Les Témoins du passé – La cathédrale Saint Sauveur d’Aix en Provence

LES TÉMOINS DU PASSÉ

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LA CATHÉDRALE SAINT-SAUVEUR

D’AIX EN PROVENCE

Cathédrale Saint Sauveur (2)

Aix en Provence

Blason d'Aix en Provence

Blason d’Aix en Provence

Bouches-du-Rhône

Blason du département des Bouches du Rhône

Blason des Bouches du Rhône

CULTE : catholique romain.

PÉRIODE OU STYLE : Roman.

En histoire de l’art, L’ART ROMAN est la période qui s’étend, en Europe, du début du 10ème siècle à la seconde moitié du 12ème siècle. Elle se situe entre l’art préroman et l’art gothique.

TYPE : cathédrale.

DÉBUT DE LA CONSTRUCTION : 12ème siècle.

FIN DES TRAVAUX : 16ème siècle.

STYLE : roman gothique.

RATTACHEMENT : archidiocèse d’Aix en Provence, Arles et Embrun.

PROTECTION : monument historique.

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LA CATHÉDRALE : classée monument historique en 1840.

LE CLOÎTRE : classé monument historique en 1875.

L’ARCHITECTURE ROMANE est un style architectural qui a pris son essor en Europe au cours du Moyen-Âge (entre le milieu du 10ème siècle et le 12ème siècle). Il est emblématique des monuments religieux de cette époque, et se définit par l’utilisation de voûtes en berceau de plein cintre, de voûtes brisées ou de voûtes d’arêtes, soutenues par des colonnes latérales. Ces dernières, qui soutiennent les arcs, sont essentiellement cylindriques et surmontées de chapiteaux. Elles sont dans la plupart des cas sculptées de reproductions d’animaux, de plantes, ou bien de symboles géométriques.

 

SITUATION

La cathédrale Saint Sauveur se situe dans la rue Gaston de Saporta, à Aix en Provence, dans les Bouches-du-Rhône.

Statuaire du Portail d'entrée (11)

ORIGINES & LÉGENDE

L’édifice se trouve sur le parcours de l’ancienne via Aurélia, décrivant un trait d’union entre le monde romain et la chrétienté aixoise. Sa fondation semble à la fois appartenir à la légende et à l’Histoire. La portion de mur romain et les colonnes du baptistère sont autant de facteurs qui confortent la légende selon laquelle la bâtisse se trouverait sur l’emplacement d’un temple antique voué à Apollon. En 1654, l’historien aixois Jean Scholastique Pitton (1621-1689) atteste que ce sanctuaire est consacré à une divinité solaire. Il justifie sa pensée en prenant exemple sur la mise à jour d’une statue à la cuisse dénudée. D’après la légende chrétienne, c’est Saint Maximin qui, accompagné de Marie-Madeleine, et arrivant sur une barque de Palestine, aurait construit sur ce lieu une petite chapelle consacrée au saint sauveur.

L’édification de la cathédrale a subi de profondes transformations entre le 5ème siècle et le 18ème. De par ces nombreux remaniements au fil du temps, elle renferme une grande variété de styles architecturaux.

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ÉTAPES DE CONSTRUCTION DE LA FAÇADE

Trois étapes de construction se détachent de l’édifice. La façade nue de la nef romane date du 12ème siècle. Elle est suivie dans les années suivantes par le mur érigé de blocs antiques à bossages, bâtis à joints vifs sur des lits de filasse. Seul le portail de la nef gothique est plus récent : il date du 16ème siècle. Au fil du temps, de nombreuses bâtisses seront construites et ajoutées à l’édifice. Par exemple, le bâtiment claustral des chanoines, qui date de la fin du 12ème siècle, le cloître, qui sera édifié entre le 11ème et le 13ème siècle, et enfin le clocher, qui sera achevé en 1425. 

BOSSAGE : pierre de taille présentant des bosses sur la surface extérieure. Cette particularité donne ainsi au mur un aspect brut.

DIMENSIONS & PLAN

Longueur extérieure : 70 mètres.

Largeur extérieure : 46 mètres.

Élévation sous la clé de voûte : 20 mètres.

Hauteur du clocher : 64 mètres.

SAINT SAUVEUR, QUELQUES DATES…

– En 408, attestation d’un évêché à Aix. La cathédrale se situe alors à Notre-Dame-de-la-Seds.

– En 476, Euric (420-484), le roi des Wisigoths, envahit la Provence et s’empare de Marseille, Arles et de plusieurs autres sites fortifiés…

La cathédrale s’établit alors sur l’emplacement d’un monument érigé en 90 après J-C, constitué d’un forum, d’un grand portique et d’une basilique. On construit ensuite le baptistère et une chapelle consacrée au Christ Sauveur. La première annotation de cette cathédrale nommée Sainte Marie date de 1012.

– Lors des invasions sarrasines des 8ème et 9ème siècles, Saint Sauveur sera détruite.

En Europe, durant le Moyen Âge, le mot « Sarrasins » ou « Sarrazins » était employé pour dénommer les peuples de confession musulmane. On les appelait aussi « Mahométans », « Arabes », « Ismaélites », ou bien « Agarènes ». Quant au terme « Maures », il faisait allusion aux Berbères de l’Afrique du Nord après la conquête des Omeyades. Les mots « Islam » et « Musulmans » n’existaient pas encore en Occident médiéval. En français, le mot « Musulman » est cité pour la première fois en 1551 ; « Islam » en 1697. Avant ces dates on utilisait, pour définir la religion des peuples musulmans, l’expression « loi de Mahomet », ou « loi des Sarrasins ».

– Milieu du 12ème siècle : édification de la nef romane Saint-Maximin. Au sud, le portail roman est accolé à un mur romain.

– Fin du 12ème siècle : construction du cloître canonial et du bâtiment claustral de la communauté des chanoines (fin du 12ème siècle).

– Fin du 13ème siècle : prolongement vers l’est de la nef gothique Sainte-Marie.

– Début du 14ème siècle : construction des transepts (1316) et de l’abside (1339) ; l’église prend alors la forme d’une croix latine. La charpente d’origine est remplacée par des croisées d’ogives ; l’ensemble prend alors le vocable de Saint-Sauveur.

– 15ème siècle : le clocher est érigé entre 1323 et 1425, et la chapelle axiale Saint-Mitre est bâtie en 1444.

– En 1477, la nef gothique est prolongée vers l’ouest d’une demi-travée et une nouvelle façade est débutée. Les travaux se termineront en 1513.

– 1534 : consécration de la cathédrale.

– A partir de 1695, on inaugure, en démolissant les murs qui séparaient les trois chapelles du flanc nord, un collatéral bordé de trois nouvelles chapelles : Saint Lazare, Saint Joseph et Saint Maximin. Ce nouvel espace prend le nom de Notre-Dame-d ’Espérance.

– Pendant la Révolution, toutes les statues seront détruites ; elles ne seront remplacées qu’au 19ème siècle. Seuls la Vierge du trumeau et le grand Saint Michel échappent à la destruction et subsistent dans leur état d’origine. L’édifice sera désaffecté pendant la période révolutionnaire. La cathédrale ne sera rendue au culte qu’en 1802.

– Vers 1860, le monument reçoit un décor néo-gothique du chœur, les verrières de la façade ouest, celles du transept sud, ainsi que la chaire.

-1999 voit l’installation dans le chœur d’un nouveau mobilier liturgique adapté aux orientations de Vatican II.

EXTÉRIEURS

FAÇADE GOTHIQUE

PORTES SCULPTÉES

STATUAIRE DE LA FAÇADE

INTÉRIEUR

L’intérieur se compose de trois nefs distinctes de styles différents (roman, gothique et baroque) :

– La nef romane Saint Maximin, la plus ancienne (12ème siècle).

– La nef gothique Sainte Marie (du 13ème au 15ème siècle).

– La nef baroque Notre-Dame d’Espérance (fin 17ème siècle).

LA NEF ROMANE

On y entre par un portail roman du 12ème siècle qui jouxte un mur du Haut Moyen Age. 

La nef romane Saint Maximin est d’une pureté admirable. On remarquera ses voûtes ornées de frises à l’antique et ses chapiteaux corinthiens spécifiques du 12ème siècle provençal.

On y trouve :

– Une coupole octogonale sur trompes, ornées des symboles des quatre évangélistes.

– La statue du Christ ressuscitant (1680), d’Honoré Pellé.

Statue du Christ ressuscitant (1680)

Statue du Christ ressuscitant (1680)

– Le tableau de Saint Jean à Patmos (1690), de Gilles Garcin (1647-1702).

– La chapelle du Sacré-Cœur (1464) : vitrail du 15ème siècle (Sainte Marie-Madeleine, Saint Lazare, Sainte Marthe et Sainte Catherine d’Alexandrie).

– La chapelle du Corpus Domini.

– Le tombeau des Pujet, le Christ en croix avec la Vierge des douleurs, Saint Pierre et Saint Antoine (1640), de Jean Daret.

– La chapelle Sainte Madeleine (1643) : statue en marbre de la Vierge aux Raisins (17ème siècle).

La Vierge aux raisins

La Vierge aux raisins

– Dans le transept sud :  les vestiges de la chapelle Saint-Sauveur.

-La verrière de l’Espérance par Didron (1858) et une fresque de la Transfiguration (1693) d’André Brisson, d’après Raphaël.

 CHAPELLE SAINTS-CÔME-ET-DAMIEN

Cette chapelle, construite vers la fin du 16ème siècle, représentait l’ancien narthex du baptistère.

De nos jours, elle est devenue un musée lapidaire qui rassemble de nombreuses pièces remarquables, dont le sarcophage dit « de Saint Mitre » (4ème siècle). Ce cercueil admirablement sculpté aurait, dit-on, abrité la dépouille du saint aixois après sa mort en martyre.

LE SARCOPHAGE DE SAINT MITRE.

Ce sarcophage paléochrétien date de la deuxième moitié du 4ème siècle et aurait contenu le corps de IMG_7570Saint Mitre, patron de la ville d’Aix en Provence qui fut décapité en 466, à l’âge de 33 IMG_7571ans.

Au 5ème siècle, le sarcophage aurait été déposé à Notre-Dame-de-la-Seds, siège de la 1ère Cathédrale d’Aix.

En 1383, il fut transporté à Saint Sauveur et installé au-dessus des colonnes de l’autel, dans la chapelle dédiée à Saint Mitre, chapelle construite en 1442 par l’archevêque Avignon Nicolaï.

De conception classique, harmonieuse et équilibrée, ce sarcophage, en marbre des Pyrénées de bonne qualité, fut sculpté en Provence.

Le thème iconographique chrétien, influencé par l’art impérial, représente le Christ après la Résurrection, donnant à chacun des douze apôtres le rouleau de la loi chrétienne (Traditio Legis) : « Aimez-vous les uns les autres comme Dieu vous aime », avant de les envoyer en mission.

Jésus occupe le milieu de la scène, debout, le bras droit levé. Il tient dans sa main gauche le rouleau de la Loi, qu’il remet en premier à Saint Pierre. Celui-ci porte la Croix comme un trophée et reçoit le rouleau dans sa main gauche, voilée en signe de respect. A la droite de Jésus se trouve Saint Paul.

Sous un portique à arcades, les apôtres, la main droite levée, se répartissent harmonieusement de part et d’autre de Jésus ; ils l’acclament, comme était acclamé un empereur romain dans une basilique. Chacun tient dans sa main gauche le rouleau de la Loi dans des positions différentes, ce qui donne du mouvement à la scène ; ce mouvement est accentué par le tracé des plis des tuniques, par la position des têtes et des pieds… Ces gestes et mouvements donnent au décor un air de dignité un peu solennel.

Aux pieds du Christ, deux petits personnages agenouillés : les défunts, commanditaires du sarcophage. Ils prient Jésus de les amener au Paradis. Sous les pieds de Jésus partent les quatre fleuves du Paradis : le Tigre, l’Euphrate, le Pishon et le Guhion (Genèse II, 10-14) ; ces deux derniers pourraient être, selon Jean Delumeau (Histoire du Paradis), le Nil et le Gange.

« De la mer d’Eden partaient quatre fleuves dont l’un se faufilait longtemps sous terre avant de ressortir en Inde… »

Le couvercle est également en marbre des Pyrénées. Il est probablement de réemploi et possède des ornements païens du 3ème siècle. Sur la gauche, on distingue la déesse Cérès et sa corne d’abondance ; sur lIMG_7572a droite, le Dieu Neptune et son trident ; au centre, des Putti (angelots nus et ailés), et des femmes ailées portant des couronnes et des guirlandes de fleurs, symboles de la victoire chez les païens. IMG_7573

Sur les côtés du couvercle, deux lions s’affrontent au-dessus d’une fontaine, source de vie. Enfin, dans les angles, on découvre quatre masques évoquant les quatre saisons, symboles de l’éternité.

 

D’autres pièces remarquables viennent enrichir cette collection. Notamment deux lions en marbre provenant du tombeau d’Hubert de Vins, ainsi que des sculptures de Charles Desbordes, ou encore des colonnettes à chapiteau de marbre, issues de l’oratoire Saint-Sauveur.

Deux bas-reliefs en marbre du 18ème siècle représentent Marie-Madeleine en extase, et Marie Madeleine recevant la communion des mains de Saint Maximin.

STATUAIRE

LE TABLEAU DE LA VIE DE SAINT MITRE (Nicolas Froment, toile peinte vers 1470-1475).

Statue céphalophore de Saint Mitre

Statue céphalophore de Saint Mitre

LA LÉGENDE DE SAINT MITRE : huile sur panneau de peuplier 160 x 157 cm. Ce tableau est exposé de nos jours dans la chapelle Saints-Côme-et-Damien ; il est classé monument historique depuis le 21 octobre 1903.

La légende de Saint Mitre (1470-1475)

La légende de Saint Mitre (1470-1475)

Les différentes périodes de la vie de Saint Mitre sont exposées sans ordre apparent. La scène représente une place où sont disposés divers monuments qui pourraient, d’après les dires de certains esprits éclairés, être des bâtiments religieux d’Aix. On y distingue les passages de la vie du saint tels que :

Saint Mitre qui distribue le raisin qu’il a dérobé aux pauvres, un acte charitable qui va décider de son destin.

Saint Mitre distribuant le raisin aux pauvres

Saint Mitre distribuant le raisin aux pauvres

– Son arrestation.

Arrestation de Saint Mitre

Arrestation de Saint Mitre

– Son jugement.

Jugement de Saint Mitre

Jugement de Saint Mitre

– Son emprisonnement.

– Sa décapitation.

Décapitation de Saint Mitre

Décapitation de Saint Mitre

– Le miracle où le saint céphalophore porte sa tête et marche vers la cathédrale.

CÉPHALOPHORE : désigne un saint qui porte sa tête après sa décapitation ou qui porte la tête d’un autre saint décapité.

LE BAPTISTÈRE (fin du 5ème siècle).

Il représente la partie la mieux conservée du monument antique. Ses huit colonnes, surmontées de leurs chapiteaux corinthiens, supportaient le portique colossal qui permettait l’accès à la basilique romaine. Deux colonnes sont en granit et les six autres en marbre. La coupole octogonale sur un double tambour a remplacé en 1577 le toit à huit pans du 5ème siècle. Les colonnes qui soutenaient le dôme provenaient, dit-on, d’un temple antique. La piscine baptismale est octogonale, de même que les fonds baptismaux du 14ème siècle ; elle rappelle l’ancienne pratique du baptême par immersion. A son origine, le baptistère était alimenté par les eaux chaudes recueillies des thermes romains.

Dans l’enceinte du baptistère sont représentés sept tableaux de maîtres aixois du 19ème siècle, qui illustrent les sept sacrements. Ces sept toiles ont été peintes, entre 1846 et 1849, aux dimensions des niches du Baptistère. Elles sont groupées autour des fonds baptismaux, le baptême occupant de manière significative la niche centrale.

Chaque peintre a traité le sujet de manière variée, dans le goût des « années romantiques ». A l’exception de l’Ordre, ils ne font pas de références à l’époque antique ou au Nouveau Testament, mais représentent des « cérémonies » en costumes, dans des architectures d’époques historiques différentes et parfois mêlées, allant du Moyen Âge au 19ème siècle.   

Après une première formation locale ces peintres ont fréquenté, à l’exception de Joseph Gibert, les meilleurs ateliers parisiens : ceux de Gros, d’Ingres, de Delaroche, de Cogniet, de Picot…Auprès de ces maîtres et dans l’effervescence du « creuset » parisien, ils ont acquis un métier très sûr et renforcé leur personnalité. Plusieurs d’entre eux ont fait une carrière parisienne.

LE CLOÎTRE CANONIAL (classé en 1875).

C’est l’un des plus beaux cloîtres de Provence.

Il date de la fin du 12ème siècle. De taille réduite, c’est un espace raffiné et élégant qui dégage une certaine quiétude. Les galeries charpentées sont admirablement décorées. Les colonnettes et chapiteaux sculptés dénotent une foison de figures humaines, animales, florales et de créatures fantastiques. On distingue sur les arêtes les symboles des quatre évangélistes, Mathieu, Marc, Luc et Jean.

LES SYMBOLES DES QUATRE ÉVANGÉLISTES

L’aigle : Jean.

L'aigle, Jean

L’aigle : Jean

L’homme : Mathieu.

L'homme : Mathieu

L’homme : Mathieu

Le lion : Marc.

Le lion : Marc

Le lion : Marc

Le taureau : Luc.

Le taureau : Luc

Le taureau : Luc

LES GALERIES & COLONNETTES

LES CHAPITEAUX

LA NEF GOTHIQUE SAINTE-MARIE (du 13ème au 15ème siècle).

Elle comprend :

– Le grand tableau de Sainte Apollonie aux pieds de la Vierge, par Gaspard de Crayer (1584-1669), disciple de Rubens.

L’Incrédulité de Thomas (1613), tableau de Finson.

Chapelle avec l'autel du peuple et le tableau représentant l'incrédulité de Saint Thomas

Chapelle avec l’autel du peuple et le tableau représentant l’incrédulité de Saint Thomas

– Sur la grande verrière de la façade : le Triomphe de la Foi, par Didron (1858).

 

Vitrail Le Triomphe de la Foi

Vitrail Le Triomphe de la Foi

L’ABSIDE

– L’abside à sept pans fut édifiée en 1339 sur le modèle de la Sainte-Chapelle à Paris. Elle est dotée d’un décor peint et sculpté néo-gothique (1857-1862), restauré en 2000.

L’AUTEL

– L’autel majeur du 19ème siècle est bordé d’anges en bois doré (époque Empire) ; on peut admirer sur le bas-relief la Résurrection de Lazare (1730).

– Le mobilier moderne (1999) est de Jean Mégard, artiste aixois. L’autel symbolise le Souffle de l’Esprit.

LA NEF

LES STALLES

LA CHAIRE & CONFESSIONNAL

LES ORGUES

– Les grandes orgues (41 jeux) sont l’œuvre du dominicain J.E. Isnard. Le buffet vert et or date de 1746 ; la partie instrumentale est de M.H. Ducroquet, et date de 1855 ; tous deux sont classés monuments historiques. Deux orgues ont été construits : un sur le flanc nord du chœur gothique, l’autre, similaire mais factice, a été bâti en face du premier, afin d’imiter l’esprit baroque italien et ibérique.

Cet orgue a subi une restauration par J. Dunant en 1972 ; la dernière remonte en 2002.

LES VITRAUX

LES PORTES DE LA NEF GOTHIQUE

LA NEF BAROQUE NOTRE-DAME-D’ESPÉRANCE (fin du 17ème siècle)

Elle comprend :

L’autel des Aygosi (1470). Cet autel de pierre a été installé à Saint Sauveur en 1823. Il est l’œuvre du sculpteur Audinet Stéphani, qui a travaillé à Aix et dans sa région entre 1446 et 1476.

L’ensemble est constitué de :

– Un autel surmonté d’un faux tabernacle, avec, à ses extrémités, les armes d’Urbain Aygosi.

– Un tabernacle décoré d’un Christ avec l’inscription : « Vois, mortel, c’est pour toi que se livre une telle victime ».

– Un retable comprenant six figures : On y distingue un Christ de Pitié avec les symboles de la passion. De part et d’autre des quillons de la croix, le soleil et la lune. Au centre, la statue de Sainte Anne ; face à elle, la vierge et Jésus enfant dans ses bras. A gauche, on distingue Saint Maurice dans une armure du 15ème siècle, à droite, Sainte Marguerite jaillissant du dragon. De chaque côté de l’autel se trouvaient les statues de la Vierge et de Saint Jean. Elles sont aujourd’hui exposées au musée Granet.

– Le tableau de l’Adoration des Mages (1530), par Pierre Malet.

– La chapelle Saint-Lazare, qui abrite le Triptyque du Buisson ardent (1475). Il est l’œuvre de l’artiste avignonnais Nicolas Froment (né vers 1430/1434-mort vers 1486).

LE TRIPTYQUE DU BUISSON ARDENT (1475)

Il représente la pièce majeure de la cathédrale. Commandée en 1476 par le roi René pour l’église des Carmes d’Aix (monument qui sera détruit sous la Révolution), cette œuvre ornait l’autel de la chapelle des Carmes dans laquelle sera placée la dépouille du roi René. Le triptyque y restera jusqu’à la Révolution, puis sera entreposé dans la chapelle des Andrettes, pour enfin rejoindre la Cathédrale Saint Sauveur.

Sur le panneau central, on distingue la Vierge et l’Enfant sur le Buisson ardent. Au premier plan, sur la droite, Moïse, gardant son troupeau, se déchausse face à l’apparition. Sur le volet gauche, apparaît le roi René agenouillé, et sur celui de droite, la reine Jeanne de Laval dans une attitude pieuse, tenant son livre de prières. Le roi René porte l’habit des chanoines de Saint-Victor. On distingue au-dessus de l’œuvre une citation du livre des Proverbes : « Qui me trouve, trouve la vie… ». D’après les dires de spécialistes, la ville représentée sur la droite du tableau pourrait être Avignon. Quant à la présentation du château sur la gauche de l’œuvre, il pourrait être le château de Saumur, en Anjou, propriété du roi René.

Le triptyque fait l’objet depuis 2003 d’une restauration méticuleuse. On peut le découvrir actuellement dans son intégralité dans la chapelle Saint Lazare. Sa présentation au public suit un calendrier d’ouverture très strict, l’œuvre ne pouvant être visible de manière permanente.

La Chapelle Notre-Dame-d’Espérance richement décorée : on peut y voir une statue en pierre polychrome de la Vierge allaitant.

Chapelle Notre-Dame de l'Espérance

Chapelle Notre-Dame de l’Espérance

– Les visions de Jeanne Perraud.

De santé précaire et souffrant de nombreuses infirmités, Jeanne reçoit une éducation chrétienne très pieuse. Après le décès de ses parents, elle se convertit au catholicisme et en 1650, elle perçoit sa première vision : « une étoile miraculeuse, dit-elle, d’une lueur admirable ». C’est alors qu’elle entre au couvent des Ursulines de Lambesc, puis à celui de Barjols, pour enfin rejoindre les Dominicains de Saint Maximin. En 1655, elle s’établit à Aix

Par la suite, elle sera témoin de nombreuses visions de l’Enfant-Jésus, et parfois, semble-t-il, celle d’un homme adulte qu’elle décrit comme tel :

« [Il] paraissait de l’âge de 33 ans (…), de taille fort grande mais bien proportionnée ; le maintien plutôt doux que sévère (…), la barbe fort longue (…), le poil châtain, non frisé (…), les cheveux tombant sur les épaules (…), le vêtement rouge (…) ».

Un jour, elle verra le Christ avec ses plaies ouvertes.

Jeanne meurt d’une forte fièvre le 22 janvier 1676. Toutes les tentatives pour lui accorder la canonisation seront vouées à l’échec. Peu de temps après sa mort, une poupée à l’effigie de l’Enfant-Jésus est confectionnée et exposée ; on peut la voir encore de nos jours dans la cathédrale.

 

LE CHEMIN DE CROIX

 

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