Biographie de Robert Edward Lee

Robert Edward Lee naît le 19 janvier 1807 à Stratford Hall Plantation, il décède le 12 octobre 1870 à Lexington en Virginie. Il est le cinquième fils du général Henry Lee III (1756-1818), qui fut gouverneur de Virginie, et de sa seconde épouse, Anne Hill Carter (1773-1829). Son père a été l’ami et l’aide de camp de Georges Washington durant la Guerre d’Indépendance. Après avoir dilapidé la fortune de deux épouses, il s’enfuit aux Antilles et disparaît définitivement, laissant sa famille criblée de dettes. Issu de la riche aristocratie virginienne, le jeune Lee est alors éduqué par sa mère qui l’élève seule. Elle lui inculquera les deux vertus qu’elle admire le plus : l’abnégation et le contrôle de soi.

« Le tout est de savoir si c’est juste, et si c’est juste, j’en prends la responsabilité. »

Lee-general-photo-portrait

Cliquez pour agrandir

Apprentissage et formation militaire

Diplômé en 1829 de West Point, il sort 2ème de sa promotion comme officier du Génie. Ses camarades l’apprécient malgré toutes ses perfections. Il est promu sergent au bout d’un an d’instruction. Ses qualités de tacticien et d’artilleur font de lui un des meilleurs élèves de sa génération.

Vie familiale

Le 30 juin 1831, à Arlington, Robert E. Lee épouse une descendante de Georges Washington, Mary Anna Randolph Custis. De cette union naîtront sept enfants, trois garçons et quatre filles.

Carrière militaire

Officier du Génie de 1829 à 1855, il est affecté simultanément à Fort Pulaski, en Géorgie, et à Fort Monroe dans la péninsule de Virginie. Promu capitaine en 1838, il est en 1842 affecté comme ingénieur en chef au Fort Hamilton.

La Guerre du Mexique (1846-1848)

Il est l’aide de camp du général Winfield Scott lors de la marche de Vera Cruz à Mexico. Il participe à plusieurs batailles victorieuses de l’armée des Etats Unis, comme celles de Contreras, Churubusco et de Chapultepec, où il sera blessé. Cité trois fois pour acte de bravoure, il est distingué à titre honorifique au rang de colonel. C’est pendant cette période qu’il croisera Ulysses S. Grant, futur commandant en chef des armées de l’Union.

Une plantation en héritage

Après la guerre du Mexique, Lee devient en 1857 l’exécuteur testamentaire de son beau-père, George Washington Parke Custis, et hérite de la plantation d’Arlington et de ses 196 esclaves. Selon les clauses du testament, tous doivent être émancipés dans les cinq ans qui suivent la mort de leur ancien propriétaire. En 1862, suivant les désirs de feu son beau- père, Lee fait affranchir tous les esclaves de la plantation.

« Coup de main » à Harpers Ferry (1859)

Robert-Edward-Lee-portrait-debout

Cliquez pour agrandir

En octobre 1859, John Brown, un abolitionniste illuminé, décrit comme un fanatique par Abraham Lincoln, tente de s’emparer, avec 21 de ses hommes, de l’arsenal d’Harpers Ferry en Virginie-Occidentale. Déjà, en 1856, il fut l’auteur du massacre de cinq partisans de l’esclavage au nord de Pottawatomie Creek, dans le comté de Franklin (Kansas). A la tête d’une troupe composée de la milice du Maryland, Lee donne l’assaut contre les insurgés qui se sont retranchés dans l’arsenal. Brown et les survivants de son commando sont faits prisonniers.
Personnage très controversé, John Brown, qu’on a qualifié à la fois d’humaniste, de martyr, de visionnaire, de terroriste et de fanatique, échoue dans sa tentative d’insurrection, qui se termine dans un bain de sang. Il est arrêté, condamné à mort pour trahison et envoyé « ad patres » par pendaison.
La chanson « John Brown’s Body » (titre original de « Battle Hymn of the Republic ») va devenir l’hymne de l’Union durant la guerre de Sécession.

La Sécession (1860-1861)

Le 20 décembre 1860, le premier Etat à faire sécession est la Caroline du Sud. Dans la foulée, 11 Etats suivront, dont le Texas en 1861, où Lee est cantonné. Lee est hostile à toute forme de division ; il considère que c’est faire acte de trahison envers les Pères fondateurs. De retour à Washington, Abraham Lincoln, sur proposition du général Wilfrid Scott, le nomme, le 28 mars 1861, colonel d’un régiment de cavalerie. Puis trois semaines plus tard, on lui offre un commandement, avec le grade de général dans l’armée de l’Union. Mais après une nuit de réflexion, il refuse la proposition de Lincoln : la Virginie vient de faire sécession ; il ne peut prendre les armes contre son état natal. Le 20 avril il donne sa démission, et le 23 avril devient le commandant des forces armées de l’Etat de Virginie.

La guerre civile (1861-1865)

D’abord commandant de l’armée confédérée de Virginie-Occidentale, il devient ensuite conseiller militaire de Jefferson Davis (président de la toute nouvelle Confédération) et prend enfin, en juin 1862, le commandement de l’armée de Virginie du Nord.

La Bataille des Sept Jours

Au printemps 1862, Richmond, capitale de la Confédération, est menacée par l’armée du Potomac, commandée par Mc Clellan. Lee, qui a remplacé le général Joseph Eggleston Johnston blessé le 1er juin 1862, se donne pour objectif de défendre et de repousser l’armée nordiste. Pour se faire, il doit affronter une armée largement supérieure en nombre à ses effectifs. Mc Clellan est satisfait ; il préfère en découdre avec Lee plutôt qu’avec Johnston. Il le croit trop timide, pas assez agressif et pense qu’il manque d’audace ; la suite va lui donner tort ! En effet, le général nordiste se trompe lourdement. Lee va démontrer un sens tactique inégalé. Malgré son infériorité numérique, il va prendre le risque de se lancer dans une série d’attaques contre les forces armées nordistes ; ainsi débute la bataille des Sept Jours. En dépit de lourdes pertes de part et d’autre, Lee parvient à stopper et à repousser Mc Clellan jusqu’à la James River.

Bull Run

Abraham Lincoln remplace Mc Clellan et nomme John Pope à la tête de l’armée du Potomac.
Du 28 au 30 août 1862, à la seconde bataille de Bull Run (Bataille de Manassas pour les sudistes), Lee remporte une autre victoire sur l’armée de l’Union du Major Général John Pope.

Bull-Run-lee

Il faut changer de stratégie !

Les victoires de l’armée sudiste sont suivies de près par les puissances européennes, qui, comme la Grande Bretagne et la France, sont sur le point de reconnaître la Confédération. Lincoln doit changer de stratégie s’il ne veut pas que les Anglais et les Français se rangent aux côtés des Confédérés. Il lui faut à tout prix une victoire, pour annoncer son projet d’émanciper les esclaves. Dans le cas contraire, ce sera un aveu d’échec.

Antietam

Suite à la défaite de Pope, Lincoln rappelle Mc Clellan.
Fort de ses victoires du printemps et de l’été, Lee envahit le Maryland pour porter la guerre dans le nord. Commence alors la bataille d’Antietam (Sharpsburg pour les confédérés). Une nouvelle fois en infériorité numérique, il doit se battre à un contre deux. La bataille est indécise, Lee a perdu un quart de ses effectifs. Les pertes nordistes sont supérieures, mais l’invasion est stoppée, et il se voit contraint de retourner en Virginie avec le reste de son armée. Mc Clellan publie un bulletin de victoire. C’est l’occasion qu’attendait Abraham Lincoln pour proclamer l’émancipation des esclaves.

Frédéricksburg

Abraham Lincoln remplace Mc Clellan par Ambrose Burnside.
Le 12 décembre 1862, Lee remporte une autre victoire sur l’armée nordiste du général Ambrose Burnside à Frédéricksburg.

Chancellorsville

Abraham Lincoln remplace Ambrose Burnside par Joseph Hooker.
Du 27 avril au 6 mai 1863, au mépris de toutes les règles militaires, Lee divise son armée déjà inférieure en nombre et attaque sur deux fronts l’armée du général Hooker. C’est une nouvelle victoire, la plus belle certainement du général confédéré. Mais celle-ci gardera un goût amer : le général Stonewall Jackson sera tué lors de la bataille. Lee dira de lui » Il a perdu son bras gauche, moi j’ai perdu mon bras droit ».

Gettysburg

Abraham Lincoln remplace Joseph Hooker par George G. Meade.
En juin 1863, Lee décide de porter à nouveau la guerre dans le nord. Il atteint Cashtown, à quelques kilomètres de Gettysburg, et menace Baltimore, Philadelphie et Washington. Il a comme intention de se positionner entre l’armée de l’Union et sa capitale, forcer son adversaire à l’attaquer et le détruire. 75 000 confédérés font face aux 90 000 nordistes du nouveau promu, le général George G Meade. Les combats durent trois jours et voient la défaite des sudistes du général Lee. Pour la première fois, il s’est trompé sur les intentions de l’ennemi. Il à déjugé son Etat Major et ses collaborateurs, comme le général Longstreet qui lui suggérait une stratégie défensive. La Confédération ne se remettra jamais de cette saignée. Cette bataille marque le tournant de la guerre.

1864 une guerre d’usure

Abraham Lincoln nomme à la tête de l’armée de l’Union le général Ulysse S. Grant.
Le général capable de rivaliser avec Bobby Lee existerait-il ? Tous les généraux qui se sont succédés ont été incapables de faire la décision. Mais l’armée rebelle est affaiblie. La défaite de Gettysburg pèse lourd et elle ne peut remplacer les soldats morts et blessés, alors que le Nord possède un réservoir humain quasi illimité. L’arrivée du général Grant sur le théâtre des opérations, à l’Est, va opposer deux stratégies militaires bien définies. Dans les mois qui vont suivre, les pertes vont se compter par dizaines de milliers.

« C’était comme vivre à l’ombre de la mort » dira un soldat.

Pendant toute l’année 1864, les deux armées vont, chacune à leur tour, essayer de prendre le flanc de l’autre dans des étreintes meurtrières. Mais Lee n’a pas dit son dernier mot. Il résiste et stoppe, à chaque fois, les assauts de Grant qui persiste et s’enfonce chaque jour un peu plus dans le sud. Lee est vainqueur à la bataille de la Wilderness, de Spotsylvania et de Cold Harbor. Après avoir traversé la James River, Grant met le siège devant Petersburg, siège qui durera de juin 1864 à mars 1865.
La prise de Petersburg sonne le glas. La Confédération est encerclée de toutes parts. Conscient de l’impossibilité de renverser le cours des événements, Lee décide de capituler à Appomattox (Virginie) le 9 avril 1865.

Après la guerre

A partir du 2 octobre 1865 et jusqu’à sa mort, Lee préside le Washington Collège (Washington and Lee University) à Lexington. Disciple de la réconciliation, il s’oppose à tout usage de violence contre les anciens esclaves ou contre les autorités fédérales. Juste avant sa mort, en 1869-1870, il essaie sans succès de faire attribuer des écoles publiques pour les esclaves.
Victime d’un accident vasculaire cérébral, il meurt d’une pneumonie le 12 octobre 1870.

Donnez votre avis sur l'article

commentaire(s)

Ecrit par le .

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge