Les guerres de Vendée – La bataille de Cholet

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LES GUERRES DE VENDÉE

(1793-1796)

 

Drapeau de l'Armée Catholique et royale de Vendée

Drapeau de l’Armée Catholique et royale de Vendée

 

LA BATAILLE DE CHOLET

(Le 17 octobre 1793)

2ème bataille de Cholet

 

Bataille de Cholet

Bataille de Cholet

 

SOMMAIRE

Défaite à Cholet !Presque sept mois jour pour jour, après avoir été victorieux le 14 mars à Cholet, les vendéens essuient dans la même ville une cuisante défaite. La cité est reconquise par des Républicains en surnombre. La défaite se transforme vite en débâcle et 30 000 Vendéens, suivis de leurs familles, refluent à quarante kilomètres au nord de Cholet pour franchir la Loire. Dans la soirée et la nuit du 18 au 19 octobre, ils seront entre 60 000 et 100 000 à traverser le grand fleuve pour se diriger vers la Bretagne. Commence alors la « Virée de Galerne» (définition celte d’un vent de nord-ouest). Le but avoué des « Blancs » est de faire la jonction avec les Chouans et de se diriger sur Granville en passant par Laval. Là ils attendront, dans le port normand, la flotte anglaise promise et les renforts tant espérés.

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– Lire : Des origines  à l’étincelle

– Lire : La Vendée triomphante

– Lire : L’apogée

-Lire : La chute

-Lire : Le sursaut

– Lire : L’anéantissement

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ÉVÉNEMENTS ANTÉRIEURS

OCTOBRE

– Le 1er : le général républicain Jean Léchelle (1760-1793) remplace Jean-Antoine Rossignol (1759-1802) et devient commandant en chef à l’Ouest.

Jean-Antoine Rossignol

Jean-Antoine Rossignol

– Le 6 : Jean-Baptiste Kléber est victorieux à Saint-Symphorien.

Jean-Baptiste Kléber

Jean-Baptiste Kléber

– Le 11 : 2ème bataille de Châtillon.

Bataille indécise entre les forces républicaines commandées par Alexis François Chalbos, François-Joseph Westermann, René François Lecomte (né en 1764- 1793, mort lors de la bataille) et François Muller (1764-1818), face à l’Armée catholique et royale sous les ordres de Maurice Gigost d’Elbée, Louis de Lescure, Henri de La Rochejaquelein et  Jean-Nicolas Stofflet. La ville sera mise à sac par Westermann.

Bataille de Châtillon

Bataille de Châtillon

– Le 12 : Charette de La Contrie s’empare de Noirmoutier.

– Le 15 : Bataille de La Tremblaye.

Victoire des forces républicaines commandées par Antoine Marie Bard (1759-1837), Armand-Michel Bacharetie de Beaupuy (1755-1796) et François Séverin Marceau-Desgraviers, face à l’armée catholique royale de Vendée placée sous les ordres des généraux « Blancs » Maurice Gigost d’Elbée, Louis de Lescure, Charles de Bonchamps, et Charles Augustin de Royrand (1731-1793).

Louis de Lescure est mortellement blessé lors de la bataille ; il succombera à ses blessures le 4 novembre 1793.

 

Lescure blessé à la bataille de La Tremblaye

Lescure blessé à la bataille de La Tremblaye

FORCES EN PRÉSENCE :

 

Pour les « Blancs » : 40 000 hommes.

COMMANDANTS : Maurice Gigost d’Elbée, Charles de Bonchamps, La Rochejaquelein, Charles Augustin de Royrand (1731-1793), Jean Nicolas Stofflet, Bernard de Marigny, François Jean Hervé Lyrot (1732-1793) et Piron de La Varenne (1755-1794).

 

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Pour les « Bleus » :26 000 hommes.

COMMANDANTS : Jean Léchelle (1760-1793), Jean-Baptiste Kléber, Marceau-Desgraviers, Michel de  Beaupuy (1755-1796), Nicolas Haxo, Louis Antoine Vimeux (1737-1814), Marc Scherb (1747-1838), Antoine Bard (1759-1837), Alexis Chalbos, François Muller (1764-1808) et François-Joseph Westermann.

 

 

PROLOGUE

Après avoir été battus deux jours auparavant à la bataille de la Tremblaye, les « Blancs », dépourvus de munitions et d’artillerie, considèrent qu’ils ne peuvent pas défendre Cholet et sont forcés de l’abandonner. Le 16, les « Bleus » de l’avant-garde de Beaupuy entrent dans la ville désertée et prennent position sur les hauteurs au nord de la cité. Mais c’est sans compter sur le retour inattendu de l’armée vendéenne qui revient en masse. Dans l’urgence, Kléber aligne ses forces pour l’affronter. Il dispose Louis Antoine Vimeux sur la droite de son dispositif, au centre Marceau et Scherb, à gauche Nicolas Haxo et Beaupuy ; enfin la division de Chalbos est placée en réserve.

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DÉROULEMENT DE LA BATAILLE

La Rochejacquelein à la bataille de Cholet

Le 17, vers une heure de l’après-midi, les 40 000 hommes de l’armée vendéenne, avec à leur tête La Rochejaquelein, se ruent sur les lignes républicaines et chassent Haxo et Beaupuy de leurs positions, au nord de la ville. Alors que Stofflet charge les hommes de Vimeux, d’Elbée et Bonchamps attaquent Marceau. Les assauts sont furieux et acharnés. Les Vendéens mettent le feu aux genêts, et l’épaisse fumée qui s’en dégage masque les combats et entrave sérieusement les tirs de l’artillerie républicaine. Vimeux commence alors à faiblir, et Marceau doit se replier vers la ville. Kléber fait donc donner une partie de la réserve qui s’avance vers l’ennemi. Mais, à la vue des Vendéens qui arrivent inébranlables et en rangs serrés, les Républicains, terrifiés et paniqués, se dispersent et reculent en traversant Cholet dans la plus grande débandade.

Le désordre règne aussi parmi les forces vendéennes. Kléber, qui s’en est aperçu, contre-attaque le flanc droit de l’ennemi et le repousse. Soudainement revigorés, les Républicains reprennent le dessus. Les Vendéens, qui croient à l’arrivée d’une nouvelle armée des « Bleus », amorcent alors une retraite et prennent la fuite.

Au centre de son dispositif, Marceau a disposé son artillerie cachée derrière ses troupes. Alors que les Vendéens se ruent à l’assaut, il ordonne à ses fantassins de reculer, dévoilant ainsi à l’ultime moment ses canons. La canonnade sera intense et la mitraille provoquera un véritable massacre parmi les lignes avancées royalistes. D’Elbée et Bonchamps, croyant la victoire encore possible, tenteront de leur prêter main-forte, mais en vain. Cernés par l’ennemi, repoussés et acculés, ils tomberont presque en même temps, grièvement blessés.

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A ce moment, la déroute devient générale pour les « Blancs ». Emportant leurs chefs blessés avec eux, les Vendéens refluent vers Beaupréau, aux cris répétés de : « à la Loire » !

Traversée de la Loire

Traversée de la Loire

Jean-Baptiste Kléber déclarera à l’issue de la bataille : « Les rebelles combattaient comme des tigres et nos soldats comme des lions. »

Dès le lendemain, Westermann apprend que les Vendéens ont traversé la Loire à Saint-Florent-le-Vieil. A l’issue de cette retraite, 4 ou 5000 prisonniers seront épargnés de la mort grâce à la générosité de Bonchamps. Le grand chef vendéen restera célèbre pour son fameux « Pardon de Bonchamps »

– Le 18 : entre 60 000 à 100 000 Vendéens passent la Loire. Mort de Bonchamps.

– Le 20, c’est le début de la « Virée de Galerne ». Henri de La Rochejaquelein est nommé général en chef en remplacement de Maurice Gigost d’Elbée, blessé le 17 lors de la bataille de Cholet.

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PERTES HUMAINES

 

Pour les « Blancs » :7000 à 8000 morts ou blessés.

Pour les « Bleus » :2000 à 4000 morts ou blessés.

 

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LA MORT ET LE « PARDON DE BONCHAMPS »

Dans ses mémoires, Madame de Bonchamps raconte ainsi les derniers moments de son mari :« Monsieur de Bonchamps, après sa blessure, a été transporté à Saint-Florent, où se trouvent 5 000 prisonniers renfermés dans l’église. La religion avait jusqu’alors préservé les Vendéens de représailles sanguinaires ; mais lorsqu’on leur annonça que mon infortuné mari était blessé mortellement, leur fureur égala leur désespoir ; ils jurèrent la mort des prisonniers. Monsieur de Bonchamps avait été porté chez Monsieur Duval, dans le bas de la ville. Tous les officiers de son armée se rangèrent à genoux autour du matelas sur lequel il était étendu, attendant avec anxiété la décision du chirurgien. Mais la blessure ne laissait aucune espérance ; monsieur de Bonchamps le reconnut à la sombre tristesse qui régnait sur toutes les figures. Il chercha à calmer la douleur de ses officiers, demanda avec instance que ses derniers ordres fussent exécutés, et aussitôt il prescrivit que l’on donnât la vie aux prisonniers ; puis se tournant, vers d’Autichamp, il ajouta : « Mon ami, c’est sûrement le dernier ordre que je vous donnerai, laissez-moi l’assurance qu’il sera exécuté ». En effet, cet ordre, donné sur son lit de mort, produisit tout l’effet qu’on en devait attendre ; à peine fut-il connu des soldats que de toutes parts ils s’écrièrent : « Grâce ! Grâce ! Bonchamps l’ordonne ! ». Et les prisonniers furent sauvés ».

Mort de Bonchamps

Mort de Bonchamps

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LA MORT DE D’ELBEE

Maurice Gigost d’Elbée est transporté tout d’abord à Beaupréau, puis le 2 ou 3 novembre, il est déplacé sur un brancard à Noirmoutier, où il est accueilli en grande pompe par la population fidèle à Charrette de La Contrie. En raison de son état jugé grave, il est logé dans une maison avec son épouse. Le 2 janvier 1794, les « Bleus » se lancent à l’assaut de l’île. Les Vendéens sont battus et les troupes républicaines se rendent maîtres de la ville. DElbée et d’autres chefs vendéens sont arrêtés. Dans la foulée, les « Bleus » font prisonniers 1200 paysans, femmes et enfants ; tous sont entassés dans l’église. A la cadence infernale de 60 par 60, ils sont amenés à l’extérieur de l’édifice religieux et mis à mort. D’Elbée, lui, est traduit devant une commission militaire qui le condamne à être exécuté. Il est fusillé séance tenante, le 9 janvier, sur la place publique de Noirmoutier. On l’amena dans un fauteuil pour accomplir la sentence, ses quatorze blessures ne lui permettant pas de se tenir debout. Son cadavre sera balancé dans les douves du château et ne sera jamais retrouvé…

Mort du général d'Elbée.

Mort du général d’Elbée.

Après son exécution, le siège fut récupéré par sa famille, et sera conservé précieusement jusqu’en 1975 dans la demeure du marquis Charles Maurice d’Elbée. Il en fera don au musée de Noirmoutier, alors en construction ; il est depuis exposé dans une salle du château de Noirmoutier.  

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LE MOUCHOIR ROUGE DE CHOLET

Par temps de paix ou de guerre, le vêtement du soldat vendéen est sensiblement le même : la veste est ronde, la culotte large, et la tête est coiffée d’un immense chapeau de feutre. Ce dernier peut atteindre deux pieds de diamètre. Le fantassin le relève sur le devant, pour y agrafer la cocarde et pour pouvoir ajuster plus facilement son tir. Sur son dos il transporte un havresac. La panoplie ne serait pas complète sans le célèbre mouchoir de Cholet.

Chapeau rabalet des paysans de 1793

Chapeau rabalet des paysans vendéens de 1793

Témoignage de Mme de La Rochejaquelein, sa belle-sœur posthume : « On faisait une grande dépense de mouchoirs rouges ; il s’en fabriquait beaucoup dans le pays et une circonstance particulière avait contribué à les rendre d’un usage général. M de La Rochejaquelein en mettait ordinairement autour de sa tête, à son cou, et plusieurs à sa ceinture pour ses pistolets. Au combat de Fontenay, on entendit les « Bleus » crier : « Tirez sur le mouchoir rouge. » Le soir, les officiers supplièrent Henri de changer de costume ; il le trouvait commode et ne voulut pas le quitter. Alors ils prirent le parti de l’adopter aussi, afin qu’il ne fût une cause de danger pour lui. Les mouchoirs rouges devinrent ainsi à la mode dans l’armée ; tout le monde voulut en porter. »

LE CLIN D’ŒIL !

Étrange comportement de la part de ces hommes robustes et endurcis à la fatigue. Ils redoutent le prêtre et le sorcier,observent une religiosité bienveillante lors des messes et  contemplent avec attention la grande pierre mystérieuse qui se dresse dans les bruyères. Dans un même élan, tous ces braves se rassemblent au son du tocsin. Ils quittent leurs champs, remplissent leurs musettes de pain pour trois ou quatre jours, pas plus, et prennent la route pour aller au combat. Ils portent leurs chapelets autour du cou, arborent un crucifix sur la poitrine ou l’image d’un saint vénéré. Certains cousent sur leurs vêtements un Sacré-Cœur en laine rouge. D’autres décorent leurs chapeaux de cocardes blanches, vertes ou rouges, de papiers de couleurs variées, ou de plumes et de rubans.

Le Vendéen

Le Vendéen

Un prisonnier témoin raconte : « Pendant la marche, un morne silence était observé dans toute la colonne ; les soldats portaient leurs chapelets dans leur mains avec leurs armes, et on n’entendait que les prières qui étaient récitées et le chant des hymnes religieux. Tout cela formait un spectacle singulier ».

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