Général Armando Diaz, le « Duc de la victoire »

GÉNÉRAL ARMANDO DIAZ

Drapeau du Royaume d’Italie

LE « DUC DE LA VICTOIRE »

Général Armando Diaz

NAISSANCE

 Armando Vittorio Antonio Giovanni Nicola Diaz naquit à Naples le 5 décembre 1861, et décéda à Rome le 29 février 1928. Il fut un général de haut rang de l’armée royale italienne (en italien, « Regio Esercito »), et chef d’état-major des armées pendant la Première Guerre mondiale. Il est célèbre pour avoir mené l’Italie à la victoire finale.

Naples

Surnommé à la fin du conflit le « duc de la Victoire », il marqua profondément l’histoire militaire de son pays en le redressant d’une situation désespérée. Il fut ensuite ministre de la Guerre de 1922 à 1924, et sera élevé au maréchalat d’Italie le 4 novembre 1924.

                                                         LE « DUC DE LA VICTOIRE »

Le Duc de la victoire, Armando Diaz

« Duc de la Victoire » (« Duca della Vittoria ») est un titre de noblesse italien héréditaire, créé en 1921, pour honorer le général Armando Diaz suite à sa victoire triomphale lors de la Première Guerre mondiale.

ORIGINE ET SIGNIFICATION DU TITRE

Récompense nationale : le titre a été conféré par le roi Victor-Emmanuel III de Savoie par décret royal, le 24 décembre 1921.

Il s’agissait de la plus haute distinction honorifique accordée à un chef militaire de la Grande Guerre, pour avoir mené l’armée italienne à la victoire finale contre l’Empire austro-hongrois.

Armoiries spécifiques : les armoiries associées à ce titre intègrent des symboles forts de ses succès militaires ; notamment une représentation du mont Grappa et de la rivière Piave, les deux lignes de défense héroïques où Diaz a stoppé l’avancée ennemie après le désastre de Caporetto.

Le blason officiel d’Armando Diaz se compose ainsi :

– le champ (le fond) : d’azur (bleu)

– la figure centrale : un aigle au naturel

– les ornements d’angle : 4 fleurs de lis d’or, disposées dans chacun des quatre cantons (angles) du bouclier

– la pointe (le bas) : deux épées d’argent à la poignée d’or, croisées en sautoir (croix de Saint-André), pointées vers le haut.

Armoiries d’Armando Diaz

La succession du titre

Le titre étant héréditaire, il s’est transmis au sein de la famille Diaz après la mort du maréchal en 1928 :

– 1er duc : Armando Diaz (1861–1928)

– 2ème duc : Marcello Diaz (1903–1975), son fils, qui s’illustra comme cavalier et épousa la célèbre actrice italienne Valentina Cortese.

– 3ème duc : Armando Diaz (1940–2022), son petit-fils.

Bien que les titres de noblesse ne soient plus officiellement reconnus par l’État italien depuis l’adoption de la Constitution républicaine en 1948, ils restèrent portés par les descendants à titre privé et historique.

FAMILLE

Armando Diaz est issu d’une lignée aux origines espagnoles et napolitaines, qui a conservé un titre de noblesse héréditaire en Italie.

Il est le fils de Lodovico Diaz (officier de marine, issu d’une famille d’origine espagnole établie à Naples à l’époque de Charles de Bourbon) et d’Irene Cecconi.

FRATRIE

– Maria Ludovica Antonia Giovanna Teresa Diaz : sa sœur aînée. Elle est restée dans l’ombre de la carrière militaire historique de son frère.

– Giorgio Diaz : son frère. Après le décès précoce de leur père en 1871 (alors qu’il était enfant), il a été élevé par leur mère au sein de leur foyer modeste de Naples.

–  Maria Diaz (dont le nom de naissance complet semble être Maria Aurora Teresa Diaz, née vers 1869 et morte en 1940) était la sœur cadette du maréchal Armando Diaz.

MARIAGE

Le 23 avril 1896, Armando Diaz épouse à Naples Sarah de Rosa-Mirabelli (1875-1951), fille d’une famille de juristes napolitains.

De cette union naîtront trois enfants :

– Marcello Diaz (1903-1975), qui deviendra le 2ème Duc de la Victoire.

– Anna Maria Irene Romana Diaz (1907-1963).

– Irene Diaz (1909-1963).

CARRIÈRE MILITAIRE

Armando Diaz

Armando entre très jeune comme élève à l’Académie militaire d’artillerie de Turin, où il devient officier.

En 1884, il rejoint le 10ème régiment d’artillerie de campagne puis, en 1890, le 1er régiment d’artillerie de campagne, avec le grade de capitaine.

En 1894, il fréquente l’École de guerre où il se classe premier.

De 1895 à 1896, il sert à l’État-Major Général, au secrétariat du général Alberto Pollio.

En 1899, il y est promu major, et commande pendant 18 mois un bataillon du 26ème régiment d’infanterie.

En 1905, il est promu lieutenant-colonel, puis passe quelques années plus tard à la division de Florence comme chef d’état-major.

En 1910, pendant la guerre italo-turque, il commande en Libye le 21ème régiment d’infanterie et, l’année suivante, le 93ème régiment d’infanterie (celui-ci s’étant soudainement retrouvé sans commandement).

En 1912, toujours en Libye, il est blessé à Zanzur.

PENDANT LA GUERRE

Général Armando Diaz

À la suite du désastre militaire de la bataille de Caporetto en octobre 1917, le général Luigi Cadorna est limogé. Le 9 novembre 1917, Armando Diaz lui succède ; il est nommé chef d’état-major général. Contrairement à son prédécesseur connu pour sa discipline impitoyable et son autoritarisme, Diaz adopte une approche beaucoup plus humaine et se montre proche de ses soldats. Il améliore leurs conditions de vie, instaure des tours de repos réguliers, et décentralise le commandement pour restaurer la confiance des troupes.

SOUS LE COMMANDEMENT DE LUIGI CADORNA

Le général Luigi Cadorna

En 1915, lors de l’entrée en guerre de l’Italie, Luigi Cadorna nomma Armando Diaz général de brigade (avec affectation au corps d’état-major général en tant qu’attaché au commandement suprême du département des opérations). Mais en juin 1916, Diaz demande à être affecté à une unité de combat. Promu général de division, il se voit confier le commandement de la 49ème division de la 3ème armée.

En avril 1917, il prend la tête du XXIIIème corps d’armée. Cette brève période précédant Caporetto lui vaut (pour une blessure à l’épaule) d’acquérir la médaille d’argent de la valeur militaire.

Médaille d’argent de la Valeur militaire

DÉFENDRE LE PIAVE…

Le Piave

Le soir du 8 novembre 1917, Armando Diaz est appelé par décret royal à remplacer Luigi Cadorna comme chef d’état-major de l’armée italienne.

Il déclare : « Je prends le poste de chef d’état-major de l’armée. Je compte sur la foi et l’abnégation de chacun ». Et encore, sur la condition de l’armée : « L’arme que je suis appelé à manier est émoussée : nous la maquillerons ».

1917 : ARMANDO DIAZ, LE SAUVEUR DE L’ARMÉE ITALIENNE

Armando Diaz

Il récupère les débris de l’armée italienne après la débâcle de Caporetto. Mais avant tout, il apporte un soutien moral et matériel aux soldats. Il améliore le ravitaillement et les rations alimentaires, et instaure des tours de repos réguliers pour les troupes épuisées.

Diaz organise la résistance sur le Piave et le monte Grappa, d’où il rejoint ensuite l’ancien front sur le plateau d’Asiago et dans le sud du Trentin. L’armée italienne dispose ainsi d’un front de combat plus court, d’environ 170 kilomètres, où elle peut concentrer ses armées et faciliter sa défense. Les hommes déployés sur le mont Grappa (un point stratégique clé pour la défense italienne) peuvent également profiter des grands ouvrages de secours que Luigi Cadorna a déjà fait construire (une route pour camions de la plaine au sommet, une route de campagne, deux téléphériques et une station de relevage d’eau) en prévision d’une défaite similaire à celle de Caporetto, à la suite de la « Strafexpedition ».

« Frühjahrsoffensive » : l’offensive du Trentin (également appelée « bataille d’Asiago », « bataille des Plateaux » ou « Strafexpedition »). C’est le nom donné à l’offensive lancée, en mai 1916, par le général austro-hongrois Franz Conrad von Hötzendorf sur le flanc gauche de l’armée italienne, dans le Trentin ; le but étant de couper la route à l’armée de l’Isonzo, et de s’emparer de Venise.

Lire :

– la bataille de la Bainsizza

– la bataille d’Ortigara (1917, le sacrifice des Alpini).

Tout ceci faisait partie de l’importante voie appelée la « route de Luigi Cadorna » (« strada Cadorna »). Diaz ne peut déployer que 33 divisions intactes et prêtes au combat, soit environ la moitié de celles disponibles avant Caporetto. Afin de regarnir les rangs, il a recours à la mobilisation des jeunes de 1899 (Les « garçons de 99 ») et, en février 1918, 25 autres divisions seront reconstituées.

Ragazzi del 99

Le 8 décembre 1917, 6 divisions françaises et 5 divisions britanniques, avec de l’artillerie et des unités de soutien (environ 130 000 Français et 110 000 Britanniques au total), arrivent en renfort en Italie comme réserve stratégique, ce qui permet à l’armée royale de concentrer ses troupes sur la ligne de front.

SA STRATÉGIE DÉFENSIVE

Armando Diaz

Armando Diaz choisit donc de stabiliser le front le long de la ligne du fleuve Piave et du monte Grappa plutôt que de lancer des offensives coûteuses en vies humaines. En octobre 1918, une fois ses défenses fortifiées, il lance l’offensive décisive de Vittorio Veneto.

« VITTORIO VENETO »

DIAZ, « LE GÉNÉRAL DE LA VICTOIRE »

Soldats italiens dans une tranchée sur l’Isonzo

À l’automne 1918, le 24 octobre, 58 divisions (51 italiennes, 3 britanniques, 2 françaises, 1 tchécoslovaque, 1 régiment américain) attaquent 73 divisions autrichiennes.

Le plan n’est pas d’attaquer de front, mais de cibler sur un seul point, « Vittorio Veneto », pour briser le front ennemi. Pour ce faire, Diaz entreprend une manœuvre de diversion : il attire tous les renforts autrichiens le long du Piave. De ce fait, l’ennemi croit que c’est le point d’attaque principal des Italiens.

Dans la nuit du 28 au 29 octobre, Diaz passe à l’attaque le long du centre du front. L’armée austro-hongroise se disloque, enclenchant une débâcle incontrôlable.

Le 30 octobre, l’armée italienne atteint « Vittorio Veneto », tandis que les autres armées traversent le Piave et avancent. Ils parviennent à Trente le 3 novembre. Le 4 novembre 1918, l’Autriche-Hongrie capitule.

Pour marquer cet événement historique, Diaz rédige le célèbre Bulletin de la victoire (« Bollettino della Vittoria »), dans lequel il annonce la déroute de l’armée ennemie et le triomphe italien.

Lire : Vittoria sur le Piave

CARRIÈRE POLITIQUE D’APRÈS GUERRE

Armando Diaz

Titres honorifiques : en 1921, en reconnaissance de ses exploits, Diaz est honoré du titre héréditaire de « Duca della Vittoria » (duc de la Victoire) par le roi Vittorio Emanuele III. En 1924, il est élevé au rang de maréchal d’Italie.

Vittorio Emanuele III. Il Re Soldato.

Rôle politique : de 1922 à 1924, Diaz occupe les fonctions de ministre de la Guerre au sein du premier gouvernement de Benito Mussolini. Il participe à la réorganisation des forces armées, avant de se retirer pour des raisons de santé.

SA FIN DE VIE

Armando Diaz

Il meurt en 1928 et est enterré à Rome dans la basilique de « Santa Maria degli Angeli e dei Martiri » (en français : Basilique Sainte-Marie-des-Anges-et-des-Martyrs).

La basilique de Santa Maria degli Angeli e dei Martiri (en français Basilique Sainte-Marie-des-Anges-et-des-Martyrs), Rome

Il repose à côté de son épouse, Sarah de Rosa-Mirabelli, et de l’amiral Paolo Emilio Thaon di Revel.

Sources :

Mes photos

Photos publiques Facebook

Certaines infos ont été obtenues avec l’IA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_du_Piave

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Caporetto

https://fr.wikipedia.org/wiki/Batailles_de_l’Isonzo

https://fr.wikipedia.org/wiki/Isonzo

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_du_Mont_Ortigara

https://fr.wikipedia.org/wiki/Offensive_du_Trentin

https://www.italia.it/fr/venetie/le-plateau-dasiago

https://fr.wikipedia.org/wiki/Onzi%C3%A8me_bataille_de_l’Isonzo

Lire :

– Ortigara 1917, le sacrifice des « Alpini »

– Bataille du Solstice, fureur sur le Monte Grappa

– Caporetto, débâcle sur l’Isonzo

– La bataille de la Bainsizza

– « I Ragazzi des 99 », la génération perdue

– Giovanni, un Piémontais sur le Piave

– « Viaggio movimentato a Trieste » – 1ère bataille de l’Isonzo

– 1917, bataille d’ « Aresto » les stopper coûte que coûte

– La bataille pour Gorizia à l’assaut du Mont Sabotino

– Fraternisations sur le Piave

– Vincere o morire sul Piave, il fiume dell’ inferno

– « Vittoria » sur le Piave

– Le col de Lana, le « sommet volatilisé »

– Le général Luigi Cadorna

– 1916, le Vendredi Blanc

– La guerre des mines dans les cimes

– Les exploits des « Alpini »

– Le fidèles compagnons des « Alpini »

– La guerre du vin, un dopant avant l’assaut

– Les téléphériques, la terreur suspendue dans les cimes

– La « Strada delle 52 Gallerie » du Mont Pasubio

 

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