1937, Le Massacre de Nankin : un Holocauste oublié

                                                                                                                                                                                                                                                                     

        SECONDE GUERRE MONDIALE

GUERRE SINO-JAPONAISE

1937, LE MASSACRE DE NANKIN :

UN HOLOCAUSTE OUBLIÉ

Du 13 décembre 1937 à janvier 1938

Le massacre de Nankin, les Chinois sont enterrés vivants

ÉVÉNEMENTS ANTÉRIEURS

Invasion japonaise de la Mandchourie en 1931

1931, INVASION DE LA MANDCHOURIE

L’invasion de la Mandchourie par l’Armée japonaise du Guandong commence le 19 septembre 1931, immédiatement après l’« incident de Moukden ».

Le 18 février 1932, les Japonais y forment un État fantoche, appelé « Mandchoukouo », qui leur est entièrement assujetti. Cet état perdurera jusqu’en août 1945, date de l’invasion soviétique de la Mandchourie.

L’ « INCIDENT DE MOUKDEN »

L’incident de Mukden

En ce jour de l’Histoire, le 18 septembre 1931, des soldats japonais mirent en scène une attaque contre une gare de Mukden (maintenant Shenyang), en Chine, dans la province de Mandchourie. Avides de bataille, ils espéraient déclencher une guerre en Chine, et prirent sur eux-mêmes l’initiative de déclencher les hostilités entre les Japonais qui avaient construit la gare, et les soldats chinois locaux. Les Japonais reprochèrent aux dissidents chinois l’explosion, afin de justifier une réponse militaire et la mise en place d’un gouvernement fantoche.

Le conflit qui suivit fut appelé l’ « incident de Mukden » . Ce fut le début d’une série d’actes hostiles et d’escarmouches avec les forces chinoises qui menèrent à la deuxième guerre sino-japonaise, et à la deuxième guerre mondiale dans son ensemble.

Mandchourie

Cet incident, relayé par la propagande, souleva au Japon, à partir d’octobre 1931, un enthousiasme délirant. Toute la population organisa des points de dons pour les troupes nipponnes. Les femmes confectionnèrent des vêtements par milliers pour les soldats, afin de symboliser le soutien de leurs compatriotes restés chez eux. Toute la population fit des dons avec enthousiasme (les enfants avec leur argent de poche, les industriels et le personnel de leurs usines, etc.…) afin que des millions de tonnes d’articles d’utilisation quotidienne soient régulièrement envoyées sur le font, en Mandchourie.

Incident de Mukden

Chaque nouvelle victoire des Nippons était célébrée avec ferveur au Japon.

Nulle autre part le coût humain ne fut plus horrible que dans la Chine occupée par les Japonais. Sur une période brutale de 14 ans, de l’invasion de la Mandchourie en 1931 à la capitulation du Japon en 1945, quelque 20 millions de Chinois perdirent la vie dans une guerre brutale, une famine et une oppression sauvage.

Le Japon tout entier fut impliqué dans un militarisme fanatique, de sorte que lorsque les bombes atomiques tombèrent sur Hiroshima et Nagasaki, elles ne tombèrent peut-être pas que sur des innocents.

L’armée du Guandong était une unité de l’armée impériale japonaise. Elle fut créée en 1906 comme force de sécurité pour la péninsule du Guandong et la zone ferroviaire de Mandchourie du Sud, après la guerre russo-japonaise de 1904 à 1905.

 

Troupes japonaises entrant dans Qiqihar le 19 novembre 1931.

Pendant l’entre-deux-guerres, ce qui n’était qu’une force de garnison se transforma en un groupe d’armées pour soutenir les intérêts japonais en Chine, en Mandchourie et en Mongolie. L’armée de Guandong fut en grande partie responsable de l’établissement de l’État fantoche japonais du Mandchoukouo. Elle y joua un rôle de première importance pendant la deuxième guerre sino-japonaise, de 1937 à 1945.

L’INVASION JAPONAISE  

LE JOUR OÙ LA CHINE AFFRONTE L’ENFER, ET OÙ SON UNITÉ MODERNE NAÎT DANS LE SANG…

Le viol de Nankin 1937

Au début des années 1930, la Chine est déjà très affaiblie. Elle sort de plusieurs décennies de guerres de seigneurs, de trahisons politiques, d’interventions étrangères, de famines, et de tentatives inachevées de modernisation.

Le pays est grand, mais fragile. Son gouvernement est normalement dirigé par Tchang Kaï-chek (chef du « Kuomintang »), mais en réalité l’État est faible, les provinces indisciplinées, l’armée divisée, et une guerre civile larvée l’oppose déjà aux communistes de Mao Zedong.

Tchang Kaï-chek

Le « Kuomintang » (ou « Guomindang », « Kuo-Min-Tang », ou encore « Kouo-Min-Tang », litt. « Parti nationaliste chinois », sigles : KMT ou GMD) est le plus ancien parti politique de la Chine contemporaine, et présent à Taïwan. Créé en 1912 par Sun Yat-sen (révolutionnaire et homme d’État chinois), il domine le gouvernement central de la république de Chine de 1928 jusqu’à la prise de pouvoir par les communistes, en 1949.

Jusqu’en 1986, il est le seul parti autorisé à Taïwan. Il reste ensuite la première force politique de l’île jusqu’en 2016 (gardant, durant toute cette période, la majorité au Parlement et, sauf de 2000 à 2008, la présidence). En 2016, cependant, il perd temporairement, tant la majorité au Parlement que la présidence, au profit du Parti démocrate progressiste.

C’est alors que le Japon, un voisin belliqueux devenu une puissance militaire moderne, industrielle et impitoyable, décide de l’attaquer.

Conquête de la Mandchourie

Le Japon de l’époque n’a rien d’un petit pays faible. Bien au contraire, c’est une machine nationaliste zélée et ambitieuse, persuadée que son destin est de dominer l’Asie. Il a modernisé son armée, transformé son industrie, équipé et armé sa flotte, et assimilé l’idéologie impériale selon laquelle la Chine est faible, décadente, et destinée à être colonisée.

En 1931, le Japon envahit la Mandchourie, une vaste région stratégique au nord de la Chine. Les Chinois, mal préparés, sont pétrifiés, incapables de répondre efficacement. En quelques mois, une partie du pays tombe. Le Japon s’installe. Il crée « Mandchoukouo », un État fantoche dirigé par Puyi, le dernier empereur de la dynastie Qing ; symbole d’humiliation nationale.

La réaction internationale est insignifiante, hypocrite, nonchalante. Certes, la Société des Nations condamne, mais n’agit pas. Les puissances occidentales, préoccupées ailleurs, font semblant de ne rien voir. La Chine est ignorée et isolée…

Tchang Kaï-chek, obnubilé par sa guerre contre les Communistes, tarde à se rendre compte que l’urgence n’est plus interne, mais extérieure. Le peuple, lui, comprend très vite. Il voit les exactions de l’ennemi : les massacres, les déportations, les humiliations, la cruauté de l’envahisseur. Et c’est dans cet affolement que Mao apparaît comme un stratège visionnaire : il affirme que la Chine ne pourra survivre que si elle s’unit contre l’agresseur, et que la lutte contre le Japon doit être prioritaire.

LE DÉNI DU JAPON…

Bien que le Japon ait occupé la Mandchourie (dans le nord-est de la Chine) dès 1931, la guerre à grande échelle entre les deux pays n’éclatera qu’en juillet 1937. Après avoir finalement capturé Shanghai, au bout de trois mois de bataille, les forces japonaises avancent vers Nankin, la capitale de la République de Chine. La garnison chinoise, mal dirigée, s’effondre bientôt, tandis que le gouvernement civil s’enfuit, laissant la population de Nankin à la merci des Japonais. Ceux-ci entrent dans la ville le 13 décembre 1937.

Cette date marque le début du « viol de Nankin », qui voit les soldats de l’armée impériale japonaise commettre de nombreuses atrocités contre la population civile de la capitale chinoise.

Pour briser l’esprit de la résistance chinoise, le général japonais Iwane Matsui ordonne la destruction complète de la ville. Des dizaines de milliers de soldats chinois qui se sont rendus seront exécutés sommairement, en violation des lois de la guerre. Ensuite, les Japonais se tournent vers la population féminine : au moins 20 000 femmes et filles de tous âges sont violées, avant d’être torturées, mutilées ou assassinées. Une grande partie de la ville est brûlée, tandis que les pillages se généralisent. Le carnage continue sans relâche pendant environ six semaines, puis s’atténue finalement en février 1938, après la mise en place d’un gouvernement fantoche chinois.

Malgré la tragédie, quelque 250 000 civils chinois seront sauvés après s’être réfugiés dans la zone internationale de sécurité. Cette zone de 2,5 miles carrés, au centre de la ville, a été déclarée interdite aux Japonais par un petit groupe d’une vingtaine d’Occidentaux ; principalement des missionnaires, des médecins et des hommes d’affaires qui sont restés dans la ville. Dans de nombreux cas, ils ont risqué leur vie pour sauver autant de gens qu’ils pouvaient.

Bien qu’il soit difficile d’estimer le nombre exact de morts, les experts conviennent qu’au moins 200 000 personnes ont été tuées lors du massacre de Nankin.

En 1948, après la Seconde Guerre mondiale, le général Iwane Matsui et un certain nombre d’autres seront reconnus coupables de crimes de guerre, et seront exécutés. Bien que plusieurs responsables politiques se soient excusés depuis pour cette atrocité, beaucoup de Japonais nient l’étendue des brutalités, voire l’existence même du massacre ; leur déni continue à creuser, encore aujourd’hui, un fossé entre la Chine et le Japon.

LA CHUTE DE NANKIN ET L’ENTRÉE DU GÉNÉRAL IWANE MATSUI

17 décembre 1937

La chute de Nankin et l’entrée du général Iwane Matsui, 17 décembre 1937

L’entrée du général Iwane Matsui dans Nankin, le 17 décembre 1937, demeure l’un des moments les plus sombres de la guerre sino japonaise.

Quelques semaines plus tôt, les forces japonaises ont été victorieuses à la bataille de Shanghai (du 13 août au 26 novembre 1937), au terme d’un combat particulièrement sanglant. L’armée nationaliste chinoise, épuisée et en manque de munitions, s’est repliée vers la capitale du gouvernement nationaliste, Nankin. La ville, empreinte d’une forte valeur symbolique, est mal préparée à soutenir un siège prolongé. Les défenses sont restreintes, les troupes désorganisées, et les autorités ont du mal à mettre en place une stratégie cohérente, alors que les forces japonaises affluent rapidement.

Iwane Matsui est né à Atami le 27 juillet 1878, et mort à Tokyo le 23 décembre 1948. Général de l’armée impériale japonaise, il fut le commandant des troupes envoyées en Chine.

Iwane Matsui

Il fut condamné à mort par le tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient, en tant que responsable du massacre de Nankin.

À partir du début décembre 1937, les armées japonaises, menées par Iwane Matsui, assiègent progressivement la ville.

Le 9 décembre 1937, un avion militaire japonais largue une « lettre de reddition » au-dessus de Nanjing. La missive exige que les forces chinoises envoient des représentants, le 10 décembre avant midi, sur le tronçon de route entre la porte de Zhongshan et Jurong, pour négocier la reddition. La lettre stipule que si la demande n’était pas satisfaite, l’armée japonaise « commencerait irrémédiablement l’assaut sur Nanjing » ; l’ultimatum sera refusé par les défenseurs de Nankin.

La photo de gauche montre la « lettre de reddition » japonaise ; celle de droite représente les défenseurs chinois résistant à l’invasion japonaise avec ténacité sur les murs de la ville.

Le 13 décembre, après des bombardements d’artillerie accompagnés d’attaques aériennes, les dernières lignes chinoises s’effondrent, et Nankin tombe.

Ce qui va suivre sera l’un des épisodes les plus documentés et les plus tragiques du conflit, connu sous le nom de « massacre de Nankin ». Durant plusieurs semaines, des unités de l’armée impériale japonaise vont commettre des atrocités systématiques contre les soldats chinois capturés et la population civile. Les exécutions massives, les viols, les pillages et les incendies dévasteront la ville.

LES CIVILS, LES FEMMES ET LES ENFANTS DANS LA GUERRE…

La sauvagerie alla bien au-delà des massacres. Des dizaines de milliers de femmes furent violées, parfois en plein jour, sous les yeux de leurs familles. Beaucoup furent torturées, puis mises à mort. Enfants, personnes âgées, écoles religieuses de fille, personne ne fut épargné. Des maisons furent pillées, des temples et des hôpitaux incendiés, des quartiers entiers réduits en cendres.

Aujourd’hui encore, la chute de Nankin reste un événement central de la mémoire chinoise du conflit, et un sujet majeur de réflexion historique. Elle marque la vulnérabilité des civils en temps de guerre moderne, et continue d’avoir un impact durable sur les relations entre la Chine et le Japon.

Les estimations du nombre de victimes varient selon les sources, mais les historiens s’accordent à dire que le bilan s’élève à plusieurs centaines de milliers de morts.

LE « SANCTUAIRE DE SÉCURITÉ » DE NANKIN

En décembre 1937, alors que le vent froid balaie les rues de Nanjing et que les flammes de la guerre approchent de Nankin, un petit groupe de Chinois et d’étrangers dessine sur une carte une zone d’environ 3,86 kilomètres carrés, la désignant comme la « zone de sécurité de Nankin » pour tenter de protéger la population civile. Ils ignorent alors que cette petite zone va devenir un sanctuaire pour 250 000 réfugiés, et que les journaux et lettres qu’ils vont laisser deviendront les témoignages les plus précieux des heures les plus sombres de l’humanité.

La « Nanjing Safety Zone »

Dirigée par l’Allemand John Rabe, membre du parti nazi mais opposé aux violences, la « Nanjing Safety Zone » permettra d’abriter des dizaines de milliers de personnes. Malgré les violations répétées de la zone par les soldats japonais, l’action de ce comité demeure l’un des rares éléments de secours dans un contexte de brutalité extrême.

Aujourd’hui, alors que nous marchons à travers ces anciens sanctuaires et réfléchissons au passé à travers des images contrastées, ce que nous cherchons à comprendre, c’est l’éclat de la compassion humaine qui brillait même dans les profondeurs du désespoir.

La chute de Nankin, loin d’abréger la guerre, marque un tournant décisif dans la perception internationale du conflit. Les récits des témoins, les rapports diplomatiques et les photographies diffusées à l’étranger, provoquent une indignation mondiale et révèlent l’ampleur des violences commises. Pour la Chine nationaliste, cette tragédie va renforcer la volonté de poursuivre la lutte. Le gouvernement se repliera à Chongqing et mobilisera le pays pour une guerre longue et dévastatrice, qui va s’étaler sur huit années.

L’image de Matsui entrant dans la ville en 1937 symbolise ainsi non seulement une victoire militaire japonaise, mais surtout le prélude à l’une des pires catastrophes humanitaires du XXème siècle.

LES MASSACRES

En 1937, le Japon débute l’invasion totale. Ce n’est plus une occupation morcelée : c’est une guerre d’anéantissement. Les troupes japonaises progressent rapidement vers Pékin, Shanghai, puis Nankin. Et c’est à Nankin que se produira l’un des pires crimes de guerre du XXèmᵉ siècle. Pendant 6 semaines, l’armée japonaise va massacrer plus de 200 000 civils (selon les estimations historiques ; certaines sources évoquent encore beaucoup plus). Violences de masse, exécutions collectives et sommaires, tortures, destructions systématiques : Nankin devient le symbole de la brutalité et de la sauvagerie japonaises. Ce traumatisme restera gravé dans la mémoire collective chinoise jusqu’à aujourd’hui. C’est leur « Auschwitz asiatique », leur blessure inguérissable.

Ce massacre révéla la face la plus sombre de la guerre : celle où l’humanité se dissout dans la haine et l’impunité. Pendant des décennies, l’épisode fut nié ou minimisé par une partie du gouvernement japonais ; mais les archives, les photos, les journaux, les témoignages accablants, les documents, ont mis au jour l’horreur vécue à Nankin.

Aujourd’hui, le Massacre de Nankin est reconnu dans le monde entier comme l’une des pires violations des droits humains de l’ère moderne.

La Chine résiste, mais son armée est mal équipée. Les soldats se battent parfois avec des fusils anciens contre des mitrailleuses modernes. Ils manquent d’avions, de chars, d’artillerie. Le Japon bombarde, brûle les villes, détruit les voies ferrées, affame les populations.

Pourtant, malgré cette infériorité accablante, la Chine reste debout. Des millions de civils se réfugient vers l’intérieur, construisant, pour continuer à vivre, des routes, des écoles, et des usines improvisées. Le gouvernement déplace sa capitale à Chongqing, une ville enveloppée de montagnes, difficile à atteindre. Pourtant les bombardements y seront incessants. Les habitants vivront dans des grottes, mais ils tiendront bon.

Et dans cette horreur absolue, une chose inimaginable se produit : l’unité nationale. Le « Kuomintang » et les communistes, ennemis mortels, forment une alliance fragile mais concrète. Mao organise la résistance paysanne, et Tchang Kaï-chek, lui, dirige l’armée. Les deux camps se détestent, mais ils conçoivent que l’ennemi principal est ailleurs. Sans l’invasion japonaise, il n’y aurait jamais eu d’unité chinoise. Sans l’invasion japonaise, Mao n’aurait jamais gagné le soutien massif des campagnes. Sans l’invasion japonaise, la Chine serait peut-être restée une mosaïque de provinces rivales.

Entre 1937 et 1945, la Chine devient un champ de bataille colossal. Le Japon commet des atrocités dans les villes, brûle les villages, exécute les résistants, impose des politiques de terreur qui vont marquer des générations.

Les États-Unis finiront par soutenir la Chine, mais tardivement. Et même avec cette aide, la situation est désespérée. C’est au prix de millions de vies que la Chine tente d’enrayer l’avancée japonaise. Elle sacrifie des soldats, des paysans, des familles entières pour gagner quelques kilomètres. Et pourtant, elle tient. Elle ne s’écroule pas.

La défaite du Japon en 1945 n’est pas du fait de la Chine ; mais elle n’aurait jamais pu être possible sans elle. La Chine a immobilisé plus d’un million de soldats japonais, les empêchant de rassembler toutes leurs forces sur le Pacifique contre les États-Unis. C’est ce sacrifice que les livres occidentaux oublient le plus souvent. Pour les Chinois, cette guerre n’est pas une simple péripétie : c’est une brûlure nationale, une règle de survie, un moment où un peuple a tenu debout alors que tout disait qu’il s’écroulerait.

La Chine n’a pas survécu grâce à ses villes, mais grâce à son peuple rural. Elle n’a pas survécu grâce à sa technologie, mais grâce à son unité contrainte. Elle n’a pas survécu grâce à son gouvernement central, mais grâce à des millions de citoyens résolus. Un pays peut être pauvre, divisé, dépassé technologiquement… mais s’il trouve une cause commune, il devient invincible. La Chine montre que la puissance réelle ne vient pas du sommet, mais de la base. C’est quand le peuple se lève ensemble que le destin change.

Après 1945, les Japonais seront vaincus ; mais pour la Chine, la guerre va continuer. Car l’alliance entre Mao et Tchang disparaîtra rapidement, et la guerre civile reprendra, encore plus violente qu’avant.

                                                                                     SANAE TAKAICHI

Sanae Takaichi

Sanae Takaichi, née le 7 mars 1961 à Nara, dans la préfecture éponyme, est une femme d’État japonaise. Elle est la Première ministre du Japon depuis le 21 octobre 2025, et la première femme à occuper cette fonction.

Sanae Takaichi se dit favorable à une révision des déclarations de Kono et de Murayama (la position officielle du gouvernement japonais sur la reconnaissance de l’implication de l’armée impériale dans l’utilisation de « femmes de réconfort », lors de la Seconde Guerre mondiale). Elle prétend aussi que l’invasion japonaise de la Mandchourie, en 1931, était une « guerre d’autodéfense », et elle refuse toute repentance. Elle nie par ailleurs le « massacre de Nankin » au cours duquel, entre 1937 et 1938, des centaines de milliers de civils chinois ont été tués par l’armée japonaise.

Dessin de Carlos Latuff 

La caricature ci-dessus évoque la nostalgie affichée de Sanae Takaichi pour l’Empire du Japon des Années 30, empire fortement militarisé et fascisé. Takaichi est en effet affiliée au mouvement révisionniste et nationaliste Nippon « Kaigi », qui conteste que des massacres de masses aient été commis à Nankin en 1937 et 1938. Elle défend la légitimité de l’invasion japonaise en Mandchourie en 1931 ; invasion suivie de la création d’un état fantoche, le « Mandchoukouo », entièrement vassalisé et pillé par les Japonais. Elle conteste aussi la véracité de l’emploi de femmes, forcées par la Kampeitaï (la Gestapo japonaise) à servir d’esclaves sexuelles aux soldats nippons dans toute l’Asie du Sud-Est (Philippines, Indochine, Sumatra, Java, Malaisie, Corée et Chine…), durant la Guerre du Pacifique.

Sanae Takaichi

Plus généralement, cette femme, au demeurant très souriante, défend la fin de la repentance du Japon pour les crimes commis pendant la Seconde Guerre mondiale, affirmant qu’ils ont été fortement excessifs et exagérés.

Elle souhaite également que les manuels scolaires encouragent le militarisme et la « fierté nationale.

                                                                                   L’ANGE DE NANKIN

L’Ange de Nankin

Décembre 1937 : l’armée impériale japonaise envahit Nankin (Chine). En 6 semaines, le « massacre de Nankin » fait 200 000 à 300 000 morts, et des dizaines de milliers de viols systématiques.

Minnie Vautrin, missionnaire américaine de 51 ans, dirige à Nankin le « Ginling College » pour femmes. Alors que les diplomates et étrangers fuient, elle refuse de partir. Elle transforme le campus en zone de sécurité neutre, et accueille les réfugiées : jusqu’à 10 000 femmes et filles entassées dans les bâtiments.

Jour après jour, elle affronte les soldats à la porte : elle barre l’entrée de son corps, négocie, crie, ment pour les repousser. Des centaines de tentatives de viol sont stoppées grâce à elle. Son journal intime témoigne de l’horreur : « Je ne peux plus dormir… les cris des femmes me hantent. »

Épuisée physiquement et moralement, elle rentre aux États-Unis en 1940. Le 14 mai 1941, rongée par la culpabilité de n’avoir pas pu sauver tout le monde, elle se suicide à 54 ans.

Surnommée « la déesse vivante de Nankin » par les survivantes, Minnie Vautrin est aujourd’hui honorée en Chine comme une héroïne. Un mémorial porte son nom sur le campus qu’elle a défendu. Alors que tout le monde fuyait l’enfer, Minnie Vautrin elle a choisi de rester seule, et a sauvé 10 000 femmes et filles des viols et massacres japonais.

Vue de la sépulture de Minnie Vautrin

L’Ange de Nankin : une femme ordinaire qui a écrit une des plus belles pages d’humanité dans l’une des pires de l’Histoire.

                                                                                     JOHN H. D. RABE

John Rabe

John Heinrich Detlef Rabe (23 novembre 1882-5 janvier 1950) était un homme d’affaires allemand et un dirigeant local du parti nazi.

En 1937, il s’efforça de protéger les habitants de Nankin lors du massacre perpétré par les Japonais. La zone de sécurité qu’il parvint à mettre en place permit de sauver 200 000 habitants.

John Rabe est appelé par l’historienne spécialisée Iris Chang, « l’Oskar Schindler de Chine ». Il est connu en Chine sous le nom de « Bouddha vivant de Nankin ».

John Rabe, un « Juste » dans le chaos Nankinois »

En tant que président du comité international de la zone de sécurité de Nanking, John H. D. Rabe fut le témoin des atrocités commises par l’armée japonaise lors du massacre de Nanjing, du 13 décembre 1937 à janvier 1938. Ses journaux intimes restent parmi les écrits les plus probants, et témoignent de l’immense carnage et des souffrances endurées par les civils chinois.

Extraits du journal de John Rabe (du 16 au 20 décembre 1937) :

« Il n’y a pas un seul magasin en dehors de notre zone qui n’ai été pillé ; et maintenant le pillage, le viol, le meurtre et le chaos se produisent également à l’intérieur de la zone. Il n’y a pas une maison inoccupée, avec ou sans drapeau étranger, qui n’ait été cambriolée et pillée (…).

Un Américain l’a ainsi résumé : « La zone de sécurité s’est transformée en une maison publique pour les soldats japonais ». C’est très proche de la vérité. Hier soir, jusqu’à 1 000 femmes et filles auraient été violées, dont environ 100 filles seulement au « Ginling Girls College ». On n’entend parler que de viol. Si les maris ou les frères interviennent, ils sont abattus. Ce que l’on entend et voit de tous les côtés, c’est la brutalité et la bestialité du soldat japonais (…). 

Presque toutes les maisons des conseillers militaires allemands ont été pillées par des soldats japonais. Aucun chinois n’ose même mettre les pieds devant sa maison ! Quand j’ouvre mon portail pour sortir ma voiture, alors que j’ai déjà accueilli plus d’une centaine de réfugiés, des femmes et des enfants, dans la rue, s’agenouillent et se prosternent, me suppliant de les autoriser à camper dans mon jardin. Vous ne pouvez pas imaginer la misère de ces gens (…).

Les femmes les plus jeunes sont obligées de partir tous les soirs en camions avec des soldats qui les relâchent le lendemain matin. Plus de 30 femmes et filles ont été violées. Les femmes et les enfants pleurent toute la nuit. Les conditions à l’intérieur de l’enceinte sont pires qu’en ville (…).

La route qui mène à Hsiakwan n’est rien d’autre qu’un champ de cadavres, le tout parsemé de restes d’équipement militaire, Il y a des tas de cadavres à l’extérieur de la porte de la ville. Les Japonais ne lèvent pas la main pour les nettoyer, et la Société « Red Swastika », qui nous est associée, a été interdite ».

Sources :

Mes photos

Photos publique Facebook

https://fr.wikipedia.org/wiki/Invasion_japonaise_de_la_Mandchourie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Nankin

https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Mukden

https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_du_pont_Marco-Polo

 

 

 

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