1937, la bataille de ShangaÏ

                                                                                                

SECONDE GUERRE MONDIALE

GUERRE SINO-JAPONAISE

DEUXIÈME GUERRE SINO-JAPONAISE

De 1937 à 1941

1937, LA BATAILLE DE SHANGHAÏ

Du 13 août au 26 novembre 1937

Photo saisissante d’un enfant chinois pleurant dans les décombres après le bombardement de la ville de Shanghaï par l’aviation japonaise, le 28 août 1937.

Drapeau du Japon

ÉVÉNEMENTS ANTÉRIEURS

Invasion japonaise de la Mandchourie en 1931

1931, LA PREMIÈRE INVASION JAPONAISE DE LA MANDCHOURIE

L’invasion de la Mandchourie par l’Armée japonaise du Guandong commença le 19 septembre 1931, immédiatement après l’« incident de Moukden ».

Le 18 février 1932, les Japonais y formèrent un État fantoche, appelé « Mandchoukouo », qui leur était entièrement assujetti. Cet état perdurera jusqu’en août 1945, date de l’invasion soviétique de la Mandchourie.

Lire :

le Japon envahit la Mandchourie

1937, le massacre de Nankin

L’ « INCIDENT DE MOUKDEN »

L’incident de Mukden

En ce jour de l’Histoire, le 18 septembre 1931, des soldats japonais mirent en scène une attaque contre une gare de Mukden (maintenant Shenyang), en Chine, dans la province de Mandchourie. Avides de bataille, ils espéraient déclencher une guerre en Chine, et prirent sur eux-mêmes l’initiative de déclencher les hostilités entre les Japonais qui avaient construit la gare, et les soldats chinois locaux. Les Japonais reprochèrent aux dissidents chinois l’explosion, afin de justifier une réponse militaire et la mise en place d’un gouvernement fantoche.

Le conflit qui suivit fut appelé l’ « incident de Mukden » . Ce fut le début d’une série d’actes hostiles et d’escarmouches avec les forces chinoises qui menèrent à la deuxième guerre sino-japonaise, et à la deuxième guerre mondiale dans son ensemble.

Mandchourie

Cet incident, relayé par la propagande, souleva au Japon, à partir d’octobre 1931, un enthousiasme délirant. Toute la population organisa des points de dons pour les troupes nipponnes. Les femmes confectionnèrent des vêtements par milliers pour les soldats, afin de symboliser le soutien de leurs compatriotes restés chez eux.

Toute la population fit des dons avec enthousiasme (les enfants avec leur argent de poche, les industriels et le personnel de leurs usines, etc.…) afin que des millions de tonnes d’articles d’utilisation quotidienne soient régulièrement envoyées sur le font, en Mandchourie.

Incident de Mukden

Chaque nouvelle victoire des Nippons était célébrée avec ferveur au Japon.

Nulle autre part le coût humain ne fut plus horrible que dans la Chine occupée par les Japonais. Sur une période brutale de 14 ans, de l’invasion de la Mandchourie en 1931 à la capitulation du Japon en 1945, quelque 20 millions de Chinois perdirent la vie dans une guerre brutale, une famine et une oppression sauvage.

Le Japon tout entier fut impliqué dans un militarisme fanatique, de sorte que lorsque les bombes atomiques tombèrent sur Hiroshima et Nagasaki, elles ne tombèrent peut-être pas que sur des innocents.


L’armée du Guandong était une unité de l’armée impériale japonaise. Elle fut créée en 1906 comme force de sécurité pour la péninsule du Guandong et la zone ferroviaire de Mandchourie du Sud, après la guerre russo-japonaise de 1904 à 1905.

Troupes japonaises entrant dans Qiqihar le 19 novembre 1931.

Pendant l’entre-deux-guerres, ce qui n’était qu’une force de garnison se transforma en un groupe d’armées pour soutenir les intérêts japonais en Chine, en Mandchourie et en Mongolie. L’armée de Guandong fut en grande partie responsable de l’établissement de l’État fantoche japonais du Mandchoukouo. Elle y joua un rôle de première importance pendant la deuxième guerre sino-japonaise, de 1937 à 1945.


L’INVASION JAPONAISE  

Le viol de Nankin 1937

Au début des années 1930, la Chine est déjà très affaiblie. Elle sort de plusieurs décennies de guerres de seigneurs, de trahisons politiques, d’interventions étrangères, de famines, et de tentatives inachevées de modernisation.

Le pays est grand, mais fragile ; son gouvernement est normalement dirigé par Tchang Kaï-chek (chef du « Kuomintang »), mais en réalité l’État est faible, les provinces indisciplinées, l’armée divisée, et une guerre civile larvée l’oppose déjà aux communistes de Mao Zedong.

Le « Kuomintang » (ou « Guomindang », « Kuo-Min-Tang », ou encore « Kouo-Min-Tang », litt. « Parti nationaliste chinois », sigles : KMT ou GMD) est le plus ancien parti politique de la Chine contemporaine, et présent à Taïwan. Créé en 1912 par Sun Yat-sen (révolutionnaire et homme d’État chinois), il domine le gouvernement central de la république de Chine de 1928 jusqu’à la prise de pouvoir par les communistes, en 1949.

Jusqu’en 1986, il est le seul parti autorisé à Taïwan. Il reste ensuite la première force politique de l’île jusqu’en 2016 (gardant, durant toute cette période, la majorité au Parlement et, sauf de 2000 à 2008, la présidence). En 2016, cependant, il perd temporairement, tant la majorité au Parlement que la présidence, au profit du Parti démocrate progressiste.

C’est alors que le Japon, un voisin belliqueux devenu une puissance militaire moderne, industrielle et impitoyable, décide de l’attaquer.

Conquête de la Mandchourie

Le Japon de cette époque n’a rien d’un petit pays faible. Bien au contraire : c’est une machine nationaliste zélée et ambitieuse, persuadée que son destin est de dominer l’Asie. Il a modernisé son armée, transformé son industrie, équipé et armé sa flotte, et assimilé l’idéologie impériale selon laquelle la Chine est faible, décadente, et destinée à être colonisée.

En 1931, le Japon envahit la Mandchourie, une vaste région stratégique au nord de la Chine. Les Chinois sont pétrifiés, mal préparés, incapables de répondre efficacement. En quelques mois, une partie du pays tombe. Le Japon s’installe. Il crée « Mandchoukouo » un État fantoche dirigé par le dernier empereur de la dynastie Qing, Puyi, symbole d’humiliation nationale.

La réaction internationale est insignifiante, hypocrite, nonchalante. Certes, la Société des Nations condamne, mais n’agit pas. Les puissances occidentales, préoccupées ailleurs, font semblant de ne rien voir. La Chine est ignorée et isolée…

Tchang Kaï-Chek, obnubilé par sa guerre contre les Communistes, tarde à se rendre compte que l’urgence n’est plus interne, mais extérieure. Le peuple, lui, comprend très vite. Il voit les exactions de l’ennemi : les massacres, les déportations, les humiliations, la cruauté de l’envahisseur. Et c’est dans cet affolement que Mao apparaît comme un stratège visionnaire : il affirme que la Chine ne pourra survivre que si elle s’unit contre l’agresseur, et que la lutte contre le Japon doit être prioritaire.

LE DÉNI DU JAPON…

Bien que le Japon ait occupé la Mandchourie (dans le nord-est de la Chine) dès 1931, la guerre à grande échelle entre les deux pays n’éclatera qu’en juillet 1937. Après avoir finalement capturé Shanghai, au bout de trois mois de bataille, les forces japonaises avancent vers Nankin, la capitale de la République de Chine. La garnison chinoise, mal dirigée, s’effondre bientôt, tandis que le gouvernement civil s’enfuit, laissant la population de Nankin à la merci des Japonais. Ceux-ci entrent dans la ville le 13 décembre 1937.

Cette date marque le début du « viol de Nankin », qui voit les soldats de l’armée impériale japonaise commettre de nombreuses atrocités contre la population civile de la capitale chinoise.

Pour briser l’esprit de la résistance chinoise, le général japonais Iwane Matsui ordonne la destruction complète de la ville. Des dizaines de milliers de soldats chinois qui se sont rendus seront exécutés sommairement, en violation des lois de la guerre. Ensuite, les Japonais se tournent vers la population féminine : au moins 20 000 femmes et filles de tous âges sont violées, avant d’être torturées, mutilées ou assassinées. Une grande partie de la ville est brûlée, tandis que les pillages se généralisent. Le carnage continue sans relâche pendant environ six semaines, puis s’atténue finalement en février 1938, après la mise en place d’un gouvernement fantoche chinois.

Malgré la tragédie, quelque 250 000 civils chinois seront sauvés après s’être réfugiés dans la zone internationale de sécurité. Cette zone de 2,5 miles carrés, au centre de la ville, a été déclarée interdite aux Japonais par un petit groupe d’une vingtaine d’Occidentaux ; principalement des missionnaires, des médecins et des hommes d’affaires qui sont restés dans la ville. Dans de nombreux cas, ils ont risqué leur vie pour sauver autant de gens qu’ils pouvaient.

Bien qu’il soit difficile d’estimer le nombre exact de morts, les experts conviennent qu’au moins 200 000 personnes ont été tuées lors du massacre de Nankin.

En 1948, après la Seconde Guerre mondiale, le général Iwane Matsui et un certain nombre d’autres seront reconnus coupables de crimes de guerre, et seront exécutés. Bien que plusieurs responsables politiques se soient excusés depuis pour cette atrocité, beaucoup de Japonais nient l’étendue des brutalités, voire l’existence même du massacre ; leur déni continue à creuser, encore aujourd’hui, un fossé entre la Chine et le Japon.


1937, SECONDE GUERRE SINO-JAPONAISE

De 1937 à 1945

« AVANT PEARL HARBOR, L’ASIE BRÛLAIT DÉJÀ »

La seconde guerre sino-japonaise (1937-1945) fut l’une des guerres les plus meurtrières et les plus longues du 20ème siècle. Pourtant, elle demeure aujourd’hui l’un des chapitres les moins débattus de la Seconde Guerre mondiale. Ce conflit violent restructura l’Asie de l’Est et joua un rôle décisif dans la victoire des Alliés, en 1945.

L’agression de la Chine par le Japon commença plus tôt, en 1931, avec l’invasion de la Mandchourie, où le Japon avait créé un « État fantoche » appelé « Mandchoukouo ».

CONTEXTE

Le 7 juillet 1937, après l’incident du pont Marco Polo près de Beijing, les tensions se transformèrent en guerre de résistance à grande échelle.

Après l’attaque de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, la Chine fut aidée par les forces alliées ; la guerre sino-japonaise fusionna alors officiellement avec la Seconde Guerre mondiale.

La guerre se termina avec la capitulation du Japon en août 1945 ; mais la Chine était dévastée (destruction massive de son infrastructure industrielle et agricole). On estime les pertes respectives à plus de 15 millions de morts militaires et civils chinois, et à près de 2 millions de militaires Japonais.

Ce fut la plus grande guerre asiatique du 20ème siècle, et beaucoup la considérèrent comme le début de la Seconde Guerre mondiale en Asie.

L’INCIDENT DU PONT MARCO-POLO

L’incident du pont Marco-Polo (aussi connu sous le nom d’incident du « double sept », ou incident du « pont de Lugou », ou encore incident de « Lou-Kou-Chiao ») fut un événement survenu le 7 juillet 1937 entre l’Armée nationale révolutionnaire de la république de Chine et l’Armée impériale japonaise. Les Japonais l’utilisèrent comme prétexte pour déclencher les hostilités, prélude à la seconde guerre sino-japonaise. Un fait demeure certain : l’Empire du Japon avait commencé depuis plusieurs années une politique expansionniste, qu’il comptait bien poursuivre envers et contre tout.

Le 7 juillet 1937 au soir, à seulement 16 kilomètres à l’ouest de Pékin (en Chine septentrionale), les soldats de l’armée japonaise du Guandong (basés près de Tianjin) s’entraînaient comme chaque nuit à l’extrémité du célèbre pont Marco Polo, près de Wanping (ancienne forteresse créée à Pékin entre 1638 et 1640, sous la dynastie Ming, aujourd’hui devenue un musée). Mais cette fois-ci, les manœuvres furent exécutées sans préavis, ce qui alerta les soldats chinois en faction de l’autre côté du pont. À 11 heures, quelques faibles coups de feu furent échangés.

L’incident aurait pu s’arrêter là ; mais les soldats japonais constatèrent que l’un des leurs avait disparu. Les Japonais accusèrent alors les Chinois de l’avoir enlevé (en fait, après avoir fait un tour dans une maison de passe, l’homme réapparaitra deux heures plus tard, parfaitement sain et sauf).

Suspectant malgré tout un enlèvement d’un des leurs, les Japonais insistèrent pour fouiller les maisons et les villages chinois alentours ; une opération refusée par les Chinois. Puis les malentendus s’enchaînèrent. Face à cette situation, les Japonais prétextant des tirs chinois vers leurs soldats, les deux camps firent appel à des renforts en prévision d’un conflit généralisé.

Et la situation dégénéra. Les Japonais saisirent le casus belli, et donnèrent l’assaut sur le pont.

Après une courte et violente échauffourée, le 28 juillet, la guerre fut officiellement déclarée. Dès le 7 août, les Nippons s’emparèrent de Pékin. Ce fut le point de départ de la seconde guerre sino-japonaise (1937-1945).

Le 9 août, de violents combats éclatèrent aux environs de Shanghai, déclenchant ainsi la bataille de Shanghai (1937).


SOMMAIRE

En 1937, le Japon lança l’invasion totale. Ce n’était plus une occupation sauvage : c’était une guerre d’anéantissement. Les troupes japonaises avancèrent à vive allure vers Pékin, Shanghai, puis Nankin.

Entre 1937 et 1945, la Chine devint un champ de bataille colossal. Le Japon commit des atrocités dans les villes, brûla les villages, exécuta les résistants, imposa des politiques de terreur qui laisseront une empreinte indélébile sur des générations entières.

C’est à Nankin que va se produira l’inconcevable : l’un des pires crimes de guerre du 20ème siècle. Pendant six semaines, l’armée japonaise massacre plus de 200 000 civils (selon les estimations historiques). Violences de masse, exécutions sommaires et collectives, tortures, destructions systématiques : Nankin devient le symbole absolu de la brutalité et de la sauvagerie japonaise ; une blessure inguérissable pour les Nankinois.

Lire : le massacre de Nankin

La Chine résista ; mais son armée était mal équipée. Les soldats se battaient parfois avec des fusils obsolètes contre des mitrailleuses modernes. Ils manquaient de tout, d’avions, de chars, d’artillerie… Le Japon bombarda, brûla les villes, détruisit les voies ferrées, affama les populations.

Pourtant, malgré ce déséquilibre écrasant, la Chine pliait mais ne rompait pas. Des millions de civils reculèrent vers l’intérieur, construisant des routes, des écoles, des usines improvisées pour continuer à vivre. Le gouvernement déplaça sa capitale à Chongqing (une ville enclavée dans les montagnes, difficile à atteindre). Les bombardements y étaient permanents. Les habitants se réfugièrent dans des grottes, mais ils tinrent bon.

Dans ce chaos général, une chose inimaginable se produisit : l’unité nationale. Le « Kuomintang » et les Communistes, ennemis mortels, formèrent une alliance fragile mais tangible. Mao organisa la résistance paysanne. Tchang Kaï-Chek, lui, structura les forces régulières. Les deux camps se haïssaient, mais ils comprirent que l’ennemi principal était ailleurs. Sans l’invasion japonaise, il n’y aurait jamais eu d’unité chinoise. Sans l’invasion japonaise, Mao n’aurait jamais gagné le soutien massif des campagnes. Sans l’invasion japonaise, la Chine serait peut-être restée un patchwork de provinces rivales.

TCHANG KAÏ-CHEK

Tchang Kaï-chek naît le 31 octobre 1887 à Ching Yang Shui (dans le district de Fenghua). Il meurt le 5 avril 1975 à Taipei.

Tchang Kaï-chek

C’était un militaire et homme d’État chinois qui dirigea la République de Chine de 1928 à sa mort. Son gouvernement était basé en Chine continentale jusqu’à ce qu’il soit défait, en 1949, par le Parti communiste lors de la guerre civile chinoise. À la suite de quoi, il continua à diriger la République de Chine sur l’île de Taïwan.

Tchang Kaï-chek fut le chef du parti nationaliste Kuomintang et le commandant en chef de l’Armée nationale révolutionnaire de 1926 à sa mort (durée au cours de laquelle il porta le titre de généralissime).


Les États-Unis finiront par lui apporter de l’aide, mais tardivement. Et même avec ce soutien, la situation restera désespérée. Pour ralentir l’avancée japonaise, la Chine perdra des millions de vies. Elle sacrifiera des soldats, des paysans, des familles entières pour gagner quelques kilomètres. Et pourtant, elle tiendra. Elle ne tombera pas…

LA BATAILLE DE SHANGHAÏ

Du 13 août au 26 novembre 1937

Bataille de Shanghaï

SOMMAIRE

La bataille de Shanghai opposa, d’août à novembre 1937, l’armée impériale japonaise à l’armée nationale révolutionnaire chinoise.

À la fin novembre, à l’issue de la bataille, les troupes chinoises, épuisées et à court de munitions, entamèrent leur retraite finale, et se replièrent sur Nankin, la capitale chinoise.

DÉROULEMENT DES ÉVÉNEMENTS…

Le 13 août, l’Empire du Japon, saisissant le prétexte de l’« Incident du Pont Marco Polo », s’empare de Pékin.

L’armée japonaise, qui disposait, avant même le déclenchement ouvert du conflit, de troupes sur place, désire terminer cette guerre aussi vite que possible.

Pour arriver à leurs fins, les Nippons se tournent maintenant vers Shanghai. La ville, grâce notamment à son accès à la mer (et à son développement plus important par sa concession internationale), représente un point stratégique dont l’état-major japonais désire s’emparer.

De leur côté, le 9 août, les troupes chinoises de maintien de la paix abattent le lieutenant Isao Oyama, qui a pénétré illégalement dans l’aéroport de Hongqiao (aéroport de Shanghaï). Les Japonais demandent aussitôt leur départ de cette zone spéciale. La Chine refuse, et la situation dégénère en guerre ouverte.

À partir du 13 août, les troupes japonaises et chinoises commencent à se battre.

C’est à cette occasion que les avions de la Marine impériale japonaise procédera, à partir du 14 août, à l’un des premiers bombardements stratégiques de l’histoire sur Shanghaï.

Le 14 août, Tchang Kaï-chek ordonne au général Zhang Zhizhong d’enclencher une offensive contre les Japonais. Le commandant en chef de l’Armée nationale révolutionnaire compte sur la supériorité numérique des troupes chinoises pour battre son homologue japonaise.

Shanghaï est alors le théâtre d’une série de combats de rue particulièrement virulents ; on se bat pour conquérir ou défendre chaque rue et chaque quartier.

Dès le 14 août, l’aviation japonaise attaque la ville, provoquant des dizaines de milliers de morts parmi la population civile.

Les forces aériennes chinoises, supérieures en nombre, contre-attaquent et abattent plusieurs avions japonais.

L’armée de l’air japonaise a l’une des aviations les plus avancées de l’époque. En outre, elle a la possibilité de remplacer rapidement ses avions abattus, ce qui n’est pas le cas des Chinois. Ceux-ci n’ont pas d’industrie aéronautique et dépendent d’importations complexes, longues et onéreuses. Les premiers succès de l’aviation chinoise seront donc vite annulés, même si les pertes japonaises (85 avions) et celles des Chinois (91 avions) seront presque identiques. Cependant, ce sera près de la moitié des forces aériennes de la République de Chine qui disparaitra, alors que les pertes des Nippons n’affecteront pas leur potentiel offensif.

Au cours de la bataille, la Force aérienne Chinoise bombarde intensément la ville, et par deux fois frappe la concession française de Shanghai, faisant plusieurs centaines de morts.

La concession française de Shanghaï est, dans la ville de Shanghai, un territoire chinois qui fut sous administration française de 1849 à 1943.  Le territoire recouvrait les quartiers actuels de Xuhui (anciennement Zi-Ka-Wei) et Luwan, au nord-ouest de la rivière Huangpu. Ce lieu résidentiel préservé est devenu un point d’attraction pour les touristes de la ville.

L’attaque du 14 août fera 445 morts et 828 blessés.

23 AOÛT 1937, DÉBARQUEMENT DES FORCES JAPONAISES

À partir de cette date, les troupes amphibies japonaises entreprennent un débarquement massif. Cet afflux de soldats nippons déclenche la retraite des troupes chinoises de la ville de Shanghai. Les deux semaines qui suivent font l’objet d’une série de combats particulièrement féroces dans les villes et villages aux alentours de Shanghai.

La résistance chinoise est coriace, et les Japonais doivent lutter avec acharnement pour s’emparer des villages côtiers les uns après les l’autres.

Les troupes chinoises sont mal armées, et ne disposent pas de forces navales assez puissantes pour leur venir en renfort. Irrémédiablement, elles perdent peu à peu du terrain. Du 11 au 30 septembre, des combats très durs se déroulent autour de la ville de Luodian, qui est un point stratégique. Les Chinois doivent affronter un adversaire qui possède désormais une puissance de feu colossale ; et de nombreux soldats chinois sont tués.

L’armée nippone dissémine des champs de mines sur les routes menant aux villes côtières des environs de Luodian.

À la fin août, les combats sont également très durs dans la ville côtière de Baoshan (autre point stratégique vital).

Le 6 septembre, les Japonais, ayant réussi à exterminer les forces chinoises qui défendaient Shanghaï, finissent par s’emparer de la ville.

Dès octobre, les effectifs des troupes japonaises dans la région de Shanghai se montent jusqu’à 200 000 hommes. Avec une telle force combattante, le Japon espère accélérer la fin de la guerre.

Le district de Dachang (au sud de Shanghai) et les berges de la rivière Yunzaobin sont le théâtre de combats sanglants et féroces. Entre le 11 septembre et le 20 octobre, les Japonais ne parviennent à avancer que de cinq kilomètres. L’armée chinoise du Guangxi, arrivée en renfort, met sur pied une contre-offensive ; mais ce sera un échec.

Le 25 octobre, Dachang finit par tomber. À la fin du mois, Tchang Kaï-chek organise la défense de la rivière Suzhou. Sa décision va à l’encontre des avis d’autres chefs militaires, comme Li Zongren, qui souhaitent que l’armée chinoise soit déployée au plus vite pour défendre Nankin. Les forces chinoises, écrasées et épuisées, ne parviennent pas à stopper les Japonais. Le 30 octobre, elles traversent la rivière Suzhou et s’établissent le long de la berge.

Li Zongren (ou Li Tsung-Jen, ou Li Chong-Jin) naît le 13 août 1890 et meurt le 13 janvier 1969.C’était un militaire, homme d’État et seigneur de la guerre chinois.

Li Zongren

Le 5 novembre, les Nippons débarquent à Jinshanwei, située sur la baie de Hangzhou, au sud de Shanghai. À la fin novembre, les troupes chinoises, épuisées et à court de munitions, reculent et font retraite sur Nankin, la capitale chinoise. L’enfer de Nankin commence…

CONSÉQUENCES

Après leur victoire, les Japonais établiront à Shanghai un gouvernement collaborateur, chargé d’administrer la région. Le Haut Commandement japonais avait espéré, à Shanghai, une victoire facile et rapide. Il n’avait pas anticipé la longueur et la férocité des combats. Il décide donc de continuer la lutte et de s’emparer rapidement de la capitale, Nankin. Les Japonais comptent vaincre définitivement le gouvernement chinois, dans l’espoir d’affaiblir sa résistance. S’ensuivent la déroute des troupes chinoises à Nankin et un massacre de grande ampleur.

L’ARMEMENT NIPPON

                                                                            LE « TYPE 97 CHI-HA » 

LE FER DE LANCE DES FORCES BLINDÉES JAPONAISES

Le Type 1 Ho-Ni I1

Le 2 janvier 1943, dans la froideur hivernale de la Mandchourie du Nord-Est, les silhouettes trapues et anguleuses des chars « Type 97 Chi-Ha » (de la 1ʳᵉ division blindée japonaise) avancent furtivement au cours d’un exercice nocturne. Les moteurs diesel ronronnent sourdement, étouffés par l’air glacial. Les équipages répètent des manœuvres devenues coutumières dans un Empire déjà engagé depuis des années dans une guerre totale. À cette date, le « Chi-Ha » n’est plus un prototype prometteur : il est devenu le symbole même des forces blindées de l’Armée impériale japonaise.

Conçu au milieu des années 1930 par Mitsubishi, le « Type 97 Chi-Ha » fut construit pour remplacer le « Type 89 I-Go », trop lent et désormais dépassé. L’état-major japonais cherche alors un char plus mobile, capable de protéger l’infanterie dans les immenses régions de Chine et de Mandchourie. Agréé en 1937, le Chi-Ha s’inscrit dans un précepte où les combats s’effectuent contre des forces faiblement mécanisées. D’un poids d’environ quinze tonnes, il est servi par un équipage de quatre hommes, et propulsé par un moteur diesel Mitsubishi V-12 refroidi par air. Un choix technique inédit qui lui donne une bonne autonomie et limite les risques d’incendie.

Son blindage, dont l’épaisseur est comprise entre 8 et 25 millimètres, protège efficacement contre les armes légères, mais demeure insuffisant face à l’artillerie antichar moderne.

Dans sa version d’origine, le « Chi-Ha » était armé d’un canon de 57 mm à faible vitesse initiale (conçu avant tout pour l’appui de l’infanterie), complété par deux mitrailleuses de 7,7mm. Ce choix révèle les priorités japonaises de l’époque, davantage tournées vers la guerre coloniale que vers le combat entre blindés.

Mais la dure réalité du champ de bataille va contredire assez rapidement cette stratégie. En 1939, lors des combats de Khalkhin Gol (contre l’armée soviétique), le « Chi-Ha » va se révéler incapable de rivaliser avec les chars ennemis, mieux cuirassés et mieux armés. Cette action brutale va agir comme un électrochoc. Pour y palier, les ingénieurs japonais vont développer, à partir de 1942, une version profondément modifiée, le « Shinhōtō Chi-Ha ». Muni d’une nouvelle tourelle dotée d’un canon de 47 mm à haute vélocité, ce modèle améliore notoirement ses performances au combat. Mais il ne pourra pas combler complètement l’écart technologique des puissances industrielles occidentales. 

À partir de 1942 et jusqu’à la fin de la guerre, le Chi-Ha devient le char moyen japonais le plus répandu. Il est construit à plus de deux mille exemplaires, toutes versions confondues. On le retrouve sur presque tous les théâtres d’opérations asiatiques : en Chine, en Mandchourie, en Birmanie, aux Philippines, et sur de nombreuses îles du Pacifique. Face aux blindés alliés, notamment le M4 Sherman américain, le « Chi-Ha » est largement surclassé. Son canon peine à percer les blindages adverses, et sa protection limitée le rend vulnérable aux tirs précis.

Dans de telles conditions, les équipages japonais doivent compenser par des manœuvres impératives de survie, tout en évitant l’affrontement direct : embuscades, utilisation du terrain, coopération étroite avec l’infanterie, et attaques à courte distance. Le « Chi-Ha » n’est pas un char de percée mais un outil d’endurance, engagé parfois jusqu’au sacrifice.

Le « Type 97 Chi-Ha » n’a jamais dominé les champs de bataille. Il n’a ni la puissance ni la robustesse de ses homologues alliés ou soviétiques. Pourtant, il symbolise mieux que tout autre véhicule blindé l’effort de guerre japonais : un engin relativement fiable, adaptable, produit en nombre limité, et engagé sur tous les champs de bataille malgré des incapacités croissantes. Son héritage n’est pas celui de la supériorité technologique, mais celui de la persistance, dans un conflit où l’industrie et la logistique, autant que la valeur des hommes, finiront par décider de l’issue.

Entre 1938 et 1943, 2 123 « Type 97 Chi-Ha et 97-Kai » seront fabriqués et mis en service, dont 1 224 construits par « Mitsubishi Heavy Industries », 355 par « Hitachi », et 544 par l’arsenal de l’armée de Sagami.


                                                                  LE MITSUBISHI Ki-21 – le « TYPE 97 »

Le Mitsubishi Ki-21 – le « Type 97 »

Le Mitsubishi Ki-21 (désigné « Sally » par les Alliés) était un bombardier japonais conçu dans les années 1930. Il fut intensément utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale. Moins renommé que d’autres bombardiers japonais, il occupa néanmoins plusieurs fonctions, et fut le « bouche-trou » de l’armée de terre japonaise pendant toute la durée du conflit. En février 1941, la force aérienne impériale du « Manchukuo » reçut 6 appareils pour exécuter les raids sur la Mongolie.

Le Mitsubishi Ki-21 – le « Type 97 »

CONCEPTION

A sa création, il était destiné à remplacer le Mitsubishi Ki-20 et le Mitsubishi Ki-1, deux bombardiers lourds mis en service au début des années 1930. Le 18 décembre 1936, lors du premier vol prototype Ki-21, l’appareil afficha de bonnes caractéristiques de base. Mais le choix de ses moteurs fut long à se décider, ce qui retarda sa mise en service. La production en série des premiers Ki-21-Ia ne démarra qu’en novembre 1937. Le Ki-21 fut utilisé à partir de 1938 et, malgré son infériorité croissante, jusqu’à la fin de la guerre du Pacifique, en 1945.

Le Mitsubishi Ki-21 – le « Type 97 »

L’utilisation du Ki-21 démarra à l’automne 1938, lors de la seconde guerre sino-japonaise. En 1939, il fut utilisé contre les soviétiques à la bataille de Halhin Gol, puis lors de toutes les opérations de l’armée de terre impériale dans le Pacifique ; notamment l’invasion de la Thaïlande, la bataille de Malaisie, et la campagne de Birmanie.

 

Caractéristiques

 

Dimensions  

Masses

 

 

Performances

 

 

Armement

 

Équipage : 5

 

Envergure : 22,50 m

 

Maximale :

9 710 kg

 

Vitesse maximale : 486 km/h

 

Interne : 6 mitrailleuses

 

  Longueur : 16,00 m

 

  Plafond : 10 000 m

 

Externe : 1 000 kg de bombes

 

  Hauteur : 4,85 m

 

  Rayon d’action : 2 700 km

 

 

Sources :

Mes photos

Photos publique Facebook

https://fr.wikipedia.org/wiki/Invasion_japonaise_de_la_Mandchourie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Nankin

https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Mukden

https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_du_pont_Marco-Polo

https://fr.wikipedia.org/wiki/Invasion_japonaise_de_la_Mandchourie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Shanghai_(1937)

 

 

Donnez votre avis sur l'article

commentaire(s)

Ecrit par le .

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge