES CONFEDERES

Sur les 16 356 hommes de son armée lors de la bataille de Beaver Dam Creek, la Confédération déplorera la perte de 1484 hommes (tués, blessés, disparus ou prisonniers).

Beaver Dam Creek est un échec pour Lee. Il perd 1500 hommes, mais refuse de céder. Richmond ne doit pas tomber aux mains des yankees. Déterminé à repousser McClellan hors de Virginie, Lee va multiplier les assauts. Pendant sept jours, les deux armées vont s’affronter de Gaine’s Mill et Savage’s Station à Frayser’s Farm et Malvern Hill.

Plan de la bataille des Sept Jours

Plan de la bataille des Sept Jours

 

BILAN DE LA BATAILLE DES SEPT JOURS

L’armée de l’Union de McClellan, bien qu’en nette supériorité numérique, n’a cessé de reculer. L’Union remporte toutes les batailles de cette semaine de combats à l’exception d’une seule, et pourtant McClellan se comporte en vaincu et ordonne le retrait de son armée jusqu’aux bateaux de guerre ancrés à Harrison’s Landing, sur la James River. Ses officiers insistent pour contre attaquer car Lee a perdu 20 000 hommes. McClellan refuse.

L’armée du Potomac est démoralisée ; les soldats ne comprennent pas ces ordres qui les poussent à la retraite. Alors qu’ils n’ont perdu qu’une seule bataille à Gaine’s Mill au cours de ces sept jours d’affrontements permanents, ils se voient contraints d’abandonner la partie. Tous ces morts pour rien, tous ces efforts consentis pour finalement atteindre leur point de départ de la Campagne !

En une semaine, Lee a complètement déstabilisé le général nordiste et démontré les qualités qui feront de lui une légende : effet de surprise, audace, et une incroyable faculté à deviner les pensées de ses adversaires. En sept jours McClellan a été surpassé par son rival.

Témoignage d’une femme de Richmond : « La menace s’est éloignée de Richmond. Les seuls Yankees de la ville sont les détenus des prisons. Les canonnières fédérales remontent et descendent le fleuve à toute vapeur, pilonnant les arbres de la rive, craignant d’approcher de Drewry’s Bluff. Les journaux nordistes et le Congrès essaient de déterminer qui est responsable des derniers revers. Ici, nous pensons que toute l’armée fédérale aurait pu être capturée si certains de nos généraux s’étaient montrés plus décidés.

McClellan et sa « grande armée » se retrouvent surs le James maintenant, dégustant moustiques et fièvre malignes. Le temps est excessivement chaud. Je pense que les Yankees ont trouvé tout ce que leur vive imagination leur avait laissé entrevoir : ce « Sud ensoleillé », et encore ses marais… »

Extrait de « Il y a toujours un reporter ». (« La guerre de Sécession », de Victor Austin, paru aux éditions René Julliard.)


BILAN DE LA CAMPAGNE DE LA PÉNINSULE & CONSÉQUENCES

Face au nombre considérable des pertes (20 000 Confédérés contre 10 000 Nordistes), Lee se voit contraint de cesser le combat. Pourtant il n’est pas satisfait du résultat. Son objectif était de détruire l’armée du Potomac de McClellan en pleine déroute, mais faute de moyens et d’incompétences manifestes parmi ses généraux, il ne pourra le faire. Après la bataille, il déplacera les officiers inaptes au commandement loin du théâtre de la guerre, au Texas. Puis il les remplacera par des hommes de confiance. La Bataille des Sept Jours est sans doute le combat le plus meurtrier du début de l’année 1862 (30 000 morts ou blessés). Pour McClellan, la Campagne de la Péninsule se termine sur un constat d’échec retentissant ; Richmond est sauvée et reste la capitale de la Confédération

Sources :

La « Guerre de Sécession », de Ken Burns.

L’article comprend des extraits de « Il y a toujours un reporter ». (« La guerre de Sécession », de Victor Austin, paru aux éditions René Julliard.)

https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=https://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Beaver_Dam_Creek&prev=search

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_Sept_Jours#26_juin_(bataille_de_Beaver_Dam_Creek)

 

 

 

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1 réponse

  1. Gérard dit :

    Site très intéressant, merci pour tous ces renseignements

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