Les Témoins du passé – Le prieuré de Saint-Romain-le-Puy

                                                                                          

LES TÉMOINS DU PASSE

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LE PRIEURE DE

SAINT-ROMAIN-LE-PUY

 

Prieuré de Saint-Romain-le-Puy

Saint-Romain-le-Puy, Loire

Blason_de_Saint-Romain-le-Puy

Blason de Saint-Romain-le-Puy

 

CULTE : catholique romain.

TYPE : prieuré.

RATTACHEMENT : diocèse de Saint-Étienne.

DÉBUT DE CONSTRUCTION : 10ème siècle.

FIN DES TRAVAUX : 11ème siècle.

STYLE : architecture romane.

En histoire de l’art, L’ART ROMAN est la période qui s’étend, en Europe, du début du 10ème siècle à la seconde moitié du 12ème siècle. Elle se situe entre l’art préroman et l’art gothique.

 

PROTECTION : le site est classé sur la liste des monuments historiques de 1899.

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PRÉSENTATION

L’église prieurale de Saint-Romain est un édifice religieux de culte catholique romain. Elle est située sur la commune de Saint-Romain-le-Puy, dans le département de la Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes. L’ensemble, isolé et perché à 80 mètres, se dresse sur un piton d’origine volcanique qui couronne la plaine du Forez.

L’architecture du prieuré de Saint-Romain-le-Puy représente une des empreintes les plus remarquables de l’art roman forézien. Elle atteste de la puissance artistique du 1er millénaire, à cheval sur l’art carolingien et l’art roman.  L’on y décerne plusieurs étapes de construction : la bâtisse funéraire est du 5ème siècle, la nef du 10ème, et le chœur richement décoré du 11ème siècle. D’autre part on peut contempler, sur une partie des parois et des colonnes, des morceaux de fresques des 10ème, 11ème, 12ème, et 15ème siècles. Les chapiteaux qui portent les colonnes révèlent un large choix de thèmes et de motifs manifestement issus de l’empreinte méditerranéenne. Ces sculptures offrent une panoplie de décors symboliques tels des animaux fantastiques, des entrelacs, et des dessins floraux.

L’ARCHITECTURE ROMANE est un style architectural qui a pris son essor en Europe au cours du Moyen-Âge (entre le milieu du 10ème siècle et le 12ème siècle). Il est emblématique des monuments religieux de cette époque, et se définit par l’utilisation de voûtes en berceau de plein cintre, de voûtes brisées ou de voûtes d’arêtes, soutenues par des colonnes latérales. Ces dernières, qui soutiennent les arcs, sont essentiellement cylindriques et surmontées de chapiteaux. Elles sont dans la plupart des cas sculptées de reproductions d’animaux, de plantes, ou bien de symboles géométriques.

Colonnes et chapiteaux

Colonnes et chapiteaux

ORIGINES

Il semblerait qu’une première chapelle ait été érigée au 4ème siècle sur le piton volcanique de Saint-Romain par Saint Martin de Tours. Ce dernier était un précurseur dans la création de monastères en Gaule. Il était célèbre pour avoir converti les temples païens et les mégalithes (dolmens menhirs…) en églises.

On pourrait donc, même si ces estimations demeurent apocryphes, penser qu’en ces temps lointains, un mégalithe ait pu être placé par les hommes de cette époque, au sommet du mont de Saint-Romain-le-Puy.

D’après les dires de l’avocat Grangeon de Montbrison, «  il aurait la forme d’une pierre percée en forme d’auge, à ouverture circulaire où l’on y déposait les enfants chétifs pour les faire vivre ».

Il est probable que le site se transforma en « nemeton », mot gaulois qui désigne le sanctuaire dans lequel les Celtes pratiquaient leur culte sous l’autorité des druides.

Vestiges

Vestiges

On découvre une grande quantité de pierres de source gallo-romaine, réutilisées dans l’assemblage même de la bâtisse. Ces témoignages, ainsi que les allégories représentatives des chapiteaux, sont des marqueurs essentiels attestant de l’ancienneté du sanctuaire sur l’ensemble des trois composantes de la prieurale. La chapelle va connaître un essor remarquable, et attirer une foule de pèlerins toujours plus nombreuse ; bientôt un premier village va voir le jour dans les alentours. D’après l’historienne et chercheuse du CNRS Marguerite Gonon (1914-1996), il est fort probable que c’est vers 550-600 que des moines bénédictins s’établirent à Saint-Romain-le-Puy.

 

HISTORIQUE

– En 993, les textes précisent qu’une église existait au sommet du Puy Saint-Romain. Elle avait été érigée par le seigneur des lieux Boschitaleus Miles. Ce dernier en fera don à l’abbaye d’Ainay qui nommera Aldebertus comme premier prieur.

– C’est en 1007 que le monastère et le château voient le jour. Aldebertus procède alors à l’agrandissement de l’église vers l’est. A la place de l’ancienne abside et des absidioles, il construit une crypte pour compenser la dénivellation du sol, et afin d’abriter les reliques de Saint Romain. Enfin, au-dessus, sont érigés le chœur et les nouvelles absidioles.

– En 1017, les travaux sont achevés, et l’édifice prend le nom de Saint-Romain-le-Puy.

– En 1173, l’archevêque de Lyon attribue le site au comte de Forez Guy II.

– Au 13ème  siècle, l’exploitation de la vigne aux alentours produisait le vin de Nuyts. Durant la Grande Guerre, le vignoble faillit disparaître. Il faudra attendre 1997 pour que des pieds de vigne soient  replantés et que sa production soit relancée (le Viognier).

– En 1348, la localité est décimée par la peste noire ; seuls trois habitants survivent au fléau. La Guerre de Cent Ans, enfin, fragilisera le prieuré.

– C’est à partir du 15ème siècle que le prieur Jacques de Bouthéon restaure une partie du site. Il fait construire une chapelle sur le mur nord de la nef, et le portail ouest voit le jour.

– En 1562, les reliques de Saint Romain sont détruites, selon toute vraisemblance, par le baron des Adrets et ses troupes calvinistes.

– En 1633, sous le règne de Louis XIII, Richelieu promulgue des ordonnances et fait abattre les fortifications du château ainsi que les bâtiments conventuels. Commence alors l’abandon du site ; le prieur est remplacé, et les derniers moines de la confrérie sont évacués sur Lyon.

– En 1666, l’archevêque de Lyon Jacques de Bérulle, prieur non résidant de Saint-Romain, met fin à la communauté. Inexorablement le site tombe en ruine, et les vestiges du prieuré seront vendus comme biens nationaux durant la Révolution.

– En 1684, le prieuré est sécularisé et devient, à la Révolution, la propriété de l’Etat.

-En 1885, la famille Julien Pomerol, alors propriétaire du prieuré, en fait don à la commune, en émettant une condition : que cette dernière en assure l’entretien.

-En 1887, les travaux de restauration débutent et les premières fresques murales sortent de l’oubli.

PLAN DE L’ÉDIFICE

 

EXTÉRIEURS

 

1- LE CHEVET

Ci-dessus, sur la frise extérieure du chevet, on découvre des motifs révélant quelques vieilles iconographies dérivées du paganisme. A gauche, le svastika (croix gammée), qui est un des plus anciens symboles de l’humanité dédié au soleil ; on retrouve ces signes jusqu’en Extrême-Orient. A droite, dans un encadré, deux lions s’affrontent.

 

Sculptures extérieures sur le chevet, lion

Sculptures extérieures sur le chevet, lions

2- LES FAÇADES, VESTIGES & BÂTIMENTS CONVENTUELS

 

 Des bâtiments conventuels (lieux de vie des moines et cloître), il ne reste que les ruines. On estime que le cloître devait être étendu et qu’il avait la forme d’un carré de 20 mètres de côté. Quant au château (propriété de la famille de Forez depuis 1173),  il renfermait le prieuré dans son enceinte à l’abri des murailles. On évalue sa forme géométrique à celle d’un quadrilatère irrégulier de 40 mètres de longueur sur 20 mètres de largeur. Ses remparts mesuraient trois pieds d’épaisseur. En contrebas, une autre muraille garnie de ses sept tours assurait une solide ligne fortifiée. De ces défenses, il ne reste de nos jours que quelques vestiges encore debout, et qui semblent défier le temps.

 

3-LE PORTAIL D’ENTRÉE

L’unique entrée de l’église s’effectue par le portail de la façade ouest. Il est coiffé d’une magnifique fenêtre avec arc-brisé. Cette ouverture a été rajoutée vers 1430. Dépourvu de pilier central, l’ensemble nous apparaît rongé par les ravages du temps. Son tympan est nu et ne possède pas d’ornements. D’apparence raffinée, il est chapeauté de voussures (courbures) moulées. Un ensemble de décorations et de sculptures encadre l’arcade. On distingue trois blasons similaires sur le linteau ; celui des Bouthéon est au centre.

 

INTÉRIEURS

1- LA NEF

 2-LES ABSIDIOLES

3-LES FRESQUES

Il paraît vraisemblable que la crypte de l’église ait pu abriter jadis des reliques de Saint Romain d’Antioche (martyre sous le règne de l’empereur Dioclétien en 303), auquel elle est consacrée. Cette pratique était courante en France et en Europe, dans un grand nombre de sanctuaires religieux et de dévotion dédiés à un saint.

Peinture sur tableau

Peinture sur tableau

« A ce diacre qui remontait le moral des chrétiens persécutés, on coupa la langue sans pouvoir lui couper la parole. On ne put le faire taire qu’en lui coupant la tête. » Le petit dictionnaire des Saints de Dom Philippe Rouillard (1962).

 

Avec les fresques du martyre de saint Romain d’Antioche peintes sur les murs de l’église, on distingue deux autres représentations dessinées sur les parois de la nef. Ces dernières datent du 15ème siècle. La première évoque deux saintes facilement reconnaissables : Marie-Madeleine, qui tient son flacon de parfum et sainte Catherine d’Alexandrie, accompagnée de la roue de son supplice. Sur le côté, sur le pilastre d’angle, l’on discerne la peinture de sainte Barbe tenant la palme du martyre. Ces trois femmes sont reproduites dans des poses élégantes, sveltes, et sont pourvues de longs cheveux.

4-LES COLONNES & CHAPITEAUX

5-LA CRYPTE

Les mesures de la crypte sont à peu près identiques à celle du chœur de l’église qui se situe au-dessus. La crypte était destinée à abriter les reliques de Saint Romain d’Antioche. Elle dispose de cinq arcs (dont deux sont aveugles), soutenus par des colonnes aux chapiteaux richement décorés. L’on y découvre le svastika, la roue solaire et beaucoup d’animaux : paons ou phénix se désaltérant dans un même calice, lion ou dragon crachant du feu.

PANORAMA

Blason du département de la Loire

Blason du département de la Loire

 

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