L’armée franque sous Charlemagne

LES CAROLINGIENS

Effigie Charlemagne et autour l’inscription KAROLVS IMP AVG (Karolus imperator augustus).

L’ARMÉE FRANQUE SOUS CHARLEMAGNE

Charlemagne à Notre-Dame, à Paris

De 751 à 987, l’armée carolingienne représente l’ensemble des forces militaires du royaume des Francs sous la dynastie carolingienne. Particulièrement puissantes sous le règne de Charlemagne (de 768 à 814), ses conquêtes militaires en Europe (notamment la guerre contre les Saxons, de 772-804), seront à l’origine de la création d’un vaste empire.

Par la suite, les descendants carolingiens auront à batailler ardûment pour défendre le royaume franc contre les nombreuses invasions vikings, hongroises et sarrasines.

En 987, après la mort sans descendance de Louis V (le dernier roi carolingien), dit « le Fainéant » (967- le 21 mai 987), les grands du royaume vont élire Hugues Capet, le premier roi de la dynastie des Capétiens.  


En 772, Charlemagne entreprend contre les Saxons une longue série d’expéditions militaires. Son père, Pépin le Bref, a partagé son vaste empire entre ses deux fils, Carloman et Charles. Après la mort de Carloman en 771, Charles s’empare de l’héritage territorial de son frère ; désormais, il règne sans partage sur un immense royaume, et va s’efforcer sans cesse de l’étendre. Pour arriver à ses fins, il met sur pied une puissante armée bien organisée.

Il est bientôt surnommé « Charles le Grand » (Carolus Magnus en latin, c’est-à-dire Charlemagne).

FOCUS SUR LA SOCIÉTÉ FRANQUE

La société franque est une société féodale, pyramidale et clientéliste. Les seigneurs sont propriétaires des fiefs et des terres, et ont à leur service des vassaux qu’ils doivent entretenir par des dons pour préserver leur fidélité. Ces hommes libres obtiennent en échange gîte, couvert et de nombreux legs.

Ce système est très onéreux, et coûte cher aux puissants. Le contexte économique de l’époque n’est pas prospère. Partout la paix n’est pas assurée, et la monnaie est une chose rare. La seule manière de s’enrichir et d’accroitre sa puissance, c’est de faire la guerre, de posséder des terres, ou d’aller s’emparer de celles du voisin.


La grande majorité des soldats de l’armée carolingienne sont évidemment Francs. Au fil des conquêtes de Pépin le Bref  et surtout de Charlemagne, de nombreux soldats d’autres peuples viendront rejoindre l’armée, notamment des Burgondes, des Bavarois et des Provençaux. Des Wisigoths seront aussi enrôlés dans la cavalerie légère ; au cours du IXème siècle, ils seront toutefois remplacés par des Lombards.

Les Burgondes représentent un des peuples du groupe des Germains orientaux.

– Au Ier siècle, ils migrent vers l’actuelle Poméranie, aux bouches de l’Oder.

– Au IIème siècle, ils s’établissent en Silésie, aux sources de la Vistule.

– Vers la fin du IIIème siècle, ils font mouvement vers l’Elbe, puis vers le Main.

– À la fin du IVème siècle, à la suite de la migration des Vandales et des Alains en Gaule romaine, ils s’établissent aux abords du Rhin, en Germanie supérieure. Ils constituent ainsi un premier royaume en 413.

– En 436, ils seront battus par les Huns en Germanie inférieure.

A la fin des Migrations germaniques de la fin de l’Antiquité, les Burgondes s’établissent durablement dans le centre-est de la Gaule, en tant que peuple fédéré de l’Empire romain d’Occident. Au Vème siècle, lors de l’effondrement de ce dernier, les Burgondes y fondent un royaume, couvrant initialement une grande partie des actuelles régions suivantes : Bourgogne, Franche-Comté, Savoie, Lyonnais, Dauphiné et Suisse romande.

Dès 534, le Royaume des Burgondes est absorbé dans l’Espace Mérovingien en tant que « Regnum Burgundi », futur Royaume de Bourgogne.

Les Bavarois (ou Bavarii) sont un peuple germanique (Bohême) qui s’est établi à la fin des Grandes invasions sur un territoire recouvrant, outre la Bavière historique, la plus grande partie de l’Autriche et du Tyrol méridional.

Les Aquitains, parfois qualifiés de proto-basques, sont un ensemble de peuples protohistoriques et antiques situés entre les Pyrénées occidentales, la rive gauche de la Garonne et l’océan Atlantique.

 Chaque printemps fait l’objet du début d’une nouvelle campagne. L’armée carolingienne n’est pas régulière, l’obligation d’un service actif n’existant pas à cette époque ; il faudra attendre les Compagnies d’Ordonnance de Charles VII.

Les Compagnies d’Ordonnance sont les premières unités militaires permanentes (et donc professionnelles) à disposition du roi de France. Elles sont créées par le roi Charles VII par l’ordonnance (d’où leur nom) du 26 mai 1445, à Louppy-le-Châtel (près de Bar-le-Duc).

A l’automne, une fois les batailles terminées, chaque combattant survivant regagne son foyer avec sa part de butin. Le nombre de guerriers qui constitue l’armée n’est pas très important : les hommes en armes sont peu nombreux, cela coûte cher.

Pour chacune de ses campagnes, Charlemagne ne mobilise pas la totalité des hommes libres. Pour guerroyer contre les Maures en Espagne, il mobilise les Aquitains et les Gascons. Pour combattre les Saxons, il fait appel aux Francs de l’Est et du Nord du royaume. Contre les troupes byzantines d’Italie, il envoie les Lombards.

Les appels au combat concernent surtout les hommes qui sont près du théâtre des opérations ; ces convocations sont obligatoires. Nul n’est exempté ; tout retard est lourdement sanctionné par des amendes importantes. Les déserteurs sont condamnés à la peine de mort. Chaque soldat doit rejoindre son unité accompagné d’un comte, abbé, évêque ou seigneur.

La mobilisation est annoncée aux comtes sous la forme de capitulaire, comme celui que Charlemagne envoie à l’évêque Fulrad : « tu te présenteras avec tes hommes bien armés et équipés, prêt à entrer en campagne dans la direction que j’indiquerai, avec armes, bagages et tout le fourniment de guerre, des vivres et des vêtements ».

La guerre entre Charlemagne et les Saxons, représentation du XIIIème siècle.

« Chaque cavalier aura un écu, une lance, une épée, une dague, un arc et un carquois garni de flèches. Dans les charriots, il y aura des outils de t