La chute de Wuhan
SECONDE GUERRE MONDIALE
GUERRE SINO-JAPONAISE
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DEUXIÈME GUERRE SINO-JAPONAISE
De 1937 à 1941
LA CHUTE DE WUHAN
Du 11 juin au 27 octobre 1938

Troupes japonaises de la 11ème armée marchant vers Wuhan en 1938.
ÉVÉNEMENTS ANTÉRIEURS

Invasion japonaise de la Mandchourie en 1931
1931, INVASION DE LA MANDCHOURIE
L’invasion de la Mandchourie par l’Armée japonaise du Guandong commença le 19 septembre 1931, immédiatement après l’« incident de Moukden ».
Le 18 février 1932, les Japonais y formèrent un État fantoche, appelé « Mandchoukouo », qui leur était entièrement assujetti. Cet état perdurera jusqu’en août 1945, date de l’invasion soviétique de la Mandchourie.
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L’incident de Mukden En ce jour de l’Histoire, le 18 septembre 1931, des soldats japonais mirent en scène une attaque contre une gare de Mukden (maintenant Shenyang), en Chine, dans la province de Mandchourie. Avides de bataille, ils espéraient déclencher une guerre en Chine, et prirent sur eux-mêmes l’initiative de déclencher les hostilités entre les Japonais qui avaient construit la gare, et les soldats chinois locaux. Les Japonais reprochèrent aux dissidents chinois l’explosion, afin de justifier une réponse militaire et la mise en place d’un gouvernement fantoche. Le conflit qui suivit fut appelé l’ « incident de Mukden » . Ce fut le début d’une série d’actes hostiles et d’escarmouches avec les forces chinoises qui menèrent à la deuxième guerre sino-japonaise, et à la deuxième guerre mondiale dans son ensemble. Mandchourie Cet incident, relayé par la propagande, souleva au Japon, à partir d’octobre 1931, un enthousiasme délirant. Toute la population organisa des points de dons pour les troupes nipponnes. Les femmes confectionnèrent des vêtements par milliers pour les soldats, afin de symboliser le soutien de leurs compatriotes restés chez eux. Toute la population fit des dons avec enthousiasme (les enfants avec leur argent de poche, les industriels et le personnel de leurs usines, etc.…) afin que des millions de tonnes d’articles d’utilisation quotidienne soient régulièrement envoyées sur le font, en Mandchourie. Incident de Mukden Chaque nouvelle victoire des Nippons était célébrée avec ferveur au Japon. Nulle autre part le coût humain ne fut plus horrible que dans la Chine occupée par les Japonais. Sur une période brutale de 14 ans, de l’invasion de la Mandchourie en 1931 à la capitulation du Japon en 1945, quelque 20 millions de Chinois perdirent la vie dans une guerre brutale, une famine et une oppression sauvage. Le Japon tout entier fut impliqué dans un militarisme fanatique, de sorte que lorsque les bombes atomiques tombèrent sur Hiroshima et Nagasaki, elles ne tombèrent peut-être pas que sur des innocents.


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Troupes japonaises entrant dans Qiqihar le 19 novembre 1931. Pendant l’entre-deux-guerres, ce qui n’était qu’une force de garnison se transforma en un groupe d’armées pour soutenir les intérêts japonais en Chine, en Mandchourie et en Mongolie. L’armée de Guandong fut en grande partie responsable de l’établissement de l’État fantoche japonais du Mandchoukouo. Elle y joua un rôle de première importance pendant la deuxième guerre sino-japonaise, de 1937 à 1945.
L’INVASION JAPONAISE
LE JOUR OÙ LA CHINE AFFRONTA L’ENFER, ET OÙ SON UNITÉ MODERNE NAQUÎT DANS LE SANG…

Le viol de Nankin 1937
Au début des années 1930, la Chine est déjà très affaiblie. Elle sort de plusieurs décennies de guerres de seigneurs, de trahisons politiques, d’interventions étrangères, de famines, et de tentatives inachevées de modernisation.
Le pays est grand, mais fragile ; son gouvernement est normalement dirigé par Tchang Kaï-chek (chef du « Kuomintang »), mais en réalité l’État est faible, les provinces indisciplinées, l’armée divisée, et une guerre civile larvée l’oppose déjà aux communistes de Mao Zedong.
Jusqu’en 1986, il est le seul parti autorisé à Taïwan. Il reste ensuite la première force politique de l’île jusqu’en 2016 (gardant, durant toute cette période, la majorité au Parlement et, sauf de 2000 à 2008, la présidence). En 2016, cependant, il perd temporairement, tant la majorité au Parlement que la présidence, au profit du Parti démocrate progressiste.
C’est alors que le Japon, un voisin belliqueux devenu une puissance militaire moderne, industrielle et impitoyable, décide de l’attaquer.

Conquête de la Mandchourie
Le Japon de cette époque n’a rien d’un petit pays faible. Bien au contraire : c’est une machine nationaliste zélée et ambitieuse, persuadée que son destin est de dominer l’Asie. Il a modernisé son armée, transformé son industrie, équipé et armé sa flotte, et assimilé l’idéologie impériale selon laquelle la Chine est faible, décadente, et destinée à être colonisée.
En 1931, le Japon envahit la Mandchourie, une vaste région stratégique au nord de la Chine. Les Chinois sont pétrifiés, mal préparés, incapables de répondre efficacement. En quelques mois, une partie du pays tombe. Le Japon s’installe. Il crée « Mandchoukouo » un État fantoche dirigé par le dernier empereur de la dynastie Qing, Puyi, symbole d’humiliation nationale.
La réaction internationale est insignifiante, hypocrite, nonchalante. Certes, la Société des Nations condamne, mais n’agit pas. Les puissances occidentales, préoccupées ailleurs, font semblant de ne rien voir. La Chine est ignorée et isolée…
Tchang Kaï-Chek, obnubilé par sa guerre contre les Communistes, tarde à se rendre compte que l’urgence n’est plus interne, mais extérieure. Le peuple, lui, comprend très vite. Il voit les exactions de l’ennemi : les massacres, les déportations, les humiliations, la cruauté de l’envahisseur. Et c’est dans cet affolement que Mao apparaît comme un stratège visionnaire : il affirme que la Chine ne pourra survivre que si elle s’unit contre l’agresseur, et que la lutte contre le Japon doit être prioritaire.
Bien que le Japon ait occupé la Mandchourie (dans le nord-est de la Chine) dès 1931, la guerre à grande échelle entre les deux pays n’éclatera qu’en juillet 1937. Après avoir finalement capturé Shanghai, au bout de trois mois de bataille, les forces japonaises avancent vers Nankin, la capitale de la République de Chine. La garnison chinoise, mal dirigée, s’effondre bientôt, tandis que le gouvernement civil s’enfuit, laissant la population de Nankin à la merci des Japonais. Ceux-ci entrent dans la ville le 13 décembre 1937. Cette date marque le début du « viol de Nankin », qui voit les soldats de l’armée impériale japonaise commettre de nombreuses atrocités contre la population civile de la capitale chinoise. Pour briser l’esprit de la résistance chinoise, le général japonais Iwane Matsui ordonne la destruction complète de la ville. Des dizaines de milliers de soldats chinois qui se sont rendus seront exécutés sommairement, en violation des lois de la guerre. Ensuite, les Japonais se tournent vers la population féminine : au moins 20 000 femmes et filles de tous âges sont violées, avant d’être torturées, mutilées ou assassinées. Une grande partie de la ville est brûlée, tandis que les pillages se généralisent. Le carnage continue sans relâche pendant environ six semaines, puis s’atténue finalement en février 1938, après la mise en place d’un gouvernement fantoche chinois. Malgré la tragédie, quelque 250 000 civils chinois seront sauvés après s’être réfugiés dans la zone internationale de sécurité. Cette zone de 2,5 miles carrés, au centre de la ville, a été déclarée interdite aux Japonais par un petit groupe d’une vingtaine d’Occidentaux ; principalement des missionnaires, des médecins et des hommes d’affaires qui sont restés dans la ville. Dans de nombreux cas, ils ont risqué leur vie pour sauver autant de gens qu’ils pouvaient. Bien qu’il soit difficile d’estimer le nombre exact de morts, les experts conviennent qu’au moins 200 000 personnes ont été tuées lors du massacre de Nankin. En 1948, après la Seconde Guerre mondiale, le général Iwane Matsui et un certain nombre d’autres seront reconnus coupables de crimes de guerre, et seront exécutés. Bien que plusieurs responsables politiques se soient excusés depuis pour cette atrocité, beaucoup de Japonais nient l’étendue des brutalités, voire l’existence même du massacre ; leur déni continue à creuser, encore aujourd’hui, un fossé entre la Chine et le Japon.
Lire :
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1937, SECONDE GUERRE SINO-JAPONAISE
De 1937 à 1945
La seconde guerre sino-japonaise (1937-1945) fut l’une des guerres les plus meurtrières et les plus longues du 20ème siècle. Pourtant, elle demeure aujourd’hui l’un des chapitres les moins débattus de la Seconde Guerre mondiale. Ce conflit violent restructura l’Asie de l’Est et joua un rôle décisif dans la victoire des Alliés, en 1945.
L’agression de la Chine par le Japon commença plus tôt, en 1931, avec l’invasion de la Mandchourie, où le Japon créa un « État fantoche » appelé « Mandchoukouo ».
CONTEXTE
Le 7 juillet 1937, après l’incident du pont Marco Polo près de Beijing, les tensions se transformèrent en guerre de résistance à grande échelle.
Après l’attaque de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, la Chine fut aidée par les forces alliées ; la guerre sino-japonaise fusionna alors officiellement avec la Seconde Guerre mondiale.
La guerre se termina avec la capitulation du Japon en août 1945 ; mais la Chine était dévastée (destruction massive de son infrastructure industrielle et agricole). On estime les pertes respectives à plus de 15 millions de morts militaires et civils chinois, et à près de 2 millions de militaires Japonais.
Ce fut la plus grande guerre asiatique du 20ème siècle, et beaucoup la considérèrent comme le début de la Seconde Guerre mondiale en Asie.
L’incident du pont Marco-Polo (aussi connu sous le nom d’incident du « double sept », ou incident du « pont de Lugou », ou encore incident de « Lou-Kou-Chiao ») fut un événement survenu le 7 juillet 1937 entre l’Armée nationale révolutionnaire de la République de Chine et l’Armée impériale japonaise. Les Japonais l’utilisèrent comme prétexte pour déclencher les hostilités, prélude à la seconde guerre sino-japonaise. Un fait demeure certain : l’Empire du Japon avait commencé depuis plusieurs années une politique expansionniste, qu’il comptait bien poursuivre envers et contre tout. Le 7 juillet 1937 au soir, à seulement 16 kilomètres à l’ouest de Pékin (en Chine septentrionale), les soldats de l’armée japonaise du Guandong (basés près de Tianjin) s’entraînaient comme chaque nuit à l’extrémité du célèbre pont Marco Polo, près de Wanping (ancienne forteresse créée à Pékin entre 1638 et 1640, sous la dynastie Ming, aujourd’hui devenue un musée). Mais cette fois-ci, les manœuvres furent exécutées sans préavis, ce qui alerta les soldats chinois en faction de l’autre côté du pont. À 11 heures, quelques faibles coups de feu furent échangés. L’incident aurait pu s’arrêter là, mais les soldats japonais constatèrent que l’un des leurs avait disparu. Les Japonais accusèrent alors les Chinois de l’avoir enlevé (en fait, après avoir fait un tour dans une maison de passe, l’homme réapparaitra deux heures plus tard, parfaitement sain et sauf). Suspectant malgré tout un enlèvement d’un des leurs, les Japonais insistèrent pour fouiller les maisons et les villages chinois alentours ; une opération refusée par les Chinois. Puis les malentendus s’enchaînèrent. Face à cette situation, les Japonais prétextant des tirs chinois vers leurs soldats, les deux camps firent appel à des renforts en prévision d’un conflit généralisé. Et la situation dégénéra. Les Japonais saisirent le casus belli, et donnèrent l’assaut sur le pont. Après une courte et violente échauffourée, le 28 juillet, la guerre fut officiellement déclarée. Dès le 7 août, les Nippons s’emparèrent de Pékin. Ce fut le point de départ de la seconde guerre sino-japonaise (1937-1945). Le 9 août, de violents combats éclatèrent aux environs de Shanghai, déclenchant ainsi la bataille de Shanghai (1937).
SOMMAIRE
En 1937, le Japon lança l’invasion totale. Ce n’était plus une occupation sauvage : c’était une guerre d’anéantissement. Les troupes japonaises avancèrent à vive allure vers Pékin, Shanghai, puis Nankin.
Entre 1937 et 1945, la Chine devint un champ de bataille colossal. Le Japon commit des atrocités dans les villes, brûla les villages, exécuta les résistants, imposa des politiques de terreur qui laisseront une empreinte indélébile sur des générations entières.
Lire : Le massacre de Nankin
La Chine résista ; mais son armée était mal équipée. Les soldats se battaient parfois avec des fusils obsolètes contre des mitrailleuses modernes. Ils manquaient de tout, d’avions, de chars, d’artillerie… Le Japon bombarda, brûla les villes, détruisit les voies ferrées, affama les populations.
Pourtant, malgré ce déséquilibre écrasant, la Chine pliait mais ne rompait pas. Des millions de civils reculèrent vers l’intérieur, construisant des routes, des écoles, des usines improvisées pour continuer à vivre. Le gouvernement déplaça sa capitale à Chongqing (une ville enclavée dans les montagnes, difficile à atteindre). Les bombardements y étaient permanents. Les habitants se réfugièrent dans des grottes, mais ils tinrent bon.
Dans ce chaos général, une chose inimaginable se produisit : l’unité nationale. Le « Kuomintang » et les Communistes, ennemis mortels, formèrent une alliance fragile mais tangible. Mao organisa la résistance paysanne. Tchang Kaï-Chek, lui, structura les forces régulières. Les deux camps se haïssaient, mais ils comprirent que l’ennemi principal était ailleurs. Sans l’invasion japonaise, il n’y aurait jamais eu d’unité chinoise. Sans l’invasion japonaise, Mao n’aurait jamais gagné le soutien massif des campagnes. Sans l’invasion japonaise, la Chine serait peut-être restée un patchwork de provinces rivales.
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Tchang Kaï-chek naît le 31 octobre 1887 à Ching Yang Shui (dans le district de Fenghua). Il meurt le 5 avril 1975 à Taipei. Tchang Kaï-chek C’était un militaire et homme d’État chinois, qui dirigea de la République de Chine de 1928 à sa mort. Son gouvernement était basé en Chine continentale jusqu’à ce qu’il soit défait, en 1949, par le Parti communiste lors de la guerre civile chinoise. À la suite de quoi, il continua à diriger la République de Chine sur l’île de Taïwan. Tchang Kaï-chek fut le chef du parti nationaliste Kuomintang et le commandant en chef de l’Armée nationale révolutionnaire de 1926 à sa mort (durée au cours de laquelle il porta le titre de généralissime).
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Les États-Unis finiront par lui apporter de l’aide, mais tardivement. Et même avec ce soutien, la situation restera désespérée. Pour ralentir l’avancée japonaise, la Chine perdra des millions de vies. Elle sacrifiera des soldats, des paysans, des familles entières pour gagner quelques kilomètres. Et pourtant, elle tiendra. Elle ne tombera pas…
LA CHUTE DE WUHAN

11 juin 1938 – début de la bataille de Wuhan
CONTEXTE
En décembre 1937, après la défaite de Nankin et le massacre de sa population, Wuhan devint la prochaine cible des Nippons. À l’époque, la ville de Wuhan était divisée en trois agglomérations : Hankou, Wuchang et Hanyang. Entre janvier et octobre 1938, cette cité, située au centre de la Chine, résista à l’avance japonaise qui paraissait inévitable ; elle devint un symbole de résistance. Dès lors, la presse chinoise, puis internationale, fit des comparaisons entre les villes de Madrid (guerre civile espagnole de 1936 à 1939) et de Wuhan.
La chute de Wuhan (habituellement connue des Chinois sous le nom de « Défense de Wuhan », et pour les Japonais sous le nom de « Prise de Wuhan ») fut une grande bataille de la Seconde Guerre sino-japonaise.
Les combats eurent lieu pendant quatre mois et demi dans de vastes zones des provinces de l’Anhui, du Henan, du Jiangxi, du Zhejiang, et du Hubei. Ce fut la bataille la plus importante, la plus longue et la plus meurtrière de toute la Seconde Guerre sino-japonaise. Plus d’un million de soldats de l’Armée nationale révolutionnaire, placés sous le commandement de Tchang Kaï-chek, défendirent Wuhan contre l’armée impériale japonaise, dirigée par Shunroku Hata.
NB : Les Chinois eurent le soutien de l’armée de l’air soviétique, envoyée officieusement sous l’appellation de troupes « volontaires » (un groupe de pilotes volontaires des forces aériennes soviétiques).
Shunroku Hata Quelques mois après le début de la guerre sino-japonaise, qui dura de 1937 jusqu’à la reddition du Japon en 1945, de terribles massacres eurent lieu, notamment à Nankin (du 13 décembre 1937 à janvier 1938). Ces massacres se reproduisirent près de sept ans plus tard, lorsque le haut commandement japonais ordonna au général Shunroku Hata de renforcer les positions atteintes par l’Empire japonais en Chine. L’armée japonaise n’avait rencontré aucune opposition lors de son avancée dans la province chinoise du Hunan, car les forces chinoises étaient pratiquement inexistantes. Les villages et les villes qu’ils traversaient étaient peuplés de personnes âgées, de femmes et d’enfants. Il s’agissait des habitants de Changjiao, une localité urbaine. C’est là que le général nippon décida d’installer son camp pendant quelques jours. Shunroku Hata voulut récompenser ses soldats pour les longues marches effectuées sur les terres chinoises. Le cadeau qu’il leur offrit fut de piller sans réserve la ville de Changjiao. Pendant plusieurs jours (du 9 au 12 mai 1943), les soldats japonais torturèrent et violèrent les habitants de cette localité. Le nombre de morts lors du massacre de Changjiao fut estimé à 30 000 habitants. Les troupes alliées, informées des atrocités commises par les soldats sous les ordres du général Hata, en firent une cible prioritaire. Une fois capturé, il fut, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, jugé aux procès de Tokyo en 1948, et condamné à la prison à vie. Malgré les protestations internationales et la gravité de ses crimes, Shunroku Hata fut libéré en 1955.
À l’issue de la bataille, les forces japonaises s’empareront de la ville de Wuhan au prix de lourdes pertes (la Chine déplorant jusqu’à un million de victimes, militaires et civiles confondues). Quant au Japon, il y subira ses pertes les plus importantes de la guerre. Par la suite, Wuhan marquera le début d’une impasse stratégique dans la guerre, faisant place à des affrontements localisés au lieu de grandes batailles rangées.
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Wuhan est située à mi-chemin en amont du fleuve Yangtsé. À la fin 1938, c’était la deuxième plus grande ville de Chine, avec une population de 1,5 million d’habitants. Le Yangtsé et la rivière Hanshui divisaient la ville en trois régions : Wuchang, Hankou, et Hanyang. Wuchang était le centre politique, Hankou le quartier commercial, et Hanyang la zone industrielle. L’importance de Wuhan (comme nœud de transport majeur à l’intérieur de la Chine) augmenta après l’achèvement de la ligne de chemin de fer Yuehan. La ville servait également de point de transit important pour l’aide étrangère acheminée vers l’intérieur du pays depuis les ports du sud. Après la chute de Nankin, la grande majorité des agences gouvernementales nationalistes ainsi que le quartier général du commandement militaire, se trouvaient à Wuhan (bien que la capitale ait été transférée à Chongqing). Dès le début des combats, Wuhan devint ainsi la capitale de la guerre. L’effort de la résistance chinoise se centralisa donc sur la protection de la ville contre l’occupation japonaise. Le gouvernement japonais, tout comme le quartier général de l’Armée expéditionnaire chinoise, prévoyaient la chute de Wuhan « d’ici un mois ou deux », ce qui entraînerait l’effondrement de la résistance chinoise.
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LES PRÉPARATIFS
En décembre 1937 fut créée la Commission des affaires militaires, afin d’organiser le plan de bataille pour la défense de Wuhan. Après la chute de Xuzhou, à peu près 1,1 million d’hommes (soit 120 divisions de l’Armée nationale révolutionnaire de Chine) furent réaffectés. Pour affronter les 200 000 Japonais répartis en 20 divisions de l’Armée impériale japonaise, la commission décida d’organiser la défense autour des monts Dabie, du lac Poyang, et du fleuve Yangtsé.
LE PLAN DE BATAILLE CHINOIS
Les généraux Li Zongren et Bai Chongxi (de la Cinquième zone de guerre) furent chargés de défendre le nord du Yangtsé, tandis que le général Chen Cheng (de la Neuvième zone de guerre) fut chargé de défendre le sud. La Première zone de guerre, située à l’ouest de la section Zhengzhou – Xinyang de la ligne de chemin de fer de Pinghan, reçut pour mission d’arrêter les forces japonaises venant de la plaine de Chine du Nord. Enfin, les troupes chinoises de la Troisième zone de guerre (située entre Wuhu, Anqing et Nanchang) furent chargées de protéger la ligne de chemin de fer de Yuehan.
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FORCES EN PRÉSENCE
POUR LES CHINOIS
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1 000 000 hommes environ, 200 avions, 30 navires, et des renforts de l’Armée de l’air soviétique.
POUR LES JAPONAIS
350 000 hommes, 500 avions, et 120 navires.
Voici une photo d’une publication vintage (pré-1945) d’un – Claude – d’une unité non identifiée. Notez que le pilote se tenait prêt. Les bottes de pilote étaient exclusivement portées par les pilotes et seulement par les pilotes. A5M Le Mitsubishi A5M (ou « chasseur embarqué Type 96 », nom de code allié « Claude ») est un avion de chasse japonais qui entra en service en 1936, et qui servit au sein du Service aérien de la Marine impériale japonaise. Il était alors le premier chasseur embarqué monoplan au monde. Il fut utilisé avec succès pour la première fois durant la Seconde Guerre sino-japonaise. Le Mitsubishi A5M (Claude). Conçu par l’ingénieur Jirō Horikoshi (qui créera plus tard le célèbre A6M « Zero »), il était considéré comme étant le meilleur chasseur japonais de l’époque. C’est d’ailleurs le A6M « Zero » qui remplacera le A5M jusqu’à la fin de la guerre, dans les unités de première ligne embarquées à bord des porte-avions. Historique du Mitsubishi A5M « Claude » Dès 1932, une directive de la Marine Impériale avait fait connaître la nécessité de posséder un chasseur embarqué sur porte-avions, capable de surpasser largement ses vieux biplans obsolètes. Mais aucun constructeur n’était capable de produire un appareil correspondant au cahier des charges imposé. En février 1934, l’État-major de l’Air de la Marine impériale japonaise lança un deuxième appel d’offres (appelé 9-shi), avec des caractérisations plus strictes que la demande précédente. Comme par exemple la vitesse maximum qui devait atteindre 350 Km/h, à 3 000 m d’altitude, soit 20 % de plus que celle du Nakajima A2N (l’avion embarqué sur les porte-avions japonais : l’Akagi, le Hosho, le Ryūjō et le Kaga), qui fut donc remplacé par le A5M. Ce cahier des charges indiquait que l’avion devait monter à 5 000 m d’altitude en 6 min 30 s, être armé de deux mitrailleuses de 7,7 mm, avoir une envergure n’excédant pas 11 m, et une longueur de 8 m maximum (des dimensions très minimes, nécessaires pour l’embarquement sur les porte-avions). Mitsubishi décida alors de répondre à cet appel d’offres. Il transmit le dossier à l’ingénieur Jirō Horikoshi et son équipe, et les chargea de concevoir un prototype. Jirō Horikoshi (s’inspirant de la conception entièrement métallique des chasseurs français Dewoitine) présenta donc un modèle désigné « Ka. 14 », qui pulvérisa toutes les exigences de l’état-major. Le 4 février 1935, il exécuta son premier vol et atteignit la vitesse exceptionnelle pour l’époque de 450 Km/h. La conception de ce prototype, entièrement métallique à volets entoilés, était doté d’un fuselage en aluminium, d’un rivetage sans rugosités, d’une aile basse elliptique, d’un train d’atterrissage classique fixe et caréné, et d’un moteur en étoile de neuf cylindres Kotobuki 5, développant 550 ch. Pour conserver la vitesse ascensionnelle et la maniabilité des biplans, l’accent avait été mis sur la légèreté : structure fragile, pas de blindage ni de protection des réservoirs, et un armement limité. Quelques modifications dues à des problèmes de stabilité et une faiblesse du propulseur débouchèrent sur la construction d’un nouveau prototype, doté cette fois-ci d’un moteur Kotobuki 3, sans réducteur. Ce prototype fut suivi de cinq autres équipés de divers moteurs. L’appareil de Nakajima étant inférieur, le Ka-14 remporta l’appel d’offres. Au début de 1936, l’appareil fut entériné par le haut commandement sous la désignation de « Chasseur embarqué de la Marine type 96 modèle 1 ou A5M1 » ; et la production en série débuta aussitôt. Une nouvelle motorisation produisit le A5M2, qui commença ses vols opérationnels dans le conflit sino-japonais avec l’attaque sur Shanghaï, en décembre 1937. Il y surpassa aisément ses adversaires, des Polikarpov I-16 Rata (avion de chasse soviétique), pourtant plus compétitifs. L’Armée Impériale commanda des appareils, et Mitsubishi construisit un prototype « terrestre » Ki. 18 et deux Ki. 33, plus puissants. Mais l’armée refusa et préféra le Nakajima Ki. 27 Kate, optant pour la maniabilité plutôt que pour les performances de son équivalent, presque identique. Fin 1936, la Marine impériale commanda une construction en série de l’appareil, désigné A5M1 (ou chasseur embarqué Type 96 modèle 1). La version de cette première série se caractérisait par un moteur Kotobuki 2 KAI-Ko, et par une réserve de carburant dont la contenance passait de 200 à 330 litres.

CONSTRUCTEUR MITSUBISHI

Mitsubishi A5M
Rôle : avion de chasse embarqué
Premier vol : 4 février 1935
Mise en service : 1937
Date de retrait :1945
Nombre construits : 1 094
| Caractéristiques |
Dimensions
|
performances |
Motorisation
|
Masses
|
Armement
|
| Équipage
1 pilote
|
Envergure 11 m
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Vitesse maximale 435km/h
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Moteur Nakajima Kotobuki 41
|
À vide
1263kg
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Interne
2mitrailleuses de 7,7 mm Type 89
|
| Longueur 7,57 m
|
Plafond
9 800 m
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Type 9 cylindres
en étoile
|
Maximale 1822 kg
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Externe 2bombes
|
|
| Hauteur 3,27 m
|
Rayon d’action 1400 km
|
Puissance unitaire 785ch (529 kW)
|
|||
| Surface alaire 17,8 m2
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LA BATAILLE DE WUHAN

La chute de Wuhan
Le 28 février 1938, l’aviation japonaise bombarde la ville ; c’est le début de la bataille de Wuhan. Néanmoins l’attaque aérienne est repoussée.
Le 24 mars, la Diète du Japon (parlement bicaméral du Japon) vote la loi de mobilisation générale de l’État, qui accorde ainsi au gouvernement et à l’effort de guerre en Chine de recevoir des financements illimités pour subventionner la production de guerre.
Concernant les ambitions de l’empire du Soleil Levant, c’est maintenant une certitude : le Japon est bel et bien entré en guerre !
Le 29 avril, jour anniversaire de l’empereur Hirohito, les Japonais réalisent une nouvelle attaque aérienne sur Wuhan.
Xuzhou, dans la province de Jiangsu, est encerclée par les troupes japonaises aidées de nombreux renforts. Tchang Kaï-Chek ordonne son évacuation pour se concentrer sur la défense de Wuhan.
Après la chute de Xuzhou, l’armée nippone se dirige sur Wuhan, et commence par envahir la municipalité de Hankou. Pour contrer l’offensive japonaise, les Chinois réunissent autour de Wuhan environ un million de soldats, 200 avions et 30 navires de guerre.
Les Japonais ne sont pas assez nombreux pour encercler complètement les troupes chinoises ; ce qui permet à une grande partie de leur 5ème armée de s’extraire de Xuzhou. Les troupes impériales envahissent Hankou.
Le 9 juin, pour ralentir la progression nipponne, les troupes nationalistes chinoises font sauter les digues du fleuve Jaune, près de Kaifeng, dans le Henan. L’inondation qui suit causera la mort de 500 000 à 900 000 civils.

En juin 1938, alors que des troupes chinoises traversaient le fleuve Jaune, celui-ci avait été délibérément inondé par les forces chinoises afin de gagner du temps pour défendre
Le 13 juin, les Japonais débarquent au sud du Yangtsé et prennent la ville de Anqing.
Puis, malgré la résistance chinoise et les attaques effectuées contre la 11ème armée japonaise, Jiujiang tombe également le 26.
Les troupes japonaises remontent ainsi le fleuve vers l’est, et affrontent les soldats des 31ème et 32ème armées chinoises.
Fin octobre, Wuhan étant presque complètement encerclée, les Chinois se retirent de la ville pour sauvegarder leurs effectifs restants.
Le 27 octobre, Wuhan est entièrement conquise.
La bataille pour la défense du Xian de Yiangxin continuera jusqu’au 22 octobre (date à laquelle les Japonais parviendront à écraser la résistance chinoise et à avancer sur Wuchang).
PERTES

La bataille de Wuhan
POUR LES CHINOIS
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400 000 à 500 000 tués, blessés ou disparus, et 100 pilotes soviétiques.
POUR LES JAPONAIS
Environ 140 000 morts.
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Docteur Dwarakanath Shantaram Kotnis Dwarkanath Shantaram Kotnis naît le 10 octobre 1910 en Inde. Il meurt le 9 décembre 1942 en Chine. En 1938, il fut l’un des cinq médecins indiens envoyés en Chine, pour fournir une assistance médicale pendant la deuxième guerre sino-japonaise. Connu pour son dévouement et sa persévérance, il fut considéré comme un exemple pour l’amitié et la collaboration sino-indiennes. Né à Sholapur, dans le Maharashtra, Dwarakanath Kotnis était issu d’une famille « marathi » de classe moyenne (langue indienne appartenant à la branche indo-aryenne de la famille des langues indo-européennes). Il avait deux frères et cinq sœurs. En 1936, il fut diplômé de la « Grant Medical College », de l’Université de Bombay ; et s’inspirant des idées de liberté, il rejoignit le mouvement contre le régime britannique. En 1938, après l’invasion japonaise de la Chine, le général communiste Zhu De demanda à Jawaharlal Nehru d’envoyer des médecins en Chine. Le 30 juin 1938, Netaji Subhash Chandra Bose (président du Congrès national indien) lança un appel à la population par voie de communiqué de presse. Du 7 au 9 juillet (lors des Journées panindiennes pour la Chine, et des Journées du Fonds pour la Chine), ayant collecté un fonds de 22 000 Roupies il organisa l’envoi d’une équipe de médecins bénévoles et une ambulance. L’objectif principal de cette mission consistait à apporter l’aide d’une nation luttant pour sa liberté à une autre nation, également en lutte pour la sienne. En 1939, cette mission fut soutenue par la visite de Nehru en Chine. Netaji Subhash Chandra Bose publia également un article dans la revue « Modern Review » sur le rôle du Japon en Extrême-Orient, et annonça l’offensive nippone contre la Chine. En septembre 1938, une équipe médicale de cinq médecins, les Docteurs M. Atal d’Allahabad (qui était aussi le chef de la mission), M. Cholkar, de Nagpore, D. Kotnis, de Sholapur, B.K. Basu et Debesh Mukherjee, de Calcutta, fut envoyée en tant qu’équipe de mission médicale indienne. L’équipe arriva pour la première fois en Chine au port de Hankou, à Wuhan. Dwarkanath Shantaram Kotnis Le Docteur Dwarkanath Shantaram Kotnis (âgé de 28 ans) restera en Chine pendant près de 5 ans à travailler dans des cliniques mobiles pour soigner les soldats blessés. En 1939, il rejoignit la Huitième Armée de Route (dirigée par Mao Zedong) à la frontière Jin-Cha-Ji, près des monts Wutai. Il soignait sans relâche ; son travail était éprouvant, notamment en raison de la pénurie chronique de médicaments. En 1940, lors d’une longue bataille contre les troupes japonaises, le Dr Kotnis opéra pendant 72 heures sans s’arrêter et sans dormir. Il soigna plus de 800 soldats blessés au cours des combats. Il fut ensuite nommé directeur de l’« Hôpital international de la paix, Dr Bethune », nommé en l’honneur du célèbre chirurgien canadien Norman Bethune. En 1940, Kotnis rencontra Guo Qinglan, une infirmière de l’hôpital Bethune. Guo fut immédiatement séduite par le médecin indien. Kotnis savait écrire et parler chinois, ce qui l’avait surprise. Le couple se maria en décembre 1941. Le 23 août 1942, ils eurent un fils prénommé Yinhua (« Yin » signifiant Inde et « Hua » Chine). Les complications liées à son métier difficile et stressant de médecin de première ligne finirent par affecter gravement sa santé. Le Dr Kotnis fut atteint d’épilepsie trois mois seulement après la naissance de Yinhua. Il mourut le 9 décembre 1942, après une série de crises, laissant derrière lui sa veuve, Guo Qinglan, et leur bébé. Un mémorial fut construit en Chine avec une statue du Dr Kotnis ; certains de ses instruments médicaux et des lettres furent également conservés. Un autre mémorial avec une statue fut construit à Solapur. Une statue de Dwarkanath Kotnis à Shijiazhuang , Hebei , Chine. Les gouvernements indien et chinois émirent des timbres à son nom, et il fut même mentionné par Mao Zedong comme un ami de la nation. Dwarkanath Shantaram Kotnis sur un timbre indien de 1993 Aujourd’hui, les officiels chinois rendent toujours visite à sa famille en Inde.



Sources :
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Invasion_japonaise_de_la_Mandchourie
https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Nankin
https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Mukden
https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_du_pont_Marco-Polo
https://fr.wikipedia.org/wiki/Invasion_japonaise_de_la_Mandchourie
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Shanghai_(1937)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Wuhan
https://www.journaldujapon.com/2019/05/29/guerre-du-pacifique-episode-2-pearl-harbor-partie-1/