Charlemagne, roi des Lombards
LES CAROLINGIENS
CHARLEMAGNE, ROI DES LOMBARDS
LA PRISE DE PAVIE
EN BREF….
Les territoires cédés au Saint-Siège par Pépin le Bref (la donation de Pépin) sont menacés par le roi des Lombards, Didier. Le pape Hadrien Ier appelle Charlemagne à son secours.
Celui-ci franchit les Alpes et, après un siège long de dix-neuf mois, s’empare de Pavie.
Le 5 juin, il y sera couronné roi des Lombards.
Après deux expéditions victorieuses, en 754 et en 756, Pépin le Bref offre au Saint-Siège, par la « donation de Pépin », les gains territoriaux acquis lors de ses campagnes militaires. Ainsi, il scelle solidement, et pour des siècles, l’alliance de la royauté franque avec la papauté.
De toutes les guerres que Charlemagne a entreprises, celles contre les Lombards sont les plus importantes par leurs conséquences politiques.
En se substituant ainsi à l’empire romain d’Orient en tant que protecteur de la papauté, il affiche clairement le lien qui rattache intimement sa conduite à celle de son père, Pépin le Bref.
L’alliance avec la papauté s’avère impérative, non seulement dans l’intérêt du royaume franc, mais dans celui du roi des Francs lui-même. Pépin le Bref avait espéré, à la fin de son règne, un arrangement pacifique avec les Lombards. Son fils, Charles, épousera même Désirée de Lombardie (en latin « Desiderata », dite aussi « Ermengarde »), la fille de leur roi Didier, un mariage inutile car les Lombards continueront de menacer Rome.
Lire : Pépin le Bref libère Rome des Lombards.
Les Lombards représentent un ancien peuple germanique qui serait originaire de Scandinavie méridionale. Au Ier siècle, ce peuple traverse la Baltique et s’installe sur les rives de l’Elbe, où il s’intègre aux Germains régionaux. Il migre au Vème siècle sur les rives du moyen-Danube, en Pannonie, où il commence à se convertir au Christianisme sous ses deux formes de l’époque (arienne et nicéenne). En 568, sous la direction du roi Alboïn, il migre de Pannonie vers l’Italie (alors sous influence romaine byzantine). Les Lombards s’emparent alors de la plus grande partie de la péninsule, dont ils resteront maîtres jusqu’en 774, lorsqu’ils seront vaincus par Charlemagne. Le peuple lombard donnera son nom actuel à la province italienne située autour de Milan : la Lombardie.
Les tendances expansionnistes de Didier, le roi des Lombards, inquiètent au plus haut point ses voisins. En effet, ce dernier refuse de reconnaître la « Donation de Pépin » faite au Saint-Père par Pépin le Bref.
Au VIIIème siècle, ses troupes se rendent maîtres de l’exarchat de Ravenne et de la Pentapole, et envahissent le Duché romain. Rome, qui fait barrage à leurs velléités expansionnistes territoriales, les considère comme une sérieuse menace pour la papauté.
La Pentapole (dite Pentapole byzantine) est un duché italien de l’empire byzantin qui regroupe les villes d’Ancône, Fano, Pesaro, Rimini et Senigallia.
Les avant-gardes de l’armée de Didier approchent dangereusement de la ville éternelle et menacent de l’investir.
Pris de panique, le pape Hadrien Ier s’empresse d’envoyer auprès de Charlemagne son émissaire, Pierre. Celui-ci lui rappelle ses devoirs envers Rome : n’est-il pas devenu le « protecteur légitime et le défenseur » des Romains depuis qu’Etienne II lui a donné l’onction royale et attribué le patriciat ?
En outre, Gerberge, la veuve de son frère Carloman, est venue se réfugier auprès de son père Didier, le roi des Lombards. Ce dernier a l’intention de faire sacrer rois ses petits-fils, nés de l’union de sa fille avec Carloman. Charlemagne est convaincu qu’il lui est impossible de réaliser une alliance avec Didier. D’ailleurs, celui-ci ne cesse d’intriguer contre lui.
De plus, le roi des Francs a répudié une autre des filles du roi Didier, Ermengarde, dite aussi « Désirée de Lombardie », qu’il avait épousée à l’instigation de sa mère, Berthe au grand pied.
PAVIE, UN SIÈGE QUI S’ÉTERNISE
L’armée lombarde jouit d’une grande renommée ; elle est disciplinée, bien organisée, bien équipée, et a une excellente cavalerie.
Avisé, Charlemagne accorde son soutien à l’émissaire du Saint-Père Hadrien Ier. Tout d’abord il dépêche trois messagers en Italie, et offre à Didier quatorze mille sous d’or si celui-ci lève le siège de Rome, et s’il restitue les cités conquises. Mais en vain ; rien ne peut contraindre le « cœur très farouche » du monarque lombard.
En septembre 773, le roi des Francs se décide, et après avoir franchi les Alpes à la tête des deux armées, il parvient devant Pavie. Réfugié à l’intérieur de la cité, Didier est encerclé « avec son entourage et une foule de Lombards ». Il n’a plus qu’une seule solution : entreprendre et organiser la résistance à l’envahisseur franc.
Cependant, la capitale lombarde est connue pour être imprenable ; aussi le roi des Francs opte-t-il pour mettre un siège et un blocus total.
Entre temps, il se détourne de Pavie pour se diriger, avec ses troupes d’élite, sur Vérone, où se trouvent Adalgise (prince lombard d’Italie, fils du dernier roi des Lombards Desiderius ; « Didier » en français), ainsi que la famille de Carloman (le frère défunt de Charlemagne). La cité de Vérone est prise, Gerberge se rend, alors que Adalgise parvient in extrémis à prendre la fuite.
A PAVIE LE SIÈGE N’EN FINIT PAS…
Pendant ce temps, à Pavie, le siège s’éternise. Charlemagne passe les fêtes de Noël sous les remparts de la cité. Sur place, il dirige la conquête des villes situées au Nord du Pô, et achève ainsi celle de la Lombardie.
Mais Pavie résiste toujours… Les assiégés sont affamés et atteints de maladies, et au sein de la population le soulèvement commence à se faire sentir.
Enfin, début juin, le roi Didier capitule. Il sort de la ville avec son épouse la reine Ansa, et appelle son vainqueur à la clémence.
Mais le roi des Francs est excédé de toutes ses trahisons. Il déchoit Didier de tous ses titres et ses droits, et pénètre à son tour dans Pavie avec sa nouvelle épouse, la reine Hildegarde. Une fois installé dans le palais lombard, il partage le trésor avec ses troupes.
CHARLEMAGNE, ROI DES LOMBARDS
Le 5 juin 774, Charlemagne devient roi des Lombards. La royauté qui, depuis des siècles, domine l’Italie, échoit à un nouveau monarque.
Il faut souligner la grandeur d’âme du vainqueur franc qui, « alors qu’il aurait pu tout détruire, se montra clément et indulgent, laissa aux Lombards leurs lois et pardonna à ceux qui avaient trahis ».
Le puissant royaume de Lombardie a vécu. Aldagise s’est réfugié dans l’Empire Byzantin, et Didier et son épouse Ansa sont cloîtrés dans le monastère de Corbie. Le roi déchu y mourra « dans les veilles, les oraisons, les jeûnes, et en faisant beaucoup de bonnes œuvres ».
A la mort de celui-ci, sa veuve, la reine déchue Ansa, aura la permission de retourner en Italie.
SARCOPHAGES CAROLINGIENS
– Lire : La Chapelle Notre-Dame de la Gayole
En 1964, à Cornillon-Confoux (Bouches du Rhône), en creusant un nouvel accès au cimetière, neuf sarcophages d’une nécropole paléochrétienne (Vème, VIIème siècle) furent mis au jour, ainsi que dix-huit autres en 1971.
Lire : Cornillon-Confoux
Sources :
Les rois de France des Éditions Atlas (Les Carolingiens).
Photos publiques Facebook
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlemagne
https://fr.vikidia.org/wiki/Arm%C3%A9e_carolingienne