Les Témoins du passé – Le château de Roquebrune Cap Martin

LES TÉMOINS DU PASSÉ

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LE CHÂTEAU DE ROQUEBRUNE

CAP MARTIN

« Le château des Grimaldi »

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Roquebrune-Cap-Martin

Blason de la ville de Roquebrune Cap Martin

Blason de la ville de Roquebrune Cap Martin

Alpes-Maritimes

Blason des Alpes Maritimes

Blason des Alpes Maritimes

 

PÉRIODE OU STYLE : médiéval.

TYPE : château-fort.

DÉBUT DE CONSTRUCTION : 12ème siècle.

FIN DE CONSTRUCTION : 16ème siècle.

PROTECTION : inscrit sur la liste des Monuments Historiques en 1927.

PROPRIÉTAIRES A L’ORIGINE : les Comtes de Provence.

 

ROQUEBRUNE CAP MARTIN

SITUATION

Roquebrune-Cap-Martin est une commune française, aussi appelée Roquebrune ou RCM, située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. La commune est limitrophe de la principauté de Monaco.

HISTORIQUE

1 – Un village perché.

Le village, situé sur une bosse de poudingue tertiaire, est couronné par son donjon qui se dresse à 300 m d’altitude. Dès le 10ème siècle, un château a probablement été élevé par les Comtes de Vintimille sur les fondations d’une enceinte ligure (castellaras).

Un poudingue est une roche constituée de débris arrondis, qui sont d’anciens galets charriés sur une certaine distance dans des rivières ou sur un littoral.

C’est en 970 que le Comte de Vintimille Conrad 1er fonde Roquebrune. Il a pour intention de renforcer et de protéger la frontière occidentale contre les hordes de Sarrazins qui menacent la région, afin qu’ils ne puissent pas s’y établir à nouveau.

En Europe, durant le Moyen Âge, le mot « Sarrasins » ou « Sarrazins » était employé pour dénommer les peuples de confession musulmane. On les appelait aussi « Mahométans », « Arabes », « Ismaélites », ou bien « Agarènes ». Quant au terme « Maures », il faisait allusion aux Berbères de l’Afrique du Nord après la conquête des Omeyades. Les mots « Islam » et « Musulmans » n’existaient pas encore en Occident médiéval. En français, le mot « Musulman » est cité pour la première fois en 1551 ; « Islam » en 1697. Avant ces dates on utilisait, pour définir la religion des peuples musulmans, l’expression « loi de Mahomet », ou « loi des Sarrasins ».

2 – Une histoire mouvementée…

Dès l’époque romaine, le territoire est traversé par la via Julia Augusta (lire le Trophée d’Auguste). Cette route antique suivait la côte depuis Intermelium (Vintimille) jusqu’à Lurno (Cap Martin), pour grimper ensuite à l’Alpa Summa (La Turbie). Ce périmètre constituait la frontière occidentale du Comté de Vintimille, crée au 10ème siècle. Ce petit Comté était enclavé par la mer, le col de Tende, l’Armea (San Remo) et le Mont Angel. Mais ses voisins, la République de Gênes et le Comté de Provence, étaient trop puissants. En 1157, Guido Guerra, Comte de Vintimille, céda son territoire à la République de Gênes contre restitution en biens et fiefs. Les Génois devinrent alors les maîtres des seigneurs de Roquebrune jusqu’en 1395.

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Via Julia

3 – Des magistrats podestats pour Roquebrune.

Entre 1157 et 1395, la République de Gênes nomme des administrateurs (castellans) à Roquebrune. Ces fonctionnaires ont une triple mission : militaire, politique, et judiciaire. En temps

Armoiries de Gênes

Armoiries de Gênes

de paix, le podestat s’engage à protéger la citadelle avec une garnison ordinaire. En temps de guerre, un contingent supplémentaire vient renforcer la force armée du château, et le Castellan doit réquisitionner auprès de la population du village, tous les hommes en âge de se battre. Ce magistrat, représentant de la République de Gêne, vit comme un militaire.

Podestat : Premier magistrat de certaines villes d’Italie et du midi de la France qui détenait, au Moyen Âge, les pouvoirs exécutifs et judiciaires. Ce nom fut plus tard utilisé pour désigner les maires de commune sous le régime fasciste italien de Benito Mussolini.

On note l’inventaire méticuleux des biens et des meubles du château, établi le 11 mars 1363 par le Castellan Francesco Ciavaro : 1 coffre contenant 1484 traits d’arbalète, 1 torchère sur son trépied, 1 coffre pour les arbalètes, 2 arbalètes marquées du sceau Génois, 6 cuirasses légères, 4 tableaux de Saint Martin, 2 bons tonneaux et 2 mauvais, 1chaîne en fer pour le pont levis, 1 bannière aux armes de Gênes.

4 – Roquebrune, la Provençale (1258-1289).

En 1258, les Comtes de Vintimille Boniface et Georges, tous deux vassaux de Gênes, cèdent leurs droits sur Roquebrune au Comte de Provence, Charles d’Anjou. Or la détention de ce château est primordiale pour les Génois, qui ont édifié la forteresse de Monaco.

Au Moyen Âge, un vassal est un homme libre qui se met sous la protection et au service d’un homme plus puissant appelé « seigneur » ou suzerain. C’est par la cérémonie de l’hommage qu’un homme devient le vassal d’un autre.

En 1262, à Aix en Provence, Charles d’Anjou passe un accord avec Gênes et lui reconnaît la souveraineté de Monaco.

En 1273, malgré cet arrangement, Vintimille et Roquebrune, les ennemis de Gênes, s’emparent du château de Roquebrune. Le castellan génois Badat, qui administrait les lieux, abandonne la place fortifiée sans combattre. Pour cet acte, il sera exécuté dès le lendemain par la République de Gênes. Les couleurs provençales flotteront sur le château jusqu’en 1289, date à laquelle Charles II d’Anjou, roi de Sicile, rendra les clefs de la forteresse aux Génois.

5 – Le château des Grimaldi.

En 1355, les Vento vendent Roquebrune et Menton. Après avoir été administrée par les Comtes de Provence et la République de Gênes, la forteresse tombe, pendant cinq siècles, dans le giron des Grimaldi. Ces derniers rectifient les constructions et apportent des modifications en installant l’artillerie dans la défense du château.

A l’origine, la place groupait dans une seule enceinte six portes fortifiées, un donjon, et enfin le village qui clôturait l’ensemble. Au 15ème siècle, le donjon se sépare de l’ensemble fortifié pour s’appeler le « château », alors que tout autour, le reste devient le « village ». On peut encore l’admirer de nos jours : il a conservé son caractère médiéval, avec ruelles étroites surmontées de voûtes romanes, ses vieilles maisons aux murs moussus…

6 – « Monseigneur Augustin Grimaldi »

Augustin Grimaldi (1482-1532) était évêque de Grasse, aumônier du roi de France François 1er, et conseiller extraordinaire au Parlement de Provence. En 1563, suite à l’assassinat de son frère

Blason de Monaco

Blason de Monaco

Lucien (1461-1523), il se voit contraint de prendre la direction de la seigneurie de Monaco. Malgré son allégeance au Royaume de France, Augustin change de camp et se place sous l’autorité de Charles Quint. La principauté restera ainsi sous protection espagnole jusqu’en 1641. Augustin Grimaldi fera de nombreux séjours au château de Roquebrune, qui deviendra sa résidence d’été. En 1528, sous sa férule, d’importants travaux de rénovation seront exécutés jusqu’à sa mort, en 1532.

LE CLIN D’ŒIL

L’Histoire de Monaco va se trouver au milieu des querelles et des guerres qui opposèrent François 1er et Charles Quint. Le roi de France va accumuler les erreurs vis-à-vis du seigneur de Monaco, Augustin Grimaldi, évêque de Grasse. Ce dernier, courroucé par les maladresses du monarque français, va prendre fait et cause pour l’ennemi juré de François 1er, Charles Quint, et se placer sous son autorité. Avec la signature du traité de Burgos, le 5 juin 1524, l’évêque Augustin Grimaldi se reconnaît comme son vassal. Ce qui lui vaut de céder malencontreusement l’indépendance de Monaco. Nonobstant, il parviendra avec beaucoup d’habileté à recouvrer cette souveraineté, en obtenant de l’Empereur l’annulation de cette vassalité. Le traité de Tordesillas, signé le 5 novembre 1524, restituera au seigneur Grimaldi la seigneurie de Monaco, mais cette fois, sous un rigoureux protectorat de l’Espagne.

7 – 1506, Roquebrune sous les cendres !

En 1506, Lucien Grimaldi est le seigneur de Monaco. A Gênes, une insurrection populaire chasse les nobles Génois sur les routes. Ces derniers vont trouver asile auprès de Lucien Grimaldi, qui les accueillera sur ses terres.

Aussitôt, Gênes dépêche une petite armée de 4000 hommes équipés d’une importante artillerie, qui se rassemble à Vintimille. Dans un premier temps, Lucien met à l’abri ses galères dans le port

Luciano Grimaldi de Monaco

Luciano Grimaldi de Monaco

de Villefranche (possession du Duc de Savoie), et envoie 200 arbalétriers à Menton et Roquebrune pour soutenir leurs défenses. Menton est prise, ainsi que Roquebrune qui est incendiée. Après un siège de quatre mois, les assauts génois se briseront devant Monaco.

Le 22 mars 1507, l’armée génoise se retirera, et Lucien pourra reprendre possession de son château.

8 – L’artillerie d’Honoré 1er.

En 1532, Augustin Grimaldi, évêque de Grasse, avait laissé les coffres vides. De surcroit, son changement d’alliance et de camp avait amené la France à ourdir un complot contre lui. Dans ce complot figuraient, outre Canobio, le capitaine des galères, Battino Benzo, le castellan de Roquebrune. En 1534, ils seront tous deux démasqués, étranglés, puis pendus à la pointe de l’Esperon à Monaco.

En 1571, après la bataille de Lépante (7 octobre 1571), Honoré 1er (1522-1581), qui avait envoyé sa flotte de galères, parvient à se faire réhabiliter et à améliorer sa position.

Honoré 1er Grimaldi de Monaco (1522-1581) est le fils de Lucien de Monaco. Il fut le souverain de Monaco du 22 août 1523 au 7 octobre 1581.

A la fin du 16ème siècle, des meurtrières à canon (canonnières) sont construites.

En 1597, ces aménagements en défenses n’éviteront pas le bombardement des canonniers du Gouverneur de Provence, le Duc de Guise.

Avec le traité de Péronne, le 14 septembre 1641, Honoré II, Prince de Monaco, rallie la Principauté à la France. Ce traité règlera les rapports entre le Royaume de France et la Principauté de Monaco jusqu’à la Révolution.

9 – Guerre de Succession d’Autriche.

Honoré III, Prince de Monaco, Colonel du régiment de Monaco, Duc de Valentinois, Pair de France, Marquis des Baux de Provence, Comte de Carladez, éprouvera de nombreuses difficultés, durant la Guerre de Succession d’Autriche, à faire respecter la neutralité de la Principauté de Monaco.

Un véritable imbroglio !

Les Français, alliés aux Espagnols, affrontent alors les Sardes (et donc les Niçois), alliés des Autrichiens et des Anglais. Afin de ne pas servir de cible aux canons de la marine anglaise, les navires français débarquent armes, vivres et munitions, dans l’anse retirée de Cabbé. Puis, en 1743, Louis Mandrin (1725-1755), contrebandier français inconnu alors, transporte les précieuses cargaisons vers les montagnes de Sospel aux troupes franco-espagnoles.

10 – La révolution des « Barbets »

Un peu d’Histoire

Les Barbets : sorte de « chouannerie méridionale » qui s’est développée en réaction aux atrocités des troupes révolutionnaires françaises.

Le mouvement des Barbets, ou barbétisme, est un élan d’opposition à l’intégration du Comté de Nice à la France révolutionnaire. Né en 1793, ce mouvement va prendre de l’ampleur au fil des changements imposés par l’occupant. Parallèlement à l’insurrection vendéenne et chouanne en Bretagne, les Barbets se révoltent contre la volonté de déchristianisation du pays, contre les réquisitions infligées aux populations, et contre l’incorporation forcée des jeunes hommes au sein de l’armée. (Levée en masse décrétée par la Convention en février 1793).

Lire les Guerres de Vendée : « Des origines à l’étincelle », de Jean-Marie Borghino.

En l’an VII (1799), quarante Barbets, habillés de courtes vestes bleues ou blanches et coiffés de tricornes, donnent l’assaut à un convoi militaire près de la Turbie, pendant que vingt autres dépouillent deux colonnes de l’armée d’Italie près de Roquebrune. Ils trouvent refuge dans les grottes de Saint Roman qui leur offrent un abri facile, tandis que leur quartier général se situe à Roquebrune, au lieu-dit « Bon Voyage ». Il faudra attendre la fin de l’an VIII (septembre 1800) pour voir les derniers Barbets capturés et emprisonnés, avant d’être guillotinés à Nice. Ils seront les derniers habitants du château.

Huit ans plus tard, le château sera vendu comme bien national à cinq citoyens de Roquebrune, pour 490 francs.

11 – Roquebrune française !

En 1793, après une histoire mouvementée, Roquebrune-Cap-Martin, possession des Grimaldi durant cinq siècles, devient française. Puis, en 1814, elle redevient monégasque. En 1848, elle se détache pour s’ériger en ville libre avec Menton, sous la protection du roi de Sardaigne.

En remerciement de son aide apportée au cours de l’Unité italienne, le roi Victor-Emmanuel II cède à la France le Comté de Nice. En 1860, après une consultation des habitants par plébiscite, les Roquebrunois sont rattachés à la France.

En 1861, Napoléon III paye quatre millions de francs-or la Principauté de Monaco, en échange de la cession à la France des villes de Menton et Roquebrune sur lesquelles elle possédait des droits. Roquebrune est, désormais, définitivement française…

LE CHÂTEAU MÉDIÉVAL

PLAN

Plan du château

Plan du château

1 – LE CHEMIN D’ACCÈS

2 – LA FORTERESSE

Le château de Roquebrune est une forteresse sans faste. Les Castellans nommés par la République de Gênes entre 1157 et 1395 vivent comme des militaires. Ces fonctionnaires, remplacés au début chaque année, administrent le village, encaissent les Impôts et jugent les petits délits.

 

 

3 – LA GRANDE SALLE

Actuellement à ciel ouvert, cette salle, servant aux réceptions et aux cérémonies, avait à l’origine un plafond à voûte d’arêtes. En 1506, suite à un incendie, la voûte s’écroule. En 1528, elle sera restaurée par Augustin Grimaldi, et remplacée par un plafond lambrissé qui rendra le château moins austère et plus confortable. C’est à cette même date qu’est percée la fenêtre à meneau (croisillons). En 1597, les boulets des Provençaux du Duc de Guise mettront le feu à ce plafond de bois qui ne sera plus jamais reconstruit.

 

 

Un meneau est un élément structural vertical en pierre de taille, bois ou fer qui divise la baie d’une fenêtre ou d’une porte. L’objectif principal du meneau est d’être un soutien structurel à un arc ou linteau au-dessus de cette ouverture.

 

4 – LE CORPS DE GARDE

Les fortifications sont faites pour économiser les hommes. Malgré ces puissantes défenses, il est surprenant de constater que les garnisons sont faibles en effectifs. A titre d’exemple, au 14ème siècle, la garnison habituelle du château de Roquebrune se compose d’un castellan, sorte de sous-officier, et de seulement six arbalétriers.

Le corps de garde

Le corps de garde

5 – LA PRISON

Cette prison fut aménagée au 17ème siècle, par les Princes de Monaco, dans la salle sud de l’ancien corps de garde.

Les derniers occupants de cette prison semblent avoir été les « Barbets » qui luttaient alors contre les troupes révolutionnaires françaises. Ces dernières avaient occupé, puis annexé (Décret du 15-02-1793) la Principauté de Monaco (qui comprenait alors Menton et Roquebrune Cap Martin).

6 – LA CHAMBRE DES ARCHERS

Cette salle a été entièrement creusée dans la masse des poudingues. Elle possédait au-dessus de son entrée une trappe, par laquelle on accédait à l’étage supérieur à l’aide d’une échelle.

7 – LE FORTIN

Dès la fin du 15ème siècle, les Grimaldi voulurent augmenter la puissance militaire du donjon, et entreprirent de creuser dans ses épaisses murailles d’imposantes et larges meurtrières destinées à l’artillerie. Mais de toute évidence, les bombardes, que l’on pouvait installer sur les parois dominant en demi-cercle le nord de la forteresse de Roquebrune, réduisaient à néant son invulnérabilité originelle.

 

8 – LA SALLE D’ARMES

Cette première pièce du Logis seigneurial servait à la fois de salon et de chambre à coucher. Les Castellans Génois sont d’abord des soldats. Au 13ème siècle, le mobilier est assez primaire. Il se compose de coffres de bois cerclés de fer, abritant des objets précieux, des étoffes et des vêtements. Ces coffres étaient aussi utilisés comme sièges. Le poste de tir, placé juste avant l’entrée à meurtrières, permettait la surveillance du corridor.

 

 9 – LA SALLE COMMUNE

Cette seconde pièce du Logis Seigneurial était utilisée comme salle commune et salle à manger. On distingue dans son angle nord la présence de commodités. Au sud-est, une porte permet de rejoindre un promenoir, séparé par une porte du « chemin de ronde ». Cette salle et la précédente furent aménagées en casernement dans la moitié du 18ème siècle.

10 – LA CUISINE

Hormis quelques rares visites d’Augustin Grimaldi, Seigneur de Monaco, de Roquebrune et de Menton, le château n’a jamais abrité que des soldats. Cette cuisine a donc préparé uniquement une nourriture pour soldats.

11 – LE CHEMIN DE RONDE

Il fait le tour du donjon. Toutes les forteresses ont longtemps possédé un chemin de ronde circulaire, permettant aux défenseurs de se porter rapidement sur le point de l’édifice menacé. Aux pieds des remparts se blottit le village. A l’origine, celui-ci se situait dans l’enceinte. Ce n’est qu’au 15ème siècle que le donjon prendra le nom de château, et que les constructions aux alentours s’appelleront le village.

12 – LA TERRASSE

De la terrasse, on peut détailler à loisir le panorama que les guetteurs du château ont scruté et surveillé pendant 1000 ans : il s’étire du rocher de Monaco au Cap Martin, du Mont Angel à l’anse de Cabbé… A l’ouest, la tour principale du château nous apparaît miraculeusement indemne. Elle a en fait été reconstruite au début du 20ème siècle.

13 – LE PANORAMA

Blason de la ville de Roquebrune Cap Martin

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