Les guerres de Vendée – Henri du Vergier de La Rochejaquelein

                                                                                                                 

 

LES GUERRES DE VENDÉE

 

HENRI DU VERGIER DE

LA ROCHEJAQUELEIN

(1772-1794)

 

Blason de la Famille La Rochejaquelein

Blason de la Famille La Rochejaquelein

 

S’opposant à l’ardeur vengeresse de ses hommes qui veulent faire subir à l’ennemi la loi du talion ; il dit : « Si vous agissez comme ceux qui font le mal où est la bonne cause ? »  Henri du Vergier de La Rochejaquelein.

 

Henri de la Rochejacquelein

Henri de la Rochejacquelein

« Si j’avance, suivez-moi, si je recule, tuez-moi, si je meurs, vengez-moi ». Henri du Vergier de La Rochejaquelein

 

Drapeau de l'Armée Catholique et Royale de Vendée

Drapeau de l’Armée Catholique et Royale de Vendée

 

INTRODUCTION

Les insurgés vendéens, sans préparation, sans expérience des armes, se sont tout de suite préoccupés de se choisir des chefs, des meneurs. C’est ainsi que des hommes tels que Cathelineau et Stofflet, issus des couches populaires, font leur apparition sur la scène vendéenne. Mais pour les guider, ce sont avant tout des seigneurs, anciens militaires et généraux, que les paysans du bocage et du pays de Loire sont allés chercher dans leur gentilhommière. Ces commandants de la première heure vont se comporter avec bravoure, et s’illustrer avec panache sur tout le théâtre du conflit, jusqu’à la mort. Nonobstant, ils vont faillir par leur esprit d’indépendance démesuré, par leur inaptitude à trouver un accord au-delà d’un événement, et par de nombreuses insuffisances sur le terrain. Exceptés peut-être Bonchamps, Royrand et Marigny, tous ne possédaient pas les tactiques et les stratégies nécessaires pour mener au combat des masses d’hommes qui venaient se rassembler spontanément autour d’eux. A leur corps défendant, il n’était certes pas facile de conduire des milliers de paysans qui s’en retournaient chez eux une fois la bataille terminée. De toute évidence, la Vendée a souffert de l’absence d’un véritable chef, à la fois militaire et politique. Il lui fallait un coordinateur sachant organiser ses troupes, fixer les orientations, et exploiter les victoires afin d’en tirer le meilleur profit. Il lui manquait un prince de sang, un Condé.

 

NAISSANCE

Henri du Vergier de La Rochejaquelein naît le 30 août 1772 à la Durbelière, un magnifique château médiéval dans la paroisse de Saint-Aubin-de-Baubigné, non loin de Chatillon-sur-Sèvre La Rochejaqelein(Deux Sèvres). Il meurt au combat à Nuaillé le 28 janvier 1794. Lorsque ce jeune général entre de plain pied dans l’Histoire, il n’a que 21 ans. Fidèle à ses convictions, courageux et impétueux, il fera constamment montre d’un grand dévouement. Il demeure aujourd’hui le plus jeune général vendéen, et incontestablement le plus aimé.

 

 

ORIGINES ET FAMILLES

Henri du Vergier de La Rochejaquelein est le fils d’Henri, Louis, Auguste du Vergier, marquis de La Rochejaquelein,  et de Constance de Caumont d’Ade (1749-1798).

Dieu le roi

Dieu le roi

SES FRÈRES ET SŒURS

1 – Constance du Vergier de La Rochejaquelein (1770-1827).

2 – Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein (1772-1794).

3 – Anne du Vergier de La Rochejaquelein (1774-1852).

4 – Louis du Vergier, marquis de La Rochejaquelein (1777-1815).

5 – Louise du Vergier de La Rochejaquelein (1780-1862).

6 – Auguste du Vergier de La Rochejaquelein (1784-1868).

7 – Lucie du Vergier de La Rochejaquelein (1788-1862).

 

JEUNESSE

Henri est issu d’une famille de militaires : son père, le marquis de La Rochejaquelein, est colonel du régiment de Royal-Pologne-Cavalerie. Le jeune Henri décide de suivre ses traces. Il entre très jeune à l’école de Sorrèze (Tarn), où il fait ses premières armes ; il en sortira à l’âge de seize ans. Lorsque son père choisit de quitter l’armée, il entre dans un régiment de chasseurs.

En 1789, quand la Révolution éclate, le jeune Henri n’a alors que seize ans. Dès lors, sa famille, guidée par la peur des révolutionnaires, décide de quitter le pays et d’aller émigrer aux Antilles, à Saint Domingue, dans ses plantations. Henri ne les suit pas et choisit de rester. Lors de la vague d’émigration de la noblesse de France, le père d’Henri, maréchal des camps et armées de Louis XVI, décide de rejoindre les frères du roi en exil.

En novembre 1791, il est dans les rangs de la Garde constitutionnelle du roi. Et le 10 août 1792, lors de l’attaque des Tuileries, il se bat aux côtés de son cousin Lescure, et défend au mieux le roi ; mais sans succès.

Prise des Tuileries

Prise des Tuileries

Mais Paris est devenu un piège mortel quand on est noble et royaliste ! Il décide donc de rentrer chez lui à la Durbelière. Là, isolé, il se sent traqué ; ses sympathies royalistes le contraignent à se cacher. Son cousin Lescure lui ayant offert l’hospitalité, il le rejoint à Clisson (Loire-Inférieure). Tous deux, à peu près du même âge, sont animés par les mêmes pensées, ont les mêmes intérêts ; ils souhaitent secrètement contribuer au retour de la monarchie qui a été fortement secouée par la Révolution.

Mais ses hôtes, Mme Lescure, le Marquis de Donissan, Marigny et le chevalier d’Essarts, sont arrêtés comme suspects et écroués à la prison de Bressuire. Le jeune Henri parvient in-extrémis à éviter les gardes républicains et retourne chez lui dans les  Deux-Sèvres.  Il y passe quelques mois à l’abri, jusqu’à ce que survienne le décret de la Convention sur la levée en masse.

LES DÉBUTS DE  L’INSURRECTION

Henri, découragé, s’en retourne dans une de ses métairies. Là, il s’habille en paysan, garde des bestiaux et essaie de se faire oublier. Aux yeux des Républicains patriotes il représente le suspect idéal. En effet, n’est-il pas fils d’émigré ? Son frère cadet Louis, lui aussi émigré, a rejoint l’armée de Condé et a lui-même défendu le roi.

Mme de Lescure qui, en seconde noces, deviendra Mme Louis de La Rochejaquelein, le décrit ainsi : « Un garçon de haute taille, cinq pieds, sept pouces six lignes (1 mètre 80), extrêmement mince et svelte… Il n’avait pas de jolis traits… Son teint est blanc, pâle, son air timide, sa physionomie très douce et très noble… Chevelure abondante, les yeux bleus… On disait qu’il avait un regard d’aigle… »

Il n’apprendra que par des bribes et des bruits vagues le soulèvement du 10 mars 1793 à Machecoul.

Des « braises » à Machecoul ! La Vendée est en ébullition. Le 24 février, la Convention décrète la levée en masse d’hommes valides pour aller faire la guerre aux frontières de l’Est. C’est ce facteur déclenchant qui va mettre le feu aux poudres dans toute la région. Lorsque les patriotes, vêtus de bleus, viennent à Machecoul pour assurer leur mission et procéder au tirage au sort, la population, furieuse, les reçoit à coup de fourches. L’émeute se transforme rapidement en un combat entre paysans et représentants républicains de la Convention (les « Bleus »). En quelques jours les rebellions vont s’enchaîner, et plusieurs villages tels que Chemillé, Saint-Florent-le-Vieil, ou encore Tiffauges, s’insurgent. Déjà les premiers morts tombent, lynchés par la furia populaire.

Le 13 avril, un mois après les événements de Machecoul, la conscription parvient à Chatillon. Le jeune Henri (21 ans) est sollicité par les 4000 paysans des paroisses environnantes à la Durbelière. Tous sont en quête de se trouver un chef.  Et « monsieur Henri », qui est un peu leur seigneur, semble être l’homme de la situation pour bouter ces « infâmes » Républicains hors de chez eux.

Témoignage de Mme de La Rochejaquelein, sa belle-sœur posthume : « Il ne balança pas, et se déclara leur chef. Dans la nuit, les paroisses des Aubiers, de Saint-Aubin, des Echaubroignes, des Cerqueux, d’Izernay, etc, envoyèrent leurs hommes et le monde promis se trouva à peu près complet. Mais les pauvres gens n’avaient pour armes que des bâtons, des faux, des broches : il n’y avait pas en tout deux cents fusils, encore c’étaient de mauvais fusils de chasse. Henri avait découvert soixante livres de poudre chez un maçon qui en avait fait emplette pour faire sauter des rochers : ce fut un trésor !

Monsieur de La Rochejaquelein parut le matin à la tête des paysans et leur dit ces propres paroles : « Mes amis, si mon père était ici, vous auriez confiance en lui. Pour moi, je ne suis qu’un enfant (rappelons qu’il a vingt ans) mais par mon courage je me montrerai digne de vous commander. Si j’avance, suivez-moi ; si je recule, tuez-moi ; si je meurs, vengez-moi. »

Dieu le roi

Dieu le roi

PRINCIPAUX CHEFS HISTORIQUES VENDÉENS :

  1. Jacques Cathelineau (1759-1793).
  2. Maurice Gigost d’Elbée (né en 1752- fusillé le 9 janvier1794).
  3. Charles de Bonchamps (1760-1793).
  4. François Athanase Charette de La Contrie (né en 1763- fusillé le 29 mars 1796).
  5. Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein (1772-1794).
  6. Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure (1766-1793).
  7. Jean-Nicolas Stofflet (né en 1753- fusillé le 25 février 1796).
  8. Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont (né en 1765-guillotiné le 27 janvier1794).
  9. Gaspard Augustin René Bernard de Marigny (1754-1794).

 

 

Dieu le roi

Dieu le roi

PRINCIPAUX COMMANDANTS RÉPUBLICAINS :

  1. Jean Baptiste Camille de Canclaux (1740-1817).
  2. Jean-Michel Beysser (né en 1753- guillotiné le 13 avril 1794).
  3. Jean François Berruyer (1741-1804).
  4. Armand-Louis Gontaut, duc de Biron (né en 1747-guillotiné le 31 décembre 1793).
  5. Alexis François Chalbos (1736-1803).
  6. Jean-Baptiste Kléber (1753-1800).
  7. François Séverin Marceau-Desgraviers (1769-1796).
  8. François Nicolas Benoit Haxo (1749-1794).
  9. François-Joseph Westermann (né en 1751- guillotiné le 5 avril 1794).
  10. Antoine-Joseph Santerre (1752-1809).
  11. Louis Marie Turreau de Lignières, dit Turreau de Garambouville (1756-1816).
  12. Louis Lazare Hoche (1768-1797).

 

 

 

 

 

 

FAITS D’ARMES ET PARTICIPATION

AUX BATAILLES

 

Dieu le roi

Dieu le roi

 

1793

 

AVRIL

– Le 13 : bataille des Aubiers.

Victoire des troupes vendéennes placées sous les ordres d’Henri de La Rochejaquelein, face aux forces républicaines commandées par le général Pierre Quétineau (né en 1756, mort guillotiné le 16 mars 1794).

Henri de La Rochejaquelein

Henri de La Rochejaquelein

– Le 19 : bataille de Vezins.

Victoire des forces vendéennes placées sous les ordres de Maurice Gigost d’Elbée, de Charles de Bonchamps, de Jacques Cathelineau, et d’Henri de La Rochejaquelein, face aux troupes républicaines commandées par François Leigonyer (1740-1807).

 

MAI

– Le 5 : prise de Thouars.

Victoire des « Blancs » commandés par Jacques Cathelineau, Charles de Bonchamps, Henri de La Rochejaquelein, et Louis de Lescure. La ville était défendue par l’armée des « Bleus » de Pierre Quétineau (né en 1756-guillotiné le 17 mars 1794). Les villes de Bressuire et de Parthenay sont investies par les Vendéens.

 

Chute de Thouars ! En avançant le long de la Loire, les insurgés vendéens passent près d’Angers, mais progressent aussi plus au sud, et le 5 mai s’emparent de Thouars. Puis, le 25 mai, ce sera au tour de Fontenay-le- Comte de chuter. Mais leur marche en avant vers l’est a atteint son point extrême et l’Armée Catholique Royale ne franchira guère la ligne Saumur-Thouars-Parthenay.

– Le 13 : bataille de la Châtaigneraie.

Victoire des forces vendéennes placées sous les ordres de Maurice Gigost d’Elbée, de Louis de Lescure, de Jacques Cathelineau, d’Henri de La Rochejaquelein, et de Jean-Nicolas Stofflet, face à l’armée républicaine commandée par le général Alexis François Chalbos.

– Le 16 : 1ère bataille de Fontenay le Comte.

Victoire républicaine du général révolutionnaire Alexis François Chalbos, face à l’armée insurgée des « Blancs » commandée par Jacques Cathelineau, La Rochejaquelein, Lescure, d’Elbée, Stofflet, et Gaspard de Marigny.

– le 25 : 2ème bataille de Fontenay le Comte. La rébellion, partie des Mauges, se répand dans le sud de l’actuelle Vendée. La ville de Fontenay le Comte, commune d’importance dans la région, est prise par les « Blancs ».

Victoire des Vendéens, commandés par Lescure, Jacques Cathelineau, La Rochejaquelein, Stofflet et Gaspard de Marigny, face aux forces républicaines placées sous les ordres des généraux républicains Alexis François Chalbos et  Jean-Baptiste Nouvion (1753-1825).

Fontenay le Comte

Fontenay le Comte

 

JUIN

– Le 7 : bataille de Doué.

Début juin les forces Vendéennes lancent une offensive sur Saumur. Sur leur itinéraire ils s’emparent de Doué-la-Fontaine et Montreuil- Bellay.

Victoire des forces vendéennes, placées sous les ordres des généraux Jacques Cathelineau, La Rochejaquelein, Lescure, Stofflet, Jacques-Nicolas de Fleuriot de La Freulière (1738-1824), Jean-Baptiste-Louis-Étienne de Dommaigné (1749-1793) et Gaspard de Marigny, face aux troupes républicaines (les Bleus), placées sous les ordres de François Leigonyer (1740-1807).  

 

Jean-Louis de Dommaigné

Jean-Louis de Dommaigné

Chute de Saumur ! Le 9 juin, l’armée des « Blancs » s’empare de Saumur. C’est alors qu’il est décidé de franchir la Loire. Jusqu’alors, la marche en avant des insurgés vendéens avait eu pour limite le nord du grand fleuve, alors qu’au sud elle avait atteint Fontenay-le-Comte. Les chefs délibèrent alors : est-il préférable de prolonger leur contrôle sur tout l’Ouest, ou bien faut-il remonter le cours de la Loire en direction de Tours, puis marcher sur Paris ? Finalement, ce sera Nantes ! Mais si Angers tombera sans trop de difficultés, il n’en sera pas de même pour Nantes, qui s’accrochera solidement et résistera aux Vendéens.

– Le 9 : bataille de Saumur. La ville est prise d’assaut par les forces vendéennes de l’Armée catholique et royale.

Victoire des forces vendéennes, les « Blancs », commandées par Jacques Cathelineau, La Rochejaquelein, Lescure, Stofflet, Jacques-Nicolas de Fleuriot de La Freulière (1738-1824), Jean-Baptiste-Louis-Étienne de Dommaigné (1749-1793) et Gaspard de Marigny, face aux troupes républicaines placées sous les ordres des généraux républicains « Bleus » de Jacques-François de Menou, baron de Boussay (1750-1810), Charles François Duhoux d’Hauterive (1736-1799), Antoine-Joseph Santerre (1752-1809), Louis-Alexandre Berthier (1753-1815), et Guy Coustard de Saint-Lo (1752-1825).

– Le 12 : Jacques Cathelineau est élu premier généralissime des insurgés vendéens.

Jacques Cathelineau généralissime ! L’Armée vendéenne, qui est devenue « Armée catholique et royale », se donne comme chef Jacques Cathelineau. Avec ce général à son image, simple colporteur et sacristain de Pin-en-Mauges, le soulèvement vendéen va commencer par une succession de victoires. Désormais nanti du titre de « généralissime », Cathelineau va organiser ses forces avec, à ses côtés, des militaires nobles tels que La Rochejaquelein, François Athanase Charette de La Contrie ou Maurice Gigost d’Elbée.

JUILLET

Le 19 : l’armée nomme d’Elbée généralissime ; on attendait Charles de Bonchamps et c’est d’Elbée qui est élu. Aussitôt, il quadrille la Vendée en quatre divisions. Chacune a son territoire et son chef.

DIVISION GÉNÉRAL ADJOINT
L’Anjou Charles de Bonchamps Charles-Marie d’Autichamp
Le Poitou Louis-Marie Lescure La Rochejaquelein
Le Centre Charles de Royrand Chevalier de Cumont
La Basse Vendée Guy Joseph de Donissan Charrette de La Contrie

 

– Le 3 : bataille de Moulin-aux-Chèvres.

Victoire des forces républicaines placées sous les ordres de François-Joseph Westermann, face aux troupes vendéennes commandées par La Rochejaquelein, Lescure et Stofflet.

– Le 5 : bataille de Châtillon.

Victoire des forces vendéennes, les « Blancs », commandées par La Rochejaquelein, Lescure, Stofflet, Gaspard de Marigny, et Bonchamps, face à l’armée républicaine placée sous les ordres de François-Joseph Westermann.

– Le 15 : bataille de Martigné-Briand.

Victoire de l’armée républicaine placée sous les ordres de Jacques Marguerite Pilotte de La Barollière (1746-1827), face aux forces vendéennes commandées par La Rochejaquelein, Lescure, Gaspard de Marigny, et Bonchamps.

Jacques Marguerite Pilotte de La Barollière (1746-1827), était un général de la Révolution et de l’Empire. Le 16 octobre 1803, il fut le 1er à recevoir la légion d’honneur par Napoléon 1er.

Tous mes remerciements à Monsieur Daniel Pilotte de La Barollière pour m’avoir fourni ces précieuses informations concernant son aïeul.

– Le 30 : 2ème bataille de Luçon.

Victoire des forces républicaines commandées par le général Augustin Tuncq (1746-1800), face aux troupes vendéennes placées sous les ordres des chefs La Rochejaquelein, d’Elbée, Lescure, Antoine-Philippe de la Trémoille et Charles Augustin de Royrand (1731-1793).

Bataillon carré Républicain au combat à Luçon

Bataillon carré Républicain au combat à Luçon

AOÛT

– Le 14 : 3ème bataille de Luçon.

Défaite des forces vendéennes placées sous les ordres des chefs La Rochejaquelein, d’Elbée, Lescure,  Gaspard de Marigny, Jean-Baptiste Joly (né en 1750 ou 1760-mort en 1796), Charrette de La Contrie, Antoine-Philippe de la Trémoille et Charles Augustin de Royrand (1731-1793).

SEPTEMBRE

Après la victoire de Chantonnay, d’Elbée est reconduit comme généralissime. Il n’obtient pas toutes les faveurs de ses condisciples mais reste cependant le chef de l’armée. Il procède à un nouveau remaniement de ses forces.

DIVISION GÉNÉRAL
L’Anjou et le Poitou Maurice Gigost d’Elbée
Pays de Retz et Marais François Athanase Charrette de La Contrie
De la Loire à Saumur Charles de Bonchamps
Les Mauges Henri du Vergier de La Rochejaquelein
Le Nord Deux-Sèvres Louis-Marie de Salgues Lescure
Le bocage vendéen Charles de Royrand
La cavalerie Antoine Philippe de la Trémoile,Talmont
Major général Jean-Nicolas Stofflet

 

OCTOBRE

La Rochejaquelein est un chef courageux, fougueux et plein d’audace. Il deviendra le généralissime des forces armées vendéennes en octobre 1793 ; ses hommes le surnommeront l’ « intrépide ». Il donne sans compter de sa personne, bataille toujours en premières lignes, et brave le danger inutilement. Lors des conseils d’état-major, il demeure silencieux et s’endort parfois. Quand on l’accuse de ne point participer aux décisions de l’assemblée, il répond :

« Pourquoi veut-on que je sois un général ? Je ne veux être qu’un hussard pour avoir le plaisir de me battre ».

– Le 9 : 2ème bataille de Moulin-aux-Chèvres.

Victoire de l’armée républicaine placée sous les ordres des généraux Alexis François Chalbos, François-Joseph Westermann, François Chambon (né en 1744- mort au cours de la bataille), et François Muller (1764-1808), face aux forces vendéennes commandées par La Rochejaquelein, Lescure, et Stofflet.

Bataille de Moulin aux Chèvres

Bataille de Moulin aux Chèvres

– Le 11 : 2ème bataille de Châtillon.

Bataille indécise entre les forces républicaines commandées par les généraux Alexis François Chalbos, François-Joseph Westermann, François Muller (1764-1808) et René François Lecomte (né en 1764- blessé au cours de la bataille. Il mourra des suites de ses blessures le 15 à Bressuire), face aux troupes vendéennes placées sous les ordres de La Rochejaquelein, Lescure, Stofflet, et Bonchamps.

 

Bataille de Châtillon

Bataille de Châtillon

– Le 17 : 2ème Bataille de Cholet.

Déroute des « Blancs » de l’Armée catholique et royale commandée par les généraux d’Elbée, La Rochejaquelein, Royrand (1731-1793), Bernard de Marigny, François Jean Hervé Lyrot (1732-1793) et  Piron de La Varenne (1755-1794), face à l’Armée républicaine placée sous les ordres des généraux Jean Léchelle (1760-1793), Jean-Baptiste Kléber, Marceau-Desgraviers, Michel de  Beaupuy (1755-1796), Nicolas Haxo, Louis Antoine Vimeux (1737-1814), Marc Scherb (1747-1838),  Antoine Bard (1759-1837), Alexis Chalbos, François Muller (1764-1808), et François-Joseph Westermann.

Les chefs vendéens Maurice Gigost d’Elbée et Charles de Bonchamps seront grièvement blessés lors de la bataille.

– Les « Blancs » reculent sur Beaupréau.

Défaite à Cholet ! Presque sept mois jour pour jour, après avoir été victorieux le 14 mars à Cholet, les vendéens essuient dans la même ville une cuisante défaite. La cité est reconquise par des Républicains en surnombre. La défaite se transforme vite en débâcle et 30 000 Vendéens, suivis de leurs familles, refluent à quarante kilomètres au nord de Cholet pour franchir la Loire. Dans la soirée et la nuit du 18 au 19 octobre, ils seront entre 60 000 et 100 000 à traverser le grand fleuve pour se diriger vers la Bretagne. Commence alors la « Virée de Galerne» (définition celte d’un vent de nord-ouest). Le but avoué des « Blancs » est de faire la jonction avec les Chouans et de se diriger sur Granville en passant par Laval. Là ils attendront, dans le port normand, la flotte anglaise promise et les renforts tant espérés.

– Le 18 : entre 60 000 à 100 000 Vendéens passent la Loire. Mort de Bonchamps.

– Le 20 : début de la « Virée de Galerne ». Henri de La Rochejaquelein est nommé général en chef en remplacement de Maurice Gigost d’Elbée, blessé le 17 lors de la bataille de Cholet.

– Le 21 : les « Blancs » s’emparent de Château-Gontier.

– Le 22 : bataille de Laval.

Victoire des forces vendéennes commandées par La Rochejaquelein face aux troupes républicaines menées par le général François-Joseph Alexandre Letourneur (1769-1842).

– Le 23 : les « Blancs » s’emparent de Laval. Les Chouans rejoignent les Vendéens.

– Du 24 au 25 : bataille de Croix-Bataille.

Victoire des forces vendéennes et chouannes commandées par  La Rochejaquelein, face à l’armée républicaine placée sous les ordres de François-Joseph Westermann et d’Armand-Michel Bacharetie de Beaupuy (1755-1796).

Michel Bacharetie de Beaupuy

Michel Bacharetie de Beaupuy

– Le 27 : bataille d’Entrammes.

 

Bataille d'Entrammes

Bataille d’Entrammes

Victoire de l’Armée vendéenne et chouanne, les « Blancs », commandée par les chefs Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet, Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont, Bernard de Marigny, Charles de Royrand (1731-1793), et Jean Chouan (1757-1794), face à l’armée républicaine des « Bleus », placée sous les ordres des généraux républicains Jean Léchelle (1760-1793), Jean-Baptiste Kléber, Michel de  Beaupuy (1755-1796), François-Joseph Westermann, Alexis Chalbos, François Muller (1764-1808), Louis Thévenet dit Danican (1764-1848), et Louis Blosse (né en 1753-1793, mort au cours de la bataille). 

Jean Chouan

Jean Chouan

NOVEMBRE

– Le 2 : bataille d’Ernée.

Victoire des forces vendéennes et chouannes placées sous les ordres d’Henri de La Rochejaquelein et de Jean-Nicolas Stofflet, face aux troupes républicaines dirigées par l’adjudant général Simon-Pierre Brière.

– Le 3 : bataille de Fougères.

Victoire de l’armée vendéenne et chouanne placée sous les ordres des chefs La Rochejaquelein, Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont et Jean-Nicolas Stofflet, face aux forces républicaines dirigées par l’adjudant général Simon-Pierre Brière.

Bataille de Fougères

Bataille de Fougères

– Les 13 et 14 : siège de Granville.

Échec des forces royalistes, les « Blancs », commandées par Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet, face aux troupes républicaines placées sous les ordres d’André Pacifique Peyre (1743-1796), et François Vachot (1767-1796).

Granville, un point de non retour ! Désorganisés et en plein doute, les Vendéens, malgré leur surnombre, demeurent impuissants à s’emparer de Granville. Or, la prise du port normand s’avère vitale. Elle représente l’aboutissement de la « Virée de Galerne », et doit permettre à la marine britannique de débarquer pour leur apporter aide et renforts. Mais les Anglais tardent à arriver. Dès lors, pour les Vendéens, la Virée de Galerne va tourner au cauchemar.

– Le 16 ont lieu les premières noyades de Nantes.

– Le 18 : bataille de Pontorson.

Victoire des forces vendéennes et chouannes commandées par La Rochejaquelein, face à l’armée républicaine placée sous les ordres du général Auguste Joseph Tribout (1766-1834).

– Du 20 au 22 : bataille de Dol.

Victoire de l’Armée vendéenne, sous les ordres des généraux Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet, Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont, et Henri Forestier (1775-1806), face à l’armée républicaine commandée par les généraux  Jean-Antoine Rossignol (1759-1802), Marceau-Desgravier, François-Joseph Westermann, Jean-Baptiste Kléber, François Muller (1764-1808) et Boüin de Marigny (1766-1793).

– Le 28 : Louis Marie Turreau remplace Jean Léchelle (1760-1793).

DÉCEMBRE

– Le 3 : bataille d’Angers.

Défaite des forces royalistes commandées par les chefs Henri de La Rochejaquelein  et Jean-Nicolas Stofflet, face à l’armée républicaine placée sous les ordres des généraux Louis Thévenet, dit Danican (1764-1848), Jean-Pierre Boucret (1764-1820), Michel de  Beaupuy (1755-1796), et Boüin de Marigny (né en 1766, mort lors du siège de la ville, frappé par un boulet de canon).

– Le 5 : mort de Charles de Royrand (1731-1793).

– Du 8 au 11 : bataille de la Flèche.

Victoire de l’armée républicaine commandée par Louis François Jean Chabot (1757-1837), face aux troupes vendéennes et chouannes placées sous les ordres d’Henri de La Rochejaquelein  et de Piron de La Varenne (1755-1794).

Louis François Jean Chabot

Louis François Jean Chabot

Du 12 au 13 : bataille du Mans.

Victoire décisive de l’armée républicaine commandée par Marceau-Desgravier, Jean-Baptiste Kléber, François-Joseph Westermann, François Muller (1764-1808), Jacques Louis François de Tilly (1749-1822), Henri-Pierre Delaage (1766-1840), François Carpantier (1751-1813), face aux forces vendéennes et chouannes placées sous les ordres des chefs Henri de La Rochejaquelein , Stofflet, Antoine-Philippe de la Trémoille, Henri Forestier (1775-1806), Bernard de Marigny, François Jean Hervé Lyrot (1732-1793), Charles de Beaumont, d’Autichamp (1770-1859).

 

Bataille du Mans

Bataille du Mans

– Le 23 : massacres de Savenay. C’est la fin de la « Virée de Galerne ».

Les rescapés de l’Armée royale catholique sont exterminés à Savenay par la « fureur meurtrière » des « Bleus » républicains. Seuls 4 à 5000 survivants réussissent à traverser la Loire, avec à leur tête Henri de La Rochejaquelein et Jean-Nicolas Stofflet. La « virée de Galerne » est terminée.

Savenay, un rendez-vous avec la mort. La défaite du Mans entraîne une débâcle des restes de l’armée des « Blancs ». Entre 15 à 20 000 rescapés de la « Virée de Galerne » essaient par tous les moyens de rentrer dans leurs foyers. Mais leurs ennuis ne sont pas terminés : ils doivent franchir un écueil important, la Loire. L’armée républicaine, commandée par Kléber, Marceau et Westermann, est à leurs trousses. Les Royalistes sont bientôt rejoints à Savenay, près de Nantes. Les ordres des « Bleus » sont précis : ils doivent exterminer tous les contre-révolutionnaires qu’ils trouveront sur leur chemin. Le massacre est sans précédent ; on dénombrera environ 15 000 corps vendéens jonchant le sol ensanglanté de Savenay et des terres environnantes. Seuls 4000 hommes arrivent à prendre la fuite et à échapper au carnage. Ainsi prend fin la période des grandes batailles de Vendée, mais la guerre n’est pas pour autant finie. Ce qui va suivre sera particulièrement atroce, avec les exactions des « colonnes infernales de Turreau » qui vont affronter les forces de Charrette et de Stofflet dans un combat d’anéantissement.

Pertes vendéennes à Savenay :

– Entre 3000 et 7000 morts au combat ou exécutés sommairement. On dénombrera avant la bataille entre 4000 et 6000 non-combattants (blessés, femmes, enfants…)

– 662 prisonniers seront fusillés, 1679 femmes et enfants prisonniers seront exécutés lors des fusillades et noyades de Nantes.

Pertes républicaines à Savenay:

– On dénombrera 30 morts et 200 blesses.

Lettre adressée au Comité de Salut Public par François-Joseph Westermann, appelé « le boucher des Vendéens » :

« Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m’aviez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les sabots des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. (…) Mes hussards ont tous à la queue de leurs chevaux des lambeaux d’étendards brigands. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que, sur plusieurs endroits, ils font pyramides. On fusille sans cesse à Savenay, car à chaque instant il arrive des brigands qui prétendent se rendre prisonniers. Kléber et Marceau ne sont pas là. Nous ne faisons pas de prisonniers, il faudrait leur donner le pain de la liberté et la pitié n’est pas révolutionnaire. »

 

1794

JANVIER

– Le 28 à Nuaillé (Maine et Loire), Henri de La Rochejaquelein est tué au combat.

Mort de La Rochejaquelein

Mort de La Rochejaquelein

LE CLIN D’ŒIL !

Étrange comportement de la part de ces hommes robustes et endurcis à la fatigue. Ils redoutent le prêtre et le sorcier, observent une religiosité bienveillante lors des messes et  contemplent avec attention la grande pierre mystérieuse qui se dresse dans les bruyères. Dans un même élan, tous ces braves se rassemblent au son du tocsin. Ils quittent leurs champs, remplissent leurs musettes de pain pour trois ou quatre jours, pas plus, et prennent la route pour aller au combat. Ils portent leurs chapelets autour du cou, arborent un crucifix sur la poitrine ou l’image d’un saint vénéré. Certains cousent sur leurs vêtements un Sacré-Cœur en laine rouge. D’autres décorent leurs chapeaux de cocardes blanches, vertes ou rouges, de papiers de couleurs variées, ou de plumes et de rubans.

Un prisonnier témoin raconte : « Pendant la marche, un morne silence était observé dans toute la colonne ; les soldats portaient leurs chapelets dans leur mains avec leurs armes, et on n’entendait que les prières qui étaient récitées et le chant des hymnes religieux. Tout cela formait un spectacle singulier ».

Le Vendéen

Le Vendéen

LE MOUCHOIR ROUGE.

Par temps de paix ou de guerre, le vêtement du soldat vendéen est sensiblement le même : la veste est ronde, la culotte large, et la tête est coiffée d’un immense chapeau de feutre. Ce dernier peut atteindre deux pieds de diamètre. Le fantassin le relève sur le devant, pour y agrafer la cocarde et pour pouvoir ajuster plus facilement son tir. Sur son dos il transporte un havresac. La panoplie ne serait pas complète sans le célèbre mouchoir de Cholet.

Chapeau rabalet des paysans de 1793

Chapeau rabalet des paysans de 1793

Témoignage de Mme de La Rochejaquelein, sa belle-sœur posthume : « On faisait une grande dépense de mouchoirs rouges ; il s’en fabriquait beaucoup dans le pays et une circonstance particulière avait contribué à les rendre d’un usage général. M de La Rochejaquelein en mettait ordinairement autour de sa tête, à son cou, et plusieurs à sa ceinture pour ses pistolets. Au combat de Fontenay, on entendit les « Bleus » crier : « Tirez sur le mouchoir rouge. » Le soir, les officiers supplièrent Henri de changer de costume ; il le trouvait commode et ne voulut pas le quitter. Alors ils prirent le parti de l’adopter aussi, afin qu’il ne fût une cause de danger pour lui. Les mouchoirs rouges devinrent ainsi à la mode dans l’armée ; tout le monde voulut en porter. »

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