Les Témoins du passé – La chapelle Sainte Roseline

LES TÉMOINS DU PASSE

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LA CHAPELLE

SAINTE ROSELINE

 

P1070784

Ancien monastère

de la Celle-Roubaud

Les Arcs-sur-Argens,

Blason de la ville des Arcs sur Argens

Blason de la ville des Arcs sur Argens

Département du Var

 

CULTE : Catholique romain.

TYPE : Chapelle.

DÉBUT DE LA CONSTRUCTION : 11ème siècle.

PROTECTION : La chapelle est classée et inscrite sur la liste des monuments historiques de 1980.

VILLE : Les Arcs-sur-Argens.

PRÉSENTATION & SITUATION

La chapelle Sainte Roseline est un édifice religieux érigé au 11ème siècle. A l’époque, la bâtisse et ses dépendances constituaient l’ancien monastère de la Celle-Roubaud. La chapelle se situe dans le département du Var, sur la commune des Arcs-sur-Argens. Elle est le sanctuaire de la momie de Sainte Roseline,  qui y repose dans un cercueil de verre.   

HISTORIQUE DU MONASTÈRE

La chapelle de l’ancienne abbaye constitue l’abbatiale du monastère. L’origine de son nom, la Celle-Roubaud, provient du patronyme d’un ermite venu s’établir en cet endroit.

ABBATIALE : Une abbatiale, ou église abbatiale, est une église spécialement construite pour une abbaye.

Un écrit daté de 1038, concernant une donation au monastère Saint Victor (Marseille), atteste déjà de l’existence du couvent de Salam-Robaldo. En 1200, lorsque les Templiers se rendent maîtres des lieux, ce dernier a prend le nom de monastère de la Celle-Roubaud.

Le site est d’abord placé sous le patronage de Sainte-Catherine du Mont Sion, puis sera cédé aux moniales Bénédictines. A partir de 1260 et jusqu’en 1420, il est occupé par l’Ordre des Chartreux.

En 1504, ce sont les Franciscains de la Stricte Observance qui occupent les lieux. Il devient alors le monastère de Sainte-Catherine d’Alexandrie. Son nom actuel de Chapelle de Sainte Roseline  n’apparaîtra qu’au 19ème siècle.

SAINTE ROSELINE

Roseline naît en janvier 1263. Elle meurt le 17 janvier 1329, à l’âge de 66 ans. Elle est la fille du marquis Arnaud de Villeneuve, seigneur des Arcs et de Sybille de Burgolle de Sabran. Patronne des pauvres, dotée d’une grande bonté, elle est aimée de tous pour son altruisme.

LA LÉGENDE

Au cours d’un hiver rigoureux, la famine sévissant, Roseline, afin d’adoucir la misère et d’aider les déshérités, soigne les malades et visite les mourants. Malgré la disette et l’interdiction paternelle, elle distribue les réserves familiales aux pauvres. Cet acte de générosité va la faire entrer dans la légende.

Roseline et le miracle des roses

Roseline et le miracle des roses

LE MIRACLE DES ROSES : Roseline, fille du seigneur des Arcs, donnait à manger aux pauvres en cachette de son père. Un jour, ce dernier, qui se doute de la générosité de sa fille, se place à l’affut dans le cellier afin de la prendre sur le fait. Il la voit bientôt arriver, le tablier rempli de victuailles. Lorsqu’il lui demande de lui montrer ce qu’elle cache, Roseline, s’adressant, dit-on, à Dieu, laisse choir le pan de son tablier. Alors, à la place de la nourriture « dérobée », une éclatante brassée de roses s’en détache et tombe sur le sol.

Cousine de Saint Elzéar de Sabran (baron d’Ansouis, Comte d’Ariano, 1285-1323, canonisé en 1369), Roseline de Villeneuve est d’abord instruite par les Clarisses d’Avignon. Cependant, c’est à la Chartreuse qu’elle choisira d’entrer à l’âge de 25 ans.

Elle réalise son noviciat à Saint-André-de-Ramières, près de Prébayon, dans le Vaucluse. Puis un second noviciat à la Chartreuse Notre-Dame de Berthaud, dans les Hautes-Alpes, lui permet d’être finalement admise à prononcer ses vœux le jour de Noël 1280. Elle rejoint ensuite sa tante Jeanne à l’abbaye de la Celle-Roubaud. Lorsque celle-ci décède en 1330, Roseline, âgée alors de 37 ans, est choisie pour lui succéder comme prieure. Elle y mènera une vie austère jusqu’à sa mort, en 1329.

Exhumé 5 ans après sa mort, son corps est miraculeusement intact. Une puissante odeur de rose s’exhale de sa sépulture. Ses yeux sont restés aussi vifs et brillants que de son vivant. En 1660, la miraculeuse conservation des yeux est attestée par les médecins personnels de Louis XIV, sur ordre du roi.

LE DÉTAIL

Accompagné de sa mère Anne d’Autriche, Louis XIV, voulant vérifier l’authenticité de la conservation des yeux protégés dans un reliquaire, demande à l’un de ses médecins de percer le globe gauche avec son scalpel ; aussitôt le corps vitré s’écoule, et la prunelle s’obscurcit instantanément.

Châsse de Sainte Roseline

Châsse de Sainte Roseline

LA CHÂSSE

La dépouille de Roseline repose dans une châsse en cristal. Le reliquaire a subi de nombreux aménagements au cours des siècles. Une première restauration s’avère nécessaire, et il faut envisager son remplacement.

En 1881, le corps de Roseline ne présente pas de dégénérescences, mais a enduré des dommages causés par des insectes qui se sont introduits dans le cercueil ; la faute à une mauvaise étanchéité des jointures. Il devient urgent de mieux surveiller l’état de conservation du corps, afin de pouvoir y prélever des reliques.

En 1894, le corps donne un aspect de dégradation sérieux. Une restauration urgente s’impose. Le diagnostic est confié au docteur Pietro Neri, et son constat est des plus alarmants.

Il estima que les dégâts : « n’auraient pas été si grands si le corps n’avait pas été transporté dans une atmosphère pareille où, en raison de puissantes causes, il n’aurait jamais pu à la longue conserver son intégrité ».

Six siècles après sa mort, le corps ne sera pas embaumé comme il est mentionné dans le livret de la chapelle, mais bien restauré. Pietro Neri reconstituera et recouvrira le corps de cire d’abeille, afin de lui donner une forme desséchée de couleur noire, celle d’une momie.

De nos jours, fidèles et touristes peuvent admirer le reliquaire des yeux et la châsse où est étendue la dépouille de Roseline. Tous deux sont exposés dans l’ancienne chapelle du monastère de la Celle-Roubaud, appelée pour la circonstance Chapelle Sainte Roseline. C’est aussi devenu un lieu de culte renommé. On peut y découvrir, exposés sur les murs, des ex-voto et des photos, et la relique de la sainte est constamment fleurie.

L’INTÉRIEUR

LA NEF

L’intérieur est somptueux et révèle un riche trésor. Hormis le cercueil en cristal de Sainte Roseline, on peut y admirer :

– Un jubé, datant de 1635.

– Des stalles richement sculptées, de 1635.

– Un retable en bois sculpté, de 1541.

– L’autel et le tableau Saint Antoine de Padoue, du 17ème siècle.

– une prédelle en bois peint du 15ème siècle, représentant le Christ au tombeau, avec à ses côtés la Vierge, Saint Jean et de nombreux saints.  

– Un reliquaire contenant les yeux de la sainte.

– Une mosaïque du « repas des Anges », de Marc Chagall.

Le repas des Anges , de Marc Chagall

Le repas des Anges , de Marc Chagall

– Des vitraux de Jean Bazaine et Raoul Ubac.

Vitrail

Vitrail

– Un relief de Giacometti.

Blason de la ville des Arcs sur Argens

Blason de la ville des Arcs sur Argens

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1 réponse

  1. ftnbooks dit :

    Merci, jinvite Sandrine Coeurdevey Jean Marie Borghino

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