Les guerres de Vendée – Jean-Nicolas Stofflet

Dieu le roi                                                                                                                  Dieu le roi

 

LES GUERRES DE VENDÉE

JEAN-NICOLAS STOFFLET

(1753-1796)

Dit « Mistouflet »

 

 

Jean Nicolas Stofflet

Jean Nicolas Stofflet

INTRODUCTION

Les insurgés vendéens, sans préparation, sans expérience des armes, se sont tout de suite préoccupés de se choisir des chefs, des meneurs. C’est ainsi que des hommes tels que Cathelineau et Stofflet, issus des couches populaires, font leur apparition sur la scène vendéenne. Mais pour les guider, ce sont avant tout des seigneurs, anciens militaires et généraux, que les paysans du bocage et du pays de Loire sont allés chercher dans leur gentilhommière. Ces commandants de la première heure vont se comporter avec bravoure, et s’illustrer avec panache sur tout le théâtre du conflit, jusqu’à la mort. Nonobstant, ils vont faillir par leur esprit d’indépendance démesuré, par leur inaptitude à trouver un accord au-delà d’un événement, et par de nombreuses insuffisances sur le terrain. Exceptés peut-être Bonchamps, Royrand et Marigny, tous ne possédaient pas les tactiques et les stratégies nécessaires pour mener au combat des masses d’hommes qui venaient se rassembler spontanément autour d’eux. A leur corps défendant, il n’était certes pas facile de conduire des milliers de paysans qui s’en retournaient chez eux une fois la bataille terminée. De toute évidence, la Vendée a souffert de l’absence d’un véritable chef, à la fois militaire et politique. Il lui fallait un coordinateur sachant organiser ses troupes, fixer les orientations, et exploiter les victoires afin d’en tirer le meilleur profit. Il lui manquait un prince de sang, un Condé.

 

Drapeau de l'Armée Catholique et Royale de Vendée

Drapeau de l’Armée Catholique et Royale de Vendée

 

NAISSANCE

Jean-Nicolas Stofflet est un général des armées vendéennes, né le 3 février 1753 à Bathelémont lès Bauzemont (Meurthe et Moselle). Il meurt fusillé à Angers le 25 février 1796 ; il avait 43 ans.

FAMILLE

Il est le fils d’un meunier, Marin Thomas Stofflet (1727- ?), et de Barbe Mezier (1721-1784).

JEUNESSE

Jean-Nicolas Stofflet a 17 ans lorsqu’il s’engage dans l’armée. Il est incorporé au Régiment Lorraine-Infanterie-Royale,  à  Lunéville ; il en sortira avec le grade de caporal instructeur.

– En 1786, Jean-Nicolas quitte la vie militaire. Il entre au service du comte de Colbert-Maulévrier, qui le recrute comme garde-chasse (garde des bois et commis facteur) de ses forêts de Maulévrier, en Anjou.

– En 1789, lorsqu’éclate la Révolution, Jean-Nicolas Stofflet a 37 ans, et se trouve en total désaveu avec les nouvelles idées portées par tous les bouleversements de cette époque mouvementée. Son passé militaire, ses idéaux et sa loyauté envers le roi et sa religion, le propulsent naturellement au sommet de l’insurrection qui se profile.

L’HOMME

Stofflet qui, avec Cathelineau, a levé l’étendard de l’insurrection vendéenne, est tout l’opposé deJean-Nicolas-Stofflet Lescure. Il est craint et mal aimé de ses hommes. Malgré ses qualités indéniables de chef militaire, Jean-Nicolas Stofflet ne pourra s’imposer comme le véritable leader de l’armée catholique et royale. Il est à la fois bon militaire et intelligent, mais il peut aussi être sévère, imperturbable, et ambitieux. Après la mort des grands chefs vendéens, il essaiera de s’imposer comme le nouveau généralissime. Mais sa suprématie sera malmenée par des divisions  intestines, et aggravée par son absence de qualités humaines ; autant d’obstacles qui ne lui permettront pas  d’atteindre l’objectif tant espéré…

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PRINCIPAUX CHEFS HISTORIQUES VENDÉENS :

  1. Jacques Cathelineau (1759-1793).
  2. Maurice Gigost d’Elbée (né en 1752- fusillé le 9 janvier1794).  
  3. Charles de Bonchamps (1760-1793).
  4. François Athanase Charette de La Contrie (né en 1763- fusillé le 29 mars 1796).
  5. Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein (1772-1794).
  6. Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure (1766-1793).
  7. Jean-Nicolas Stofflet (né en 1753- fusillé le 25 février 1796).
  8. Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont (né en 1765-guillotiné le 27 janvier1794).
  9. Gaspard Augustin René Bernard de Marigny (1754-1794).

 

 

 

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PRINCIPAUX COMMANDANTS RÉPUBLICAINS :

  1. Jean Baptiste Camille de Canclaux (1740-1817).
  2. Jean-Michel Beysser (né en 1753- guillotiné le 13 avril 1794).
  3. Jean François Berruyer (1741-1804).
  4. Armand-Louis Gontaut, duc de Biron (né en 1747-guillotiné le 31 décembre 1793).
  5. Alexis François Chalbos (1736-1803).
  6. Jean-Baptiste Kléber (1753-1800).
  7. François Séverin Marceau-Desgraviers (1769-1796).
  8. François Nicolas Benoit Haxo (1749-1794).
  9. François-Joseph Westermann (né en 1751- guillotiné le 5 avril 1794).
  10. Antoine-Joseph Santerre (1752-1809).
  11. Louis Marie Turreau de Lignières, dit Turreau de Garambouville (1756-1816).
  12. Louis Lazare Hoche (1768-1797).

 

 

 

 

 index

FAITS D’ARMES ET PARTICIPATION

AUX BATAILLES

 

 

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L’INSURRECTION

Le feu aux poudres : le 24 février 1793, la Convention décrète la levée en masse de 300 000 hommes.

Des « braises » à Machecoul ! La Vendée est en ébullition. Le 24 février, la Convention décrète la levée en masse d’hommes valides pour aller faire la guerre aux frontières de l’Est. C’est ce facteur déclenchant qui va mettre le feu aux poudres dans toute la région. Lorsque les patriotes, vêtus de bleus, viennent à Machecoul pour assurer leur mission et procéder au tirage au sort, la population, furieuse, les reçoit à coup de fourches. L’émeute se transforme rapidement en un combat entre paysans et représentants républicains de la Convention (les « Bleus »). En quelques jours les rebellions vont s’enchaîner, et plusieurs villages tels que Chemillé, Saint-Florent-le-Vieil, ou encore Tiffauges, s’insurgent. Déjà les premiers morts tombent, lynchés par la furia populaire.

Massacre de Machecoul

Massacre de Machecoul

1793

Dès le 13 mars, Stofflet s’impose à la tête des paysans de Maulévrier et des paroisses avoisinantes. Il se rallie à Cathelineau et s’empare avec lui de Cholet. Il est grand, robuste, brutal et sait se faire obéir de ses soldats ; tous l’admirent pour sa grande bravoure. Il se révèle comme un vrai chef de guerre. Sans éducation mais intelligent, il est surnommé par ses hommes « Sifflet » ou « Mistouflet » et il inspire confiance. En juillet 1793, le généralissime d’Elbée le nommera major général de la Grande armée.

MARS

– Le 15 : prise de Cholet (1ère bataille de Chollet) :

Victoire des « Blancs » de Jean-Nicolas Stofflet, qui ont fait alliance avec Jacques Cathelineau. Ils s’emparent aussi de Jallais, Chemillé, Challans, et de La Roche-sur-Yon.

Chute de Cholet ! L’Armée vendéenne, qui est devenue « Armée catholique et royale », se donne comme chef Jacques Cathelineau. Avec ce général à son image, simple colporteur et sacristain de Pin-en-Mauges, le soulèvement vendéen va commencer par une succession de victoires. Cette armée de paysans réussit à s’emparer de Cholet, puis va progresser en direction de Chalonnes-sur-Loire (au sud d’Angers), pour se diriger sur Thouars. Désormais nanti du titre de « généralissime », Cathelineau va organiser ses forces avec, à ses côtés, des militaires nobles tels que La Rochejaquelein, François Athanase Charette de La Contrie, ou Maurice Gigost d’Elbée.

MAI

– Le 5 : prise de Thouars.

Victoire des « Blancs » commandés par Jacques Cathelineau, Jean-Nicolas Stofflet, Charles de Bonchamps, Henri de La Rochejaquelein, et Louis de Lescure. La ville était défendue par l’armée des « Bleus » de Pierre Quétineau (né en 1756-guillotiné le 17 mars 1794). Les villes de Bressuire et de Parthenay sont investies par les Vendéens.

Chute de Thouars ! En avançant le long de la Loire, les insurgés vendéens passent près d’Angers, mais progressent aussi plus au sud, et le 5 mai s’emparent de Thouars. Puis, le 25 mai, ce sera au tour de Fontenay-le- Comte de chuter. Mais leur marche en avant vers l’est a atteint son point extrême, et l’Armée Catholique Royale ne franchira guère la ligne Saumur-Thouars-Parthenay.

– Le 13 : bataille de la Châtaigneraie.

Victoire des forces vendéennes placées sous les ordres de Maurice Gigost d’Elbée, de Louis de Lescure, de Jacques Cathelineau, d’Henri de La Rochejaquelein, et de Jean-Nicolas Stofflet, face à l’armée républicaine commandée par le général Alexis François Chalbos.

– Le 16 : 1ère bataille de Fontenay le Comte.

Victoire républicaine du général révolutionnaire Alexis François Chalbos, face à l’armée insurgée des « Blancs » commandée par Jacques Cathelineau, La Rochejaquelein, Lescure, d’Elbée, Jean-Nicolas Stofflet, et Gaspard de Marigny.

– le 25 : 2ème bataille de Fontenay le Comte. La rébellion, partie des Mauges, se répand dans le sud de l’actuelle Vendée. La ville de Fontenay le Comte, commune d’importance dans la région, est prise par les « Blancs ».

Victoire des Vendéens, commandés par Lescure, Jacques Cathelineau, La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet et Gaspard de Marigny, face aux forces républicaines placées sous les ordres des généraux républicains Alexis François Chalbos et  Jean-Baptiste Nouvion (1753-1825).

 

Fontenay le Comte

Fontenay le Comte

JUIN

– Le 7 : bataille de Doué.

Début juin, les forces Vendéennes lancent une offensive sur Saumur. Sur leur itinéraire ils s’emparent de Doué-la-Fontaine et Montreuil- Bellay.

Victoire des forces vendéennes, placées sous les ordres des généraux Jacques Cathelineau, La Rochejaquelein, Lescure, Jean-Nicolas Stofflet, Jacques-Nicolas de Fleuriot de La Freulière (1738-1824), Jean-Baptiste-Louis-Étienne de Dommaigné (1749-1793) et Gaspard de Marigny, face aux troupes républicaines (les Bleus), placées sous les ordres de François Leigonyer (1740-1807).  

 

Jean-Louis de Dommaigné

Jean-Louis de Dommaigné

Chute de Saumur ! Le 9 juin, l’armée des « Blancs » s’empare de Saumur. C’est alors qu’il est décidé de franchir la Loire. Jusque là, la marche en avant des insurgés vendéens avait eu pour limite le nord du grand fleuve, alors qu’au sud elle avait atteint Fontenay-le-Comte. Les chefs délibèrent alors : est-il préférable de prolonger leur contrôle sur tout l’Ouest, ou bien faut-il remonter le cours de la Loire en direction de Tours, puis marcher sur Paris ? Finalement, ce sera Nantes ! Mais si Angers tombera sans trop de difficultés, il n’en sera pas de même pour Nantes, qui s’accrochera solidement et résistera aux Vendéens.

– Le 9 : bataille de Saumur. La ville est prise d’assaut par les forces vendéennes de l’Armée catholique et royale.

Victoire des forces vendéennes, les « Blancs », commandées par Jacques Cathelineau, La Rochejaquelein, Lescure, Jean-Nicolas Stofflet, Jacques-Nicolas de Fleuriot de La Freulière (1738-1824), Jean-Baptiste-Louis-Étienne de Dommaigné (1749-1793) et Gaspard de Marigny, face aux troupes républicaines placées sous les ordres des généraux républicains « Bleus » de Jacques-François de Menou, baron de Boussay (1750-1810), Charles François Duhoux d’Hauterive (1736-1799), Antoine-Joseph Santerre (1752-1809), Louis-Alexandre Berthier (1753-1815), et Guy Coustard de Saint-Lo (1752-1825).

– Le 12 : Jacques Cathelineau est élu premier généralissime des insurgés vendéens.

– Le 29 : bataille de Nantes.

Défaite des « Blancs » de l’Armée catholique et royale à Nantes. Jacques Cathelineau est gravement blessé ; il mourra des suites de ses blessures le 14 juillet 1793. Cet échec des « Blancs » marque un tournant crucial dans l’Histoire du soulèvement vendéen.

Siège de Nantes 1793

Siège de Nantes 1793

« Le siège de Nantes est peut-être l’événement militaire le plus important de notre Révolution. Peut-être les destinées de la République étaient-elles attachées à la résistance de cette ville. »

Cité par Louis Marie Turreau de Lignières, dit Turreau de Garambouville (1756-1816).

 

Général Turreau Louis Marie

Général Turreau Louis Marie

Victoire des forces républicaines placées sous les ordres de René-Gaston Baco de la Chapelle (1751-1800, maire de Nantes au moment de l’assaut vendéen), de  Jean Baptiste Camille de Canclaux et de Jean-Michel Beysser, face à l’Armée catholique et royale commandée par Jacques Cathelineau, Charette de La Contrie, Charles de Bonchamps, d’Elbée, Jean-Nicolas Stofflet, François Jean Hervé Lyrot (1732-1793) et Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont.

Résistance à Nantes ! Après la chute d’Angers, Jacques Cathelineau et l’Armée Catholique Royale atteignent les portes de Nantes. Mais la population résiste. Elle a pris le parti de se défendre et attend résolument l’affrontement. Répartis au nord et au sud de la cité, les 30 000 soldats des colonnes vendéennes vont devoir se battre contre 12 000 citadins prêts à en découdre. Les Nantais, mieux organisés bien qu’en infériorité numérique, parviendront à repousser les royalistes, qui abandonneront la bataille et feront retraite. Le grand chef Jacques Catelineau est blessé au cours de l’assaut ; il mourra le 14 juillet suivant. Cette bataille marque le tournant de la guerre, et la progression des vendéens est momentanément ralentie. Certes les « Blancs » subissent un échec cuisant, mais à Paris l’on prend conscience du poids de la menace. Dans la capitale, à la Convention, dorénavant dirigée par Robespierre « l’incorruptible », l’on réfléchit sérieusement à la riposte.

JUILLET

–  Le 14 : mort de Jacques Cathelineau.

Blessé au cours de la bataille de Nantes, Jacques Cathelineau meurt des suites de ses blessures le 14 juillet 1793 à Saint-Florent-le-Vieil. Ce généralissime d’origine modeste va laisser un grand vide parmi la troupe. Pour l’heure, les paysans vendéens ignorent sa disparition. Sa mort sera tue un certain temps…

– Le 3 : bataille de Moulin-aux-Chèvres.

Victoire des forces républicaines placées sous les ordres de François-Joseph Westermann, face aux troupes vendéennes commandées par La Rochejaquelein, Lescure et Jean-Nicolas Stofflet

– Le 5 : bataille de Châtillon.

Victoire des forces vendéennes, les « Blancs », commandées par La Rochejaquelein, Lescure, Jean-Nicolas Stofflet, Gaspard de Marigny, et Bonchamps, face à l’armée républicaine placée sous les ordres de François-Joseph Westermann.

– Le 19 : l’armée nomme d’Elbée généralissime ; on attendait Charles de Bonchamps et c’est d’Elbée qui est élu. Aussitôt, celui-ci quadrille la Vendée en quatre divisions. Chacune a son territoire et son chef.

DIVISION GÉNÉRAUX ADJOINTS
L’Anjou Charles de Bonchamps Charles-Marie d’Autichamp
Le Poitou Louis-Marie Lescure La Rochejaquelein
Le Centre Charles de Royrand Chevalier de Cumont
La Basse Vendée Guy Joseph de Donissan Charrette de La Contrie

 

D’Elbée confie à Poirier de Beauvais : « Je ne suis pas à ma place ; il est un autre homme qu’on aurait dû faire généralissime et toutes nos affaires eussent prospéré !… Il faut être obéi, et je ne le suis pas. C’est là, n’en doutez pas, le vrai motif pour lequel on n’a pas nommé Monsieur de Bonchamps. On est convaincu qu’il est plus militaire que je ne le suis, mais aussi qu’il a plus de fermeté, et qu’avec moi l’on fera ce que l’on voudra, parce qu’on suppose que je n’irai point sévir contre des gens qui marquent par leur naissance, leurs propriétés et leur influence. Oui, si Monsieur de Bonchamps était à ma place tout irait bien ; dans ce cas, je me ferais honneur d’être son aide de camp ».

 

SEPTEMBRE

– Le 5 : bataille de Chantonnay.

Victoire de l’Armée catholique royale placée sous les ordres de Maurice Gigost d’Elbée, Charles Augustin de Royrand (1731-1793), Charles Marie Auguste Joseph de Beaumont, comte d’Autichamp (1770-1859), Jean-Nicolas Stofflet, et Jacques-Nicolas de Fleuriot de La Freulière (1738-1824), face aux forces républicaines commandées par les généraux René François Lecomte (1764-1793) et François Séverin Marceau-Desgraviers.

 

Bataille de Chantonnay

Bataille de Chantonnay

Après la victoire de Chantonnay, d’Elbée est reconduit comme généralissime. Il n’obtient pas toutes les faveurs de ses condisciples mais reste cependant le chef de l’armée. Il procède à un nouveau remaniement de ses forces.

DIVISION GÉNÉRAUX
L’Anjou et le Poitou Maurice Gigost d’Elbée
Pays de Retz et Marais François Athanase Charrette de La Contrie
De la Loire à Saumur Charles de Bonchamps
Les Mauges Henri du Vergier de La Rochejaquelein
Le Nord Deux-Sèvres Louis-Marie de Salgues Lescure
Le bocage vendéen Charles de Royrand
La cavalerie Antoine Philippe de la Trémoile,Talmont
Major général Jean-Nicolas Stofflet

OCTOBRE

– Le 9 : 2ème bataille de Moulin-aux-Chèvres.

Victoire de l’armée républicaine placée sous les ordres des généraux Alexis François Chalbos, François-Joseph Westermann, François Chambon (né en 1744- mort au cours de la bataille), et François Muller (1764-1808), face aux forces vendéennes commandées par La Rochejaquelein, Lescure, et Jean-Nicolas Stofflet.

Bataille de Moulin aux Chèvres

Bataille de Moulin aux Chèvres

– Le 11 : 2ème bataille de Châtillon.

Bataille indécise entre les forces républicaines commandées par les généraux Alexis François Chalbos, François-Joseph Westermann, François Muller (1764-1808) et René François Lecomte (né en 1764- blessé au cours de la bataille. Il mourra des suites de ses blessures le 15 à Bressuire), face aux troupes vendéennes placées sous les ordres de La Rochejaquelein, Lescure, Jean-Nicolas Stofflet, et Bonchamps.

Bataille de Châtillon

Bataille de Châtillon

– Le 17 : 2ème Bataille de Cholet.

Déroute des « Blancs » de l’Armée catholique et royale commandée par les généraux d’Elbée, Charles de Bonchamps, La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet, Royrand (1731-1793), Bernard de Marigny, François Jean Hervé Lyrot (1732-1793) et  Piron de La Varenne (1755-1794), face à l’Armée républicaine placée sous les ordres des généraux Jean Léchelle (1760-1793), Jean-Baptiste Kléber, Marceau-Desgraviers, Michel de  Beaupuy (1755-1796), Nicolas Haxo, Louis Antoine Vimeux (1737-1814), Marc Scherb (1747-1838), Antoine Bard (1759-1837), Alexis Chalbos, François Muller (1764-1808), et François-Joseph Westermann.

Les chefs vendéens Maurice Gigost d’Elbée et Charles de Bonchamps sont grièvement blessés lors de la bataille.

– Les « Blancs » reculent sur Beaupréau.

Défaite à Cholet ! Presque sept mois jour pour jour après avoir été victorieux le 14 mars à Cholet, les vendéens essuient dans la même ville une cuisante défaite. La cité est reconquise par des Républicains en surnombre. La défaite se transforme vite en débâcle et 30 000 Vendéens, suivis de leurs familles, refluent à quarante kilomètres au nord de Cholet pour franchir la Loire. Dans la soirée et la nuit du 18 au 19 octobre, ils seront entre 60 000 et 100 000 à traverser le grand fleuve pour se diriger vers la Bretagne. Commence alors la « Virée de Galerne» (définition celte d’un vent de nord-ouest). Le but avoué des « Blancs » est de faire la jonction avec les Chouans et de se diriger sur Granville en passant par Laval. Là ils attendront, dans le port normand, la flotte anglaise promise et les renforts tant espérés.

– Le 18 : entre 60 000 à 100 000 Vendéens passent la Loire. Mort de Bonchamps.

– Le 20 : début de la « Virée de Galerne ». Henri de La Rochejaquelein est nommé général en chef en remplacement de Maurice Gigost d’Elbée, blessé le 17 lors de la bataille de Cholet.

– Le 21 : les « Blancs » s’emparent de Château-Gontier.

– Le 22 : bataille de Laval.

Victoire des forces vendéennes commandées par La Rochejaquelein et Jean-Nicolas Stofflet, face aux troupes républicaines menées par le général François-Joseph Alexandre Letourneur (1769-1842).

– Le 23 : les « Blancs » s’emparent de Laval. Les Chouans rejoignent les Vendéens.

– Le 27 : bataille d’Entrammes.

 

Bataille d'Entrammes

Bataille d’Entrammes

Victoire de l’Armée vendéenne et chouanne, les « Blancs », commandée par les chefs Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet, Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont, Bernard de Marigny, Charles de Royrand (1731-1793), et Jean Chouan (1757-1794), face à l’armée républicaine des « Bleus », placée sous les ordres des généraux républicains Jean Léchelle (1760-1793), Jean-Baptiste Kléber, Michel de  Beaupuy (1755-1796), François-Joseph Westermann, Alexis Chalbos, François Muller (1764-1808), Louis Thévenet dit Danican (1764-1848), et Louis Blosse (né en 1753-1793, mort au cours de la bataille). 

Jean Chouan

Jean Chouan

NOVEMBRE

– Le 2 : bataille d’Ernée.

Victoire des forces vendéennes et chouannes placées sous les ordres d’Henri de La Rochejaquelein et de Jean-Nicolas Stofflet, face aux troupes républicaines dirigées par l’adjudant général Simon-Pierre Brière.

– Le 3 : bataille de Fougères.

Victoire de l’armée vendéenne et chouanne placée sous les ordres des chefs La Rochejaquelein, Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont et Jean-Nicolas Stofflet, face aux forces républicaines dirigées par l’adjudant général Simon-Pierre Brière.

 

Bataille de Fougères

Bataille de Fougères

– Les 13 et 14 : siège de Granville.

Échec des forces royalistes, les « Blancs », commandées par Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet, face aux troupes républicaines placées sous les ordres d’André Pacifique Peyre (1743-1796), et François Vachot (1767-1796).

Granville, un point de non retour ! Désorganisés et en plein doute, les Vendéens, malgré leur surnombre, demeurent impuissants à s’emparer de Granville. Or, la prise du port normand s’avère vitale. Elle représente l’aboutissement de la « Virée de Galerne », et doit permettre à la marine britannique de débarquer pour leur apporter aide et renforts. Mais les Anglais tardent à arriver. Dès lors, pour les Vendéens, la Virée de Galerne va tourner au cauchemar.
 

– Le 16 ont lieu les premières noyades de Nantes.

– Du 20 au 22 : bataille de Dol.

Victoire de l’Armée vendéenne, sous les ordres des généraux Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet, Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont, et Henri Forestier (1775-1806), face à l’armée républicaine commandée par les généraux  Jean-Antoine Rossignol (1759-1802), Marceau-Desgravier, François-Joseph Westermann, Jean-Baptiste Kléber, François Muller (1764-1808) et Boüin de Marigny (1766-1793).

– Le 28 : Louis Marie Turreau remplace Jean Léchelle (1760-1793).

DÉCEMBRE

– Le 3 : bataille d’Angers.

Défaite des forces royalistes commandées par les chefs Henri de La Rochejaquelein  et Jean-Nicolas Stofflet, face à l’armée républicaine placée sous les ordres des généraux Louis Thévenet, dit Danican (1764-1848), Jean-Pierre Boucret (1764-1820), Michel de  Beaupuy (1755-1796), et Boüin de Marigny (né en 1766, mort lors du siège de la ville, frappé par un boulet de canon).

– Le 5 : mort de Charles de Royrand (1731-1793).

– Du 12 au 13 : bataille du Mans.

Victoire décisive de l’armée républicaine commandée par Marceau-Desgravier, Jean-Baptiste Kléber, François-Joseph Westermann, François Muller (1764-1808), Jacques Louis François de Tilly (1749-1822), Henri-Pierre Delaage (1766-1840), François Carpantier (1751-1813), face aux forces vendéennes et chouannes placées sous les ordres des chefs Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet, Antoine-Philippe de la Trémoille, Henri Forestier (1775-1806), Bernard de Marigny, François Jean Hervé Lyrot (1732-1793), Charles de Beaumont, d’Autichamp (1770-1859).

 

Bataille du Mans

Bataille du Mans

– Le 23 : massacres de Savenay. C’est la fin de la « Virée de Galerne ».

Les rescapés de l’Armée royale catholique sont exterminés à Savenay par la « fureur meurtrière » des « Bleus » républicains. Seuls 4 à 5000 survivants réussissent à traverser la Loire, avec à leur tête Henri de La Rochejaquelein et Jean-Nicolas Stofflet. La « virée de Galerne » est terminée.

Savenay, un rendez-vous avec la mort. La défaite du Mans entraîne une débâcle des restes de l’armée des « Blancs ». Entre 15 à 20 000 rescapés de la « Virée de Galerne » essaient par tous les moyens de rentrer dans leurs foyers. Mais leurs ennuis ne sont pas terminés : ils doivent franchir un écueil important, la Loire. L’armée républicaine, commandée par Kléber, Marceau et Westermann, est à leurs trousses. Les Royalistes sont bientôt rejoints à Savenay, près de Nantes. Les ordres des « Bleus » sont précis : ils doivent exterminer tous les contre-révolutionnaires qu’ils trouveront sur leur chemin. Le massacre est sans précédent ; on dénombrera environ 15 000 corps vendéens jonchant le sol ensanglanté de Savenay et des terres environnantes. Seuls 4000 hommes arrivent à prendre la fuite et à échapper au carnage. Ainsi prend fin la période des grandes batailles de Vendée, mais la guerre n’est pas pour autant finie. Ce qui va suivre sera particulièrement atroce, avec les exactions des « colonnes infernales de Turreau » qui vont affronter les forces de Charrette et de Stofflet dans un combat d’anéantissement.

Pertes vendéennes à Savenay :

– Entre 3000 et 7000 morts au combat ou exécutés sommairement. On dénombrera avant la bataille entre 4000 et 6000 non-combattants (blessés, femmes, enfants…)

– 662 prisonniers seront fusillés, 1679 femmes et enfants prisonniers seront exécutés lors des fusillades et noyades de Nantes.

Pertes républicaines à Savenay:

– On dénombrera 30 morts et 200 blesses.

Lettre adressée au Comité de Salut Public par François-Joseph Westermann, appelé « le boucher des Vendéens » :

« Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m’aviez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les sabots des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. (…) Mes hussards ont tous à la queue de leurs chevaux des lambeaux d’étendards brigands. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que, sur plusieurs endroits, ils font pyramides. On fusille sans cesse à Savenay, car à chaque instant il arrive des brigands qui prétendent se rendre prisonniers. Kléber et Marceau ne sont pas là. Nous ne faisons pas de prisonniers, il faudrait leur donner le pain de la liberté et la pitié n’est pas révolutionnaire. »

Dieu le roi

Dieu le roi

LE CLIN D’ŒIL !

Étrange comportement de la part de ces hommes robustes et endurcis à la fatigue. Ils redoutent le prêtre et le sorcier, observent une religiosité bienveillante lors des messes et  contemplent avec attention la grande pierre mystérieuse qui se dresse dans les bruyères. Dans un même élan, tous ces braves se rassemblent au son du tocsin. Ils quittent leurs champs, remplissent leurs musettes de pain pour trois ou quatre jours, pas plus, et prennent la route pour aller au combat. Ils portent leurs chapelets autour du cou, arborent un crucifix sur la poitrine ou l’image d’un saint vénéré. Certains cousent sur leurs vêtements un Sacré-Cœur en laine rouge. D’autres décorent leurs chapeaux de cocardes blanches, vertes ou rouges, de papiers de couleurs variées, ou de plumes et de rubans.

Un prisonnier témoin raconte : « Pendant la marche, un morne silence était observé dans toute la colonne ; les soldats portaient leurs chapelets dans leur mains avec leurs armes, et on n’entendait que les prières qui étaient récitées et le chant des hymnes religieux. Tout cela formait un spectacle singulier ».

 

Le Vendéen

Le Vendéen

1794

JANVIER

– Le 1er : Charette de La Contrie  est chassé de Machecoul.

– Le 8 : Guy Joseph de Donnissan, marquis de Citran (né en 1737), est fusillé à Angers.

– Le 17 : avec l’accord de la Convention, Louis Marie Turreau de Lignières, dit Turreau de Garambouville, lance ses « colonnes infernales » sur la Vendée.

– Le 27 : Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont, est guillotiné à Laval.

-Le 28 : Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein, est tué dans un affrontement mineur à Nuaillé (Maine-et-Loire)

Les colonnes infernales déferlent sur la Vendée. Après la défaite et le démembrement de l’armée vendéenne à Savenay, la Convention est déterminée à poursuivre la « pacification » des territoires insurgés. Robespierre et son gouvernement ne se font pas d’illusion : ils savent que le mouvement contre-révolutionnaire est fort, et puissamment soutenu par la population. La Convention doit appliquer à la règle les résolutions du 1er août 1793, à savoir, détruire la Vendée. Afin d’annihiler la rébellion, ils vont prendre des mesures expéditives : saccage des récoltes, destruction des villages, mise à mort des suspects, et saisie du bétail. Louis Marie Turreau de Lignières va s’appliquer à répandre partout la désolation par une politique de « terre brûlée ». Ses « colonnes infernales » vont se livrer durant cinq mois aux pires atrocités et massacres, n’épargnant que quelques villes majeures.

FÉVRIER

– Le 1er : Jean-Nicolas Stofflet occupe pour quelques heures Cholet.

– Le 8 février : 3ème bataille de Cholet.

Victoire des forces républicaines des généraux Jean-Baptiste Moulin (1754-1794) tué au cours de la bataille,  Jean Alexandre Caffin (1751-1828), Étienne Jean-François Cordellier-Delanoüe (1767-1845) et Joseph Crouzat (1735-1825), face aux troupes vendéennes de Jean-Nicolas Stofflet. Après avoir assailli la ville, les « Blancs » sont obligés de se replier avec la venue des renforts « Bleus » de Cordellier-Delanoüe (1767-1845).   

MARS

– Début de la Chouannerie.

En Vendée militaire, les rescapés des massacres perpétrés par les « Bleus » de la République contre les insurgés vendéens et les populations civiles tentent de se réorganiser, et de lutter contre les colonnes infernales de Louis Marie Turreau de Lignières. Au nord de la Loire, une révolte armée voit le jour. Ce mouvement réunit des Chouans, des chefs impliqués dans les révoltes paysannes de mars 1793, des soldats déserteurs, et les quelques survivants de la Virée de Galerne. C’est la Chouannerie ! L’insurrection naît dans une zone délimitée par la Mayenne et l’Ille-et-Vilaine, aux abords de Fougères, Vitré et Laval. Structuré en petits groupes de combattants, le conflit prend l’aspect d’une « guérilla ». Ces bandes armées ont pour chefs Jean Chouan (1757-1794), Aimé Casimir Marie Picquet du Boisguy (1776-1839) et Jean-Louis Treton (1770-1795), appelé « jambe d’argent ». Contraints à évoluer dans la clandestinité, ces hommes se savent condamnés à une mort assurée en cas de capture. Nombreux sont ceux qui, animés par la haine suite à l’extermination de toutes leurs familles, crient vengeance.

 

– Du 23 au 25 : Bataille de Mortagne.

Victoire des forces vendéennes placées sous les ordres de Jean-Nicolas Stofflet, de Charles Sapinaud de La Rairie (1760-1829), et de Gaspard Augustin René Bernard de Marigny (1754-1794), qui s’emparent de la ville.

– Le 28 mars : bataille des Ouleries.

Victoire des forces vendéennes commandées par Jean-Nicolas Stofflet et Gaspard Augustin René Bernard de Marigny, face aux républicains du général Joseph Crouzat (1735-1825).

Bataille des Ouleries le cimetière des martyrs

Bataille des Ouleries le cimetière des martyrs

AVRIL

– Le 22 : pacte de Jallais.

Charette de La Contrie, Jean-Nicolas Stofflet, Charles Sapinaud de La Rairie et Bernard de Marigny ne pouvant choisir un généralissime, ils conviennent de se prêter mutuellement assistance. Cet accord sera fatal à Marigny. Il sera destitué pour être arrivé trop tard à la bataille de Chaudron-en-Mauges ; vexé il regagne le Haut-Poitou. Le 29, il sera condamné à mort par un conseil de guerre vendéen, et sera fusillé le 10 juillet à Combrand (Deux-Sèvres), par les hommes de Jean-Nicolas Stofflet.

– Le 24 : bataille de Chaudron-en-Mauges.

Bataille indécise entre les forces vendéennes commandées par François-Athanase Charette de La Contrie, Jean-Nicolas Stofflet et Charles Sapinaud de La Rairie (1760-1829), face aux troupes républicaines de l’adjudant-général Dusirat.  

MAI

– Le 13 : fin des « colonnes infernales ». Louis Marie Turreau de Lignières est destitué. Louis Antoine Vimeux (1737-1814) lui  succède.

JUIN

– Le 6 : 3ème bataille de Challans.

Victoire de l’armée républicaine placée sous les ordres de Jean Baptiste Boussard (1758-1795), face aux forces vendéennes commandées par François-Athanase Charette de La Contrie, Jean-Nicolas Stofflet, Charles Sapinaud de La Rairie (1760-1829) et Louis Joseph Guérin (1766-1795).

– Le 28 : un projet de constitution civile et militaire des régions insurgées, inspiré par l’abbé Bernier, est soumis par Jean-Nicolas Stofflet à des délégués vendéens, qui l’adoptent.

JUILLET

– Le 10 : Bernard de Marigny est fusillé par les hommes de Jean-Nicolas Stofflet.

– Le 18 : mort de Jean Chouan (1757-1794).

OCTOBRE

Le 7 : Jean-Nicolas Stofflet crée 6 millions de monnaie remboursable à la paix ; il est désavoué par  François-Athanase Charette de La Contrie.

NOVEMBRE

– Le 1er : Louis Lazare Hoche est nommé commandant en chef des armées de l’Ouest.

DÉCEMBRE

– Le 2 : la Convention décrète l’amnistie.

– Le 6 : rupture officielle de François-Athanase Charette de La Contrie et de Jean-Nicolas Stofflet.  

Dieu le roi

Dieu le roi

1795

FÉVRIER

– Le 17 (29 pluviôse an III) : signature du Traité de la Jaunaye entre Charrette et Hoche.

Traité de la Jaunaye. Une fois la période des colonnes infernales de Turreau terminée (parfaite représentation de la politique de la Terreur voulue par l’Incorruptible), la Vendée souffle un peu. Le calme semble être à présent revenu. Suite au traité de paix de la Jaunaye, la guerre semble avoir pris fin. Pourtant, si cet accord de paix, censé mettre un terme au conflit qui oppose la jeune république aux Vendéens et aux Chouans, est négocié par Charrette de La Contrie, il est rejeté par Jean-Nicolas Stofflet. La liberté de culte est restaurée en Vendée ; les habitants sont exemptés de la conscription, et le traité décrète l’amnistie des insurgés. Nonobstant, il semble que la guerre de Vendée ne soit toutefois pas finie…

 

MARS

– Le 4 : Jean-Nicolas Stofflet accuse Charrette de trahison envers la Vendée.

– Le 22 : bataille de Saint-Florent-le-Vieil.

Défaite des forces royalistes commandées par Jean-Nicolas Stofflet. L’armée des « Blancs », forte d’environ 3000 hommes, est repoussée lors de l’attaque de la ville, défendue par des Républicains fortement retranchés.

AVRIL

– Le 20 : signature du Traité de la Mabilais et de la Prévalaye. Cet accord de paix est signé dans le manoir de La Mabilais, à Rennes (route de Saint-Brieuc), entre les Chouans et la République.

Manoir de la Mabilais (Rennes)

Manoir de La Mabilais (Rennes)

MAI

– Le 2 : signature du Traité de Saint-Florent-le-Vieil entre Jean-Nicolas Stofflet et la République. Le pacte prévoit la restitution des biens des rebelles saisis, la dispense de service militaire, et la liberté de culte.

JUIN

– Le 8 : mort du jeune Louis XVII au Temple.

– Le 23 : débarquement des Immigrés à Quiberon ; ils sont rejoints  par 5000 Chouans.

 

Le débarquement de Quiberon. Alors que la Convention essaie de briser au maximum l’insurrection royaliste, voilà que la contre-révolution, venue d’Angleterre, pose le pied au cœur de la Bretagne. Ce sont essentiellement des émigrés, revêtus de l’uniforme anglais, qui accourent au secours des insurgés pour rétablir la monarchie. Immédiatement les Chouans, déterminés, les rallient. Les forces de Charrette de La Contrie et de Jean-Nicolas Stofflet sont trop éloignées du débarquement et ne peuvent les rejoindre. Une fois le débarquement effectué, tous deux résilient l’un après l’autre les accords de paix qu’ils ont signés chacun distinctement. Cependant l’armée des émigrés, mal préparée, minée par les divisions, et après une courte progression, ne fera pas le poids face aux forces républicaines. En quelques jours la débâcle est consommée ; elle est repoussée et vaincue par les « Bleus ».

 

Dieu le roi

Dieu le roi

1796

JANVIER

– Le 26 : sur ordre du comte d’Artois, futur Charles X, Jean-Nicolas Stofflet reprend les armes.

FÉVRIER

– Le 23 : Jean-Nicolas Stofflet est capturé dans une métairie près de la Poitevinière (Maine-et-Loire).

Les « Bleus », qui ont été prévenus de la présence d’insurgés à la Saugrenière, y dépêchent un contingent de 200 fantassins et plusieurs dizaines de cavaliers. Le bâtiment est aussitôt assiégé. Juste avant l’aube, les Républicains donnent l’assaut et se rendent maîtres des lieux. Stofflet est capturé, ligoté, dépouillé, et c’est pieds nus qu’il doit marcher jusqu’à Chemillé ; puis il est emmené à Angers. Stofflet comparaît devant un conseil de guerre : pris les armes à la main, il est condamné à mort.

La sentence est exécutée à Angers le 25 février à 10 heures : Jean-Nicolas Stofflet est fusillé ; il est âgé de 43 ans et 22 jours.  

Il refuse qu’on lui pose un bandeau sur les yeux et dit : « Sachez qu’un général vendéen n’a pas peur des balles ! » Puis il crie : « Vive la religion ! Vive le Roi ! » avant de tomber sous les balles. On lui tranchera la tête au sabre, puis elle sera exhibée tel un trophée dans toute la ville.

Charles de Beaumont d’Autichamp (1770-1889) et Henri Forestier (1775-1806) lui succèdent.

Dans ses mémoires, Marie Louise Victoire de Donnissan, marquise de Lescure, puis de La Rochejaquelein, dit de Jean-Nicolas Stofflet : « Stofflet était à la tête des paroisses du côté de Maulévrier. Il était Alsacien (sic), et avait été soldat. Lors de la révolte, il était garde-chasse au château de Maulévrier : il avait alors quarante ans; il était grand et robuste. Les soldats ne l’aimaient pas, parce qu’il était dur et brutal; mais ils lui obéissaient mieux qu’à personne, et cela le rendait fort utile. Les généraux avaient grande confiance en lui ; il était actif, intelligent et brave. À la fin, de mauvais conseillers se sont emparés de son esprit, l’ont gouverné et lui ont inspiré un orgueil, une vanité qui ne lui étaient pas naturels, et qui lui ont fait commettre de grandes fautes et causé beaucoup de tort au parti. Alors qu’il était, comme tout le monde, dévoué à faire le mieux possible, sans songer à lui. »

Dieu le roi

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