La Guerre de Sécession – « Stonewall Jackson »

                          Drapeau des Etats-Unis de 1860 à 1863                                                             Drapeau-Confédéré


 

LA GUERRE DE SÉCESSION

(1861-1865)

 secession

THOMAS JONATHAN

 JACKSON

(1824-1863)

Surnommé

« STONEWALL » JACKSON 

Stonewall_Jackson

Insigne-de-col-d'un-général-confédéré

 

SOMMAIRE

Les 12 et 13 avril 1861, le bombardement de Fort Sumter par les États confédérés, dans la baie de Charleston, en Caroline du Sud, marque le début de la Guerre. La garnison fédérale du fort, sous les ordres du commandant Anderson, refuse de quitter ses positions qui se trouvent en territoire sudiste. Cette bataille, qui n’a fait aucune victime dans les deux camps, est le « casus belli » qui déclenche la Guerre civile (1861-1865), et annonce le conflit le plus meurtrier de l’Histoire des États-Unis.

NAISSANCE

Thomas Jonathan Jackson est un général des États confédérés durant la Guerre civile américaine (1861-1865). Il nait le 21 janvier 1824 à Clarksburg, comté de Harrison, en Virginie et meurt le 10 mai 1863 à Guiney’s Station, south of Fredricksburg, en Virginie.

FAMILLE

Thomas est l’arrière-petit-fils de John Jackson (1715-1801, un Irlandais protestant, originaire du comté de Londonderry) et d’Elizabeth Cummins (1724-1825).

En 1749, John rencontre Elizabeth dans le bateau qui les emmène dans les colonies d’Amérique. Condamnés pour différents délits, tous deux sont contraints de s’exiler ; ils s’établissent dans le Maryland et se marient en 1755.

Thomas est le petit-fils de Edward Jackson (1759-1828) et de Mary Hadden (1764-1796).

Thomas est le fils de Jonathan Jackson (1790-1826) et de Julia Beckwith Neale (1798-1831).

FRATRIE

– Elizabeth Jackson (1819-1826).

– Warren J Jackson (1821-1841).

– Thomas Jonathan Jackson (1824-1863).

– Laura Ann Jackson (1826-1911).

– Anna Grace Jackson (1831-1900).

 

MARIAGE

– Le 4 août 1853, Thomas Jackson épouse Elinor « Ellie » Junkin (1825-1854). Le père d’Ellie était président du Washington College de Lexington. Elle meurt le 22 octobre 1854 en donnant naissance à un enfant mort-né.

– Le 16 août 1857, Thomas Jackson épouse en seconde noce Mary Anna Morrison (1831-1915). Le père d’Anna, Robert Hall Morrison, était un prédicateur presbytérien et fut le 1er président du Davidson College. De cette union naîtront deux filles : Mary Graham (née en 1858 et décédée un mois plus tard), et Julia Laura (née en 1862 décédée en 1889).

JEUNESSE

Thomas est le 3ème enfant de Jonathan Jackson (1790-1826), avocat, et de Julia Beckwith Neale (1798-1831). Dès sa naissance, le 21 janvier 1824 quelques minutes après minuit, il hérite du prénom de son grand-père maternel.

Le 6 mars 1826, sa sœur aînée meurt de la fièvre typhoïde ; son père, atteint lui aussi par cette maladie, en meurt le 26 mars de la même année. Sa mère accouche le lendemain en donnant naissance à une fille, Laura Ann ; Julia Jackson est veuve à 28 ans. Désormais seule et avec de nombreuses dettes, elle doit subvenir aux besoins de sa descendance. Refusant toute charité familiale, Julia vend tous ses biens et s’installe avec ses trois enfants à charge, Warren, Thomas et Laura, dans une petite maison d’une pièce qu’elle loue. Pour nourrir les siens, elle fait de la couture et enseigne dans une école.

En 1830, Julia se remarie avec un avocat du comté de Fayette, Blake Woodson (1731-1833). Celui-ci déteste ses beaux-enfants. Le rejet de Woodson pour les enfants de Julia et les difficultés financières de sa famille vont ébranler la vie de Thomas, Warren et Laura.

Peu de temps après le mariage avec Blake Woodson, alors que la santé de Julia commence à décliner, le jeune Thomas et sa sœur Laura sont envoyés dans la famille des Jackson, chez leur oncle, Cummins Jackson, qui possède un moulin à blé, à Jackson’s Mill, dans l’actuelle Virginie Occidentale. Quant à Warren, il est dirigé sur la famille maternelle Neale. Il mourra de la tuberculose en 1841, à l’âge de 20 ans.

 

Jackson' Mill

Jackson’ Mill

 En 1831, Julia donne naissance à un enfant, mais décède des complications lors de l’accouchement. Le nouveau-né s’appelle William Wirth Woodson (1831-1875).

Thomas et Laura passeront les dernières années de leur enfance chez l’oncle Cummins Jackson. Tous deux seront très proches, mais plus tard, chacun choisira son camp. Au début de la Guerre Civile, Laura, fervente unioniste, se séparera de son frère et de son mari.

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LA VIRGINIE

« Old Dominion, Mother of Presidents »

Drapeau-de-la-Virginie

 

 

 

 

10ème État.

Capitale : Richmond.

Date d’Entrée dans l’Union : 25 juin 1788.

– La Virginie est une des treize colonies fondatrices des États-Unis. Elle donnera quatre des cinq premiers présidents : Washington, Madison, Monroe et Jefferson.

– C’est en 1584 que le navigateur anglais Walter Raleigh conçoit de coloniser l’Amérique du Nord et fonde la Virginie.

– En 1607, un groupe de colons anglais, envoyé par le roi d’Angleterre James 1er, fonde la 1ère colonie anglaise permanente, Jamestown. – C’est en 1660 que l’esclavage, déjà pratiqué, est officialisé.

– En 1784, la Virginie cède aux États-Unis les territoires au nord de l’Ohio, pour le développement vers l’ouest selon le système des townships.

– Le 17 avril 1861, la Virginie, État esclavagiste, fait sécession et rallie la Confédération des États du Sud. La plupart des grandes batailles du théâtre oriental de la Guerre de Sécession se dérouleront sur son sol : Bull Run, Chancellorsville, Fredericksburg…

Sa capitale, Richmond, tombe aux mains des Nordistes le 2 avril 1865, peu de temps avant la reddition du général Robert E. Lee à Appomattox, avant d’être en grande partie incendiée et ravagée.

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L’HOMME

Jackson est un véritable excentrique ; sa dévotion religieuse est immense. Beaucoup de ses congénères le soupçonneront de placer Dieu entre lui et ses décisions. Pendant la Guerre Civile, il

Thomas Jackson

Thomas Jackson

se fera remarquer sur les champs de bataille. On le verra sur son cheval, le bras levé vers le ciel. Lorsqu’on lui demandera pourquoi il fait cela, il répondra que c’est pour favoriser la circulation du sang. Il dira aussi que de manger du poivre lui donne des démangeaisons à la jambe. A chaque fois qu’il enverra du courrier, il fera en sorte que son pli ne circule pas un dimanche, le jour du seigneur. Au milieu des combats, on le remarquera droit sur son cheval, au plus fort de la mêlée, affrontant sans sourciller la mitraille ennemie. Il disait que sa mort était inscrite et que seul le seigneur pouvait décider le moment de l’appeler ; il était prêt !

Ses soldats disaient de lui : « On a reçu du noble général Jackson une couverture, un fusil et quelques cartouches ; et en route pour l’enfer ! ».

Malgré toutes ces frasques, ses hommes le vénéraient parce qu’il leur donnait la victoire…

 

« Stonewall » Jackson s’adressant, après la bataille de Bull Run, au capitaine John D. Imboden le 24 juillet 1861 :

« Capitaine, ma croyance religieuse m’apprend à me sentir aussi en sécurité au combat qu’au lit. Dieu a fixé le temps pour ma mort. Je ne me préoccupe pas de cela, mais d’être toujours prêt, peu importe quand cela peut m’atteindre. Capitaine, c’est ainsi que tous les hommes devraient vivre, et alors tous seraient également courageux ».

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THOMAS JACKSON, LE MILITAIRE

En 1842, il entre à l’Institut militaire de Virginie (Virginia Military Institute, VMI). Mais son éducation est incomplète et il doit travailler dur pour hisser son niveau. A force de labeur et de détermination, il devient un élève remarquable.

En 1846, il sort de West Point au 17ème rang sur 59.

FAITS D’ARMES

ET

PARTICIPATIONS AUX BATAILLES

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GUERRE AMÉRICANO-MEXICAINE

(1846-1848)

Jackson débute sa carrière militaire avec la guerre contre le Mexique. Il est alors second lieutenant au 1er régiment d’artillerie de l’armée des États-Unis.

1847

– Du 19 au 20 août : Bataille de Contreras, Mexico.

Bataille de Contreras

Bataille de Contreras

Victoire de l’armée des États-Unis commandée par le général Winfield Scott (1786-1866), face aux forces mexicaines placées sous les ordres des généraux Antonio de Padua María Severino López de Santa Anna y Pérez de Lebrón (1794-1876), et Gabriel Valencia (1799-1848).

– Du 8 au 15 septembre : campagne de Mexico City et bataille de Chapultepec.

Victoire de l’armée des États-Unis commandée par le général Winfield Scott (1786-1866), face aux forces mexicaines placées sous les ordres de Nicolás Bravo Rueda (1786-1854).

Lors de l’assaut du château de Chapultepec, Jackson refuse d’obéir à un ordre lui intimant de faire retraite. Il le juge mauvais et inapproprié. Ce refus sera, après la bataille, reconnu comme justifié, ce qui lui vaudra d’être promu au rang de major et d’avoir les félicitations du généralissime Winfield Scott.

1851

Au printemps, Jackson rejoint l’Académie Militaire de Virginie à Lexington (VMI, Virginia Military Institute de Lexington). Il y reçoit la charge d’enseignant, un poste récemment créé. Il devient professeur de philosophie et instructeur d’artillerie. Malgré l’excellence de ses prestations, Jackson est impopulaire auprès de ses élèves. Ses étudiants le moquent pour ses excentricités et sa ferveur religieuse.

Méconnu des habitants de Lexington, Jackson est au contraire estimé par beaucoup d’afro-américains, qu’ils soient esclaves ou affranchis. Ainsi on le voit, le dimanche, diriger une classe d’élèves noirs à l’église presbytérienne, pour leur inculquer une instruction religieuse. Probablement défavorable à l’esclavage, Jackson pensait cependant qu’il était décidé par Dieu.

En novembre 1859, à la demande du gouverneur de Virginie, il se trouve présent avec une troupe de cadets du VMI à la pendaison de l’abolitionniste John Brown (1800-1859).

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GUERRE CIVILE

(1861-1865)

1861

– En 1861, bien avant que son État, la Virginie, ne fasse sécession, Jackson se met à la disposition des États confédérés d’Amérique.

– Le 27 avril, il reçoit du gouverneur de Virginie le commandement d’une brigade, qui deviendra la « brigade Stonewall ».

– Le 17 juin, il est promu brigadier général (général de brigade).

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BULL RUN

– Le 21 juillet : première bataille de Bull Run, appelée aussi par les forces confédérées Première bataille de Manassas, dans les Comtés de Prince William et de Fairfax, en Virginie.

Victoire de l’armée confédérée commandée par les généraux Pierre-Gustave Toutant de Beauregard et Joseph Eggleston Johnston, face aux forces de l’Union placées sous les ordres du général Irvin McDowell (1818-1880).

Bataille Bul Run ou Manassas

Bataille Bul Run ou Manassas

Le général du Sud Jackson, que tout le monde désormais appellera « Jackson Mur de pierre » (Stonewall Jackson), écrit à son épouse :

Manassas, 23 juillet 1861.

« Mon trésor, Hier nous avons livré une grande bataille et avons gagné une grande victoire dont toute la gloire revient à Dieu et à lui seul. Bien qu’exposé à un feu intense pendant plusieurs heures, je n’ai eu qu’une blessure : le majeur de la main gauche a été cassé ; mais le médecin dit qu’on peut le sauver. Le doigt a été fracturé entre la main et l’articulation, la balle passant du côté de l’index. Si elle avait frappé au milieu, j’aurais perdu le doigt. Mon cheval a été seulement blessé. La tunique que tu m’as faite a été touchée au niveau de la hanche, mais mon ordonnance, qui est très adroit, l’a si bien réparée que ça ne se voit pas. C’est Dieu qui m’a protégé et c’est à lui qu’on doit rendre honneur, gloire et louange pour cette victoire éclatante. La bataille fut la plus dure que j’aie jamais vue. On m’avait confié plus spécialement le commandement du centre, quoique l’un de mes régiments se soit porté assez loin sur la droite. Encore qu’une grande part du mérite revienne à d’autres unités de notre valeureuse armée, Dieu a voulu que ma brigade contribue, plus qu’une autre, à repousser l’attaque principale. Tout ceci entre nous, n’en parle pas. Que les autres fassent mes éloges et non moi-même ».

Extrait de « Il y a toujours un reporter ». (« La guerre de Sécession », de Victor Austin, paru aux éditions René Julliard.)

C’est au cours de cette bataille que Jackson, après avoir repoussé obstinément tous les assauts nordistes, gagne son surnom de (Stonewall), mur de pierre. Pour ce fait d’arme, il sera promu au rang de major général (général de Brigade).

LA LÉGENDE

Sur une colline, au centre du dispositif des lignes sudistes, une brigade de soldats virginiens, commandée par le général Thomas Jackson, résiste « bec et ongle ». Alors que c’est la débandade dans les autres secteurs de l’armée confédérée, Jackson tient bon. Certains officiers tentent de rameuter leurs troupes qui s’enfuient dans un grand désordre, cédant à la panique. Parmi eux, le général Bee aperçoit Jackson sur son cheval, impassible sous la mitraille, semblant défier la mort. Selon les témoignages, Bee aurait crié à ses hommes en pleine déroute : « Regardez Jackson qui tient comme un mur de pierre. Ralliez-vous aux Virginiens ». La légende de « Stonewall » Jackson était née.

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1862

CAMPAGNE DE LA PÉNINSULE

(De mars à Juillet 1862)

 

Campagne de la Péninsule

Campagne de la Péninsule

 

SITUATION : la Péninsule est située entre les rivières York et James, de Fort Monroe jusqu’à Richmond (Virginie).

Au cours de la Guerre de Sécession, au printemps et en été 1862, la Campagne de la Péninsule fut une offensive de grande importance de l’Armée de l’Union contre Richmond, la capitale confédérée.

 

McClellan et Johnston

McClellan et Johnston

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Placée sous les ordres du major-général George B. McClellan, l’Armée du Potomac applique son plan de campagne sans embûche. McClellan a prévu de transporter son armée par voie fluviale. Dès la fin avril, il déplace ainsi ses troupes par bateau à Fort Monroe sur la côte atlantique. Son objectif consiste en une manœuvre d’encerclement destinée à capturer Richmond, en se servant de la péninsule formée par les rivières York et James. Mais nul ne sait et ne comprend pourquoi, McClellan a toujours eu une certaine propension à surestimer le nombre de ses ennemis dans les armées qui lui font face. De fait, il stoppe son offensive devant Yorktown et assiège la ville… Etonnés par ce délai inattendu, les Confédérés, désormais sous le commandement de Joseph Eggleston Johnston, commencent prudemment à se retirer sur Richmond. Après quelques engagements de seconde importance et peu concluants, la première phase de la Campagne de la péninsule se termine par la bataille indécise de Seven Pines. Au cours du combat, le général confédéré Joseph Eggleston Johnston sera gravement blessé.

Celui qui le remplace est Robert E. Lee. Ce dernier va prendre le commandement de l’Armée de Virginie du Nord pour ne plus jamais le quitter.

Parlant de Robert E. Lee, George B. McClellan dira :

« Je préfère affronter Lee plutôt que Johnston, Lee est plus prudent, moins audacieux et ne s’aventurera pas à m’attaquer ».

McClellan se trompe lourdement. Lee va se montrer courageux, et déployer tout son talent et son génie. Il prendra des risques osés, défiant ainsi toutes les règles inscrites dans les manuels militaires. Son adversaire sera surpassé sur tous les plans.

Dès lors, à partir du 25 juin, Robert E. Lee va affronter et contenir les assauts de l’Armée du Potomac dans une série d’affrontements connus sous l’appellation de « Bataille des Sept Jours ». A l’issue des combats, Richmond sera sauvée. La Campagne de McClellan vers Richmond se termine sur un échec.

Les Confédérés, en infériorité numérique et mal équipés, mais désormais avec à leur tête des officiers de grande valeur, ont tenu la « dragée haute » aux envahisseurs yankee !

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1862

 

CAMPAGNE DE LA

VALLÉE DE LA SHENANDOAH

(Printemps 1862)

Stonewall Jackson

Stonewall Jackson

La campagne de la vallée de la Shenandoah, en Virginie, est une brillante et spectaculaire campagne militaire du général Stonewall Jackson, durant la guerre civile américaine, au printemps 1862.

Par son audace et sa vitesse d’exécution, la petite armée de 17 000 hommes de Jackson va tenir tête à trois armées ennemies, fortes de 60 000 hommes. Malgré leur nette infériorité numérique, les sudistes vont multiplier les victoires et empêcher ainsi l’armée de l’Union de voler au secours de McClellan dans son offensive contre Richmond, la capitale confédérée.

Cette Campagne de Jackson est de nos jours toujours étudiée dans les écoles militaires. Elle représente un symbole, celui de l’utilisation de la vitesse de manœuvre pour palier à la faiblesse du nombre.

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Liste des batailles de la Campagne de La Vallée de la Shenandoah remportées par les Confédérés.

 

– Le 23 mars : première bataille de Kernstown, vallée de la Shenandohah, Virginie.

Plan de la bataille de Kernstown

Plan de la bataille de Kernstown

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– Le 8 mai : bataille de McDowell, aussi appelée Sitlington’s Hill, Comté de Highland, Virginie.

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– Le 23 mai : bataille de Front Royal, aussi appelée Guard Hill ou Cedarville, Comté de Warren, Virginie.

Plan de la bataille de Front Royal

Plan de la bataille de Front Royal

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– Le 25 mai : première bataille de Winchester, Comté de Frederick, Virginie.

Première bataille de Winchester

Première bataille de Winchester

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– Le 6 juin : bataille de Good’s Farm, près d’Harrisonburg, Virginie.

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– Le 8 juin : bataille de Cross Keys, Comté de Rockingham, Virginie.

Bataille de Cross Keys

Bataille de Cross Keys

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– Le 9 juin : bataille de Port Republic, Comté de Rockingham, Virginie.

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1862

BATAILLE DES SEPT JOURS

(Du 25 juin au 1er juillet 1862)

 

McClellan et Lee

McClellan et Lee

100 000 fédéraux ont débarqué en Virginie. Ils ont pour chef George B. McClellan, qui a la ferme intention de s’emparer de la capitale confédérée, Richmond. Les Sudistes sont placés sous le commandement de leur tout nouveau chef Robert E. Lee. Ce dernier a remplacé au pied levé Joseph Eggleston Johnston, blessé à la bataille de Seven Pines.

Lee sait qu’il va devoir se battre en infériorité numérique. Il ne peut donc pas affronter son ennemi en terrain découvert au cours d’une bataille rangée. Aussi décide-t-il de faire une diversion contre l’armée de l’Union qui, par la vallée de la Shenandoah, doit se joindre à celle du Potomac de McClellan. C’est le général Stonewall Jackson, le héros de Bull Run, qui est chargé de l’intercepter à la tête d’une petite armée forte de 27 000 hommes. Contre toute attente Lee s’apprête à attaquer…

 

COMBATS DE LA BATAILLE DES SEPT JOURS :

La Bataille des Sept Jours est une suite d’affrontements qui se sont déroulés du 25 juin au 1er juillet 1862, dans les environs de Richmond, lors de la Guerre de Sécession. L’issue des combats voit la victoire des forces sudistes commandées par le général Robert E. Lee, face à l’Armée du Potomac du général George B. McClellan.

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– Le 25 juin : bataille d’Oak Grove, aussi appelée bataille de French’s Field ou de King’s School House, Comté de Henrico, Virginie.

Issue de la bataille indécise.

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– Le 26 juin : bataille de Beaver Dam Creek, également connue sous le nom de bataille de Mechanicsville ou d’Ellerson’s Mill, Comté de Hanover, Virginie.

Victoire tactique de l’Union.

Victoire stratégique des forces confédérées.

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– Le 27 juin : bataille de Gaines’s Mill, quelquefois appelée première bataille de Cold Harbor ou bataille de la Chickahominy River, Comté de Hanover, Virginie. 

Victoire confédérée.

Bataille de Gaines's Mill

Bataille de Gaines’s Mill

&

– Les 27 et 28 juin : bataille de Garnett’s & Golding’s Farm, Comté de Henrico, Virginie.

Issue de la bataille indécise.

&

– Le 29 juin : bataille de Savage’s station, Comté de Henrico, Virginie.

Issue de la bataille indécise.

 

Bataille de Savage's Station

Bataille de Savage’s Station

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– Le 30 juin : bataille de White Oak Swamp, Comté de Henrico, Virginie.  

Issue de la bataille indécise.

Bataille de White Oak Swamp

Bataille de White Oak Swamp

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– Le 30 juin : bataille de Glendale, (aussi appelée bataille de Frayser’s Farm, Nelson’s Farm, Charles City Crossroads, New Market Road, ou Riddell’s Shop), Comté de Henrico, Virginie.  

Issue de la bataille indécise.

Bataille de Glendale

Bataille de Glendale

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– Le 1er juillet : bataille de Malvern Hill, aussi appelée bataille de Pointdexter’s Farm, Comté de Henrico, Virginie.  

Issue de la bataille indécise ; victoire tactique de l’Union.

Bataille de Malvern Hill

Bataille de Malvern Hill

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BILAN

Placée sous les ordres de McClellan, l’armée de l’Union, bien qu’en nette supériorité numérique, n’a cessé de reculer. L’armée du Potomac est démoralisée ; les soldats ne comprennent pas ces ordres qui les poussent à la retraite. Alors qu’ils n’ont perdu qu’une seule bataille à Gaine’s Mill au cours de ces sept jours d’affrontements permanents, ils se voient contraints d’abandonner la partie. Tous ces morts pour rien, tous ces efforts consentis pour finalement atteindre la James River, point de départ de la Campagne !

Face au nombre considérable des pertes (20 000 Confédérés contre 10 000 Nordistes), Lee se voit contraint de cesser le combat. Pourtant il n’est pas satisfait du résultat. Son objectif était de détruire l’armée du Potomac de McClellan en pleine déroute, mais, faute de moyens et d’incompétences manifestes parmi ses généraux, il ne pourra le faire. Après la bataille, il déplacera les officiers inaptes au commandement loin du théâtre de la guerre, au Texas. Puis il les remplacera par des hommes de confiance. La Bataille des Sept Jours est sans doute le combat le plus meurtrier du début de l’année 1862 (30 000 morts ou blessés). Pour McClellan, la Campagne de la Péninsule se termine sur un constat d’échec retentissant ; Richmond est sauvée et reste la capitale de la Confédération

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1862

CAMPAGNE DE VIRGINIE DU NORD

(Du 19 juillet au 1er septembre 1862)

John Pope et Robert E. Lee

John Pope et Robert E. Lee

La campagne de Virginie Septentrionale, aussi connue sous le nom de « Seconde campagne de Bull Run » ou de « Seconde campagne de Manassas », est une suite de batailles qui se sont déroulées en Virginie, entre Août et septembre 1862, sur le théâtre oriental de la Guerre de Sécession. Le général Robert E. Lee, commandant en chef de l’armée des Etats confédérés, victorieux lors des combats pendant la bataille de « Sept Jours » au cours de la « Campagne de la Péninsule », choisit de se diriger vers le nord, vers Washington. Il veut affronter et battre tout de suite l’armée de Virginie, commandée par le général John Pope (1822-1892), avant que celle-ci ne s’unisse à celle du Potomac du major-général George McClellan.

Pour stopper la progression de John Pope, qui marche sur Gordonsville, Lee envoie pour l’intercepter le major-général Thomas J. « Stonewall » Jackson.

« Toujours mystifier, tromper et surprendre l’ennemi, si possible; et quand vous le frappez et le vainquez, ne cessez jamais de poursuivre tant que vos hommes auront la force de suivre; car une armée mise en déroute, si elle est vivement poursuivie, devient paniquée, et peut alors être détruite par la moitié de son nombre. L’autre règle est, ne jamais se battre contre un ennemi supérieur en nombre ; si vous pouvez lancer votre assaut sur une partie de ses forces seulement, attaquez sa partie la plus faible et écrasez-le. Une telle tactique gagnera à chaque fois, ainsi, une petite armée peut en détruire une plus grande, et la victoire répétée la rendra invincible ».

Thomas J. « Stonewall » Jackson.

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– Le 9 août : bataille de Cedar Mountain, aussi appelée battle of Slaughter’s Mountain (bataille de la Montagne du Massacre), ou bien battle of Cedar Run (bataille du Ruisseau des Cèdres). La bataille s’est déroulée dans le Comté de Culpeper, Virginie.

Bataille de Cedar Mountain

Bataille de Cedar Mountain

Victoire des forces confédérées commandées par le général Thomas J. « Stonewall » Jackson, face à l’armée de l’Union placée sous les ordres du général Nathaniel P. Banks (1816-1894).

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– Du 22 au 25 août : bataille de Rappahannock Station, dans les Comtés de Fauquier et Culpeper, Virginie.

Bataille indécise entre les forces confédérées commandées par le général Thomas J. « Stonewall » Jackson, face à l’armée de l’Union placée sous les ordres du général John Pope (1822-1892).

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– Du 25 au 27 août : combats de Manassas station (aussi connus sous les noms de Bristoe Station, de Kettle Run, de Bull Run Bridge ou d’Union Mills), dans le Comté du Prince-William, Virginie.

Victoire des forces confédérées commandées par le général Thomas J. « Stonewall » Jackson, face à l’armée de l’Union placée sous les ordres du général John Pope (1822-1892).

Manassas Station

Manassas Station

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– Le 28 août : bataille de Thoroughfare Gap, dans les Comtés du Prince-William et Fauquier, Virginie.

Victoire confédérée.

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– Du 28 au 30 août : seconde bataille de Bull Run, dans le Comté du Prince-William, Virginie.

Victoire des forces confédérées commandées par les généraux Robert E. Lee, James Longstreet et Thomas J. « Stonewall » Jackson, face à l’armée de l’Union placée sous les ordres du général John Pope (1822-1892).

Deuxième Bataille de Bull Run

Deuxième Bataille de Bull Run

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– Le 1er septembre : bataille de Chantilly, appelée aussi bataille de Ox Hill, dans le Comté de Fairfax, Virginie.

Bataille indécise entre les forces confédérées commandées par les généraux Thomas J. « Stonewall » Jackson et Jeb Stuart (1833-1864), face à l’armée de l’Union placée sous les ordres des généraux Philip Kearny Jr (1815-1862) et Isaac Ingalls Stevens (1818-1862). Les deux généraux de l’Union seront tués au cours de la bataille.

Bataill de Chantilly

Bataille de Chantilly

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1862

CAMPAGNE DU MARYLAND

(Du 4 au 20 septembre 1862)

McClellan et Lee

McClellan et Lee

La Campagne du Maryland, ou Campagne d’Antietam, se réfère à une suite de batailles qui se sont déroulées entre le 4 et le 20 septembre 1862, sur le théâtre oriental de la Guerre de Sécession. Lors de cette campagne, le général Robert E. Lee, fort de ses succès du printemps dans la Péninsule, décide de porter pour la première fois la guerre dans le Nord. Il envahit le Maryland neutre dans l’espoir de rallier à sa cause un grand nombre de sympathisants sudistes.

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Après son échec lors de la Campagne de la Péninsule, Abraham Lincoln a démis McClellan du commandement de l’Armée du Potomac. La défaite de John Pope (1822-1892) et de l’armée de l’Union à la deuxième bataille de Bull Run, oblige Lincoln à changer encore de chef. Mais il ne sait plus qui choisir comme commandant ; tous ses généraux se font battre par Lee. Lincoln décide donc de faire à nouveau confiance à George McClellan qui, de ce fait, réintègre son poste à la tête de l’armée du Potomac. Le Président lui donne l’ordre de stopper l’invasion de l’armée confédérée de Lee, qui vient de pénétrer dans le Maryland.

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– Le 12 septembre : bataille de Harpers Ferry, Comté de Jefferson, (Virginie-Occidentale), Comté de Loudoun, (Virginie), Comté de Washington, (Maryland).

Victoire des forces confédérées commandées par Thomas J. « Stonewall » Jackson et Ambrose Powell Hill (1825-1865), face à l’armée fédérale placée sous les ordres des généraux Dixon Stansbury Miles (1804-1862 mort au cours de la bataille) et Julius White (1816-1890).

 

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– Le 14 septembre : bataille de South Mountain, appelée aussi bataille de Boonsboro, près de Boonsboro, dans le Maryland.

Victoire de l’armée de l’Union commandée par le général George McLellan, face aux troupes confédérées placées sous les ordres du général Robert E. Lee.

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– Le 17 septembre : bataille d’Antietam, aussi appelée bataille de Sharpsburg, dans le Comté de Washington près de Sharpsburg, Maryland.

Bataille indécise entre les forces confédérées commandées par le général Robert E. Lee, et l’armée de l’Union placée sous les ordres du général George McLellan.

 

Bataille d'Antietam

Bataille d’Antietam

LE GRAIN DE SABLE !

Un soldat nordiste découvre, dans un champ, une boîte de cigares contenant les copies des plans de bataille du général Lee, malencontreusement égarées. McClellan sait à ce moment-là que l’ennemi qui a divisé son armée est en nette infériorité numérique. Si McClellan avait alors attaqué l’armée de Lee, il l’aurait mise en déroute. Mais fidèle à lui-même, il ne bougera pas. Il ne prendra aucune initiative pendant les 18 heures cruciales qui vont suivre, laissant ainsi passer l’occasion de détruire l’armée confédérée une bonne fois pour toutes. Au sein de son état-major des voix s’élèvent, et l’on n’hésite pas à le critiquer. Certains le qualifient d’inconscient, d’autres de traître !

Bataille d'Antietam

Bataille d’Antietam

Un soldat de l’armée confédéré a dit : « la puissante armée du Nord disposait de forces deux fois supérieures aux nôtres, et des moyens considérables ; ce que nous n’avions pas. Mais elle avait quelque chose en plus, elle avait emmené avec elle McClellan ! »

Le 17 septembre 1862, près de Sharpsburg, la bataille d’Antietam qui met un terme à cette Campagne reste indécise. Mais Lee a perdu un quart de son armée et ne peut continuer le combat. Malgré des pertes plus importantes, McClellan publie un bulletin de victoire… Cette bataille demeure comme la plus sanglante de toute l’Histoire des États-Unis.

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– Du 11 au 15 décembre : bataille de Fredericksburg, Virginie.

Victoire de l’armée confédérée placée sous les ordres du général Robert E. Lee, face à l’armée de l’Union commandée par le général Ambrose Burnside (1824-1881).

Général Ambrose Burnside

Général Ambrose Burnside

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1863

– Du 27 avril au 6 mai : bataille de Chancellorsville, Comté de Spotsylvania, Virginie.

Bataille de Chancellorsville

Bataille de Chancellorsville

Victoire de l’armée confédérée placée sous les ordres des généraux Robert E. Lee et Thomas Jonathan « Stonewall » Jackson, face à l’armée de l’Union commandée par le général Joseph Hooker (1814-1879).

Joseph Hooker

Joseph Hooker

Cette bataille demeure une des plus importantes de la Guerre de Sécession et représente le chef-d’œuvre de Robert E. Lee. Au mépris de toutes les règles militaires, Lee n’hésitera pas à diviser son armée, déjà en infériorité numérique (60 000 confédérés contre 133 000 fédéraux), pour aller combattre son ennemi sur deux flancs. Une tactique risquée, osée, mais qui s’avèrera gagnante. Pourtant la victoire est amère : au cours de la bataille, un de ses meilleurs généraux, Jonathan « Stonewall » Jackson, est mortellement blessé, par méprise, par ses propres soldats.

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LA MORT DE « STONEWALL »

Dans la nuit du 2 mai 1863, Thomas « Stonewall » Jackson, accompagné de sa troupe et des officiers de son état-major, revient d’une reconnaissance des lignes ennemies, en vue d’une probable attaque nocturne. Plus tôt dans l’après-midi, ses 28 000 hommes ont lancé un assaut victorieux et spectaculaire contre le flanc droit de l’Armée du Potomac, mettant ainsi les forces de l’Union en pleine déroute.

C’est en regagnant ses lignes de nuit qu’il est touché, par erreur, par un feu ami. Dans l’obscurité, les sentinelles, surprises par l’apparition du général confédéré, ne l’ont pas reconnu. Il est atteint par trois balles, deux dans le bras gauche et une dans la main droite. Bénigne au premier abord, la blessure du général s’aggrave sérieusement par la suite, et il doit être amputé du bras gauche. Affaibli par l’opération, Jackson contracte une pneumonie dont il mourra, au grand désespoir de ses hommes, le dimanche 10 mai ; le jour des Rameaux… Au moment où il rend son âme à Dieu, son épouse Mary Anna et sa fille Julia Laura sont présentes à ses côtés.

Statue équestre du général Jackson

Statue équestre du général Jackson

Parlant de Jonathan. « Stonewall » Jackson, Robert E. Lee dira : « Il a perdu son bras gauche, et moi j’ai perdu mon bras droit »

Il est enterré à Lexington, au Stonewall Jackson Memorial Cemetery, en Virginie.

Jackson Memorial

Jackson Memorial

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« Stonewall Jackson » figure parmi les personnages les plus connus de la Guerre de Sécession. C’était un homme pieux, diacre de l’Eglise presbytérienne, un mari et un père aimant. Mais il était aussi très mystérieux et secret. Il fut un général scrupuleux sur la discipline militaire, n’hésitant pas à faire fusiller les déserteurs.

Un jour, un prisonnier s’étant plaint auprès de lui du vol de son képi, Jackson retrouvera l’auteur du méfait, le punira sévèrement, et fera restituer le couvre-chef à son propriétaire.

Jackson avait toute la confiance du général Lee. Celui-ci lui transmettait des ordres délibérément incomplets, afin de lui permettre d’agir au mieux suivant sa doctrine militaire, et de laisser libre cours à son esprit d’initiative. Sa perte fut cruellement ressentie dans l’armée confédérée, et fera terriblement défaut lors de la bataille de Gettysburg.

Sa veuve, Anna Jackson, ne se remariera jamais ; elle vivra jusqu’en 1915, à l’âge de 83 ans. Plus connue sous l’appellation de « Veuve de la Confédération », elle publiera deux livres sur la vie de son mari, un mémoire et une collection de leurs lettres. Elle sera enterrée avec tous les honneurs militaires au cimetière de Lexington, près de son mari et de ses filles.

Mary Anna Jackson

Mary Anna Jackson

Avec Robert E. Lee et Jefferson Davis, Jackson est l’un des trois chefs des Etats confédérés d’Amérique figurant sur le bas-relief de Stone Mountain (Atlanta, Georgie), l’équivalent sudiste du Mont Rushmore (Dakota du Sud).

Stone Mountain

Stone Mountain

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