Les Témoins du Passé – L’amphithéâtre de Fréjus

LES TÉMOINS DU PASSE

ANTIQUITÉ

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L’AMPHITHÉÂTRE DE FRÉJUS

OU

ARÈNES DE FRÉJUS

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Blason de la ville de Fréjus

Blason de la ville de Fréjus

Blason du Var

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ÉDIFICE : amphithéâtre ou arène.

STYLE : Gallo-romain.

LIEU :  ville de Forum Julii, aujourd’hui Fréjus.

DATE DE CONSTRUCTION : Ier siècle.

RESTAURATION : 1986, 1987, 2007.

ÉPOQUE : province romaine de la Gaule narbonnaise.

L’empereur Auguste avait découpé la Gaule en quatre provinces : trois impériales (la Gaule lyonnaise, la Gaule aquitaine et la Gaule Belgique) et une sénatoriale (la Gaule narbonnaise).

Géographiquement, la Gaule romaine recouvrait la France actuelle et une grande partie des Belgique et Suisse actuelles.

Lugdunum fut désignée comme étant la capitale des Trois Gaules et le centre névralgique où siégeaient leurs gouverneurs.

Lire : l’Amphithéâtre des Trois Gaules.

DIMENSIONS EXTERNES : 113 m x 85 m.

DIMENSIONS DE L’ARÈNE : 68 m x 39 m.

CAPACITÉ : 10 000 à 12 000 places.

PROTECTION : inscription au titre des Monuments Historiques depuis 1840.

SITE PROTÉGÉ : classé MH.

PROPRIÉTÉ : commune de Fréjus.

 

« FORUM JULII »

NOM LATIN DE FRÉJUS

 Blason de la ville de Fréjus

SITUATION

Fréjus est une commune française située dans le département du Var, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Blason de la région de Provence-Alpes-Côte d'Azur

Blason de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

 

 

HISTORIQUE

La colonie romaine de Forum Julii est un carrefour commerçant incontournable sur la voie Aurélienne, route principale entre Rome et la Gaule, et un site stratégique de la « Narbonnaise ».

La Via Aurélia ou voie Aurélienne est le nom donné à la grande voie romaine de la côte méditerranéenne de l’Italie romaine et de l’ancienne Gaule.

La Via Aurélia a été mise en œuvre à partir de 241 av. J.-C. par le consul Caïus Aurelius Cotta. Elle partait de Rome, longeait la côte occidentale de la péninsule italienne, et passait par Pisæ (Pise) pour arriver à Luna (Luni).

Après sa victoire sur les peuples des Alpes-Maritimes, l’empereur Auguste prolongea la voie, à partir de 13 av. J.-C., depuis Placentia (Plaisance) jusqu’à Arelate (Arles), sur le Rhône. Elle prendra alors le nom de l’empereur : La Via Julia Augusta.

 

Légionnaires romains

Légionnaires romains

 

Une voie impériale !

La Voie Julia Augusta était une importante voie romaine qui reliait la ville de Plaisance (Italie) au Var. Elle longeait les côtes de la Ligurie et celles de la Côte d’Azur, en direction du Rhône. Elle représentait le cordon ombilical reliant la Gaule Cisalpine à la Gaule Transalpine, et formait une portion de la Via Aurélia.

Cette voie fut délimitée par l’Empereur Auguste entre le 1er juillet 13 et le 30 juin 12 av J.-C, peu après la fin de la conquête des Alpes Maritimes. La voie tire son nom des deux illustres personnages, Auguste et César (juillet étant le mois de Jules César et Août celui d’Auguste). Son tracé, balisé par de magistrales bornes numérotées depuis Rome, fait de cet ouvrage l’un des grands travaux de l’Empire. Dégradée au début IIème siècle, la voie sera restaurée dans un premier temps par Hadrien, puis par Caracalla au IIIème siècle.

Lire : Les Thermes de Caracalla.

Forum Julii (la date de sa fondation est incertaine) a été voulue par César pour concurrencer Massalia. On sait que la ville existait au moins en 43 av J.-C., puis qu’elle est citée dans la correspondance entre Plancus et Cicéron ; la date de 49 av J.-C. demeure la plus plausible.

Buste présumé de Jules César

Buste présumé de Jules César

En 31 av J.-C., Auguste (63 av. J.-C. – 14 apr. J.-C.) rapatriera à Forum Julii les galères prises à Marc Antoine (83 av. J.-C. – 30 av. J.-C.), lors de la bataille d’Actium.

Entre 29 et 27 av. J.-C., Forum Julii devient colonie sous le nom de Colonia Octavanorum, et reçoit dès lors les vétérans de la VIIIème légion. Elle se transforme alors et développe un important commerce artisanal et agricole. Cette ère de prospérité pour la colonie romaine est aussi celle des aménagements urbains : mise en place d’une trame régulière avec porte monumentale, forum, aqueduc acheminant l’eau sur près de 40 km, théâtre, complexe thermal. Perchée sur un promontoire de grès, la ville domine le port. Celui-ci est au cœur de la ville, protégé des assauts de la Méditerranée par une digue imposante et encadrée de deux ensembles résidentiels : la Butte Saint Antoine et la Plate-Forme.

En 22 av J.-C., la cité devient alors « Forum Iulii Octavanorum colonia, quae Pacensis appellatur et Classica », chef-lieu de la nouvelle province proconsulaire de la Gaule narbonnaise.

La Gaule narbonnaise (en rouge) en 116 ap J.-C.

La Gaule narbonnaise (en rouge) en 116 ap J.-C.

C’est à partir de cette période que la ville prend son essor. Son port est alors la seule base navale de la flotte romaine de Gaule, et le second après celui d’Ostie.

Ostie (en latin Ostia, ostium, en italien Ostia Antica) signifie « embouchure d’un fleuve » ; c’était le port de la Rome antique, situé à l’embouchure du Tibre, à 35 km au sud-ouest de Rome (du fait de l’ensablement, le site se trouve désormais à l’intérieur des terres).

Plus tard, c’est sous le règne de Tibère que seront construits tous les grands monuments de Forum Julii. Les vestiges ont perduré au travers des siècles : on peut admirer aujourd’hui l’amphithéâtre, l’aqueduc, le phare, les thermes, et le théâtre.

Le périmètre de la ville, « la civitas forojuliensis », s’étalait alors de Cabasse à l’ouest, à Fayence et Mons au nord d’où démarrait l’aqueduc, jusqu’à la Siagne à l’est qui la séparait d’Antipolis (Antibes). Le territoire possédait une Curie, et sa population avait environ six mille habitants.

Dans l’Institution de la Rome antique :

1 – La Curie Hostilia, la Curie Julia et la curie de Pompée étaient des lieux de réunion du Sénat romain.

2 – La curie était une subdivision de la tribu romaine, d’où le nom des comices curiates.

3 – La Curie était une assemblée locale des cités de l’empire romain, dirigée par les décurions.

L’agriculture était en plein essor, avec des « villæ rusticæ » à Villepey ou Saint-Raphaël. On note aussi la présence d’exploitations minières de grès vert et de porphyre bleu. En outre la pêche en viviers assurait une économie florissante à la colonie.

Villæ rusticæ : villas rustiques où l’on dirigeait l’exploitation, gardait le bétail et stockait la production, et où résidaient les travailleurs esclaves.

En l’an 40, le général de l’Empire romain Gnaeus Julius Agricola (13 juin 40 à Fréjus – 23 août 93 à Rome) naquit à Forum Julii. Il achèvera la conquête de l’île de Bretagne.

Son beau-fils, l’historien Tacite (né en 58, mort vers 120 ap J.-C), relate en détail le récit de sa vie. Il y évoque brièvement Forum Julii comme une « ancienne et illustre colonie ».

La ville a aussi été mentionnée plusieurs fois dans les écrits de Strabon (né vers 60 av J.-C, mort vers 20 ap J.-C.) et Pline l’Ancien (né en 23 ap J.-C., mort en 79).

Blason de la ville de Fréjus

L’AMPHITHÉÂTRE

DE

FORUM JULII

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PRÉSENTATION

Monument symbolique de la ville de Forum Julii, l’amphithéâtre romain est l’un des plus anciens de la Gaule ; sa capacité pouvait atteindre 12000 spectateurs. Construit hors des remparts au 1er siècle av J.-C., il s’appuie contre le promontoire rocheux sur lequel la ville antique a été fondée, à l’extérieur des murailles.

L’édifice antique s’est détérioré au fil des époques. De nos jours, il ne reste plus que son squelette. Son mauvais état de conservation et son délabrement ont effacé à jamais le dernier étage des gradins de la cavéa, ainsi que son portique et sa façade. A l’origine, il existait au centre de la piste une fosse en forme de croix. Elle permettait d’y recevoir tout ce qui était utilisé pour les mises en scène.

Arènes de Fréjus

Arènes de Fréjus

Des fouilles archéologiques ont été réalisées entre 2007 et 2008 dans le cadre du « Plan Patrimoine Antique ». D’importants travaux de conservation ont été exécutés pour redonner au monument son faste d’antan, et sa vocation de lieu de divertissement. Aujourd’hui, l’amphithéâtre ressuscite chaque été en proposant des concerts, du « dancefloor » et des spectacles.

LEXIQUE ANTIQUE

Amphithéâtre : du grec amphi (autour), et theatron (théâtre). C’est un monumental édifice conçu pour donner au peuple romain des spectacles divers (combats

Combat de gladiateurs

Combat de gladiateurs

de gladiateurs, chasses de bêtes sauvages, parfois combats navals). Les amphithéâtres, comme le précise leur nom, avaient la forme d’un double théâtre, et présentaient en leur centre une piste ovale (arène) destinée à recevoir les représentations. Tout autour se dressaient les gradins, qui pouvaient s’élever jusqu’au toit du monument.

Aréna (en latin « le sable ») : désigne la piste de l’amphithéâtre sur laquelle se déroulent les jeux et les spectacles.

Attique : dernier mur de la façade d’un amphithéâtre. Il sert de dossier et de support pour le velum.

Cavea : dans la Rome antique, la cavea (en latin : « creux ») désigne la partie d’un théâtre romain ou d’un amphithéâtre où se trouvent les gradins sur lesquels viennent s’assoir les spectateurs. Dans les amphithéâtres romains, l’arène avait deux portes bien distinctes, à l’utilisation bien définie :

1 – La porte triumphalis était empruntée par les gladiateurs lors de la parade en début de journée et par les vainqueurs.

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2 – La porte libitinensis servait pour dégager les blessés graves de la scène de spectacle, et les emmener au spoliarium.

Le spoliarium était une pièce disposée sous le Colisée, où les gladiateurs tombés au combat étaient dépouillés de leurs armes et armures, remises à leurs propriétaires.

Les jeux étaient toujours organisés à l’occasion de fêtes ou pour célébrer un événement important de l’Empire (une victoire militaire par exemple). Les jeux comprenaient des munera (combats de gladiateurs, particulièrement appréciés par les Romains), des chasses, ou encore des naumachies.

Les munera se pratiquent suivant des règles prédéfinies. Les combats commencent d’abord par le défilé des participants (parade marquant l’ouverture officielle des jeux). Viennent ensuite les duels, qui sont contrôlés par des arbitres. Certains gladiateurs victorieux reçoivent une couronne de laurier, une palme, des prix en argent (l’affranchissement pour les esclaves). Ils deviennent parfois très célèbres, accédant à une popularité immense à travers tout l’Empire.

Maeniana : espace où l’on répartissait le public suivant son rang social.

Naumachie : combat naval.

Parement de mur réticulé : désigne une sorte de maçonnerie souvent utilisée par les Romains ; revêtement de petites pierres ou de briquetage, dont la disposition offre à l’œil l’image d’un réseau.

Piédroit : qui supporte la naissance d’une voûte, d’une arcade.

Podium : haut muret qui sépare l’arène du premier rang de gradins.

Style corinthien : c’est un des trois ordres architecturaux grecs, repris par les Romains. Il se compose d’un chapiteau à corbeille orné de rangées de feuilles d’acanthe, et d’un entablement richement décoré.

Tuileau : enduit d’étanchéité romain de réemploi composé de briques ou de tuiles broyées.

Velum ou velarium : grande pièce de tissu, généralement en lin, que l’on étendait dans les théâtres et amphithéâtres romains au-dessus des spectateurs, pour les protéger du soleil.

Vomitoires : du latin vomitere, sortir. Couloirs et galeries qui permettaient l’accès aux gradins.

 

L’AMPHITHÉÂTRE A TRAVERS LES ÂGES

Dès le 4ème siècle, suite à l’interdiction des combats de gladiateurs par l’Empereur Constantin, l’amphithéâtre cesse d’être utilisé. Il devient peu à peu, comme tous les autres monuments de la ville antique, une carrière de pierre permettant d’édifier le groupe épiscopal et la ville médiévale. Cette utilisation est attestée jusqu’à la fin du 18ème siècle, lors de la construction du pont sur le Reyran menant à Puget-sur-Argens.

Combat de Gladiateurs

Combats de Gladiateurs

En 1634, un couvent de Dominicains s’installe entre les murs de l’entrée principale, et une chapelle Notre-Dame-du-Palais est consacrée. Plusieurs gravures et aquarelles attestent de cette présence, ainsi que certaines ouvertures pratiquées dans la première travée au sud de l’entrée.

Il faudra attendre les voyages de Prosper Mérimée (1835) et de Victor Hugo (1839), et la prise de conscience de la valeur de ce patrimoine, pour que l’édifice retrouve ses lettres de noblesse. Les premières études sont menées en 1828, suivies du classement au titre des Monuments Historiques en 1840.

Les premiers travaux de restauration sont entrepris en 1868 par l’adjonction de moellons de grès rose, encore visibles sur les murs rayonnants en partie sud.

Les bâtiments du couvent des Dominicains sont démolis en 1887, permettant de retrouver l’unité du monument antique.

Mais en 1900, une partie de la voûte de l’ambulacre sud s’effondre (ambulacrum : promenade, lieu où se promener), et il faut attendre les années 1960 pour mettre en œuvre d’importantes interventions : recréation de la voûte de l’ambulacre, de la partie sud des gradins et réalisation de grands escaliers. Ces restaurations réalisées sans aucune étude architecturale de l’édifice, sont malheureusement venues perturber la lecture de la structure originelle de l’édifice.

Les principaux objectifs du projet de conservation et de valorisation (2009-2012), menés par Francesco Flavigny (architecte en chef des Monuments Historiques), peuvent se résumer ainsi : retrouver les proportions originelles du monument, stopper les dégradations chroniques du bâti, retrouver une cohérence dans les volumes de la construction antique, et l’aménager afin de pouvoir à nouveau remplir sa fonction initiale d’édifice de spectacle.

La ville et l’État poursuivent aujourd’hui une réflexion pour réaliser une conservation des maçonneries antiques exposées.

Je me suis avancé sous cette voûte et au bout de quelques pas j’entrais dans une vaste enceinte circulaire qu’entoure de toutes parts un entassement magnifique de gradins défoncés, d’arcades rompues, de vomitoires comblés. Ce sont les arènes de Fréjus. Entre les blocs réticulaires croissent pêle-mêle des figuiers sauvages et des térébinthes, rattachés par des guirlandes de ronces. Victor Hugo, Carnets, 10 octobre 1839.

Vomitoires

Vomitoires

LOCALISATION

L’amphithéâtre fut construit à la fin du 1er siècle de notre ère, à l’extérieur des remparts de la ville et non loin de la porte des Gaules. Il s’appuie sur sa moitié nord, contre une colline de grès. Au sud il se dresse en terrain plat. Cette implantation est certainement due à la date tardive de sa construction, alors que la cité intra-muros est déjà largement bâtie. L’installation de la moitié nord de l’édifice à flanc de colline permettait également une économie dans sa construction, en évitant l’édification de grands murs rayonnants. La façade a disparu, mais il perdure d’imposants murs, qui assuraient l’encrage du monument et soutenaient la cavea (les gradins) par un système de voûtes rampantes. Le passage des escaliers d’accès aux premier et deuxième étages était disposé entre les murs des voûtes.

 

L’essentiel du monument est construit en petit appareil de grès vert (opus vittatum), excepté les gradins et les grands blocs servant d’assise à la façade qui, eux, sont en grès brun. Le grès vert est issu d’une carrière locale que l’on a identifiée au lieu-dit La Baume, au nord de Fréjus, près de la route de Bagnols-en-Forêt, dans le Var.

Appareil : Façon de tailler et d’assembler les pierres dans la maçonnerie. Voir aussi: petit, moyen et grand appareil.

DESCRIPTION

LA CAVEA

Elle avait une capacité d’environ 12000 spectateurs ; elle s’appuie au nord contre la colline où se trouve le rempart de la ville.

En cas d’intempéries ou de fortes chaleurs, elle pouvait être recouverte d’un velum (bâche protectrice), pour abriter les spectateurs. Des consoles, disposées régulièrement autour de la corniche dominante de l’édifice, soutenaient les mâts de fixation des cordages. Un système d’anneaux et de poulies assurait la manœuvre des toiles du velum.

La tribune réservée aux élites de la cité (édiles, prêtres, et hôtes de prestige) devait être probablement installée au centre de la partie nord de la cavea. Une arrivée d’eau était vraisemblablement aménagée en provenance d’un aqueduc, pour le nettoyage de l’arène et des gradins.

Les spectateurs en étaient séparés par un mur appelé podium.

LES GALERIES ET LES VOMITOIRES

 


L’ENTRÉE & LE BÉTON

 

LES FAÇADES EXTÉRIEURES

 

 Blason de la ville de Fréjus

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