La Guerre de Sécession – William Starke Rosecrans

                                                                                      

 

LA GUERRE DE SECESSION

(1861-1865)

WILLIAM STARKE ROSECRANS

(1819-1898)

« Old Rosy »

SOMMAIRE

Les 12 et 13 avril 1861, le bombardement de Fort Sumter par les États confédérés, dans la baie de Charleston, en Caroline du Sud, marque le début de la Guerre. La garnison fédérale du fort, sous les ordres du commandant Anderson, refuse de quitter ses positions qui se trouvent en territoire sudiste. Cette bataille, qui n’a fait aucune victime dans les deux camps, est le « casus belli » qui déclenche la Guerre civile (1861-1865), et annonce le conflit le plus meurtrier de l’Histoire des Etats-Unis.

Lire : « Fort Sumter »

L’HOMME

William Starke Rosecrans fut un inventeur américain, le dirigeant d’une compagnie pétrolière, la (coal-oil company), un diplomate, un politicien et un officier de l’armée des Etats-Unis. Il est connu pour avoir servi dans les rangs de l’armée de l’Union durant la Guerre Civile américaine (1861-1865).

Après avoir remporté quelques victoires importantes sur le théâtre occidental du conflit, sa carrière militaire se terminera avec la terrible défaite lors de la bataille de Chickamauga (du 18 au 20 septembre 1863).

NAISSANCE & FAMILLE

William Starke Rosecrans est le fils de Crandall Rosecrans (1794-1848) et de Jemima Hopkins (1794-1861). Il naît le 6 septembre 1819 dans une ferme, près de Little Taylor Run dans le canton de Kingston, comté de Delaware (Ohio). Il meurt le 11 mars 1898 à Redondo Beach, État de Californie, à l’âge de 78 ans.

Son père, Crandall Rosecrans, participera à la guerre de 1812 entre les États-Unis et le Royaume-Uni (1812-1815). Il y combat avec le grade d’adjudant sous les ordres du général William Henry Harrison (1773-1841), le futur 9ème président des États-Unis.

William Henry Harrison

Au cours de sa vie Crandall dirigera une taverne, un magasin, ainsi qu’une ferme familiale. C’est du nom du général John Stark (1728-1822), un de ses héros, que sera inspiré le deuxième prénom de son fils William.

William Starke Rosecrans est un descendant d’Harmon Henrik Rosenkrantz (1614-1674), arrivé à New-Amsterdam en 1651. La famille changera l’orthographe de son nom pendant la Guerre d’Indépendance des États-Unis.

Sa mère, Jemima Hopkins, est la fille de Timothy Hopkins, un proche de Stephen Hopkins (1707-1785), qui fut le gouverneur colonial du Rhode Island et signataire de la déclaration d’Indépendance des États-Unis (1775-1783).

JEUNESSE

Dès son jeune âge, William ne reçoit pas une éducation complète. Il mise beaucoup sur la lecture des livres. À l’âge de 13 ans, il quitte la maison familiale pour aller travailler comme employé dans un magasin à Utica, et un peu plus tard à Mansfield.

Démuni, il n’a pas l’argent nécessaire pour entrer à l’université. Rosecrans essaie alors d’obtenir une nomination pour entrer à l’académie militaire de West Point. Il obtient un rendez-vous avec le représentant au Congrès, Alexander Harper. Ce dernier, qui a gardé le poste pour son propre fils, sera si impressionné par Rosecrans qu’il le nommera à la place.

Malgré son manque d’éducation manifeste, Rosecrans est un brillant élève à l’académie militaire de West Point. Il excelle en mathématiques, mais aussi en Français, en dessin et en grammaire anglaise. C’est de cette époque que vient son surnom « Rosy », ou très souvent « Old Rosy ».

En 1842, Rosecrans sort diplômé de l’académie militaire de West Point ; il obtient un rang très honorable, classé 5ème sur 56 élèves. Parmi ses condisciples, il y avait des futurs généraux tels que James Longstreet (1821-1904), Abner Doubleday (1819-1893), Daniel Harvey Hill (1821-1889) et Earl Van Dorn (1820-1863), qu’il retrouvera plus tard lors de la Guerre Civile (1861-1865).

Il sert dans plusieurs affectations d’ingénieur et en tant qu’instructeur avant de quitter l’armée pour poursuivre une carrière d’ingénieur civil.

Au cours de son passage à West Point (académie qui représentait un centre important du protestantisme), Rosecrans décide en 1845 de se convertir au catholicisme. Ce changement inspirera le plus jeune de ses frères, Sylvester, à en faire de même (bien qu’élevé jusqu’alors, comme William, dans la foi méthodiste par sa famille). Sylvester deviendra le premier évêque du diocèse catholique romain de Colomb (de 1868 jusqu’à sa mort en 1878).

FRATRIE

William Starke Rosecrans est le frère de :

– Chauncey Rosecrans (1817-1898).

– Charles Wesley Rosecrans (1822-1866).

– Henry Crandall Rosecrans (1824-1904).

– Révérend Sylvester Horton Rosecrans (1827-1878).

MARIAGE

À la fin de ses études, Rosecrans rencontre Ann Elizabeth (ou Eliza) Hegeman (1823-1883), originaire de New York. Il l’épouse le 24 août 1843. Leur mariage durera jusqu’à la mort d’Eliza, le 25 décembre 1883. De cette union naîtront huit enfants :

– William S Rosecrans (1845- date de la mort inconnue).

– James Addison Rosecrans (1846-1848).

– Adrian Louis Rosecrans (1849-1876).

– Mary Louise Rosecrans (1851- date de la mort inconnue).

– Lily Elizabeth Toole (1854-1939).

– Anna Delores Rosecrans (1856-1903).

– Charlotte Rosecrans (1857- date de la mort inconnue).

– Carl Rosecrans (1860-1926).

« Dans le 1er mois de la Guerre, un groupe de soldats nordistes avait capturé un soldat confédéré en haillons. Le prisonnier ne possédait manifestement pas d’esclaves. Il se fichait très probablement de la Constitution et de tout le reste. Ils lui ont demandé pour quelle raison il se battait, et le sudiste leur a répondu : « je me bats parce que vous êtes là », ce qui était somme toute une réponse tout à fait valable ».

Témoignage cité par Shelby Foote – La guerre de Sécession de Ken Burns.

Shelby Foote (immense romancier et historien américain dans la lignée de William Faulkner) est né le 17 novembre 1916 à Greenville, Mississippi. Il meurt le 27 juin 2005 à Memphis, Tennessee. L’auteur est assez méconnu en France. A travers on œuvre majeure, Shiloh, il décrit la Guerre de Sécession en 200 pages, en redonnant la parole à de simples soldats et officiers des deux armées.


AVANT LA GUERRE

Alors que la plupart des congénères de sa promotion combattront pendant la guerre américano- mexicaine (1846-1848), Rosecrans restera à West Point, retenu sur son poste par le Département de la guerre.

De 1847 à 1853, il sert sur des missions d’ingénierie à Newport, Rhode Island, New Bedford, Massachusetts, et recevra une affectation temporaire à la marine des États-Unis, au Washington Navy Yard.

Au cours de cette période, Rosecrans recherchera plusieurs emplois civils. Il lui faut des revenus complémentaires afin d’assurer les besoins de sa famille grandissante ; il a maintenant quatre enfants.

En 1851, il postulera pour un poste de professeur au VMI (Virginia Military Institute). Mais la place sera attribuée à son camarade de West Point, Thomas J. Jackson.

Durant la période où il est en service à Newport, dans le Rhode Island, Rosecrans proposera ses services comme ingénieur afin d’ériger l’église catholique romaine Sainte Mary. En 1853, elle sera l’une des plus grandes églises construites aux États-Unis à cette époque. A l’intérieur se trouve une fenêtre commémorative en l’honneur de William Starke Rosecrans.

L’église est surtout renommée pour avoir célébré, le 12 septembre 1953, le mariage de John F. Kennedy et Jacqueline Bouvier.

En 1854, Rosecrans démissionne de l’armée pour cause de mauvaise santé, et s’oriente alors vers une existence civile.

Il s’investit dans une affaire minière en Virginie occidentale ; sa bonne gestion lui permet d’avoir des résultats fructueux.

Il invente et installe l’un des premiers systèmes d’écluses en Virginie occidentale, sur la rivière Coal. Connu de nos jours comme le « Coal River Locks, Dams, and Log Booms Archeological District ».

À Cincinnati, avec deux associés, Rosecrans construit l’une des premières raffineries pétrolières à l’ouest des montagnes Allegheny. Il obtient par la suite plusieurs brevets pour des inventions, tels que la première lampe à kérosène à brûler une mèche, ainsi qu’un procédé efficace pour fabriquer du savon.

En 1859, au cours de sa présidence à la tête de la Preston Coal Oil Company, une lampe à huile de sécurité expérimentale explose, lui occasionnant de graves brûlures au visage, et déclenche un incendie dans la raffinerie.

Il lui faudra 18 mois pour se soigner. Les cicatrices faciales provoquées par les brûlures vont partiellement s’estomper et lui donner l’impression d’afficher un sourire permanent.

Alors qu’il se remet douloureusement de ses blessures, la Guerre Civile éclate…

L’OHIO

« Buckeye State »   

 

 

 

17ème État.

Capitale : Columbus.

Date d’Entrée dans l’Union : 1er mars 1803.

L’Ohio est un État du Midwest, dans la région des Grands Lacs des États-Unis. Il tire son nom de la rivière Ohio (« Grande rivière » ou « grande crique »).

– Le 10 février 1763, le Traité de Paris met fin à la guerre de Sept Ans entre la France et l’Angleterre. Les Français cèdent le contrôle de l’Ohio et le reste du Vieux Nord-Ouest à la Grande-Bretagne victorieuse.

– Le 3 septembre 1783, le Traité de Paris met fin à la Révolution américaine des patriotes des Treize colonies contre la Grande Bretagne, qui cède l’Ohio aux États-Unis. 

– En 1787, le Territoire du Nord-Ouest est créé et l’esclavage y est prohibé.

– Durant la Guerre civile, l’Ohio fut un grand pourvoyeur en soldats, plus que tout autre État de l’Union. En 1862, lors de la bataille de Shiloh, les pertes en hommes seront telles que le moral de l’État en sera sérieusement affecté. Dans une bataille gagnée à la Pyrrhus par le Nord, l’Ohio perdra 2000 de ses enfants. La même année, lorsque les forces confédérées dirigées par Stonewal Jackson viendront menacer la capitale, David Tod, le gouverneur de l’Ohio, recrutera 5000 volontaires, engagés sur une durée de trois mois de service.

– Du 12 juillet au 23 juillet 1863, le sud de l’Ohio et l’Indiana seront tour à tour attaqués par le raid du général John Hunt Morgan, provoquant la peur et l’affolement parmi la population des deux États.

– A la fin du conflit, l’État de l’Ohio déplorera la perte de 35 000 des siens, ainsi que 30 000 blessés. – Trois des plus grands généraux de l’Union, Ulysses S.Grant, William Tecumseh Sherman et Philippe Shéridan, étaient originaires de l’Ohio.


FAITS D’ARMES

ET

PARTICIPATIONS AUX BATAILLES

DE WILLIAM STARKE ROSECRANS

GUERRE CIVILE

(1861-1865)

1861

BATAILLE DE RICH MOUNTAIN

(11 juillet 1861)

Le 11 juillet : bataille de Rich Mountain, dans le Comté de Randolph, en Virginie-Occidentale.

Victoire de l’armée de l’Union placée sous les ordres des généraux George Brinton McClellan et William Starke Rosecrans, face aux forces confédérées commandées par les généraux Robert Selden Garnett (1819-1861) et John Pegram (1832-1865).

Dans le plan de bataille de l’Union, les 8000 hommes de l’armée fédérale placés sous les ordres de Rosecrans doivent, à l’issue d’une marche dans la montagne, surprendre le flanc gauche des forces confédérées de John Pegram. Pendant ce temps, les 5000 hommes commandés par le major-général McClellan attaquent, avec le soutien de l’artillerie, les mêmes positions de front.

Le 11 juillet au petit matin, Rosecrans fait avancer ses troupes ; sa progression est rendue laborieuse par les pluies torrentielles qui ne cessent de tomber sans discontinuité. Ce n’est que vers midi qu’il arrive sur les lieux de la bataille. Rosecrans lance immédiatement ses hommes à l’attaque des positions tenues par 360 Confédérés, qui s’enfuient en désordre. Après avoir subi, sans dommages, le feu de l’artillerie sudiste, la colonne de Rosecrans amorce, comme prévu dans son plan d’attaque, le contournement du flanc confédéré. Pris au dépourvu, le colonel Pegram, qui n’avait pas anticipé une attaque sur ce flanc, tente alors de s’extirper de l’encerclement. Six compagnies seulement réussiront à fuir, le reste de la troupe se rendra.

1861

BATAILLE DE CARNIFEX FERRY

(10 septembre 1861)

Le 10 septembre: bataille de Carnifex Ferry, Comté de Nicholas, Virginie.

Victoire de l’armée de l’Union placée sous les ordres du général William Starke Rosecrans, face aux forces confédérées commandées par le général John Buchanan Floyd (1806- 1863).

Vers la fin août 1861, les forces confédérées, placées sous les ordres du général John Buchanan Floyd (1806-1863), traversent la rivière Gauley. Elles attaquent et battent les forces nordistes du 7ème régiment d’infanterie de l’Ohio, commandées par le colonel Erastus Tyler (1822-1891), à Kessler’s Cross Lanes.

Les hommes inexpérimentés de Tyler se battent en infériorité numérique et sont vite mis en déroute.

Floyd établit son campement près de Carnifex Ferry, et commence à se fortifier en faisant creuser des retranchements près de la ferme Henry Patteson (qui se trouve sur la berge du Gauley River Canyon, près de Summersville).

Le brigadier-général de l’Union William Starke Rosecrans, à la tête de trois brigades d’infanterie, se dirige vers le sud de Clarksburg.  Il vient en renfort du régiment de Tyler.

Le 10 septembre il est prêt, et attaque les positions retranchées de Floyd. Les Confédérés repoussent tous les assauts de l’Union et les pertes fédérales sont largement supérieures à celles des défenseurs sudistes.

Cependant, sous les coups dévastateurs de l’artillerie de l’Union, Floyd se voit contraint d’abandonner ses positions et de battre en retraite dans la nuit vers le sud de la rivière Gauley. Il se repliera ensuite vers l’est à Meadow Bluff, près de Lewisburg.

LE CLIN D’ŒIL Deux futurs présidents des États-Unis ont participé à cette bataille :

– Rutherford B. Hayes (1822-1893), major au 23ème régiment d’infanterie de l’Ohio.

Rutherford B. Hayes

 

 

 

 

 

– William McKinley (1843-1901), soldat dans la compagnie E du 23ème régiment d’infanterie de l’Ohio.

 

 

1862

BATAILLE D’IUKA

(19 septembre 1862)

Bataille d’Iuka

Le 19 septembre : bataille d’Iuka. Comté de Tishomingo, Iuka (Mississippi).

Victoire de l’armée de l’Union placée sous les ordres du général William Starke Rosecrans, face aux forces confédérées commandées par le général Sterling Price (1809-1867).

Lewis Henry Little (19 mars 1817-19 septembre 1862) était un officier de carrière de l’armée des États-Unis et un général de brigade confédéré pendant la Guerre Civile américaine.

Le général confédéré Lewis Little.

Il a servi principalement dans le théâtre occidental et a été tué au combat lors de la bataille d’Iuka.

Après le siège de Corinth en mai 1862, le major-général Henry W. Halleck est nommé général en chef de l’armée de l’Union. C’est le major général Ulysses S. Grant qui lui succède à Corinth, Mississippi.

Le chameau « Old Douglas », mascotte du 43rd Mississippi Infantry Volunteers, CSA.

« Old Douglas » était présent lors des batailles de Iuka, Corinth, Central Mississippi Rail Road et Vicksburg. Il fut tué délibérément par un tireur d’élite Yankee, et par la suite a probablement été mangé par les Confédérés affamés.

Sa mort a été beaucoup pleurée, et, comme un vétérinaire du 43ème l’a écrit : « son action auprès des soldats mérite une distinction ».

Le 19 septembre 1862, Grant envoie deux armées pour affronter l’armée confédérée de Sterling Price.

Cette maison était occupée par le général Sterling Price avant la bataille.

Il a l’intention de combattre les forces sudistes en les encerclant dans un double enveloppement : d’une part par le sud-ouest, l’Armée du Mississippi commandée par Rosecrans, et d’autre part, arrivant par le nord-ouest, les trois divisions de son Armée du Tennessee dirigées par le major-général Edward Ord (1818-1883).

Grant et Ord doivent lancer leur attaque simultanément dès qu’ils entendront le son et les clameurs de la bataille. Mais une ombre acoustique va annihiler les bruits des combats. Ce phénomène acoustique inattendu va les tenir éloignés du lieu de la bataille, car ils ne peuvent entendre que celle-ci a déjà commencé.

Artillerie de l’Union à la bataille de Iuka, Mississippi

Rosecrans va devoir assumer seul la direction des combats. Après un après-midi d’affrontements entièrement dirigés par l’armée yankee, les Confédérés abandonnent leurs positions sur Iuka. Ils s’enfuient par une route qui n’a pas été encore fermée par les troupes nordistes et rejoignent l’armée du major-général Earl Van Dorn. Les deux forces réunies s’apprêtent à se battre à nouveau contre Rosecrans, à la seconde bataille de Corinth (les 3 et 4 octobre 1862).

L’ARMÉE DU MISSISSIPPI

C’était le nom donné à deux armées de l’Union qui opéraient autour du fleuve Mississippi pendant la guerre civile américaine. Elle eut une existence de courte durée (du 23 février au 26 octobre 1862). Il ne faut pas confondre avec l’Armée confédérée du Mississippi, du même nom.

En anglais, il faut distinguer l’appellation : « Army of the Mississippi », qui est l’« Armée (unioniste) du Mississippi », et « Army of Mississippi », qui est l’armée (confédérée) du Mississippi.

PRINCIPAUX COMMANDANTS & BATAILLES

1862

Brigadier-général John Pope (du 23 février 1862 au 26 juin 1862).

 

 

 

 

 

Bataille de New Madrid, Île n ° 10 (7avril 1862).

Siège de Corinth (29 avril 1862).

Brigadier-général William Starke Rosecrans (du 26 juin 1862 au 24 octobre 1862).    

Bataille de Iuka (19 septembre 1862).

Seconde bataille de Corinth (4 octobre 1862).

1863

Général de division John Alexander McClernand (du 4 janvier 1863 au 12 janvier 1863).  

 

 

 

Bataille d’Arkansas Post (11 janvier 1863).

1862

DEUXIÈME BATAILLE DE CORINTH

(Les 3 et 4 octobre 1862)

3 octobre 1862, bataille de Corinth

Le 28 septembre, après la bataille d’Iuka (19 septembre 1862), les deux armées confédérées de Sterling Price (1809-1867) et Earl Van Dorn (1820-1863) se sont réunies sous le commandement du plus ancien, Van Dorn.

Ulysse Grant est convaincu que Corinth est le prochain objectif des forces sudistes.

Grant a vu juste : ceux-ci prévoient de s’emparer de la ville et d’isoler Rosecrans de tout soutien possible, pour ensuite se diriger vers le Moyen Tennessee. Pour parer à cette menace, il dépêche un courrier à Rosecrans dans lequel il lui demande d’être sur ses gardes contre une éventuelle attaque des forces confédérées. De son côté, Rosecrans n’est pas persuadé que Corinth soit le but de Van Dorn. Il pense qu’il est hasardeux pour les Sudistes de donner l’assaut à une ville aussi bien fortifiée. Dans ce cas, les confédérés peuvent aussi bien préférer se ruer sur le chemin de fer de Mobile et de l’Ohio, et chasser hors de leurs positions les forces nordistes.

Bataille de Corinth

La bataille débute le 3 octobre au matin. Trois divisions avancent vers les positions confédérées au nord et au nord-ouest de la ville.

A 10 heures Van Dorn attaque. Son plan consiste en un double enveloppement, dans lequel il concentrera ses efforts sur le flanc gauche de l’armée de Rosecrans. Il espère ainsi que celui-ci dégarnira son flanc droit pour renforcer le gauche. Price de son côté poussera son assaut principal cotre l’aile droite nordiste, et s’engouffrera dans les positions ennemies fortifiées.

Vers 13 heures 30, les Confédérés font une percée dans la ligne adverse, et celle-ci est obligée de reculer sur huit cent mètres au-delà des redoutes.

Le lendemain, le 4 octobre, les forces confédérées avancent sous des tirs d’artillerie meurtriers de

Battery Powell

l’Union et s’emparent des batteries Powell et Robinett. Ces actions donnent lieu à des corps à corps sanglants et désespérés. Les Sudistes parviennent néanmoins à entrer dans Corinth, mais seront repoussés.

Les Fédéraux contre-attaquent et reprennent possession des batteries

Soldats morts à la bataille de Corinth

Powell et Robinett. Van Dorn décide la retraite générale de ses forces et abandonne le terrain aux troupe fédérales.

Rosecrans ne se lancera pas à la poursuite de l’armée confédérée en pleine débâcle, lui évitant ainsi sa destruction.

 

Deux frères : soldat Joseph F. Grace et John A. Grace, de la compagnie B, du 35th Mississippi Infantry.

Les deux frères se sont enrôlés le 1er mars 1862 dans le comté de Kemper, Mississippi.   John est blessé en octobre 1862 au cours de la bataille de Corinth, dans le Mississippi. Puis Joseph et John seront tous les deux capturés en juillet 1863, lors de la prise de Vicksburg.  John sera grièvement blessé pendant la campagne, et Joseph légèrement blessé.   John mourra des suites de ses blessures le 12 août 1863. Joseph sera capturé à Allatoona, en Géorgie, en 1864.  

 

1er lieutenant George W. Young, compagnie D, 27th Ohio Infantry.

Blessé en Octobre 1862 à la bataille de Corinth, Mississippi.

George W. Young

 

 

 

 

 

 

 

Soldat Anthony O’Brien, Company C, 17th Wisconsin Infantry.

Né en Irlande, il sera tué le 3 octobre 1862 à la bataille de Corinth, Mississippi.

Anthony O’Brien

 

 

 

 

 

 

Le sergent Willis Field Buck, compagnie F, 42nd Alabama Infantry.

Willis Field Buck

Buck s’est enrôlé le 4 juillet 1862. En octobre 1862, il est inscrit sur la liste des soldats tués au cours de la bataille de Corinth, dans le Mississippi. En réalité, il sera capturé et peut-être blessé.

 

 

 

 

1863

BATAILLE

DE LA STONES RIVER

(Du 31 décembre 1862 au 2 janvier 1863)

Bataille de la Stones River

SOMMAIRE

La bataille de la Stones River (également appelée Murfreesboro par les Confédérés) se déroule du 31 décembre 1862 au 2 janvier 1863 au sud-est de Nashville, dans le Tennessee. Elle représente le point majeur de la campagne de la rivière Stone sur le théâtre de l’ouest, durant la Guerre Civile Américaine (1861-1865). Elle figure parmi les grandes batailles de cette guerre et détiendra le pourcentage du plus grand nombre de victimes chez les deux belligérants. L’issue des combats demeure indécise, et les deux attaques confédérées sont repoussées par l’armée de l’Union du général William Starke Rosecrans. L’armée sudiste de Braxton Bragg doit se retirer, laissant son adversaire maître du terrain. Après la désastreuse défaite de l’armée de l’Union d’Ambose Burnside à Fredericsburg (le 13 décembre 1862), la bataille de la Stones River va redonner le moral aux forces nordistes. Par là-même, elle anéantit tous les espoirs des Confédérés de contrôler le Moyen-Tennessee.

Lire « La bataille de la Stones River »

CONTEXTE

Les victoires de Ulysse S. Grant à Fort Henry et Fort Donelson ((février 1862), et ensuite la prise de Nashville qui a suivi, ont apporté aux Unionistes des succès à un moment où ils en avaient le plus besoin. Dès lors, les Nordistes avancent depuis Nashville et progressent en territoire sudiste. De fait, l’armée confédérée du Tennessee, commandée par le général Braxton Bragg, est contrainte de stopper l’avancée des forces fédérales de William Starke Rosecrans. Il devient vital pour les Confédérés d’empêcher l’ennemi de pénétrer plus en avant, et de protéger plus particulièrement la Géorgie et son industrie de guerre. Cet État abrite de nombreux arsenaux et d’importants nœuds de communications cruciaux pour la Confédération. Le Président sudiste Jefferson Davis donne l’ordre à Braxton Bragg de stopper l’invasion yankee…

« Dans le conflit qui les oppose, écrit Abraham Lincoln vers la fin 1862, chaque camp prétend agir selon la volonté de Dieu. Ce pourrait bien être le cas, mais l’un d’entre eux est nécessairement dans l’erreur, car Dieu ne peut être pour et contre une même chose dans le même temps ».

« La Guerre de Sécession », de Ken Burns.


Le 31 décembre 1862.

Le 31 décembre 1862, Bragg, en infériorité numérique avec ses 45 000 hommes, attaque les 60 000 hommes de l’armée de William Rosecrans à l’ouest de Murfreesboro. L’armée yankee est totalement prise au dépourvu. Les soldats de l’Union sont complètement bousculés, tant la furia confédérée est soudaine et foudroyante.

La résistance éphémère d’une brigade nordiste placée sous les ordres du général Philip Henry Sheridan (1831-1888) permet aux forces de Rosecrans de stabiliser leurs lignes.

Attaque confédérée

Au soir du 31 décembre 1862, les positions yankees ont reculé de plusieurs kilomètres.

Cette nuit-là, Rosecrans tient un conseil de guerre pour décider de la suite de la bataille. Au sein de son état-major, nombreux sont les généraux qui estiment que l’armée de l’Union a été malmenée et vaincue. Certains ont même recommandé une retraite en bon ordre avant qu’il ne soit trop tard et qu’ils ne soient entièrement coupés des bases de soutien. Mais Rosecrans refuse, conforté dans sa décision par les généraux George Henry Thomas et Thomas Leonidas Crittenden. La décision de continuer le combat est prise.

Thomas aurait déclaré : « Cette armée ne recule pas », ou encore : « Il n’y a pas de meilleur endroit pour mourir ».

De son côté, malgré des pertes importantes (9000 victimes), Bragg est certain d’avoir remporté la victoire. Pour lui, eu égard au grand nombre de prisonniers que son armée a capturés, les Nordistes en ont perdu beaucoup plus.

Bragg a envoyé un télégramme à Richmond avant de se coucher : « L’ennemi a cédé sa position forte et recule. Nous occupons [tout] le champ et le suivrons. … Dieu nous a accordé une bonne et heureuse année ».

L’armée confédérée commence à se retrancher face aux positions ennemies.

Pendant la bataille de Stones River, le général Thomas Leonidas Crittenden commande l’aile gauche de l’armée du Cumberland (Union). Le 31 décembre 1862, ses

Thomas Leonidas Crittenden

hommes jouent un rôle clé en tenant la ligne le long de la route de Nashville, et le 2 janvier 1863, portent le coup final de la bataille. Le père de Crittenden était un puissant politicien du Kentucky John J. Crittenden. Son frère, le général George Bibb Crittenden, servira dans l’armée confédérée. Le 19 janvier 1862, celui-ci est défait à la bataille de Mill Springs, dans le Kentucky, face aux forces nordistes du général de l’Union George Henry Thomas.

 

Le lendemain, le 1er janvier 1863, il n’y aura aucun combat.

Le 2 janvier 1863.

Ce n’est que le 2 janvier 1863, après la trêve du nouvel an, que l’armée confédérée de Bragg reprend son attaque. Il entrevoit de déplacer une partie de son armée à l’est de la Stone River. Avec cette manœuvre, il compte prendre de flanc l’aile gauche de son ennemi.

Pour exécuter cet assaut, Bragg dépêche le corps d’armée de John Cabell Breckinridge (1821-1875). Cet ancien candidat à la présidence des États-Unis est plus un homme politique qu’un militaire avisé, qui doit sa nomination grâce à ses relations. Nonobstant, Breckinridge devine tout de suite le piège qui lui est tendu. S’il se lance à l’attaque des positions nordistes, c’est l’échec assuré, et ses hommes seront exterminés par l’artillerie adverse qui prendra ses lignes d’attaque en enfilade. Comme il le pressentait, son assaut est brisé dès le début par les canons nordistes et ses hommes subissent de lourdes pertes. Forcés de reculer, les Sudistes retraversent la Stone River pour revenir à leur point de départ.

Parlant de l’assaut confédéré, un soldat sudiste dira :

« L ‘assaut a été si soudain et l’engagement si grand qu’ils ont reculé dans une grande confusion, chacun pour soi, comme si le diable les poursuivait… Dans leur fuite ils ont tout abandonné pour sauver leur peau. Un de leurs morts, quelques deux cent mètres à l’arrière, avait été tué tenant toujours fermement son pot de café dans sa main ».

Officiellement, il est admis que la bataille s’est terminée le 2 janvier. Le lendemain, le 3 janvier, Bragg dispose d’environ 20 000 hommes en état de poursuivre le combat. Toutefois, ses services de renseignements lui apprennent que Rosecrans va recevoir des renforts et qu’il disposera bientôt de 70 000 hommes. A un contre trois la lutte est trop inégale. A cela viennent se rajouter les mauvaises conditions climatiques de janvier. Les pluies verglaçantes pourraient provoquer une crue de la Stones River et séparer les maigres forces de Bragg.

Le 3 janvier, vers 22 heures, Bragg quitte Murfreesboro et se retire sur Tullahoma, dans le Tennessee, 58 km plus au sud.

Le 5 janvier, Rosecrans occupe Murfreesboro abandonnée par les Sudistes, mais ne se lance pas à la poursuite de l’armée confédérée de Bragg, en pleine retraite.

Pauline Cushman (née Harriet Wood) naît le 10 juin 1833 à La Nouvelle-Orléans ; elle meurt le 2 décembre 1893 à San Francisco. Cette actrice américaine fut espionne pour le compte de l’Union durant la Guerre de Sécession.

Pauline Cushman a feint d’opter pour la cause confédérée lors d’une représentation théâtrale à Louisville, au Kentucky. Ceci afin d’approcher et d’avoir ses entrées au haut commandement confédéré. À l’été 1863, Pauline Cushman vole les plans de bataille du général sudiste Braxton Bragg. Mais elle est capturée avant d’atteindre les lignes de l’Union, et condamnée à être pendue. Cependant, le début de la campagne de Tullahoma contraint Bragg, alors qu’il se retire du Tennessee, à abandonner ses prisonniers, y compris Cushman.

Pauline Cushman

Après la guerre, Cushman utilisera ses talents d’actrice pour raconter son histoire à travers le pays (y compris un séjour de deux ans avec P.T. Barnum), jusqu’à ce que sa popularité diminue dans les années 1870. Après trois mariages et la mort de son fils, Cushman vit des moments difficiles, et déménage à San Francisco. Elle meurt d’une overdose d’opium en 1893. Elle est enterrée au cimetière national de San Francisco.

1863

CAMPAGNE TULLAHOMA

(Du 24 juin au 3 juillet 1863)

Rosecrans et Bragg

La Campagne Tullahoma (ou Campagne du Middle Tennessee) est une opération militaire qui se déroule du 24 juin au 3 juillet 1863. L’armée du Cumberland (Union), placée sous les ordres du major-général William Rosecrans, déloge les forces confédérées du général sudiste Braxton Bragg du Tennessee et vient menacer la ville stratégique de Chattanooga.

Dans les deux camps, les officiers ont expliqué que « Toulla » veut dire boue en Grec, et que « homa » signifie encore plus de boue.

Campagne de Tullahoma

Bragg occupe des positions défensives fortifiées dans les montagnes, mais il manque sérieusement de ravitaillement et de fourniture. Son adversaire dispose du nouveau fusil à répétition à sept coups, le « Spencer ». De plus, de graves dissensions voient le jour au sein du commandement de Braxton Bragg. L’avancée de Rosecrans le 23 juin prend les Confédérés par surprise. Le général nordiste exécute un plan judicieux qui consiste, tout en maintenant la pression sur le centre de l’armée de Bragg, à envoyer la majorité de ses troupes sur le flanc droit de son adversaire.

Bragg est lent à se rendre compte de ce qui se passe et ses subordonnés ne sont généralement pas coopératifs. Les commandants de l’armée du Tennessee sont méfiants, et ni Polk ni Hardee ne comprennent exactement les ordres du général en chef. Dès lors, Bragg est contraint d’abandonner Tullahoma, et se retire le 4 juillet au-delà de la rivière Tennessee.

La campagne se termine la même semaine que les deux victoires historiques de l’Union, qui marquent le tournant de la Guerre : Gettysburg et Vicksburg. La victoire de Rosecrans s’en trouvera diminuée et il s’en plaindra.

Nonobstant, les pertes sudistes sont faibles, et Bragg reçoit dans la foulée des renforts, ce qui lui permettra de battre cette fois son ennemi Rosecrans deux mois plus tard, à la bataille de Chickamauga.

5ème Régiment d’infanterie volontaire de Géorgie (Clinch Rifles).

Il est mis sur pied le 11 mai 1861. Il a combattu dans le Tennessee en juin 1863 à la bataille de Murfreesboro (où il a eu 32 % de pertes), à Shelbyville, et a participé à la Campagne de Tullahoma.

5ème Régiment d’infanterie volontaire de Géorgie (Clinch Rifles).

En septembre 1863, il s’est battu à la bataille de Chickamauga et a eu plus de 55% de victimes dans ses rangs. En novembre 1863, le 5ème régiment de volontaires de Géorgie participe au siège de Chattanooga sur Missionary Ridge.

5th Georgia Volunteer Infantry Regiment, C.S.A

En 1864, l’unité se bat pour protéger Charleston et Savannah, puis en mars 1865, participe à la bataille de Bentonville. Le 25 avril 1865, lors de la reddition de l’armée du Tennessee, il ne restera qu’une poignée de ses valeureux soldats pour assister à la capitulation.


L’ARMÉE DU CUMBERLAND  

Drapeau du quartier général de l’armée de Cumberland

C’était l’une des principales armées de l’Union dans le théâtre occidental durant la guerre civile américaine. Elle était à l’origine connue sous le nom d’Armée de l’Ohio.

PRINCIPAUX COMMANDANTS & BATAILLES

Général de division William S. Rosecrans (du 24 octobre 1862 au 19 octobre 1863).

– Bataille de la Stones River.

– Campagne de Tullahoma (du 24 juin au 3 juillet 1863).

– Bataille de Chickamauga (du 18 au 20 septembre 1863).

Général de division George H. Thomas (du 19 octobre 1863 au 1er août 1865).  

George Henry Thomas

 

 

 

 

 

– Bataille de Chattanooga (du 23 au 25 novembre 1863).

– Campagne d’Atlanta (du 7 mai au 2 septembre 1864).

– Bataille de Franklin (30 novembre 1864). – Bataille de Nashville (du 15 au 16 décembre 1864).

 

1863

LA BATAILLE DE CHICKAMAUGA

(DU 18 AU 20 SEPTEMBRE 1863)

Bataille de Chickamauga

Victoire de l’armée confédérée commandée par les généraux James Longstreet et Braxton Bragg, face aux forces de l’Union placées sous les ordres des généraux William Rosecrans et George Thomas.

Vers la mi-août 1863, James Longstreet est détaché sur le front de l’Ouest. Son armée est transférée par chemin de fer, un long voyage de 1 247 km, jusque dans le nord de la Géorgie. Arrivées à destination, les troupes sudistes de Longstreet sont placées sous les ordres du général Braxton Bragg.

La bataille de Chickamauga se déroule du 18 au 20 septembre 1863. Elle marque la fin de l’offensive de l’Union, dans le Sud du Tennessee et le Nord-Ouest de la Géorgie. Après la bataille, les forces fédérales en pleine déroute se retirent et s’enferment dans Chattanooga. Les forces confédérées restent maîtres du champ de bataille. Cette bataille est la plus importante défaite de l’Union dans le théâtre d’opérations de l’Ouest, durant la Guerre de Sécession.

La traduction des mots indiens est bien souvent incertaine, et Chickamauga voudrait dire « rivière de la mort », mais ce n’est cependant qu’une interprétation.

« La Guerre de sécession », de Ken Burns.

La bataille fut horrible et meurtrière. Elle a donné lieu à de nombreuses percées et de combats au corps-à-corps et à une longue et difficile retraite des soldats nordistes. Ce fut une glorieuse victoire du Sud, demeurée inexploitée. Tous les héros de l’Ouest y étaient, Nathan Bedford Forrest en tête.

A 8 heures, le 18 septembre 1863 au matin, la cavalerie de Nathan Bedford Forrest se heurte à une brigade nordiste en route vers un petit pont qui enjambe la rivière.

L’un des officiers sudistes déclarera : « A midi, les morts étaient empilés les uns sur les autres comme des troncs d’arbres débités pour le passage des colonnes ».

« La Guerre de sécession », de Ken Burns.

A la faveur de la nuit, c’est le statu quo. Les deux camps n’ont pas pris un pouce de terrain.

Le lendemain les affrontements reprennent, tout aussi féroces et meurtriers. Rosecrans commet alors une terrible erreur : il ordonne à ses troupes d’aller consolider une brèche inexistante dans ses lignes. En exécutant cette manœuvre pour le moins risquée, il en ouvre une bien réelle à travers laquelle s’engouffrent les Confédérés de Longstreet ; les lignes fédérales finissent par rompre et c’est la débandade. Et même Rosecrans prend la fuite.

 « Ils ont combattu jusqu’au dernier » déclarera James Longstreet ». 

« La Guerre de Sécession », de Ken Burns.

Cependant George Henry Thomas, un général nordiste originaire de Virginie, refuse la défaite et ne veut pas se replier. Dans l’urgence, il organise une défense acharnée qui évite à la bataille de finir en déroute ; ce qui lui vaudra le surnom de « Rock de Chickamauga ».

L’armée nordiste regagne difficilement Chattanooga. Rosecrans est abasourdi.

« Il errait comme un canard qui aurait pris un coup sur la tête » déclarera Abraham Lincoln.

« La Guerre de Sécession », de Ken Burns.


1864

LE RAID DE PRICE

(Du 28 août au 28 octobre 1864)

Sterling Price

Le raid de Price (également appelé expédition de Price au Missouri) est une série de batailles et d’affrontements menés, en 1864, par la cavalerie confédérée à travers les États du Missouri et du Kansas, pendant la Guerre Civile américaine (1861-1865).

Au cours de cette campagne, le major-général sudiste Sterling Price remportera quelques succès. Il sera finalement battu à la bataille de Westport par les forces nordistes du major-général Samuel Ryan Curtis (1805-1866). A la suite des combats, il est refoulé vers l’Arkansas par la cavalerie de l’Union, commandée par le major-général Alfred Pleasonton (1824-1897).

L’expédition de Price est la dernière opération militaire d’envergure menée à l’ouest du Mississippi.

La défaite de l’armée de Price permettra à l’Union de prendre le contrôle, jusqu’alors très contesté, de l’« État-tampon » du Missouri.

NB : l’échec des Confédérés dans le Missouri contribuera à la réélection d’Abraham Lincoln, le 8 novembre 1864.

LISTE DES BATAILLES DU RAID DE PRICE

Campagne de Price au Missouri

Le major-général William Starke Rosecrans est le commandant du département du Missouri. (Le département comprend les États du Missouri, de l’Arkansas, de l’Illinois et du Kentucky à l’ouest de la rivière Cumberland et plus tard du Kansas).

– Le 27 septembre : bataille de fort Davidson. Comté d’Iron, Missouri.

La bataille de fort Davidson (aussi connue comme la bataille de Pilot Knob), est le premier affrontement du raid du Missouri dirigé par Sterling Price.

Thomas Ewing Jr

Victoire des forces de l’Union commandées par le major-général Thomas Ewing Jr. (1829-1896), face à l’armée du général confédéré Sterling Price (1809-1867).

– Le 11 octobre : quatrième bataille de Boonville. Boonville, Missouri.

John Benjamin Sanborn

La quatrième bataille de Boonville a eu lieu le 11 octobre 1864 entre les forces fédérales du brigadier-général John Benjamin Sanborn (dont la brigade faisait partie des forces de Rosecrans), et des éléments de l’armée du général Sterling Price du Missouri, qui occupaient la ville. Cette escarmouche aboutira sur une victoire confédérée. Néanmoins, les forces de Price abandonneront la ville le lendemain.

– Le 15 octobre : bataille de Glasgow. Près de Glasgow, Missouri.

Victoire des forces confédérées placées sous les ordres des généraux John Bullock Clark Jr. (1831-1903) et Joseph Orville « Jo » Shelby (1830-1897), face aux troupes de l’Union commandées par le colonel Chester Harding.

La bataille se solde par une victoire confédérée et la capture d’une importante quantité de matériel de guerre. Cependant Price retire peu d’avantages à long terme ; il sera finalement vaincu à Westport une semaine plus tard, ce qui mettra fin à sa campagne dans le Missouri.

– Le 15 octobre : bataille de Sedalia. Comté de Pettis, Missouri.

Au cours de la Guerre Civile et malgré de fortes unités fédérales qui protégeaient le chemin de fer, Sedalia sera presque entièrement conquise par les forces confédérées de Sterling Price.

Meriwether Jeff Thompson

Les 1500 cavaliers de la « brigade de fer » du général Joseph O. Shelby ajoutées à celle de Price dans le Missouri, encerclent la ville de Sedalia. La milice fédérale du colonel John D. Crawford et du lieutenant-colonel John Parker est maîtrisée ; la ville est livrée au pillage des soldats sudistes.

Le général confédéré Meriwether Jeff Thompson stoppe le sac de Sedalia et retire ses troupes, en abandonnant la ville aux forces de l’Union.

– Le 19 octobre : seconde bataille de Lexington. Lexington, Missouri.

James Gillpatrick ou Gilpatrick Blunt

Cette escarmouche mineure entre dans la campagne du Missouri du major-général confédéré Sterling Price. Cet affrontement se solde par une victoire sudiste des forces du général Sterling Price, sur les troupes de l’Union commandées par le major-général James Gillpatrick (ou Gilpatrick) Blunt (1826-1881).

– Le 21 octobre : Bataille de Little Blue River. Comté de Jackson, Missouri.

La bataille de Little Blue River est un affrontement mineur de la Guerre de Sécession, qui se déroula dans le Comté de Jackson, Missouri. L’issue des combats est marquée par la victoire des forces confédérées du général sudiste Sterling Price, face à l’armée de l’Union commandée par le général Samuel Ryan Curtis (1805-1866), le major-général James Gillpatrick (ou Gilpatrick) Blunt (1826-1881) et le brigadier-général Thomas Moonlight (1833-1899).

– Du 21 au 22 octobre : Seconde bataille d’Indépendance. Independence, Missouri.

La seconde bataille d’Independence est un affrontement mineur de la Guerre de Sécession. Au cours

Alfred Pleasonton

des combats, certains des assauts les plus acharnés se dérouleront sur plusieurs sites : l’actuelle place de la Paix des Nations Unies, le « dépôt ferroviaire Harry Truman », la résidence de George Caleb Bingham, le temple de l’église de la Communauté du Christ, l’auditorium et l’« église en pierre », et le siège de l’Église du Christ (temple).

Il faut distinguer deux batailles séparées : celle de la première journée, où les soldats confédérés chassent l’armée de l’Union du major-général James Gillpatrick Blunt vers l’ouest, en dehors de la ville d’Independence, et celle du deuxième jour, le 22 octobre, où la cavalerie du major-général Alfred Pleasonton (1824-1897) repousse l’armée confédérée de Sterling Price vers l’ouest, hors de la ville d’Independence. L’issue de la bataille reste indécise.

La seconde bataille d’Independence ne doit pas être confondue avec la première bataille livrée en août 1862. Cette bataille antérieure avait vu une victoire confédérée.

– Le 22 octobre : Bataille de Byram’s Ford. Kansas City, Missouri.

La bataille de Byram’s Ford est un affrontement mineur de la Guerre de Sécession. Elle est connue pour deux escarmouches, les 22 et 23 octobre 1864, dans le Comté de Jackson, au Missouri.

Cet engagement fait partie de la bataille de Westport le 23 octobre, qui aboutira finalement à une victoire de l’Union et mettra fin à toutes les grandes opérations confédérées dans le Missouri.

Cette bataille qui est aussi parfois appelée la « bataille de la Big Blue River » voit la victoire des forces de l’Union commandées par les généraux James Gillpatrick Blunt et Alfred Pleasonton, face aux troupes confédérées placées sous les ordres des généraux Joseph Orville « Jo » Shelby et John Sappington Marmaduke (1833-1887).

– Le 23 octobre : bataille de Westport. Kansas City, Missouri.

Bataille de Westport

La bataille de Westport est parfois appelée le « Gettysburg de l’Ouest ». Au cours de l’affrontement, les forces de l’Union du major général Samuel R. Curtis remportent une victoire décisive sur une force en infériorité numérique confédérée, commandée par le major général Sterling Price.

Cet engagement représente le point limite de l’expédition de Sterling Price dans le Missouri ; Price est contraint à la retraite. La bataille met un point final à la dernière offensive confédérée à l’ouest du fleuve Mississippi. Durant tout le reste de la guerre, l’armée nordiste conservera le contrôle de la majorité du Missouri. Cette bataille, qui mettra face à face plus de 30 000 hommes, est l’une des plus importantes livrées à l’ouest du fleuve Mississippi.

Victoire de l’Union.

– Le 25 octobre : bataille du Marais des Cygnes. Comté de Linn, Kansas.

C’est la première des trois batailles qui auront lieu le même jour, le 25 octobre.

Après sa défaite à la bataille de Westport, Sterling Price recule vers le sud, avec l’armée de l’Union d’Alfred Pleasonton qui le talonne. Elle le rattrape alors qu’il campe sur les berges de la rivière du Marais des Cygnes, non loin de Trading Post, Comté de Linn, (Kansas).

Dès quatre heures du matin, l’artillerie nordiste entre en action et pilonne les positions précaires confédérées. Puis les troupes de Pleasonton se lancent à l’assaut. Devant la violence de l’attaque nordiste, Price n’a pas d’autre solution que celle de reculer et de faire franchir à ses hommes la rivière. Seule la division de l’Arkansas, avec à sa tête le major-général confédéré James Fleming Fagan (1828-1893), est chargée de contenir les Fédéraux jusqu’à ce que Price et les fourgons aient traversé le cours d’eau pour se mettre en sécurité.

L’armée de Sterling Price réussit à s’enfuir, et Pleasonton ne peut s’emparer que de deux canons et de quelques prisonniers. Il se lance alors à nouveau à sa poursuite et le rattrape, le même jour, à Mine Creek.

Victoire de l’Union.

– Le 25 octobre : bataille de Mine Creek. Comté de Linn, Kansas.

Bataille de Mine Creek

La division d’Alfred Pleasonton rattrape les forces confédérées en train de traverser Mine Creek, à environ 10 km au sud de Trading Post. Les Sudistes, submergés par la violence de l’assaut nordiste, sont interceptés au milieu du gué, bloqués avec leurs fourgons par les eaux en crue.

Les Confédérés se regroupent en ordre de bataille sur la rive nord de la rivière et s’apprêtent à contenir le choc de l’assaut. Mais la violente charge de cavalerie du 4th Iowa Cavalry leur tombe dessus « comme la foudre », dira un témoin. Les rangs des soldats de Price sont rompus et explosent « comme des rangées de briques ».

Price est contraint, une fois de plus, à battre en retraite. Environ 600 confédérés, deux généraux sudistes (John Sappington Marmaduke et le brigadier-général William Lewis Cabell (1827-1911), ainsi que six canons sont capturés.

Victoire de l’Union.

– Le 25 octobre : bataille de Marmiton River (aussi appelée bataille de Shiloh Creek ou Charlot’s Farm). Comté de Vernon, Missouri.

L’armée de Sterling Price et son convoi de charriots se dirigent vers Fort Scott. En fin d’après-midi, l’armée de Price essaie de franchir, avec beaucoup de difficultés, le gué sur le cours de la Marmiton River en crue. Bien entendu, comme à Mine Creek la veille, l’ennemi yankee le rattrape, et il doit à nouveau se battre.

Deux brigades d’Alfred Pleasonton, commandées par le major-général John McNeil (1813-1891), lui font face. Price a réussi à rallier certaines unités confédérées des combats des jours précédents, mais la plupart des soldats sont désarmés.

John McNeil, qui ignore que son ennemi n’est pas en position de riposter, et se fiant uniquement au nombre de son adversaire, décide de ne pas attaquer de front.

Les escarmouches vont se succéder durant deux heures. Puis Price recule à nouveau ; ce qui reste de son armée peut s’échapper. McNeil est incapable d’organiser sa poursuite. L’armée confédérée est complètement délitée. A cet instant précis, Price doit impérativement mettre les bribes de son armée en sécurité en territoire ami.

– Le 28 octobre : seconde bataille de Newtonia. Comté de Newton, Missouri.

Les débris de l’armée de Price ont fait une halte pour se reposer à environ 3,2 km au sud de Newtonia, dans le Missouri.

Vers les 15 heures, les cavaliers de l’Union du major général James G. Blunt repèrent les fourgons d’approvisionnement de l’armée de Price en pleine déroute, et les attaquent. C’est alors que la division de cavalerie sudiste de Jo Shelby, avec sa fameuse « Brigade de Fer », fait volte-face pour contre-attaquer la cavalerie de l’Union. Il faut à tout prix protéger la retraite de l’armée confédérée vers le Territoire indien. Le brigadier-général John Sanborn (1826-1904), arrivant plus tard avec des renforts, contraint les cavaliers de Shelby à abandonner le combat et à se retirer.

Price est à nouveau obliger de reculer. Les forces de l’Union ne parviendront pas à détruire ou à capturer l’armée rebelle.  La bataille de Newtonia met un terme définitif au « Raid de Price ».

Les cadavres.

Un artilleur confédéré :

« Nous avons eu l’occasion d’observer la différence frappante qui existe entre les cadavres des soldats Fédéraux et ceux des Confédérés, restés vingt-quatre heures ou plus sans sépultures. Alors que chez ces derniers aucun changement visible ne se produit, les corps des Fédéraux enflent et deviennent violacés. Cela provient de la différence d’alimentation. Il est incontestable que nombreux sont les soldats confédérés tombés au bord du chemin par manque de nourriture. Cependant, d’une façon générale, ils supportent mieux les privations que les Fédéraux, habitués à des rations régulières et abondantes.

Le dimanche 31 août, nous avons visité d’autres parties du champ de bataille. L’une d’elles offrait l’aspect d’un immense jardin fleuri où le bleu dominait, parsemé du rouge des uniformes des Zouaves fédéraux.

A moins de cinquante mètres du remblai de chemin de fer, (…) les trois quarts au moins des hommes qui participèrent à la charge furent tués, et ils gisaient en rangs à l’endroit où ils étaient tombés. J’aurais pu marcher tout droit sur des cadavres pendant quatre cents mètres. Devant pareille évidence, il fallait bien nous débarrasser de l’idée que « les Nordistes ne se battraient pas ».

Les cadavres, suite.

Un chirurgien de l’armée fédérale :

« Nous partîmes avec un drapeau blanc. Le médecin-major nous avait divisés par groupes de huit, avec deux brancards par ambulance. Nous commençâmes notre triste travail qui consistait à ramasser nos malheureux blessés sur ce vaste champ de bataille.

Les morts restaient sans sépultures et présentaient un macabre sujet d’études. On pouvait à peine en trouver un encore revêtu de son pantalon, d’une tunique ou de souliers en bon état. Si les vêtements étaient trop usés pour être volés, toutes les poches étaient systématiquement retournées.

En effet, j’aperçus dans les coins les plus reculés du champ de bataille des apaches en train de faire les poches de quelque malheureux qui s’était traîné dans un fourré pour y mourir. Ces voyous pullulaient. La plupart d’entre eux étaient très jeunes, apparemment guère plus de dix-huit ou vingt ans ».  

Extrait de « Il y a toujours un reporter ». (« La guerre de Sécession », « les femmes du Sud » de Victor Austin, paru aux éditions René Julliard).


SA FIN DE VIE

Après la guerre, Rosecrans s’intéresse au chemin de fer. Il devient l’un des onze fondateurs de la Southern Pacific Railroad.

De 1868 à 1869, Rosecrans est ambassadeur des États-Unis au Mexique.

Le 3 novembre 1868, Ulysses S. Grant, son ennemi juré, accède à la présidence des Etats-Unis (1869-1877), et le remplacera à son poste d’ambassadeur après cinq mois d’activité.

Il s’intéresse ensuite à l’administration civile et écrit un livre, « Popular Government ».

Rosecrans est alors approché par plusieurs partis pour présenter sa candidature à de hautes fonctions politiques :

L’Union party en 1866 (gouverneur de l’Ohio) ; le parti démocrate en 1868 (gouverneur de Californie) ; le parti démocrate en 1869 (gouverneur de l’Ohio) ; le parti démocrate en 1876 (Chambre des représentants des États-Unis pour le Nevada). Il refusera toutes ces propositions.

En 1880, Rosecrans est élu représentant des États-Unis en tant que Démocrate du premier district du Congrès pour la Californie.

En 1882, il est réélu et devient président du comité des affaires militaires intérieures.

En 1884, il ne cherche pas à se faire réélire.

En 1884 et 1885, Rosecrans est recteur de l’université de Californie.

De 1885 jusqu’à 1893, il occupe le poste de conservateur du Trésor.

Le 19 septembre 1889, lors de l’inauguration du parc militaire national de Chickamauga et Chattanooga, Rosecrans prend la parole. Son allocution sera considérée comme une communion fédératrice des sentiments envers les anciens combattants des deux camps présents ce jour-là.

SA MORT

En février 1898, Rosecrans souffre d’un rhume qui se transforme en pneumonie, mais dans un premier temps, il semble recouvrer la santé. Il apprend alors que l’un de ses petits-enfants préféré (Rosecrans Toole, le fils de Lily et Joseph Kemp Toole, le premier gouverneur du Montana) est mort de diphtérie. Il est subitement pris d’un grand chagrin et sa santé se détériore soudainement. Il meurt le 11 mars 1898 à Rancho Sausal Redondo, Redondo Beach, Californie.

Son cercueil sera exposé dans le Los Angeles Hall, recouvert par le drapeau du quartier général qui a flotté aux batailles de la Stones River et de Chickamauga.

En 1908, sa dépouille sera ré-inhumée dans le cimetière national d’Arlington.

Sources :

La « Guerre de Sécession », de Ken Burns.

L’article comprend un extrait de « Il y a toujours un reporter ». (« La guerre de Sécession », de Victor Austin, paru aux éditions René Julliard.)

https://en.m.wikipedia.org/wiki/William_Rosecrans

https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Starke_Rosecrans

https://www.geni.com/people/William-Rosecrans/6000000013318936963

https://fr.findagrave.com/memorial/32424455/henry-crandall-rosecrans

https://ancestors.familysearch.org/en/2ZSS-96G/anna-eliza-hegeman-1823-1883

 

 

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