Le château de Thouzon

LES TÉMOINS DU PASSÉ

LE CHÂTEAU DE THOUZON

Le château De Thouzon

TYPE : ancien monastère fortifié, devenu un château fort.

STYLE : médiéval.

NOM COURANT : Monastère fortifié de Thouzon.

ÉPOQUE : féodale.

PÉRIODE : Moyen Âge.

PÉRIODE DE CONSTRUCTION : XIème siècle.

PROPRIÉTAIRE INITIAL : Abbaye de Saint-André-de-Villeneuve-lès-Avignon.

Lire : La chartreuse Notre-Dame-du-Val-de-Bénédiction

PROPRIÉTAIRE ACTUEL : privé.

PROTECTION : les vestiges du château, ainsi que l’ancienne chapelle Saint Pierre et l’église Sainte Marie, sont inscrits sur la liste des Monuments Historiques le 18 juin 1987.

ÉTAT DE CONSERVATION : vestiges, ruines (site en grande partie restauré).

COMMUNE : Le Thor.

DÉPARTEMENT : Vaucluse.

RÉGION HISTORIQUE : Comtat Venaissin.

RÉGION : Provence-Alpes-Côte d’Azur.

LOCALISATION

Le château de Thouzon est un château médiéval en ruine, situé sur la commune de Le Thor, dans le département du Vaucluse. C’est un ancien monastère bénédictin fortifié.

LE THOR

Le Thor

Le Thor est une commune française située dans le département du Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

En 2021, sa population comptait 8858 habitants, les Thoroises et les Thorois.

Le Thor se trouve à 10,1 km de la Tour Ferrande, à 27 km de l’abbaye Notre-Dame-de-Sénanque, à 28,3 km de La chartreuse Notre-Dame-du-Val-de-Bénédiction et du Fort Saint André de Villeneuve-lès-Avignon, à 28,5 km de l’abbaye de Saint Hilaire à 29,7 km du  château du Barroux, à 44.9 km du château de Lourmarin, et à 91,5 km du château des Adhémar à Montélimar.

HISTORIQUE

Le château de Thouzon

Le plus ancien acte connu concernant le château de Thouzon date de 1014. Ingilramnus, évêque de Cavaillon, confirme cette nouvelle implantation dans son diocèse en lui faisant des dons.

Ce texte cède aux Bénédictins de Saint André de Villeneuve (près d’Avignon) la possession « des églises qui sont ou seront sur le Mont de Thouzon, avec leurs dépendances ».

– En 1088, Raymond IV de Saint-Gilles, Comte de Toulouse, marquis de Provence, confirme cette possession. Mais cet acte mentionne que le marquis se réserve l’ « albergue » et le droit d’y aller en armée.

L’albergue : Désigne un droit, ou une rente, perçu par un seigneur payé par ses vassaux pour s’exonérer de leur servitude ou jouir de prérogatives diverses. Exemple : ce droit oblige le vassal à offrir le gîte et le couvert à son seigneur une fois l’an.

– En 1096, le pape Urbain II certifie la possession de Thouzon comme propriété de l’abbaye de Saint André, en ne citant que Saint-Pierre-de-Thouzon.

– En 1118, le pape Gélase II accorde de nouveaux privilèges à Saint-Pierre-de-Thouzon.

– En 1140, un acte cite de nouveau les deux églises, Sainte Marie et Saint Pierre. En outre, l’acte comprend aussi le bois, le village attenant, et tout le territoire, avec le marais, les poissons et les rivages.

– En 1171, malgré la propriété des Bénédictins, le Comte de Toulouse Raymond V demande à Giraud II Amic de Sabran de fortifier Thouzon. Cependant, il garde sur le futur château la souveraineté, les droits de justice, de cavalcade et d’albergue. Cet acte cite le « monasterio », alors qu’en 1202, on parle du « castro ».

Cavalcade : droit du seigneur de prendre hommes et bêtes pour former son armée.

–  En 1396, le château est occupé par les soldats du Vicomte de Turenne.

– En 1549, une pierre de fronton de porte est sculptée aux armes de l’abbé François de Castellane. Ce qui indique une possible restauration du château.

–  En 1563, le cruel Baron des Adrets, à la tête de ses bandes de Huguenots, pénètre dans le domaine de Thouzon.

François de Beaumont, « baron des Adrets » (né en 1512 ou 1513-mort en 1587) était un capitaine dauphinois des guerres de Religion. Réputé pour sa cruauté dans les actions, il fut un fidèle partisan des troupes protestantes, puis changea de camp en 1564 pour rejoindre les catholiques.

– En 1594, César de Brancas, abbé de Saint André et seigneur de Thouzon, envisage des réparations sur le château.

– En 1696, L’abbé de Thouzon vend le château et les terres à Joseph de Martin (comte palatin, archiviste et secrétaire d’état).

À partir de la fin du XVIIème siècle, les propriétaires successifs laissent à l’abandon les bâtiments qui se dégradent.

En 1700, 1705 et 1727, des travaux sont effectués sur la toiture de l’église Sainte-Marie.

En 1836, le maire du Thor demanda aux employés municipaux de démolir le château, pourtant propriété privée. Le propriétaire lui intenta un procès. Même si la justice donna raison au propriétaire contre le maire du Thor, les destructions étaient déjà bien avancées, et ne seront pas reconstruites.

Le château et ses dépendances appartiennent ensuite à la famille Merle de Beauchamp jusqu’en 1846, date à laquelle ils passent aux mains de la famille Bourget, puis en 1879, dans la famille de Justin Martin.

En 1987 est créée l’Association pour le Site de Thouzon, affiliée à l’union R.E.M.P.ART.

LE CHÂTEAU-PRIEURE DE THOUZON

L’église Sainte-Marie de Thouzon

L’édifice occupe une superficie de 1 600 m2 environ. Il est perché au sommet d’une petite colline au centre de la plaine du Comtat Venaissin. Il ne reste aujourd’hui plus grand-chose de sa splendeur passée. Le bâtiment n’a conservé qu’une église encore voûtée (Sainte Marie), une petite chapelle (Saint Pierre), deux tours, quelques pans de murs et, au milieu de sa cour, une citerne creusée dans la roche. Magnifiquement restaurées, les ruines du château de Thouzon nous font traverser les siècles et découvrir la vie des gens en ces temps reculés…

LE CHEMIN D’ACCÈS

VUE GÉNÉRALE

TOURS DE DÉFENSE

L’ENCEINTE FORTIFIÉE

LES REMPARTS

LE LOGIS

LA CITERNE

APPAREIL EN « ARÊTE DE POISSON » ou « OPUS PISCATUM »

L’« appareil » en « arête-de-poisson » (ou « opus piscatum ») est un style architectural réalisé en disposant des briques ou des pierres plates inclinées à environ 45°, et en changeant de sens à chaque strate successive, de manière à donner un aspect d’« arête de poisson ».

A ne pas confondre avec l’« opus spicatum », qui est un « appareil » du même style architectural mais qui a la forme d’un épi de blé.

L’ÉGLISE SAINTE MARIE

L’église Sainte-Marie de Thouzon

L’église Sainte-Marie de Thouzon est une église romane des XIème et XIIème siècles, fortifiée au XVIème siècle. Elle se situe sur la commune du Thor, en Provence, dans le département de Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

On la découvre sur le site du château de Thouzon, dressé au sommet d’une colline. On trouve aussi, à quelques dizaines de mètres de l’église, la chapelle romane Saint-Pierre de Thouzon.

L’église Sainte-Marie, avec la chapelle Saint-Pierre et les bâtiments conventuels, a fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques le 18 juin 1987.

L’EXTÉRIEUR

L’INTÉRIEUR

L’ABSIDE EN « CUL DE FOUR »

Un « cul-de-four » est une voûte en forme de demi-coupole (soit un quart de sphère). Elle rappelle la forme du four à pain, utilisée dès l’Antiquité et jusqu’à la fin de la période romane pour couvrir les absides. Cette forme de construction disparait avec l’architecture gothique pour réapparaitre à partir de la Renaissance.

LE RETABLE DE THOUZON

Le Retable de Thouzon est une œuvre anonyme peinte au début du XVème siècle, et conservée depuis 1929 à Paris, au musée du Louvre.

Il provient d’une chapelle du prieuré du château de Thouzon, qui appartenait autrefois à l’Abbaye de Saint-André-de-Villeneuve-lès-Avignon.

Le retable est constitué de deux tableaux (la partie centrale ayant disparu), et représente une scène de la vie de Saint André.

Le tableau de gauche évoque le moment où Saint André fait éteindre un incendie par son disciple. Sur la gauche figure une sainte (peut-être Sainte Claire, ou Sainte Catherine). Elle tient la palme du martyre, et un livre où on lit le verset par lequel s’ouvrent les vêpres du dimanche : « Deus in adjutorium meum intende; due adjuvandum me festina. Gloria ».

Elle se tient debout, comme le saint qui lui fait face, et tourne son regard vers le centre (tableau manquant) du retable.

Sur le tableau de droite, on distingue Saint André chassant les démons de la ville de Nicée et Saint Sébastien.

LA VOÛTE ET LES ARCS DOUBLEAUX

Arc-doubleau ou Arcdoubleau : C’est un arc perpendiculaire à l’axe de la voûte, et qui prend appui contre les parois intérieures d’un édifice ; il « double » la voûte. On retrouve cette forme de construction notamment dans le style de l’architecture romane.


LES COLONNES & LES CHAPITEAUX

LA CHAPELLE SAINT PIERRE

La chapelle Saint Pierre

La chapelle Saint-Pierre de Thouzon est une chapelle romane située sur la commune du Thor, en Provence, dans le département du Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Ce petit oratoire roman du XIème siècle se situe sur le site du château de Thouzon, à quelques mètres de l’église Sainte-Marie de Thouzon.

LE PANORAMA

LA LÉGENDE DE LA DAME BLANCHE DE THOUZON

Vers l’an 1207, Raymond VI , Comte de Toulouse, avait une fille d’une incomparable beauté qu’il envisageait de marier à un puissant voisin.

Raymond VI de Toulouse

Mais, devenue grande, la belle No (ainsi appelée par abréviation de Noëlie) s’éprit d’un gentil troubadour qui venait souvent la voir.

Pour sauver leur bonheur naissant, No et son amoureux quittèrent la maison paternelle et s’enfuirent loin du pays. Furieux, le Comte jura la mort du ravisseur et envoya des émissaires à la poursuite des deux amants.

Après maintes recherches, on apprit qu’ils s’étaient réfugiés dans le château de Thouzon où les poursuivants arrivèrent enfin. Les émissaires du Comte pensèrent les prendre là comme dans une souricière, mais ils trouvèrent place vide.

Il fut impossible de saisir les amoureux malgré les plus minutieuses recherches, plusieurs fois renouvelées. Cependant, on voyait souvent, la nuit, comme une silhouette de femme se glisser sur les remparts du château. Plusieurs fois, les envoyés du Comte se présentèrent à Thouzon et recommencèrent leurs recherches… en vain. La silhouette de No, comme par défi, venait, la nuit, hanter les remparts du château et disparaissait à la moindre alerte.

Chaque assaut, chaque fouille était un échec. Les amants restaient mystérieusement insaisissables.

Les deux fugitifs connaissaient sans doute, une issue secrète qui les protégeait de leurs poursuivants. Les émissaires du Comte se découragèrent et l’on n’entendit plus parler de nos deux amoureux qui vécurent donc heureux, longtemps. Les années passèrent, et l’on continua à voir la Dame Blanche continuer à hanter les remparts de Thouzon.

Ainsi finit cette belle histoire qui fut chantée par les troubadours de tous les temps.

En 1902, l’on découvrit la grotte de Thouzon… n’allez pas dire que c’était là que se cachaient les amoureux : leur secret ne doit pas être divulgué.

Si par une nuit de pleine lune, vous apercevez la Dame Blanche de Touzon, faites-lui signe, elle vous sourira ; elle veille sur les restes du château.


Sources :

Mes photos

Photos publiques Facebook

Cet article contient des infos recueillies sur des panneaux explicatifs affichés sur le parcours de la visite du site, à l’attention du visiteur.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Thor

https://monumentum.fr/monument-historique/pa00082172/le-thor-monastere-fortifie-de-thouzon

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00082172

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Thouzon

https://www.rempart.com/decouvrir-le-patrimoine/visiter-les-sites/site/5116_chateau-de-thouzon/

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Sainte-Marie_de_Thouzon

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Saint-Pierre_de_Thouzon

 

 

 

 

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