La bataille de Midway

    

                                                                                                                                                                                                                                                                                     

 

SECONDE GUERRE MONDIALE

GUERRE DU PACIFIQUE

Drapeau du Japon

PACIFIQUE CENTRAL

LA BATAILLE DE MIDWAY

Les 6 et 7 juin 1942

De gauche à droite : l’Akagi, le Kaga, le Soryu, l’Hiryu, le Shokaku et le Zuikaku.

SOMMAIRE

La bataille de Midway fut une bataille navale majeure de la Guerre du Pacifique. Elle se déroula les 6 et 7 juin 1942 (six mois après l’attaque japonaise de Pearl Harbor, et un mois après la bataille de la mer de Corail). La flotte combinée japonaise (sous le commandement d’Isoroku Yamamoto) y subit une défaite décisive face à la flotte américaine du Pacifique près de l’atoll de Midway, à environ 2 100 km au nord-ouest d’Oahu. Yamamoto avait pour objectif de s’emparer de Midway, et d’attirer la flotte américaine du Pacifique vers ses côtes afin de la détruire (en particulier ses porte-avions, qui avaient échappé aux destructions à Pearl Harbor).

LA BATAILLE DE LA MER DE CORAIL

La bataille de la mer de Corail (qui se déroula dans le Pacifique, du 4 au 8 mai 1942) fut une bataille navale majeure qui opposa la Marine impériale japonaise (MIJ) aux forces navales et aériennes des États-Unis, et de l’Australie. Cette bataille fut la première où les flottes adverses ne se virent, ni ne tirèrent dessus, s’attaquant à distance depuis des porte-avions. Elle fut également le premier affrontement militaire de l’Histoire entre porte-avions.

Le porte-avions américain USS Lexington explose le 8 mai 1942, plusieurs heures après avoir été touché par une attaque aérienne japonaise

Les moyens mis dans la bataille par la marine impériale japonaise (MIJ) étaient énormes. Ils comprenaient près de 200 unités navales, dont 8 porte-avions (seulement 4 participeront aux combats à Midway) et 12 cuirassés ; cette attaque fut un échec total.

L’EXPANSIONNISME NIPPON

Après l’attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, l’avancée des forces impériales japonaises fut triomphante. Les Philippines, la Malaisie, Singapour puis les Indes orientales néerlandaises (avec leurs inépuisables ressources en matières premières) furent conquises en quelques mois.

Lire :

Victoire japonaise à Bataan

La Marche de la Mort de Bataan

La chute de Singapour

Dès janvier 1942, l’armée japonaise dut déterminer la suite à donner à ses plans militaires.

Des divergences de point de vue stratégique divisaient les États-majors respectifs quant à la suite à donner à la guerre dans le Pacifique. L’armée souhaitait continuer les conquêtes terrestres en direction de l’Australie, alors que la marine, elle, envisageait au préalable de supprimer la menace des porte-avions américains. En outre, il existait des désaccords entre le quartier-général impérial et l’amiral Isoroku Yamamoto.

La stratégie du plan japonais ne fut donc pas précisée avant avril 1942.

Yamamoto, qui, pour arriver à ses fins, menaçait implicitement de démissionner, parvint finalement à s’imposer. Il exposa ses plans, et la mise sur pied de nouvelles opérations dans le Pacifique central ; convaincu que la Marine impériale et sa colossale puissance de feu seraient déterminantes contre l’ennemi américain.

Son objectif stratégique principal était la destruction des porte-avions américains, qu’il considérait comme la plus grande menace pour la campagne du Pacifique. Le 18 avril 1942, cette inquiétude fut redoublée par le Raid de Doolittle (au cours duquel 16 bombardiers B-25 Mitchell de l’USAAF, lancés depuis l’USS  Hornet, bombardèrent des cibles à Tokyo et dans plusieurs autres villes japonaises). Ce raid, bien que négligeable sur le plan militaire, fut un choc et un avertissement pour les Japonais. Il mit en évidence une faille dans les défenses entourant l’archipel, rendant ainsi le territoire nippon vulnérable face aux bombardiers américains B29.

CONTEXTE

Sept mois après son entrée en guerre contre les États-Unis (déclenchée par l’attaque de Pearl Harbor), le Japon avait atteint la plus grande partie de ses plans de conquête.

L’Empire du Japon en 1942

Après la catastrophe de Pearl Harbor, les forces alliées, en infériorité numérique et mal approvisionnées dans le Pacifique, tentèrent pendant six mois de retarder l’avancée japonaise. L’Australie était une base clé pour le renforcement des forces alliées. Au début de 1942, Port Moresby était le dernier avant-poste allié au nord de l’Australie, sur la côte sud de la Nouvelle-Guinée.

Pour l’amiral Yamamoto (commandant des opérations japonaises dans le Pacifique), il s’agissait aussi de placer son pays dans une position de force, afin de négocier avec les États-Unis une paix qui entérinerait le nouveau partage du territoire.

L’état-major américain n’avait toutefois pas l’intention d’engager ses précieux porte-avions dans une bataille navale en règle. Pour provoquer un affrontement et les mettre hors d’état de nuire, Yamamoto estimait qu’une deuxième attaque contre Pearl Harbor obligerait toute la flotte américaine (dont les porte-avions) à venir affronter la flotte japonaise. Cependant, il jugeait qu’une attaque de la base américaine mettrait la flotte japonaise à portée de l’aviation américaine basée au sol, à Hawaï ; l’enjeu était trop risqué.

Il choisit plutôt Midway (un minuscule atoll d’une importance mineure, situé à l’extrême nord-ouest de l’archipel d’Hawaï, à environ 2 100 km d’Oahu). Midway se trouvait hors de portée de la quasi-totalité des avions américains stationnés sur les îles principales d’Hawaï.

Les Japonais pensaient que les Américains jugeraient Midway comme un avant-poste essentiel de Pearl Harbor, et seraient forcés de le défendre à tous prix.

En effet, les États-Unis considéraient Midway comme un point stratégique. Après la bataille, ils y établirent une base de sous-marins qui leur permit, opérant depuis Pearl Harbor, de se ravitailler en carburant et en vivres. Ils agrandissaient ainsi leur rayon d’action de 1 900 km. Outre leur rôle de base d’hydravions, les pistes d’atterrissage de Midway serviraient de point de départ avancé pour les bombardements sur l’île de Wake.

Les sous-marins bordent les quais et le bassin de l’atoll de Midway, mai 1945.

Le plan de Yamamoto prévoyait donc d’attirer les porte-avions américains en livrant un assaut aérien et terrestre contre l’atoll de Midway.

Atoll de Midway, juin 1944

Une attaque de diversion devait être menée en parallèle contre les îles Aléoutiennes. La thèse généralement admise par les historiens occidentaux est que cette invasion japonaise n’était qu’une diversion ou une feinte durant la bataille de Midway. Elle était destinée à éloigner la flotte américaine du Pacifique de Pearl Harbor, et avait d’ailleurs le même commandement : l’amiral Isoroku Yamamoto.

LA PUISSANCE SUPRÊME DU KIDÕ BUTAI

Le « Kidō Butai » (Force mobile, ou 1ère flotte aérienne) est le nom donné à la principale formation aéronavale de la Marine impériale japonaise opérant dans l’océan Pacifique lors de la Seconde Guerre mondiale. Cette armada est commandée par le vice-amiral Chūichi Nagumo. Avant la bataille de Midway, elle se compose de la plus imposante formation de porte-avions au monde, dirigée par le commandant en chef Isoroku Yamamoto (et réunit la grande majorité des forces de combat du Service aérien de la Marine impériale japonaise).

Les principaux bâtiments évoluant dans cette flotte sont les porte-avions Akagi, Kaga, Hiryū, Sōryū, Zuikaku, Shōkaku et Ryūjō ; les cuirassés Hiei et Kirishima ; les destroyers Tanikaze, Urakaze, Isokaze, Hamakaze, Kasumi, Arare, Kagero, Shiranui et Akigumo ; les croiseurs Tone, Chikuma et Abukuma, et les sous-marins I-19, I-21 et I-23.

Le porte-avions japonais Kaga dans sa dernière configuration (1935–1942)

Une partie importante de cette flotte sera détruite lors de la bataille de Midway (4 porte-avions coulés), marquant ainsi la fin de la domination navale japonaise dans l’océan Pacifique.

Le plan japonais reposait sur l’hypothèse optimiste formulée par les services de renseignement que l’USS Enterprise et l’USS Hornet (formant la Task Force 16) étaient alors les seuls porte-avions américains disponibles dans le Pacifique. En effet, lors de la bataille de la mer de Corail, les 7 et 8 mai, l’USS Lexington avait été coulé, et l’USS Yorktown avait été tellement endommagé que les Japonais le considéraient comme détruit. Les Nippons savaient aussi que l’USS Saratoga avait été endommagé par une torpille, et se trouvait en réparation sur la côte Ouest des États-Unis.

Mais Yamamoto ignorait que les États-Unis avaient réussi à casser le principal code secret de la marine japonaise (appelé « JN-25 » par les Américains).

LES MESSAGES JAPONAIS DÉCHIFFRÉS…

L’amiral Nimitz possédait un avantage inestimable sur les Japonais : les « cryptanalystes » (spécialistes de la cryptanalyse, une branche de la cryptologie.) américains étaient parvenus à lire une partie des messages japonais écrits à l’aide du code « JN-25 » (nom donné par les cryptanalystes alliés au chiffre opérationnel de la marine impériale japonaise).

Depuis le début du printemps 1942, les États-Unis avaient déchiffré des communiqués faisant allusion à la réalisation prochaine d’une opération contre l’objectif « AF ». L’officier Joseph Rochefort et son équipe de la « Station HYPO », basée à Hawaï, parvinrent à déterminer que la cible de la prochaine attaque japonaise, désignée dans les transmissions japonaises sous le code « AF », était sans doute Midway. Pour en avoir la certitude, ils envoyèrent un faux message, indiquant que l’installation de dessalement de Midway ne fonctionnait plus. Quelques temps plus tard, ils interceptèrent un message japonais qui recommandait aux forces d’invasion nippones de prévoir d’emporter des distillateurs.

Les casseurs de code découvrirent aussi que l’attaque aurait lieu le 4 ou le 5 juin, et fournirent à Nimitz l’ordre de bataille de la marine impériale japonaise.

La mise en place d’une nouvelle version du code Japonais avait été retardée, ce qui donna plusieurs jours de répit décisifs à la « station HYPO » pour décoder les transmissions japonaises. Une fois le code japonais modifié, peu avant le début de la bataille, l’essentiel des plans japonais était connu des Américains.

Chester W. Nimitz

Par conséquent, Nimitz savait par exemple que la flotte japonaise, très supérieure en nombre, avait été divisée en quatre groupes. L’éparpillement des forces nippones rendait la situation plus acceptable pour les forces US. En effet, peu de navires étaient disponibles pour escorter le groupe aéronaval japonais, qui n’avait ainsi qu’une faible défense anti-aérienne pour protéger ses porte-avions.

Nimitz savait qu’il disposerait d’un plus grand nombre d’appareils que l’ennemi, alors que ce dernier ignorait tout du dispositif américain et de sa véritable force.

La dispersion des navires de Yamamoto signifiait que les flottes ne pouvaient se défendre mutuellement. Par exemple, seuls cinq grands navires (deux cuirassés et trois croiseurs) soutenaient le groupe aéronaval de Nagumo, tandis que les porte-avions devaient mener les frappes et supporter seuls le gros des contre-attaques américaines.

A l’opposé, les flottes de Yamamoto et de Kondo regroupaient deux porte-avions légers, cinq cuirassés et six croiseurs ; aucun ne participa à l’affrontement de Midway. L’éloignement de ces deux flottes avec les porte-avions de Nagumo eut de graves conséquences durant la bataille, car les grands navires des forces de Yamamoto et de Kondo transportaient des avions de reconnaissance ; un atout indispensable dont fut privé Nagumo.

FORCES EN PRÉSENCE

L’USS Yorktown fut touché par une torpille japonaise lancée par un Nakajima B5N

POUR LES JAPONAIS

Les forces nippones à Midway sont placées sous le commandement des amiraux Isoroku Yamamoto, Chūichi Nagumo, Nobutake Kondō, Tamon Yamaguchi (qui sombrera volontairement avec son navire le 5 juin 1942) et Ryusaku Yanagimoto (qui mourra au combat le 5 juin 1942).

Les forces japonaises engagées dans la bataille de Midway sont composées de 4 porte-avions (l’Akagi, le Kaga, le Soryu, l’Hiryu), 2 cuirassés, 2 croiseurs lourds, 1 croiseur léger, 8 destroyers, environ 10 navires de soutien, 248 avions embarqués, et 16 hydravions.

La flotte japonaise a participé à la bataille de Midway le 4 juin 1942

Ne participent pas à la bataille 4 porte-avions légers, 9 cuirassés, et environ 41 navires de soutien.

De gauche à droite : le Shinano, le Taiho, l’Akagi, le Zuikaku, l’Hiryu, le Junyo, le Taiyo, le Hosho

Le porte-avions Zuikaku en décembre 1941 – octobre 1944

POUR LES AMÉRICAINS

Les forces américaines engagées dans la bataille Midway sont placées sous le commandement des amiraux Chester Nimitz, Frank J. Fletcher, et Raymond A. Spruance.

Elles sont composées de 3 porte-avions, le Hornet, l’Enterprise et le Yorktown (celui-ci, endommagé lors de la bataille de la Mer de Corail, a fait route à toute vitesse pour les rejoindre), 7 croiseurs lourds, 1 croiseur léger, 15 destroyers, 233 avions embarqués, et 127 avions basés à terre.

LE YORKTOWN RESSUSCITÉ !

L’USS Yorktown (CV-5) original a été perdu lors de la bataille de Midway en 1942, et le deuxième navire a été renommé en son honneur

Malgré les estimations certifiant que l’USS Yorktown aurait besoin de plusieurs mois de réparations dans le chantier naval de Puget Sound, ses ascenseurs demeuraient intacts et son pont d’envol était encore praticable. Durant 72 heures, le chantier de réparation navale de Pearl Harbor travailla sans interruption pour restaurer le navire. Son pont d’envol fut réparé et des pans entiers des sections du navire furent remplacés. Nimitz ne respecta aucune procédure pour disposer de son troisième et ultime porte-avions (les réparations sur le bâtiment continuèrent même après que ce dernier eut pris la mer).

DÉROULEMENT DE LA BATAILLE

Vue aérienne de l’atoll Midway -1941

Le 3 juin 1942, vers 9 heures, l’enseigne de vaisseau Jack Reid, aux commandes d’un PBY de l’escadron de patrouille VP-44 de l’US Navy, repère la flotte d’invasion japonaise. Il pense alors, par erreur, qu’il vient d’apercevoir la force principale. Le premier groupe d’attaque américain, composé de 9 B-17, décolle à 12 h 30 de l’île de Midway le même jour.

Trois heures plus tard, les pilotes découvrent le convoi de transport japonais à 1 060 km à l’ouest.  Puis, dans la nuit du 3 au 4, une autre vague de 4 PBY Catalina, reconvertis à la va-vite en torpilleurs, décolle à son tour.

Profitant de leur chance, les bombardiers américains de la base (des B-17, 4 B-26 et 27 Douglas SBD Dauntless) s’envolent en direction de la flotte ennemie dégarnie de la plupart de ses chasseurs, ne laissant pour défendre Midway que 25 avions périmés Brewster F2A Buffalo. Pris sous un feu nourri, ils larguent leurs bombes sur les navires ennemis. Si plusieurs coups au but seront revendiqués, aucune bombe ne causera de dommages sévères.

De concert, c’est par dizaines que les bombardiers japonais pilonnent les installations américaines de Midway, ne laissant derrière eux qu’une base en flammes. Pendant ce temps, les appareils américains endommagent le Soryu et l’Akagi.

Le 4 juin, à 4 h 30, Nagumo lance sa première attaque sur Midway. Elle se compose de 36 bombardiers Aichi D3A (escadrilles du Kaga et Akagi) et 36 bombardier-torpilleurs Nakajima B5N (escadrilles du Soryu et Hiryu), escortés par 36 chasseurs Mitsubishi A6M Zero (9 de chaque porte-avions). Dans le même temps, Nagumo organise l’installation d’une patrouille de défense aérienne autour de ses porte-avions. Et, par précaution, il envoie ses 8 appareils de reconnaissance pour certifier l’absence de forces navales ennemies dans les alentours.

A 5 h 53, les radars de Midway repèrent les avions japonais à une distance de 93 milles nautiques. Aussitôt, des avions intercepteurs sont déployés. Des bombardiers sans escorte se dirigent vers les porte-avions japonais pour les attaquer, leurs chasseurs d’escorte restant sur place pour défendre Midway.

À 6 h 20, les appareils japonais bombardent et endommagent sévèrement la base américaine. Les Grumman F4F Wildcat et les F2A Buffalo vieillissants décollent pour les intercepter, mais vont subir de lourdes pertes. Cependant, ils réussissent à abattre quatre Aichi D3A et au moins trois Mitsubishi A6M Zero. Les américains, eux, auront trois F4F et treize F2A abattus au cours de l’attaque.

La DCA américaine, précise et intense, affirmera avoir abattu un tiers des appareils japonais. Malgré les dommages subis, la base de Midway est toujours praticable, et les bombardiers peuvent toujours s’y ravitailler et s’y réapprovisionner.

Pour la détruire entièrement (car les Japonais veulent y débarquer des troupes pour le 7 juin), une autre attaque aérienne est donc nécessaire.

Les bombardiers américains basés à Midway, qui ont décollé avant l’attaque japonaise, lancent plusieurs frappes sur le groupe aéronaval japonais (MIJ). L’escadron d’attaque se compose de six TBF Avenger (venant tout juste d’entrer en service) détachés de l’USS Hornet, qui attaquent simultanément avec quatre B-26 Marauder équipés pour l’occasion de torpilles. Suivent 11 SB2U Vindicator et 16 SBD Dauntless (du Corps des Marines), ainsi que 15 B-17 Flying Fortress de l’USAAF.

Les Japonais parviennent à détruire 5 Avenger et 2 Marauder, ainsi que 8 Dauntless et 2 Vindicator, tout en ne perdant que 2 chasseurs. Les B-17, plus rapides et plus puissants, n’auront aucune perte. Un B-26 Marauder, touché par un tir de l’Akagi, ne s’éloignant pas du porte-avions japonais, manque de s’écraser directement sur le pont d’envol du navire ; ce qui aurait pu tuer Nagumo.

Le porte-avions japonais Akagi

Cet incident a pu contribuer à la détermination de Nagumo à lancer une autre attaque contre Midway, contredisant des instructions de Yamamoto, qui lui impose de garder le groupe de réserve pour des opérations d’urgence.

LE DILEMME DE NAGUMO

Conformément aux ordres de Yamamoto, l’amiral de la MIJ, Nagumo a conservé la moitié de ses appareils en réserve (soit deux escadrilles : une de bombardiers en piqué, et l’autre de bombardiers-torpilleurs). Si les bombardiers en piqué ne sont pas encore armés, les bombardiers-torpilleurs eux, sont armés de torpilles au cas où des navires de guerre américains seraient repérés.

À 7 h 15, Nagumo ordonne le réarmement de ses avions de réserve avec des bombes à usage général, destinées à être utilisées contre des cibles terrestres (c’était la proposition du chef d’escadrille du matin d’effectuer une seconde frappe sur Midway). Le réarmement des appareils s’effectue donc rapidement durant une trentaine de minutes. A 7 h 40, l’avion de reconnaissance en retard, du croiseur lourd le Tone, signale avoir repéré une importante force navale américaine à l’est, sans toutefois préciser sa composition. On saura plus tard que Nagumo ne recevra ce rapport d’observation qu’à 8 h00.

Immédiatement, Nagumo annule l’ordre de réarmement des avions, et demande à l’appareil de reconnaissance de lui fournir des précisions sur la composition de la flotte américaine. Quarante minutes plus tard, le pilote signale n’avoir distingué que la présence d’un porte-avions dans l’escadre américaine.

Nagumo se trouve alors dans une situation délicate. Le contre-amiral Tamon Yamaguchi (commandant la 2ème division de porte-avions Hiryū et Sōryū) lui conseille de lancer une attaque immédiate avec les forces disponibles :  les 16 bombardiers en piqué D3A1 du Sōryū, et les 18 du Hiryū. Il lui recommande aussi de garder la moitié des avions de patrouille aérienne disponible pour couvrir la zone.

La possibilité pour Nagumo de frapper les navires américains dépend désormais du retour imminent de sa force de frappe ayant bombardé Midway. Cette dernière doit atterrir rapidement, sous peine d’amerrir (faute de place sur le pont d’envol, en raison de l’activité constante liée aux opérations de patrouille aérienne).

D’autre part, du fait de l’activité permanente sur le pont durant l’heure précédente (en rapport aux lancements et aux atterrissages des avions chargés de la protection aérienne), les Japonais n’ont jamais eu la possibilité de mettre en place le lancement de leurs appareils de réserve. Une pareille manœuvre demande au moins 30 minutes de plus.

Sans confirmation par l’avion de reconnaissance (jusqu’à 8 h 20) de la présence de porte-avions américains, Nagumo suit donc la doctrine aéronavale japonaise, qui préfère l’envoi d’escadrilles en formation. Finalement, avant de lancer sa réserve, il décide d’attendre le retour des escadrilles qui viennent d’effectuer l’attaque sur Midway, afin de donner à celles-ci le temps de se préparer et de s’équiper.

ATTAQUE DES AMÉRICAINS

Le Hiryu manœuvre pour éviter les bombes des B-17 américains. Aucune n’atteindra son but.

Les Américains ont déjà lancé leurs avions embarqués contre l’escadre japonaise. Fletcher (commandant en chef à bord du Yorktown, et bénéficiant des rapports d’observation de PBY du petit matin) ordonne au contre-amiral Spruance de lancer une attaque contre les Nippons dès que possible. L’assaut s’effectue en gardant initialement l’USS Yorktown en réserve, dans l’éventualité où d’autres porte-avions japonais seraient repérés.

La flotte japonaise se trouvant à la limite du rayon d’action des appareils de Spruance, Fletcher décide que, dans ces conditions, une attaque peut réussir ; et vers 6 h, il donne l’ordre de décoller. Il laisse ensuite le capitaine de vaisseau Miles Browning (le chef d’état-major du vice-amiral Halsey, qui est hospitalisé) mettre au point les détails de l’attaque et superviser les décollages. Mais les préparatifs prennent du retard, et les premiers appareils ne quittent les porte-avions sous le commandement de Spruance (l’USS Enterprise et l’USS Hornet) que vers 7 h, puis ceux de l’USS Yorktown, à 8 h.

Spruance donne l’ordre aux appareils en vol de se diriger vers l’ennemi sans perdre une minute, car il considère que la destruction des porte-avions japonais est vital pour la survie de sa flotte. Il estime que la rapidité de l’attaque est plus essentielle que l’organisation d’un dispositif d’attaque coordonné entre les différents types d’appareils (chasseurs, bombardiers en piqué et bombardier-torpilleurs). Par conséquent, les escadrilles américaines partent à l’assaut au fur et à mesure, en plusieurs groupes différents. Le manque de synchronisation devrait diminuer le rendement de l’attaque et accroitre les pertes, mais Spruance considère que le risque en vaut la peine. Le but est de mettre les Japonais sous pression, afin de réduire leur rapidité de contre-attaque (la doctrine japonaise, elle, privilégie des attaques en formation) ; de plus, il pense frapper au moment où les ponts d’envol ennemis sont sans défenses.

Les avions embarqués américains ont du mal à trouver la flotte japonaise malgré les renseignements qu’ils ont reçus. C’est l’escadrille « Torpedo Squadron 8 » du major John Charles Waldron, partie de l’USS Hornet, qui arrive la première, à 9 h 20, en vue de la flotte japonaise.

Elle est suivie, à 9 h 40, par le « Torpedo Squadron 6 » de l’USS Enterprise. Sans avoir le temps de causer des dégâts aux navires ennemis, les appareils américains, lents et sous-armés, sont rapidement battus par les Mitsubishi A6M Zéros, bien plus rapides et maniables. 25 TBD Devastator seront perdus au total ; cependant, quelques-uns parviendront à lancer leurs torpilles et à tirer sur les navires. Cette attaque suicide va contraindre les porte-avions japonais à exécuter des manœuvres d’évitement.

Néanmoins, ces attaques à la torpille US parviennent à perturber les porte-avions japonais, et à éviter de procéder à une contre-attaque. De plus, elles détournent l’attention des chasseurs japonais, qui tombent rapidement à court de carburant et de munitions.

Un troisième groupe de bombardiers-torpilleurs (commandé par le major Leslie), le « Torpedo Squadron 3 » de l’USS Yorktown, apparaît au sud-est à 10 h. Il va attirer aussitôt la plus grande partie des chasseurs japonais dans ce secteur, qui causeront de lourdes pertes aux Devastator : 10 avions perdus sur les 12 engagés.

Au même moment, trois escadrons de bombardiers en piqué américains « SBD Dauntless » se pointent en vue de la flotte japonaise, depuis le nord-est et le sud-ouest. Ils sont presque à court de carburant, car ils viennent de passer beaucoup de temps à rechercher l’ennemi. Le chef du groupe, Clarence Wade McClusky, décide malgré tout de persister dans sa recherche, et avance à pleine vitesse pour rattraper le groupe aéronaval de Nagumo. Mais quelques-uns de ses bombardiers « Dauntless » tombent en « panne sèche », et doivent amerrir avant même d’attaquer.

La décision de McClusky de poursuivre les recherches a, selon l’amiral Chester Nimitz, « décidé du destin de notre groupe aéronaval et de nos forces à Midway ». Les appareils américains arrivent en effet au pire moment pour l’escadre nippone.

Les avions japonais armés embouteillent les hangars. Les tuyaux de carburant (destinés à finir les ravitaillements) embarrassent les ponts, et les changements répétés d’armement ont pour conséquence une dangereuse dispersion des bombes et des torpilles dans les hangars ; alors que celles-ci sont d’ordinaire placées à l’abri dans les soutes à munitions.

À 10 h 22, sans réplique aérienne ennemie, les escadrons de l’USS Enterprise piquent sur le Kaga, et exécutent plusieurs coups sur la lourde armature du porte-avions japonais. Quelques minutes plus tard, d’autres « Dautnless » attaquent l’Akagi. Il est lui aussi touché par une bombe qui traverse le pont d’envol et explose dans les hangars, au milieu des appareils en attente, alors dangereusement armés et ravitaillés.

L’escadron VB-3 de l’USS Yorktown plonge à son tour sur le Soryu, qui est également touché par plusieurs bombes. En moins de six minutes, les Japonais constatent avec stupeur que trois de leurs porte-avions sont en proie aux flammes. L’amiral Nagumo doit alors quitter son navire-amiral l’Akagi pour se réfugier sur le croiseur léger Nagara.

Les 3 porte-avions mortellement touchés seront finalement abandonnés et sabordés. Alors que le Kaga brûle, le sous-marin USS Nautilus lui envoie 4 torpilles. Une reste bloquée dans le tube, deux le manquent, et la quatrième n’explose pas. Il sera ensuite sabordé par le destroyer japonais Hagikaze.

CONTRE-ATTAQUE JAPONAISE

Le Hiryu, le seul porte-avions japonais rescapé, lance immédiatement ses appareils. 18 bombardiers en piqué « Aichi D3A1 », escortés par six chasseurs « Mitsubishi A6M2 Zéro », endommagent lourdement l’USS Yorktown ; 3 bombes détruisent ses chaudières et l’immobilisent.

LA MÉPRISE DES PILOTES NIPPONS

Cependant, les réparations sont tellement efficaces et rapides que les pilotes de la seconde vague japonaise (composée de 10 bombardiers-torpilleurs « Nakajima B5N2 », escortés par 6 chasseurs « A6M2 ») croient qu’ils attaquent un autre navire de la même classe. Mais en fait, c’est toujours l’USS Yorktown qui subit la seconde attaque japonaise. En effet, la seconde vague pense que l’USS Yorktown a déjà coulé et qu’elle attaque l’USS Enterprise.

Après avoir été touché par deux torpilles, l’USS Yorktown se retrouve incapable de poursuivre son action. Il affiche une inclinaison transversale selon un angle de 26° à bâbord. Ce gite contraint l’amiral Fletcher à transférer son état-major à bord du croiseur lourd USS Astoria.

Toutefois, la nouvelle des deux attaques et le fait que chacune ait été remplie de succès, et ait coulé un porte-avions américain, rehausse considérablement le moral du « Kidô Butai ».

Les appareils rescapés sont récupérés par le Hiryu, où ils sont préparés pour une attaque contre ce qui paraît être le dernier porte-avions américain.

Les deux autres porte-avions américains, le Hornet et l’Enterprise, n’ont pas été touchés.

LA MISE À MORT DE L’« HIRYU »

Le Hiryu en feu

Vers la fin de l’après-midi, un appareil de reconnaissance de l’USS Yorktown repère l’Hiryu, le dernier porte-avions de Nagumo. L’USS Enterprise lance alors une vague d’appareils d’attaques composée de 25 bombardiers en piqué « SBD Dauntless ». Malgré une protection aérienne de 14 chasseurs « Mitsubishi A6M Zéros » (encore indemnes) provenant des quatre porte-avions nippons, les avions US lâchent quatre ou cinq bombes et touchent mortellement le porte-avions japonais. Le souffle des explosions est si puissant, que la plateforme de l’ascenseur avant est pulvérisée et propulsée sur l’ilot du navire.

Les avions de l’USS Hornet (16 bombardiers en piqué « SBD Dauntless »), lancés avec du retard à la suite d’une erreur de communication, attaquent sans résultat les autres navires japonais. Après maints efforts acharnés pour éteindre l’incendie, la majorité de l’équipage du Hiryu est transférée. Quant au reste de la flotte, il met le cap au nord-est pour tenter d’intercepter les porte-avions américains. Le Hiryu restera à flot durant plusieurs heures jusqu’à ce qu’il soit localisé, le lendemain matin, par un appareil du porte-avions Hosho. Dans un premier temps, les Japonais pensent qu’ils peuvent le remorquer jusqu’au Japon pour le réparer. Mais le navire coulera peu après. Le contre-amiral Tamon Yamaguchi décide, lui, de sombrer avec son navire.

À la nuit tombée, les deux camps font le point et préparent la suite de la bataille. L’amiral Fletcher, obligé d’abandonner l’USS Yorktown, et pensant qu’il ne pourra pas commander efficacement depuis un croiseur, cède le commandement à Spruance.

Ce dernier sait que les États-Unis viennent de remporter une grande victoire. S’il n’est pas assuré de la situation et de l’état des forces japonaises, il est déterminé à protéger Midway et ses porte-avions. Afin de facilité la tâche de ses aviateurs, Spruance s’est rapproché de la flotte de Nagumo durant la journée, et a continué pendant la soirée.

La dernière vague de l’après-midi avait manqué de repérer la flotte principale de Yamamoto. Craignant une possible rencontre avec les forces de surface japonaises, Spruance fait mettre le cap à l’est, avant de faire demi-tour à l’ouest vers minuit. De son côté, Yamamoto décide d’abord de poursuivre et d’envoyer ses navires vers l’est, pour attaquer les porte-avions américains. Mais sa flotte ne parviendra pas à les repérer ; la cause est due à la décision de Spruance de mettre momentanément le cap à l’est. Yamamoto ordonne alors un repli général à l’ouest.

Dans la nuit du 5 au 6 juin, à 2 h 15, le sous-marin USS Tambor (qui se trouve à environ 170 km à l’ouest de Midway) localise plusieurs navires. Comme il ne parvient pas à les identifier, le commandant du submersible ne tire pas ses torpilles ; mais il rapporte leur position à ses supérieurs. Nimitz transmet l’information à Spruance. Ne sachant pas où se trouve le gros de la flotte de Yamamoto, Spruance suppose que le sous-marin a repéré la force d’invasion, et il entreprend de l’intercepter.

Les navires repérés par l’USS Tambor ne sont autres que les quatre croiseurs lourds Kumano, Suzuya, Mogami, Mikuma, ainsi que les deux destroyers Arashio et Asashio, que Yamamoto a envoyés pour bombarder Midway.

À 2 h 55, les navires japonais reçoivent l’ordre de se replier, et ils font demi-tour. À peu près au même moment, le sous-marin USS Tambor est repéré. Ce qui cause, lors des manœuvres pour éviter son attaque, une collision entre les croiseurs Mogami et Mikuma. La proue du Mogami est sévèrement endommagée ; le Mikuma, ayant subi moins de dégâts, doit ralentir à la vitesse de 22 km/h pour ne pas distancer le Mogami, et le suivre pour le protéger. À 4 h 12, le sous-marin américain confirme que les navires sont bien japonais. Il plonge pour les attaquer, mais son attaque sera infructueuse. Vers 6 h, il rapporte la présence de deux croiseurs japonais de la classe Mogami se trouvant à l’ouest.

Les jours suivants, les appareils américains mènent plusieurs attaques contre les croiseurs japonais à la traîne. Le Mikuma est coulé le 7 juin, et le Mogami est touché à plusieurs reprises, mais parvient à faire demi-tour et à rentrer au Japon. Les destroyers Arashio et Asashio sont également touchés.

LES CAUSES DE LA DÉFAITE JAPONAISE

Plusieurs raisons peuvent expliquer le douloureux échec de la marine japonaise à Midway : d’abord, d’un point de vue stratégique, la trop grande dispersion de sa flotte, et donc l’incapacité des navires à se protéger réciproquement ; ensuite, la faiblesse de ses moyens de reconnaissance ; enfin, le décryptage par les Américains du Code 97 (le plan d’attaque des Japonais, AF pour Midway).

Lors de la bataille en elle-même, les aviateurs américains ont pourtant fait preuve d’une bien moins bonne maîtrise dans leurs attaques que leurs homologues japonais. Les 50 appareils qui ont décollé de Midway n’ont eu aucun résultat significatif, tout comme les 41 avions-torpilleurs partis des trois porte-avions américains. Alors que les deux attaques menées à partir de l’Hiryu sur le Yorktown (soit 28 bombardiers seulement) ont asséné à chaque fois plusieurs coups fatals.

En outre, les opérations de ravitaillement à bord des navires américains se sont faites sur le pont du navire, et les canalisations étaient purgées au CO2 en cas d’attaque. L’équipage a pu ainsi rapidement circonscrire tout objet inflammable et les éventuels incendies. Le USS Yorktown a été frappé à cinq reprises, mais est resté à flot (confirmant l’efficacité des opérations de lutte incendie et de réparations). C’est le sous-marin I-168 qui aura finalement raison de lui.

Pour les Japonais, en revanche, les mécaniciens devaient réarmer les appareils à l’intérieur des hangars, totalement fermés afin de les protéger des intempéries. Cette conception a amplifié l’effet de souffle des bombes américaines et a favorisé les incendies. Ainsi, le lourd Akagi n’a reçu qu’une seule bombe, mais suffisante pour déclencher des flammes incontrôlables.

Enfin, il ne faut pas oublier le facteur chance. Celui-ci a joué un rôle considérable lors de cette bataille, lorsque les « Dauntless » se sont retrouvés sans opposition aérienne, alors que les Japonais effectuaient leurs opérations de ravitaillement en carburant et en munitions.

PERTES

Bataille de Midway, juin 1942 

POUR LES AMÉRICAINS

1 porte-avions, 1 destroyer, 107 avions, et 307 morts.

POUR LES JAPONAIS

4 porte-avions, 1 croiseur lourd, 248 avions, et 3 057 morts.

L’USS YORKTOWN, UN MONSTRE DANS LES PROFONDEURS DU PACIFIQUE…

USS Yorktown

L’ « USS Yorktown » (CV-5) était un porte-avions de l’« US Navy » qui joua un rôle clé dans les premières batailles dans le Pacifique, notamment la bataille de la mer de Corail et la bataille de Midway.

Les attaques successives des bombardiers et des avions lance-torpilles du porte-avions japonais le « Hiryu » eurent raison du « Yorktown ». Il fut abandonné dans l’après-midi du 4 juin. Deux jours plus tard, alors que des opérations de sauvetage étaient en cours sur le bâtiment qui flottait toujours, le sous-marin japonais I-168 coula l’USS Hammann et endommage le Yorktown, qui sombra finalement le 7 juin, à 7h01, peu après le lever du jour.

L’USS Hammann (DD-412) et l’USS Yorktown (CV-5) torpillés par le sous-marin japonais I-168 dans l’après-midi du 6 juin 1942

En mai 1998, son épave fut découverte et photographiée par l’océanographe Robert D. Ballard à une profondeur d’environ 5000 mètres, à environ 1 600 kilomètres au nord-ouest d’Honolulu.

L’équipe d’exploration utilisa un véhicule sous-marin sans pilote « ROV » (véhicule sous-marin téléopéré, en anglais : « remotely operated underwater vehicle ») de haute technologie pour cartographier et documenter l’état du navire. Les images montrent que la coque du navire est restée partiellement dans son état d’origine, avec son pont d’envol et sa tour de contrôle restés intacts.

L’une des découvertes les plus intéressantes de l’expédition fut une voiture trouvée près de l’épave, comme on le voit sur l’image cerclée en rouge. La voiture est toujours reconnaissable, malgré les sédiments marins qui l’ont recouverte pendant plus de huit décennies. Dans la bataille, l’USS Yorktown a perdu plus de 140 membres de son équipage. Le gouvernement des États-Unis déclara que le site de l’épave recevrait les honneurs comme une tombe marine pour les marins tombés.

LES PILOTES DE L’ESCADRILLE DU SHÕKAKU

L’empire du Japon (octobre-novembre 1941).

L’escadrille du porte-avions Shōkaku – 1941

Dans un port militaire naval, les pilotes et mécaniciens du groupe de chasse du porte-avions Shōkaku s’affichent pour une photo officielle. Derrière eux, aligné avec son long fuselage élancé et son cockpit fermé, un « Mitsubishi A6M Zero », l’avion de chasse qui évoque alors la supériorité aéronavale japonaise.

Le « Shōkaku » et son navire-jumeau, le « Zuikaku » : fleurons de la flotte combinée japonaise  

Mis en service en 1941, le « Shōkaku » (Grue qui s’élève) est l’un des porte-avions les plus modernes de la Marine impériale. Conçu pour évoluer en tandem avec son navire-jumeau, le « Zuikaku » (grue aveugle), il embarque environ 72 avions, dont des chasseurs « A6M Zero », des bombardiers en piqué « Aichi D3A » (dénommés « Val » par le code des Alliés du Pacifique) et des bombardiers-torpilleurs « Nakajima B5N » (désignés « Kate » sous le code allié). Collectivement, ces unités représentent l’arme de frappe décisive de la flotte combinée japonaise.

Au moment de cette photo, le Japon n’est pas encore en guerre contre les États-Unis. Mais les hommes qui sont rassemblés devant l’appareil savent qu’ils seront en première ligne. Le 7 décembre 1941, un mois plus tard, ils participeront à l’attaque de Pearl Harbor.

Le Zéro : suprématie des premiers mois

Le « Mitsubishi A6M Zero », conçu par Jirō Horikoshi, est alors supérieur et sans rival. Avec son autonomie de plus de 3000 km, sa maniabilité exceptionnelle et son armement de deux canons de 20 mm et deux mitrailleuses de 7,7 mm, il surpasse tous les chasseurs américains et britanniques rencontrés en 1941-1942.

Pour les pilotes du « Shōkaku », c’est une arme redoutable qui leur permet d’assurer la couverture aérienne des bombardiers, et de dominer le ciel au-dessus de Pearl Harbor, des Philippines, de la mer de Corail, ou encore de Midway.

Les hommes derrière la machine

La photo illustre non seulement l’avancée technologique, mais aussi la jeunesse et la discipline des aviateurs japonais. Beaucoup de ces pilotes, formés dès l’adolescence dans des programmes d’élite, arborent le regard réfléchi de ceux qui savent qu’ils servent l’empereur, et que leur vie est vouée à la guerre. Leurs carrières seront souvent concises : la guerre aérienne du Pacifique, brutale et ininterrompue, ne produira que peu de survivants.

Héritage

Le « Shōkaku » sera en service jusqu’en juin 1944, date de sa perte à la bataille de la mer des Philippines ; il sera coulé par les sous-marins américains. L’avion derrière les hommes, le « Zéro », deviendra un emblème à la fois de gloire et de tragédie : victorieux au début, il sera surpassé par la technologie américaine, et sacrifié dans les opérations kamikazes de la fin du conflit.

Cette photographie, prise en 1941, quelques semaines avant Pearl Harbor, est un témoignage rare : celui d’une escadrille à son apogée, prête à se ruer dans l’histoire en portant l’aviation navale japonaise à son sommet ; et bientôt à sa chute.


LE LIEUTENANT ZENJI ABE, L’UNE DES FIGURES DU CIEL DU PACIFIQUE  

Le lieutenant Zenji Abe – L’un des fougueux pilotes japonais du ciel du Pacifique

Sur le pont du porte-avions Akagi, quelque part dans le Pacifique, un jeune officier de la Marine impériale japonaise prend la pose devant son chasseur « Mitsubishi A6M2 Zero » ; il s’appelle Zenji Abe.

Le Mitsubishi A6M Zero

La photographie date de la fin de 1941 ou du tout début de 1942. Le Japon est alors au sommet de son expansion militaire. Les ponts des porte-avions sont encore calmes, les carlingues des « Zéro » encore indemnes et sans cicatrices, et les équipages ne savent pas encore que la guerre qu’ils débutent sera longue, âpre et terrible.

Zenji Abe est l’un de ces pilotes sélectionnés dès l’adolescence, formés dans la discipline absolue, l’endurance, et la conviction que le sacrifice est une forme d’honneur.

Le 7 décembre 1941, il participe à la première vague d’assaut contre Pearl Harbor. Il décolle de l’Akagi à l’aube ; l’océan d’un noir d’encre est encore sans fissures. Comme tant d’autres, il croit alors frapper pour assurer la survie de son pays dans un monde qui, pensait-on au Japon, a décidé de le faire disparaître.

Le « Zero » qu’il pilote est l’un des avions les plus redoutés de la guerre. Léger, d’une maniabilité exceptionnelle, presque divin dans ses mouvements, mais aussi fragile, dépourvu de cuirasse, conçu selon une logique d’agilité totale, mais au prix de la protection du pilote.

Une philosophie de combat où l’homme et la machine doivent ne plus faire qu’un. Pour Zenji Abe comme pour tant de pilotes japonais, la guerre sera une succession d’aventures de plus en plus périlleuses, d’îles perdues au prix de lourdes pertes, de ponts d’envol embrasés, et de camarades qui ne reviendront plus…

Leur sacrifice, présenté à l’époque comme l’ultime expression de la loyauté envers l’Empereur et la patrie, reste aujourd’hui un symbole tragique : celui d’une génération sacrifiée dans une guerre perdue d’avance.

Après Midway, après Guadalcanal, après la longue bataille du Pacifique, les grands porte-avions qui emmenaient ces hommes vers le ciel seront coulés ou incendiés les uns après les autres.

L’Akagi, le porte-avions de cette photographie, sombrera en flammes en juin 1942.

Le porte-avions Akagi coulé lors de la bataille de Midway en 1942.

Zenji Abe survivra à la guerre…

Il deviendra plus tard un des rares anciens pilotes de Pearl Harbor à témoigner publiquement, cherchant à comprendre, et non à glorifier.

En 1991, lors d’une cérémonie à Hawaii, il rencontrera des vétérans américains. Certains lui refuseront la poignée de main. D’autres l’accepteront. Et il dira simplement : « La guerre ne devrait jamais arriver. Nous étions jeunes. Nous avons fait ce que l’on nous a demandé. Ce que j’ai appris, c’est qu’il faut parler avant qu’il ne soit trop tard. »

Le visage que nous voyons sur la photo n’est pas celui d’un symbole. C’est celui d’un homme, à l’aube d’une guerre qui allait dévorer une génération entière de jeunes gens.

Sources :

Mes photos

Photos publique Facebook

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Midway

https://en-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Battle_of_Midway?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc

https://www.secondeguerre.net/articles/evenements/pa/42/ev_bataillemidway.html

 

 

 

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