Les guerres de Vendée – Antoine-Philippe de La Trémoille

                                                                                                                 

LES GUERRES DE VENDÉE

Drapeau de l'Armée Catholique et Royale de Vendée

Drapeau de l’Armée Catholique et Royale de Vendée

 

ANTOINE-PHILIPPE DE

LA TREMOILLE

PRINCE DE TALMONT

(1765-1794)

 

Antoine-Philippe de la Trémoille

Antoine-Philippe de la Trémoille

« LE CAPET DES BRIGANTS »

 

 

INTRODUCTION

Les insurgés vendéens, sans préparation, sans expérience des armes, se sont tout de suite préoccupés de se choisir des chefs, des meneurs. C’est ainsi que des hommes tels que Cathelineau et Stofflet, issus des couches populaires, font leur apparition sur la scène vendéenne. Mais pour les guider, ce sont avant tout des seigneurs, anciens militaires et généraux, que les paysans du bocage et du pays de Loire sont allés chercher dans leur gentilhommière. Ces commandants de la première heure vont se comporter avec bravoure, et s’illustrer avec panache sur tout le théâtre du conflit, jusqu’à la mort. Nonobstant, ils vont faillir par leur esprit d’indépendance démesuré, par leur inaptitude à trouver un accord au-delà d’un événement, et par de nombreuses insuffisances sur le terrain. Exceptés peut-être Bonchamps, Royrand et Marigny, tous ne possédaient pas les tactiques et les stratégies nécessaires pour mener au combat des masses d’hommes qui venaient se rassembler spontanément autour d’eux. A leur corps défendant, il n’était certes pas facile de conduire des milliers de paysans qui s’en retournaient chez eux une fois la bataille terminée. De toute évidence, la Vendée a souffert de l’absence d’un véritable chef, à la fois militaire et politique. Il lui fallait un coordinateur sachant organiser ses troupes, fixer les orientations, et exploiter les victoires afin d’en tirer le meilleur profit. Il lui manquait un prince de sang, un Condé.

NAISSANCE

Antoine-Philippe de La Trémoille est un chef des armées vendéennes. Il naît le 27 septembre 1765 à Paris, et meurt guillotiné le 27 janvier 1794, à Laval (Mayenne).

FAMILLE : Maison de la Trémoille.

Blason de la famille de La Trémoille

Blason de la famille de La Trémoille

Il est le fils de Jean-Bretagne-Charles-Godefroy de La Trémoille (1737-1792), 8ème Duc de Thouars en 1741, pair de France, prince de Tarente, comte de Laval, de Vitré et de Montfort, et dernier baron de Montreuil-Bellay. Il sera également brigadier, puis maréchal de camp des armées du roi, et chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis en 1740.

Sa mère est la princesse Marie-Maximilienne de Salm-Kyrbourg (1744, 1790), fille du prince souverain Philipp Joseph de Salm-Kyrburg (1709-1779) et de Maria Theresia von Hornes (1725-1783).

DE CETTE UNION NAÎTRONT :

– Charles Bretagne Marie Joseph (1764 – 1839).

– Antoine Philippe (1765 – 1794).

– Charles Godefroy Auguste (1765 – 1794).

– Louis Stanislas Kostka (1767 – 1837).

MARIAGE

Le 23 janvier 1785, Antoine-Philippe de la Trémoille épouse Henriette-Louise-Françoise-Angélique d’Argouges (1767-1831).

DE CETTE UNION NAÎTRA UN FILS : Charles Léopold de la Trémoille (1787-1815).

L’HOMME

Jusqu’en 1791, le jeune Prince de Talmont se distingue par son caractère fort dissipé. Il adhère à une conjuration contre-révolutionnaire dans le Poitou, la Confédération poitevine. Mais c’est un échec. Et pour mieux contrôler les intérêts de son mouvement, il émigre vers l’Angleterre dès les débuts de la Révolution. Là, il rejoint le comte d’Artois (futur Charles X), et devient son d’aide de camp. Puis il rentre en France et regagne ses terres d’Anjou.

En 1793, le Prince de Talmont est arrêté et écroué à Angers. Lorsque le 18 juin les « Blancs » occupent la ville évacuée par les « Bleus », il recouvre sa liberté et décide alors de rallier l’armée catholique et royale. Il n’a que 28 ans et c’est déjà un homme usé avant l’âge. Ce Prince aux mœurs confuses est atteint par la goutte, mais il est courageux et zélé. Eu égard à son rang il est nommé, dès son arrivée, général en chef de la cavalerie à la place du général Henri Forestier, et prend part au Conseil supérieur de l’armée. L’armée vendéenne est honorée de compter dans ses rangs un homme si illustre, et sa présence procure une grande sensation. Ce prince au nom prestigieux s’affiche comme l’héritier d’une famille gouvernant dans le Maine et en Anjou sur plus de 300 paroisses.

Affichant frivolité et désinvolture, doté d’une belle apparence provocatrice, Talmont se montre peu respectueux de la religion. Ces manières, jugées non conformes, vont vite susciter la méfiance de ses congénères. L’insuffisance de son discernement et sa faible intelligence ne seront pas à la hauteur de ses prétentions.

Dieu le roi

Dieu le roi

PRINCIPAUX CHEFS HISTORIQUES VENDÉENS :

  1. Jacques Cathelineau (1759-1793).
  2. Maurice Gigost d’Elbée (né en 1752- fusillé le 9 janvier1794).  
  3. Charles de Bonchamps (1760-1793).
  4. François Athanase Charette de La Contrie (né en 1763- fusillé le 29 mars 1796).
  5. Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein (1772-1794).
  6. Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure (1766-1793).
  7. Jean-Nicolas Stofflet (né en 1753- fusillé le 25 février 1796).
  8. Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont (né en 1765-guillotiné le 27 janvier1794).
  9. Gaspard Augustin René Bernard de Marigny (1754-1794).

 

Dieu le roi

Dieu le roi

 

PRINCIPAUX COMMANDANTS RÉPUBLICAINS :

  1. Jean Baptiste Camille de Canclaux (1740-1817).
  2. Jean-Michel Beysser (né en 1753- guillotiné le 13 avril 1794).
  3. Jean François Berruyer (1741-1804).
  4. Armand-Louis Gontaut, duc de Biron (né en 1747-guillotiné le 31 décembre 1793).
  5. Alexis François Chalbos (1736-1803).
  6. Jean-Baptiste Kléber (1753-1800).
  7. François Séverin Marceau-Desgraviers (1769-1796).
  8. François Nicolas Benoit Haxo (1749-1794).
  9. François-Joseph Westermann (né en 1751- guillotiné le 5 avril 1794).
  10. Antoine-Joseph Santerre (1752-1809).
  11. Louis Marie Turreau de Lignières, dit Turreau de Garambouville (1756-1816).
  12. Louis Lazare Hoche (1768-1797).

 

 

 

 

 

FAITS D’ARMES ET PARTICIPATION

AUX BATAILLES

1793

JUIN

– Le 29 : bataille de Nantes.

Défaite des « Blancs » de l’Armée catholique et royale à Nantes. Jacques Cathelineau est gravement blessé ; il mourra des suites de ses blessures le 14 juillet 1793. Cet échec des « Blancs » marque un tournant crucial dans l’Histoire du soulèvement vendéen.

Siège de Nantes 1793

Siège de Nantes 1793

« Le siège de Nantes est peut-être l’événement militaire le plus important de notre Révolution. Peut-être les destinées de la République étaient-elles attachées à la résistance de cette ville. » Cité par Louis Marie Turreau de Lignières, dit Turreau de Garambouville (1756-1816).

 

Général Turreau Louis Marie

Général Turreau Louis Marie

Victoire des forces républicaines placées sous les ordres de René-Gaston Baco de la Chapelle (1751-1800, maire de Nantes au moment de l’assaut vendéen), de Jean Baptiste Camille de Canclaux et de Jean-Michel Beysser, face à l’Armée catholique et royale commandée par Jacques Cathelineau, Charette de La Contrie, Charles de Bonchamps, d’Elbée, Stofflet, François Jean Hervé Lyrot (1732-1793) et Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont.

Résistance à Nantes ! Après la chute d’Angers, Jacques Cathelineau et l’Armée Catholique Royale atteignent les portes de Nantes. Mais la population résiste. Elle a pris le parti de se défendre et attend résolument l’affrontement. Répartis au nord et au sud de la cité, les 30 000 soldats des colonnes vendéennes vont devoir se battre contre 12 000 citadins prêts à en découdre. Les Nantais, mieux organisés bien qu’en infériorité numérique, parviendront à repousser les royalistes, qui abandonneront la bataille et feront retraite. Le grand chef Jacques Catelineau est blessé au cours de l’assaut ; il mourra le 14 juillet suivant. Cette bataille marque le tournant de la guerre, et la progression des vendéens est momentanément ralentie. Certes les « Blancs » subissent un échec cuisant, mais à Paris l’on prend conscience du poids de la menace. Dans la capitale, à la Convention, dorénavant dirigée par Robespierre « l’incorruptible », l’on réfléchit sérieusement à la riposte.

 – Le 12 : Jacques Cathelineau est élu premier généralissime des insurgés vendéens.

 JUILLET

– Le 5 : bataille de Châtillon.

Victoire des forces vendéennes, les « Blancs », commandées par La Rochejaquelein, Lescure, Stofflet, Antoine-Philippe de la Trémoille, Gaspard de Marigny, et Bonchamps, face à l’armée républicaine placée sous les ordres de François-Joseph Westermann.

– Le 30 : 2ème bataille de Luçon.

Victoire des forces républicaines commandées par le général Augustin Tuncq (1746-1800), face aux troupes vendéennes placées sous les ordres des chefs La Rochejaquelein, d’Elbée, Lescure, Antoine-Philippe de la Trémoille et Charles Augustin de Royrand (1731-1793).

 

Bataillon carré Républicain au combat à Luçon

Bataillon carré Républicain au combat à Luçon

AOÛT

Le 14 : 3ème bataille de Luçon.

Défaite des forces vendéennes placées sous les ordres des chefs La Rochejaquelein, d’Elbée, Lescure, Gaspard de Marigny, Jean-Baptiste Joly (né en 1750 ou 1760-mort en 1796), Charrette de La Contrie, Antoine-Philippe de la Trémoille et Charles Augustin de Royrand (1731-1793).

SEPTEMBRE

Après la victoire de Chantonnay, d’Elbée est reconduit comme généralissime. Il n’obtient pas toutes les faveurs de ses condisciples mais reste cependant le chef de l’armée. Il procède à un nouveau remaniement de ses forces.

DIVISION GÉNÉRAL
L’Anjou et le Poitou Maurice Gigost d’Elbée
Pays de Retz et Marais François Athanase Charrette de La Contrie
De la Loire à Saumur Charles de Bonchamps
Les Mauges Henri du Vergier de La Rochejaquelein
Le Nord Deux-Sèvres Louis-Marie de Salgues Lescure
Le bocage vendéen Charles de Royrand
La cavalerie Antoine Philippe de la Trémoile,Talmont
Major général Jean-Nicolas Stofflet

 

 

VIRÉE DE GALERNE

(Du 18 octobre au 23 décembre 1793)

 

OCTOBRE

– Le 17 : 2ème Bataille de Cholet.

Déroute des « Blancs » de l’Armée catholique et royale commandée par les généraux d’Elbée, Charles de Bonchamps, La Rochejaquelein, Stofflet, Royrand (1731-1793), Bernard de Marigny, Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont, François Jean Hervé Lyrot (1732-1793) et  Piron de La Varenne (1755-1794), face à l’Armée républicaine placée sous les ordres des généraux Jean Léchelle (1760-1793), Jean-Baptiste Kléber, Marceau-Desgraviers, Michel de  Beaupuy (1755-1796), Nicolas Haxo, Louis Antoine Vimeux (1737-1814), Marc Scherb (1747-1838), Antoine Bard (1759-1837), Alexis Chalbos, François Muller (1764-1808), et François-Joseph Westermann.

Les chefs vendéens Maurice Gigost d’Elbée et Charles de Bonchamps sont grièvement blessés lors de la bataille.

– Les « Blancs » reculent sur Beaupréau.

Défaite à Cholet ! Presque sept mois jour pour jour après avoir été victorieux le 14 mars à Cholet, les vendéens essuient dans la même ville une cuisante défaite. La cité est reconquise par des Républicains en surnombre. La défaite se transforme vite en débâcle et 30 000 Vendéens, suivis de leurs familles, refluent à quarante kilomètres au nord de Cholet pour franchir la Loire. Dans la soirée et la nuit du 18 au 19 octobre, ils seront entre 60 000 et 100 000 à traverser le grand fleuve pour se diriger vers la Bretagne. Commence alors la « Virée de Galerne» (définition celte d’un vent de nord-ouest). Le but avoué des « Blancs » est de faire la jonction avec les Chouans et de se diriger sur Granville en passant par Laval. Là ils attendront, dans le port normand, la flotte anglaise promise et les renforts tant espérés.

– Le 18 : entre 60 000 à 100 000 Vendéens passent la Loire. Mort de Bonchamps.

– Le 20 : début de la « Virée de Galerne ». Henri de La Rochejaquelein est nommé général en chef en remplacement de Maurice Gigost d’Elbée, blessé le 17 lors de la bataille de Cholet.

– Le 27 : bataille d’Entrammes.

Jean Chouan

Jean Chouan

Victoire de l’Armée vendéenne et chouanne, les « Blancs », commandée par les chefs Henri de La

Bataille d'Entrammes

Bataille d’Entrammes

Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet, Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont, Bernard de Marigny, Charles de Royrand (1731-1793), et Jean Chouan (1757-1794), face à l’armée républicaine des « Bleus », placée sous les ordres des généraux républicains Jean Léchelle (1760-1793), Jean-Baptiste Kléber, Michel de  Beaupuy (1755-1796), François-Joseph Westermann, Alexis Chalbos, François Muller (1764-1808), Louis Thévenet dit Danican (1764-1848), et Louis Blosse (né en 1753-1793, mort au cours de la bataille). 

NOVEMBRE

– Le 3 : bataille de Fougères.

Victoire de l’armée vendéenne et chouanne placée sous les ordres des chefs La Rochejaquelein, Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont et Jean-Nicolas Stofflet, face aux forces républicaines dirigées par l’adjudant général Simon-Pierre Brière.

Bataille de Fougères

Bataille de Fougères

– Du 20 au 22 : bataille de Dol.

Victoire de l’Armée vendéenne, sous les ordres des généraux Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet, Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont, et Henri Forestier (1775-1806), face à l’armée républicaine commandée par les généraux  Jean-Antoine Rossignol (1759-1802), Marceau-Desgravier, François-Joseph Westermann, Jean-Baptiste Kléber, François Muller (1764-1808) et Boüin de Marigny (1766-1793).

– Le 28 : Louis Marie Turreau remplace Jean Léchelle (1760-1793).

DÉCEMBRE

– Le 3 : bataille d’Angers.

Défaite des forces royalistes commandées par les chefs Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet et Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont, face à l’armée républicaine placée sous les ordres des généraux Louis Thévenet, dit Danican (1764-1848), Jean-Pierre Boucret (1764-1820), Michel de  Beaupuy (1755-1796), et Boüin de Marigny (né en 1766, mort lors du siège de la ville, frappé par un boulet de canon).

– Le 5 : mort de Charles de Royrand (1731-1793).

– Du 12 au 13 : bataille du Mans.

Victoire décisive de l’armée républicaine commandée par Marceau-Desgravier, Jean-Baptiste Kléber, François-Joseph Westermann, François Muller (1764-1808), Jacques Louis François de Tilly (1749-1822), Henri-Pierre Delaage (1766-1840), François Carpantier (1751-1813), face aux forces vendéennes et chouannes placées sous les ordres des chefs Henri de La Rochejaquelein , Stofflet, Antoine-Philippe de la Trémoille, Henri Forestier (1775-1806), Bernard de Marigny, François Jean Hervé Lyrot (1732-1793), Charles de Beaumont, d’Autichamp (1770-1859).

Bataille du Mans

Bataille du Mans

– Le 23 : massacres de Savenay. C’est la fin de la « Virée de Galerne ».

Les rescapés de l’Armée royale catholique sont exterminés à Savenay par la « fureur meurtrière » des « Bleus » républicains. Seuls 4 à 5000 survivants réussissent à traverser la Loire, avec à leur tête Henri de La Rochejaquelein et Jean-Nicolas Stofflet. La « virée de Galerne » est terminée.

Savenay, un rendez-vous avec la mort. La défaite du Mans entraîne une débâcle des restes de l’armée des « Blancs ». Entre 15 à 20 000 rescapés de la « Virée de Galerne » essaient par tous les moyens de rentrer dans leurs foyers. Mais leurs ennuis ne sont pas terminés : ils doivent franchir un écueil important, la Loire. L’armée républicaine, commandée par Kléber, Marceau et Westermann, est à leurs trousses. Les Royalistes sont bientôt rejoints à Savenay, près de Nantes. Les ordres des « Bleus » sont précis : ils doivent exterminer tous les contre-révolutionnaires qu’ils trouveront sur leur chemin. Le massacre est sans précédent ; on dénombrera environ 15 000 corps vendéens jonchant le sol ensanglanté de Savenay et des terres environnantes. Seuls 4000 hommes arrivent à prendre la fuite et à échapper au carnage. Ainsi prend fin la période des grandes batailles de Vendée, mais la guerre n’est pas pour autant finie. Ce qui va suivre sera particulièrement atroce, avec les exactions des « colonnes infernales de Turreau » qui vont affronter les forces de Charrette et de Stofflet dans un combat d’anéantissement.

Savenay Croix des Vendeens

Savenay Croix des Vendéens

Pertes vendéennes à Savenay :

– Entre 3000 et 7000 morts au combat ou exécutés sommairement. On dénombrera avant la bataille entre 4000 et 6000 non-combattants (blessés, femmes, enfants…)

– 662 prisonniers seront fusillés, 1679 femmes et enfants prisonniers seront exécutés lors des fusillades et noyades de Nantes.

Pertes républicaines à Savenay:

– On dénombrera 30 morts et 200 blessés.

Lettre adressée au Comité de Salut Public par François-Joseph Westermann, appelé « le boucher des Vendéens » :

« Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m’aviez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les sabots des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. (…) Mes hussards ont tous à la queue de leurs chevaux des lambeaux d’étendards brigands. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que, sur plusieurs endroits, ils font pyramides. On fusille sans cesse à Savenay, car à chaque instant il arrive des brigands qui prétendent se rendre prisonniers. Kléber et Marceau ne sont pas là. Nous ne faisons pas de prisonniers, il faudrait leur donner le pain de la liberté et la pitié n’est pas révolutionnaire. »

 

1794

LA FIN DU PRINCE

De son côté, le Antoine-Philippe de la Trémoille s’accroche au terrain et lutte désespérément avec les restes de l’Armée catholique et royale qui n’ont pas pu repasser la Loire, puis il rejoint La Rochejaquelein qui, de même que les principaux chefs vendéens, a réussi à traverser le fleuve.  

Après avoir franchi la Loire à Ancenis, les Royalistes se retrouvent séparés de leurs chefs. C’est ainsi que Jacques-Nicolas de Fleuriot de La Freulière (1738-1824), préféré au Prince de Talmont, est nommé à la tête des débris de l’armée Vendéenne. Le 23 décembre, ses faibles forces sont défaites et massacrées à la bataille de Savenay. Malgré tout, Fleuriot parvient à se soustraire au carnage et à traverser le fleuve où il rallie les troupes de Charrette de la Contrie.

Blessé de ne pas avoir été choisi plutôt que Fleuriot, le Prince de Talmont, se croyant délié de ses engagements, abandonne l’armée et part rejoindre Jean Chouan en Mayenne. Mais, faute de renseignements précis donnés par les bretons de Joseph de Puisaye  (1755-1827), le chef de la Chouannerie en Bretagne, il continue sa route vers la Normandie

Joseph de Puisaye

Joseph de Puisaye

Le 31 décembre, alors qu’il erre dans un champ, déguisé en paysan, à proximité de Laval et de Fougères, Antoine-Philippe de la Trémoille est arrêté. Il est surpris par une patrouille de Républicains de la garde nationale de la Bazouge-du-Désert. Une fois identifié, il est transféré à Rennes le 2 janvier 1794, où il est enchaîné et jeté au cachot. Il y subira un long interrogatoire au cours duquel il demandera, par lettre à la Convention, son transfert à Paris.

– « Je suis le prince de Talmont. 88 combats avec les Bleus ne m’ont pas effrayé, je saurai mourir comme j’ai vécu. »

Le représentant du peuple lance :

– « Tu es un aristocrate et moi un patriote.

Antoine répond :

– Fais ton métier, je fais mon devoir. »

Le Prince étant atteint par le typhus, l’on craint qu’il ne meure en prison. Il est conduit à Laval le 27 janvier presque mourant. (Il a été dit que Jean Chouan a essayé de le délivrer, mais faute de renseignements précis la tentative pour le sauver n’a pas pu aboutir).

Le 27 janvier 1794, Antoine-Philippe de la Trémoille est décapité. L’échafaud est dressé à la va-vite face à l’entrée principale de son château. Au moment où s’abat le couperet de la guillotine, le « Capet des brigands »,  dans un dernier soubresaut, crie « Vive le roi ! ». 

Château de Laval

Château de Laval

Sa tête subira les pires outrages ; vidée par un chirurgien, elle sera placée sur un chandelier par un ancien prêtre et membre de la Commission révolutionnaire, puis empalée sur une pique. Elle restera exposée suspendue au-dessus des grilles du château de Laval. Enfin, deux jours plus tard, on l’enterrera dans la cour intérieure du bâtiment.

La dépouille du Prince demeurera jusqu’au lendemain sur les lieux de l’exécution. Le 28, elle sera jetée dans une charrette, et conduite pour être ensevelie dans les fosses réservées aux victimes de la révolution. Ces dernières, appelées les landes de la Croix-Bataille, sont situées à la sortie de la ville, sur la route d’Angers. Les restes d’Antoine-Philippe de la Trémoille,  Prince de Talmont, ne seront jamais retrouvés.

Dieu le roi

Dieu le roi

LE CLIN D’ŒIL !

Étrange comportement de la part de ces hommes robustes et endurcis à la fatigue… Ils redoutent le prêtre et le sorcier, observent une religiosité bienveillante lors des messes, et  contemplent avec attention la grande pierre mystérieuse qui se dresse dans les bruyères. Dans un même élan, tous ces braves se rassemblent au son du tocsin. Ils quittent leurs champs, remplissent leurs musettes de pain pour trois ou quatre jours, pas plus, et prennent la route pour aller au combat. Ils portent leurs chapelets autour du cou, arborent sur la poitrine un crucifix ou l’image d’un saint vénéré. Certains cousent sur leurs vêtements un Sacré-Cœur en laine rouge. D’autres décorent leurs chapeaux de cocardes blanches, vertes ou rouges, de papiers de couleurs variées, ou de plumes et de rubans.

 

Chapeau rabalet des paysans de 1793

Chapeau rabalet des paysans de 1793

 

Un prisonnier témoin raconte : « Pendant la marche, un morne silence était observé dans toute la colonne ; les soldats portaient leurs chapelets dans leur mains avec leurs armes, et on n’entendait que les prières qui étaient récitées et le chant des hymnes religieux. Tout cela formait un spectacle singulier ».

 

 Dieu le roi

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