Jean-Baptiste Kléber

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LES GUERRES DE VENDÉE

 

Drapeau de l'Armée Catholique et royale de Vendée

Drapeau de l’Armée Catholique et royale de Vendée

 

Jean-Baptiste KLEBER

(1753-1800)

 

Jean Baptiste Kléber

Jean Baptiste Kléber

 

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INTRODUCTION

Les insurgés vendéens, sans préparation, sans expérience des armes, se sont tout de suite préoccupés de se choisir des chefs, des meneurs. Ces paysans sont armés de fourches et de faux, mais ils sont déterminés et euphoriques. Ces masses disparates, qui sont prêtes à en découdre avec l’ennemi, se rassemblent spontanément autour de leurs leaders. A leur corps défendant, ces derniers auront toutes les peines du monde à conduire ces milliers d’hommes qui décident, une fois la bataille terminée, de s’en retourner dans leurs foyers. Accumulant les succès dès le début, cette armée prend le nom d’ « Armée catholique et royale ». Elle est forte d’environ 40 000 hommes indisciplinés et sans expérience du métier des armes. Face à elle, l’armée républicaine compte entre 40 000 et 70 000 soldats, les « Bleus » (nommés ainsi en raison de la couleur de l’uniforme républicain). Pour la grande majorité d’entre eux, ce sont des volontaires provenant des quatre coins du pays et qui ne semblent pas avoir plus de pratique militaire que leurs adversaires. Consciente du péril qui menace dans l’Ouest, et qui secoue la jeune république, la Convention dépêche en Vendée 100 000 hommes, dont les redoutables « Mayençais ». Ces forces sont placées sous les ordres des généraux Jean-Baptiste Kléber et Nicolas Haxo. Autant de faits inquiétants qui laissent entrapercevoir le génocide du peuple vendéen qui se profile irrémédiablement …

Lire : Des origines à l’étincelle.

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Le 1er août 1793, la Convention ordonne par décret la destruction et l’incendie de la Vendée en état d’insurrection. La triste besogne est confiée au général François Westermann.

La Convention décrète… Article premier : le ministre de la guerre donnera sur-le-champ les ordres nécessaires pour que la garnison de Mayence soit transportée en poste en Vendée ; il sera envoyé par le ministre de la guerre des matières combustibles de toute espèce, pour incendier les bois, les taillis et les genêts… Les femmes, les enfants et les vieillards, seront conduits dans l’intérieur ; il sera pourvu à leur subsistance et à leur sûreté, avec tous les égards dus à l’humanité… Les biens des rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la République.

(Extrait du décret de la convention nationale du 1er août 1793, A.D.V., 52J4).

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Jean-Baptiste KLEBER

(1753-1800)

 

Jean Baptiste Kléber

Jean Baptiste Kléber

 

NAISSANCE

Jean-Baptiste Kléber naît le 9 mars 1753 à Strasbourg. Il meurt assassiné le 14 juin 1800 au Caire, en Égypte, à l’âge de 47 ans.

Jean Baptiste Kléber

Jean Baptiste Kléber

FAMILLE

Il est le fils de Jean-Nicolas Kléber (1700-1756), et de Reine Bogart (1726-1791). Orphelin de père dès son plus jeune âge (3 ans), il est élevé par son père adoptif Jean-Martin Burger. Ce dernier, entrepreneur charpentier à Strasbourg, va lui apprendre les rudiments de l’art de la construction et lui fournir une excellente éducation.

JEUNESSE

– Jean-Martin Burger envoie le jeune Kléber faire des études au gymnase Jean-Sturm de Strasbourg ;  il y apprend le dessin et les mathématiques.

– En 1769, il s’engage une première fois dans l’armée (1er régiment de hussards) ; il n’a que 16 ans.

– En 1770, sa mère le rappelle à Strasbourg pour qu’il reprenne ses études.

– Jusqu’en 1771, Jean-Baptiste étudie à l’école de dessin pour les arts et métiers. Puis il œuvre sur les chantiers du cardinal de Rohan (celui de l’affaire du collier).

– De 1772 à 1774, il fait son apprentissage dans l’atelier de l’architecte Jean-François Chalgrin à Paris.

– Deux ans plus tard, faute de moyens, on retrouve Kléber de retour à Strasbourg.

– En 1777, Kléber reprend du service, et s’engage dans l’armée bavaroise comme cadet à l’académie militaire de Munich.

– Le 1er octobre 1777, il intègre le célèbre régiment d’infanterie de Kaunitz dans l’armée autrichienne ; il a le grade de privat-cadet.

– Le 19 novembre suivant, il est nommé porte-enseigne.

L’ARCHITECTE

– Le 1er avril 1779, Jean-Baptiste est nommé sous-lieutenant ; ce sera sa dernière nomination dans l’armée autrichienne. Le jeune Kléber sait que ses origines modestes ne lui permettront pas de gravir encore des échelons dans la hiérarchie. A cette époque, seuls les fils issus de la noblesse peuvent prétendre accéder aux grades supérieurs dans le métier des armes. Alors, il renonce pour l’instant à sa carrière militaire, et s’en retourne à la vie civile dès 1783.

– Le 15 octobre 1784, à son retour à Strasbourg, son demi-frère François Martin Burger le fait nommer inspecteur des bâtiments publics à Belfort.

– De 1785 à 1787, il dessine les plans de construction d’un hôpital pour la ville de Thann, l’ancien bâtiment étant devenu obsolète. Pendant les travaux, l’édifice prendra une autre affectation et deviendra l’hôtel de ville de Thann. Kléber construit également le château de Grandvillars, et la maison  des chanoinesses de Masevaux.

LE MILITAIRE

– En 1792,  le virus militaire le prend à nouveau. Jean-Baptiste Kléber s’engage dans le 4ème bataillon des volontaires du Haut-Rhin, où il est promu lieutenant-colonel.

– En 1793, ses compétences en architecture, complétées par celles du métier des armes, lui permettent de s’illustrer lors de la défense de la forteresse de Mayence assiégée. Malgré son comportement héroïque, la place forte capitulera le 23 juillet.

– Le 6 septembre 1793, l’armée vaincue, conduite par Kléber, arrive à Nantes.

– Après la défaite, il est promu général de brigade, et à la tête des troupes de Mayence, il est envoyé en Vendée pour y réprimer l’insurrection royaliste.

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PRINCIPAUX CHEFS HISTORIQUES VENDÉENS :

  1. Jacques Cathelineau (1759-1793).
  2. Maurice Gigost d’Elbée (né en 1752-fusillé le 9 janvier1794).
  3. Charles de Bonchamps (1760-1793).
  4. François Athanase Charette de La Contrie (né en 1763-fusillé le 29 mars 1796).
  5. Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein (1772-1794).
  6. Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure (1766-1793).
  7. Jean-Nicolas Stofflet (né en 1753-fusillé le 25 février 1796).
  8. Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont (né en 1765-guillotiné le 27 janvier1794).
  9. Gaspard Augustin René Bernard de Marigny (1754-1794).

 

 

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PRINCIPAUX COMMANDANTS RÉPUBLICAINS :

  1. Jean Baptiste Camille de Canclaux (1740-1817).
  2. Jean-Michel Beysser (né en 1753- guillotiné le 13 avril 1794).
  3. Jean François Berruyer (1741-1804).
  4. Armand-Louis Gontaut, duc de Biron (né en 1747-guillotiné le 31 décembre 1793).
  5. Alexis François Chalbos (1736-1803).
  6. Jean-Baptiste Kléber (1753-1800).
  7. François Séverin Marceau-Desgraviers (1769-1796).
  8. François Nicolas Benoit Haxo (1749-1794).
  9. François-Joseph Westermann (né en 1751- guillotiné le 5 avril 1794).
  10. Antoine-Joseph Santerre (1752-1809).
  11. Louis Marie Turreau de Lignières, dit Turreau de Garambouville (1756-1816).
  12. Louis Lazare Hoche (1768-1797).

 

 

 

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FAITS D’ARMES ET PARTICIPATION

AUX BATAILLES

 

1793

SOUS LA RÉVOLUTION

Du 10 avril au 23 juillet : Siège de Mayence.

Victoire et prise de la ville par les armées coalisées autrichiennes et prussiennes, commandées par Friedrich Adolf von Kalckreuth (1737-1818), Frédéric-Guillaume II (1744-1797) et Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick (1735-1806), face à l’armée française placée sous les ordres des généraux Pierre-François-Ignace Ervoil d’Oyré (1739-1799), Alexandre François Marie, vicomte de Beauharnais (né en 1760 mort guillotiné le 23 juillet 1794), Jean-Baptiste Kléber, et Jean Baptiste Annibal Aubert du Bayet (1757-1797).

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1793

EN VENDÉE

MARS

– Du 2 au 4 : premières émeutes à Cholet (Maine-et-Loire).

– Le 10 mars : Insurrection à Machecoul.

Des « braises » à Machecoul ! La Vendée est en ébullition. Le 24 février, la Convention décrète la levée en masse d’hommes valides pour aller faire la guerre aux frontières de l’Est. C’est ce facteur déclenchant qui va mettre le feu aux poudres dans toute la région. Lorsque les patriotes, vêtus de bleus, viennent à Machecoul pour assurer leur mission et procéder au tirage au sort, la population, furieuse, les reçoit à coup de fourches. L’émeute se transforme rapidement en un combat entre paysans et représentants républicains de la Convention (les « Bleus »). En quelques jours les rebellions vont s’enchaîner, et plusieurs villages tels que Chemillé, Saint-Florent-le-Vieil, ou encore Tiffauges, s’insurgent. Déjà les premiers morts tombent, lynchés par la furia populaire.

SEPTEMBRE

– Le 19 : bataille de Torfou-Tiffauges.

Victoire des forces de l’Armée catholique et royale commandée par les généraux d’Elbée, Lescure, Charrette de La Contrie, Charles Augustin de Royrand (1731-1793) et Charles de Bonchamps, face à l’armée républicaine placée sous les ordres des généraux Jean-Baptiste Kléber, Louis Antoine Vimeux (1737-1814), Boüin de Marigny (1766-1793), Jean Baptiste Camille de Canclaux, et Jean Baptiste Annibal Aubert du Bayet (1757-1797).

 

Bataille de Torfou Tiffauges

Bataille de Torfou Tiffauges

VIRÉE DE GALERNE

(Du 18 octobre au 23 décembre 1793)

 

OCTOBRE

– Le 17 : 2ème Bataille de Cholet.

Déroute des « Blancs » de l’Armée catholique et royale commandée par les généraux d’Elbée, La Rochejaquelein, Royrand (1731-1793), Bernard de Marigny, François Jean Hervé Lyrot (1732-1793) et  Piron de La Varenne (1755-1794), face à l’Armée républicaine placée sous les ordres des généraux Jean Léchelle (1760-1793), Jean-Baptiste Kléber, Marceau-Desgraviers, Michel de  Beaupuy (1755-1796), Nicolas Haxo, Louis Antoine Vimeux (1737-1814), Marc Scherb (1747-1838),  Antoine Bard (1759-1837), Alexis Chalbos, François Muller (1764-1808), et François-Joseph Westermann.

Les chefs vendéens Maurice Gigost d’Elbée et Charles de Bonchamps seront grièvement blessés lors de la bataille.

– Les « Blancs » reculent sur Beaupréau.

Défaite à Cholet ! Presque sept mois jour pour jour, après avoir été victorieux le 14 mars à Cholet, les vendéens essuient dans la même ville une cuisante défaite. La cité est reconquise par des Républicains en surnombre. La défaite se transforme vite en débâcle et 30 000 Vendéens, suivis de leurs familles, refluent à quarante kilomètres au nord de Cholet pour franchir la Loire. Dans la soirée et la nuit du 18 au 19 octobre, ils seront entre 60 000 et 100 000 à traverser le grand fleuve pour se diriger vers la Bretagne. Commence alors la « Virée de Galerne» (définition celte d’un vent de nord-ouest). Le but avoué des « Blancs » est de faire la jonction avec les Chouans et de se diriger sur Granville en passant par Laval. Là ils attendront, dans le port normand, la flotte anglaise promise et les renforts tant espérés.

– Le 18 : entre 60 000 à 100 000 Vendéens passent la Loire. Mort de Bonchamps.

– Le 20 : début de la « Virée de Galerne ». Henri de La Rochejaquelein est nommé général en chef en remplacement de Maurice Gigost d’Elbée, blessé le 17 lors de la bataille de Cholet.

– Le 27 : bataille d’Entrammes.

 

Bataille d'Entrammes

Bataille d’Entrammes

Victoire de l’Armée vendéenne et chouanne, les « Blancs », commandée par les chefs Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet, Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont, Bernard de Marigny, Charles de Royrand (1731-1793), et Jean Chouan (1757-1794), face à l’armée républicaine des « Bleus », placée sous les ordres des généraux républicains Jean Léchelle (1760-1793), Jean-Baptiste Kléber, Michel de  Beaupuy (1755-1796), François-Joseph Westermann, Alexis Chalbos, François Muller (1764-1808), Louis Thévenet dit Danican (1764-1848), et Louis Blosse (né en 1753-1793, mort au cours de la bataille). 

Jean Chouan

Jean Chouan

NOVEMBRE

– Du 20 au 22 : bataille de Dol.

Victoire de l’Armée vendéenne, sous les ordres des généraux Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet, Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont, et Henri Forestier (1775-1806), face à l’armée républicaine commandée par les généraux  Jean-Antoine Rossignol (1759-1802), Marceau-Desgravier, François-Joseph Westermann, Jean-Baptiste Kléber, François Muller (1764-1808) et Boüin de Marigny (1766-1793).

– Le 28 : Louis Marie Turreau remplace Jean Léchelle (1760-1793).

 DÉCEMBRE

Du 12 au 13 : bataille du Mans.

Victoire décisive de l’armée républicaine commandée par Marceau-Desgravier, Jean-Baptiste Kléber, François-Joseph Westermann, François Muller (1764-1808), Jacques Louis François de Tilly (1749-1822), Henri-Pierre Delaage (1766-1840), et François Carpantier (1751-1813), face aux forces vendéennes et chouannes placées sous les ordres des chefs Henri de La Rochejaquelein, Stofflet, Antoine-Philippe de la Trémoille, Henri Forestier (1775-1806), Bernard de Marigny, François Jean Hervé Lyrot (1732-1793), et Charles de Beaumont d’Autichamp (1770-1859).

 

Bataille du Mans

Bataille du Mans

– Le 23 : massacres de Savenay. C’est la fin de la « Virée de Galerne ».

Les rescapés de l’Armée royale catholique sont exterminés à Savenay par la « fureur meurtrière » des « Bleus » républicains. Seuls 4 à 5000 survivants réussissent à traverser la Loire, avec à leur tête Henri de La Rochejaquelein et Jean-Nicolas Stofflet. La « virée de Galerne » est terminée.

Savenay, un rendez-vous avec la mort. La défaite du Mans entraîne une débâcle des restes de l’armée des « Blancs ». Entre 15 à 20 000 rescapés de la « Virée de Galerne » essaient par tous les moyens de rentrer dans leurs foyers. Mais leurs ennuis ne sont pas terminés : ils doivent franchir un écueil important, la Loire. L’armée républicaine, commandée par Kléber, Marceau et Westermann, est à leurs trousses. Les Royalistes sont bientôt rejoints à Savenay, près de Nantes. Les ordres des « Bleus » sont précis : ils doivent exterminer tous les contre-révolutionnaires qu’ils trouveront sur leur chemin. Le massacre est sans précédent ; on dénombrera environ 15 000 corps vendéens jonchant le sol ensanglanté de Savenay et des terres environnantes. Seuls 4000 hommes arrivent à prendre la fuite et à échapper au carnage. Ainsi prend fin la période des grandes batailles de Vendée, mais la guerre n’est pas pour autant finie. Ce qui va suivre sera particulièrement atroce, avec les exactions des « colonnes infernales de Turreau » qui vont affronter les forces de Charrette et de Stofflet dans un combat d’anéantissement.

Pertes vendéennes à Savenay :

– Entre 3000 et 7000 morts au combat ou exécutés sommairement. On dénombrera avant la bataille entre 4000 et 6000 non-combattants (blessés, femmes, enfants…)

– 662 prisonniers seront fusillés, 1679 femmes et enfants prisonniers seront exécutés lors des fusillades et noyades de Nantes.

Pertes républicaines à Savenay:

– On dénombrera 30 morts et 200 blesses.

Lettre adressée au Comité de Salut Public par François-Joseph Westermann, appelé « le boucher des Vendéens » :

« Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m’aviez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les sabots des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. (…) Mes hussards ont tous à la queue de leurs chevaux des lambeaux d’étendards brigands. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que, sur plusieurs endroits, ils font pyramides. On fusille sans cesse à Savenay, car à chaque instant il arrive des brigands qui prétendent se rendre prisonniers. Kléber et Marceau ne sont pas là. Nous ne faisons pas de prisonniers, il faudrait leur donner le pain de la liberté et la pitié n’est pas révolutionnaire. »

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Lors de la bataille du Mans et à Savenay, Marceau-Desgraviers et Jean-Baptiste Kléber tenteront de juguler la fureur assassine des soldats républicains ; mais en vain. Ils en seront scandalisés !

Dans ses Mémoires Jean-Baptiste Kléber écrira : « On traverse Savenay, chaque colonne prend une direction différente à la poursuite des rebelles. Le carnage devient horrible. On ne voit partout que des piles de cadavres. Une grande partie va se noyer dans le marais de Montoir, le reste se jette dans les bois où bientôt, ils sont découverts, tués ou faits prisonniers. Équipages, canons, ornements d’églises, papiers relatifs à leur administration, tout tombe en notre pouvoir et, pour cette fois, la défaite de l’ennemi rend sa destruction certaine. On envoie alors des patrouilles d’infanterie ou de cavalerie dans tous les villages des environs. Quelques-uns sont occupés par des Brigands, on veut parlementer avec eux, mais ils répondent par des coups de fusil, et un adjoint de l’état-major, en leur portant des paroles de paix, en fut blessé. Aussitôt on fait un feu roulant sur eux et tous ils périrent. Des milliers de prisonniers de tout âge et de tout sexe sont successivement arrêtés et conduits sur les derrières. Les représentants du peuple les firent juger par des tribunaux révolutionnaires, et la France, l’Europe entière, connaissent toutes les atrocités qu’on a exercé sur ces misérables. La ville de Nantes a particulièrement servi de théâtre à ces scènes sanglantes et inouïes, que ma plume se refuse de décrire … »

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Après le massacre de Savenay et le départ de Marceau-Desgraviers, Jean-Baptiste Kléber prend le commandement par intérim de l’armée de l’Ouest. Il ne sera remplacé qu’en janvier par Louis Marie Turreau. Il tente alors de s’opposer aux « colonnes infernales » de ce dernier, en proposant d’instaurer à la place un plan d’occupation militaire de la Vendée ; mais celui-ci sera refusé. Kléber combattra les Chouans en Bretagne jusqu’en mai 1794, puis il abandonnera définitivement l’armée de l’Ouest pour intégrer l’armée du Nord.

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1794

PREMIÈRE COALITION

Le 26 juin : Bataille de Fleurus.

 

Bataille de Fleurus

Bataille de Fleurus

Victoire de l’armée française commandée par les généraux Jean-Baptiste Kléber, Jean-Baptiste Jourdan (1762-1833), et Jean Etienne Championnet (1762-1800), face aux armées coalisées du Saint Empire, des Provinces-Unies, du Royaume-Uni et de l’Electorat de Hanovre, placées sous les ordres de Frédéric Josias de Saxe-Cobourg-Saalfeld, (1737-1815) et de Jean-Pierre de Beaulieu (1725-1819).

 

 

 

1795

– Le 29 octobre : blocus de la forteresse de Mayence.

Défaite des forces françaises commandées par les généraux François Ignace Schaal (1747-1833), Antoine Merlin de Thionville (1762-1833), Jean-Baptiste Kléber et François Séverin Marceau-Desgravier, face aux forces coalisées placées sous les ordres du feld-maréchal du Saint-Empire,  François Sébastien de Croix de Clerfayt (1733-1798).

 

 CAMPAGNE D’ÉGYPTE

Lire : la Campagne d’Égypte.

Lire : la bataille des Pyramides.

Lire : la bataille navale d’Aboukir.

Lire : la bataille d’Aboukir.

1798

Le 2 juillet : Prise d’Alexandrie.

Victoire de l’armée française commandée par Napoléon Bonaparte, face aux forces ottomanes placées sous les ordres de Koraim Pacha. Kléber occupe le centre du dispositif d’attaque ; il sera blessé à la tête durant la bataille.

1799

EXPÉDITION DE SYRIE

Le 9 septembre 1798, la Turquie déclare la guerre à la France. Dès le début de 1799, afin d’anticiper les intentions belliqueuses du sultan qui a réuni une armée, Bonaparte entre en Syrie à la tête de ses troupes.

– Du 8 au 19 février : siège de d’El Arish.

Victoire de l’armée française commandée par Napoléon Bonaparte, face aux forces ottomanes placées sous les ordres d’Abadallah Pacha. Le 20 février, le fort d’El Arich est pris. Le 12, la division Kléber arrive à El Arich et commence le blocus du fort.

– Le 16 avril : bataille du Mont-Thabor.

Bataille du Mont Thabor

Bataille du Mont Thabor

Victoire de l’armée française commandée par Napoléon Bonaparte et Jean-Baptiste Kléber, face aux forces ottomanes placées sous les ordres d’Abadallah Pacha.

– Du 20 mars au 21 mai : siège de Saint-Jean-d’Acre.

Défaite de l’armée française commandée par Napoléon Bonaparte, face aux forces ottomanes et britanniques commandées par Djezzar Pacha (1708-1804), William Sidney Smith (1764-1840) et Antoine Le Picard de Phélippeaux (1767-1799). Jean-Baptiste Kléber est au centre des combats.

– Le 17 mai, à Saint-Jean d’Acre, la résistance des assiégés est telle que la situation des assiégeants devient intenable ; Bonaparte doit se décider à lever le siège et retourner en Égypte. Les Français, dont les troupes sont décimées par la peste (600 soldats périssent durant la campagne), font retraite.

– Le 22 août 1799, Napoléon Bonaparte s’embarque pour la France, après avoir transmis le commandement de l’armée au général Jean-Baptiste Kléber.

1800

– Le 24 janvier, Jean-Baptiste Kléber conclut, avec l’amiral britannique William Sidney Smith (1764-1840), la Convention d’El Arish. Elle prévoit un départ honorable des troupes françaises restantes sur le sol égyptien. Mais l’amiral George Keith Elphinstone (1746-1823) ne respecte pas les accords et demande aux français de déposer les armes.

Kléber s’adresse alors à ses soldats et dit : « On ne répond à une telle insolence que par des victoires ; soldats, préparez-vous à combattre ».

– Le 20 mars : bataille d’Héliopolis.

Kléber à Héliopolis

Kléber à Héliopolis

Victoire de l’armée française commandée par Jean-Baptiste Kléber, Jean-Louis-Ébénézer Reynier (1771-1814), et Louis Friant (1758-1829).

 

LE GÉNÉRAL ASSASSINE

Kléber reconquiert alors la Haute-Égypte et réprime une révolte au Caire. Pendant un court instant, il est devenu l’homme fort, et semble déterminé à diriger le pays d’une main ferme. Mais le 14 juin, il est tué d’un coup de poignard dans le cœur par un étudiant syrien, Soleyman ben Mouhammad Amine el-Halaby (1777-1800).

Le commandement est alors repris par le rival de Kléber, le général Jacques-François de Menou, baron de Boussay (1750-1810).

Jacques de Menou de Boussay

Jacques de Menou de Boussay

La dépouille de Jean-Baptiste Kléber fut rapportée à Marseille et oubliée dans le château d’If. Ce n’est qu’en 1818 que Louis XVIII ordonnera de la faire transférer à Strasbourg dans sa ville natale.

Statue du général Kleber à Strasbourg

Statue du général Kleber à Strasbourg

Ses restes reposent dans un caveau dressé au milieu de la place d’armes. Le 14 juin 1840, 40 ans jour pour jour après sa mort, la ville de Strasbourg et la France entière inaugureront, à sa mémoire, une statue en bronze à son effigie.

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