1917, bataille « d’Arresto » Première bataille du Piave

LES STOPPER COÛTE QUE COÛTE…

Drapeau du Royaume d’Italie

1917, BATAILLE D’ARRESTO

PREMIÈRE BATAILLE DU PIAVE

 (Du 14 novembre à décembre 1917)

Le Piave est devenu à jamais connu comme la rivière qui a sauvé l’Italie.

LE CLIN D’ŒIL

Les zones de combat où luttèrent les forces italiennes et Austro-Hongroises, lors de la Première Guerre mondiale, furent souvent (et improprement) considérées comme des théâtres d’opérations secondaires. De 1915 à 1918, le « front italien » fut réparti sur environ 650 kilomètres de régions montagneuses, allant du plateau de l’Asiago (en passant dans les Dolomites et les Alpes de Carinthie, puis le long du fleuve Isonzo) jusqu’à la Mer Adriatique. Mis à part une offensive importante dirigée par l’armée austro-hongroise sur l’Asiago à l’été de 1916, la totalité des combats eut lieu sur un front rétréci d’à peine 100 kilomètres le long de l’Isonzo.

Au cours de ce conflit, les Italiens combattirent, en ayant reçu peu de soutien de la part de leurs alliés de la « Triple Entente ». Ce qui ne fut pas le cas de leurs ennemis, qui perçurent une aide substantielle de l’Empire Allemand ; surtout après la reddition des Russes à l’Est (Traité de Brest-Litovsk, le 3 mars 1918).


SOMMAIRE

La « Battaglia d’Arresto » (en français, « bataille d’arrêt ») désigne la « Première bataille du Piave » (du 10 novembre au 25 décembre 1917) qui se déroula le long de la ligne formée par le fleuve Piave, le massif du Grappa, et le plateau d’Asiago, dans le Nord de l’Italie.

Elle représente le sursaut désespéré et victorieux de l’armée italienne pour stopper l’invasion austro-allemande, immédiatement après le désastre de Caporetto. Son but était de stopper l’ennemi, de l’empêcher de percer le front pour envahir la plaine vénitienne et s’emparer de Venise ou de Padoue.

 

CONTEXTE

La ligne de front du Piave prête à céder …

Fin octobre 1917, après leur défaite catastrophique à Caporetto, les troupes italiennes, en pleine débâcle, reculent de près de 100 km en abandonnant une immense quantité de matériel.

Ce succès permet aux unités Germano-Austro-Hongroises de se rééquiper. Ils récupèrent 3 136 canons, 1 732 mortiers de tranchée, 300 000 fusils, 73 000 chevaux et mulets, 2 500 automobiles, et saisissent d’importantes quantités de vivres et de munitions.

En novembre 1917, le front se stabilise le long du fleuve Piave, dans le Nord de l’Italie. Le nouveau commandant en chef italien, le général Armando Diaz, décide d’établir l’ultime ligne de défense nationale le long du fleuve Piave et du massif montagneux du Monte Grappa.

L’offensive austro-allemande est menée principalement par le général autrichien Franz Conrad von Hötzendorf. Celui-ci va tenter de briser ce nouveau barrage avant que les Alliés français et britanniques ne puissent envoyer d’importants renforts.

FORCES EN PRÉSENCE

L’infanterie de marine sur le Piave

POUR LES ITALIENS ET ALLIÉS

Italie

Environ 250 000 à 300 000 soldats opérationnels et rescapés sont alignés à la hâte sur la nouvelle ligne de défense. L’artillerie italienne, décimée à Caporetto, ne dispose plus que d’environ 1 300 à 1 500 canons sur ce secteur.

L’armée italienne, après avoir perdu près de 300 000 prisonniers à Caporetto, se trouve en pleine reconstruction. Elle parvient à aligner et retrancher ses unités décimées sur les nouvelles positions fortifiées du Grappa et de la Piave.

RENFORTS ALLIÉS DE FIN 1917

France :

Le 127ème corps d’armée français, commandé par le général Jean César Graziani, comprend la 23ème division d’infanterie (basée à Angoulême) et la 24ème division d’infanterie (basée à Périgueux).

À partir du 3 décembre 1917, la 10ème armée française est placée sous les ordres du général Duchêne. Son QG s’installe à Vérone. Cela représente 6 divisions d’infanterie (dont les 46ème et 47ème divisions alpines), soit environ 120 000 hommes, appuyés par 17 groupes d’artillerie.

À partir du 11 décembre 1917, la 10ème armée française est placée sous le commandement du général Maistre.

Royaume-Uni :

Les forces britanniques dépêchent 5 divisions d’infanterie (placées sous le commandement du général Plumer), envoyées en renfort pour consolider le front aux côtés des Italiens. Ce qui représente environ 80 000 à 90 000 hommes en réserve derrière la ligne du Piave.

Commandants :

Commandant en chef : le général Armando Diaz remplace le général Luigi Cadorna après le désastre de Caporetto.

POUR LES EMPIRES CENTRAUX

Autriche-Hongrie

 

 

 

 

Environ 350 000 hommes sont directement lancés dans la bataille de l’« Arresto ». L’effort majeur repose principalement sur la 14ème armée (commandée par Otto von Below), forte de 15 divisions (6 allemandes et 9 autrichiennes).

L’armée coalisée des Empires Centraux dispose d’un appui massif de plus de 2 500 canons.

Les armées austro-hongroises et allemandes, épuisées par leur avance rapide de 150 km depuis Caporetto et bloquées par la météo hivernale, se heurtent à la résistance inattendue des défenseurs retranchés. Leurs assauts répétés pour percer le Monte Grappa échouent en novembre et décembre 1917.

Commandants

Les commandants en chef : le maréchal Svetozar Borojević von Bojna et le général Franz Xaver Josef Graf Conrad von Hötzendorf.

DÉROULEMENT DE LA BATAILLE

Fiamme Verdi

 Les soldats italiens parviennent à se ressaisir sur le Piave, transformé en barrière naturelle. Malgré le froid hivernal et l’épuisement, les défenseurs « Alpini » bloquent les assauts acharnés de l’ennemi sur le Grappa et le bas Piave ; évitant ainsi l’invasion complète de l’Italie.

La bataille s’exécute en deux grands assauts d’une violence extrême :

1 – Du 10 au 26 novembre 1917 :

Les Austro-Allemands lancent des assauts terrestres intenses. Dans le secteur de Vidor (commune italienne de la province de Trévise, dans la région Vénétie) et sur les sommets, les combats font rage. Les attaques ennemies se heurtent à une résistance coriace des soldats italiens, ainsi qu’à une crue providentielle du Piave ; ce qui complique le franchissement du fleuve pour les Autrichiens.

Le cri de douleur des « Alpini » : les soldats italiens, dans l’acharnement des combats, popularisent le cri de guerre : « O tutti eroi, o tutti accoppati ! » (Soit tous héros, soit tous tués !).

2 – Du 4 au 25 décembre 1917 :

Après une préparation intensive de l’artillerie lourde, l’ennemi austro-Hongrois utilise des gaz asphyxiants et des lance-flammes pour s’emparer de positions clés (comme le « Monte Tomba », ou les « Melette »). Malgré le froid glacial et des pertes colossales, les lignes italiennes plient mais ne cèdent pas.

L’offensive des forces austro-hongroises et allemandes est stoppée. Épuisées par leur propre avancée rapide et par des lignes de ravitaillement trop étirées, elles viennent buter sur ce nouveau verrou défensif italien.

À la fin du mois de décembre, l’offensive ennemie s’essouffle irrémédiablement. Les Austro-Allemands échouent, et renoncent à envahir la plaine du .

BILAN ET CONSÉQUENCES

Un groupe de soldats italiens alpins posant pour la photo

Malgré les pertes humaines énormes, c’est un choc psychologique ; cette victoire défensive efface le traumatisme de Caporetto. Elle transforme une armée découragée en une force de résistance nationale.

Le front est stabilisé et solidement tenu. L’ennemi n’a pas pu envahir la plaine de Vénétie et prendre Venise ou Milan.

Dès la fin de la bataille d’« Arresto », des divisions françaises et britanniques viennent en renfort pour consolider l’arrière et sécuriser les positions.

Le sacrifice initial est purement italien. D’autre part, l’arrêt de l’invasion Austro-Hongroise a permis aux divisions françaises et britanniques d’arriver en renfort pour sécuriser définitivement la zone de la Haute-Piave.

Cette résistance obstinée a redonné le moral aux troupes italiennes. Elles préparent le terrain avant la grande offensive victorieuse de juin 1918 (Bataille du Solstice).

LA PROXIMITÉ DES BELLIGÉRANTS

 SUR LA LIGNE DU FLEUVE PIAVE

 Dans plusieurs secteurs, les belligérants se trouvent très près les uns des autres sur les rives, favorisant les échanges informels, et par endroits, des fraternisations.

Le facteur linguistique : certains soldats italiens (notamment les « Alpini », originaires des zones alpines frontalières) parlent parfois l’allemand, ce qui facilite le dialogue de part et d’autre des tranchées, ou des berges du Piave. À l’instar du front occidental, ces rapprochements spontanés sont sévèrement contrôlés et punis par les États-majors des deux camps : ces derniers redoutent une perte d’agressivité au combat.

Ces épisodes de « rapprochements » vont coexister en juin 1918, lors d’affrontements très violents, comme la grande bataille du Piave (ou Bataille du Solstice).

PERTES

Un blessé autrichien est transporté le long d’une route sur le front alpin

Les pertes exactes de la première bataille du Piave (novembre-décembre 1917) restent difficiles à séparer des chiffres globaux du désastre de Caporetto, car les combats de la retraite et de la stabilisation sur le fleuve se sont enchaînés sans interruption.

Bilan humain et matériel approximatif :

POUR LES ITALIENS

 

Pertes humaines

Environ 10 000 à 12 000 tués et près de 30 000 blessés, lors de la phase finale de repli et d’accrochage sur la ligne d’arrêt.

Plus de 300 000 soldats italiens capturés par les forces austro-allemandes entre la percée de l’Isonzo et le Piave.

Environ 350 000 à 400 000 hommes désorganisés, dispersés et déserteurs en fuite, ou coupés de leurs unités pendant la déroute générale.

Prisonniers italiens de guerre dans une tranchée, capturés sur le front de Piave par l’armée autrichienne

Pertes matérielles italiennes

Perte de plus de 3 150 pièces de canon (soit près de la moitié de l’artillerie de campagne du pays) et 1 700 mortiers.

Environ 3 000 mitrailleuses abandonnées aux mains de l’ennemi. Abandon complet des stocks de munitions, des dépôts de vivres du Frioul et de plusieurs bases d’aviation avec leurs appareils.

POUR LES EMPIRES CENTRAUX

Pertes humaines austro-allemandes

Bien que victorieuses au départ (bataille de Caporetto), les armées impériales ont subi d’immenses pertes d’usure en se heurtant à la défense acharnée du Piave et du mont Grappa.

Leurs pertes combinées s’élèvent à environ 21 000 soldats (tués, blessés, disparus ou malades) et plusieurs dizaines de milliers d’hommes exténués, ralentissant définitivement l’élan de leur offensive avant l’hiver. Les lignes de ravitaillement des Empires Centraux étaient trop étirées après leur avancée rapide de 100 km depuis l’Isonzo.

Pertes matérielles austro-allemandes

Lors de cette phase, ce sont principalement les Italiens qui subissent un désastre matériel titanesque à la suite de leur retraite depuis Caporetto. L’armée austro-allemande, alors en pleine offensive, a néanmoins vu ses ressources diminuer de façon critique, avec l’épuisement logistique et matériel de son armement et de son ravitaillement.

L’allongement démesuré des lignes de ravitaillement à travers les montagnes frioulanes a provoqué une pénurie généralisée d’obus et de cartouches pour l’artillerie de la XIVème armée d’Otto von Below.

Le manque de carburant, de pièces de rechange pour les camions, et l’épuisement des chevaux de trait, ont cloué au sol, dans la boue et le froid de la fin d’année 1917, une grande partie du soutien logistique impérial.

D’autre part, l’utilisation intensive des canons depuis le début de l’offensive en octobre, a entraîné l’usure précoce des tubes, rendant de nombreuses pièces inutilisables, sans possibilité de remplacement immédiat.

L’ARMEMENT DE LA REGIO ESERCITO

Lors de la bataille d’ « Arresto » (fin 1917) et des combats ultérieurs sur le Piave, l’armement utilisé par l’armée royale italienne (« Regio Esercito ») se compose du matériel réglementaire standard et d’innovations lourdes, conçues pour stopper l’invasion austro-allemande. L’Italie a déployé un arsenal hétéroclite, combinant armes de fortune, équipements de pointe et artillerie lourde.

 

L’ARMEMENT INDIVIDUEL DU FANTASSIN :

 

Fusil Carcano modèle 1891 : L’arme standard du fantassin en calibre 6,5 × 52 mm.

LE FUSIL « CARCANO M 91 »

« Carcano » est le nom d’une série de fusils militaires italiens à verrou. Les fusils et carabines « Carcano » furent utilisés par les Forces armées italiennes de la fin du XIXème siècle jusqu’au milieu du XXème siècle.

Ils furent employés durant la guerre italo-turque, la Première Guerre mondiale, la Seconde guerre italo-éthiopienne, et au cours de la seconde Guerre mondiale, par les soldats du royaume d’Italie, de la République sociale italienne, et par les forces éthiopiennes en 1940-1941.

Apparu en 1891, ce fusil était d’un calibre 6,5 × 52mm. Il avait été développé en 1890 par Salvatore Carcano, à l’arsenal militaire de Turin, sous l’appellation Modèle 91 (M91), et fut produit de 1891 à 1941. Le M91 équipa la majorité des troupes italiennes pendant la Première Guerre mondiale.

Le plus célèbre modèle de Mannlicher-Carcano est le fusil M 91/38 en 6,5 × 52 mm, désigné par la commission Warren comme étant l’arme avec laquelle Lee Harvey Oswald assassina le président Kennedy à Dallas, le 22 novembre 1963. Oswald avait acheté le fusil par correspondance, pour un montant de 21,95 $, en même temps qu’un revolver.

– Pistolet-mitrailleur Villar Perosa, modèle 1915 : première arme de ce type au monde. Conçu initialement pour l’aviation, son immense cadence de tir (1 200 coups/min) a été cruciale pour faucher les vagues d’assaut ennemies dans les tranchées du Piave.

Pistolet-mitrailleur Villar Perosa modèle 1915

– Mousqueton automatique Beretta, modèle 1918 : développé à la fin de la bataille, à partir du mécanisme de la « Villar Perosa », pour devenir un véritable pistolet-mitrailleur d’épaule.

Mousqueton automatique Beretta Modèle 1918

– Poignards et grenades : les corps d’élite Arditi ont mené des contre-attaques féroces au corps à corps avec le poignard « Pugnale » et la grenade « Thevenot ».

Armes prises à l’ennemi : utilisation massive de fusils autrichiens « Mannlicher » capturés.

– Armes de poing : révolvers « Bodeo » modèle 1889, et pistolets automatiques « Glisenti » Modèle 1910.

– Mitrailleuses lourdes : « Fiat-Revelli » modèle 1914, sujette aux enrayages à cause de son système de lubrification par huile.

– Mitrailleuses importées : apport massif de mitrailleuses « Maxim » et « Vickers » par les Alliés français et britanniques.

LES INNOVATIONS TACTIQUES :

Les Corps d’élite formés par des unités de choc (les « Arditi ») ont joué un rôle clé sur le Piave, avec un armement adapté au corps-à-corps.

– Arme blanche : le célèbre poignard de combat, forgé à partir des baïonnettes raccourcies du fusil modèle 1891.

– Feu continu : pistolet-mitrailleur double « Villar Perosa » modèle 1915 (9 mm), souvent équipé d’un bouclier frontal.

– Explosifs : grenades à main à percussion « Thevenot », et grenades incendiaires à forte puissance.

L’ARTILLERIE ET LA DÉFENSE LOURDE

– Artillerie de marine sur pontons : Ayant perdu la majorité de ses pièces de campagne à Caporetto, l’Italie installe, dans le delta du Piave, de puissants canons de marine sur des barges et pontons armés (pontoni armati) pour pilonner les lignes autrichiennes.

– Canons antiaériens de 75/27 CK : montés sur camions « Itala », ces canons initialement antiaériens ont été massivement utilisés en tir tendu direct contre l’infanterie pour briser les assauts.

Canons antiaériens de 75-27 modèle 06

– Bombardes de tranchée : utilisation intensive de bombardes lourdes (comme le type Dumezil de 58 mm) pour saturer les zones de franchissement du fleuve.

– Mitrailleuses Fiat-Revelli, modèle 1914 : l’arme automatique lourde standard (calibre 6,5 mm) refroidie par eau, essentielle pour verrouiller les points de passage fortifiés.

L’ARTILLERIE ET LA DÉFENSE LOURDE SUR LE PIAVE

 Ayant perdu la majeure partie de son artillerie à Caporetto (plus de 3 000 pièces), l’Italie a dû improviser sur le plan lourd.

Sur cette photographie, une position anti-aérienne autrichienne sur les rives du Piave

– Artillerie de fortune : réutilisation de vieux canons de forteresse et de canons de marine montés sur affûts de fortune.

– Batteries flottantes : déploiement sur le delta du Piave de pontons armés de canons de gros calibre de la « Marine Royale » (« Regia Marina »).

– Soutien allié : arrivée d’artillerie lourde française (canons de 155 mm) et britannique pour combler les trous.

– Blindés : apparition des premières automitrailleuses « Lancia Ansaldo IZ » pour verrouiller les routes d’accès.

– Blindés : le char d’assaut FIAT 2000.

LE CHAR D’ASSAUT FIAT 2000

Le char d’assaut FIAT 2000

Un colosse italien qui avait plusieurs années d’avance sur son temps. Lorsque l’on évoque les chars de la Première Guerre mondiale, les noms des Mark I britanniques, du Schneider CA1, du Saint-Chamond M1 ou M2 français ou du Renault FT 17, viennent immédiatement à l’esprit. Pourtant, l’Italie aussi a développé un blindé particulièrement innovant : le Fiat 2000. Véritable mastodonte pour son époque, ce char affichait plusieurs nouveautés qui annonçaient déjà les blindés modernes ; mais il arriva trop tard pour influencer le cours de la guerre.

Le développement du Fiat 2000 débute en 1917, alors que les premiers modèles de char d’assaut Britanniques et Français ont démontré leur énorme potentiel sur le champ de bataille. Les ingénieurs de FIAT optent pour un engin totalement différent, ne voulant pas copier les modèles existants. Ils imaginent un véhicule entièrement nouveau, beaucoup plus puissant et mieux protégé que la plupart de ses contemporains.

Avec un poids d’environ 40 tonnes, le Fiat 2000 est l’un des chars les plus lourds de la Première Guerre mondiale. Il faut une dizaine d’hommes d’équipage pour faire fonctionner un engin aussi complexe qu’impressionnant.

Le char d’assaut FIAT 2000

– Longueur : 7,40 m.

– Largeur : 3,10 m.

– Hauteur : 3,80 m. Son blindage est considérable pour l’époque ; il est capable de résister à la plupart des armes légères et aux éclats d’obus.

– Blindage : 20 à 30mm.

– Moteur : Fiat type A12, essence.

– Puissance : 240 ch.

– Suspension : Ressorts à lames.

– Vitesse sur route : 15 km/h.

– Puissance massique : 6 ch/tonne.

– Autonomie : 80 km. La nouveauté la plus remarquable réside dans sa tourelle rotative. Contrairement aux chars britanniques (dont les canons sont flanqués dans des tourelles latérales limitant leur champ de tir), le Fiat 2000 possède une véritable tourelle montée au sommet de la caisse, armée d’un canon de 65mm. Celui-ci peut tirer sur des cibles dans toutes les directions, sans avoir à manœuvrer l’ensemble du véhicule. Cette disposition deviendra, quelques décennies plus tard, la norme pour tous les chars de combat.

Le char d’assaut FIAT 2000

Son armement est complété par sept mitrailleuses Fiat-Revelli 1914 calibre 6,5 mm, réparties sur toute la circonférence de l’engin afin de tirer dans toutes les directions. Cette puissance de feu fait du Fiat 2000 une véritable forteresse mobile, capable de soutenir efficacement l’infanterie.

Mais cette puissance a un revers : son poids très élevé limite sa manœuvrabilité. Son moteur peine à déplacer l’engin sur les champs de bataille. En outre, son encombrement rend difficile son transport et son emploi tactique. Lorsque les premiers prototypes sont prêts, la guerre est presque terminée.

Seuls deux exemplaires de prototypes sont finalement construits : le premier en 1917 et le second en 1918. Le Fiat 2000 a été défini comme le char possédant la conception la plus avancée de l’époque. Après l’armistice de 1918, la nécessité de produire un char aussi coûteux disparaît rapidement. L’un des exemplaires sera toutefois utilisé en Libye, au début des années 1920, lors des opérations coloniales italiennes, où il va démontrer une certaine efficacité face à des adversaires démunis et faiblement équipés.  

Le Fiat 2000 ne connaîtra jamais de production en série, mais il occupera une place de choix dans l’histoire des blindés. Sa tourelle entièrement rotative, son puissant armement et sa conception générale annoncent plusieurs caractéristiques qui deviendront standards dans les décennies suivantes. De nombreux historiens considèrent aujourd’hui que ce char était technologiquement en avance sur son temps, même si les limites des moteurs et de la logistique de l’époque empêchèrent son véritable développement.

Le Fiat 2000 demeure ainsi l’un des projets les plus audacieux de la Première Guerre mondiale : un char gigantesque, innovant et visionnaire, dont le potentiel ne put jamais être pleinement exploité, mais qui témoigne du savoir-faire des ingénieurs italiens au moment où naissait l’arme blindée moderne.

Texte traduit de l’Italien et arrangé pour une meilleure lecture

LA REGIA MARINA « MAS »

Vedette lance torpilles de la marine royale

Pendant la Première Guerre Mondiale, la célèbre vedette lance-torpilles de la « Regia Marina » est le « MAS » (acronyme de « Motoscafo Armato Silurante » ou « Motobarca Armata SVAN »). Cette petite embarcation rapide en bois a marqué l’histoire navale de 1918 grâce à des actions d’éclat audacieuses contre la marine austro-hongroise.

Motorisation et propulsion hybride

Les « MAS » utilisaient un système de motorisation double très novateur pour l’époque, séparant la pleine vitesse et l’approche furtive :

Moteurs principaux (thermiques) : 2 moteurs à essence « Isotta Fraschini L56 », développant un total de 450 à 500 chevaux.

Moteurs auxiliaires (électriques) : 2 moteurs électriques « Rognini » de 10 chevaux. Ils servaient aux phases d’infiltration de nuit pour naviguer en silence complet, sans bruit de moteur ni sillage visible.

Transmission : 2 lignes d’arbres à hélices.

Caractéristiques principales des MAS de 1918

Vedette lance torpilles de la marine royale

Rôle : attaque rapide côtière, et embuscade contre les gros navires de ligne ennemis.

Propulsion : moteurs essence puissants, leur permettant d’atteindre de bonnes vitesses pour l’époque (souvent autour de 20 à 25 nœuds ou plus, selon les versions tardives).

Armement : deux torpilles latérales, et parfois des charges de profondeur ou des mitrailleuses légères.

Torpilles de la marine royale

Coque : légère, effilée, construite en bois pour privilégier la maniabilité.

Performances

Vitesse maximale (moteurs essence) : 21 à 24 nœuds (environ 38 à 44 km/h).

Vitesse d’approche (moteurs électriques) : 4 nœuds au maximum.

Armement et équipage

Armement principal : 2 torpilles de 450 mm (17,7 pouces), montées sur des pinces ou berceaux latéraux largables à bras oscillants.

Torpilles de la marine royale

Armement secondaire : 1 à 3 mitrailleuses Colt ou Fiat de calibre 6,5 mm, pour la défense antiaérienne et à courte portée. Certains modèles emportaient également de petites charges de profondeur contre les sous-marins.

Équipage : 8 à 10 hommes (généralement 1 officier et 7 à 9 marins).

Faits marquants en 1918

– Le torpillage du « Szent István » (10 juin 1918) : les vedettes MAS 15 et MAS 21, commandées notamment par le capitaine de corvette Luigi Rizzo, attaquent et coulent le cuirassé dreadnought austro-hongrois « Szent István », au large de l’île de Premuda.

Szent István

L’attaque de Pula (1er novembre 1918) : deux officiers de la « Regia Marina » pilotent une « mignatta » (une torpille modifiée/artisanale) pour s’infiltrer dans la base ennemie de Pula et couler le cuirassé « SMS Viribus Unitis ».

LA « MIGNATTA »

Ce sous-marin de poche fut conçu d’après la torpille humaine « mignatta » (« sangsue »), créée par l’ingénieur et militaire italien Raffaele Rossetti, durant la Première Guerre Mondiale.

                                       BORGHINO GIOVANNI, UN PIÉMONTAIS SUR LE PIAVE…

ORDRE DE VITTORIO VENETO

 

Ci-dessus, à gauche : le diplôme de mon Grand-Père Giovani (Jean) Borghino (1894-1982)

L’« Ordre de Vittorio Veneto » est créé en mars 1968, en même temps que la Médaille d’Or en Souvenir de la Guerre 1915-1918, pour le 50ème anniversaire de la victoire. Son nom rappelle la grande offensive victorieuse d’octobre 1918 qui allait sceller le sort de la guerre sur ce front.

Il est décerné à tous les anciens combattants de la Première Guerre mondiale encore vivants, ayant servi au moins 6 mois et décorés de la Croix du Mérite de Guerre. L’attribution de cet « ordre » fut étendue aux anciens combattants de l’armée austro-hongroise devenus italiens après les modifications de frontière qui ont suivi la Première Guerre mondiale.

La Croix du Mérite de Guerre (Croce al Merito di Guerra) : l’attribution de l’Ordre de Vittorio Veneto était conditionnée par l’obtention préalable d’une croix en métal bruni, décernée pour sa participation active aux combats dans des zones particulièrement exposées (comme la Bataille d’Ortigara).

Mon grand-père Giovanni Borghino et ma grand-mère, son épouse née Domenica Miretti

Mes grands-parents dans les années 1960/70

Giovanni Borghino et Domenica, son épouse, née Miretti

Je n’ai jamais pu retrouver la ou les Croix en métal bruni de mon Grand-Père.

Lire :

Giovanni, un piémontais sur le Piave

– la Bataille d’Ortigara

Sources :

Mes photos

Photos publiques Facebook

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_du_Piave

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Vittorio_Veneto

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Caporetto

https://fr.wikipedia.org/wiki/Batailles_de_l’Isonzo

https://fr.wikipedia.org/wiki/Isonzo

https://www.italia.it/fr/venetie/le-plateau-dasiago

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_du_Mont_Ortigara

https://fr.wikipedia.org/wiki/Offensive_du_Trentin

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mont_Ortigara

https://fr.wikipedia.org/wiki/Onzi%C3%A8me_bataille_de_l’Isonzo

https://fr.wikipedia.org/wiki/Char_Fiat_2000

Donnez votre avis sur l'article

commentaire(s)

Ecrit par le .

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge