La Guerre de Sécession – La Seconde bataille de Bull Run

        

                                                                              

 

LA GUERRE DE SÉCESSION

(1861-1865)

 

LA SECONDE BATAILLE

DE

BULL RUN

(Du 28 au 30 août 1862)

Les forces confédérées, commandées par le général Robert E. Lee, sortent victorieuses de la Campagne de la Péninsule au printemps 1862. Suite à cet échec, Lincoln remplace au pied levé le général nordiste battu, George McClellan, par Henry Halleck au poste de général en chef des armées de l’Union.

Une partie de ses troupes est affectée à l’Armée de Virginie (unioniste), placée sous les ordres de John Pope. Ce dernier attend le renfort de l’Armée du Potomac, défaite lors de la Campagne de la Péninsule, et qui doit le rejoindre. Robert E. Lee, ne veut pas attendre : il sait qu’il est en infériorité numérique et doit empêcher la réunion des deux armées. Pour cela, il cherche une opportunité qui lui permettra d’isoler Pope et de l’attaquer.

Campagne de la Péninsule, lire : Le sud défend sa capitale.

CONTEXTE

GRANT ET McCLELLAN LIMOGES, HENRY HALLECK ARRIVE !

Dans le Nord, après la terrible et coûteuse bataille de Shiloh, les journaux accuseront Grant de négligence, et le culpabiliseront pour sa conduite du 6 avril à Pittsburg Landing. La plupart des journalistes, absents sur le champ de bataille, affirmeront qu’il était ivre, le rendant ainsi responsable de la mort de nombreux soldats surpris au petit matin dans leur sommeil. On lui reprochera son manque de préparatifs défensifs. Pour ses adversaires, et ils sont nombreux, Grant n’aurait jamais dû se laisser surprendre. Sa réputation sera ternie, et beaucoup attribueront la victoire à Buell.

A Washington, les plaintes à son sujet demandant sa destitution seront légions. A tous ses détracteurs, le président Lincoln répondra : « je ne peux le renvoyer, cet homme se bat ».

Son supérieur, le général Halleck, était un bureaucrate calculateur. Il était jaloux des victoires de Grant à un moment où l’Union n’engrangeait que des défaites à l’Est, sur la péninsule. Il ne désirait qu’une seule chose, se débarrasser d’un rival gênant.

Général Henry Wager Halleck

Lettre de Ulysses S. Grant à sa femme

25 avril Pittsburg Landing, Tennessee.

Ma chère Julia Je ne suis plus ici le maître des opérations : le général Halleck est arrivé, et j’en suis franchement ravi. J’espère que les journalistes vont désormais me laisser tranquille. S’ils savaient combien mes ambitions sont modestes (hormis mon désir de mettre un terme à cette rébellion), et que je n’aspire ensuite qu’à rentrer chez moi pour vivre en paix auprès de ma famille, je pense qu’ils débiteraient moins de mensonges à mon sujet.

La Guerre de Sécession, Ken Burns.  

Après la bataille de Fort Donelson, Halleck avait fait courir des rumeurs selon lesquelles Grant buvait. Le désastre de Shiloh lui donna l’opportunité de le faire muter.

Grant voulait quitter l’armée, mais son ami William Tecumseh Sherman l’en dissuada : « Vous ne pourriez vivre en paix une semaine, sachant que des armées s’affrontent ! », lui dit-il.

La Guerre de Sécession, Ken Burns. 


 

L’ARMEMENT

Jamais une armée n’avait été aussi bien équipée que celle que commandaient Ulysses S. Grant et George McClellan. Toutes les capacités de production et l’ingéniosité technique du Nord étaient dorénavant orientées vers l’armement.

La Guerre de Sécession allait donner naissance aux premières pièces d’artillerie montées sur rail, aux premières mines terrestres, aux premiers signaux optiques, et au premier télégraphe militaire. On compte pour la seule année 1862 pas moins de 240 brevets déposés dans le domaine de l’armement. Tous n’étaient pas de première importance, certains même étaient absurdes et fantaisistes ; l’administration fédérale eut fort à faire pour éloigner les profiteurs de guerre.

Abraham Lincoln était particulièrement fasciné par toutes ces inventions. Il essayait personnellement les nouvelles armes et commanda 10 fusils à répétition (ancêtres de la mitraillette).

Un soldat sudiste dira : « Les Yankees chargent leurs fusils le dimanche, et tirent avec toute la semaine ! ».

La Guerre de Sécession, Ken Burns

 L’invention la plus significative de toute la guerre fut sans aucun doute la découverte du fusil à canon rayé, que viendra parfaire une invention mise au point par un ingénieur français, le capitaine Claude Etienne Minié (1804-1879). Il s’agissait d’une balle de forme cylindro-conique de 2,5 cm de long, qui se dilatait dans les rayures du canon et partait en tournoyant sur elle-même. Une balle minié pouvait atteindre sa cible jusqu’à 800 mètres, et tuer un homme avec une grande précision à 250 mètres (soit 5 fois plus loin que n’importe quel autre projectile de l’époque). Le temps de la charge à la baïonnette était devenu caduc, même si la plupart des officiers n’en avait pas encore conscience au début de la guerre, et si certains d’entre eux ne le comprirent jamais.

L’armement était très en avance sur les tactiques de l’époque. Au début du 19ème siècle, pour enlever une position tenue par l’ennemi, il suffisait de masser suffisamment d’hommes et les faire charger baïonnette au canon.  Mais le développement des armes de guerres était devenu si performant que le moindre assaut se transformait en bain de sang ; ce qui explique le nombre élevé de victimes. Par exemple, le fusil utilisé qui tirait des balles de plomb tendres de calibre 53, et à faible vélocité, nous permet de comprendre le nombre élevé d’amputations. 

Balle figée dans un os humain

Quand un soldat était atteint par un projectile de la sorte, l’impact ne sectionnait pas l’os comme le ferait de nos jours une balle moderne ; elle lui pulvérisait toute une partie du membre touché. Les médecins n’avaient pas d’autre choix que d’amputer.

Éclat provoqué par une balle minié sur un fémur humain

Sur certaines photos, on voit des cadavres dont les vêtements sont dans tous les sens comme si quelqu’un les avait fouillés. En fait, c’étaient les soldats eux-mêmes qui avaient déboutonné leur veste ou leur chemise pour savoir où ils avaient été touchés ; sachant que s’ils avaient pris une balle dans le ventre, ils savaient qu’ils étaient fichus…   

La guerre de Sécession – cadraves avec leurs vêtements déboutonnés (Ken Burns)

ARMÉES EN PRÉSENCE

ARMÉE DU POTOMAC

L’Armée du Potomac est la principale Armée de l’Union sur le théâtre oriental de la guerre de Sécession.

Lorsqu’éclate la Guerre Civile en 1861, seule une partie de la Virginie fait sécession. Les comtés du Nord-Ouest décident de rester fidèles à l’Union (c’est aujourd’hui l’État de Virginie-Occidentale). L’État du Maryland, bien qu’esclavagiste, demeure également dans l’Union. Ainsi, une grande partie du cours du Potomac et de son estuaire forment la frontière séparant l’Union des États confédérés.

Les commandants :

– Le brigadier – général Irvin McDowell : commandant de l’armée et Département du Nord -Est de Virginie, du 27 mai au 25 juillet 1861.  

– Le Major général George McClellan : commandant de la Division militaire du Potomac, et plus tard, l’armée et le ministère du Potomac, du 26 juillet 1861 au 9 Novembre 1862.  

– Le Major général Ambrose Burnside : commandant de l’armée du Potomac du 9 novembre 1862 au 26 Janvier 1863.  

– Le Major – général Joseph Hooker : commandant du ministère et de l’armée du Potomac du 26 janvier au 28 juin 1863.  

– Le Major-général George Meade : commandant de l’armée du Potomac du 28 juin 1863 au 28 Juin 1865.  

– Le Major-général John G. Parke : a eu le commandement temporaire pendant les absences de Meade à quatre reprises au cours de cette période.  

– Le lieutenant – général Ulysses S. Grant : général en chef de toutes les armées de l’Union. Il a placé son quartier général dans l’armée du Potomac, et a fourni les directions opérationnelles à Meade de mai 1864 à avril 1865.


ARMÉE DE VIRGINIE DU NORD (1861-1862)

La guerre de Sécession de Ken Burns- Sudistes au repos pour la photo

L’armée de Virginie du Nord était une armée des États confédérés d’Amérique durant la Guerre de Sécession. Au cours des opérations qui se déroulèrent dans l’Est

Drapeau de l’armée de Virginie du Nord

pendant le conflit, elle représentait la force de frappe majeure de la Confédération.

Placée sous les ordres du général Robert E. Lee, cette armée se composait en majorité de soldats venant des États de Virginie, de Caroline Du Sud, de Caroline du Nord, et du Maryland. Certaines unités étaient issues d’États tels que l’Alabama, l’Arkansas, le Tennessee et le Mississippi.

L’armée de Virginie du Nord occupait une position stratégique. Placée en limite de la ligne de séparation avec les États frontaliers, elle bloquait tout accès à la terre sacrée de Virginie en faisant face aux États de l’Union et à l’armée nordiste du Potomac.

ARMÉE DE VIRGINIE (UNIONISTE)

L’armée de Virginie (unioniste) a vu le jour le 26 juin 1862. Elle a été mise sur pied pour répliquer à la puissante contre-attaque confédérée qui, après avoir avec succès défendu sa capitale Richmond, a repoussé les assauts de George McClellan (bataille de Seven Pines). L’armée nordiste de McClellan est refoulée jusqu’à la mer (bataille des sept jours).

Fort de ces victoires, Lee lance la campagne de Virginie Septentrionale (août-septembre 1862), et jette toutes ses forces contre John Pope. Après trois mois de batailles, l’Armée de Virginie (unioniste), battue, retraite sur Washington pour s’y réfugier.

Elle est définitivement dissoute le 12 septembre 1862 ; ses unités seront versées dans l’Armée du Potomac.

L’Armée de Virginie (unioniste) ne doit pas être confondue avec l’Armée de Virginie du Nord (confédérée).

CAMPAGNE DE VIRGINIE SEPTENTRIONALE

(Août à septembre 1862)

John Pope et Robert E. Lee

La campagne de Virginie Septentrionale, aussi connue sous le nom de « Seconde campagne de Bull Run » ou de « Seconde campagne de Manassas », est une suite de batailles qui se sont déroulées en Virginie, entre Août et septembre 1862, sur le théâtre oriental de la Guerre de Sécession. Le général Robert E. Lee, commandant en chef de l’armée des Etats confédérés, choisit de se diriger vers le nord, vers Washington. Il veut affronter et battre tout de suite l’armée de Virginie, commandée par le général John Pope (1822-1892), avant que celle-ci ne s’unisse à celle du Potomac du major-général George McClellan, qui vient d’être destitué par le Président Lincoln.

Pour stopper la progression de John Pope, qui marche sur Gordonsville, Lee envoie le major-général Thomas J. « Stonewall » Jackson.

Thomas J. « Stonewall » Jackson.

« Toujours mystifier, tromper et surprendre l’ennemi, si possible; et quand vous le frappez et le vainquez, ne cessez jamais de poursuivre tant que vos hommes auront la force de suivre; car une arméeen déroute, si elle est vivement poursuivie, devient paniquée, et peut alors être détruite par la moitié de son nombre.

Stonewall Jackson

L’autre règle est : ne jamais se battre contre un ennemi supérieur en nombre ; si vous pouvez lancer votre assaut sur une partie de ses forces seulement, attaquez sa partie la plus faible et écrasez-le. Une telle tactique gagnera à chaque fois, ainsi, une petite armée peut en détruire une plus grande, et la victoire répétée la rendra invincible ».

La Guerre de Sécession, Ken Burns

 

LES BATAILLES DE LA CAMPAGNE DE

VIRGINIE SEPTENTRIONALE 

– Le 9 août : bataille de Cedar Mountain, connue en anglais comme bataille de Slaughter’s Mountain (bataille de la montagne du Massacre), ou battle of Cedar Run (bataille du ruisseau des Cèdres). La bataille s’est déroulée dans le comté de Culpeper, État de Virginie.

Bataille de Cedar Mountain

Victoire des forces confédérées commandées par le général Thomas J. « Stonewall » Jackson, face à l’armée de l’Union placée sous les ordres du général Nathaniel P. Banks (1816-1894).

La bataille de Cedar Mountain fut la première bataille de la Campagne de Virginie Septentrionale. Elle se terminera par la défaite des Unionistes lors de la seconde bataille de Bull Run.

&

– Du 22 au 25 août : bataille de Rappahannock Station, dans les Comtés de Fauquier et Culpeper, Virginie.

Bataille indécise entre les forces confédérées commandées par le général Thomas J. « Stonewall » Jackson, face à l’armée de l’Union placée sous les ordres du général John Pope (1822-1892).

&

– Du 25 au 27 août : combats de Manassas station (aussi connus sous les noms de Bristoe Station, de Kettle Run, de Bull Run Bridge ou d’Union Mills), dans le Comté du Prince-William, Virginie.

Victoire des forces confédérées commandées par le général Thomas J. « Stonewall » Jackson, face à l’armée de l’Union placée sous les ordres du général John Pope (1822-1892).

Manassas Station

&

– Le 28 août : bataille de Thoroughfare Gap, dans les Comtés du Prince-William et Fauquier, Virginie.

Victoire confédérée.

&

– Du 28 au 30 août : seconde bataille de Bull Run, dans le Comté du Prince-William, Virginie.

Victoire des forces confédérées commandées par les généraux Robert E. Lee, James Longstreet et Thomas J. « Stonewall » Jackson, face à l’armée de l’Union placée sous les ordres du général John Pope (1822-1892).

Seconde Bataille de Bull Run

&

– Le 1er septembre : bataille de Chantilly, appelée aussi bataille de Ox Hill, dans le Comté de Fairfax, Virginie.

Bataille indécise entre les forces confédérées commandées par les généraux Thomas J. « Stonewall » Jackson et Jeb Stuart (1833-1864), face à l’armée de l’Union placée sous les ordres des généraux Philip Kearny Jr (1815-1862) et Isaac Ingalls Stevens (1818-1862). Les deux généraux de l’Union seront tués au cours de la bataille.

Bataille de Chantilly

LA VIRGINIE

« Old Dominion, Mother of Presidents »   

 

 

 

10ème État.

Capitale : Richmond.

Date d’Entrée dans l’Union : 25 juin 1788.

– La Virginie est une des treize colonies fondatrices des États-Unis. Elle donnera quatre des cinq premiers présidents : Washington, Madison, Monroe et Jefferson.

– C’est en 1584 que le navigateur anglais Walter Raleigh conçoit de coloniser l’Amérique du Nord et fonde la Virginie.

– En 1607, un groupe de colons anglais, envoyé par le roi d’Angleterre James 1er, fonde la 1ère colonie anglaise permanente, Jamestown. 

– C’est en 1660 que l’esclavage, déjà pratiqué, est officialisé.

– En 1784, la Virginie cède aux États-Unis les territoires au nord de l’Ohio, pour le développement vers l’ouest selon le système des townships.

– Le 17 avril 1861, la Virginie, Etat esclavagiste, fait sécession et rallie la Confédération des États du Sud. La plupart des grandes batailles du théâtre oriental de la Guerre de Sécession se dérouleront sur son sol : Bull Run, Chancellorsville, Fredericksburg…

Sa capitale, Richmond, tombe aux mains des Nordistes le 2 avril 1865 (peu de temps avant la reddition du général Robert E. Lee à Appomattox), avant d’être en grande partie incendiée et ravagée.


Dans sa « Maison Blanche » sudiste de Richmond, en Virginie, Jefferson Davis veille à maintenir l’effort de guerre au plus haut. L’industrie de guerre se développe dans le Sud, plus par nécessité que par volonté délibérée. Le gouvernement confédéré, fondé sur le principe de la décentralisation, se voit contraint de tout gérer, depuis la fabrication des canons jusqu’à la confection des uniformes à domicile, où une petite armée de ménagères dévouées travaillent sans relâche.

Maison Blanche confédérée

A Charleston, Mary Chesnut a créé un groupement de dames qui tricotent des chaussettes pour la brigade de Stonewall Jackson. Elles confectionnent aussi des bottes en feuilles de palmier, et réunissent de grandes quantités d’urine pour en distiller les nitrates qui serviront à la fabrication de la poudre. Dans les champs, on cultive le pavot pour en extraire l’opium. Le maïs et les pois seront utilisés comme ersatz de café. Certaines épines servent d’aiguilles hypodermiques, et on façonne de la corde avec une plante parasite appelée « mousse espagnole ».

Mary Boykin Chesnut, née Mary Boykin Miller (31 mars 1823 – 22 novembre 1886), est une écrivaine américaine connue pour son journal brossant la société sudiste durant la Guerre Civile. Avec son époux James Chesnut Jr, avocat et ancien sénateur de la Caroline du

Mary Boykin Chesnut

Sud puis officier confédéré, ils évoluent dans les milieux les plus influents de la société sudiste. Ils sont notamment très proches du couple présidentiel de la Confédération, Jefferson Davis et Varina Banks Howell. Mary est souvent dépressive et sujette à faire des cauchemars. Dès le début du conflit, elle décide de tenir un journal afin de transcrire au quotidien toutes ses impressions. Il se révèlera comme un poignant témoignage de la société sudiste pendant la guerre.

 

 « Je tiens à ce que ce journal soit entièrement objectif, le temps de la subjectivité est dépassé. »

Mary Boykin Chesnut.


LA BATAILLE

La seconde bataille de Bull Run se déroule du 28 au 30 août 1862, dans le Comté du Prince-William, en Virginie.

Le Bull Run

FORCES EN PRÉSENCE

POUR LES FÉDÉRAUX

 

L’Armée de Virginie (unioniste), composée de 26 brigades et 19 brigades d’unités détachées de l’Armée du Potomac, soit 66 000 hommes.

Commandant : Major général John Pope.

POUR LES CONFÉDÉRÉS

 

L’Armée de Virginie du Nord, composée de 31 brigades, soit 54 000 hommes.

Commandants : Le Général Robert Edouard Lee, le Général James Longstreet et Thomas J. « Stonewall » Jackson.

DÉROULEMENT DE LA BATAILLE

Lincoln, qui vient de limoger McClellan, est toujours à la recherche d’un général qui saura faire la décision. En quête désespérée de victoire, il accorde sa confiance à un officier au verbe haut, John Pope, et lui confie le commandement en chef de l’armée de Virginie (unioniste).

D’abord cantonné à la défense de la capitale, Pope affirme qu’il peut battre les confédérés et marcher sur Richmond. Il a toujours fanfaronné que « son QG était sur la selle de son cheval ». Ce qui fera dire à certains « au même endroit que ses fesses ». Lincoln sait qu’il ne doit pas croire Pope sur parole.

Lincoln déclare : J’ai bien connu les Popes dans l’Illinois ; ce sont tous des menteurs et des hâbleurs ; mais je ne vois aucune raison qui empêcherait un menteur ou un hâbleur de faire un bon général ». 

Au mois de juillet, John Pope quitte Washington et fait route vers la capitale sudiste. Il ne perd pas de temps et se rue à la poursuite des troupes confédérées dans le Nord de la Virginie ; mais il se heurte à une résistance farouche.

Le 9 août, il est battu à bataille de Cedar Mountain. Les forces de l’Union, commandées par Nathaniel P. Banks, sont repoussées par les troupes sudistes de Jackson. Dans la foulée, Jeb Stuart prend par surprise son QG et s’empare de 35 000 dollars en espèces, ainsi que sa veste de commandant en chef.

Jeb Stuart

John Pope dispose alors ses forces le long de la rivière Rappahannock. Face à elles se trouvent les unités de l’armée de Robert Lee qui prennent leurs positions. Ce dernier applique son plan de bataille pour piéger son adversaire. Il envoie Jackson par le flanc vers le Thoroughfare Gap, de manière à menacer les lignes d’approvisionnement nordistes et à se montrer ouvertement à l’ennemi.

Le 26 août, John Pope tombe dans le piège et abandonne ses positions de la Rappahannock pour Manassas Junction, puis se lance à la poursuite de Jackson. Mais il ne le rencontre pas, ce dernier s’étant replié après avoir pillé les entrepôts fédéraux. Seule une arrière-garde se bat à Bristoe Station pour ralentir les soldats de l’Union. Les rebelles ont littéralement disparu !

Thomas Jackson

Pope mettra deux jours à retrouver leurs traces ; ils se sont retranchés le long d’une voie ferrée inachevée qui domine l’ancien champ de bataille de Bull Run.

Le 29 août, Pope donne l’assaut sur la position confédérée de Jackson (le long de la voie ferrée inachevée), et promet de décimer son ennemi. Et au soir, malgré des combats enragés, les Sudistes tiennent bon !

Longstreet vient alors se positionner sur la droite de la ligne de Jackson, formant ainsi un angle droit. Pope, qui persévère et s’entête à donner des coups de boutoirs contre le corps de

James Longstreet

« Stonewall » Jackson, semble ne pas faire cas de la présence des unités de Longstreet. Pope dispose d’une supériorité numérique de 2 contre 1 (en ne comptant que les forces de Jackson), mais il ne lancera pas d’assaut assez puissant sur toute la ligne pour déloger son ennemi. Ce qui lui aurait permis de le battre…  

Le 30 août, Jackson est à court de munitions. Pour le soutenir, l’artillerie confédérée, située dans l’angle formé par les deux corps, tire sans retenue sur les assaillants nordistes. Les hommes de Jackson se défendent à coup de pierres.

Le général Pope décide enfin de lancer son attaque générale ; il fait relever les corps d’armée, épuisés et désorganisés, et les remplace par sa propre réserve.

A 14 heures, le lendemain après-midi, le général sudiste James Longstreet jette cinq divisions sur le flanc gauche quasi inexistant de l’armée nordiste, et les force à battre en retraite. Pour les troupes de l’Union, c’est une nouvelle déroute.

Les troupes de Jackson, trop épuisées et à court de munitions, ne pourront décimer l’armée nordiste dans sa débâcle.

C’est un nouveau désastre pour l’Union. Au cours de la Seconde bataille de Bull Run, l’on déplorera la perte de 25 000 victimes, tués, blessés, disparus et prisonniers. C’est un bilan cinq fois plus élevé que celui qui avait horrifié le pays lors du précédent affrontement, l’année précédente, sur ce même champ de bataille.

PERTES

POUR LES FÉDÉRAUX

 

Sur les 63 000 hommes de son armée, l’Union déplorera la perte de 14 462 victimes.

Tués : 1747.

Blessés : 8452.

Disparus et prisonniers : 4263.

POUR LES CONFÉDÉRÉS

 

Sur les 54 000 hommes de son armée, la Confédération déplorera la perte de 9474 victimes.

Tués : 1553.

Blessés : 7812.

Disparus et prisonniers : 109.

CONSEQUENCES

Après la terrible défaite, Abraham Lincoln décide d’envoyer John Pope à l’Ouest, dans le Minnesota, pour combattre une révolte des Indiens Sioux.

A son grand regret, il se voit contraint de réhabiliter George McClellan à son poste de commandant en chef de l’Armée de l’Union.

Abraham Lincoln dira : « Nous devons utiliser les outils dont nous disposons ».

Le 1er septembre, face à une armée en plein doute et en déroute, Jefferson Davis et Robert E. Lee décident, pour la première fois, de porter la Guerre dans le Nord.

A la tête d’une armée forte de 40 000 hommes, Lee envahit le Maryland où, quinze jours plus tard, se déroulera la bataille indécise d’Antietam.


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