1937, le Japon envahit la Mandchourie

                                                                                                                                                                    

SECONDE GUERRE MONDIALE

GUERRE SINO-JAPONAISE

DEUXIÈME GUERRE SINO-JAPONAISE

De 1937 à 1941

1937, LE JAPON ENVAHIT LA MANDCHOURIE

Le 13 août 1937, les troupes japonaises entrent dans Pékin.

Drapeau du Japon

ÉVÉNEMENTS ANTÉRIEURS

Invasion japonaise de la Mandchourie en 1931

1931, INVASION DE LA MANDCHOURIE

L’invasion de la Mandchourie par l’Armée japonaise du Guandong commence le 19 septembre 1931, immédiatement après l’« incident de Moukden ».

Le 18 février 1932, les Japonais y forment un État fantoche, appelé « Mandchoukouo », qui leur est entièrement assujetti. Cet état perdurera jusqu’en août 1945, date de l’invasion soviétique de la Mandchourie.

L’ « INCIDENT DE MOUKDEN »

L’incident de Mukden

En ce jour de l’Histoire, le 18 septembre 1931, des soldats japonais mirent en scène une attaque contre une gare de Mukden (maintenant Shenyang), en Chine, dans la province de Mandchourie. Avides de bataille, ils espéraient déclencher une guerre en Chine, et prirent sur eux-mêmes l’initiative de déclencher les hostilités entre les Japonais qui avaient construit la gare, et les soldats chinois locaux. Les Japonais reprochèrent aux dissidents chinois l’explosion, afin de justifier une réponse militaire et la mise en place d’un gouvernement fantoche.

Le conflit qui suivit fut appelé l’ « incident de Mukden » . Ce fut le début d’une série d’actes hostiles et d’escarmouches avec les forces chinoises qui menèrent à la deuxième guerre sino-japonaise, et à la deuxième guerre mondiale dans son ensemble.

Mandchourie

Cet incident, relayé par la propagande, souleva au Japon, à partir d’octobre 1931, un enthousiasme délirant. Toute la population organisa des points de dons pour les troupes nipponnes. Les femmes confectionnèrent des vêtements par milliers pour les soldats, afin de symboliser le soutien de leurs compatriotes restés chez eux. Toute la population fit des dons avec enthousiasme (les enfants avec leur argent de poche, les industriels et le personnel de leurs usines, etc.…) afin que des millions de tonnes d’articles d’utilisation quotidienne soient régulièrement envoyées sur le font, en Mandchourie.

Incident de Mukden

Chaque nouvelle victoire des Nippons était célébrée avec ferveur au Japon.

Nulle autre part le coût humain ne fut plus horrible que dans la Chine occupée par les Japonais. Sur une période brutale de 14 ans, de l’invasion de la Mandchourie en 1931 à la capitulation du Japon en 1945, quelque 20 millions de Chinois perdirent la vie dans une guerre brutale, une famine et une oppression sauvage.

Le Japon tout entier fut impliqué dans un militarisme fanatique, de sorte que lorsque les bombes atomiques tombèrent sur Hiroshima et Nagasaki, elles ne tombèrent peut-être pas que sur des innocents.


L’armée du Guandong était une unité de l’armée impériale japonaise. Elle fut créée en 1906 comme force de sécurité pour la péninsule du Guandong et la zone ferroviaire de Mandchourie du Sud, après la guerre russo-japonaise de 1904 à 1905.

Troupes japonaises entrant dans Qiqihar le 19 novembre 1931.

Pendant l’entre-deux-guerres, ce qui n’était qu’une force de garnison se transforma en un groupe d’armées pour soutenir les intérêts japonais en Chine, en Mandchourie et en Mongolie. L’armée de Guandong fut en grande partie responsable de l’établissement de l’État fantoche japonais du Mandchoukouo. Elle y joua un rôle de première importance pendant la deuxième guerre sino-japonaise, de 1937 à 1945.

Le viol de Nankin 1937

Au début des années 1930, la Chine est déjà très affaiblie. Elle sort de plusieurs décennies de guerres de seigneurs, de trahisons politiques, d’interventions étrangères, de famines, et de tentatives inachevées de modernisation.

Le pays est grand, mais fragile ; son gouvernement est normalement dirigé par Tchang Kaï-chek (chef du « Kuomintang »), mais en réalité l’État est faible, les provinces indisciplinées, l’armée divisée, et une guerre civile larvée l’oppose déjà aux communistes de Mao Zedong.

Le « Kuomintang » (ou « Guomindang », « Kuo-Min-Tang », ou encore « Kouo-Min-Tang », litt. « Parti nationaliste chinois », sigles : KMT ou GMD) est le plus ancien parti politique de la Chine contemporaine, et présent à Taïwan. Créé en 1912 par Sun Yat-sen (révolutionnaire et homme d’Etat chinois), il domine le gouvernement central de la république de Chine de 1928 jusqu’à la prise de pouvoir par les communistes, en 1949.

Jusqu’en 1986, il est le seul parti autorisé à Taïwan. Il reste ensuite la première force politique de l’île jusqu’en 2016 (gardant, durant toute cette période, la majorité au Parlement et, sauf de 2000 à 2008, la présidence). En 2016, cependant, il perd temporairement, tant la majorité au Parlement que la présidence, au profit du Parti démocrate progressiste.

C’est alors que le Japon, un voisin belliqueux devenu une puissance militaire moderne, industrielle et impitoyable, décide de l’attaquer.

Conquête de la Mandchourie

Le Japon de cette époque n’a rien d’un petit pays faible. Bien au contraire : c’est une machine nationaliste zélée et ambitieuse, persuadée que son destin est de dominer l’Asie. Il a modernisé son armée, transformé son industrie, équipé et armé sa flotte, et assimilé l’idéologie impériale selon laquelle la Chine est faible, décadente, et destinée à être colonisée.

En 1931, le Japon envahit la Mandchourie, une vaste région stratégique au nord de la Chine. Les Chinois sont pétrifiés, mal préparés, incapables de répondre efficacement. En quelques mois, une partie du pays tombe. Le Japon s’installe. Il crée « Mandchoukouo » un État fantoche dirigé par le dernier empereur de la dynastie Qing, Puyi, symbole d’humiliation nationale.

La réaction internationale est insignifiante, hypocrite, nonchalante. Certes, la Société des Nations condamne, mais n’agit pas. Les puissances occidentales, préoccupées ailleurs, font semblant de ne rien voir. La Chine est ignorée et isolée…

Tchang Kaï-chek, obnubilé par sa guerre contre les Communistes, tarde à se rendre compte que l’urgence n’est plus interne, mais extérieure. Le peuple, lui, comprend très vite. Il voit les exactions de l’ennemi : les massacres, les déportations, les humiliations, la cruauté de l’envahisseur. Et c’est dans cet affolement que Mao apparaît comme un stratège visionnaire : il affirme que la Chine ne pourra survivre que si elle s’unit contre l’agresseur, et que la lutte contre le Japon doit être prioritaire.

1937, SECONDE GUERRE SINO-JAPONAISE

SOMMAIRE

13 décembre 1937 – Le jour où Nankin est tombé. Pendant que le monde regardait l’Europe, la guerre brûlait déjà l’Asie.

LE DÉNI DU JAPON…

Bien que le Japon ait occupé la Mandchourie (dans le nord-est de la Chine) dès 1931, la guerre à grande échelle entre les deux pays n’éclatera qu’en juillet 1937. Après avoir finalement capturé Shanghai au bout de trois mois de bataille, les forces japonaises avancent vers Nankin, la capitale de la République de Chine. La garnison chinoise, mal dirigée, s’effondre bientôt, tandis que le gouvernement civil s’enfuit, laissant la population de Nankin à la merci des Japonais. Ceux-ci entrent dans la ville le 13 décembre 1937.

Cette date marque le début du « viol de Nankin », qui voit les soldats de l’armée impériale japonaise commettre de nombreuses atrocités contre la population civile de la capitale chinoise.

Pour briser l’esprit de la résistance chinoise, le général japonais Iwane Matsui ordonne la destruction complète de la ville. Des dizaines de milliers de soldats chinois qui se sont rendus seront exécutés sommairement, en violation des lois de la guerre. Ensuite, les Japonais se tournent vers la population féminine : au moins 20 000 femmes et filles de tous âges sont violées avant d’être torturées, mutilées ou assassinées. Une grande partie de la ville est brûlée, tandis que les pillages se généralisent. Le carnage continue sans relâche pendant environ six semaines, puis s’atténue finalement en février 1938, après la mise en place d’un gouvernement fantoche chinois.

Malgré la tragédie, quelque 250 000 civils chinois seront sauvés après s’être réfugiés dans la « zone internationale de sécurité ». Cette zone de 2,5 miles carrés, au centre de la ville, a été déclarée interdite aux Japonais par un petit groupe d’une vingtaine d’Occidentaux ; principalement des missionnaires, des médecins et des hommes d’affaires qui sont restés dans la ville. Dans de nombreux cas, ils risqueront leur vie pour sauver autant de gens que possible.

Bien qu’il soit difficile d’estimer le nombre exact de morts, les experts conviennent qu’au moins 200 000 personnes ont été tuées lors du massacre de Nankin.

En 1948, après la Seconde Guerre mondiale, le général Iwane Matsui et un certain nombre d’autres seront reconnus coupables de crimes de guerre, et seront exécutés. Bien que plusieurs responsables politiques se soient excusés depuis pour cette atrocité, beaucoup de Japonais nient l’étendue des brutalités, voire l’existence même du massacre ; leur déni continue à creuser, encore aujourd’hui, un fossé entre la Chine et le Japon.


« AVANT PEARL HARBOR, L’ASIE BRÛLAIT DÉJÀ …»

La seconde guerre sino-japonaise (1937-1945) fut l’une des guerres les plus meurtrières et les plus longues du 20ème siècle. Pourtant, elle demeure aujourd’hui l’un des chapitres les moins débattus de la Seconde Guerre mondiale. Ce conflit violent restructura l’Asie de l’Est et joua un rôle décisif dans la victoire des Alliés, en 1945.

Deuxième guerre sino-japonaise (1937-1945)

L’agression de la Chine par le Japon commença plus tôt, en 1931, avec l’invasion de la Mandchourie, où le Japon créa un « État fantoche » appelé « Mandchoukouo ».

La Seconde guerre sino-japonaise (de 1937 à 1945).

Le 7 juillet 1937, après l’incident du pont Marco Polo près de Beijing, les tensions se transformèrent en guerre de résistance à grande échelle.

Après l’attaque de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, la Chine fut aidée par les forces alliées ; la guerre sino-japonaise fusionna alors officiellement avec la Seconde Guerre mondiale.

La guerre se termina avec la capitulation du Japon en août 1945 ; mais la Chine était dévastée (destruction massive de son infrastructure industrielle et agricole). On estime les pertes respectives à plus de 15 millions de morts militaires et civils Chinois, et à près de 2 millions de militaires Japonais.

Ce fut la plus grande guerre asiatique du 20ème siècle, et beaucoup la considérèrent comme le début de la Seconde Guerre mondiale en Asie.

1937, LA SECONDE INVASION JAPONAISE DE LA MANDCHOURIE

L’armée japonaise en 1937

L’INCIDENT DU PONT MARCO-POLO

L’incident du pont Marco-Polo (aussi connu sous le nom d’incident du « double sept », ou incident du « pont de Lugou », ou encore incident de « Lou-Kou-Chiao ») fut un événement survenu le 7 juillet 1937 entre l’Armée nationale révolutionnaire de la république de Chine et l’Armée impériale japonaise. Les Japonais l’utilisèrent comme prétexte pour déclencher les hostilités, prélude à la seconde guerre sino-japonaise. Un fait demeure certain : l’Empire du Japon avait commencé depuis plusieurs années une politique expansionniste, qu’il comptait bien poursuivre envers et contre tout.

Le 7 juillet 1937 au soir, à seulement 16 kilomètres à l’ouest de Pékin (en Chine septentrionale), les soldats de l’armée japonaise du Guandong (basés près de Tianjin) s’entraînaient comme chaque nuit à l’extrémité du célèbre pont Marco Polo, près de Wanping (ancienne forteresse créée à Pékin entre 1638 et 1640, sous la dynastie Ming, aujourd’hui devenue un musée). Mais cette fois-ci, les manœuvres furent exécutées sans préavis, ce qui alerta les soldats chinois en faction de l’autre côté du pont. À 11 heures, quelques faibles coups de feu furent échangés.

L’incident aurait pu s’arrêter là ; mais les soldats japonais constatèrent que l’un des leurs avait disparu. Les Japonais accusèrent alors les Chinois de l’avoir enlevé (en fait, après avoir fait un tour dans une maison de passe, l’homme réapparaitra deux heures plus tard, parfaitement sain et sauf).

Suspectant malgré tout un enlèvement d’un des leurs, les Japonais insistèrent pour fouiller les maisons et les villages chinois alentours ; une opération refusée par les Chinois. Puis les malentendus s’enchaînèrent. Face à cette situation, les Japonais prétextant des tirs chinois vers leurs soldats, les deux camps firent appel à des renforts en prévision d’un conflit généralisé.

Et la situation dégénéra. Les Japonais saisirent le casus belli, et donnèrent l’assaut sur le pont.

Après une courte et violente échauffourée, le 28 juillet, la guerre fut officiellement déclarée. Dès le 7 août, les Nippons s’emparèrent de Pékin. Ce fut le point de départ de la seconde guerre sino-japonaise (1937-1945).

Le 9 août, de violents combats éclatèrent aux environs de Shanghai, déclenchant ainsi la bataille de Shanghai (1937).


LA SECONDE GUERRE SINO-JAPONAISE VUE DU CÔTÉ CHINOIS

La seconde guerre sino-japonaise est généralement connue en mandarin sous le nom de « guerre anti-japonaise » ou « guerre pour résister aux Japonais », « guerres chinoises pour résister aux Japonais », ou plus simplement abrégée en « guerre de résistance ». Ce terme varie en fonction des régions (Hong Kong, Corée, Philippines, Singapour, Malaisie, etc.).

En République Populaire de Chine, cette guerre est également connue sous le nom des « huit années de résistance » ; c’est-à-dire des huit années entre l’incident du pont Marco Polo, le 7 juillet 1937, et la fin de la guerre, le 15 août 1945. D’autres régions préfèrent l’expression « quatorze années de résistance », faisant remonter le début de la guerre au 18 septembre 1931, jour de l’incident de Mukden qui servit de prétexte à la première invasion japonaise de la Mandchourie.

LA SECONDE GUERRE SINO-JAPONAISE VUE DU CÔTÉ JAPONAIS

Au tout début du conflit, en juin 1937, la guerre sino-japonaise fut baptisée sous le nom d’« incident de la Chine septentrionale », terme désignant aujourd’hui l’incident du pont Marco Polo. La presse utilisa également parfois le terme d’« incident sino-japonais ». Afin d’éviter des sanctions de la part des nations occidentales, le gouvernement évita officiellement l’emploi du mot « guerre ».

Plus tard, la propagande impériale transforma le conflit en une « guerre sainte ». Ce devait être la première étape de la politique de conquête reflétée par le slogan « Hakkō ichiu », signifiant ironiquement « fraternité universelle » ; dans son sens plus littéral, « réunir les huit coins du monde sous un même toit ».

Créé au XIXème siècle, ce concept devint durant l’ère « Shôwa » (« ère de paix éclairée » – 1926-1989) une justification pour promouvoir la « supériorité » de la « race japonaise » et son droit à conquérir l’Asie.

Après l’attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, le Japon déclara officiellement la guerre à la Chine. L’ensemble du conflit prit alors le nom de « guerre de la Grande Asie orientale », qui désignait les campagnes du Pacifique et d’Asie du Sud-Est (fusionnant ainsi la seconde guerre sino-japonaise avec la Seconde Guerre mondiale).

De nos jours, le terme officiel reste « Shina jihen », toujours utilisé par le ministère de la Défense, le ministère de la Santé, du Travail et du Bien public, ou encore dans les annales historiques, ou sur les monuments aux morts. Cependant, ce terme reste sujet à polémique et fait l’objet de vives critiques.

Pour ces raisons, les Japonais (pour parler de la seconde guerre sino-japonaise) et la presse japonaise utilisent de plus en plus l’expression « guerre sino-japonaise », car considérée comme plus neutre.

LES PRÉMICES

Pour la plupart des historiens, le début de cette guerre commence le 7 juillet 1937 avec l’ « incident du pont Marco Polo » (ou bataille du « pont Lugou »). Mais d’autres la font commencer avec l’ « incident de Mukden » du 18 septembre 1931, quand la « Kantôgun » (groupe d’armée de l’armée impériale japonaise) envahit le Nord de la Chine et y créa, en février 1932, l’ « État fantoche » du « Mandchoukouo ».

ÉVÉNEMENTS ANTÉRIEURS

En 1935, le gouvernement du Hebei (province de l’Est de la Chine) déclara son autonomie et débuta, en violation des traités existants, une politique de coopération avec le Japon ; ce qui entraîna de fait une annexion de la région.

En 1936, les Japonais tentèrent de poursuivre leur avance en Mongolie-Intérieure (gouvernement pro-japonais). Mais, en octobre-novembre 1936, les troupes des Mongols et des collaborateurs chinois furent battues par l’armée chinoise.

Les vues guerrières du Japon ne faisaient aucun doute. Mais Chang Kaï-Chek, jugeant que ses troupes n’étaient pas prêtes, ne souhaita pas encore une guerre directe contre les Japonais, et privilégia la lutte contre les Communistes chinois.

Zhang Xueliang finit par séquestrer Chang Kaï-Chek pour l’obliger à réaliser une alliance avec les communistes (accord de Xi’an, fin décembre 1936). Cet accord eut pour conséquence l’intégration des forces armées communistes aux troupes régulières chinoises.

ZHANG XUELIANG

Zhang Xueliang (aussi écrit « Tchang Hiue-leang » ou « Chang Hsüeh-liang ») naît le 3 juin 1901. Il meurt le 15 octobre 2001.

Zhang Xueliang

C’était un militaire chinois et seigneur de la guerre. Il devint par voie de conséquence l’un des dirigeants de la Mandchourie et d’une partie de la Chine du nord-est, après avoir pris la succession de son père Zhang Zuolin (assassiné le 4 juin 1928 par les Japonais) à la tête de la « clique du Fengtian ».

Organisateur de l’incident de Xi’an, il fut ensuite emprisonné par Tchiang Kaï-chek durant plus de la moitié de sa vie (de 1937 à 1990). Considéré comme un héros national en République Populaire de Chine, il fut surnommé le « Jeune maréchal ».


TCHANG KAÏ-CHEK

Tchang Kaï-chek naît le 31 octobre 1887 à Ching Yang Shui (dans le district de Fenghua). Il meurt le 5 avril 1975 à Taipei.

Tchang Kaï-chek

C’était un militaire et homme d’État chinois, qui dirigea la République de Chine de 1928 à sa mort. Son gouvernement était basé en Chine continentale jusqu’à ce qu’il soit défait, en 1949, par le Parti communiste lors de la guerre civile chinoise. À la suite de quoi, il continua à diriger la République de Chine sur l’île de Taïwan.

Tchang Kaï-chek fut le chef du parti nationaliste Kuomintang et le commandant en chef de l’Armée nationale révolutionnaire de 1926 à sa mort (durée au cours de laquelle il porta le titre de généralissime).


Le 7 juillet 1937, l’incident du pont Marco Polo donne au Japon le prétexte pour déclencher les hostilités ; et le 28 juillet, la guerre est ouvertement déclarée. Les villes de Pékin et Tianjin tombent dès le début août.

En août 1937, l’empereur Hirohito autorise la suspension des conventions internationales sur la protection des prisonniers de guerre. Cette décision permet à l’armée impériale d’avancer sans se préoccuper d’organiser des mesures pour prendre en charge les prisonniers ou les civils des territoires vaincus.

Malgré quelques succès chinois, comme la bataille de Pingxingguan (septembre 1937, remportée par les communistes) et la bataille de Taierzhuang (avril 1938, remportée par les nationalistes), les forces chinoises unifiées subissent une série de défaites. Battues à Taiyuan, elles ne parviendront pas à empêcher les Japonais de conquérir la partie nord du Shanxi.

En novembre, après une série de bombardements violents (ayant entraîné la mort de milliers de civils et trois mois de combats furieux), les Japonais occupent Shanghaï. Le Japon décide alors de s’emparer de Nankin (la capitale de la république de Chine), où 200 000 soldats nippons écrasent les forces chinoises déjà durement bousculées par les combats à Shanghai.

Lire : le massacre de Nankin.

Intervention des puissances étrangères

Jusqu’en 1941, l’Union soviétique va fournir un important soutien technique aux forces chinoises. Par cette aide, elle souhaite empêcher le Japon d’envahir la Sibérie, afin d’éviter une guerre sur deux fronts.

De son côté, l’Allemagne, afin de soutenir la politique anti-communiste de Chang Kaï-Chek, lui envoie, jusqu’en 1938, une grosse partie des importations d’armes. Les conseillers militaires allemands, qui ont modernisé l’équipement, entraînent l’armée nationaliste. D’ailleurs, le deuxième fils de Chang Kaï-Chek, recevra une formation et servira dans l’armée allemande avant le conflit mondial. La coopération cessera avec l’alliance entre l’Allemagne et le Japon.

L’Axe Rome-Berlin fut proclamé le 1er novembre 1936, et transformé le 27 septembre 1940 en pacte tripartite. Il regroupait l’Allemagne nazie, le Japon et l’Italie fasciste, qui formèrent ainsi une alliance militaire. Par la suite, d’autres pays rejoignirent l’alliance.

À partir de l’automne 1937, l’URSS envoie (à la suite de l’alliance entre nationalistes et communistes) des troupes présentées comme des contingents de « volontaires », essentiellement aéroportées.

À partir de 1941, l‘URSS et le Japon ayant signé un pacte de non-agression, l’aide soviétique sera retirée. L’URSS n’interviendra plus en Chine avant l’invasion de la Mandchourie, en 1945.

Le Royaume-Uni choisit l’aide économique. La Banque d’Angleterre apportera l’expertise et le soutien financier nécessaires à l’introduction par l’État chinois d’une monnaie sûre. En échange, les Britanniques deviennent les possédants des réserves chinoises. Ils retiennent une partie de ces réserves, sous bonne garde, dans l’enclave de Tientsin ; enclave qu’ils devront évacuer fin 1940 sous la pression japonaise, mais en emportant secrètement l’argent avec eux.

Le militaire américain Claire Lee Chennault (conseiller de l’armée chinoise pour les questions d’aviation) organise, à partir de 1938, une escadrille internationale de pilotes.

À partir de 1940, le gouvernement des États-Unis (toujours officiellement neutre), lui apporte de l’aide (c’est le programme « Lend-Lease » : « Prêt-Bail » en français). En 1941, Chennault forme le corps de volontaires américains connu sous le nom de « Tigres volants ». Ce qui représente le premier engagement militaire officieux des États-Unis dans le conflit sino-japonais.

LE CONFLIT S’ÉTERNISE…

Les Japonais n’ont pas les moyens de gérer directement les territoires de la Chine qu’ils occupent. Leurs objectifs consistent à y installer des gouvernements locaux favorables aux intérêts japonais.

D’autant que la brutalité de leurs méthodes les a rendus très impopulaires. Après leurs succès militaires initiaux, les Japonais ne parviennent pas à arrêter le conflit comme ils le souhaitent. Malgré des combats répétés, ils ne pourront détruire les places-fortes nationalistes. En 1938, la bataille de Wuhan dure quatre mois, mais malgré la victoire, les Nippons échoueront dans leur objectif d’anéantissement du gros des troupes chinoises.

Pour stopper la progression japonaise, les Nationalistes détruisent les digues du fleuve Jaune, provoquant une crue qui causera la mort de plusieurs centaines de milliers de civils. Tandis que le conflit s’éternise, les Japonais vont devoir, dans les années suivantes, affronter les actions de résistance des forces conventionnelles, et les actions de guérilla qui se succèderont.

Malgré de nouvelles offensives japonaises, la résistance chinoise perdure. En août 1940, les troupes communistes surprennent les Japonais par une offensive de grande ampleur dans le Nord de la Chine (les combats dureront jusqu’à la fin de l’année). Mais cette victoire chinoise ne fera qu’augmenter la répression féroce pratiquée par les Japonais ; les Communistes préfèreront en revenir ensuite aux actions de guérilla.

En septembre 1940, afin de couper l’une des voies de ravitaillement des Nationalistes, les Japonais envahissent l’Indochine française ; ils y resteront jusqu’en 1945.

 

Le gouvernement nationaliste de Chang Kaï-Chek a installé sa capitale à Chongqing. La ville sera sévèrement bombardée par les Japonais. Malgré son alliance avec le Parti communiste, Chang cherche à préserver son armée. Il veut éviter une grande bataille avec les Nippons, dans l’espoir de battre les Communistes une fois les Japonais partis. En outre, il n’a pas les capacités d’une guerre totale contre des armées japonaises bien entraînées, équipées et organisées.

De son côté, Mao Zedong privilégie les actions de guérilla. Son but, économiser et renforcer ses troupes afin de remporter, en temps voulu, la victoire finale contre les Nationalistes.

La coopération entre Nationalistes et Communistes est donc difficile ; théoriquement alliés, ils vont passer la durée du conflit à diriger leurs propres opérations militaires en parallèle.

LA CHINE DANS LA GUERRE MONDIALE

À la fin 1941, après l’attaque de Pearl Harbor, la République de Chine est admise parmi les Alliés.

À partir du printemps 1942, l’aviation américaine prend part officiellement au conflit, en remplaçant les « Tigres volants » et en installant ses bases en Chine. De leur côté, les troupes chinoises interviennent aux côtés des Américains dans la campagne de Birmanie, sous les noms de code Force X et Force Y.

Le lieutenant-général Joseph Stilwell devient le chef d’état-major de Chiang Kaï-shek, mais leur antipathie va rendre leur collaboration difficile. L’US Air Force utilisera plusieurs bases en Chine, d’où elle lancera des attaques contre les Japonais.

« LES TROIS TOUT »

À la fin 1941, le général japonais Yasūji Okamūra obtient du quartier général impérial l’autorisation de mettre en action la « Politique des Trois Tout » (« tue tout, brûle tout, pille tout »). Une stratégie de la terre brûlée, qui est exécutée comme une opération de représailles à l’offensive des « cent régiments », menée par le Parti communiste chinois.

Cette politique (d’après l’historien Mitsuyoshi Himeta) entraînera la mort d’environ 2,7 millions de civils chinois. La campagne systématique de bombardement contre la capitale nationaliste Chongqing s’accroit (ce qui en fait la ville la plus fréquemment bombardée de toute la seconde guerre), entraînant la mort de dizaines de milliers de civils.

En 1944, la situation des Japonais se dégrade rapidement. Afin de reprendre l’avantage, leurs troupes lancent l’opération « Ichi-Go » pour s’emparer des bases aériennes chinoises et américaines qui les menacent, ce qui leur permet d’occuper les provinces de Hunan, Henan, et Guangxi. Malgré les gains territoriaux, l’opération ne pourra pas stopper les raids aériens américains.

L’opération « Ichi-Go » (soit « opération numéro un »), appelée par les Chinois « campagne du Henan-Hunan-Guangxi », fut une offensive de grande ampleur menée en 1944 par l’Armée impériale japonaise contre l’Armée nationale révolutionnaire chinoise et l’Armée de l’air américaine, au cours de la guerre sino-japonaise.

Les troupes japonaises remportèrent sur le terrain une victoire militaire, qui se traduisit par des gains stratégiques relatifs.


LA DÉFAITE DU JAPON

En 1945, l’armée chinoise réussit à reprendre l’initiative.

En avril, les Japonais exécutent une nouvelle offensive contre les Chinois et les Américains, mais ils seront repoussés en juin dans le Hunan. L’armée chinoise, voulant exploiter son avantage, déclenche le 4 août une contre-offensive dans le Guangxi.

Le 8 août, conformément à ses engagements pris lors des accords de Yalta, l’Union soviétique déclare officiellement la guerre au Japon.

Le 9 août, les Soviétiques envahissent facilement la Mandchourie et la Mongolie-Intérieure, anéantissant l’armée du Guandong (alors même que les troupes chinoises sont victorieux dans le Guangxi, et que les États-Unis exécutent leur second bombardement nucléaire sur Nagasaki).

Le 15 août 1945, l’Empereur Hirohito annonce la capitulation du Japon devant les Alliés.

Le 2 septembre, la république de Chine figure parmi les signataires des actes de capitulation du Japon.

Le 9 septembre, au cours d’une cérémonie à Nankin, Yasūji Okamūra (chef des forces armées japonaises en Chine) remet officiellement au général He Yingqin (ministre chinois de la Guerre), l’acte de reddition de ses troupes.

Conformément aux dispositions de la conférence du Caire de 1943, l’ex-Mandchoukouo, Taïwan et les îles Pescadores reviennent à la Chine.

LE JAPON UTILISE DES ARMES CHIMIQUES ET BACTÉRIOLOGIQUES

En juillet 1937, l’empereur « Shōwa » (Hiro-Hito) autorise l’utilisation de gaz toxiques contre les soldats et les civils chinois. Les armes chimiques seront notamment autorisées à 375 reprises à l’automne 1938, lors de l’invasion de Wuhan, puis en 1939 à Guangzhou, et en 1943 lors de la bataille de Changde.

En 1949 (lors du procès tenu par les Soviétiques à Khabarovsk), des accusés comme le major général Kiyashi Kawashima déclareront qu’au moins 40 membres de l’ « unité 731 » ont participé, entre 1941 et 1942, à des opérations bactériologiques. Des puces contaminées par la peste avaient été larguées au-dessus de la région de Changde, y causant des épidémies.

BILAN ET PERTES

Le conflit dura 97 mois et 3 jours (de 1937 à 1945). Le Kuomintang se battit dans 22 combats majeurs, tandis que le Parti communiste privilégiait, à quelques exceptions près, les opérations de guérilla. Les Japonais eurent 1 100 000 victimes, y compris les blessés graves et les disparus.

Les Chinois comptabilisèrent beaucoup plus de pertes, avec 3 229 000 soldats et au moins 9 000 000 civils, sans compter les destructions. Sur les centaines de milliers de soldats chinois faits prisonniers par les Japonais au cours de la guerre, seuls 68 furent relâchés vivants en 1945. Quant aux civils, les travaux publiés en 2002 par un comité conjoint d’historiens affirment que plus de 10 millions d’entre eux furent enrôlés de force par la « Kōa-in » (Agence impériale de développement de l’Asie orientale) pour travailler dans les mines et les usines du Mandchoukouo.

Le bilan des pertes civiles est souvent estimé, pour la période de 1937 à 1945, à au moins 20 millions de morts chinois au total.

En Chine, de nombreux historiens évoquent même que le chiffre pourrait être comparable aux 27 millions de morts en URSS, car le conflit et ses dévastations furent identiques. L’ampleur des pertes fut telle qu’elle dépasse l’entendement, et ne permet pas de donner des chiffres fiables…

Sources :

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Invasion_japonaise_de_la_Mandchourie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Nankin

https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Mukden

https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_du_pont_Marco-Polo

https://fr.wikipedia.org/wiki/Invasion_japonaise_de_la_Mandchourie

 

 

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