Coup d’Etat du 18 Brumaire an VIII

naigleCoup d’Etat du 18 Brumaire an VIII

(9 novembre 1799)

« On peut arrêter quand on monte, jamais quand on descend. »

Napoléon Bonaparte


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                          Conseil des 500

Le Coup d’Etat des 18 et 19 brumaire an VIII (9 et 10 novembre 1799), marque la fin du Directoire et de la Révolution française, et l’avènement du Consulat.


Contexte.

Le 9 octobre 1799, à son retour d’Egypte, Napoléon Bonaparte débarque à Fréjus dans une France déchirée par les échecs du Directoire. Le pays est divisé ; la République est menacée par les royalistes et un probable retour de Louis XVIII. Sur la route qui le conduit à Paris, Napoléon est de toute part acclamé par la foule qui s’empresse sur son passage. Sieyès contacte Moreau. Celui-ci lui répond : «Voilà votre homme. Il fera l’affaire bien mieux que moi


Le complot.

La déroute du Directoire (désordre financier, impuissance des assemblées, vénalité du haut personnel politique) exprime un possible changement de régime voulu par tous les partis, qu’ils soient modérés, jacobins ou royalistes. Sur les conseils de Talleyrand, Fouché et Sieyès, et appuyé par son frère Lucien, président du Conseil des Cinq-Cents, Bonaparte, qui est devenu l’homme fort de la situation, se risque à un coup d’Etat pour renverser le régime en place.

On a pensé, dans un premier temps, à se rapprocher d’un général populaire : Barthélémy Joubert. Mais celui-ci s’étant fait tuer à la bataille de Novi le 15 août 1799, le choix s’est porté sur Bonaparte, revenu d’Egypte.

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                         Rue de la victoire

C’est dans la propriété de Joséphine de Beauharnais, rue Chantereine à Paris, que se trame le renversement du régime. Pour se faire, Sieyès, l’instigateur du Coup d’Etat, prétexte un soulèvement (le complot des terroristes royalistes), avec la complicité du Conseil des Anciens, qui menace la vie des députés et les éloigne ainsi de Paris à Saint-Cloud. Il s’est assuré les concours de Cambacérès, ministre de la Justice, et de Lemercier, président des Anciens. A ces noms s’ajoutent ceux de Lucien Bonaparte, élu président du Conseil des Cinq-Cents, Talleyrand, ministre des Relations extérieures (1797-1807) et de Fouché, ministre de la Police. La garde de la capitale étant confiée au général Bonaparte, trois des cinq directeurs du complot, Sieyès, Barras, et Ducos démissionnent. Les deux autres, Gohier et Moulin, accusés de sympathies jacobines, sont révoqués et emprisonnés.


Le déroulement.

Les deux assemblées ainsi déplacées sont réunies, et siègent au château de Saint-Cloud. Le Conseil des Anciens est presque entièrement gagné au projet mais n’est pas encore décidé à commettre une action illégale. Rassemblé dans la salle de l’Orangerie, Le Conseil des Cinq-Cents, franchement hostile, requiert la mise hors la loi du général Bonaparte, et se refuse à modifier la Constitution en sa faveur.

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                      Coup d’État de brumaire

Bonaparte fait un discours assez médiocre devant l’assemblée des Anciens ; il récidive et réitère sa piètre harangue face au Conseil des Cinq-Cents. Cette déplorable prestation est accueillie par des huées et les cris : «À bas le dictateur !» Violemment pris à partie par les députés, et même menacé d’arrestation, il est sauvé in-extrémis par ses soldats qui le conduisent, sain et sauf, hors de la salle. Son frère Lucien sort alors à son tour, et exhorte la troupe massée à l’extérieur du Château, en clamant que le général Bonaparte et les élus sont menacés d’assassinat. A ces mots, le général Murat qui commande les grenadiers ordonne l’assaut et l’évacuation de la salle. Face à la force armée, les députés, tout de rouge vêtus, s’enfuient désemparés en sautant par les fenêtres, et se dissipent dans la brume. Il faudra attendre les deux heures du matin pour que le Conseil des Anciens et quelques membres de l’assemblée des Cinq-Cents, rameutés manu militari, votent une révision de la Constitution. Un gouvernement provisoire est nommé, composé de trois Consuls : Napoléon Bonaparte, Emmanuel Joseph Sieyès et Roger Ducos. Le Coup d’Etat est réglé, puis chacun regagne Paris. Bonaparte deviendra très vite Premier Consul, doté de pouvoirs immenses. Déjà, avec le Consulat qui se profile, s’esquisse l’image d’un autocrate.

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2 réponses

  1. 7 février 2015

    […] sous les ordres du général Claude-Jacques Lecourbe. C’est à ce moment qu’il apprend le coup d’Etat du 18 Brumaire. Républicain de la première heure, il fera néanmoins allégeance au nouveau régime : le […]

  2. 20 mars 2015

    […] du Coup d’Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799), il procède manu militari à l’évacuation de la salle des Cinq-Cents en y […]

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