Les guerres de Vendée – Louis-Marie de Salgues de Lescure

       Dieu le roi                                                                                                           Dieu le roi

LES GUERRES DE VENDÉE

 

LOUIS-MARIE DE SALGUES,

MARQUIS DE LESCURE

(1766-1793)

 

Louis Marie de Lescure

Louis Marie de Lescure

« Le saint du Poitou »

 

Drapeau de l'Armée Catholique et Royale de Vendée

Drapeau de l’Armée Catholique et Royale de Vendée

INTRODUCTION

Les insurgés vendéens, sans préparation, sans expérience des armes, se sont tout de suite préoccupés de se choisir des chefs, des meneurs. C’est ainsi que des hommes tels que Cathelineau et Stofflet, issus des couches populaires, font leur apparition sur la scène vendéenne. Mais pour les guider, ce sont avant tout des seigneurs, anciens militaires et généraux, que les paysans du bocage et du pays de Loire sont allés chercher dans leur gentilhommière. Ces commandants de la première heure vont se comporter avec bravoure, et s’illustrer avec panache sur tout le théâtre du conflit, jusqu’à la mort. Nonobstant, ils vont faillir par leur esprit d’indépendance démesuré, par leur inaptitude à trouver un accord au-delà d’un événement, et par de nombreuses insuffisances sur le terrain. Exceptés peut-être Bonchamps, Royrand et Marigny, tous ne possédaient pas les tactiques et les stratégies nécessaires pour mener au combat des masses d’hommes qui venaient se rassembler spontanément autour d’eux. A leur corps défendant, il n’était certes pas facile de conduire des milliers de paysans qui s’en retournaient chez eux une fois la bataille terminée. De toute évidence, la Vendée a souffert de l’absence d’un véritable chef, à la fois militaire et politique. Il lui fallait un coordinateur sachant organiser ses troupes, fixer les orientations, et exploiter les victoires afin d’en tirer le meilleur profit. Il lui manquait un prince de sang, un Condé.

NAISSANCE

Louis-Marie de Salgues de Lescure est un chef des armées vendéennes. Il naît le 13 octobre 1766 au château de Clisson, à Boismé, près de Bressuire (Deux-Sèvres). Il meurt au combat le 4 novembre 1793 à La Pellerine (Mayenne), à l’âge de 27 ans.

FAMILLE

Il est le fils de Marie-Louis-Joseph de Lescure, seigneur de Clisson (1746-1784), et de Jeanne-Marie de Dufort de Civrac (1748-1766).

Blason de la famille Salgues de Lescure

Blason de la famille Salgues de Lescure

MARIAGE

Louis-Marie de Salgues de Lescure épouse le 27 octobre 1791 sa jeune cousine, Marie Louise Victoire de Donissan de Citran (1772-1857).

Victoire de Donnissan

Victoire de Donnissan

En 1802, devenue veuve, celle-ci épousera Louis du Vergier de La Rochejaquelein (1777-1815), le frère d’Henri, le plus prestigieux des chefs vendéens. Ses mémoires sont restées célèbres.

Louis de La Rochejaquelein

Louis de La Rochejaquelein

DE CETTE UNION NAÎTRONT :

Une fille de  prénom inconnu (née en 1792- morte en ?).

– Joséphine Anne Marie Perrine Julienne de Salgues de Lescure (née le 20 avril 1794, morte le 2 mai 1794 à l’âge de 12 jours).

– Louise de Salgues de Lescure (1794-1795).

JEUNESSE

Lescure était issu d’une famille désargentée. Son père, enclin au libertinage et au jeu, avait dilapidé toute sa fortune ; et c’est lui, son fils, qui héritera de ses dettes … Comme tous les gentilshommes de son époque, il se dirige vers une carrière militaire. Il n’a que 13 ans lorsqu’il entre à l’école militaire ; il en ressortira 3 ans plus tard.

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AVANT LA RÉVOLUTION

Lescure a donc 16 ans lorsqu’il entre dans le monde. C’est un jeune homme très pieux, doté d’une grande énergie et d’une sobriété inégalable. Mais il est bien différent des jeunes gens de son rang. On le décrit comme emprunté, timide et réservé. Dans ce monde précurseur de la Révolution, il apparaît bien seul au milieu d’une société remuante et flamboyante, qui vit dans l’insouciance d’un futur irrémédiable. Sa dévotion est immense, presque sévère, sans aucune ostentation ; tout le contraire des habitudes de cette époque-là. On le définit comme un être curieux, retiré, avec des manières singulières. Mais la plupart reconnaissent son admirable douceur et la bonté dont il use dans ses relations avec ses congénères. Nonobstant, on regrette qu’une telle personne, bien née par sa lignée et par sa position, vouée à un bel avenir, choisisse une destinée autre que celle du succès.

Peu de temps avant la Révolution, il est nommé capitaine et se trouve à la tête d’une compagnie de cavalerie, dans le régiment de Royal-Piémont.

PENDANT LA RÉVOLUTION

 

CHRONOLOGIE DES ÉVÉNEMENTS

Lorsqu’éclate la Révolution, Louis-Marie de Lescure est un jeune officier, doté d’une grande culture. Il n’est pas tout à fait hostile aux bouleversements et aux idées nouvelles qui se répandent parmi le peuple.

1790

– 13 février : les ordres religieux autres qu’enseignants et hospitaliers sont abolis. Les vœux monastiques sont bannis.

– 12 juillet : l’Assemblée adopte la Constitution civile du clergé. La révolution légifère sur la religion.

1791

– janvier : obligation est faite aux prêtres de prêter serment à la Constitution. Cette église constitutionnelle est déclarée schismatique par le pape Pie VI.

JUREURS OU ASSERMENTES : membres du clergé ayant fait allégeance à la Constitution civile du clergé.

 

RÉFRACTAIRES OU INSERMENTÉS : par opposition, ce sont tous ceux qui ont refusé de prêter serment à l’Église Constitutionnelle.

Déjà, à cette époque, l’émigration a commencé. Lescure, comme beaucoup d’autres nobles du Bas-Poitou, décide de ne pas s’expatrier. Cependant, après l’échec de la fuite de la famille royale à Varennes, il émigre dès juin 1791.

Arrestation de Louis XVI et de sa Famille à Varennes

Arrestation de Louis XVI et de sa Famille à Varennes

LE CLIN D’ŒIL

« Fuite de Varennes » (du 20 au 21 juin 1791). Le roi Louis XVI et la reine Marie-Antoinette, ne se sentant plus en sécurité à Paris, s’enfuient à bord d’une berline, déguisés en domestiques. L’équipage est reconnu et arrêté le 21 juin au soir. La famille royale est ramenée sous bonne escorte, contrainte de reprendre la route de Paris. Le 25 juin, le roi et sa suite entrent dans la capitale. Enfermée aux Tuileries, la famille royale est désormais prisonnière du peuple. Dans sa fuite le roi escomptait rejoindre le bastion royaliste de Montmédy, d’où il pensait lancer une contre-offensive. Cette tentative, soldée par un échec, va engendrer de graves conséquences pour la dynastie des Bourbons. La Révolution française va prendre une nouvelle orientation, et des idées de République vont germer dans la pensée du peuple.

1792

– 20 avril : début de la 1ère coalition. Elle prendra fin le 18 octobre 1797 avec la signature du  traité de Campo-Formio. (Fin de la 1ère guerre franco-autrichienne).

– 26 mai : l’assemblée nationale législative signe un décret ordonnant la déportation des prêtres réfractaires.

– 11 juillet : l’assemblée nationale législative proclame « la Patrie en danger ».

– 10 août : Insurrection du peuple de Paris, qui s’empare du Palais des Tuileries. Le roi est suspendu ; c’est la chute de la monarchie.

 

Prise des Tuileries

Prise des Tuileries

Louis-Marie de Lescure est présent ce jour-là pour défendre le roi. A ses côtés, on retrouve son cousin Henri de La Rochejaquelein.

Après l’émeute, il regagne son château de Clisson sur la commune de Boismé, dans le Poitou. Un grand nombre de ses parents et amis viennent s’y réfugier après avoir fui Paris. Il sera arrêté et interné avec sa femme à Bressuire en mars 1793. Quelques jours plus tard, il sera libéré lors de la prise de la ville par les forces vendéennes en rébellion. Dès lors, Lescure va entrer dans la légende et se révéler comme un des premiers grands chefs de cette armée, bientôt renforcée par les paysans de son canton.

LE CLIN D’ŒIL

Surnommé le « Saint du Poitou », Louis-Marie de Lescure était un homme d’une grande piété. Il se battra pour la cause vendéenne avec beaucoup de ferveur et d’abnégation. Cependant, il ne connaîtra pas le succès espéré ; son obstination et son manque d’appréciation amèneront ses troupes à la défaite. Il n’était pas un bon stratège, mais demeurera un bon général tant qu’il n’aura pas à choisir lui-même les orientations de la bataille. Il luttera avec fougue sur tout le théâtre du conflit. Lors de l’attaque de Fontenay, des soldats s’arrêtent devant une croix pour prier, bravant ainsi les ordres de leurs chefs qui leur crient d’avancer… « Laissez-les prier, ordonne Lescure, ils se battront mieux ensuite ». Après sa mort, lorsqu’on le déshabilla pour le mettre en terre, on découvrit qu’il portait un cilice.

Le cilice est une tunique ou une ceinture de crin ou d’étoffe rude, voire de métal, que l’on porte sur la peau pour faire pénitence ou pour s’infliger volontairement des souffrances, afin d’abaisser son corps pour mieux élever son esprit vers la spiritualité, vers sa foi.

 

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PRINCIPAUX CHEFS HISTORIQUES VENDÉENS :

  1. Jacques Cathelineau (1759-1793).
  2. Maurice Gigost d’Elbée (né en 1752- fusillé le 9 janvier1794).  
  3. Charles de Bonchamps (1760-1793).
  4. François Athanase Charette de La Contrie (né en 1763- fusillé le 29 mars 1796).
  5. Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein (1772-1794).
  6. Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure (1766-1793).
  7. Jean-Nicolas Stofflet (né en 1753- fusillé le 25 février 1796).
  8. Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont (né en 1765-guillotiné le 27 janvier1794).
  9. Gaspard Augustin René Bernard de Marigny (1754-1794).

 

 

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PRINCIPAUX COMMANDANTS RÉPUBLICAINS :

  1. Jean Baptiste Camille de Canclaux (1740-1817).
  2. Jean-Michel Beysser (né en 1753- guillotiné le 13 avril 1794).
  3. Jean François Berruyer (1741-1804).
  4. Armand-Louis Gontaut, duc de Biron (né en 1747-guillotiné le 31 décembre 1793).
  5. Alexis François Chalbos (1736-1803).
  6. Jean-Baptiste Kléber (1753-1800).
  7. François Séverin Marceau-Desgraviers (1769-1796).
  8. François Nicolas Benoit Haxo (1749-1794).
  9. François-Joseph Westermann (né en 1751- guillotiné le 5 avril 1794).
  10. Antoine-Joseph Santerre (1752-1809).
  11. Louis Marie Turreau de Lignières, dit Turreau de Garambouville (1756-1816).
  12. Louis Lazare Hoche (1768-1797).

 

 

 

 

 index

FAITS D’ARMES ET PARTICIPATION

AUX BATAILLES

 

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1793

MAI

– Le 5 : prise de Thouars.

Victoire des « Blancs » commandés par Jacques Cathelineau, Charles de Bonchamps, Henri de La Rochejaquelein, et Louis de Lescure. La ville était défendue par l’armée des « Bleus » de Pierre Quétineau (né en 1756-guillotiné le 17 mars 1794). Les villes de Bressuire et de Parthenay sont investies par les Vendéens.

 

Chute de Thouars ! En avançant le long de la Loire, les insurgés vendéens passent près d’Angers, mais progressent aussi plus au sud, et le 5 mai s’emparent de Thouars. Puis, le 25 mai, ce sera au tour de Fontenay-le- Comte de chuter. Mais leur marche en avant vers l’est a atteint son point extrême et l’Armée Catholique Royale ne franchira guère la ligne Saumur-Thouars-Parthenay.

– Le 13 : bataille de la Châtaigneraie.

Victoire des forces vendéennes placées sous les ordres de Maurice Gigost d’Elbée, de Louis de Lescure, de Jacques Cathelineau, d’Henri de La Rochejaquelein, et de Jean-Nicolas Stofflet, face à l’armée républicaine commandée par le général Alexis François Chalbos.

– Le 16 : 1ère bataille de Fontenay le Comte.

Victoire républicaine du général révolutionnaire Alexis François Chalbos, face à l’armée insurgée des « Blancs » commandée par Jacques Cathelineau, La Rochejaquelein, Lescure, d’Elbée, Stofflet, et Gaspard de Marigny.

– le 25 : 2ème bataille de Fontenay le Comte. La rébellion, partie des Mauges, se répand dans le sud de l’actuelle Vendée. La ville de Fontenay le Comte, commune d’importance dans la région, est prise par les « Blancs ».

Victoire des Vendéens, commandés par Lescure, Jacques Cathelineau, La Rochejaquelein, Stofflet et Gaspard de Marigny, face aux forces républicaines placées sous les ordres des généraux républicains Alexis François Chalbos et  Jean-Baptiste Nouvion (1753-1825).

 

Fontenay le Comte

Fontenay le Comte

JUIN

– Le 7 : bataille de Doué.

Début juin les forces Vendéennes lancent une offensive sur Saumur. Sur leur itinéraire ils s’emparent de Doué-la-Fontaine et de Montreuil- Bellay.

Victoire des forces vendéennes, placées sous les ordres des généraux Jacques Cathelineau, La Rochejaquelein, Lescure, Stofflet, Jacques-Nicolas de Fleuriot de La Freulière (1738-1824), Jean-Baptiste-Louis-Étienne de Dommaigné (1749-1793) et Gaspard de Marigny, face aux troupes républicaines (les Bleus), placées sous les ordres de François Leigonyer (1740-1807).  

 

Jean-Louis de Dommaigné

Jean-Louis de Dommaigné

Chute de Saumur ! Le 9 juin, l’armée des « Blancs » s’empare de Saumur. C’est alors qu’il est décidé de franchir la Loire. Jusqu’alors, la marche en avant des insurgés vendéens avait eu pour limite le nord du grand fleuve, alors qu’au sud elle avait atteint Fontenay-le-Comte. Les chefs délibèrent alors : est-il préférable de prolonger leur contrôle sur tout l’Ouest, ou bien faut-il remonter le cours de la Loire en direction de Tours, puis marcher sur Paris ? Finalement, ce sera Nantes ! Mais si Angers tombera sans trop de difficultés, il n’en sera pas de même pour Nantes, qui s’accrochera solidement et résistera aux Vendéens.

– Le 8 : bataille de Montreuil-Bellay.

Victoire de l’armée vendéenne commandée par Louis de Lescure, Jacques Cathelineau, La Rochejaquelein, Jacques-Nicolas de Fleuriot de La Freulière (1738-1824), Stofflet, Jean-Baptiste-Louis-Étienne de Dommaigné (1749-1793) et Gaspard de Marigny, face aux troupes républicaines placées sous les ordres de François Nicolas de Salomon (1739-1799) et de Jean Antoine Rossignol (1759-1802).

Jean Antoine Rossignol

Jean Antoine Rossignol

– Le 9 : bataille de Saumur. La ville est prise d’assaut par les forces vendéennes de l’Armée catholique et royale.

Dans ses mémoires, Poirier de Beauvais (1750-1826) dresse ce portrait de Lescure : « D’une piété mystique, on l’appelle «le saint du Poitou ». Tout le Bressuirais lui obéit. Mais on lui reproche une certaine fierté, « la conviction qu’il avait lui-même qu’il faisait bien ».

Victoire des forces vendéennes, les « Blancs », commandées par Jacques Cathelineau, La Rochejaquelein, Lescure, Stofflet, Jacques-Nicolas de Fleuriot de La Freulière (1738-1824), Jean-Baptiste-Louis-Étienne de Dommaigné (1749-1793) et Gaspard de Marigny, face aux troupes républicaines placées sous les ordres des généraux républicains « Bleus » de Jacques-François de Menou, baron de Boussay (1750-1810), Charles François Duhoux d’Hauterive (1736-1799), Antoine-Joseph Santerre (1752-1809), Louis-Alexandre Berthier (1753-1815), et Guy Coustard de Saint-Lo (1752-1825).

– Le 12 : Jacques Cathelineau est élu premier généralissime des insurgés vendéens.

Jacques Cathelineau généralissime ! L’Armée vendéenne, qui est devenue « Armée catholique et royale », se donne comme chef Jacques Cathelineau. Avec ce général à son image, simple colporteur et sacristain de Pin-en-Mauges, le soulèvement vendéen va commencer par une succession de victoires. Désormais nanti du titre de « généralissime », Cathelineau va organiser ses forces avec, à ses côtés, des militaires nobles tels que La Rochejaquelein, François Athanase Charette de La Contrie ou Maurice Gigost d’Elbée.

– Le 25 : bataille de Parthenay.

Victoire et prise de la ville par les forces républicaines commandées par François-Joseph Westermann, face à l’armée vendéenne placée sous les ordres de Louis-Marie de Lescure.

« Il unissait à une admirable piété une grande bravoure, ce qui faisait que, tout en s’exposant avec intrépidité, il évitait toujours de verser du sang. Il portait souvent pendu à son côté un grand sabre remarquable par son ancienneté. Ses pistolets étaient rarement chargés. S’il poursuivait les fuyards, il les excitait à fuir promptement, pour éviter d’être tués. Personne n’était plus humain. Il a sauvé infiniment de prisonniers de la mort. S’il donnait son avis, c’était toujours par de bon motif ; mais on lui reprochait la chaleur avec laquelle il soutenait son opinion dans le conseil, ce qui peut quelquefois entraîner autant que la solidité des raisons. » Comtesse de La Bouëre, Mémoires.

JUILLET

– Le 3 : bataille de Moulin-aux-Chèvres.

Victoire des forces républicaines placées sous les ordres de François-Joseph Westermann, face aux troupes vendéennes commandées par La Rochejaquelein, Lescure et Stofflet

– Le 19 : l’armée nomme d’Elbée généralissime ; on attendait Charles de Bonchamps et c’est d’Elbée qui est élu. Aussitôt, il quadrille la Vendée en quatre divisions. Chacune a son territoire et son chef.

DIVISION GÉNÉRAL ADJOINT
L’Anjou Charles de Bonchamps Charles-Marie d’Autichamp
Le Poitou Louis-Marie Lescure La Rochejaquelein
Le Centre Charles de Royrand Chevalier de Cumont
La Basse Vendée Guy Joseph de Donissan Charrette de La Contrie

D’Elbée confie à Poirier de Beauvais (1750-1826) : « Je ne suis pas à ma place ; il est un autre homme qu’on aurait dû faire généralissime et toutes nos affaires eussent prospéré !… Il faut être obéi, et je ne le suis pas. C’est là, n’en doutez pas, le vrai motif pour lequel on n’a pas nommé Monsieur de Bonchamps. On est convaincu qu’il est plus militaire que je ne le suis, mais aussi qu’il a plus de fermeté, et qu’avec moi l’on fera ce que l’on voudra, parce qu’on suppose que je n’irai point sévir contre des gens qui marquent par leur naissance, leurs propriétés et leur influence. Oui, si Monsieur de Bonchamps était à ma place tout irait bien ; dans ce cas, je me ferais honneur d’être son aide de camp ».

– Le 5 : bataille de Châtillon.

Victoire des forces vendéennes, les « Blancs », commandées par La Rochejaquelein, Lescure, Stofflet, Gaspard de Marigny, et Bonchamps, face à l’armée républicaine placée sous les ordres de François-Joseph Westermann.

– Le 15 : bataille de Martigné-Briand.

Victoire de l’armée républicaine placée sous les ordres de Jacques Marguerite Pilotte de La Barollière (1746-1827), face aux forces vendéennes commandées par La Rochejaquelein, Lescure, Gaspard de Marigny, et Bonchamps.

Jacques Marguerite Pilotte de La Barollière (1746-1827) était un général de la Révolution et de l’Empire. Le 16 octobre 1803, il fut le premier à recevoir la légion d’honneur par Napoléon 1er.

Tous mes remerciements à Monsieur Daniel Pilotte de La Barollière pour m’avoir fourni ces précieuses informations concernant son aïeul.

Le 30 : 2ème bataille de Luçon.

Victoire des forces républicaines commandées par le général Augustin Tuncq (1746-1800), face aux troupes vendéennes placées sous les ordres des chefs La Rochejaquelein, d’Elbée, Lescure, Antoine-Philippe de la Trémoille et Charles Augustin de Royrand (1731-1793).

Bataillon carré Républicain au combat à Luçon

Bataillon carré Républicain au combat à Luçon

AOÛT

Le 14 : 3ème bataille de Luçon.

Défaite des forces vendéennes placées sous les ordres des chefs La Rochejaquelein, d’Elbée, Lescure, Gaspard de Marigny, Jean-Baptiste Joly (né en 1750 ou 1760-mort en 1796), Charrette de La Contrie, Antoine-Philippe de la Trémoille et Charles Augustin de Royrand (1731-1793).

Après la victoire de Chantonnay, d’Elbée est reconduit comme généralissime. Il n’obtient pas toutes les faveurs de ses condisciples mais reste cependant le chef de l’armée. Il procède à un nouveau remaniement de ses forces.

DIVISION GÉNÉRAL
L’Anjou et le Poitou Maurice Gigost d’Elbée
Pays de Retz et Marais François Athanase Charrette de La Contrie
De la Loire à Saumur Charles de Bonchamps
Les Mauges Henri du Vergier de La Rochejaquelein
Le Nord Deux-Sèvres Louis-Marie de Salgues Lescure
Le bocage vendéen Charles de Royrand
La cavalerie Antoine Philippe de la Trémoile,Talmont
Major général Jean-Nicolas Stofflet

SEPTEMBRE

– Le 19 : bataille de Torfou-Tiffauges.

Victoire des forces de l’Armée catholique et royale commandée par les généraux d’Elbée, Lescure, Charrette de La Contrie, Charles Augustin de Royrand (1731-1793) et Charles de Bonchamps, face à l’armée républicaine placée sous les ordres des généraux Jean-Baptiste Kléber, Louis Antoine Vimeux (1737-1814), Boüin de Marigny (1766-1793), Jean Baptiste Camille de Canclaux, et Jean Baptiste Annibal Aubert du Bayet (1757-1797).

Bataille de Torfou Tiffauge

Bataille de Torfou Tiffauge

– Le 21 : bataille de Montaigu.

Victoire de l’armée vendéenne commandée par Louis de Lescure, François Athanase Charette de La Contrie et Jean-Baptiste Joly (né en 1750 ou 1760-mort en 1796), face aux forces républicaines dirigées par Jean-Michel Beysser.

– Le 22 : bataille de Saint-Fulgent.

Victoire des forces vendéennes commandées par Louis de Lescure, François Athanase Charette de La Contrie et Jean-Baptiste Joly (né en 1750 ou 1760-mort en 1796), face aux forces républicaines dirigées par Jean Quirin de Mieszkowski (1744-1819).

OCTOBRE

La Rochejaquelein est un chef courageux, fougueux et plein d’audace. Il deviendra le généralissime des forces armées vendéennes en octobre 1793 ; ses hommes le surnommeront l’ « intrépide ». Il donne sans compter de sa personne, bataille toujours en premières lignes, et brave le danger inutilement. Lors des conseils d’état-major, il demeure silencieux et s’endort parfois. Quand on l’accuse de ne point participer aux décisions de l’assemblée, il répond :

« Pourquoi veut-on que je sois un général ? Je ne veux être qu’un hussard pour avoir le plaisir de me battre ».

– Le 9 : 2ème bataille de Moulin-aux-Chèvres.

Victoire de l’armée républicaine placée sous les ordres des généraux Alexis François Chalbos, François-Joseph Westermann, François Chambon (né en 1744- mort au cours de la bataille), et François Muller (1764-1808), face aux forces vendéennes commandées par La Rochejaquelein, Lescure, et Stofflet.

Bataille de Moulin aux Chèvres

Bataille de Moulin aux Chèvres

– Le 11 : 2ème bataille de Châtillon.

Bataille indécise entre les forces républicaines commandées par Alexis François Chalbos, François-Joseph Westermann, René François Lecomte (né en 1764- 1793, mort lors de la bataille), et François Muller (1764-1818), face à l’Armée catholique et royale sous les ordres de Maurice Gigost d’Elbée, Louis de Lescure, Henri de La Rochejaquelein Charles de Bonchamps et  Jean-Nicolas Stofflet. La ville sera mise à sac par Westermann.

Bataille de Châtillon

Bataille de Châtillon

– Le 15 : Bataille de La Tremblaye.

Victoire des forces républicaines commandées par Antoine Marie Bard (1759-1837), Armand-Michel Bacharetie de Beaupuy (1755-1796) et François Séverin Marceau-Desgraviers, face à l’armée catholique royale de Vendée placée sous les ordres des généraux « Blancs » Maurice Gigost d’Elbée, Louis de Lescure, Charles de Bonchamps, et Charles Augustin de Royrand (1731-1793).

Louis de Lescure est mortellement blessé lors de la bataille ; il succombera à ses blessures le 4 novembre 1793.

Lescure blessé à la bataille de La Tremblaye

Lescure blessé à la bataille de La Tremblaye

Son épouse, Marie Louise Victoire de Donissan de Citran (1772-1857), future mémorialiste, dresse ce portrait dans ses mémoires : « M. de Lescure avait une bravoure qui ne ressemblait pas à celle de son cousin; elle ne l’écartait jamais de son sang-froid accoutumé; et même, lorsqu’il se montrait téméraire, il ne cessait pas d’être grave et réfléchi. Il était l’officier le plus instruit de l’armée. Toujours il avait eu du goût pour les études militaires, et s’y était livré avec zèle. Il avait lu tous les livres de tactique. Lui seul entendait quelque chose à la fortification; et quand on attaquait les retranchements des républicains, ses conseils étaient nécessaires à tout le monde. Il était aimé et respecté mais on lui trouvait de l’obstination dans les conseils. Pour son humanité, elle avait quelque chose d’angélique et de merveilleux. Dans une guerre où les généraux étaient soldats et combattaient au corps à corps, pas un homme n’a reçu la mort de la main de M. Lescure ; jamais il n’a laissé périr ou maltraiter un prisonnier, tant qu’il a pu s’y opposer, même dans un temps ou les massacres effroyables des républicains entraînaient les plus doux de nos officiers à user quelquefois de représailles. Un jour, un homme tira sur lui à bout portant; il écarta le fusil et dit « Emmenez ce prisonnier. » Les paysans indignés le massacrèrent derrière lui. Il se retourna et s’emporta avec une colère que jamais on ne lui avait vue. C’est la seule fois, m’a-t-on dit, qu’il avait proféré un jurement. Le nombre des gens à qui il a sauvé la vie est prodigieux : aussi sa mémoire est-elle chérie et vénérée de tous les partis dans la Vendée. De tous ceux qui se sont illustrés dans cette guerre, aucun n’a acquis une gloire plus pure. MM. de La Rochejaquelein et de Lescure étaient unis comme deux frères; leurs noms allaient toujours ensemble; leur amitié était célèbre dans l’armée. Avec un caractère différent, ils avaient la même simplicité, la même douceur, la même absence d’ambition et de vanité. Henri disait : « Si nous rétablissons le roi sur le trône, il m’accordera bien un régiment de hussards. » M. de Lescure ne formait pas des souhaits moins modestes. »

 

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