Les guerres de Vendée – Charles de Bonchamps

 

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LES GUERRES DE VENDÉE

   CHARLESMELCHIOR-ARTUS

 DE BONCHAMPS

(1760-1793)

 Bonchamps

« J’ai servi mon Dieu, mon Roi, ma Patrie. J’ai su pardonner. »

Charles de Bonchamps

 

Drapeau de l'Armée Catholique et Royale de Vendée

Drapeau de l’Armée Catholique et Royale de Vendée

 

INTRODUCTION

Les insurgés vendéens, sans préparation, sans expérience des armes, se sont tout de suite préoccupés de se choisir des chefs, des meneurs. C’est ainsi que des hommes tels que Cathelineau et Stofflet, issus des couches populaires, font leur apparition sur la scène vendéenne. Mais pour les guider, ce sont avant tout des seigneurs, anciens militaires et généraux, que les paysans du bocage et du pays de Loire sont allés chercher dans leur gentilhommière. Ces commandants de la première heure vont se comporter avec bravoure, et s’illustrer avec panache sur tout le théâtre du conflit, jusqu’à la mort. Nonobstant, ils vont faillir par leur esprit d’indépendance démesuré, par leur inaptitude à trouver un accord au-delà d’un événement, et par de nombreuses insuffisances sur le terrain. Exceptés peut-être Bonchamps, Royrand et Marigny, tous ne possédaient pas les tactiques et les stratégies nécessaires pour mener au combat des masses d’hommes qui venaient se rassembler spontanément autour d’eux. A leur corps défendant, il n’était certes pas facile de conduire des milliers de paysans qui s’en retournaient chez eux une fois la bataille terminée. De toute évidence, la Vendée a souffert de l’absence d’un véritable chef, à la fois militaire et politique. Il lui fallait un coordinateur sachant organiser ses troupes, fixer les orientations, et exploiter les victoires afin d’en tirer le meilleur profit. Il lui manquait un prince de sang, un Condé.

 

 

NAISSANCE

Charles-Melchior-Artus de Bonchamps est un général des armées vendéennes, né le 10 mai 1760 au château du Crucifix, près de Châteauneuf-sur-Sarthe. Il meurt au combat le 18 octobreBonchamp 1793, au hameau de la Maillerais, près de Varades (Loire-Atlantique). Il est passé à la postérité pour son célèbre « Pardon de Bonchamps » (A Saint-Florent-Le-Vieil, alors qu’il agonise, il accorde la vie sauve à 5000 prisonniers républicains qui devaient être exécutés).

FAMILLE

Il est le fils de Louis de Bonchamps (1735-1787) et de Marguerite Eulalie de Hellaust de Vallière (1725-1766).

Blason famille de Bonchamps

Blason famille de Bonchamps

MARIAGE

Charles de Bonchamps épouse le 10 février 1789, à Angers, Marguerite de Scépeaux (1767-1845). De cette union naîtra une fille, Zoé de Bonchamps (1789-1877).

 

JEUNESSE

Sa jeunesse, il la passe à la Baronnière, près de Saint-Florent-le-Vieil (Maine et Loire). Issu d’une famille modeste mais noble, il s’engage à l’âge de 16 ans comme cadet-noble dans le régiment d’Aquitaine. A 22 ans, on retrouve Charles en Inde, aux côtés du Bailli de Suffren où il sert un an et combat contre les Anglais. Dès l’âge de 27 ans (en 1787), il est promu capitaine de grenadiers. Après cette excellente formation, il retourne en France et tient garnison à Mézières.

Rejetant les idées révolutionnaires, Charles refuse de prêter le serment de fidélité à la République qu’exige l’Assemblée constituante, et quitte l’armée. Avec sa jeune épouse, il vient s’installer dans les Mauges. Le couple se retire dans son château de la Baronnière, sur la paroisse de la Chapelle-Saint-Florent, au sud du Marillais, proche de Saint-Florent-le-Vieil. Il y mène une existence « sérieuse et retirée ».

Bonchamps reprend malgré tout du service et, le 10 août 1792, il se distingue à la défense des Tuileries ; c’est à cette occasion qu’il sauve la vie d’Henri de La Rochejaquelein.

Prise des Tuileries

Prise des Tuileries

Le 12 mars 1793, les émeutes éclatent à Saint-Florent-le-Vieil.

C’est là, dans sa retraite, que les paysans viennent chercher Charles le 19 mars 1793. Ils le choisissent tout naturellement pour mener l’insurrection vendéenne. Bonchamps est perplexe, il ne croit pas aux chances de cette insurrection ; alors il refuse. Mais les hommes insistent. Finalement, poussé par la ferveur populaire, il prend le commandement des troupes en rébellion ; il en fera les meilleurs soldats du soulèvement vendéen ; ces soldats on les  appellera « les Bonchamps ».

Émile Gabory, historien des Guerres de Vendée, dit de Bonchamps : « Il est le seul qui possédait les qualités qui auraient pu faire de lui le vainqueur de la Convention. C’est lui qui aurait dû être commandant suprême ».

Dieu le roi

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PRINCIPAUX CHEFS HISTORIQUES VENDÉENS :

  1. Jacques Cathelineau (1759-1793).
  2. Maurice Gigost d’Elbée (né en 1752- fusillé le 9 janvier1794).
  3. Charles de Bonchamps (1760-1793).
  4. François Athanase Charette de La Contrie (né en 1763- fusillé le 29 mars 1796).
  5. Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein (1772-1794).
  6. Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure (1766-1793).
  7. Jean-Nicolas Stofflet (né en 1753- fusillé le 25 février 1796).
  8. Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont (né en 1765-guillotiné le 27 janvier 1794).
  9. Gaspard Augustin René Bernard de Marigny (1754-1794).

 

 

Dieu le roi

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PRINCIPAUX COMMANDANTS RÉPUBLICAINS :

  1. Jean Baptiste Camille de Canclaux (1740-1817).
  2. Jean-Michel Beysser (né en 1753- guillotiné le 13 avril 1794).
  3. Jean François Berruyer (1741-1804).
  4. Armand-Louis Gontaut, duc de Biron (né en 1747-guillotiné le 31 décembre 1793).
  5. Alexis François Chalbos (1736-1803).
  6. Jean-Baptiste Kléber (1753-1800).
  7. François Séverin Marceau-Desgraviers (1769-1796).
  8. François Nicolas Benoit Haxo (1749-1794).
  9. François-Joseph Westermann (né en 1751- guillotiné le 5 avril 1794).
  10. Antoine-Joseph Santerre (1752-1809).
  11. Louis Marie Turreau de Lignières, dit Turreau de Garambouville (1756-1816).
  12. Louis Lazare Hoche (1768-1797).

 

 

 

 

 

 index

FAITS D’ARMES ET PARTICIPATION

AUX BATAILLES

 

Dieu le roi

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1793

 

AVRIL

– Le 19 : bataille de Vezins.

Victoire des forces vendéennes placées sous les ordres de Maurice Gigost d’Elbée, de Charles de Bonchamps, de Jacques Cathelineau, et d’Henri de La Rochejaquelein, face aux troupes républicaines commandées par François Leigonyer (1740-1807).

– Le 22 : bataille de Beaupréau.

Victoire des forces royalistes commandées par Charles de Bonchamps, face à l’armée républicaine conduite par le général Jean Marie Gaspard Gauvilliers (1755-1823).

MAI

– Le 5 : prise de Thouars.

Victoire des « Blancs » commandés par Jacques Cathelineau, Charles de Bonchamps, Henri de La Rochejaquelein, et Louis de Lescure. La ville était défendue par l’armée des « Bleus » de Pierre Quétineau (né en 1756-guillotiné le 17 mars 1794). Les villes de Bressuire et de Parthenay sont investies par les Vendéens.

 

Chute de Thouars ! En avançant le long de la Loire, les insurgés vendéens passent près d’Angers, mais progressent aussi plus au sud, et le 5 mai s’emparent de Thouars. Puis, le 25 mai, ce sera au tour de Fontenay-le- Comte de chuter. Mais leur marche en avant vers l’est a atteint son point extrême, et l’Armée Catholique Royale ne franchira guère la ligne Saumur-Thouars-Parthenay.

 

– le 25 : 2ème bataille de Fontenay le Comte. La rébellion, partie des Mauges, se répand dans le sud de l’actuelle Vendée. La ville de Fontenay le Comte, commune d’importance dans la région, est prise par les « Blancs ».

Victoire des Vendéens, commandés par Lescure, Jacques Cathelineau, Bonchamps, La Rochejaquelein, Stofflet et Gaspard de Marigny, face aux forces républicaines placées sous les ordres des généraux républicains Alexis François Chalbos et  Jean-Baptiste Nouvion (1753-1825).

Général Jean Baptiste Nouvion

Général Jean Baptiste Nouvion

 

JUIN

 

– Le 12 : Jacques Cathelineau est élu premier généralissime des insurgés vendéens.

Jacques Cathelineau généralissime ! L’Armée vendéenne, qui est devenue « Armée catholique et royale », se donne comme chef Jacques Cathelineau. Avec ce général à son image, simple colporteur et sacristain de Pin-en-Mauges, le soulèvement vendéen va commencer par une succession de victoires. Désormais nanti du titre de « généralissime », Cathelineau va organiser ses forces avec, à ses côtés, des militaires nobles tels que La Rochejaquelein, François Athanase Charette de La Contrie ou Maurice Gigost d’Elbée.

– Le 29 : bataille de Nantes.

Défaite des « Blancs » de l’Armée catholique et royale à Nantes. Jacques Cathelineau est gravement blessé ; il mourra des suites de ses blessures le 14 juillet 1793. Cet échec des « Blancs » marque un tournant crucial dans l’Histoire du soulèvement vendéen.

Siège de Nantes 1793

Siège de Nantes 1793

« Le siège de Nantes est peut-être l’événement militaire le plus important de notre Révolution. Peut-être les destinées de la République étaient-elles attachées à la résistance de cette ville. » Cité par Louis Marie Turreau de Lignières, dit Turreau de Garambouville (1756-1816).

 

Général Turreau Louis Marie

Général Turreau Louis Marie

Victoire des forces républicaines placées sous les ordres de René-Gaston Baco de la Chapelle (1751-1800, maire de Nantes au moment de l’assaut vendéen), de  Jean Baptiste Camille de Canclaux et de Jean-Michel Beysser, face à l’Armée catholique et royale commandée par Jacques Cathelineau, Charette de La Contrie, Charles de Bonchamps, d’Elbée, Stofflet, François Jean Hervé Lyrot (1732-1793) et Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont.

Résistance à Nantes ! Après la chute d’Angers, Jacques Cathelineau et l’Armée Catholique Royale atteignent les portes de Nantes. Mais la population résiste. Elle a pris le parti de se défendre et attend résolument l’affrontement. Répartis au nord et au sud de la cité, les 30 000 soldats des colonnes vendéennes vont devoir se battre contre 12 000 citadins prêts à en découdre. Les Nantais, mieux organisés bien qu’en infériorité numérique, parviendront à repousser les royalistes, qui abandonneront la bataille et feront retraite. Le grand chef Jacques Catelineau est blessé au cours de l’assaut ; il mourra le 14 juillet suivant. Cette bataille marque le tournant de la guerre, et la progression des vendéens est momentanément ralentie. Certes les « Blancs » subissent un échec cuisant, mais à Paris l’on prend conscience du poids de la menace. Dans la capitale, à la Convention, dorénavant dirigée par Robespierre « l’incorruptible », l’on réfléchit sérieusement à la riposte.

 

JUILLET

– Le 5 : bataille de Châtillon.

Victoire des forces vendéennes, les « Blancs », commandées par La Rochejaquelein, Lescure, Stofflet, Gaspard de Marigny, et Bonchamps, face à l’armée républicaine placée sous les ordres de François-Joseph Westermann.

– Le 15 : bataille de Martigné-Briand.

Victoire de l’armée républicaine placée sous les ordres de Jacques Marguerite Pilotte de La Barollière (1746-1827), face aux forces vendéennes commandées par La Rochejaquelein, Lescure, Gaspard de Marigny, et Bonchamps.

Jacques Marguerite Pilotte de La Barollière (1746-1827), était un général de la Révolution et de l’Empire. Le 16 octobre 1803, il fut le 1er à recevoir la légion d’honneur par Napoléon 1er. Tous mes remerciements à Monsieur Daniel Pilotte de La Barollière pour m’avoir fourni ces précieuses informations concernant son aïeul.

Le 19 : l’armée nomme d’Elbée généralissime ; on attendait Charles de Bonchamps et c’est d’Elbée qui est élu. Aussitôt, il quadrille la Vendée en quatre divisions. Chacune a son territoire et son chef.

DIVISION GÉNÉRAUX ADJOINTS
L’Anjou Charles de Bonchamps Charles-Marie d’Autichamp
Le Poitou Louis-Marie Lescure La Rochejaquelein
Le Centre Charles de Royrand Chevalier de Cumont
La Basse Vendée Guy Joseph de Donissan Charrette de La Contrie

 

D’Elbée confie à Poirier de Beauvais : « Je ne suis pas à ma place ; il est un autre homme qu’on aurait dû faire généralissime et toutes nos affaires eussent prospéré !… Il faut être obéi, et je ne le suis pas. C’est là, n’en doutez pas, le vrai motif pour lequel on n’a pas nommé Monsieur de Bonchamps. On est convaincu qu’il est plus militaire que je ne le suis, mais aussi qu’il a plus de fermeté, et qu’avec moi l’on fera ce que l’on voudra, parce qu’on suppose que je n’irai point sévir contre des gens qui marquent par leur naissance, leurs propriétés et leur influence. Oui, si Monsieur de Bonchamps était à ma place tout irait bien ; dans ce cas, je me ferais honneur d’être son aide de camp ».

 

Après la victoire de Chantonnay, d’Elbée est reconduit comme généralissime. Il n’obtient pas toutes les faveurs de ses condisciples mais reste cependant le chef de l’armée. Il procède à un nouveau remaniement de ses forces.

DIVISION GENERAUX
L’Anjou et le Poitou Maurice Gigost d’Elbée
Pays de Retz et Marais François Athanase Charrette de La Contrie
De la Loire à Saumur Charles de Bonchamps
Les Mauges Henri du Vergier de La Rochejaquelein
Le Nord Deux-Sèvres Louis-Marie de Salgues Lescure
Le bocage vendéen Charles de Royrand
La cavalerie Antoine Philippe de la Trémoile,Talmont
Major général Jean-Nicolas Stofflet

SEPTEMBRE

– Le 19 : bataille de Torfou-Tiffauges.

Victoire des forces de l’Armée catholique et royale commandée par les généraux d’Elbée, Lescure, Charrette de La Contrie, Charles Augustin de Royrand (1731-1793), et Charles de Bonchamps, face à l’armée républicaine placée sous les ordres des généraux Jean-Baptiste Kléber, Louis Antoine Vimeux (1737-1814), Boüin de Marigny (1766-1793), Jean Baptiste Camille de Canclaux, et Jean Baptiste Annibal Aubert du Bayet (1757-1797).

Bataille de Torfou Tiffauge

Bataille de Torfou Tiffauge

– Le 22 : bataille de Clisson.

Victoire de l’armée républicaine commandée par Jean Baptiste Camille de Canclaux, Jean Baptiste Annibal Aubert du Bayet (1757-1797), Jean-Baptiste Kléber, Michel Bacharetie de Beaupuy (1755-1796) et Nicolas Haxo, face aux forces vendéennes placées sous les ordres de Maurice d’Elbée, Charles de Bonchamps, François Jean Hervé Lyrot (1732-1793), et Antoine-Philippe de la Trémoille de Talmont.

Jean-Baptiste Aubert du Bayet

Jean-Baptiste Aubert du Bayet

OCTOBRE

– Le 6 : bataille de Treize-Septiers.

Victoire de l’armée républicaine commandée par Jean Baptiste Camille de Canclaux, Jean-Baptiste Kléber, et Michel Bacharetie de Beaupuy (1755-1796), face aux forces royalistes placées sous les ordres de Maurice d’Elbée et de Charles de Bonchamps.

– Le 11 : 2ème bataille de Châtillon.

Bataille indécise entre les forces républicaines commandées par Alexis François Chalbos, François-Joseph Westermann, René François Lecomte (né en 1764- 1793, mort lors de la bataille), et François Muller (1764-1818), face à l’Armée catholique et royale sous les ordres de Maurice Gigost d’Elbée, Louis de Lescure, Henri de La Rochejaquelein, Charles de Bonchamps et  Jean-Nicolas Stofflet. La ville sera mise à sac par Westermann.

Bataille de Châtillon

Bataille de Châtillon

– Le 15 : Bataille de La Tremblaye.

Victoire des forces républicaines commandées par Antoine Marie Bard (1759-1837), Armand-Michel Bacharetie de Beaupuy (1755-1796) et François Séverin Marceau-Desgraviers, face à l’armée catholique royale de Vendée placée sous les ordres des généraux « Blancs » Maurice Gigost d’Elbée, Louis de Lescure, Charles de Bonchamps, et Charles Augustin de Royrand (1731-1793).

Louis de Lescure est mortellement blessé lors de la bataille ; il succombera à ses blessures le 4 novembre 1793.

Lescure blessé à la bataille de La Tremblaye

Lescure blessé à la bataille de La Tremblaye

– Le 17 : 2ème Bataille de Cholet.

Déroute des « Blancs » de l’Armée catholique et royale commandée par les généraux d’Elbée, Charles de Bonchamps, La Rochejaquelein, Stofflet, Royrand (1731-1793), Bernard de Marigny, François Jean Hervé Lyrot (1732-1793) et  Piron de La Varenne (1755-1794), face à l’Armée républicaine placée sous les ordres des généraux Jean Léchelle (1760-1793), Jean-Baptiste Kléber, Marceau-Desgraviers, Michel de  Beaupuy (1755-1796), Nicolas Haxo, Louis Antoine Vimeux (1737-1814), Marc Scherb (1747-1838), Antoine Bard (1759-1837), Alexis Chalbos, François Muller (1764-1808), et François-Joseph Westermann.

Les chefs vendéens Maurice Gigost d’Elbée et Charles de Bonchamps sont grièvement blessés lors de la bataille.

– Les « Blancs » reculent sur Beaupréau.

Défaite à Cholet ! Presque sept mois jour pour jour après avoir été victorieux le 14 mars à Cholet, les vendéens essuient dans la même ville une cuisante défaite. La cité est reconquise par des Républicains en surnombre. La défaite se transforme vite en débâcle et 30 000 Vendéens, suivis de leurs familles, refluent à quarante kilomètres au nord de Cholet pour franchir la Loire. Dans la soirée et la nuit du 18 au 19 octobre, ils seront entre 60 000 et 100 000 à traverser le grand fleuve pour se diriger vers la Bretagne. Commence alors la « Virée de Galerne» (définition celte d’un vent de nord-ouest). Le but avoué des « Blancs » est de faire la jonction avec les Chouans et de se diriger sur Granville en passant par Laval. Là ils attendront, dans le port normand, la flotte anglaise promise et les renforts tant espérés.

– Le 18 : entre 60 000 à 100 000 Vendéens passent la Loire. Mort de Bonchamps.

Mort de Bonchamps

Mort de Bonchamps

Le 20, c’est le début de la « Virée de Galerne ». Henri de La Rochejaquelein est nommé général en chef en remplacement de Maurice Gigost d’Elbée, blessé le 17 lors de la bataille de Cholet.

SA MORT

Le « Pardon de Bonchamps »

Dans ses mémoires, Madame de Bonchamps raconte ainsi les derniers moments de son mari : « Monsieur de Bonchamps, après sa blessure, a été transporté à Saint-Florent, où se trouvent 5 000 prisonniers renfermés dans l’église. La religion avait jusqu’alors préservé les Vendéens de représailles sanguinaires ; mais lorsqu’on leur annonça que mon infortuné mari était blessé mortellement, leur fureur égala leur désespoir ; ils jurèrent la mort des prisonniers. Monsieur de Bonchamps avait été porté chez Monsieur Duval, dans le bas de la ville. Tous les officiers de son armée se rangèrent à genoux autour du matelas sur lequel il était étendu, attendant avec anxiété la décision du chirurgien. Mais la blessure ne laissait aucune espérance ; monsieur de Bonchamps le reconnut à la sombre tristesse qui régnait sur toutes les figures. Il chercha à calmer la douleur de ses officiers, demanda avec instance que ses derniers ordres fussent exécutés, et aussitôt il prescrivit que l’on donnât la vie aux prisonniers ; puis se tournant, vers d’Autichamp, il ajouta : « Mon ami, c’est sûrement le dernier ordre que je vous donnerai, laissez-moi l’assurance qu’il sera exécuté ». En effet, cet ordre, donné sur son lit de mort, produisit tout l’effet qu’on en devait attendre ; à peine fut-il connu des soldats que de toutes parts ils s’écrièrent : « Grâce ! Grâce ! Bonchamps l’ordonne ! ». Et les prisonniers furent sauvés ».

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