La cathédrale Santa Maria Nuova, de Monreale

LES TÉMOINS DU PASSÉ

LA CATHÉDRALE

SANTA MARIA NUOVA,

DE MONREALE

NOM LOCAL : « Duomo di Monreale ».

TYPE : cathédrale et basilique.

CULTE : catholique romain.

SIÈGE DU RATTACHEMENT : archidiocèse de Monreale.

STYLE : arabo-normand byzantin.

DÉBUT DE CONSTRUCTION : 1172.

FIN DE CONSTRUCTION : 1176.

LOCALISATION :

VILLE : Monreale (province de Palerme).

Blason de la ville de Palerme

RÉGION : Sicile.

Drapeau de la Sicile

 

PAYS : Italie.

Drapeau de l’Italie

 

MONREALE

Monreale est une ville de la province de Palerme, en Sicile (Italie). Elle se trouve à 7 km à l’ouest de Palerme.  La ville a été élevée en évêché en 1183 ; elle est célèbre pour sa cathédrale d’architecture arabo-normande.

Mosaïques représentant Guillaume II

La cathédrale Santa Maria Nuova « Duomo di Monreale » fut construite à la demande de Guillaume II, entre 1172 et 1176.

Lucius III

Elle unit des styles faisant appel à l’architecture de l’Europe du Nord et à l’art mauresque. Elle sera consacrée en 1182 par une bulle du pape Lucius III.

LA CATHÉDRALE

SANTA MARIA NUOVA

PRÉSENTATION

La cathédrale Santa Maria Nuova de Monreale est le siège de l’archidiocèse de Monreale, en Sicile. Dédiée à la Vierge Marie, elle porte le titre de basilique papale mineure. Elle est célèbre pour son cloître et ses mosaïques byzantines. C’est le plus complet et le plus somptueux des monuments que firent ériger les rois normands de Sicile.

CARACTÉRISTIQUES

La cathédrale mesure 102 mètres de longueur et 40 mètres de largeur, pour une hauteur de 35 mètres. Elle se situe sur la place Guillaume II. L’extérieur, massif et fortifié, est spécifique des églises normandes. Sa façade est bordée par deux puissantes tours. Celle de gauche n’a jamais été terminée. En 1807, la tour de droite a perdu son dôme qui s’est effondré, détruit par la foudre.

SON HISTOIRE

– En 1174, Guillaume II le Bon fonde sur les hauteurs qui dominent la plaine de Palerme, à un endroit qui prendra par la suite le nom de Mont royal (car c’était déjà dans le passé un territoire domanial), une abbaye bénédictine créée initialement comme un monastère et un mémorial.

– La construction du gros œuvre de l’abbaye commanditée par Guillaume II (qui règne sur la Sicile à cette époque) est effectuée de 1172 à 1176.

– En 1183, l’abbaye bénédictine est élevée en archevêché par une bulle du pape Lucius III.

– L’église est consacrée en 1267 par l’évêque d‘Albano, envoyé du pape Clément IV. Jusqu’alors, ce temple servait de sépulture royale.

– Le sanctuaire sera restauré et amélioré de nombreuses fois, particulièrement à la fin du XVIème siècle par l’archevêque Louis II de Torres (1573-1588).

– Au XVIème siècle la tour de gauche, qui n’a jamais été terminée, reçoit la salle des cloches coiffée par des créneaux.

– Entre la fin du XVème siècle et le début du XVIème, on ajoute la sacristie.

– Commencé aux environs de 1547 par Gian Domenico et Fazio Gagini, l’édifice s’enrichit de l’ajout du portique latéral ; il ne sera achevé qu’en 1562.

– En 1561, dans l’antique chapelle Cataldo est placée celle de Saint Benoît. Par la suite, elle sera entièrement décorée dans le style baroque au XVIIIème siècle.

– La chapelle de Saint Castrense est achevée en 1596.

Les réparations les plus sérieuses de l’église concernent surtout les parties les moins résistantes et les plus sujettes à l’usure du temps et des intempéries, comme les charpentes de bois du plafond. Celui-ci est demeuré pendant des siècles sans peintures. Le dallage ne sera recouvert de marbre que dans la seconde moitié du XVIème siècle. Le chœur et l’orgue seront restaurés plusieurs fois. Même les mosaïques seront nettoyées et rafraîchies.

– Autour de 1660, les plaques en plomb perforées des fenêtres sont remplacées par des plaques de verre. La luminosité de l’église et des mosaïques devient presque éblouissante. Ce qui entraînera de nombreuses tentatives afin d’atténuer l’intensité de la lumière à l’intérieur de l’édifice.

–  Commencée en 1686, la chapelle du Crucifix est achevée en 1690.

– Au XVIIIème siècle, la façade reçoit un nouveau portique classique en saillie. Au-dessus du portique, on distingue encore des éléments du décor normand, avec ses arcs aveugles en ogives entrecroisées et des incrustations de pierre.

– En 1807, la foudre s’abat sur la tour de droite, et détruit sa flèche.

– En 1811, un incendie est causé par la négligence d’un enfant de chœur : le plafond, les orgues et le chœur sont détruits. Les colonnes soutenant les tombeaux de Guillaume Ier et Guillaume II s’effondrent ; les autres monuments funéraires sont endommagés ; les mosaïques sont éprouvées par l’absence prolongée de couverture (elles seront restaurées à plusieurs reprises).

– L’église est de nouveau restaurée de 1817 à 1859. Les travaux de décoration des charpentes seront réalisés jusqu’en 1838.

LA CATHÉDRALE

SANTA MARIA NUOVA

La cathédrale Santa Maria Nuova de Monreale

L’EXTÉRIEUR

LE CHEVET & LES ABSIDES

Ils furent réaménagés aux XVIème et XVIIIème siècles. Le chevet et les trois absides ont gardé la décoration d’origine. On peut y voir des entrelacs d’arcades aveugles en ogives, qui prennent appui sur des petites colonnes.

On y découvre des mélanges de pierres blanches (calcaire) et noires (roches volcaniques), des décors de rosaces et d’étoiles, agrémentés par des ajouts polychromes de pierres colorées.

LES FAÇADES

Le portique côté ouest de la façade, avec ses trois arcades date du XVIIIème siècle. Il abrite un magnifique portail, appelé « Porta Regia », dont les portes en bronze furent réalisées vers 1186 par l’architecte et sculpteur Bonanno Pisano (architecte de la tour de Pise). Elles sont parées de 46 panneaux gravés, affichant des scènes bibliques de l’Ancien et du Nouveau Testament.

Du côté nord, Piazza Vittorio Emanuele, le portique de Giandomenico et Fazio Gagini date du XVIIème siècle. Il protège un portail orné de bandes de mosaïques, avec des portes en bronze réalisées par Barisano da Trani vers 1190 Ces portes sont décorées de 28 panneaux en relief, arborant des histoires bibliques, des figures de saints et des images mythologiques et profanes.

 

LA CATHÉDRALE

SANTA MARIA NUOVA

Cathédrale Monreale – Le Christ Pantocrator

L’INTÉRIEUR

LA NEF

L’intérieur est vaste et en forme de croix latine. La nef principale a une largeur double des nefs latérales. La basilique comporte trois nefs, séparées par 18 colonnes antiques surmontées de chapiteaux de styles corinthiens. Ces colonnes supportent des arcades ogivales, ornées de décors d’origine islamique. Entre la base des arcades et les chapiteaux, on découvre des « pulvini » (coussin, assise, base) en forme de pyramide renversée ; ces éléments d’architecture sont spécifiquement byzantins.

Dans leur partie inférieure, les murs et le sol de la cathédrale sont recouverts de marbre dans le style byzantin, comme à Sainte-Sophie de Constantinople et Saint-Marc de Venise.

Dès notre entrée dans le sanctuaire, nos yeux sont éblouis par les mosaïques qui brillent de mille feux. Sur la partie supérieure des murs, et sur plus de 6340 m2 (soit la plus vaste surface de mosaïques du bassin méditerranéen), on découvre les somptueuses mosaïques byzantines, toutes conçues sur fonds dorés, ce qui donne encore plus d’éclat. Entre 1179 et 1182, elles ont été effectuées par des ouvriers byzantins. Jusqu’à la seconde moitié du XIIIème siècle, elles ont été réalisées par des artistes locaux et d’autres venus de Constantinople, de Venise, etc.

Elles évoquent les principales scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament (avec la Genèse, la Création, puis les périodes menant à l’expulsion du paradis ; on découvre aussi des décors qui représentent des moments de la vie de Noé, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob).

LE CHŒUR ET LE TRANSEPT

Dans le chœur et le transept on découvre la représentation des scènes du nouveau testament, de la vie de Jésus, et d’autres mosaïques évoquant des scènes de la vie des Apôtres.

Le Christ Pantocrator est une représentation privilégiée de l’art byzantin qui montre le Christ en buste, tenant le livre des Saintes Écritures dans la main gauche, et levant la main droite dans un geste d’enseignement codifié qui invite à la vie éternelle.

Le Christ Pantocrator

Le Christ en majesté, autre forme du Christ en gloire, se distingue du Pantocrator par une représentation du corps complet du Christ, debout ou assis sur un trône au centre d’une mandorle : c’est la représentation privilégiée par l’Occident médiéval, particulièrement sur les tympans des églises romanes et gothiques.

Le chœur est dominé par l’imposante figure du Christ bénissant (Christ Pantocrator) qui occupe tout le volume de l’abside centrale, avec l’inscription en grec « Jesús Cristos o pantocràto » (Jésus Christ le Tout-Puissant).

Le symbole est puissant : le Christ est vêtu d’une tunique rouge (symbole de la royauté et de la divinité) ornée d’or, et d’une robe bleue (symbole de l’humanité), image du Christ, fils de Dieu, ayant revêtu la forme humaine.

Sous le Christ, on distingue la Vierge Marie et l’Enfant Jésus qu’elle porte sur ses genoux, avec l’inscription grecque « panacròntas ». De part et d’autre on découvre les archanges Gabriel et Michel, puis les apôtres et d’autres saints sur la rangée inférieure.

Le maître-autel baroque est une œuvre de 1711 réalisée par Luigi Valadier. Il est décoré de sept candélabres en bronze du XVIème siècle, et de six statues en bronze doré représentant Sainte Rosalie, Saint Benoit, Saint Paul, Saint Pierre, Saint Castrenze, et Saint Louis IX.

Les absides des nefs latérales sont richement décorées. On trouve dans celle de droite l’histoire de Saint Paul, et à gauche celle de Saint Pierre. Près du mur, face à l’abside de Saint Paul, il y avait un passage qui menait vers l’ancien palais royal. Contre le mur, un autre passage, réalisé en 1492, conduisait vers la sacristie.

Sarcophage

Le transept sud abrite les tombeaux des rois Guillaume Ier et Guillaume II, tandis que dans le transept nord se trouvent ceux de Marguerite de Navarre (épouse de Guillaume Ier) et de leurs fils.

Le cœur de Saint Louis est aussi conservé à l’intérieur d’un autel. (Celui-ci est mort à Tunis en 1270, alors que son frère Charles Ier d’Anjou était roi de Sicile).

Lire :

La huitième croisade – 1270.

Le siège de Tunis – 1270.

La mort du roi.

Le retour de la dépouille du roi.

Louis IX.

LES SOLS ET LES PLAFONDS

Les plafonds ont des poutres apparentes et peintes. Dans la croisée, on peut voir des caissons de style arabe, reconstruits en 1811 après un incendie.

Le sol a été achevé au XVIème siècle, avec des disques de porphyre et de granit et des bandes de marbre.

LES MOSAÏQUES DES NEFS

Les mosaïques illustrent la partie supérieure de la nef centrale. On peut y apercevoir des figures de l’ancien testament : de la création du monde à Adam dans le paradis terrestre sur le mur de droite, de la création d’Eve à sa présentation à Adam sur la contre-façade, et de la tentation d’Eve à l’histoire de Noé sur le mur gauche.

Nef sud

Dans la partie inférieure de la nef centrale sont évoqués, sur le mur de gauche, les épisodes allant de la construction de l’arche de Noé à Abraham qui accueille les trois anges ; et sur celui de droite, le sacrifice d’Isaac jusqu’à la lutte de Jacob avec l’ange.

Nef Nord

La vie du Christ est représentée dans les bas-côtés et dans le transept avec, au centre, les épisodes de son enfance, et sur les côtés, sa vie adulte jusqu’à la Passion, l’Ascension et la Pentecôte.

QUELQUES MOSAÏQUES

LES CHAPELLES

LA CHAPELLE DU CRUCIFIX

Elle a été conçue entièrement en marbre et affiche une décoration baroque. On y trouve de nombreuses gravures, des reliefs, des statues, des volutes, et un crucifix en bois du XVème siècle.

LA CHAPELLE SAINT-JEAN-BAPTISTE

Elle fut construite après l’édification de l’église. Elle se situe près de l’entrée, le long du mur sud.

LA CHAPELLE SAINT LOUIS DES FRANÇAIS

Sa construction date de 1270 pour abriter la dépouille de Louis IX, mort sous les remparts de Tunis au cours de la Huitième Croisade. Son fils, Philippe III, décida le transfert de la dépouille de son père à la cathédrale de Saint Denis, à Paris.

LA CHAPELLE SAINT BENOÎT (Anciennement San Cataldo).

La chapelle porte ce vocable depuis 1561, lorsque le cardinal Alessandro Farnese y transféra l’autel de Saint Benoit, entre la paroi sud et le portique donnant accès au cloître. C’est une œuvre baroque qui fut embellie par des fresques d’Antonio Novelli, elles-mêmes remplacées en 1728 par des bas-reliefs en marbre, sur lesquels sont représentées des scènes de la vie de Saint Benoît.

LA CHAPELLE SAN CASTRENSE

Cette chapelle était vouée aux reliques apportées à Monreale en 1179 par Alfano, évêque de Capoue, comme cadeau de mariage pour le souverain. Elle abrite un ciboire, des sculptures, et une toile d’Antonio Novelli.

LE CLOÎTRE

Le Cloître

Ce cloître, contigu à la cathédrale, date de 1200. Il est la seule partie du monastère bénédictin primaire qui ait résisté. Il était à l’origine cerné par un mur d’enceinte massif, protégé par douze tours. Il ne subsiste aujourd’hui qu’une partie du palais épiscopal et du monastère bénédictin primitif, ainsi qu’une partie du dortoir.

Selon toute probabilité, son architecture primitive aurait débuté vers la période de la mort de Guillaume II le Bon, et aurait été achevée au commencement du XIIIème siècle. En très bon état de conservation, ce cloître demeure l’un des plus beaux d’Italie, et sans aucun doute le plus parfait de style roman. Ses dimensions (47m x 47 m) forment un carré vaste de 2200 m2, doté de portiques formés par des arcades en ogive.

Ces arcades sont soutenues par des colonnettes doubles (groupées par quatre aux angles du cloître) en marbre blanc, finement sculptées en arabesques. Chaque arcade possède un décor unique, des bandes de motifs dorés et colorés, des mosaïques, affichant pêle-mêle des symboles chrétiens et islamiques. Certaines de ces colonnes présentent un aspect lisse, d’autres affichent des cannelures hélicoïdales ou en zigzag, tandis que d’autres sont décorées de mosaïques incrustées relevant du style roman italien.

À l’angle sud-ouest du cloître s’appuie la colonnade d’un édicule appelé le « petit cloître ». En son centre se dresse un autre pilier à cannelures en zigzag terminé par une sphère, d’où jaillit l’eau qui ruisselle le long de la colonne et retombe dans une vasque : c’est la « Fontaine du roi » voulue par Guillaume II.

LES CHAPITEAUX & LES COLONNES

Aux sommets des colonnes, on peut apercevoir les chapiteaux en marbre, lourds et massifs. Ils sont tous différents : certains sont sculptés et ornés de feuillages, avec des scènes bibliques et des allégories. D’autres sont décorés par des motifs de style corinthien. On découvre, gravées sur d’autres, des scènes païennes ou rappelant des histoires ou des figures des Testaments. On y trouve aussi des figures nues et des scènes de la vie de tous les jours. On y voit des spectacles (un acrobate exécutant le symbole de la Sicile « la trinacrie »), des représentations de chasse, un homme tuant un taureau, des scènes de tournoi, de vendanges et bien d’autres encore…

Plusieurs se particularisent, dont le « Chapiteau de l’Annonciation », situé au coin nord-est, considéré comme le plus gracieux, ainsi que le « Chapiteau de la dédicace », le 19ème du côté droit, celui où le roi offre la cathédrale à la Vierge.

LA DÉPOUILLE DU ROI LOUIS IX.

Suite au désaccord entre Charles d’Anjou et son neveu Philippe III le Hardi (au sujet du retour de la dépouille du roi Louis IX, mort à Tunis en 1270 au cours de la huitième croisade), les viscères du roi de France sont inhumés dans la cathédrale.

Ils sont d’abord déposés dans un monument, orné de mosaïques aux armes de France et placé dans le chœur de la cathédrale. Par la suite, la relique sera plusieurs fois déplacée.

Mort de Saint Louis devant Tunis

Puis, au début du XVIème siècle, elle sera déposée dans un autel en marbre blanc (élevé par l’archevêque Luigi de Torres), vers l’extrémité de la nef gauche de la cathédrale.

On peut y lire : « Hic sunt tumulata viscera et corpus Ludovici regis Franciae, qui obiit apud Tonisium anno dominicae incarnationis 1270, mense augusto 25 ».

Les reliques seront emportées en 1860 par François II, chassé du trône, qui les confiera au cardinal Lavigerie, lequel les déposera en mai 1890 à la cathédrale de Carthage. Elles y demeureront jusqu’à leur translation, en 1964, en l’église Sainte-Jeanne-d’Arc de Tunis, puis seront transférées en 1985 à l’évêché de Saint-Denis, qui les déposera en 2011 à la cathédrale Saint-Louis de Versailles.

Lire :

La huitième croisade – 1270.

Le siège de Tunis – 1270.

La mort du roi.

Le retour de la dépouille du roi.

Louis IX.

Sources :

Mes photos

Photos publique Facebook

https://www.universalis.fr/encyclopedie/cathedrale-de-monreale/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_de_Monreale

https://www.sicile-sicilia.net/visite-photos-de-la-cathedrale-de-monreale

 

 

 

 

Donnez votre avis sur l'article

commentaire(s)

Ecrit par le .

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge