La bataille du Golfe de Leyte

                                                                                                                                                                                                                                                                 

       SECONDE GUERRE MONDIALE

GUERRE DU PACIFIQUE

Armoiries des Philippines

BATAILLE DES PHILIPPINES

Drapeau des Philippines

LA BATAILLE DU GOLFE DE LEYTE

Du 23 au 26 octobre 1944

La bataille du golfe de Leyte – 23 octobre 1944

SOMMAIRE

La bataille du golfe de Leyte est une importante opération militaire de la guerre du Pacifique, au début de la reconquête des Philippines. Elle débute avec le débarquement des troupes américaines du général Douglas MacArthur sur l’île de Leyte, au centre de l’archipel philippin. Cet affrontement sera considéré comme « le plus grand combat naval de l’histoire ». Il va opposer deux flottes américaines (déplaçant plus de 1 316 000 tonnes) à quatre japonaises (déplaçant près de 700 000 tonnes).

Les 24 et 25 octobre 1944, de furieux combats se déroulent sur une surface vaste comme le tiers de l’Europe. À l’issue de cette bataille, la Flotte impériale japonaise sera lourdement battue, et cessera d’être une force agressive capable d’influer sur le déroulement de la guerre. Les combats auront lieu au cours de quatre engagements principaux situés en mer de Sibuyan : dans le détroit de Surigao, au cap Engaño, et au large de Samar.

Le 25 octobre, le Corps spécial d’attaque japonais, plus connu sous le nom de « kamikaze », sera pour la première fois engagé à grande échelle.

CONTEXTE

Carte de l’invasion japonaise et de l’empire à son apogée – 1942

La stratégie américaine au cours de la guerre du Pacifique.

Elle se caractérise par un antagonisme en termes de priorité stratégique et d’attribution de moyens. Les opérations se partagent entre le général Douglas MacArthur (commandant en chef des Forces armées des États-Unis en Extrême-Orient), appuyé par le général George Catlett Marshall (chef d’état-major de l’Armée), et l’amiral Chester W. Nimitz (commandant en chef de la Flotte du Pacifique), lui-même placé sous l’autorité de l’amiral Ernest Joseph King (commandant en chef de la flotte des États-Unis et chef des Opérations navales).

Les zones d’opérations sont différentes, mais équivalentes : la zone du Pacifique Sud-Ouest pour MacArthur, les zones de l’Océan Pacifique pour Nimitz. En 1943, les offensives américaines dans les deux zones se développent conjointement de part et d’autre de la mer des Salomon. Mais l’amiral King parvient à obtenir l’accord de la réunion des chefs d’état-major pour entreprendre une offensive en direction du Japon, dans le Pacifique central.

Entre les mois de novembre 1943 et d’août 1944, les îles Mariannes sont conquises. Ce qui va permettre aux Américains d’y installer des bases, d’où les B-29 « Superfortresses » pourront bombarder l’archipel japonais. Pendant ce temps, les forces de MacArthur continuent de progresser vers l’ouest, sur la côte nord de la Nouvelle-Guinée.

FORCES EN PRÉSENCE

POUR LES JAPONAIS

 

 

La Marine impériale japonaise totalise 42 800 marins. Elle est divisée en trois forces navales principales :

1 Corps principal (« Force du Nord ») : Vice-amiral Ozawa.

2Force d’Attaque de Diversion n°1 (« Force Centrale) : Vice-amiral Kurita.

3Force du Sud

– Force C (avant-garde) : Vice-amiral Nishimura.

– 5ème Flotte (arrière-garde) : Vice-amiral Shima.

– Force sous-marine : Vice-amiral Miwa (17 sous-marins).

– 1ère et 2ème Flottes aériennes : Vice-amiraux Onishi et Fukudome.

Soit au total 4 porte-avions, 7 cuirassés, 2 cuirassés hybrides, 13 croiseurs lourds, 6 croiseurs légers, 30 destroyers, 17 sous-marin, 116 avions, et 1400 avions basés à terre.

POUR LES AMÉRICAINS

L’US Navy du Pacifique totalise 143 668 marins, placés sous le commandement de l’amiral Chester Nimitz.

La flotte du Pacifique est composée de deux flottes principales :

 La 3ème flotte : amiral William F. Halsey.

– TF 38 : vice-amiral Mitscher.

– TG 38.1 : vice-amiral McCain.

– TG 38.2 : contre-amiral Gerald F. Bogan.

– TG 38.3 : contre-amiral Sherman.

– TG 38.4 : contre-amiral R. E. Davison.

– TF 34 : vice-amiral Willis A. Lee.

7ème flotte : Vice-amiral Kinkaid.

– TG 77.2 : contre-amiral Oldendorf.

– TG 77.3 : contre-amiral Berkey.

– TG 77.4 : contre-amiral Thomas Sprague.

– TU 77.4.1 : contre-amiral Thomas Sprague.

– TU 77.4.2 : contre-amiral Stump.

– TU 77.4.3 : contre-amiral Clifton Sprague.

– TG 71.1 : contre-amiral Christie.

Soit au total 8 porte-avions, 8 porte-avions légers, 18 porte-avions d’escorte, 6 cuirassés, 9 croiseurs lourds, 13 croiseurs légers, 105 destroyers, 22 sous-marins et 1620 avions.

LEYTE, EN BREF…

La bataille du golfe de Leyte – 23 octobre 1944

Le 23 octobre 1944, la bataille du golfe de Leyte s’engage entre les marines américaines et japonaises. L’action ne se limite pas aux seules eaux de Leyte : elle implique quelque 400 navires et 200 000 soldats. C’est sans doute l’une des plus grandes batailles navales de l’histoire.

En parallèle, il y aura des combats séparés et coordonnés au large de Samar, Surigao, Palawan, de la mer de Sibuyan, et du Cap Engaño.   

La Marine impériale japonaise a l’espoir d’une victoire ; ce que leurs dirigeants pensent être la bataille décisive qui mettra fin à la guerre.

Contrairement à Pearl Harbor près de trois ans plus tôt, où le maintien de la flotte intacte était une priorité, les plans japonais à Leyte se concentrent sur le maintien des Philippines à tout prix. Les Nippons sont bien sûr en infériorité numérique et technologique, mais ils espèrent que les combats terrestres pourront équilibrer la bataille.

Les Américains ont aussi leurs propres problèmes à résoudre, sans commandement unifié comme les Japonais, mais avec une force plus importante à gérer. Les faiblesses opérationnelles des deux côtés montrent que la bataille peut basculer dans les deux sens ; les Américains surestiment la force nippone encore en état de se battre.

La bataille voit les premières attaques de kamikazes organisées par la « Force spéciale d’attaque » ; des tentatives désespérées dont le seul but est d’augmenter les pertes américaines.

À l’issue de la bataille, les États-Unis perdront 7 vaisseaux, dont le porte-avions Saint Lo, détruit par l’attaque d’un kamikaze. Le Japon lui, perdra 26 de ses navires (dont l’un des plus grands cuirassés du monde, le Musashi), et le dernier porte-avions qui a participé à l’attaque de Pearl Harbor (le Zuikaku).


Les objectifs américains.

L’U.S. Navy propose d’attaquer Formose pour mettre en place un blocus du Japon. Le général MacArthur, quant à lui, tient absolument à débarquer aux Philippines ; il veut tenir sa promesse de 1942 : « I shall return » (« Je reviendrai »).

Le général MacArthur propose ses plans à l’amiral Nimitz

L’attaque de Formose demanderait trop de forces armées, ce qui dépasserait les capacités alliées du moment. De plus, l’assaut sur les Philippines se trouverait hors de portée d’une aviation basée à terre. MacArthur obtient que le choix de l’opération soit proposé au président Roosevelt.

Ce dernier décide finalement d’attaquer les Philippines, sous les ordres du général MacArthur. La protection aérienne de l’opération est confiée à la flotte du Pacifique, et en particulier à la IIIème Flotte, commandée par l’amiral Halsey. Celui-ci reste sous l’autorité de l’amiral Nimitz.

L’amiral Nimitz accepte le plan du général MacArthur, mais veut d’abord couper les lignes arrières japonaises.

Le 15 septembre, les forces amphibies débarquent dans les Palaos pour attaquer Peleliu et Angaur. Mais en raison des retranchements et de la résistance acharnée japonaise, les combats pour sécuriser Peleliu vont durer plus de deux mois, au lieu des quatre jours prévus. Les pertes sont si lourdes que l’intérêt stratégique de cette opération est mis en doute.

Le 21 septembre, Ulithi, dans les Carolines occidentales, est occupée sans « coup férir ». L’amiral Nimitz y fait aussitôt transférer la base avancée de soutien de la flotte, qui se trouve à Eniwetok (atoll corallien situé le plus au nord-ouest des îles Marshall, en Micronésie). Les forces de MacArthur, elles, débarquent à Morotai, dans les Moluques. La suite des opérations sera de débarquer à Yap à la fin du mois de septembre, à Mindanao en novembre, et dans la zone de Leyte-Surigao en décembre. L’itinéraire est précis…

ULITHI

Cette photo de 1944 montre la flotte américaine ancrée dans la lagune de l’atoll Ulithi, située dans le Pacifique ouest. Bien que pour une grande partie du monde, ce point fût sans nom sur une carte, Ulithi est devenu, au cours des dernières années de la guerre, la plus grande base navale avant-poste au monde – un refuge caché pour des centaines de navires de la marine américaine.

Propriété du Japon, l’atoll fut capturé par les Américains en septembre 1944. Cet îlot devint un port idéal. Son vaste lagon, naturellement abrité, pouvait y faire mouiller et y abriter plus de 700 navires (allant des aéronefs aux pétroliers, sous-marins, transporteurs et navires ravitailleurs). Sur les petites îles de l’archipel, des ateliers, des entrepôts, des hôpitaux de campagne et des points de loisirs furent créés. Dans la lagune elle-même, il y avait des chantiers navals flottants et des bases de réparation, permettant à l’immense flotte de se tenir prête au débarquement.

Ulithi joua un rôle vital dans la dernière phase de la guerre du Pacifique. C’est là que commencèrent les opérations qui dirigèrent la victoire alliée (la bataille du golfe Leyte, le raid sur Iwo Jima, et la campagne d’Okinawa).

Bien que cet endroit soit resté top secret, il symbolisa la force de la logistique et des organisations qui permirent aux États-Unis de maintenir un avantage sur le Japon dans l’immensité de l’océan.

Après la capitulation du Japon, la base fut immédiatement close ; et l’atoll, redevenu calme, tomba dans l’anonymat. Cependant, pendant quelques mois entre 1944 et 1945, Ulithi fut le port le plus fréquenté au monde ; il fut le cœur d’une ville flottante qui n’exista jamais sur aucune carte civile.

Au plus fort des opérations de guerre, Ulithi était une ville invisible faite d’acier et de fumées ; plus de 30 000 marins y vivaient. Autour de la lagune, des navires mouillaient sur une distance de plus de 40 kilomètres, maintenant ainsi la machine de guerre en mouvement.

 

Lire :

Iwo Jima, l’enfer du Pacifique

« Typhon d’Acier » sur Okinawa

LE PLAN JAPONAIS « SHO-GO 1 »

Drapeau du Japon

Pour contrer l’invasion américaine, la Marine impériale japonaise (commandée par l’amiral Soemu Toyoda) lance le plan Sho-Go 1 (victoire).

LES PLANS DE L’AMIRAL SOEMU TOYODA

Le 3 mai 1944, à la mort de l’amiral Mineichi Koga, Toyoda est nommé commandant en chef de la Flotte combinée.

L’amiral Toyoda, commandant en chef de la Flotte combinée

En juin, il lance l’opération « A-Gō » pour la défense des îles Mariannes. Mais au cours de la bataille de la mer des Philippines (du 19 au 20 juin 1944, dans ce que les marins américains ont nommé « Grand Tir aux dindons des Mariannes »), la Flotte mobile (sous le commandement du vice-amiral Ozawa) perd une grande partie de son aviation embarquée.

Pour la défense des Philippines, Toyoda conçoit alors l’opération « Sho-Gō ». Son plan prévoit le sacrifice des derniers porte-avions opérationnels au bénéfice d’une attaque massive des cuirassés. L’initiative, aussi dangereuse que risquée, aboutit à la défaite lors de la Bataille du golfe de Leyte. Toyoda est convaincu que les mises sont telles pour l’empire du Japon que la préservation des navires de la marine impériale n’aura pas de sens en cas de défaite. Aussi va-t-il poursuivre une stratégie de défense agressive, comme l’opération « Ten-Gō », c’est-à-dire la dernière sortie, sans espoir de retour, du Yamato devant Oki nawa, en mai 1945.

Le 29 mai 1945, l’amiral Toyoda succèdera à l’amiral Oikawa comme chef d’état-major général de la marine impériale japonaise, jusqu’à la fin du conflit.

Ce plan compliqué divise la flotte en quatre forces : la Force Nord d’Ozawa (comportant des porte-avions leurres), la Force Centre de Kurita (composée par de puissants cuirassés), et deux Forces sud, des vice-amiraux Nishimura et Shima.

L’ensemble de la flotte impériale opposée aux forces amphibies américaines

Le Haut commandement naval nippon n’a plus d’illusions. Il ne s’agit plus d’obtenir la victoire, mais de répondre par une résistance acharnée, au prix de pertes pouvant atteindre la destruction de la Flotte. Il faut faire en sorte que les États-Unis acceptent de modifier les conditions sur les négociations en vue de l’arrêt des hostilités.

L’idée est d’engager la totalité des bâtiments encore opérationnels de la Flotte impériale contre les forces d’invasion américaines. Il ne s’agit plus de livrer une « bataille décisive », mais de s’efforcer de détruire les forces amphibies américaines sur les plages de débarquement.

Au printemps 1944, l’organisation de la Flotte combinée avec ses trois flottes, cède la place à une Flotte mobile, dont les composantes, qui réunissent porte-avions, cuirassés et croiseurs lourds, ressemblent aux « Task Forces » américaines. Le nombre des porte-avions est réduit à quatre (en raison des pertes subies, notamment les grands porte-avions Taihō et Shōkaku et le Hiyō). En revanche, le nombre des navires de ligne est augmenté par l’adjonction de quatre bâtiments anciens : les cuirassés Fusō et Yamashiro, ainsi que les deux cuirassés hybrides de porte-avions Ise et Hyūga.

Le but de cette opération est d’attirer les porte-avions américains au nord, permettant aux cuirassés de frapper les transports de troupes alliés. Mais les pertes japonaises précédentes, notamment lors de la bataille de la mer des Philippines (en juin 1944), réduisent leurs porte-avions à 4, contre 34 pour les Alliés. Cette différence, ajoutée à une carence de pilotes entraînés et de carburant, compromet l’opération. Les combats, qui couvrent une surface équivalente à un tiers de l’Europe, s’étendent sur 650 000 km², et accentuent l’ampleur de la bataille.

LE DÉCLENCHEMENT DU PLAN « SHO-GO 1 »

Le 20 octobre débutent les débarquements amphibies à Leyte, faisant suite à des frappes aériennes et à un intense bombardement naval pour préparer les plages. Les hommes de la force d’attaque du centre des Philippines, sous les ordres du vice-amiral Thomas Kinkaid (commandant de la Septième Flotte et principal subordonné naval de MacArthur), débarquent sur la côte est de Leyte. C’est un succès total, sans pratiquement aucune résistance, les Japonais ayant choisi de se retrancher plus à l’intérieur des terres, hors de portée des canons de marine US. Plus de 130 000 hommes de la Sixième Armée du lieutenant-général Walter Krueger auront débarqué à la fin de la première journée.

Pour les Japonais, l’invasion de Leyte est imminente. L’amiral Toyoda anticipe donc le débarquement au centre des Philippines, et active le plan « Shō-Go 1 ». Plan qui doit chasser les Américains des Philippines et, éventuellement, renverser le cours de la guerre. Il donne l’ordre à la flotte combinée de prendre la mer.

La force centrale japonaise quitte la baie de Brunei, Bornéo, le 22 octobre 1944, en route pour les Philippines.

Le même jour, le vice-amiral Kurita, qui possède la force principale, part des îles Lingga, et arrive en baie de Brunei, à Bornéo, en début d’après-midi.

Le 22 au matin, à Brunei, au nord de Bornéo, ses navires font les pleins de carburant puis mettent le cap au nord-est. De concert, la flotte du vice-amiral Shima descend au sud-ouest en longeant les côtes occidentales des Philippines. Elle doit venir grossir l’escadre du vice-amiral Nishimura peu avant l’entrée du détroit de Surigao. Ainsi, quatre flottes japonaises font route vers le golfe de Leyte : celles de Kurita, Nishimura, Shima, et les porte-avions d’Ozawa qui doivent servir d’appâts.

Afin de localiser les forces japonaises qui se pointeraient par l’ouest des Philippines, des sous-marins de la 7ème flotte américaine ont été déployés.

Le 22 octobre vers minuit, à l’ouest de l’île de Palawan, deux sous-marins américains, l’USS Dace et l’USS Darter, repèrent les navires du vice-amiral Kurita.

Le 23 à l’aube, ils passent à l’attaque et torpillent le croiseur lourd Atago, qui sombre en 18 minutes. Un autre croiseur lourd, le Maya, est lui aussi coulé. Deux torpilles frappent le Takao, qui est escorté par deux destroyers pour regagner Brunei.

Le 24, après avoir contourné Mindoro par le sud, la flotte de Kurita entre dans la mer de Sibuyan (conformément au plan « Shō-Go 1 », elle se dirige vers le détroit de San Bernardino pour constituer l’aile nord de la tenaille sur Leyte). Le vice-amiral Kurita, quant à lui, longe la côte nord de Mindanao. Il veut se rendre au détroit de Surigao et rejoindre la flotte du vice-amiral Shima pour former la branche sud de la tenaille japonaise.

1 – LA BATAILLE DE SIBUYAN

Peu après 6h, la TF 38 lance des patrouilles aériennes de reconnaissance. Vers 7h45, celles-ci parviennent à repérer la Force d’attaque du vice-amiral Kurita (composée de 5 cuirassés et 9 croiseurs) dans le détroit de Tablas, en train d’entrer dans la mer de Sibuyan.

L’amiral Halsey ordonne le regroupement des Task Groups 38.3 et 38.4 (des contre-amiraux Sherman et Davison), avec le TG 38.2 (sous le commandement du contre-amiral Bogan). La 3ème flotte doit maintenant bloquer et détruire, avant la nuit, la puissante escadre qui se trouve en mer de Sibuyan, et qui constitue la tenaille nord japonaise.

Les cuirassés géants de la marine japonaise, les Yamato et Musashi, sont impressionnants ; les Américains estiment même qu’ils sont supérieurs à leurs cuirassés.

Dans la matinée, un appareil de l’USS Enterprise du TG 38.4 localise en mer de Sulu, au sud-ouest de Negros, 2 cuirassés, 1 croiseur lourd et 4 destroyers, faisant cap au nord-est.

24 avions se lancent aussitôt à l’attaque mais ne parviennent pas à endommager les navires du vice-amiral Nishimura ; les porte-avions nippons n’ont toujours pas été repérés. Les Américains comprennent alors que les Japonais envisagent d’attaquer Leyte à la fois par le nord et par le sud. L’amiral Halsey décide donc de se focaliser sur la force la plus puissante qui menace le détroit de San-Bernardino, celle du vice-amiral Kurita. Il laisse la 7ème flotte du vice-amiral Kinkaid s’occuper du vice-amiral Nishimura.

Plus tard dans la matinée, une nouvelle flotte, composée de 2 croiseurs lourds, d’1 croiseur léger et de destroyers japonais, est repérée par un avion américain au nord-ouest de celle qui vient d’être attaquée (celle de Nishimura).

Les Américains viennent de repérer la 5ème flotte de Shima. Ils comprennent que la situation prend une mauvaise tournure pour eux, car la menace japonaise est aussi importante au sud qu’au nord.

Pour Halsey, la bataille se déroule bien ; en milieu d’après-midi, quatre cuirassés japonais sont détruits. Le puissant Musashi a sombré, terrassé par 19 torpilles et 17 bombes.

Le Japon a envoyé des jeunes pilotes inexpérimentés qui se font facilement abattre par les Américains. Plus de la moitié des appareils japonais sont détruits. Néanmoins, un pilote isolé parvient à lâcher une bombe sur le pont du porte-avions léger Princeton. L’incendie atteint la soute à torpilles, et déclenche une gigantesque explosion ; le navire sera abandonné. Le croiseur Birmingham, qui a accosté pour le secourir, subira lui aussi de lourds dégâts. Malgré ces pertes, la bataille dans la mer de Sibuyan est positive pour les Américains. Vers 15h30, la flotte de Kurita décide d’abandonner le théâtre des combats et fait demi-tour.

Vers 16h40, les porte-avions japonais de la « Force Nord » de l’amiral Ozawa sont enfin repérés, à 210 kilomètres à l’est de la côte nord de Luçon. Halsey estime que la force en mer de Sibuyan (la « Force centrale » de Kurita) n’est plus une menace, eu égard aux pertes japonaises rapportées et au demi-tour décidé par le vice-amiral Kurita.

Mais l’amiral américain y voit malgré tout encore une puissante menace. Ne connaissant pas précisément la composition de la flotte au nord, il décide de partir à l’attaque avec l’ensemble de la Task Force 38 et de la TF 34. Le détroit de San-Bernardino est alors laissé sans surveillance.

Pour les Japonais, la diversion provoquée par les porte-avions d’Ozawa (essentielle au succès du plan Shō-Go 1) est en train de s’accomplir…

2 – LA BATAILLE DU DÉTROIT DE SURIGAO

Avisé de l’approche de la flotte de Nishimura, Kinkaid entreprend, avec l’amiral Oldendorf, la défense du détroit de Surigao. Il dispose les croiseurs et cuirassés avec, à l’avant, les vedettes (PT boat) et les destroyers. L’adversaire nippon progresse rapidement dans la nuit. Les attaques des vedettes lance-torpilles sont irrémédiablement repoussées par les canons de marine des destroyers japonais. Malgré cet échec, les Américains connaissent maintenant la progression des navires japonais, mais aussi la composition de la force du vice-amiral Nishimura.

A 2h30, les destroyers américains passent à l’attaque et lancent 47 torpilles sur le cuirassé japonais Fusō ; s’ensuit une puissante explosion qui coupe le navire en deux. Le Yamashiro, navire amiral, est atteint lui aussi, et deux destroyers japonais sont aussi coulés.

Peut-être la dernière photo prise du cuirassé de la marine impériale japonaise Fuso avant de couler lors de la bataille du golfe de Leyte, le 25 octobre 1944

A 3h51, les croiseurs et les cuirassés passent à l’action.

Le vice-amiral Shima constate 50 minutes plus tard l’étendue de la catastrophe : le Yamashiro est en train de couler, le croiseur lourd Mogami est en feu, et presque tous les destroyers sont hors de combat. C’est une victoire totale pour l’amiral Oldendorf.

Le vice-amiral Nishimura meurt au cours du combat (seul un destroyer de son escadre en sortira indemne). Le vice-amiral Shima ordonne alors un repli général.

3 –  LA BATAILLE DU CAP ENGANÕ

Le 25 octobre, vers 2h du matin, alors que l’amiral Halsey navigue vers le nord à toute vitesse, une reconnaissance aérienne signale avoir localisé une partie de l’escadre de l’amiral Ozawa. Mais les patrouilles ne repèrent pas les porte-avions nippons. Les recherches reprennent à partir de 6h, et à 7h35, elles tombent enfin sur toute la « Force du Nord » :  le porte-avions d’escadre Zuikaku, 3 porte-avions légers, les 2 cuirassés hybrides, 3 croiseurs légers, et 8 destroyers.

60 chasseurs, 65 bombardiers et 55 avions torpilleurs décollent des porte-avions américains. A 8h10, la chasse japonaise est abattue, et les survivants doivent faire demi-tour face à la suprématie aérienne des Américains.

Les avions US tirent principalement sur les porte-avions nippons. Les avions de l’USS Essex et de l’USS Lexington attaquent et coulent un porte-avions léger de la classe Chitose, qui explose avant de sombrer. Quant au second porte-avions léger de la classe Chitose, il est endommagé et immobilisé.

Le Chitose en 1944

Un croiseur léger est touché par une torpille et explose. Un destroyer, le Akizuki, est lui aussi coulé. Idem pour le porte-avions d’escadre Zuikaku, qui est endommagé par une torpille et par plusieurs bombes.

Le vice-amiral Kinkaid demande des secours par radio à l’amiral Halsey : la situation de sa 7ème flotte est en péril. En effet, ses cuirassés et ses grands croiseurs ne font pas le poids face aux grands navires japonais de la « Force Centrale » (4 cuirassés et 8 croiseurs), très peu endommagés après la bataille en mer de Sibuyan.

« Où est la Task Force 34 ? » demande l’amiral Nimitz

Alors que les cuirassés de Kinkaid arrivent presque à portée de tir des porte-avions japonais, à 11h15, l’amiral Halsey donne l’ordre à la TF 34 de faire demi-tour. Il répond à l’amiral Nimitz que ses cuirassés rapides naviguent cap au sud pour aller prêter main forte à la 7ème flotte. Mais Kinkaid ne pourra pas compter sur les navires de secours avant 8h le lendemain.

Le groupe de secours est constitué de 6 cuirassés du Task Group 38.2 du contre-amiral Bogan, ainsi que des 3 porte-avions USS Intrepid, Cabot et Independance, de 3 grands croiseurs légers et de 8 destroyers.

Thomas Cassin Kinkaid

Vers 13h30, le porte-avions Zuikaku, le porte-avions léger Zuihō, et un cuirassé hybride sont repérés. Le Zuikaku est en feu après avoir encaissé plusieurs bombes perforantes d’une demi tonne.

Vers 14h30, il commence à basculer, chavire, puis coule. Le Zuihō est plus chanceux et malgré les dommages, les incendies sont éteints. Plus tard, il sera finalement détruit après avoir encaissé plusieurs bombes et torpilles.

A 16h25, le Chiyoda, le dernier des 4 porte-avions japonais, est en feu ; quelques minutes plus tard, à 16h40, il coule.

Vers 23h10, le sous-marin USS Jallao torpille et coule le Tama, un des trois croiseurs légers de la « Force du Nord » d’Ozawa.

4 – LA BATAILLE DE SAMAR

Après son recul dans la mer de Sibuyan, le vice-amiral Kurita met le cap à l’est, et découvre le détroit de San Bernardino libre, sans navire américain pour le surveiller. Il franchit le détroit en pleine nuit, puis longe la côte orientale de l’île de Samar pour se rendre au golfe de Leyte.

Dès l’aube, des navires américains sont aperçus par les vigies. Les Japonais pensent avoir en face d’eux les porte-avions de l’amiral Halsey ; mais c’est en fait une partie des porte-avions de l’escorte de Kinkaid, celle du contre-amiral Clifton Sprague, qui est l’ultime rempart devant le golfe de Leyte.

Clifton Sprague

Ces porte-avions d’escorte, conçus pour la lutte anti sous-marine, sont plus lents et ne se déplacent qu’à 18 nœuds ; ce sont donc des proies faciles, qui ne font pas le poids pour affronter les puissants cuirassés japonais. En outre, ce sont les transporteurs qui ravitaillent la bataille terrestre pour la reconquête de Leyte ; la menace est donc réelle… Si le dernier rempart, constitué par les navires de Clifton Sprague, est défait, les Japonais auront réussi à repousser l’invasion des Philippines ; et le plan « Shō-Go 1 » aura été un succès.

A 6h58, les navires japonais ouvrent le feu. Clifton Sprague tente de se dissimuler derrière un écran de fumée, fait décoller ses avions pour échapper à ses ennemis, et se dirige vers le sud.

Mais ses poursuivants sont plus rapides, et vers 9h, il est sur le point d’être encerclé. En désespoir de cause, les destroyers lancent une charge de la dernière chance. Une torpille du Johnston touche et met hors de combat le croiseur lourd Kumano. Deux autres croiseurs, le Chōkai et le Chikuma, sont eux aussi atteints.

Côté américain, trois destroyers, le Hoel, le Roberts et le Johnston, seront perdus. Le porte-avions Gambier Bay est lui aussi touché et coulé. L’arrivée des avions américains (qui ont décollé des porte-avions de la 7ème flotte et de Leyte), coule les croiseurs lourds : le Chōkai, le Chikuma, et le Suzaya.

À 9h11, Kurita, dans l’incertitude et dans le chaos de la bataille, ordonne de faire demi-tour et de mettre le cap au nord, alors que Sprague se croyait perdu. Mais la courte irruption de Kurita dans le golfe de Leyte sera sans conséquence pour l’opération terrestre sur Leyte.

A 11h, Halsey redescend vers le sud, mais n’arrive pas à temps pour surprendre le vice-amiral japonais, qui s’enfuit par le détroit de San Bernardino à 21h30.

Seul le destroyer Nowake, en retard pour embarquer l’équipage du Chikuma, sera coulé. L’aviation américaine détruira un croiseur léger et endommagera un croiseur lourd.

Au soir du 26 octobre, les Japonais ont perdu 3 cuirassés, 4 porte-avions, 10 croiseurs, et 9 destroyers. Les Américains sortent grands vainqueurs des 4 engagements en mer de Sibuyan, détroit de Surigao, cap Engaño et Samar au prix d’un porte-avions léger, de 2 porte-avions d’escorte, et de 3 destroyers.

L’UNITÉ SPÉCIALE DU « VENT DIVIN »

Aviateurs japonais kamikazes

                                                                                           LES KAMIKAZES

Les héros sacrifiés du « Vent Divin »

Les kamikazes de Chōshi – novembre 1944

Cette photographie d’un groupe de pilotes kamikazes japonais, prise à l’aérodrome de Chōshi en novembre 1944, est un témoignage bouleversant d’une stratégie désespérée employée par le Japon impérial durant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les 18 pilotes présents sur l’image, un seul a survécu : Toshio Yoshitake (il a échappé à la mort parce que son avion a été abattu par la DCA américaine avant d’atteindre sa cible).

Les kamikazes (littéralement « Vents Divins ») étaient des pilotes-suicide dont la mission consistait à s’écraser volontairement sur les navires ennemis (en particulier les porte-avions américains) au prix de leur vie. Cette action, qui s’inscrivait dans l’esprit de sacrifice et de loyauté inconditionnelle envers l’empereur, pose la question de son efficacité réelle et de sa valeur militaire.

Sur le plan tactique, les kamikazes infligèrent des pertes considérables aux forces alliées, notamment en 1945, durant la bataille d’Okinawa. Plusieurs navires alliés furent gravement endommagés ou coulés par ces attaques suicides. L’ennemi dut renforcer ses défenses aériennes, et fut forcé de développer de nouvelles stratégies pour contrer cette menace imprévisible.

Cependant, l’impact stratégique global des kamikazes fut souvent jugé limité. Les pertes matérielles causées par ces attaques n’inversèrent pas le cours de la guerre, et leur coût humain fut extrêmement élevé. Des centaines de jeunes pilotes furent sacrifiés dans des missions où la probabilité de réussite était faible, face à une force ennemie technologiquement supérieure et de mieux en mieux préparée à contrer ces attaques.

De plus, sur le plan psychologique, si les kamikazes étaient perçus par certains comme des héros, leur utilisation massive révéla également la situation désespérée dans laquelle se trouvait le Japon à la fin du conflit. Les pilotes kamikazes étaient souvent de jeunes recrues à peine formées, expédiées au front avec très peu d’expérience ; ce qui pose question sur le manque de préparation et la gestion des ressources humaines du Japon en temps de guerre.

En conclusion, bien que les pilotes kamikazes aient incarné un certain idéal de sacrifice pour la patrie, leur efficacité militaire resta débattue. Ils causèrent certes des dégâts aux forces alliées, mais au prix d’un nombre démesuré de vies japonaises, et sans impact décisif sur le cours de la guerre.

Les vice-amiraux Onishi et Fukudome (commandants en chef des 1ère et 2ème Flottes aériennes, basées à Luçon), connaissant le devoir de sacrifice de la Flotte, ont pensé qu’il leur fallait agir de même avec autant de détermination et d’esprit de sacrifice. Ils décident donc d’engager la « Force Spéciale d’Attaque » (plus connue sous l’appellation de Kamikaze).

Auparavant, des pilotes japonais s’étaient écrasés avec leur avion, dans le feu du combat, sur des navires américains ou alliés (par exemple l’attaque du HMAS Australia, le 21 octobre). C’était la première fois qu’une telle attaque avait été menée, de façon coordonnée et délibérée, par une formation aérienne nippone.

Les Américains ont déjà eu l’occasion de remarquer le fanatisme belliqueux des Japonais, préférant se suicider plutôt que de vivre le déshonneur d’être fais prisonnier. Avant la bataille de Leyte, ils n’imaginent pas qu’une terrible unité d’« attaque spéciale » va être créée.

Le 15 octobre, l’amiral Arima (commandant de la 26ème flottille de la 1ère flotte aérienne), à bord d’un bombardier Suisei, montrera la voie du « Vent Divin » en écrasant son appareil sur le porte-avions Franklin, au large de Luçon. Même si le navire américain parvient à ne pas couler, l’attaque suicide se révèle aux yeux des Japonais comme la solution pour empêcher la progression américaine.

L’amiral Onishi (nouveau commandant de la 1ère flotte aérienne) est convaincu que la méthode de l’amiral Arima est la bonne. Pour lui, il faut équiper les chasseurs de bombes de 250 kg, avec comme seul objectif de s’écraser sur les porte-avions américains et empêcher leur aviation embarquée de décoller. Le capitaine de frégate Tamai (commandant la 201ème escadre) demande à organiser une unité d’attaque spéciale, rattachée à son escadre. Cette unité spéciale sera mieux connue avec le nom de « kamikaze » (« vent divin »). 23 jeunes pilotes affectés à la 201ème escadre (commandés par le lieutenant de vaisseau Seki) vont se porter volontaires pour un aller simple d’une mission sans retour.

Le temps est mauvais et les pilotes sont cloués au sol. Le 25 octobre, le ciel se dégage ; les kamikazes peuvent enfin décoller de la base de Luçon. La MIJ localise dans le Golfe de Leyte 4 porte-avions américains et leur escorte.

Le lieutenant Seki et un groupe de 4 volontaires effectuent ainsi la première mission kamikaze de l’histoire à bord de leur Zéro. Ils ont sous leur appareil une bombe de 250 kg.

Plusieurs vagues de Zéro s’abattent en mer, frappent les navires et s’écrasent sur leurs ponts d’envol. À fin de l’attaque, les pertes américaines sont lourdes : le porte-avions Saint-Lo est sévèrement endommagé et doit être abandonné ; les porte-avions Santee, Suwannee et Kalinin Bay sont gravement touchés, et 3 autres plus légèrement. L’exploit des pilotes japonais et leur héroïsme vont susciter de l’enthousiasme, et des centaines de volontaires viendront pour former de nouvelles « unités d’attaque spéciale ».

Du 20 octobre au 31 décembre 1944, les attaques suicides de 430 avions causeront énormément de destructions aux Américains : 1 porte-avions léger, 1 porte-avions d’escorte, 4 destroyers, 5 transporteurs et 1 pétrolier seront perdus. Sans oublier des dizaines d’autres navires plus ou moins endommagés.

Pour empêcher les avions japonais de s’écraser sur leurs navires, les Américains vont renforcer leur défense anti-aérienne. À cela, il faut rajouter les avions de chasse américains qui détruiront un grand nombre d’appareils ennemis.

 

LA CONQUÊTE DES PHILIPPINES

Le général MacArthur avait promis qu’il reviendrait aux Philippines. À l’issue de ces 4 batailles, les Américains sont victorieux. Le succès de la bataille du golfe de Leyte leur permet d’envahir l’île pour libérer ensuite les Philippines entières. Après la libération de Manille et du peuple philippin, leurs prochains engagements seront les terribles batailles à venir d’Iwo Jima (du 19 février au 26 mars 1945) et d’Okinawa (du 1er avril au 22 juin 1945). La fin de la guerre du Pacifique est proche : le Japon manque de pétrole et de ressources, et les Alliés sont aux portes de la terre sacrée japonaise…

Lire :

Iwo Jima, l’enfer du Pacifique

« Typhon d’Acier » sur Okinawa

Le Raid de Cabanatuan

Victoire japonaise à Bataan

La Marche de la morte de Bataan

BILAN ET PERTES

 

Les soldats américains placent un drapeau américain autour du cercueil du T-4 William Asher qui a été tué près de la plage de White, sur l’île de Leyte.

Le 25 octobre 1944 au soir, l’amiral Halsey signale à l’amiral Nimitz, au vice-amiral Kinkaid et au général MacArthur :

« On peut annoncer avec assurance que la Marine japonaise a été battue, mise en déroute et brisée par les 3ème et 7ème Flottes ».

BILAN DES 4 BATAILLES

POUR LES JAPONAIS

 

 

Pertes : 11 500 morts, 1 porte-avions d’escadre, 3 porte-avions légers, 3 cuirassés, 10 croiseurs, 11 destroyers, 5 sous-marins, et 1 000 avions.

POUR LES AMÉRICAINS

Pertes :1 500 morts, 1 porte-avions léger, 2 porte-avions d’escorte, 3 destroyers, 1 sous-marin, et 200 avions.

Sources :

Mes photos

Photos publique Facebook

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_du_golfe_de_Leyte

https://www.vol-avion-chasse.com/la-bataille-du-golfe-de-leyte-le-tournant-aeronaval-de-1944/

https://www.journaldujapon.com/2021/12/05/guerre-du-pacifique-episode-6-la-reconquete-des-philippines/

 

 

 

 

 

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