Le Virginia, le premier cuirassé
LA GUERRE DE SÉCESSION
(1861-1865)

LE CSS VIRGINIA, LE PREMIER CUIRASSÉ

Combat entre le Monitor et le Virginia

SOMMAIRE
Le CSS Virginia était un navire cuirassé de la marine confédérée durant la Guerre Civile (1861-1865). Il fut le premier navire de guerre américain de ce type.
Avant 1862, tous les navires de guerre étaient construits en bois. Le CSS Virginia fut construit pour attaquer et percer le blocus de plus en plus étroit, installé par l’Union aux principaux ports atlantiques confédérés. En mars 1862, la conception du CSS Virginia constitua l’un des premiers faits marquants d’une révolution dans la guerre navale, et va transformer la conduite des combats en mer au XIXème siècle.
Ce navire d’un nouveau genre va trouver assez rapidement son égal avec l’arrivée de l’USS Monitor (un cuirassé de l’Union construit à la hâte par John Ericsson, un ingénieur suédois, pour palier le danger que fait planer le Virginia sur la marine de guerre du Nord).
Les deux monstres des mers s’affronteront lors de La bataille d’Hampton Roads (1862), sans jamais se départager.
Les 8 et 9 mars 1862, à la confluence des rivières Elizabeth, Nansemond et James, va se dérouler le célèbre combat de Hampton Roads. Cette bataille navale va être le théâtre d’un affrontement singulier et titanesque entre les deux premiers cuirassés (Ironclads) de l’Histoire de la Marine de guerre. Ce jour-là, le « Monitor » et le « Virginia » (ex Merrimack) ont rendez-vous avec l’Histoire.

SITUATION
Situé sur la côte Est de l’Amérique du Nord, le bras de mer d’Hampton Roads se partage en plusieurs rivières. Il permet de remonter aussi bien jusqu’à Washington, la capitale nordiste, qu’à Richmond, la capitale confédérée. La branche nord se jette dans la baie de Chesapeake, où débouche la York River.

Hampton Roads
Le combat naval aura lieu au confluent de la James River dans la branche sud (celle qui vient de l’ouest), et de l’Elizabeth River (celle qui vient du sud). Ce confluent porte le nom d’Hampton Roads. Si on poursuit vers l’Est, on rejoint l’Océan Atlantique.

Combat du Monitor et du Virginia
En remontant la James River, vers l’ouest, on arrive à Richmond. En remontant la Elizabeth River, vers le sud, on arrive à Norfolk, puis à l’arsenal de Gosport.
Lire : La bataille d’Hampton Roads

C’est l’une des six frégates à vapeur dont la construction est autorisée en 1854 par le Congrès des États-Unis. C’est un trois-mâts de 3500 tonnes armé de 40 canons : 24 canons « Dahlgren » de 9 pouces, 2 canons de 10 pouces, et 14 canons de 8 pouces. Cette frégate à voile est équipée d’une hélice comme force propulsive d’appoint (sa machine à vapeur sera une source permanente d’ennuis, et causera d’importantes avaries à répétition). Le Merrimack est lancé à Boston le 15 juin 1854. Son nom vient d’une rivière du New Hampshire, qui se jette dans l’Atlantique après avoir parcouru un trajet d’environ 300 kilomètres. Au début du conflit, le Sud ne dispose pas de marine de guerre. Au déclenchement des hostilités, le Merrimack est en réparation à l’arsenal de Gosport, près de Norfolk, en Virginie. Les machines à vapeur de la frégate y sont démontées pour un entretien et une révision complète. Le 17 avril 1861, l’arrivée de l’armée confédérée menace le chantier naval. Les machines du Merrimack sont alors réinstallées en urgence. Le navire tente d’appareiller, mais en vain. Les sudistes ont coupé le passage en aval de l’arsenal Gosport. Des embarcations ont été coulées pour bloquer le cours de la rivière, rendant impossible toute navigation. Les Fédéraux sont forcés d’évacuer la région manu militari. Dans la nuit du 20 avril 1861, ils mettent le feu à l’arsenal et sabordent les navires qui s’y trouvent, dont le Merrimack. Par chance, seules la mâture et les superstructures de la frégate brûlent. Le bateau coule dans les eaux peu profondes de l’Elizabeth River, avant que sa coque ne soit entièrement atteinte par les flammes. Le CSS Virginia Pour les Sudistes, le choix est simple : faute de temps et d’argent, il est plus facile, pour se constituer une marine de guerre, de restaurer des navires existants plutôt que d’en construire de nouveau. La valeur du Merrimack renfloué est estimée à 250 000 $ ; sa remise en état comme frégate, à 450 000 $ au moins. La transformation en cuirassé est, elle, estimée à 172 523 $. Ceci explique l’intérêt porté à l’épave de la frégate. Le 24 mai 1861, une société privée locale effectue, moyennant 6 000 $, le renflouage de l’épave, et l’installe en cale sèche dans l’arsenal que les Nordistes ont oublié de saboter. Le 17 février 1862, le Merrimack, renommé « Virginia », est remis en état, et appareille avec sa nouvelle superstructure blindée.

Combat entre le Monitor et le Virginia
Au début du conflit, la Marine de guerre confédérée est quasi inexistante. Mais dès l’automne 1861, les Sudistes entreprennent de recouvrir de plaques de tole le Merrimack, qui vient d’être renfloué. Le navire à vapeur se transforme et affiche une imposante carapace blindée. Il devient ainsi une formidable machine de guerre. Les Confédérés viennent de créer le premier navire cuirassé de l’Histoire de la Marine de guerre, sans rival dans la flotte de l’Union. Ils le rebaptisent « Virginia ». A partir de cette date, la marine de guerre sudiste est la maîtresse incontestée des mers.

LES SUDISTES INVENTENT LE PREMIER CUIRASSÉ DE L’HISTOIRE NAVALE
CONTEXTE
Dès le début du conflit, le Sud est bien conscient qu’il n’a pas de marine commerciale, et encore moins de guerre. Son économie agricole est pourtant basée sur l’exportation du coton vers l’industrie des grandes puissances économiques d’Europe occidentale, la France et surtout le Royaume-Uni. Il lui faut donc construire en urgence des navires pour percer le blocus maritime instauré par la flotte des États-Unis, et empêcher son économie de s’asphyxier.
À L’ORIGINE, ON RENFLOUE LE MERRIMACK !
En 1854, la frégate USS Merrimack (1855) fait partie d’un ensemble de six frégates à vapeur, dont la construction est autorisée par le Congrès des États-Unis. Ce trois-mâts de 3 500 tonnes et 40 canons est lancé le 15 juin 1855 à Boston. Son nom est issu d’une rivière (longue de 300 kilomètres environ) du New Hampshire qui se jette dans l’Atlantique.
C’est un navire à voile, aussi équipé d’une hélice comme force propulsive d’appoint. Mais sa machine à vapeur sera source de pannes.
En 1861, le Merrimack est en réparation à l’arsenal de Gosport, près de Norfolk, en Virginie. Ses machines à vapeur, toujours en panne, sont en révision complète et sont démontées.
Le 17 avril 1861, à l’approche des troupes confédérées, ses machines sont remontées en urgence. Mais la belle machine ne peut appareiller, les Sudistes ayant sabordé des embarcations en aval de l’arsenal, interdisant ainsi le passage. Les Nordistes évacuent la région. Lors de leur fuite, dans la nuit du samedi 20 avril, ils incendient l’arsenal ainsi que bon nombre de navires restants, dont le Merrimack. La mâture et les superstructures de la frégate brûlent, mais celle-ci coule avant que la totalité de sa coque ne soit dévastée par le feu.
Pour les Sudistes, le choix est simple : faute de temps et d’argent, il est plus facile de restaurer des navires existants plutôt que d’en construire pour se constituer une marine de guerre. La valeur du Merrimack renfloué est estimée à 250 000 $ ; sa remise en état comme frégate, à 450 000 $ au moins. La transformation en cuirassé est, elle, estimée à 172 523 $. Ceci explique l’intérêt porté à l’épave de la frégate.
Le 24 mai 1861, une société privée locale, moyennant 6 000 $, effectue le renflouage de l’épave et l’installe en cale sèche dans l’arsenal que les Nordistes ont oublié de saboter.
Le bateau est restauré, modifié, et réceptionné le 17 février 1862 par la Marine de la Confédération sous le nouveau nom de Virginia. Mais sa nouvelle appellation sera tout simplement ignorée par les Nordistes, qui le nommeront toujours « Merrimack ». Même les Sudistes utiliseront généralement le nom d’origine.
LA BELLE FRÉGATE SE MUE EN UN MONSTRE MÉTALLIQUE !
Le Merrimack, à l’origine un voilier, va devenir un monstre cuirassé uniquement propulsé à la vapeur, dénué de mât et de la moindre voile.
D’aucuns le surnomment la « grange flottante », car seul le toit émerge ; c’est ce que disent généralement les témoins.
Sa longueur est de 275 pieds (83,8 m) et sa largeur 38 pieds 6 pouces (11,6 m). La casemate fait 178 pieds de long (54 m) ; sa hauteur est de 7 pieds (2,1 m). Le tirant d’eau fait 23 pieds (près de 7 mètres), plus du double de celui du Monitor, son futur adversaire. Son déplacement est quatre fois celui du Monitor.
Le cuirassé affiche désormais un intervalle avec les ponts d’origine. Le pont principal est devenu le toit de la casemate, alors que le pont batterie est maintenant le pont principal. En dessous, on retrouve un pont inférieur, puis la cale. On circule d’un pont à l’autre grâce à des escaliers placés au centre du navire, qui permettent à deux hommes de s’y croiser.
Les cabines des officiers sont à l’avant du pont inférieur. Réalisées dans l’urgence, elles ne sont constituées que de cloisons en toile ; selon la règle, elles doivent pouvoir être démontées lors du combat. Celle du capitaine sert de poste de soins. Les quartiers destinés à l’équipage se situent donc maintenant au-dessous du niveau de l’eau. Ils sont généralement insalubres à cause de l’humidité constante qui y règne, aggravée par la chaleur que diffusent les chaudières. L’avant de la cale abrite la soute à charbon. Derrière prennent place les chaudières, sur leur socle de briques.
Alors que le navire est pratiquement terminé, on s’aperçoit d’une erreur de calcul. En effet, le Merrimack est beaucoup plus haut sur l’eau que prévu, et la proue, qui n’est pas cuirassée, dépasse de l’eau ; c’est une grave erreur qui peut avoir de lourdes conséquences. Cette partie du navire n’a pas été bardée de plaques de métal, puisque les plans prévoyaient que la proue serait submergée. En conséquence, il va falloir l’alourdir de plusieurs tonnes avec des gueuses de fonte.
UNE CUIRASSE BARDÉE DE PLAQUES DE MÉTAL…
Les Confédérés vont ériger une casemate de 178 pieds de long et 7 de hauteur, qui se présente globalement comme une baignoire retournée. Sur une structure en poutres de pin et de chêne de deux pieds d’épaisseur (61 cm), ils vont fixer deux rangées superposées de plaques de tôle de fer.
Mais un premier problème voit le jour : seule la fonderie de Tredegar, près de Richmond (la capitale du Sud) peut produire les plaques de blindage nécessaires. Mais elle ne peut fournir que des plaques de 1 pouce d’épaisseur (ses machines n’étant pas calculées pour une épaisseur supérieure). Les côtés de la casemate sont inclinés d’environ 35 degrés pour dévier les projectiles l’atteignant de « plein fouet ».
Pour contrôler la résistance du blindage, un essai est proposé par la fonderie. Le lieutenant Catesby ap Roger Jones fait construire la réplique d’une section de la casemate. Il la recouvre de trois plaques superposées de blindage d’1 pouce d’épaisseur. Il tire alors dessus avec un canon distant de 327 yards (299 m). Le coup transperce et pénètre la structure de métal. Il exécute un deuxième essai avec deux plaques, mais cette fois de 2 pouces d’épaisseur, et un canon plus puissant. Seule la première couche est transpercée ; la seconde est fissurée, mais sa structure reste intacte.
De ce fait, la fonderie de Tredegar reçoit l’ordre de fabriquer des plaques de 2 pouces. Dès lors, pour fournir le matériau commandé, elle va fonctionner 7 jours sur 7 jusqu’en février 1862. Les plaques feront 10 pieds de long (3,05 m) sur 6 pouces de large (15 cm). Leur épaisseur sera donc de 2 pouces, le maximum possible pour Tredegar. La fonderie en fournira 725 tonnes, qui lui seront payées 123 615 $.
La première carapace du blindage est constituée de lames horizontales sur lesquelles seront placées verticalement celles de la seconde. Les deux bouts de la casemate étant arrondis, les plaques seront difficilement réalisables (Tredegar manquant de presses hydrauliques capables d’emboutir les plaques pour leur donner la forme désirée). Le blindage qui recouvre les flancs descend très bas, de 3 pieds sous le niveau de l’eau ; ce qui protège entièrement la coque.
Le toit de la casemate n’est pas blindé. Les flancs affichent quatre ouvertures percées pour les canons. Ces ouvertures sont protégées par des mantelets, qu’une chaîne permet de relever sur le côté pour pouvoir tirer. Les deux extrémités arrondies de la casemate sont percées de trois embrasures, ce qui permet à un canon monté sur pivot de tirer dans différentes directions. En outre, la cuirasse est enduite d’une bonne couche de graisse pour l’empêcher de rouiller, et probablement dans l’espoir de faire ricocher toutes sortes de projectiles.
LES MACHINES À VAPEUR
Le choix des Confédérés est limité : faute de ne pouvoir construire rapidement de nouvelles machines pour leurs navires, il leur faut remettre en état les anciennes. Déjà sources de nombreuses avaries, elles ont souffert par le naufrage ; elles sont la cause de l’immobilisation du navire et doivent être remplacées.
Elles sont au nombre de quatre chaudières, actionnant deux moteurs à vapeur. La puissance donnée est de 972 chevaux-vapeur. Le bon fonctionnement des chaudières dépend du tirage : pour cela, le rôle de la cheminée est capital. À l’origine, elles étaient construites pour donner 12 nœuds ; en réalité, le Virginia en atteindra péniblement 4.
L’hélice est en bronze et possède deux pales. Contrairement au Monitor, elle n’est pas protégée par du blindage, tout comme le gouvernail. Pour alimenter les chaudières, le Virginia doit embarquer 150 tonnes de charbon. Comme il n’y a pas de réserves disponibles à l’arsenal de Gosport, il faudra s’approvisionner en charbon disponible dans la région. La cale à charbon est située à l’avant du navire : un détail qui aura son importance lors du combat avec le Monitor. Sa consommation d’origine était donnée pour 2 800 livres de charbon à l’heure. On peut estimer sans crainte qu’elle sera bien plus importante désormais.
L’ÉPERON
Le Virginia est aussi doté à la proue d’un éperon en fer d’un poids de 1 500 livres, en forme de bec. Il se situe à un mètre sous la surface de l’eau. On envisage donc de se servir du Virginia autant comme un bélier que comme un canon flottant. Malheureusement, cet éperon est mal fixé, et aura des conséquences néfastes quand le Virginia ira au combat.

Le Virginia alias Merrimack « La Guerre de Sécession », de Ken Burns.

LA MISE AU POINT, ET LA MISE EN PRATIQUE…
1 – L’ÉQUIPAGE.
Le Virginia est dirigé par le commandant Franklin Buchanan (13 septembre 1800-11 mai 1874). Il est officier de l’ « United States Navy » avant de devenir Amiral dans la « Confederate States Navy ». Buchanan est capitaine lorsque des pourparlers affirment la déclaration imminente de la sécession du Maryland. Il présente alors sa démission.
Mais finalement, le Maryland ne fera pas sécession, et Buchanan tentera d’annuler sa démission précipitée. L’Union refusera sa demande de réintégration comme officier de l’Union, ce qui va le pousser à offrir ses services à la Confédération.
Buchanan est nommé officier amiral (« flag officer ») de la Marine Confédérée de Virginie. À ce titre, il prend le commandement du navire le plus puissant, le CSS Virginia. Il a pour commandant en second le lieutenant Catesby ap Roger Jones (15 avril 1821- 21 juin 1877), entré dans la Marine en 1836.
Jones sert ensuite sur la frégate Merrimack en tant qu’officier d’artillerie. En 1861, il démissionne de ses fonctions pour rejoindre la Confédération. Nommé commandant en second du cuirassé Virginia, il gardera cette fonction jusqu’au 25 mars 1862. À la suite de la blessure du commandant Buchanan, lors de La bataille d’Hampton Roads, il prend le commandement du cuirassé sudiste Virginia lors de son combat avec le Monitor.
Les autres officiers comptent un officier mécanicien (le lieutenant Ramsay), six lieutenants et sept enseignes. A ceux-ci viennent se rajouter un capitaine de fusiliers marins (marines), un chirurgien et un officier-payeur. L’équipage, quant-à-lui, doit être composé de 320 marins.
2 – L’ARMEMENT.
Le CSS Virginia est armé de 10 canons : 4 de chaque côté (dont 3 canons à âme lisse de type Dahlgren 9 pouces, similaires à ceux qui équipaient le Merrimack à l’origine), plus 2 canons rayés de 6,4 pouces Brooke. À chaque extrémité, on trouve 1 canon rayé de 7 pouces Brooke, monté sur pivot. Grâce à trois embrasures, ces canons peuvent tirer dans l’axe du navire ou sur le côté ; ce qui est fort appréciable.
Les canons du Virginia peuvent tirer des obus explosifs, des projectiles pleins, ou des boîtes à mitraille. Le cuirassé emmène en plus des boulets sous-calibrés qui pourront être chauffés, et utilisés à la manière des boulets rouges d’antan pour incendier le navire ennemi. Seul le canon Dahlgren (le plus proche des chaudières), situé de chaque côté, est équipé pour tirer de tels projectiles.
Le 8 mars 1862, le Virginia part combattre les navires nordistes du blocus à Hampton Roads. Il ne transporte que des obus explosifs, car ils seront plus efficaces (pense-t-on avec raison) contre les navires à coque en bois qu’il va attaquer.
Les seuls boulets pleins restants à bord sont ceux destinés à être chauffés. Quand le dimanche suivant, le Virginia retournera finir le travail sans avoir pu refaire le plein de munitions, ses obus explosifs n’auront que peu d’effets contre le cuirassé Monitor.
3 – LES MANŒUVRES ET PILOTAGE DU NAVIRE.
La timonerie est placée à l’avant, en haut, sur le genre de cône que forme la cuirasse. Cinq pilotes peuvent y prendre place.
Pour diriger le navire, on a percé des meurtrières étroites qui permettent de voir à l’extérieur. On parvient à la timonerie par une échelle, à partir du pont batterie. Les machines sont celles du Merrimack d’origine ; des chaudières qui ne sont pas performantes en raison des nombreuses avaries.
De plus, la longueur du bâtiment et la faiblesse de ses machines ne lui permettent pas de manœuvrer rapidement (il faut environ une demi-heure pour pouvoir faire un demi-tour). En outre, avec son tirant d’eau démesuré (23 pieds, soit près de 7 mètres), il lui faut rester dans le milieu du chenal ; ce qui explique certains déplacements curieux lors du combat.

LA BATAILLE NAVALE D’HAMPTON ROADS

Combat entre le Monitor et le Virginia
Lire : La bataille d’Hampton Roads (du 8 au 9 mars 1862)

LA FIN DE VIE DES DEUX CUIRASSÉS
Le combat entre les deux cuirassés se termine sans vainqueur. Malgré les faibles pertes humaines, on peut cependant considérer que les Sudistes ont eu l’avantage, puisque ce sont les Nordistes qui ont subi le plus de pertes et de dégâts matériels.
LE VIRGINIA
Deux mois après La bataille d’Hampton Roads, le 11 mai 1862, contraints d’évacuer Norfolk, les Confédérés préfèreront saborder le Virginia (alias Merrimack), plutôt que de le voir tomber entre les mains de l’ennemi.
Quelques jours plus tard, le 15 mai 1862, une fois la menace du cuirassé confédéré disparue, les navires de l’Union tenteront de remonter la James River pour aller bombarder Richmond. Croyant la voie libre, ils seront stoppés à Drewry’s Bluff par l’artillerie de Fort Darling.

La bataille de Drewry’s Bluff
Lire : « la bataille de Drewry’s Bluff ».
LE MONITOR
Le 29 décembre 1862, l’USS Monitor, accompagné du remorqueur Rhodes Island, est chargé par l’amirauté de rejoindre l’escadre qui participe au blocus devant Wilmington, en Caroline du Sud.
Le 31 décembre 1862, il traverse une tempête et sombre, entraînant avec lui 12 marins et 4 officiers.
Ainsi, comme son adversaire le CSS Virginia, l’USS Monitor ne verra pas la fin de sa première année d’existence.
Lorsque les deux navires ont ouvert le feu ce jour-là, ce sont toutes les marines du monde qui se sont soudain trouvées obsolètes.
Désormais, les deux camps vont entreprendre la construction d’autres vaisseaux blindés, sous le regard à la fois fasciné et inquiet des Européens. À la fin de la guerre, plus de 40 cuirassés seront lancés par les deux belligérants.

« Old Dominion, Mother of Presidents » Drapeau de la Virginie 10ème État. Capitale : Richmond. Date d’Entrée dans l’Union : 25 juin 1788. – La Virginie est une des treize colonies fondatrices des États-Unis. Elle donnera quatre des cinq premiers présidents : Washington, Madison, Monroe et Jefferson. – C’est en 1584 que le navigateur anglais Walter Raleigh conçoit de coloniser l’Amérique du Nord et fonde la Virginie. – En 1607, un groupe de colons anglais, envoyé par le roi d’Angleterre James 1er, fonde la 1ère colonie anglaise permanente, Jamestown. – C’est en 1660 que l’esclavage, déjà pratiqué, est officialisé. -En 1784, la Virginie cède aux États-Unis les territoires au nord de l’Ohio, pour le développement vers l’ouest selon le système des townships. – Le 17 avril 1861, la Virginie, État esclavagiste, fait sécession et rallie la Confédération des États du Sud. La plupart des grandes batailles du théâtre oriental de la Guerre de Sécession se dérouleront sur son sol : Bull Run, Chancellorsville, Fredericksburg… Sa capitale, Richmond, tombe aux mains des Nordistes le 2 avril 1865, peu de temps avant la reddition du général Robert E. Lee à Appomattox, avant d’être en grande partie incendiée et ravagée.

Sources :
La « Guerre de Sécession », de Ken Burns.
L’article comprend des extraits de « Il y a toujours un reporter ». (« La guerre de Sécession », de Victor Austin, paru aux éditions René Julliard).
https://fr.wikipedia.org/wiki/CSS_Virginia
https://fr.wikipedia.org/wiki/USS_Merrimack_(1855)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Combat_de_Hampton_Roads
https://fr.wikipedia.org/wiki/USS_Monitor
