Les guerres de Vendée – Louis Lazare Hoche

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LES GUERRES DE VENDÉE

 

Drapeau de l'Armée Catholique et royale de Vendée

Drapeau de l’Armée Catholique et royale de Vendée

 

LOUIS LAZARE HOCHE

(1768-1797)

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« Jeune comme la révolution, robuste comme le peuple… au regard fier et étendu comme celui de l’aigle ». Cité dans le journal l’ «Argus de la Moselle », imprimé à l’armée. 

 

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 INTRODUCTION

Les insurgés vendéens, sans préparation, sans expérience des armes, se sont tout de suite préoccupés de se choisir des chefs, des meneurs. Ces paysans sont armés de fourches et de faux, mais ils sont déterminés et euphoriques. Ces masses disparates, qui sont prêtes à en découdre avec l’ennemi, se rassemblent spontanément autour de leurs leaders. A leur corps défendant, ces derniers auront toutes les peines du monde à conduire ces milliers d’hommes qui décident, une fois la bataille terminée, de s’en retourner dans leurs foyers. Accumulant les succès dès le début, cette armée prend le nom d’ « Armée catholique et royale ». Elle est forte d’environ 40 000 hommes indisciplinés et sans expérience du métier des armes. Face à elle, l’armée républicaine compte entre 40 000 et 70 000 soldats, les « Bleus » (nommés ainsi en raison de la couleur de l’uniforme républicain). Pour la grande majorité d’entre eux, ce sont des volontaires provenant des quatre coins du pays et qui ne semblent pas avoir plus de pratique militaire que leurs adversaires. Consciente du péril qui menace dans l’Ouest, et qui secoue la jeune république, la Convention dépêche en Vendée 100 000 hommes, dont les redoutables « Mayençais ». Ces forces sont placées sous les ordres des généraux Jean-Baptiste Kléber et Nicolas Haxo. Autant de faits inquiétants qui laissent entrapercevoir le génocide du peuple vendéen qui se profile irrémédiablement …

Lire : Des origines à l’étincelle.

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Le 1er août 1793, la Convention ordonne par décret la destruction et l’incendie de la Vendée, en état d’insurrection. La triste besogne est confiée au général François Westermann.

La Convention décrète… Article premier : le ministre de la guerre donnera sur-le-champ les ordres nécessaires pour que la garnison de Mayence soit transportée en poste en Vendée ; il sera envoyé par le ministre de la guerre des matières combustibles de toute espèce, pour incendier les bois, les taillis et les genêts… Les femmes, les enfants et les vieillards, seront conduits dans l’intérieur ; il sera pourvu à leur subsistance et à leur sureté, avec tous les égards dus à l’humanité… Les biens des rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la République. (Extrait du décret de la convention nationale du 1er août 1793, A.D.V., 52J4).

 

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 LOUIS LAZARE HOCHE

(1768-1797)

 

 

NAISSANCE

Louis Lazare Hoche est un général français de la Révolution et des Guerres de Vendée. Il naît le 25 juin 1768 à Montreuil, près de Versailles. Il meurt atteint par la tuberculose, au camp de Wetzlar (Hesse), le 19 septembre 1797 ; il avait 29 ans.

JEUNESSE  & FAMILLE

Il est le fils de Louis Hoche, palefrenier à la vénerie du roi, et d’Anne-Marie Marlière, couturière. À la mort de sa mère il n’a que cinq ans. Le jeune Lazare est élevé soit à Saint-Germain, soit dans le quartier Notre-Dame, par sa tante fruitière qui l’aide financièrement, lui permettant ainsi d’acheter des livres et de s’instruire. Brillant élève à l’école des Frères Lazare, il est remarqué par le curé de Saint-Germain. Ce dernier le prend sous son aile, l’intègre parmi les enfants de chœur et lui inculque le latin.

Mais sa famille est pauvre et ne peut le faire entrer dans une école pour parfaire son éducation.  En 1782, il a 14 ans lorsque son père le place comme aide-surnuméraire dans les écuries royales.

MARIAGE

Le 21 ventôse an II (11 mars 1794), Louis Lazare Hoche épouse, à Thionville, Adélaïde de Chaux (1778-1859).

De cette union naîtra une fille : Jenny Hoche (1796-1867).

L’HOMME

Le personnage de Louis Lazare Hoche est en lui-même un symbole. Il représente cette jeune caste de généraux, d’âgés à peine vingt ans, qui vont s’illustrer avec ferveur sur les champs de bataille de la Révolution. Hoche, porté par l’enthousiasme national, et placé à la tête des armées républicaines, incarnera cet idéal révolutionnaire. Autodidacte, féru d’art militaire, robuste, brave et prudent, cet homme charmant plaisait aux femmes ; ne sera-t-il pas l’amant, comme tant d’autres, de Joséphine de Beauharnais ? En 1794, le beau général épousera Adélaïde de Chaux, une jolie Thionvilloise. Lazare Hoche meurt en 1797, atteint par la tuberculose, laissant sa belle, veuve à dix huit ans.

 

1 – AVANT LA RÉVOLUTION

Le 19 octobre 1784, le jeune Lazare, ayant des préférences essentiellement militaires, s’engage dans un corps d’élite, les gardes françaises, qui font partie de la maison du roi.

« On le vit dès lors porter de l’eau, monter des gardes et s’adonner à toutes espèces de travaux pendant le jour, afin de pouvoir se former une petite bibliothèque au milieu de laquelle il passait une partie de ses nuits ». Biographie moderne.

Louis-Lazare est jeune et il ne méprise pas les duels et les bagarres (où il excelle par sa force), les virées au cabaret, et les visites aux femmes de vie.

Mais c’est sa passion d’apprendre qui lui permet de se distinguer.  A chaque fois qu’il lui est permis, il s’adonne à la lecture et au savoir, notamment à Voltaire et à Rousseau. Pour grossir sa solde et acheter de nouveaux ouvrages, il exerce différents petits boulots, comme maraîcher, couturier etc…

Mais son avenir est sans espoir : n’est-il pas un roturier, un sans culotte ? Sa carrière dans l’armée semble toute tracée, puisque seuls les nobles et les princes de sang peuvent prétendre aux hautes fonctions militaires. Il ne pourra donc être que simple soldat. Rattaché aux Gardes françaises, Hoche subit les choix difficiles de son régiment en place sur Paris : soit défendre le roi, soit adopter les nouvelles idées, le respect des ordres, ou bien celui du cœur, de la justice et de l’espérance.

– Fin 1785, Lazare Hoche est nommé grenadier.

– Le 16 juin 1789, il devient caporal.

2 – PENDANT LA RÉVOLUTION

– Le 14 juillet 1789, le peuple  de Paris s’empare de la Bastille.

Prise de la Bastille

Prise de la Bastille

– Le 1er septembre de la même année, Hoche prend le grade de sergent. (Avec cette distinction, Hoche participe avec son unité à la marche sur Versailles des 5 et 6 octobre 1789).

– Le 1er janvier 1792, il accède au grade d’adjudant au 104ème régiment d’infanterie.

« Hoche, beau, jeune, martial ; héros antique par la figure, par la stature, par le bras ; héros moderne par l’étude, par la lecture, par la méditation qui place la force dans l’intelligence ; enfant d’une pauvre famille mais portant sur le front l’aristocratie des grandes destinées. » Cité par Lamartine.

– Le 20 avril, la France déclare la guerre au roi de Bohême et de Hongrie (autrement dit, à l’empereur d’Autriche François II).

– le 25 avril : à Strasbourg, Rouget de l’Isle compose le chant de l’armée du Rhin (la future Marseillaise).

La Marseillaise chantée par Rouget de l'Isle

La Marseillaise chantée par Rouget de l’Isle

– Le 18 mai 1792, Lazare Hoche est nommé lieutenant dans le Régiment de Rouergue à Thionville.

– Le 1er septembre 1792, la même année, il obtient par ancienneté son grade de capitaine, puis celui  d’adjudant général, chef de bataillon.

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PRINCIPAUX CHEFS HISTORIQUES VENDÉENS :

  1. Jacques Cathelineau (1759-1793).
  2. Maurice Gigost d’Elbée (né en 1752-fusillé le 9 janvier1794).
  3. Charles de Bonchamps (1760-1793).
  4. François Athanase Charette de La Contrie (né en 1763-fusillé le 29 mars 1796).
  5. Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein (1772-1794).
  6. Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure (1766-1793).
  7. Jean-Nicolas Stofflet (né en 1753-fusillé le 25 février 1796).
  8. Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont (né en 1765-guillotiné le 27 janvier1794).
  9. Gaspard Augustin René Bernard de Marigny (1754-1794).

 

 

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PRINCIPAUX COMMANDANTS RÉPUBLICAINS :

  1. Jean Baptiste Camille de Canclaux (1740-1817).
  2. Jean-Michel Beysser (né en 1753- guillotiné le 13 avril 1794).
  3. Jean François Berruyer (1741-1804).
  4. Armand-Louis Gontaut, duc de Biron (né en 1747-guillotiné le 31 décembre 1793).
  5. Alexis François Chalbos (1736-1803).
  6. Jean-Baptiste Kléber (1753-1800).
  7. François Séverin Marceau-Desgraviers (1769-1796).
  8. François Nicolas Benoit Haxo (1749-1794).
  9. François-Joseph Westermann (né en 1751- guillotiné le 5 avril 1794).
  10. Antoine-Joseph Santerre (1752-1809).
  11. Louis Marie Turreau de Lignières, dit Turreau de Garambouville (1756-1816).
  12. Louis Lazare Hoche (1768-1797).

 

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FAITS D’ARMES ET PARTICIPATION

AUX BATAILLES

LAZARE HOCHE, LE GÉNÉRAL DE LA RÉVOLUTION

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3 – BATAILLES DE LA 1ère COALITION

 

1792

– Du 24 août au 16 octobre : Siège de Thionville.

Victoire de l’armée française placée sous les ordres de Georges-Louis-Félix de Wimpffen (1744-1814), face aux forces coalisées commandées par le général prussien Frédéric-Louis de Hohenlohe-Ingelfingen (1746-1818).

– Du 21 novembre au 1er décembre : siège de Namur.

Victoire des troupes françaises commandées par le général Valence (1757-1822), et capitulation de la ville.

1793

– En février : siège de Maestricht.

Défaite de l’armée française placée sous les ordres du général Francisco de Miranda (1750-1816), face à l’armée des émigrés placée sous les ordres de Jean de Beaumont d’Autichamp (1738-1831).

– Le 18 mars : bataille de Neerwinden.

Défaite de l’armée française placée sous les ordres du général Charles-François du Perrier du Mouriez (1739-1823), face aux forces du Saint Empire commandées par Le prince Frédéric Josias de Saxe-Cobourg-Saalfeld (1737-1815). (Lazare Hoche sera blessé au cours de la bataille).

Bataille de Neerwinden

Bataille de Neerwinden

– Le 22 mars : combat de Pellenberg.

Lazare Hoche sera à nouveau blessé au cours du combat.

– Le 15 mai : Lazare Hoche est nommé adjudant-général, chef de bataillon.

– Le 31 mai: combats de Furnes.

Victoire de l’armée française placée sous les ordres de Maximilien Ferdinand Thomas Stettenhoffen (1739-1809), général autrichien au service de la France, qui s’empare de la ville.

– 8 septembre : siège de Dunquerque ou bataille de Hondschoote.

Victoire des forces françaises commandées par les généraux Jean Nicolas Houchard (né le 24 janvier 1738 et mort guillotiné le 17 novembre 1793), Jean-Baptiste Jourdan (1762-1833), face aux armées coalisées placées sous les ordres d’Heinrich Wilhelm von Freytag (1720- 1798) et Frederick le Duc d’York et Albany.

Bataille de Hondschoote

Bataille de Hondschoote

– Le 10 septembre : Lazare Hoche est nommé adjudant-général chef de brigade.

– Le 13 septembre : Lazare Hoche est promu général de brigade.

– Le 22 septembre : Lazare Hoche est nommé chef d’état-major de l’armée des Ardennes, un poste à la hauteur de ses compétences.

Louis Lazare Hoche

Louis Lazare Hoche

– Le 21 octobre : combats de Furnes.

Victoire de l’armée française placée sous les ordres du général Dominique Joseph René Vandamme (1770-1830), qui met en déroute l’armée autrichienne. Lazare Hoche qui a pris une part active aux combats de Furnes, poursuit alors son avancée jusqu’à Nieuport puis Ostende.

– Le 23 octobre : Lazare Hoche est nommé général de division, commandant en chef de l’armée de la Moselle.

– Le 18 novembre : bataille de Bisingen.

Défaite de l’armée française placée sous les ordres de Lazare Hoche.

– Du 28 au 30 novembre : bataille de kaiserlautern.

Défaite de l’armée française placée sous les ordres de Lazare Hoche, face aux forces prussiennes commandées par Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick (1735-1806).

Ferdinand de Brunswick

Ferdinand de Brunswick

– Le 22 décembre : bataille de Woerth-Frœschwiller.

Victoire de l’armée française placée sous les ordres des généraux Lazare Hoche et Alexandre Camille Tamponnier (1749-1831), face aux forces coalisées du Saint-Empire et du Royaume de Prusse commandées par les généraux Dagobert Sigmund von Wurmser (1724-1797), Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick (1735-1806) et Friedrich von Hotze (1739-1799). Battus sévèrement, Autrichiens et Prussiens évacuent l’Alsace définitivement.

Dagobert Sigmund von Wurmser

Dagobert Sigmund von Wurmser

– le 25 décembre : Lazare Hoche est nommé à la tête des deux armées, celle de la Moselle et celle du Rhin.

– Du 26 au 29 décembre : seconde bataille de Wissembourg ou bataille du Geisberg.

Victoire de l’armée française placée sous les ordres de Lazare Hoche, Jean-Charles Pichegru (1739-1799), face aux forces coalisées du Saint-Empire, du Royaume de Prusse, de l’électorat de Bavière, de Hesse-Cassel et de l’Armée des émigrés, commandées par Dagobert Sigmund von Wurmser (1724-1797), Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick (1735-1806) et Ernst Wilhelm Friedrich Philipp von Rüchel (1754-1823). Lazare Hoche, en poursuivant son offensive, dégage Landau, prend Spire et Worms.

1794

Le 20 mars, Hoche est suspecté d’appartenance au club des Cordeliers. Saint-Just, alors en mission dans l’Est, et qui ne porte pas le général dans son cœur, manque de discernement et le fait arrêter le 1er avril, sous l’inculpation de trahison. Lazare Hoche sera emprisonné aux Carmes, puis à la Conciergerie. Il ne sera libéré qu’au mois d’août suivant, après la chute de Robespierre (l’Incorruptible), le 8 thermidor an II (le 26 juillet).

– En août : Lazare Hoche est nommé commandant en chef de l’armée des Côtes de Cherbourg.

– En novembre : Lazare Hoche est nommé commandant en chef de l’armée des Côtes de Cherbourg et des Côtes de Brest réunies ; il a pour objectif de pacifier l’Ouest de la France et notamment la Vendée.

4 – EN VENDÉE

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Lire :

Des origines à l’étincelle.

La Vendée triomphante.

L’apogée.

La chute.

Le sursaut.

L’anéantissement.

JANVIER

– Le 17 : avec l’accord de la Convention, Louis Marie Turreau de Lignières, dit Turreau de Garambouville, lance ses « colonnes infernales » sur la Vendée.

Les colonnes infernales déferlent sur la Vendée. Après la défaite et le démembrement de l’armée vendéenne à Savenay, la Convention est déterminée à poursuivre la « pacification » des territoires insurgés. Robespierre et son gouvernement ne se font pas d’illusion : ils savent que le mouvement contre-révolutionnaire est fort, et puissamment soutenu par la population. La Convention doit appliquer à la règle les résolutions du 1er août 1793, à savoir, détruire la Vendée. Afin d’annihiler la rébellion, ils vont prendre des mesures expéditives : saccage des récoltes, destruction des villages, mise à mort des suspects, et saisie du bétail. Louis Marie Turreau de Lignières va s’appliquer à répandre partout la désolation par une politique de « terre brûlée ». Ses « colonnes infernales » vont se livrer durant cinq mois aux pires atrocités et massacres, n’épargnant que quelques villes majeures.

 

MARS

Début de la Chouannerie.

En Vendée militaire, les rescapés des massacres perpétrés par les « Bleus » de la République contre les insurgés vendéens et les populations civiles tentent de se réorganiser, et de lutter contre les colonnes infernales de Louis Marie Turreau de Lignières. Au nord de la Loire, une révolte armée voit le jour. Ce mouvement réunit des Chouans, des chefs impliqués dans les révoltes paysannes de mars 1793, des soldats déserteurs, et les quelques survivants de la Virée de Galerne. C’est la Chouannerie ! L’insurrection naît dans une zone délimitée par la Mayenne et l’Ille-et-Vilaine, aux abords de Fougères, Vitré et Laval. Structuré en petits groupes de combattants, le conflit prend l’aspect d’une « guérilla ». Ces bandes armées ont pour chefs Jean Chouan (1757-1794), Aimé Casimir Marie Picquet du Boisguy (1776-1839) et Jean-Louis Treton (1770-1795), appelé « jambe d’argent ». Contraints à évoluer dans la clandestinité, ces hommes se savent condamnés à une mort assurée en cas de capture. Nombreux sont ceux qui, animés par la haine suite à l’extermination de toutes leurs familles, crient vengeance.

NOVEMBRE

– Le 1er : Louis Lazare Hoche est nommé commandant en chef des armées de l’Ouest.

1795

FÉVRIER

– Le 17 (29 pluviôse an III) : signature du Traité de la Jaunaye entre Charrette et Hoche.

Traité de la Jaunaye. Une fois terminée la période des colonnes infernales de Turreau (parfaite représentation de la politique de la Terreur voulue par l’Incorruptible), la Vendée souffle un peu. Le calme semble être à présent revenu. Suite au traité de paix de la Jaunaye, la guerre semble avoir pris fin. Pourtant, si cet accord de paix, censé mettre un terme au conflit qui oppose la jeune république aux Vendéens et aux Chouans, est négocié par Charrette de La Contrie, il est rejeté par Jean-Nicolas Stofflet. La liberté de culte est restaurée en Vendée ; les habitants sont exemptés de la conscription, et le traité décrète l’amnistie des insurgés. Nonobstant, il semble que la guerre de Vendée ne soit toutefois pas finie…

– Le 21 (3 ventôse an III) : rétablissement de la liberté du culte en France. Remise en activité des églises qui n’ont pas été réquisitionnées comme biens nationaux.

JUIN

– Le 8 : mort du jeune Louis XVII au Temple.

– Le 23 : débarquement des Immigrés à Quiberon ; ils sont rejoints  par 5000 Chouans.

 

Le débarquement de Quiberon. Alors que la Convention essaie de briser au maximum l’insurrection royaliste, voilà que la contre-révolution, venue d’Angleterre, pose le pied au cœur de la Bretagne. Ce sont essentiellement des émigrés, revêtus de l’uniforme anglais, qui accourent au secours des insurgés pour rétablir la monarchie. Immédiatement les Chouans, déterminés, les rallient. Les forces de Charrette de La Contrie et de Jean-Nicolas Stofflet sont trop éloignées du débarquement et ne peuvent les rejoindre. Une fois le débarquement effectué, tous deux résilient l’un après l’autre les accords de paix qu’ils ont signés chacun distinctement. Cependant l’armée des émigrés, mal préparée, minée par les divisions, et après une courte progression, ne fera pas le poids face aux forces républicaines. En quelques jours la débâcle est consommée ; elle est repoussée et vaincue par les « Bleus ».

 

– Le 25 : bataille de Quiberon. « Les Blancs » tentent de rembarquer sur les plages de Port-Haliguen (Quiberon) ; 750 insurgés royalistes sont fusillés.

Charrette, le combattant ! Encouragé par le débarquement des émigrés, Charrette de La Contrie reprend les armes. Il abroge le traité de la Jaunaye, et décide de poursuivre le combat. Malgré la déroute de Quiberon, il va continuer la lutte jusqu’à sa capture et son exécution un an plus tard, le 29 mars 1796.

– Le 26 : Charrette dénonce officiellement le Pacte de la Jaunaye.

– Du 27 juin au 21 juillet : massacre des royalistes dans la presqu’île de Quiberon.

JUILLET

 – Le 21 : Louis Lazare Hoche fait échec à la tentative de débarquement des émigrés (royalistes) et des Britanniques à Quiberon.

Louis Lazare Hoche

Louis Lazare Hoche

Victoire de l’armée républicaine placée sous les ordres des généraux Lazare Hoche, Louis Lemoine (1764-1842), Jean Humbert (1767-1823), Jean André Valletaux (1757-1811),  Julien Auguste Joseph Mermet (1772-1837), Jacques Mesnage (1759-1798), André Drut (1764-1818), Pierre Paul Botta (1741-1795) et Emmanuel de Grouchy 1766-1847),

face aux armées chouannes, celles des émigrés, et face à l’armée anglaise, commandées par Joseph de Puisaye (1755-1827), Louis Charles d’Hervilly (1755-1795), Charles Eugène Gabriel de Virot de Sombreuil (1770-1795), Vincent de Tinténiac (1764-1795), Paul Alexandre du Bois-Berthelot (1741-1812), Jacques Le Prestre de Vauban (1754-1816), Georges Cadoudal (né le 1er janvier 1771- mort guillotiné le 25 juin 1804), Alexander Hood (1726-1814) et John Borlase Warren (1753-1822).

 

 AOÛT

– Le 16 : lors de la réunion du Conseil royaliste au château de Grand’ville, à Grand–Champ, Georges Cadoudal (né le 1er janvier 1771- mort guillotiné le 25 juin 1804) est nommé major général de l’armée catholique et royale du Morbihan.

Georges Cadoudal

Georges Cadoudal

– Le 26 : le général républicain Lazare Hoche succède au général Jean Antoine Rossignol (1759-1802) et prend le commandement de l’armée des Côtes de Brest.

– Du 26 août au 21 novembre : Expédition de l’île d’Yeu.

OCTOBRE

– Le 2 octobre : le comte d’Artois, futur Charles X, débarque à l’île d’Yeu.

Charles X comte d'Artois

Charles X comte d’Artois

La flotte britannique (environ 60 navires) fut retardée par le mauvais temps et n’appareilla de Portsmouth que le 23 août. Le comte d’Artois était radieux ; il écrivit une missive à François de Charrette en ces termes : « Me voici enfin près de vous, Monsieur, et si le ciel le permet, notre réunion va combler nos désirs mutuels ».

– Le 3 : Lazare Hoche arrive aux Sables-d’Olonne avec 400 cavaliers.

Avec le concours des Anglais, le comte d’Artois, futur Charles X, a l’intention, en débarquant à Noirmoutier, de voler au secours des insurgés vendéens. Mais la résistance de la garnison qui défend l’île force l’armada britannique à descendre plus bas et mettre pied sur l’Île d’Yeu. L’opération est un échec ; le comte d’Artois perd toute communication avec Charrette de La Contrie, constamment surveillé par les Républicains. La flotte britannique est bloquée, subissant les marées et les tempêtes, alors que ses troupes sont affamées. Le 18 novembre,  l’expédition est forcée de « rebrousser chemin » sans avoir accompli sa mission. Le comte d’Artois repart vers l’Angleterre à bord du « Jason » ; il est salué par les salves de l’escadre anglaise, comme s’il avait été victorieux. Il abandonne derrière lui tous les valeureux insurgés chouans et vendéens qui avaient tant cru en lui !

NOVEMBRE

Le 21 : Charrette de La Contrie reçoit le message lui annonçant le départ du Comte d’Artois ; il dira : « Les Anglais ont joué nos princes et par contrecoup nous ont indignement trahis ; il ne nous restera de ressources qu’en nous-mêmes et nos moyens sont faibles. »

DÉCEMBRE

Le 2 : le piège se referme autour de Charrette de La Contrie. Lazare Hoche le traque et le bat aux Trois-Moutons. Le chef vendéen est forcé de se réfugier dans les bois de Belleville.

1796

Le 16 juillet : le Directoire déclare au Conseil que la pacification de la Vendée est terminée. La nation proclame et décrète solennellement que Lazare Hoche et son armée ont bien mérité les honneurs de la patrie.

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5 – EN IRLANDE

Afin de contrecarrer les agissements des Anglais (qui s’immiscent de plus en plus dans la guerre qui oppose les « Blancs » et les « Bleus » en France), Lazare Hoche élabore un plan destiné à porter secours aux indépendantistes irlandais en rébellion contre la couronne. Il se rend aussitôt à Brest pour y faire ses préparatifs. En décembre 1796, la flotte est rassemblée, armée et opérationnelle ; elle peut appareiller. Mais c’est sans compter avec les conditions climatiques. A peine en mer, l’escadre subit un violent ouragan et se disperse. Hoche est forcé de retourner à son port de départ. Le projet est abandonné, et le 9 février 1797, la formation sera démantelée.

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1797

6 – SAMBRE & MEUSE

 

– Le 23 février, Louis Lazare Hoche est nommé général en chef de l’Armée Sambre&Meuse.

Avec son armée de 80 000 hommes, il va remporter cinq batailles successives : Neuwied, Ukerath, Altenkirchen, Dierdorf  et  Heddesdorf.

– Le 18 avril : bataille de Neuwied.

Victoire de l’armée française placée sous les ordres de Lazare Hoche, face aux forces autrichiennes commandées par le Feldmarschall-Lieutenant Franz Freiherr von Werneck (1748-1806).

Hoche se trouve à Giessen sur les bords de la Nida lorsque l’armistice de Leoben signé par Bonaparte stoppe sa marche victorieuse.

– Le 4 juin : bataille d’Altenkirchen.

Victoire de l’armée française placée sous les ordres des généraux Kléber, Marceau et Hoche, face aux forces autrichiennes commandées par le duc de Wurtemberg. Le général Marceau sera tué au cours du combat.

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7 – LA MORT DU GÉNÉRAL

 

Le général Hoche refuse le Ministère de la guerre qui lui est offert. Le Directoire le nomme alors à la tête d’un corps d’armée près de Paris. A la suite de dénonciations calomnieuses, il est démis de cette fonction, et c’est Charles Augereau qui en hérite. Vexé par cette disgrâce,  Hoche retourne dans son quartier général de Wetzlar.

C’est là que dès les premiers jours de septembre, il tombe soudainement malade. Le 16, il est forcé de s’aliter. Trois jours plus tard, le 19 septembre à quatre heures du matin, il rend son dernier soupir dans d’horribles souffrances, rongé par la tuberculose.

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