L’armée franque sous Charlemagne
LES CAROLINGIENS
L’ARMÉE FRANQUE SOUS CHARLEMAGNE
Par la suite, les descendants carolingiens auront à batailler ardûment pour défendre le royaume franc contre les nombreuses invasions vikings, hongroises et sarrasines. En 987, après la mort sans descendance de Louis V (le dernier roi carolingien), dit « le Fainéant » (967- le 21 mai 987), les grands du royaume vont élire Hugues Capet, le premier roi de la dynastie des Capétiens.
En 772, Charlemagne entreprend contre les Saxons une longue série d’expéditions militaires. Son père, Pépin le Bref, a partagé son vaste empire entre ses deux fils, Carloman et Charles. Après la mort de Carloman en 771, Charles s’empare de l’héritage territorial de son frère ; désormais, il règne sans partage sur un immense royaume, et va s’efforcer sans cesse de l’étendre. Pour arriver à ses fins, il met sur pied une puissante armée bien organisée.
Il est bientôt surnommé « Charles le Grand » (Carolus Magnus en latin, c’est-à-dire Charlemagne).
FOCUS SUR LA SOCIÉTÉ FRANQUE
Ce système est très onéreux, et coûte cher aux puissants. Le contexte économique de l’époque n’est pas prospère. Partout la paix n’est pas assurée, et la monnaie est une chose rare. La seule manière de s’enrichir et d’accroitre sa puissance, c’est de faire la guerre, de posséder des terres, ou d’aller s’emparer de celles du voisin.
La grande majorité des soldats de l’armée carolingienne sont évidemment Francs. Au fil des conquêtes de Pépin le Bref et surtout de Charlemagne, de nombreux soldats d’autres peuples viendront rejoindre l’armée, notamment des Burgondes, des Bavarois et des Provençaux. Des Wisigoths seront aussi enrôlés dans la cavalerie légère ; au cours du IXème siècle, ils seront toutefois remplacés par des Lombards.
– Au Ier siècle, ils migrent vers l’actuelle Poméranie, aux bouches de l’Oder. – Au IIème siècle, ils s’établissent en Silésie, aux sources de la Vistule. – Vers la fin du IIIème siècle, ils font mouvement vers l’Elbe, puis vers le Main. – À la fin du IVème siècle, à la suite de la migration des Vandales et des Alains en Gaule romaine, ils s’établissent aux abords du Rhin, en Germanie supérieure. Ils constituent ainsi un premier royaume en 413. – En 436, ils seront battus par les Huns en Germanie inférieure. A la fin des Migrations germaniques de la fin de l’Antiquité, les Burgondes s’établissent durablement dans le centre-est de la Gaule, en tant que peuple fédéré de l’Empire romain d’Occident. Au Vème siècle, lors de l’effondrement de ce dernier, les Burgondes y fondent un royaume, couvrant initialement une grande partie des actuelles régions suivantes : Bourgogne, Franche-Comté, Savoie, Lyonnais, Dauphiné et Suisse romande. Dès 534, le Royaume des Burgondes est absorbé dans l’Espace Mérovingien en tant que « Regnum Burgundi », futur Royaume de Bourgogne. Les Bavarois (ou Bavarii) sont un peuple germanique (Bohême) qui s’est établi à la fin des Grandes invasions sur un territoire recouvrant, outre la Bavière historique, la plus grande partie de l’Autriche et du Tyrol méridional. Les Aquitains, parfois qualifiés de proto-basques, sont un ensemble de peuples protohistoriques et antiques situés entre les Pyrénées occidentales, la rive gauche de la Garonne et l’océan Atlantique.
Chaque printemps fait l’objet du début d’une nouvelle campagne. L’armée carolingienne n’est pas régulière, l’obligation d’un service actif n’existant pas à cette époque ; il faudra attendre les Compagnies d’Ordonnance de Charles VII.
A l’automne, une fois les batailles terminées, chaque combattant survivant regagne son foyer avec sa part de butin. Le nombre de guerriers qui constitue l’armée n’est pas très important : les hommes en armes sont peu nombreux, cela coûte cher.
Pour chacune de ses campagnes, Charlemagne ne mobilise pas la totalité des hommes libres. Pour guerroyer contre les Maures en Espagne, il mobilise les Aquitains et les Gascons. Pour combattre les Saxons, il fait appel aux Francs de l’Est et du Nord du royaume. Contre les troupes byzantines d’Italie, il envoie les Lombards.
Les appels au combat concernent surtout les hommes qui sont près du théâtre des opérations ; ces convocations sont obligatoires. Nul n’est exempté ; tout retard est lourdement sanctionné par des amendes importantes. Les déserteurs sont condamnés à la peine de mort. Chaque soldat doit rejoindre son unité accompagné d’un comte, abbé, évêque ou seigneur.
« Chaque cavalier aura un écu, une lance, une épée, une dague, un arc et un carquois garni de flèches. Dans les charriots, il y aura des outils de tous genres, cognées, haches, pioches, pelles de fer, et tout l’outillage nécessaire en campagne. Dans les charriots, il y aura aussi des vivres pour trois mois à compter du jour du départ, des armes et des vêtements pour six mois. »
UNE EXIGENCE D’OBLIGATIONS MILITAIRES VOIT LE JOUR…
Le roi a à sa disposition l’appui des guerriers de son cercle proche. Il entretient avec eux des relations de compagnonnage, dont le rôle fut déterminant quand ses propres aïeuls étaient Maires du Palais.
Mais en temps de guerre, ce groupe de fidèles en arme s’avère insuffisant. Pour parer à ce manque de soldats, le gros de l’armée est composé d’hommes qui, dès l’âge de douze ans, sont enrôlés et astreints à un service militaire.
Tous les grands seigneurs ont obligation d’équiper à leurs propres frais des groupes constitués de paysans.
UNE ARMÉE DE FER !
Devant lui, autour de lui, derrière lui, tous avaient un aspect identique et portaient la même armure. Les rayons du soleil étaient reflétés par le fer. »
Cette armée de fer, pouvant être épaulée par une flotte de guerre croisant en Méditerranée, est à n’en pas douter une force conquérante et puissante. C’est aussi une excellente force de dissuasion. Il arrive souvent que l’ennemi, lorsqu’il se présente sur le champ de bataille, et confronté aux impressionnantes phalanges de métal qui lui font face, renonce au combat !
UN MONARQUE, UN SOLDAT, ET UNE ORGANISATION A LA ROMAINE !
Lors des campagnes en territoire ennemi, les forces armées de Charlemagne construisent des cantonnements à la romaine, où la discipline est stricte. Ils dressent aussi des places fortes pour établir des garnisons permanentes.
Les raids, les rafles et les pillages des terres ennemies sont des stratégies destinées à démoraliser l’adversaire.
L’état-major est confié à des Ducs, recrutés parmi les Comtes. La charge ducale est limitée dans le temps ; elle dure le temps d’une guerre. Une fois la paix revenue, le Comte retrouve son titre de fonctionnaire royal dans son comté.
Il est à noter que les héritiers (Charles en Saxe, Pépin en Italie, puis plus tard, Louis en Espagne), ainsi que le comte Thierry (parent de Charlemagne), prendront eux-aussi un commandement.
Le roi lui-même dirige son armée, en 778 à l’assaut des Pyrénées, en 785 de la Bavière, et de la Saxe en 784, 794 et 796.
Ainsi, sa présence sur le terrain lui permet de partager la vie des camps. Il y rencontre des grands seigneurs qu’il réunit autour de lui pour tenir des assemblées, les « plaids ». Lorsque les expéditions militaires obligent les armées à de nombreux déplacements, ces assemblées forment les principaux moyens de gouvernement.
Le « plaid mérovingien » était une assemblée d’hommes libres que le souverain convoquait au moins une fois par an, la plupart du temps au printemps. Le « Champ de mars » était le nom donné aux grandes assemblées de guerriers, à la suite de l’établissement du royaume des Francs en Gaule, à la fin du Vème siècle et au début du VIème siècle. Elles se tenaient en mars, d’où leur nom. En 755, Pépin le Bref décida de transférer ces assemblées en mai, et elles prirent le nom de « Champ de mai ». S’il y prenait des décisions stratégiques, le roi pouvait aussi y aborder des sujets d’intérêt général, comme promulguer une nouvelle loi ou procéder au jugement d’un aristocrate. SOUS LES CAROLINGIENS À l’époque carolingienne se tenaient chaque année deux plaids : – En octobre, un plaid réunissait sous forme limitée les principaux conseillers, qui discutaient de l’ensemble des questions pour l’année à venir (les délibérations avaient lieu à huis clos, et les décisions étaient tenues secrètes). – En mai se tenait un plaid général, « placitum generale ». L’empereur réunissait les « proceres » et les « praesules », c’est-à-dire ses vassaux, les comtes et les principaux évêques du royaume. C’était une réunion très ouverte, où les discussions avaient lieu d’après un ordre du jour fixé par le souverain, qui reprenait la liste arrêtée par le « placitum » d’octobre. Les décisions prises par les « placita » ne liaient pas l’empereur, mais celles prises par les Grands dans les « placita » avaient au contraire envers eux une force contraignante. Le « placitum » aboutissait à l’enregistrement des capitulaires qui lui étaient présentés, permettant de vérifier qu’ils étaient conformes au droit. Après Charlemagne, les « placita » ne sont plus de simples auxiliaires du pouvoir : les Grands ont une influence de plus en plus importante dans l’élaboration des capitulaires ; dès lors, ils viennent aux « placita generalia » pour défendre leurs intérêts personnels.
L’ÉQUIPEMENT DU SOLDAT CAROLINGIEN
Les fantassins les plus démunis ont beaucoup de problèmes financiers pour réunir une telle panoplie. Charlemagne exige, à ceux qui se présentent simplement équipés d’une hache, de se procurer au moins un arc. Les cavaliers avancent sur deux rangs, la lance sur l’épaule droite, l’épée et le coutelas à la ceinture, le bouclier sur le dos, vêtus d’un long manteau retenu par une agrafe et retombant sur la selle. Par ordre de préséance, les cavaliers précèdent les fantassins. Ceux-ci arborent des jambes protégées par des bandes molletières, et des chaussures maintenues par de solides lanières croisillonnées. Cette cavalerie va évincer peu à peu l’infanterie. Elle paraît redoutable avec sa longue épée en fer, et surtout équipé de la célèbre « broigne » (un justaucorps constitué de cuir recouvert d’écailles métalliques). En 779, Charlemagne, convaincu de la supériorité technique de ce vêtement, interdira l’exportation des « broignes » hors du royaume franc.
SARCOPHAGES CAROLINGIENS
– Lire : La Chapelle Notre-Dame de la Gayole
En 1964, à Cornillon-Confoux (Bouches du Rhône), en creusant un nouvel accès au cimetière, neuf sarcophages d’une nécropole paléochrétienne (Vème, VIIème siècle) furent mis au jour, ainsi que dix-huit autres en 1971.
Lire : Cornillon-Confoux
Sources :
Les rois de France des Éditions Atlas (Les Carolingiens).
Photos publiques Facebook
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlemagne
https://fr.vikidia.org/wiki/Arm%C3%A9e_carolingienne
https://fr.vikidia.org/wiki/Arm%C3%A9e_carolingienne