Caporetto, débâcle sur l’Isonzo

CAPORETTO, DÉBÂCLE SUR L’ISONZO…

LA BATAILLE DE CAPORETTO

(Du 24 octobre au 9 novembre 1917)

Prisonniers italiens capturés lors de la percée de Caporetto et gardés en plein air, très probablement dans la zone de Cividale del Friuli, en novembre 1917

LE CLIN D’ŒIL

Les zones de combat où luttèrent les forces italiennes et Austro-Hongroises, lors de la Première Guerre mondiale, furent souvent (et improprement) considérées comme des théâtres d’opérations secondaires. De 1915 à 1918, le « front italien » fut réparti sur environ 650 kilomètres de régions montagneuses, allant du plateau de l’Asiago (en passant dans les Dolomites et les Alpes de Carinthie, puis le long du fleuve Isonzo) jusqu’à la Mer Adriatique. Mis à part une offensive importante dirigée par l’armée austro-hongroise sur l’Asiago à l’été de 1916, la totalité des combats eut lieu sur un front rétréci d’à peine 100 kilomètres le long de l’Isonzo.

Au cours de ce conflit, les Italiens combattirent en ayant reçu peu de soutien de la part de leurs alliés de la « Triple Entente ». Ce qui ne fut pas le cas de leurs ennemis, qui perçurent une aide substantielle de l’Empire Allemand ; surtout après la reddition des Russes à l’Est (Traité de Brest-Litovsk, le 3 mars 1918).

Citons comme exemple : en 1917, 7 divisions d’élite allemandes vinrent soutenir les Autrichiens, afin de monter une offensive de grande ampleur dans le secteur du village de Caporetto (Kobarid, en Slovénie) ; un assaut qui aura des résultats catastrophiques pour les Italiens…

SOMMAIRE

À la fin d’octobre 1917, les Austro-Allemands percent les lignes italiennes, et avancent de plus de 100 kilomètres. Cette victoire éclatante aura cependant un coût terrible pour la monarchie des Habsbourg et pour les Empires centraux de la Triple Alliance. En effet, l’issue victorieuse de cette bataille (la plus importante de l’Autriche-Hongrie au cours de la Première Guerre mondiale) va affaiblir les Empires Centraux et renforcer l’Entente (France, Royaume-Uni et Italie).

Si l’on y regarde de près, la victoire semble certaine pour l’Autriche-Hongrie : la Serbie et la Roumanie ont capitulé, la Russie s’apprête à faire de même, et l’Italie est à l’agonie. Mais la réalité est bien autre chose…

La mise sur pied de l’offensive a utilisé la totalité du réseau ferré et des trains, ainsi que les approvisionnements austro-hongrois, plongeant la population de la moitié des villes de l’Empire d’Autriche-Hongrie dans la disette. La famine se fait de plus en plus sentir, et la colère monte. Une population abattue, exaspérée, ne demande plus qu’une seule chose : la paix.

La « bataille de Caporetto » (également appelée par les empires centraux « bataille de Karfreit », ou « 12ème bataille de l’Isonzo ») se déroule du 24 octobre au 9 novembre 1917, dans le Nord de l’Italie. Caporetto (aujourd’hui « Kobarid », en Slovénie) devient alors le point principal de l’offensive austro-allemande menée par Otto von Below, qui va repousser avec fracas les armées italiennes.

La bataille se solde par une très lourde défaite des Italiens, qui parviendront pourtant par la suite à stabiliser le front sur le fleuve Piave.

CAPORETTO, UNE VICTOIRE AUTRICHIENNE EN DEMI TEINTE… 

Depuis 1915, les Austro-Hongrois tentent d’obtenir des Allemands leur participation militaire pour en finir avec l’Italie. L’éloignement de toute menace directe sur son flanc sud donnerait à l’Autriche les moyens de mener, en lien avec les Allemands, une offensive sur le front italien. Hindenburg et Ludendorff se montrent favorables à une action concertée contre l’Italie.

En 1917, sur le front occidental, le conflit s’est enlisé depuis près de trois ans dans une horrible guerre de tranchées.

En revanche, à l’automne 1917, les offensives italiennes de la fin de l’été ont eu des résultats concluants pour les Italiens : ils ont conquis de têtes de ponts sur l’Isonzo (parfois profondes de plusieurs kilomètres), mais au prix de lourdes pertes.

L’Isonzo est un fleuve qui longe la frontière entre la Slovénie, où il a sa source, et l’Italie, où se trouve son embouchure sur la mer Adriatique. Sa vallée connut de sanglants combats pendant la Première Guerre mondiale.

CONTEXTE

À la mi-juin 1917, l’Empire allemand et l’Empire austro-hongrois sont au bord de l’effondrement. Avec l’entrée en guerre des États-Unis, l’espoir d’une victoire sur le front occidental décline. Les effets des blocus sur leur économie provoquent des rationnements et des famines locales. Pourtant, la Révolution russe réanime leur espoir, et des négociations sont ouvertes pourmettre fin au conflit à l’Est. Dès lors, l’ultime menace pour l’Autriche-Hongrie reste l’Italie, entrée dans la guerre depuis 1915. L’armée italienne est épuisée après 11 batailles le long de l’Isonzo. Les conquêtes territoriales, gagnées au prix de pertes catastrophiques, sont insignifiantes.

Otto von Below

À l’automne 1917, pour soutenir un front menacé de rupture, les forces austro-hongroises ont reçu en renfort plusieurs divisions et unités d’assaut spécialisées allemandes. 7 divisions allemandes et 9 divisions austro-hongroises ont alors été réunies pour former la nouvelle 14ème armée, qui sera placée sous le commandement du général allemand Otto von Below. Dans ses rangs se trouve un jeune lieutenant prometteur de 25 ans : Erwin Rommel.

LE CLIN D’ŒIL

Il y a une anecdote intéressante qui se produisit quand Erwin Rommel rencontra des officiers italiens pour la première fois.

Un officier italien, qui ne connaissait pas la carrière de Rommel, remarqua sa vieille médaille et lui demanda : « Où as-tu eu cette médaille militaire prussienne ? Où as-tu eu ton « Pour le Mérite » ?   Rommel répondit simplement : « Caporetto » (Rommel reçut la médaille du service militaire prussien pour avoir battu l’armée italienne lors de la bataille de Caporetto, le 24 octobre 1917).


ROMMEL À CAPORETTO

Erwin Rommel

Le 26 septembre 1917, le bataillon de Rommel fait partie des 7 divisions envoyées en renfort à l’armée autrichienne, qui a subi de lourdes pertes sur le front italien depuis 1915. Il est plus précisément affecté au secteur de Caporetto-Tolmino. Un plan d’offensive est prévu, dans lequel il doit suivre la 12ème division bavaroise.

Rommel, toujours intrépide et ne voulant pas rester à la traîne, prévoit un plan d’action pour son bataillon de manière indépendante vis-à-vis du reste des troupes, et persuade son supérieur, le commandant Sprösser, de l’adopter. Ainsi, dès l’aube, il part à la tête de ses hommes et enlève successivement Saint-Daniel, Foni, et le mont Matajur.

En 48 heures, Rommel a parcouru 20 kilomètres à vol d’oiseau, est monté à 2000 mètres, a devancé tous les autres régiments austro-allemands, et a capturé 150 officiers, 9000 soldats et 81 canons. Il n’a perdu que 6 hommes et ne compte qu’une trentaine de blessés.

Son bataillon joua un rôle déterminant dans la bataille de Caporetto, défaite qui coûta à l’armée italienne 40 000 tués, 180 000 blessés et 325 000 prisonniers.


FORCES EN PRÉSENCE

Soldats italiens dans une tranchée sur l’Isonzo

POUR LES AUSTRO-HONGROIS ET LES ALLEMANDS

Drapeau de la monarchie des Habsbourg

Drapeau de l’Allemagne de 1867 à 1978

14ème armée : 350 000 hommes (9 divisions autrichiennes et 6 divisions allemandes, appuyées par 2 500 canons).

Le général d’infanterie Friedrich von Gerok rend visite aux soldats du Royal Wirtemberg Mountain Battalion peu après l’un de leurs plus grands succès à la bataille de Caporetto – la conquête du Monte Matajur.

Commandants :

Feldmarschall Svetozar Borojević von Bojna (13 décembre 1856 – 23 mai 1920).

Otto von Below (1857-1944).

Konrad Krafft von Dellmensingen (24 novembre 1862 – 21 février 1953).

Dans le cadre de l’alliance entre le Reich et l’Autriche-Hongrie, le commandement allemand est placé sous la direction du haut-commandement austro-hongrois. Les parties du front où va se dérouler l’offensive majeure sont celles choisies par les militaires austro-hongrois.

Soldats Austro-Hongrois

POUR LES ITALIENS

2ème et 3ème armées : 410 000 hommes, appuyés par 1 300 canons.

Le général Cadorna visite un détachement

Commandants :

– Luigi Cadorna (1850-1928).

– Luigi Capello (1859-1941).

– Pietro Badoglio (1871-1956).

Les préparatifs ennemis ne sont pas ignorés de l’état-major italien, qui a été parfaitement renseigné par des déserteurs autrichiens. Mais une ingénieuse opération de bluff réussit à tromper les Italiens quant à l’objectif réel de l’offensive. D’autant que les deux renvois du lancement de l’offensive par l’état-major germano-austro-hongrois ont permis la consolidation des forces austro-allemandes. Ces ajournements poussent les Italiens à un relâchement quant à leur dispositif d’alerte, ce qui va favoriser la victoire austro-allemande.

QUELQUES COMPOSANTES DE L’ARMÉE ITALIENNE

Les Alpins (en italien : Alpini) sont les troupes de l’armée italienne spécialisées pour le combat en zone montagneuse. Formées en 1872, ces unités se trouvent être les plus anciennes des troupes de montagne actuelles. Leur mission d’origine était de défendre les frontières montagneuses du nord de l’Italie face à la France et l’Autriche-Hongrie.

Les Flammes Vertes (en italien « Fiamme Verdi »), fortes de quatre unités, constituaient une part importante des troupes d’assaut italiennes durant la Première Guerre mondiale.

Les « Arditi » étaient des unités composées de soldats intrépides (troupes alpines), spécialisées dans les attaques surprises contre les unités ennemies.

Les « Bersaglieri » étaient l’élite mobile de l’armée italienne. Créés en 1836, les Bersaglieri étaient réputés pour leur mobilité et leur discipline. À la différence de l’infanterie traditionnelle, ils se déplaçaient souvent à vélo, puis en moto ou en véhicules motorisés, pour incarner une force rapide, capable d’intervenir là où la ligne de front l’exigeait.

Soldats italiens

Armement et matériel italien

DÉROULEMENT DE LA BATAILLE

Une Tranchée Autrichienne à Brestovizza, village actuellement en Slovénie, partie de la commune de Comeno.

Dans la nuit du 24 octobre, les forces d’Otto von Below, regroupées dans les zones de Tolmino, Caporetto et Plezzo, le long du fleuve Isonzo, déclenchent leur offensive. Un épais brouillard enveloppe le front lorsque soudain, le tonnerre des 2 500 canons austro-allemands éclate. Un barrage d’obus irritants oblige les soldats italiens à ôter leurs masques… avant qu’une avalanche mortelle d’obus à gaz ne les foudroie.

LE PLAN D’ATTAQUE AUSTRO-ALLEMAND.

La 2ème armée italienne du général Capello est la principale cible de la 14ème armée austro-allemande. Cette dernière est soutenue par l’avancée des deux armées austro-hongroises de l’Isonzo. Elle a reçu l’ordre de pousser vers la côte Adriatique en direction de Venise.

Les armées de l’Isonzo, au nord de la 14ème armée, doivent se diriger vers le sud-ouest, en direction du fleuve Piave, face à la 3ème armée italienne commandée par Emmanuel-Philibert de Savoie.

LE FRONT DES DOLOMITES

Mes photos

L’ASSAUT

Puis l’infanterie attaque. Les troupes de choc avancent en colonnes, se glissant entre les failles du dispositif italien. Armées de grenades et de lance-flammes, elles frappent avec une précision implacable, s’emparant des dispositifs italiens vitaux. Les premières lignes cèdent en quelques heures.

C’est le chaos. Des unités entières sont anéanties, d’autres encerclées et capturées. En une seule journée, des dizaines de milliers de soldats italiens sont faits prisonniers. Les positions si chèrement conquises sont abandonnées sans combattre. L’armée italienne titube ; elle est bousculée.

Les Austro-Allemands franchissent l’Isonzo et s’emparent de Caporetto dès le premier jour. L’état-major italien, acculé, est pris de court, et ordonne le repli des 2éme et 3éme armées. Cet ordre provoque la débandade… La confusion s’empare des rangs alpins, les lignes s’effondrent. La 2éme armée, incapable de se réorganiser, tombe dans l’affolement et se disloque ; la retraite se transforme en débâcle.

Depuis un saillant, les Allemands, grâce au déploiement de près de 2 000 pièces d’artillerie (dont 500 de gros calibre), entreprennent un barrage d’artillerie en utilisant l’emploi massif de gaz toxiques. Puis des unités puissamment dotées en grenades et en lance-flammes pénètrent les lignes avancées italiennes.

C’est la panique parmi les unités italiennes de premières lignes, qui découvrent que leurs masques à gaz ne leur offrent aucune protection.

Le 25 octobre, les attaquants ont percé sur une profondeur de 24 km dans la ligne de front italienne. Face à un tel désastre, le commandant en chef italien, le général Luigi Cadorna, est obligé d’effectuer un retrait de ses troupes vers le fleuve Tagliamento. En raison des mauvaises communications avec les unités situées à l’avant, il ignore jusqu’où va la percée de l’ennemi et quelle est la puissance des forces austro-allemandes qu’il affronte.

Après avoir essayé de rétablir ses lignes, Cadorna constate qu’il ne peut que colmater des brèches qui demeurent insuffisantes… avant de sonner une retraite générale, dans un premier temps sur le Tagliamento, puis sur le Piave.

Après 3 jours de combats, le dispositif italien vole en éclats sous les coups de l’artillerie germano-austro-hongroise.

Le 27 octobre, l’ordre est donné de se retirer. Les armées italiennes, très éprouvées, se regrouperont sur le Tagliamento à la fin du mois.

Les Austro-Allemands sont surpris par l’ampleur de leur succès, et peinent à exploiter l’effondrement du front italien. Plutôt que de profiter de leur avantage, ils se contentent de suivre la déroute ennemie, et en profitent pour piller les stocks de matériel abandonnés.

De nombreuses unités, venues pour protéger la retraite, sont capturées en pleine débandade.

Finalement, après avoir replié leurs forces derrière la rivière Tagliamento, les Italiens parviendront à stabiliser le front sur le fleuve Piave. La bataille prendra fin le 9 novembre, après deux semaines de combats acharnés.

PERTES

Corps des soldats alpins tombées lors de l’attaque.

POUR LES AUSTRO-HONGROIS ET LES ALLEMANDS

– Environ 20 000 morts et blessés.

POUR LES ITALIENS

– Environ 40 000 morts et blessés.

– 290 000 prisonniers.

– Entre 250 000 et 400 000 déserteurs.

– À cela il faut rajouter un matériel considérable abandonné, de sorte que l’armée italienne est momentanément réduite à la moitié de ce qu’elle était avant la bataille.

BILAN

Pour les contemporains, Caporetto fut considérée comme une sévère défaite et une véritable catastrophe, dont les Italiens durent assumer l’entière responsabilité. La recherche d’un bouc émissaire fut toute trouvée : on en imputa la faute à Cadorna, à la classe ouvrière, aux pacifistes, voire au pape Benoît XV.

Cependant, en juin 1918, le général Diaz regroupa 50 divisions italiennes et 4 divisions alliées sur le Piave. Le but était de contrer les forces austro-allemandes et de les dissuader d’effectuer une autre offensive ; ce qui aurait été une ultime déroute pour l’Italie. Avec cette armée, Diaz lança le 24 octobre (exactement un an après le désastre de Caporetto) l’offensive de « Vittorio Veneto ». Les 55 divisions austro-hongroises, accablées et découragées, furent mises en déroute, forçant ainsi Vienne à demander un armistice, qui fut signé le 4 novembre 1918.

La Villa Giusti Padova où l’armistice a été signé le 4 novembre 1918.

Mais la mémoire collective continua d’alimenter de nombreux débats après la Première Guerre Mondiale, tant l’humiliation des Italiens fut intense. Niant ses erreurs et réfutant toute responsabilité, le haut commandement imputa la faute à des traîtres de l’intérieur, et calomnia ses propres troupes en les accusant de lâcheté.

La commission d’enquête pour Caporetto. De gauche à droite assis à la première rangée – Prof. Bensa, Gen. Caneva (Président), Prof. Hon. Arrêté ; au deuxième rang Hon. Raimondo, Gen. Ragni, Amm. De Orestis, Adv. Gen. Mil. Tommasi

Avec le temps, « Caporetto » devint en italien un symbole d’échec retentissant, à l’image de « Berezina » pour les Français.

IN MEMORY

                                                                   MASSARI DOMENICO DI SCIPIONE

Massari Domenico di Scipione

Né le 9 mars 1895 à Corato, dans la province de Bari delle Puglie (l’actuelle province de Bari), il devint lieutenant de l’état-major du 92ème régiment d’infanterie (brigade basilicate, district militaire de Barletta).

Il mourut au combat le 15 juin 1917, à Val Travignolo (Trentin-Haut-Adige).

L’effondrement de l’Empire austro-hongrois et l’annexion du Trentin au Royaume d’Italie rendront impossible un recensement précis des pertes.

Texte traduit de l’Italien et arrangé pour une meilleure lecture


                                                               CARLO CASTELNUOVO DELLE LANZE

La gloire des héros est éternelle

Carlo Castelnuovo

NAISSANCE ET FAMILLE

Carlo Castelnuovo naquit le 9 mars 1895 à San Paolo Belsito (dans la province de Naples), au sein d’une famille noble originaire de Verceil (« Vercelli » en italien, chef-lieu de la province du même nom dans la région du Piémont).

Fils d’Enrico et de Costanza Filiasi, il effectua ses études secondaires au collège Carlo Alberto de Moncalieri.

En 1913, il fut admis à l’Académie royale militaire d’infanterie et de cavalerie de Modène, dont il sortit diplômé en 1915 avec le grade de sous-lieutenant.

Il fut affecté à la cavalerie du régiment des « Lancieri di Vercelli », et à un escadron à pied opérant dans le secteur du Bas-Isonzo ; il combattra pendant environ un an dans la région de Monfalcone.

En avril 1916, promu lieutenant, il retourna à l’état-major de la garnison du régiment, et demanda aussitôt à reprendre du service. Son père étant à l’époque commandant d’un escadron de mitrailleuses des « Lancieri di Vercelli », il demanda et obtint d’être envoyé dans les unités de mitrailleuses.

En janvier 1917, il fut envoyé comme chef de section dans l’une de ces unités du régiment « Genova Cavalleria ».

En octobre 1917, après la défaite désastreuse de la bataille de Caporetto, eut lieu la retraite générale de l’armée derrière la ligne du Piave. Le 29, l’escadron de mitrailleuses prit position près d’une route, à « Pozzuolo del Friuli ». Grâce à la précision de ses tirs, Carlo Castelnuovo stoppa l’avancée des unités de la 117ème division allemande. L’après-midi du 30, il fut blessé à l’aine par une balle explosive, mais refusa de quitter le front. Son état s’aggravant, il fut transporté à l’arrière, mais ne put être évacué ; il fut fait prisonnier par l’ennemi sur le champ de bataille. Transféré à l’hôpital d’Udine, il y décéda le 1er décembre.

Par décret royal du 19 août 1921, il reçut à titre posthume la médaille d’or de la bravoure militaire. Une rue de Turin , une de Vercelli, et la place principale de San Paolo Bel Sito portent son nom.

Texte traduit de l’Italien et arrangé pour une meilleure lecture


                                           BORGHINO GIOVANNI, UN PIÉMONTAIS SUR LE PIAVE…

ORDRE DE VITTORIO VENETO

Ci-dessus à gauche le diplôme de mon Grand-Père Giovani (Jean) Borghino (1894-1982)

L’« Ordre de Vittorio Veneto » est créé en mars 1968, en même temps que la Médaille d’Or en Souvenir de la Guerre 1915-1918, pour le 50ème anniversaire de la victoire. Son nom rappelle la grande offensive victorieuse d’octobre 1918 qui allait sceller le sort de la guerre sur ce front.

Il est décerné à tous les anciens combattants de la Première Guerre mondiale encore vivants, ayant servi au moins 6 mois et décorés de la Croix du Mérite de Guerre. L’attribution de cet « ordre » fut étendue aux anciens combattants de l’armée austro-hongroise devenus italiens après les modifications de frontière qui ont suivi la Première Guerre mondiale.

La Croix du Mérite de Guerre (Croce al Merito di Guerra) : l’attribution de l’Ordre de Vittorio Veneto était conditionnée par l’obtention préalable d’une croix en métal bruni, décernée pour sa participation active aux combats dans des zones particulièrement exposées (comme la Bataille d’Ortigara).

Mon grand-père Giovanni Borghino et ma grand-mère, son épouse née Domenica Miretti

Je n’ai jamais pu retrouver la ou les Croix en métal bruni de mon Grand-Père.

Sources :

Mes photos

Photos publiques Facebook

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_du_Piave

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Vittorio_Veneto

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Caporetto

https://fr.wikipedia.org/wiki/Batailles_de_l’Isonzo

https://fr.wikipedia.org/wiki/Isonzo

https://carlpepin.com/2011/03/18/guerres-mondiales-et-amertumes-un-condense-de-lexperience-italienne/

https://www.culturalis.fr/pages/histoire-militaire/contemporaine/la-bataille-de-caporetto-victoire-autrichienne-en-demi-teinte.html

 

 

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