La Guerre de Sécession – La bataille de la Stones River

                                                                                      

 

 

LA GUERRE DE SÉCESSION

(1861-1865)

LA BATAILLE

DE LA STONES RIVER

(Du 31 décembre 1862 au 2 janvier 1863)

La bataille de la Stones River

La bataille de la Stones River

SOMMAIRE

La bataille de la Stones River (également appelée Murfreesboro par les Confédérés) se déroula du 31 décembre 1862 au 2 janvier 1863 au sud-est de Nashville, dans le Tennessee. Elle représente le point majeur de la campagne de la rivière Stone sur le théâtre de l’ouest, durant la Guerre Civile Américaine (1861-1865). Elle figure parmi les grandes batailles de cette guerre, et détiendra le pourcentage du plus grand nombre de victimes chez les deux belligérants. L’issue des combats demeure indécise, et les deux attaques confédérées sont repoussées par l’armée de l’Union du général William Starke Rosecrans. L’armée sudiste de Braxton Bragg doit se retirer, laissant son adversaire maître du terrain.

Après la désastreuse défaite de l’armée de l’Union d’Ambose Burnside, à Fredericsburg (le 13 décembre 1862), la bataille de la Stones River va redonner le moral aux forces nordistes. Par là-même, elle anéantit tous les espoirs des Confédérés de contrôler le Moyen-Tennessee.


CONTEXTE

Les victoires de Ulysse S. Grant à Fort Henry et Fort Donelson ((février 1862) et la prise de Nashville qui a suivi ont apporté aux Unionistes des succès à un moment où ils en avaient le plus besoin. Dès lors, les Nordistes avancent depuis Nashville et progressent en territoire sudiste. De fait, l’armée confédérée du Tennessee, commandée par le général Braxton Bragg, est contrainte de stopper l’avancée des forces fédérales de William Starke Rosecrans. Il devient vital pour les Confédérés d’empêcher l’ennemi de pénétrer plus en avant, et de protéger plus particulièrement la Géorgie et son industrie de guerre. Cet État abrite de nombreux arsenaux et d’importants nœuds de communications cruciaux pour la Confédération. Le Président sudiste Jefferson Davis a donné l’ordre à Braxton Bragg de stopper l’invasion Yankee…

« Dans le conflit qui les oppose, écrit Abraham Lincoln vers la fin 1862, chaque camp prétend agir selon la volonté de Dieu. Ce pourrait bien être le cas, mais l’un d’entre eux est nécessairement dans l’erreur, car Dieu ne peut être pour et contre une même chose dans le même temps ».

« La Guerre de Sécession », de Ken Burns.


ARMÉES EN PRÉSENCE

 

POUR LES FÉDÉRAUX

 

Quartier Général de l’Armée du Cumberland pendant les combats

L’ARMÉE DU CUMBERLAND

Drapeau du quartier général de l’armée de Cumberland

C’était l’une des principales armées de l’Union dans le théâtre occidental durant la guerre civile américaine. Elle était à l’origine connue sous le nom d’ « Armée de l’Ohio ».

 

 

 

 

PRINCIPAUX COMMANDANTS & BATAILLES

Général de division William S. Rosecrans (du 24 octobre 1862 au 19 octobre 1863) :

William S. Rosecrans

– Bataille de la Stones River.

– Campagne de Tullahoma (du 24 juin au 3 juillet 1863).

– Bataille de Chickamauga (du 18 au 20 septembre 1863).

 

 

 

Général de division George H. Thomas (du 19 octobre 1863 au 1er août 1865) :

George H. Thomas

– Bataille de Chattanooga (du 23 au 25 novembre 1863).

– Campagne d’Atlanta (du 7 mai au 2 septembre 1864).

– Bataille de Franklin (30 novembre 1864).

– Bataille de Nashville (du 15 au 16 décembre 1864).

 

POUR LES CONFÉDÉRÉS

 

ARMÉE DU TENNESSEE

Elle fut mise sur pied le 20 novembre 1862 avec la réunion de l’armée du Kentucky et une partie de l’armée du Mississippi. Elle était la principale armée confédérée entre les Appalaches et le fleuve Mississippi au cours de la Guerre Civile américaine (1861-1865). Elle doit son nom à l’État du Tennessee.

Elle avait à l’origine un effectif de 47 000 hommes, répartis en trois corps d’armée d’infanterie et une division de cavalerie. On ne doit pas faire la confusion avec l’Armée nordiste du Tennessee du même nom, l’une des armées de l’Union qui opérait sur le théâtre de Ouest de la guerre et qui, elle, tire son nom de la rivière Tennessee.

PRINCIPAUX COMMANDANTS & BATAILLES

Général Braxton Bragg (du 20 novembre 1862 au 2 décembre 1863) :

– Bataille de la Stones River (du 31 décembre 1862 au 2 janvier 1863). 

– Bataille de Chickamauga (du 18 au 20 septembre 1863).

– Bataille de Chattanooga (les 23 et 25 novembre 1863).

Lieutenant-Général William J. Hardee.                     

Général Joseph E. Johnston (du 27 décembre 1863 au 18 juillet 1864) :

– Campagne d’Atlanta (du 7 mai au 5 juillet 1864). Général John Bell Hood (du 18 juillet 1864 au 23 janvier 1865) :

– Campagne d’Atlanta (18 juillet au 2 septembre 1864).

– Campagne de Franklin-Nashville (du 18 septembre au 27 décembre 1864).

Lieutenant-Général Richard Taylor               

Général Joseph E. Johnston (du 25 février 1865 au 26 avril 1865) :

– Campagne des Carolines (de janvier à avril 1865).

FORCES EN PRÉSENCE

La brigade de l’armée du Cumberland de Stanley

POUR LES FÉDÉRAUX

 

L’armée de l’Union, avec les 60 000 hommes de l’Armée du Cumberland, est sous les ordres du major-général William Rosecrans.

William S. Rosecrans

43 000 hommes prendront part à la bataille, répartis en trois Corps d’armée d’infanterie : Aile droite, Centre et Aile gauche, et un corps de cavalerie.

– L’Aile droite (composée de 3 divisions) est commandée par le major-général Alexander McDowell McCook (1831-1903).

– Le Centre (composé de 3 divisions) est placé sous les ordres du major-général George Henry Thomas (1816-1870).

– L’Aile gauche (composée de 3 divisions) est dirigée par le général de division Thomas Leonidas Crittenden (1819-1893).

– Le Corps de cavalerie (composé d’une division et de 2 brigades) est placé sous les ordres du brigadier-général David Sloane Stanley (1828-1902).

POUR LES CONFÉDÉRÉS

 

L’armée confédérée, avec les 45 000 hommes de l’Armée du Tennessee, est sous les ordres du général Braxton Bragg (1817-1876).

Braxton Bragg

35 000 hommes prendront part à la bataille, répartis en deux Corps d’armée d’infanterie et un Corps de cavalerie.

– Le 1er Corps (composé de 2 divisions) est commandé par le lieutenant-général Leonidas Polk (1806-1864).

– Le 2ème Corps (composé de 3 divisions) est dirigé par le lieutenant-général William Joseph Hardee (1815-1873).

– Le Corps de cavalerie (composé de 4 brigades) est commandé par le brigadier-général Joseph Wheeler (1836-1906).

LA VIRGINIE

« Old Dominion, Mother of Presidents »   

Drapeau de la Virginie

 

 

 

 

10ème État.

Capitale : Richmond.

Date d’Entrée dans l’Union : 25 juin 1788.

– La Virginie est une des treize colonies fondatrices des États-Unis. Elle donnera quatre des cinq premiers présidents : Washington, Madison, Monroe et Jefferson.

– C’est en 1584 que le navigateur anglais Walter Raleigh conçoit de coloniser l’Amérique du Nord et fonde la Virginie.

– En 1607, un groupe de colons anglais, envoyé par le roi d’Angleterre James 1er, fonde la 1ère colonie anglaise permanente, Jamestown. 

– C’est en 1660 que l’esclavage, déjà pratiqué, est officialisé.

-En 1784, la Virginie cède aux États-Unis les territoires au nord de l’Ohio, pour le développement vers l’ouest selon le système des townships.

– Le 17 avril 1861, la Virginie, État esclavagiste, fait sécession et rallie la Confédération des États du Sud. La plupart des grandes batailles du théâtre oriental de la Guerre de Sécession se dérouleront sur son sol : Bull Run, Chancellorsville, Fredericksburg…

Sa capitale, Richmond, tombe aux mains des Nordistes le 2 avril 1865 (peu de temps avant la reddition du général Robert E. Lee à Appomattox), avant d’être en grande partie incendiée et ravagée.

 

« Dans le 1er mois de la Guerre, un groupe de soldats nordistes avait capturé un soldat confédéré en haillons. Le prisonnier ne possédait manifestement pas d’esclaves. Il se fichait très probablement de la Constitution et de tout le reste. Ils lui ont demandé pour quelle raison il se battait, et le sudiste leur a répondu : « je me bats parce que vous êtes là », ce qui était somme toute une réponse tout à fait valable ».

Témoignage cité par Shelby Foote 

« La guerre de Sécession », de Ken Burns.

&

Shelby Foote (immense romancier et historien américain dans la lignée de William Faulkner) est né le 17 novembre 1916 à Greenville, Mississippi. Il meurt le 27 juin 2005 à Memphis, Tennessee. L’auteur est assez méconnu en France. A travers son œuvre majeure, Shiloh, il décrit la Guerre de Sécession en 200 pages, en redonnant la parole à de simples soldats et officiers des deux armées.

LA BATAILLE

DE LA STONES RIVER

(Du 31 décembre 1862 au 2 janvier 1863)

Du 31 décembre 1862 au 2 janvier 1863 : bataille de la Stones River (appelée bataille de Murfreesboro par les Confédérés), Murfreesboro, Tennessee.

Victoire de l’armée de l’Union commandée par le général William Starke Rosecrans (1819-1898), face à l’armée confédérée du général Braxton Bragg.

Lire « Braxton Bragg ».

PLAN DE LA BATAILLE

Mouvements et positions dans la nuit du 30 au 31 décembre

AVANT LA BATAILLE

Le président Abraham Lincoln, lassé de l’inertie de son général Don Carlos Buell (1818-1898), décide de le remplacer par le major-général William Rosecrans, victorieux lors des batailles de Iuka (19 septembre 1862) et Corinth (les 3 et 4 octobre 1862). Et donc, Rosecrans déplace son XIVème Corps à Nashville, dans le Tennessee.

Washington l’a averti ! il sera aussi destitué et remplacé, si lui et son armée (nouvellement renommée armée du Cumberland) n’attaquent pas immédiatement Bragg. Nonobstant, Rosecrans a perdu beaucoup de temps pour préparer et réorganiser ses forces (surtout sa cavalerie), et trouver du ravitaillement. Ce n’est donc que le 26 décembre qu’il se lance à la poursuite de Bragg.

Le 29 décembre.

Dans la soirée du 29 décembre 1862, William Rosecrans, à la tête de l’Armée du Cumberland, arrive à Murfreesboro. L’Armée du Tennessee du général confédéré Braxton Bragg y est installée depuis un mois. A la tombée de la nuit, les deux tiers des forces de Rosecrans ont pris position le long de la route de Nashville, soit 41 000 hommes. Les forces confédérées de Bragg s’élèvent à 35 000 ; les chances sont à peu près égales.

Malgré son infériorité numérique, Bragg dispose d’un avantage non négligeable. En plus du Corps de cavalerie de Joseph Wheeler, il peut disposer de deux unités de cavalerie détachées : celles de Nathan Bedford Forrest, et celle de John Hunt Morgan (1825-1864).

Tous deux vont attaquer et harceler les lignes de l’Union en faisant des milliers de prisonniers. Pendant ce temps, les cavaliers de Wheeler interceptent et ralentissent les forces de l’Union dans des escarmouches déstabilisantes. Rosecrans connaît la supériorité des cavaliers sudistes et hésite à sortir de Nashville.

Le 29 décembre, Wheeler et sa cavalerie (2500 hommes) effectuent un périple autour de l’armée du Cumberland. Ils détruisent des wagons de ravitaillement, de fournitures, s’emparent des trains où se trouvent les réserves de munition de Rosecrans, et font 1000 prisonniers.

Le 30 décembre.

Le 30 décembre, l’armée de l’Union du Cumberland arrive sur la ligne de front à deux milles (environ trois km) au nord-ouest de Murfreesboro.

Les deux armées forment deux lignes parallèles d’environ 6 kilomètres de long. Le flanc gauche de l’armée confédérée présente des faiblesses, mais Rosecrans, qui ne connait pas la disposition des forces de son ennemi, l’ignore. Les deux armées ont des plans identiques ; la victoire devrait aller au plus impétueux, à celui qui donnera l’assaut le premier.

Rosecrans donne l’ordre d’une attaque après le petit-déjeuner… Mais Bragg de son côté a décidé d’attaquer à l’aube…

DEROULEMENT DE LA BATAILLE

Le 31 décembre 1862.

Le 31 décembre 1862, Bragg, en infériorité numérique avec ses 45 000 hommes, attaque les 60 000 hommes de l’armée de William Rosecrans à l’ouest de Murfreesboro. L’armée yankee est totalement prise au dépourvu. Les soldats de l’Union sont complètement bousculés, tant la furia confédérée est soudaine et foudroyante.

La résistance éphémère d’une brigade nordiste, placée sous les ordres du général Philip Henry Sheridan (1831-1888), permet aux forces de Rosecrans de stabiliser leurs lignes.

Attaque confédérée

Au soir du 31 décembre 1862, les positions yankees ont reculé de plusieurs kilomètres.

Cette nuit-là, Rosecrans tient un conseil de guerre pour décider de la suite de la bataille. Au sein de son état-major, nombreux sont les généraux qui estiment que l’armée de l’Union a été malmenée et vaincue. Certains ont même recommandé une retraite en bon ordre avant qu’il ne soit trop tard et qu’ils soient entièrement coupés des bases de soutien. Mais Rosecrans refuse, conforté dans sa décision par les généraux George Henry Thomas et Thomas Leonidas Crittenden. La décision de continuer le combat est prise…

Thomas aurait déclaré : « Cette armée ne recule pas » ou « Il n’y a pas de meilleur endroit pour mourir ».

De son côté, malgré des pertes importantes (9000 victimes), Bragg est certain d’avoir remporté la victoire. Pour lui, eu égard au grand nombre de prisonniers que son armée a capturés, les Nordistes en ont perdu beaucoup plus.

Bragg a envoyé un télégramme à Richmond avant de se coucher : « L’ennemi a cédé sa position forte et recule. Nous occupons [tout] le champ et le suivrons. … Dieu nous a accordé une bonne et heureuse année ».

L’armée confédérée commence à se retrancher face aux positions ennemies.

Pendant la bataille de Stones River, le général Thomas Leonidas Crittenden commande l’aile gauche de l’armée du Cumberland (Union). Le 31 décembre 1862, ses hommes ont joué un rôle clé en tenant la ligne le long de la route de Nashville, et le 2 janvier 1863, ont porté le coup final de la bataille.

Thomas Leonidas Crittenden

Le père de Crittenden était un puissant politicien du Kentucky, John J. Crittenden. Son frère, le général George Bibb Crittenden, servira dans l’armée confédérée.

Le 19 janvier 1862, ce dernier est défait à la bataille de Mill Springs, dans le Kentucky, face aux forces nordistes du général de l’Union George Henry Thomas.

 

 

 

Le lendemain, le 1er janvier 1863, il n’y aura aucun combat.

Le 2 janvier 1863.

Ce n’est que le 2 janvier 1863, après la trêve du nouvel an, que l’armée confédérée de Bragg reprend son attaque. Il entrevoit de déplacer une partie de son armée à l’est de la Stone River. Avec cette manœuvre, il compte prendre de flanc l’aile gauche de son ennemi.

Pour exécuter cet assaut, Bragg dépêche le corps d’armée de John Cabell Breckinridge (1821-1875). Cet ancien candidat à la présidence des États-Unis est plus un homme politique qu’un militaire avisé, qui doit sa nomination grâce à ses relations. Nonobstant, Breckinridge devine tout de suite le piège qui lui est tendu. S’il se lance à l’attaque des positions nordistes, c’est l’échec assuré, et ses hommes seront exterminés par l’artillerie adverse qui prendra ses lignes d’attaque en enfilade. Comme il le pressentait, son assaut est brisé dès le début par les canons nordistes et ses hommes subissent de lourdes pertes. Forcés de reculer, les Sudistes retraversent la Stone River pour revenir à leur point de départ.

Parlant de l’assaut confédéré, un soldat sudiste dira : « L ‘ assaut a été si soudain et l’engagement si grand qu’ils ont reculé dans une grande confusion, chacun pour soi, comme si le diable les poursuivait… Dans leur fuite ils ont tout abandonné pour sauver leur peau. Un de leurs morts, quelques deux cent mètres à l’arrière, avait été tué tenant toujours fermement son pot de café dans la main ».

Officiellement, il est admis que la bataille s’est terminée le 2 janvier. Le lendemain, le 3 janvier, Bragg dispose d’environ 20 000 hommes en état de poursuivre le combat. Toutefois, ses services de renseignements lui apprennent que Rosecrans va recevoir des renforts, et qu’il disposera bientôt de 70 000 hommes. A un contre trois, la lutte est trop inégale. A cela viennent se rajouter les mauvaises conditions climatiques de janvier. Les pluies verglaçantes pourraient provoquer une crue de la Stones River et séparer les maigres forces de Bragg.

Le 3 janvier, vers 22 heures, Bragg quitte Murfreesboro et se retire sur Tullahoma, dans le Tennessee, 58 km plus au sud.

Le 5 janvier, Rosecrans occupe Murfreesboro abandonnée par les Sudistes, mais ne se lance pas à la poursuite de l’armée confédérée de Bragg en pleine retraite.

Pauline Cushman (née Harriet Wood) naît le 10 juin 1833 à La Nouvelle-Orléans ; elle meurt le 2 décembre 1893 à San Francisco. Cette actrice américaine fut espionne pour le compte de l’Union durant la Guerre de Sécession.

Pauline Cushman a feint d’opter pour la cause confédérée lors d’une représentation théâtrale à Louisville, au Kentucky. Ceci afin d’approcher et d’avoir ses entrées au haut commandement confédéré. À l’été 1863, Pauline Cushman vole les plans de bataille du général sudiste Braxton Bragg. Mais elle est capturée avant d’atteindre les lignes de l’Union, et condamnée à être pendue. Cependant, le début de la campagne de Tullahoma contraint Bragg, alors qu’il se retire du Tennessee, à abandonner ses prisonniers, y compris Cushman.

Après la guerre, Cushman utilisera ses talents d’actrice pour raconter son histoire à travers le pays (y compris un séjour de deux ans avec P.T. Barnum), jusqu’à ce que sa popularité diminue dans les années 1870. Après trois mariages et la mort de son fils, Cushman vit des moments difficiles, et déménage à San Francisco. Elle meurt d’une overdose d’opium en 1893. Elle est enterrée au cimetière national de San Francisco.

 

PERTES

POUR LES FÉDÉRAUX

 

Sur les 60 000 hommes de l’Armée Cumberland lors de la bataille de la Stones River, l’Union déplorera la perte de 12906 victimes. 43 400 hommes prendront part à la bataille.

Tués : 1677.

Blessés : 7543.

Disparus ou prisonniers : 3686.

POUR LES CONFÉDÉRÉS

 

Sur les 45 000 hommes de l’Armée du Tennessee lors de la bataille de Stones River, la Confédération déplorera la perte de 1682 hommes. 35 000 hommes prendront part à la bataille.

Tués : 1294.

Blessés : 7945.

Disparus ou prisonniers : 2500.

Dans le Sud, on s’affaire du mieux possible pour installer des Hôpitaux de fortune.

Kate Cumming, une jeune sudiste bénévole restée pour s’occuper des blessés :  

« J’ai eu une conversation avec certains des prisonniers blessés. L’un d’eux, un tout jeune homme, est très bavard. Il dit détester Lincoln et l’abolitionnisme autant que nous et déclare se battre seulement pour sauver l’Union. Tous disent la même chose. Quelle belle Union cela pourrait faire !

Aujourd’hui, on nous a apporté un grand nombre de couchettes, réservées aux grands blessés. J’en suis bien contente : ainsi nous pouvons nettoyer une partie de la saleté répandue sur le plancher. Un médecin m’a demandé de descendre voir s’il n’y avait pas de lit occupé par un blessé fédéral. Si j’en trouvais, je devais le faire enlever, car il avait besoin de la couchette pour un de nos hommes gravement blessé. Je suis allée le demander à Mme Royal, de Mobile, qui m’avait parlé des Yankees avec amertume. Elle savait fort bien qu’il s’en trouvait un sur un lit, mais elle n’a pas voulu me dire où il était. Malgré son hostilité, sa vraie nature de femme l’a emporté. Voulant savoir quel était ce Fédéral, je suis allée à sa recherche. Je l’ai trouvé sans difficulté, simplement en demandant aux hommes placés sur les couchettes d’où ils venaient. L’un d’eux, très jeune avec un visage d’enfant, m’a répondu qu’il était originaire de l’Illinois. J’ai compris tout de suite que c’était lui. Je lui ai parlé de sa mère et lui ai demandé pourquoi il s’était engagé. Ses yeux se sont remplis de larmes et ses lèvres se sont mises à trembler, et il n’a pu me répondre. J’étais très émue moi-même, et, après quelques mots de réconfort, je l’ai laissé. Pour rien au monde, je n’aurais pu lui prendre sa couchette. »

Extrait de « Il y a toujours un reporter ». (« La guerre de Sécession », « les femmes du Sud » de Victor Austin, paru aux éditions René Julliard).


CONSÉQUENCES

De part et d’autre, les lignes des deux belligérants n’ont pas bougé d’un pouce ; c’est le statu quo. Les Nordistes, malgré la défaite sévère du premier jour de la bataille, ont tenu bon et n’ont pas battu en retraite.

L’armée de l’Union de Rosecrans a perdu 13 000 hommes, contre 10 000 pour celle de Bragg. N’ayant pas pu battre l’armée nordiste, Bragg a cependant réussi à la stopper et à retarder l’invasion de la Géorgie d’un an.

Braxton Bragg était un général irascible et belliqueux ; il n’était pas aimé de ses hommes, auxquels il imposait une discipline de fer. Son comportement sera dénoncé par James Longstreet et Nathan Bedford Forrest. A la fin, le président Jefferson Davis acceptera la démission de Bragg et le remplacera par le général Joseph Eggleston Johnston à la tête de l’armée du Tennessee.

Au sein de son état-major, Bragg va subir l’opprobre et le rejet de ses congénères. Ses officiers lui reprocheront de n’avoir pas su exploiter le succès du 1er jour, du 31 décembre 1862. Une discorde va s’installer parmi les généraux confédérés, et répandre un climat détestable dans l’armée du Tennessee.

Seul le général Joseph E. Johnston lui apportera son soutien. L’incapacité du Président Jefferson Davis à lui trouver un remplaçant lui sauvera sa tête et son commandement.

Du côté de l’Union, cette bataille sera bénéfique pour son moral…

Abraham Lincoln écrira au général Rosecrans : « Vous nous avez donné une victoire durement gagnée, qui s’il y avait eu une défaite à la place, la nation aurait à peine pu survivre ».

Sources :

La « Guerre de Sécession », de Ken Burns.

L’article comprend des extraits de « Il y a toujours un reporter ». (« La guerre de Sécession », de Victor Austin, paru aux éditions René Julliard).

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Stones_River

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_Stones_River

 

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