La bataille de la Bainsizza
BATAILLE DE LA BAINSIZZA

ONZIÈME BATAILLE DE L’ISONZO
(Du 18 août au 12 septembre 1917)

Un groupe de skieurs « Alpini » du bataillon Monte Ortler avec le costume de camouflage blanc distinctif
![]()
LE CLIN D’ŒIL
Au cours de ce conflit, les Italiens combattirent en ayant reçu peu de soutien de la part de leurs alliés de la « Triple Entente ». Ce qui ne fut pas le cas de leurs ennemis, qui perçurent une aide substantielle de l’Empire Allemand ; surtout après la reddition des Russes à l’Est (Traité de Brest-Litovsk, le 3 mars 1918). Citons comme exemple : en 1917, 7 divisions d’élite allemandes vinrent soutenir les Autrichiens, afin de monter une offensive de grande ampleur dans le secteur du village de Caporetto (Kobarid, en Slovénie) ; un assaut qui aura des résultats catastrophiques pour les Italiens…
![]()
SOMMAIRE
La onzième bataille de l’Isonzo, appelée aussi bataille de la Bainsizza, oppose, du 18 août au 12 septembre 1917, l’armée italienne à l’armée austro-hongroise. À l’issue des combats, la situation reste inchangée pour les deux camps, qui comptent de lourdes pertes.
Après la bataille, les forces austro-hongroises, très affaiblies, sur le point de s’effondrer, ne sont pas en mesure de résister à une autre attaque. De leur côté, les forces italiennes sont dans une situation identique, et ne disposent plus des ressources nécessaires pour une nouvelle offensive.
LOCALISATION
Pour la onzième fois, la Bataille de le Bainsizza se déroule près de la rivière Isonzo, près de Monfalcone (province de Gorizia, dans la région autonome du Frioul-Vénétie Julienne). L’objectif stratégique de l’Italie consiste à essayer de percer le front austro-hongrois, afin de prendre Trieste.
L’Isonzo est un fleuve qui longe environ la frontière entre la Slovénie, où il a sa source, et l’Italie, où se trouve son embouchure sur la mer Adriatique. Les « Batailles de l’Isonzo » représentèrent 12 affrontements meurtriers qui opposèrent l’Italie et l’Autriche-Hongrie entre le 23 juin 1915 et le 12 septembre 1917. Le front parcourut la vallée de la rivière Isonzo (en slovène Soča), aujourd’hui en Slovénie. Pour l’Italie, l’objectif de ces offensives était la conquête de la ville de Trieste, alors principal port autrichien sur la mer Adriatique. Les Alpes séparant les deux pays, les combats se déroulèrent en montagne, le plus souvent à très haute altitude. Les soldats mouraient sous les éclats d’obus ou les tirs des mitrailleuses, mais aussi en chutant dans les ravins, ensevelis sous les avalanches, ou mal protégés d’un froid glacial. Le ravitaillement de ces positions alpines fut très difficile. Dès décembre 1915, les pertes italiennes s’élevèrent à 173 000 morts, et à 131 000 pour les Autrichiens. De juin 1915 à août 1917, les offensives italiennes, appelées « spallate » (coups d’épaule), se déployèrent au nord-est, sur les rives de l’Isonzo, avec comme objectif la prise de la ville de Gorizia, qui contrôlait la route de Trieste à Vienne. Ce furent des batailles très meurtrières, mais toujours indécises. L’Isonzo En mai 1916, les troupes autrichiennes lancèrent de violentes offensives à partir des montagnes du Trentin (expédition punitive, « Strafexpedition », du plateau d’Asiago, au nord de Vicenza). L’armée italienne recula d’une vingtaine de kilomètres, et fit alors appel aux réservistes. C’est en août 1916, lors de la sixième bataille de l’Isonzo (ou Bataille de Gorizia), que l’Italie sortit enfin victorieuse.
CONTEXTE
Les offensives de l’armée italienne s’effectuent sur un front long de 750 km, dans des conditions climatiques et sur des terrains de montagne très difficiles. Ces zones cartographiques sont défavorables à toute offensive. Elles sont constituées de sommets escarpés qu’il faut aborder de front. Cette contrée n’est percée que par deux vallées : le Trentin, et l’Isonzo.
S’ils veulent triompher de toutes ces difficultés, les deux camps doivent déployer des efforts surhumains pour combattre. Pour cela, ils vont établir des positions atteignant parfois 3 500 mètres d’altitude ; et les ravitailler va relever de l’exploit.
Ils vont le faire par des galeries creusées dans la glace, des sentiers escarpés, et des téléphériques construits ex nihilo à flanc de précipices. C’est dans ce décor, à la fois magnifique et apocalyptique, que vont s’illustrer les troupes de montagne italiennes et autrichiennes.
![]()
FORCES EN PRÉSENCE

Photos Archives historiques Bibliothèque nationale d’Autriche représentant des soldats du Tyrol méridional partant pour le front
POUR LES AUSTRO-HONGROIS
Drapeau de la monarchie des Habsbourg
Les Austro-Hongrois disposent de 250 bataillons et de 2 200 pièces d’artillerie.
Commandant

Feldmarschall Svetozar Borojević von Bojna
– Feldmarschall Svetozar Borojević von Bojna (13 décembre 1856 – 23 mai 1920).
POUR LES ITALIENS
![]()
Les forces italiennes disposent de 600 bataillons (soit 52 divisions), et de 5200 pièces d’artillerie.
Le général Luigi Cadorna rassemble 2 armées près de la rivière Isonzo. L’attaque est lancée sur un front qui s’étend de Tolmin (commune de Slovénie, située dans le littoral slovène, à l’extrémité occidentale du pays) jusqu’à la Mer Adriatique, soit sur une distance approximative de 50 km.
Commandants :
– Luigi Cadorna (1850-1928).
– Luigi Capello (1859-1941).
– Emmanuel-Philibert de Savoie
![]()
L’équipement du fantassin du 4ème régiment d’infanterie (Brigade Piemonte) combine l’adoption de l’uniforme moderne, et la dureté des combats de haute montagne ; notamment lors de l’enfer de la bataille du Mont Ortigara. Nous avons fait le ménage ou nettoyage en dialecte piémontais Dès 1909, l’Italie est l’une des premières nations à rompre avec les uniformes colorés du XIXème siècle, en adoptant le tissu de laine drapée « Grigio-Verde » (gris-vert). Cette nuance s’avèrera particulièrement efficace pour le camouflage dans les roches calcaires du Carso et les forêts alpines. – La « Giacca » (Veste) : elle se ferme par des boutons recouverts de tissu gris-vert, pour éviter les reflets. – Les « mostrine » (sur le col) le fantassin du 4ème régiment porte les pattes de col spécifiques de la « Brigade Piemonte » : rouges avec une bande centrale blanche. Soldat d’infanterie italien sur le front de l’Isonzo, 24 novembre 1917 – Le « Casco Adrian Modello 16 » (le casque Adrian) : au début de la guerre, en 1915, les soldats italiens ne portent qu’un képi souple. Face aux éclats de roche provoqués par l’artillerie en montagne, dès 1916, l’Italie importe massivement, puis produit sous licence, le casque français Adrian. Le modèle italien est embouti d’une seule pièce (sans la crête rivetée du modèle français d’origine). Fabrication des « casco adrian modello 16 » – L’équipement de Montagne : lors des hivers glaciaux ou des combats en altitude, le fantassin reçoit des bandes molletières épaisses, de lourdes capotes en laine grise, et parfois des crampons à glace rudimentaires. – L’armement principal : le régiment est équipé du fusil réglementaire « Carcano Modello 1891 » (calibre 6,5 mm). C’est une arme robuste, dotée d’un magasin de 6 cartouches (soit une de plus que le « Mauser » allemand ou le « Lebel » français). Sa longueur importante (140 cm) s’avère toutefois encombrante dans les tranchées étroites et les boyaux rocheux. Le fusil « Carcano M 91 » « Carcano » est le nom d’une série de fusils italiens militaires à verrou. Les fusils et carabines « Carcano » furent utilisés par les Forces armées italiennes de la fin du XIXème siècle jusqu’au milieu du XXème siècle. Ils furent employés durant la guerre italo-turque, la Première Guerre mondiale, la Seconde guerre italo-éthiopienne, et au cours de la Seconde Guerre mondiale, par les soldats du royaume d’Italie, de la République sociale italienne, et par les forces éthiopiennes en 1940-1941. Apparu en 1891, ce fusil était d’un calibre 6,5 × 52mm. Il avait été développé en 1890 par Salvatore Carcano, à l’arsenal militaire de Turin, sous l’appellation Modèle 91 (M91), et fut produit de 1891 à 1941. Le M91 équipa la majorité des troupes italiennes pendant la Première Guerre mondiale. Le plus célèbre modèle de Mannlicher-Carcano est le fusil M 91/38 en 6,5 × 52 mm, désigné par la commission Warren comme étant l’arme avec laquelle Lee Harvey Oswald assassina le président Kennedy à Dallas, le 22 novembre 1963. Oswald avait acheté le fusil par correspondance, pour un montant de 21,95 $, en même temps qu’un revolver. « Cappello Alpino Modèle 1910 » (le chapeau Alpin) Cappello Alpino C’est la pièce maîtresse de l’équipement du soldat « Alpini ». Matière et couleur : le chapeau est confectionné en feutre de poil de lapin ou en laine de couleur « grigio-verde » (gris-vert), la couleur réglementaire adoptée par l’armée italienne en 1909 pour le camouflage en haute montagne. La calotte est bombée, avec une fente centrale longitudinale, et le bord arrière est relevé. La plume (« la Penna ») : symbole absolu du Corps, il s’agit d’une plume de corbeau noir pour la troupe, mesurant environ 25 à 30 cm. Elle est insérée dans un passant, sur le côté gauche du chapeau. La Cocarde et la Frise (« il Fregio ») : sur le devant du chapeau se trouve une frise brodée en fil noir, représentant un aigle aux ailes déployées qui surmonte un cor de chasse croisé avec deux fusils ; symbole officiel des troupes alpines. Au centre du cor, un disque en tissu indique le numéro du régiment (par exemple, le 7ème ou le 8ème régiment). Les nappines (« la Nappina ») : c’est le petit pompon en laine situé à la base de la plume. Sa couleur permet d’identifier le bataillon au sein du régiment (Blanc pour le 1er bataillon, Rouge pour le 2ème, Vert pour le 3ème, Bleu pour le 4ème). Renseignements obtenus avec l’IA.



DÉROULEMENT DE LA BATAILLE
L’objectif de la 11ème bataille de l’Isonzo (du 17 au 31 août 1917) est pour Cadorna de conquérir le plateau de Bainsizza et de briser les lignes austro-hongroises. Les Italiens doivent isoler les bastions montagneux, jusque-là inexpugnables, de Monte San Gabriele (646 m), et Monte Ermada (323 m). Ces deux sommets représentent les dernières grandes défenses protégeant Gorizia, et la route vers Trieste.
Après une intense préparation d’artillerie, les troupes italiennes franchissent à plusieurs endroits la rivière Isonzo sur des pontons de fortune, et poursuivent l’effort principal.
Après des combats acharnés et meurtriers, la 2ème armée italienne, commandée par le général Luigi Capello, repousse les forces austro-hongroises du général Svetozar Boroević, et prend les bastions du plateau de Bainsizza, du Mont Monte Santo (682 m), près de Goritz, de Vodice (652 m), de Kobilek (627 m), de Jelen (788 m) et de Levpa.
La 3ème armée du duc d’Aoste investit d’autres fortifications austro-hongroises (Log, Hoje, et Zagorje), et les abords de San Gabriele.
Toutefois, les bastions du Mont San Gabriele et du Mont Ermada n’ayant pas pu être pris, l’offensive est arrêtée.
Au cours de cette bataille, les unités d’assaut italiennes (« Arditi ») se sont vaillamment distinguées.
![]()
Les « Fiamme Verdi » (Flammes Vertes), fortes de quatre unités, constituaient une part importante des troupes d’assaut italiennes durant la Première Guerre mondiale. Les « Arditi » étaient des unités spécialisées dans les attaques surprises contre les unités ennemies, composées de soldats intrépides (troupes alpines). Les « Bersaglieri » : l’élite mobile de l’armée italienne. Créés en 1836, les « Bersaglieri » étaient réputés pour leur mobilité et leur discipline. À la différence de l’infanterie traditionnelle, ils se déplaçaient souvent à vélo, puis en moto ou en véhicules motorisés, pour incarner une force rapide, capable d’intervenir là où la ligne de front l’exigeait.
![]()
La bataille se termine par une victoire tactique italienne, mais l’armée austro-hongroise n’est pas battue : elle n’a pas abandonné, elle s’est retirée. Elle laisse derrière elle sur le terrain des milliers de prisonniers, de canons et de mitrailleuses. Elle conserve le contrôle du plateau de Monte Ermada ; et sa défense est encore redoutable.
Les deux belligérants accusent des pertes humaines terribles (300 000 au total). C’est une catastrophe pour les deux camps.
Le succès des « Alpini » n’a pas produit la percée espérée. Les difficultés logistiques, l’épuisement physiologique des attaquants, et la résistance acharnée des dernières positions austro-hongroises, ont empêché la victoire totale des Italiens.
Quelques semaines plus tard, Vienne demande des renforts à son allié allemand. Ce qui va entraîner l’intervention des forces allemandes sur le front italien et, en octobre 1917, la préparation de l’opération de Caporetto.
![]()
Guglielmo Marconi (au centre), avec le colonel Bordeloni et Guido, tous deux membres de la section communications de l’artillerie italienne. La Première Guerre mondiale donna un élan considérable au développement de nouvelles technologies, y compris celles liées au secteur des transmissions. Celles-ci furent employées par les différentes puissances pour faciliter la communication sur le front, et pour les actions d’espionnage. Au sein de l’armée royale italienne, le génie s’occupait des services de transmission et d’observation à travers les opérateurs téléphoniques, les radio télégraphes, les télégraphes, les photo télégraphes, les aérostiers, les pigeons voyageurs, et les photo-électriciens. Soldats télégraphistes du génie italien avec des fusils Carcano mod 91TS. Avec l’avènement de la téléphonie à la fin du XIXème siècle, des progrès avaient déjà été fait dans ce domaine. Le conflit représentait l’occasion idéale pour affirmer l’utilisation du téléphone de campagne. En Italie, le premier modèle avait été réalisé en 1908 par le capitaine du génie militaire Gaetano Anzalone. Ce téléphone était contenu dans une cassette en bois, et la connexion se faisait par des câbles aériens, placés sur des poteaux ou installés sur des arbres. La tâche du téléphoniste était d’accompagner le commandant pendant les reconnaissances, et de lui transmettre les ordres en temps voulu, aux premières lignes et à l’arrière. Au cours de la guerre, l’utilisation de la radio ne se limita pas seulement aux champs de bataille, mais connut également une augmentation importante dans l’aviation. Au début des hostilités, en Italie, aucun avion n’était équipé de radio. En 1915, il fut décidé d’effectuer une première expérience au camp de Mirafiori, à Turin ; ce qui donna d’excellents résultats. Il s’agissait d’un petit émetteur à scintillement, de type expérimental, construit par les Officines Marconi. Le physicien Guglielmo Marconi fut le principal auteur de ces expériences. D’abord en tant qu’officier du Génie, puis de la Marine, il contribua à améliorer les performances des communications radio militaires. Le bombardier biplan Caproni Ca.3 Le service le plus innovateur offert par la radio dans le domaine de l’aviation fut sans doute celui qui permit la communication avec les stations au sol. Parmi les avions, les plus utilisés par les différentes armées furent les ballons-aérostatiques d’observation (le « Pallone-Drago » italien, la « Saucisse » française, et le « Drakken » anglais). Ils avaient pour mission d’observer le camp ennemi et de détecter la position de l’artillerie. Initialement, les observateurs à bord de l’avion parvenaient, par des signalements manuels ou avec des drapeaux, à signaler en temps réel au commandement ce qui se passait bien au-delà des positions occupées. Vers la fin de la guerre, le service fut perfectionné et servit de manière beaucoup plus efficace : l’observateur suivait sans interruption à bord de l’aérostat l’effet de son artillerie, et en radiographiait les résultats à son commandement. Il marquait ensuite, sur une carte à carreaux numérotés, l’effet des explosifs, et en transmettait les coordonnées au commandement. Les radiotélégraphistes sont encore appelés aujourd’hui « Marconisti », en l’honneur de Guglielmo Marconi. Ils effectuaient des services d’interception pour le service d’information, et pour le contrôle du trafic demandé par les commandements supérieurs. Dans ce domaine, leur tâche était d’intercepter les communications, aussi bien celles ennemies (pour le service de renseignements) que les leurs (à des fins de surveillance). Une nouvelle forme de « renseignement » naquit ainsi. Une guerre entre casseurs de codes (code breakers) rejoignit celle menée sur les champs de bataille, dans laquelle l’officier du génie Luigi Sacco joua un rôle considérable ; il devint l’un des plus habiles décrypteurs au monde. En revanche, la tâche des télégraphistes était d’installer la maintenance et l’exploitation des communications. Ils s’occupaient notamment des transmissions télégraphiques et téléphoniques par fil. La section des photo-télégraphistes, elle, s’occupait de la communication optique grâce à l’utilisation de l’héliographe, un télégraphe sans fil qui utilisait des signaux en code Morse. Celui-ci exploitait les éclairs de lumière solaire réfléchies par un miroir. Les éclairs étaient obtenus en faisant tourner le miroir, ou simplement en interrompant le faisceau de lumière. Même pendant la Grande Guerre, comme cela s’était produit dans les conflits des siècles précédents, on fit largement usage des « pigeons voyageurs ». Les « colombes » (ou « cages mobiles ») fonctionnaient comme des centres de collecte à travers un système électrique à plaque : dès que le pigeon rentrait de la mission, il se posait, et avec son poids actionnait un dispositif qui émettait un signal sonore pour avertir les soldats de son retour. Tous les pays belligérants eurent recours à ces oiseaux. Même l’Italie, à partir de 1917, commença à les utiliser pour relier les communications des premières lignes avec l’arrière. Certains passages et textes sont traduits de l’Italien et arrangés pour une meilleure lecture


![]()
BILAN

Troupes italiennes hors de leurs abris sur la Forcellina di Montozzo, dans le Trentin occidental pendant la Grande Guerre
Près de 3 millions d’obus sont tirés au cours de cette offensive.
Sur le plateau de Bainsizza, les troupes italiennes font une percée d’environ 15 kilomètres, et recueillent un butin important (120 canons, 200 mitrailleuses et 30 000 prisonniers).
A l’automne 1917, le grand état de faiblesse de l’ennemi est si important que le Haut Commandement allemand décide d’intervenir directement sur le terrain.
D’autre part, les maladies (en particulier la dysenterie et la typhoïde) mettent hors de combat environ 500 000 hommes dans les deux camps.
![]()
PERTES

Les premiers prisonniers de guerre autrichiens capturés à Monte Cucco pendant la Grande Guerre.
POUR LES AUSTRO-HONGROIS
![]()
Les Austro-Hongrois perdirent environ 120 000 hommes, dont 20 000 morts, 50 000 blessés, 30 000 disparus, et 20 000 prisonniers.
POUR LES ITALIENS
![]()
La bataille coûta aux Italiens environ 160 000 hommes (les données varient selon les sources) dont environ 30 000 morts, 110 000 blessés, et 20 000 disparus ou prisonniers.
![]()
Le char d’assaut FIAT 2000 Un colosse italien qui avait plusieurs années d’avance sur son temps. Lorsque l’on évoque les chars de la Première Guerre mondiale, les noms des Mark I britanniques, du Schneider CA1, du Saint-Chamond M1 ou M2 français ou du Renault FT 17, viennent immédiatement à l’esprit. Pourtant, l’Italie aussi a développé un blindé particulièrement innovant : le Fiat 2000. Véritable mastodonte pour son époque, ce char affichait plusieurs nouveautés qui annonçaient déjà les blindés modernes ; mais il arriva trop tard pour influencer le cours de la guerre. Le développement du Fiat 2000 débute en 1917, alors que les premiers modèles de char d’assaut Britanniques et Français ont démontré leur énorme potentiel sur le champ de bataille. Les ingénieurs de FIAT optent pour un engin totalement différent, ne voulant pas copier les modèles existants. Ils imaginent un véhicule entièrement nouveau, beaucoup plus puissant et mieux protégé que la plupart de ses contemporains. Avec un poids d’environ 40 tonnes, le Fiat 2000 est l’un des chars les plus lourds de la Première Guerre mondiale. Il faut une dizaine d’hommes d’équipage pour faire fonctionner un engin aussi complexe qu’impressionnant. Le char d’assaut FIAT 2000 – Longueur : 7,40 m. – Largeur : 3,10 m. – Hauteur : 3,80 m. Son blindage est considérable pour l’époque ; il est capable de résister à la plupart des armes légères et aux éclats d’obus. – Blindage : 20 à 30mm. – Moteur : Fiat type A12, essence. – Puissance : 240 ch. – Suspension : Ressorts à lames. – Vitesse sur route : 15 km/h. – Puissance massique : 6 ch/tonne. – Autonomie : 80 km. La nouveauté la plus remarquable réside dans sa tourelle rotative. Contrairement aux chars britanniques (dont les canons sont flanqués dans des tourelles latérales limitant leur champ de tir), le Fiat 2000 possède une véritable tourelle montée au sommet de la caisse, armée d’un canon de 65mm. Celui-ci peut tirer sur des cibles dans toutes les directions, sans avoir à manœuvrer l’ensemble du véhicule. Cette disposition deviendra, quelques décennies plus tard, la norme pour tous les chars de combat. Le char d’assaut FIAT 2000 Son armement est complété par sept mitrailleuses Fiat-Revelli 1914 calibre 6,5 mm, réparties sur toute la circonférence de l’engin afin de tirer dans toutes les directions. Cette puissance de feu fait du Fiat 2000 une véritable forteresse mobile, capable de soutenir efficacement l’infanterie. Mais cette puissance a un revers : son poids très élevé limite sa manœuvrabilité. Son moteur peine à déplacer l’engin sur les champs de bataille. En outre, son encombrement rend difficile son transport et son emploi tactique. Lorsque les premiers prototypes sont prêts, la guerre est presque terminée. Seuls deux exemplaires de prototypes sont finalement construits : le premier en 1917 et le second en 1918. Le Fiat 2000 a été défini comme le char possédant la conception la plus avancée de l’époque. Après l’armistice de 1918, la nécessité de produire un char aussi coûteux disparaît rapidement. L’un des exemplaires sera toutefois utilisé en Libye, au début des années 1920, lors des opérations coloniales italiennes, où il va démontrer une certaine efficacité face à des adversaires démunis et faiblement équipés. Le Fiat 2000 ne connaîtra jamais de production en série, mais il occupera une place de choix dans l’histoire des blindés. Sa tourelle entièrement rotative, son puissant armement et sa conception générale annoncent plusieurs caractéristiques qui deviendront standards dans les décennies suivantes. De nombreux historiens considèrent aujourd’hui que ce char était technologiquement en avance sur son temps, même si les limites des moteurs et de la logistique de l’époque empêchèrent son véritable développement. Le Fiat 2000 demeure ainsi l’un des projets les plus audacieux de la Première Guerre mondiale : un char gigantesque, innovant et visionnaire, dont le potentiel ne put jamais être pleinement exploité, mais qui témoigne du savoir-faire des ingénieurs italiens au moment où naissait l’arme blindée moderne. Texte traduit de l’Italien et arrangé pour une meilleure lecture 


![]()
ORDRE DE VITTORIO VENETO Ci-dessus, à gauche le diplôme de mon Grand-Père Giovani (Jean) Borghino (1894-1982) L’« Ordre de Vittorio Veneto » est créé en mars 1968, en même temps que la Médaille d’Or en Souvenir de la Guerre 1915-1918, pour le 50ème anniversaire de la victoire. Son nom rappelle la grande offensive victorieuse d’octobre 1918 qui allait sceller le sort de la guerre sur ce front. Il est décerné à tous les anciens combattants de la Première Guerre mondiale encore vivants, ayant servi au moins 6 mois et décorés de la Croix du Mérite de Guerre. L’attribution de cet « ordre » fut étendue aux anciens combattants de l’armée austro-hongroise devenus italiens après les modifications de frontière qui ont suivi la Première Guerre mondiale. La Croix du Mérite de Guerre (Croce al Merito di Guerra) : l’attribution de l’Ordre de Vittorio Veneto était conditionnée par l’obtention préalable d’une croix en métal bruni, décernée pour sa participation active aux combats dans des zones particulièrement exposées (comme la Bataille d’Ortigara). Mon grand-père Giovanni Borghino et ma grand-mère, son épouse née Domenica Miretti Mes grands-parents dans les années 1960/70 Giovanni Borghino et Domenica son épouse née Miretti Je n’ai jamais pu retrouver la ou les Croix en métal bruni de mon Grand-Père.
![]()
Sources :
Mes photos
Photos publiques Facebook
Certains passages et textes sont traduits de l’Italien et arrangés pour une meilleure lecture
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_du_Piave
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Vittorio_Veneto
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Caporetto
https://fr.wikipedia.org/wiki/Batailles_de_l’Isonzo
https://fr.wikipedia.org/wiki/Isonzo
https://www.italia.it/fr/venetie/le-plateau-dasiago
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_du_Mont_Ortigara
https://fr.wikipedia.org/wiki/Offensive_du_Trentin
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mont_Ortigara
https://fr.wikipedia.org/wiki/Onzi%C3%A8me_bataille_de_l’Isonzo
https://fr.wikipedia.org/wiki/Char_Fiat_2000