Les Témoins du passé – Saint-Maximin-la-Sainte-Baume ville historique

LES TÉMOINS DU PASSÉ

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SAINT-MAXIMIN-LA-SAINTE-BAUME

VILLE HISTORIQUE

Façade de la basilique (2)

Saint-Maximin

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SAINT-MAXIMIN-LA-SAINTE-BAUME

 

Saint-Maximin la Sainte Baume est une commune française située dans le département du Var, en région Provence-Alpes-Côte-D’azur. La ville de Saint Maximin est une des étapes du Chemin de Saint Jaques-de-Compostelle, entre Arles et Menton (GR653A).

Provence Alpes Côte d'Azur

Provence Alpes Côte d’Azur

UN PEU D’HISTOIRE

Située dans une vaste plaine, la ville est bordée au sud-est par le massif du Mont-Aurélien. Dès l’époque romaine, la commune de Saint-Maximin la Sainte Baume est traversée par la Voie Aurélia, un facteur déterminant dans son essor.

Une voie impériale !

La Voie Julia Augusta était une importante voie romaine qui reliait la ville de Plaisance (Italie) au Var. Elle longeait les côtes de la Ligurie et celles de la Côte d’Azur, en direction du Rhône. Elle représentait le cordon ombilical reliant la Gaule Cisalpine à la Gaule Transalpine, et formait une portion de la Via Aurélia. Cette voie a été délimitée par l’Empereur Auguste entre le 1er juillet 13 et le 30 juin 12 av J.-C, peu après la fin de la conquête des Alpes Maritimes. La voie tire son nom des deux illustres personnages, Auguste et César, juillet étant le mois de Jules César et Août celui d’Auguste. Son tracé, balisé par de magistrales bornes numérotées depuis Rome, fait de cet ouvrage l’un des grands travaux de l’Empire. Dégradée au début IIème siècle, la voie sera restaurée dans un premier temps par Hadrien, puis par Caracalla au IIIème siècle.

Lire dans « Les Témoins du passé » : « Le Trophée d’Auguste ».

Dès le 4ème siècle après J.C, une riche villa gallo-romaine fut sans doute installée sur l’emplacement du prieuré. Le site deviendra le cœur d’une grande agglomération, le siège d’une église et d’un vaste baptistère de la fin de l’Antiquité (4ème-5ème siècle).

En 1279, la mise à jour de quatre sarcophages du 4ème siècle dans un tombeau romain, par Charles d’Anjou (le futur Charles II Comte de Provence), signe le début du culte de Marie-Madeleine à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume.

En effet, une de ces sépultures a été immédiatement reconnue comme étant celle de Marie-Madeleine. Dès la découverte des reliques de la Sainte avérée, un pèlerinage va lui être voué et rapidement prendre de l’ampleur. Conscient de l’importance de l’événement, Charles II d’Anjou ordonne l’érection d’une basilique sur les lieux mêmes de l’ancien mausolée. Durant cette période de construction qui s’achèvera en 1532, la cité médiévale connaitra un essor remarquable. Cette croissance va transformer considérablement l’image du premier bourg ecclésial qui se développe à proximité de l’ensemble basilical.

Marie de Magdala, Marie Madeleine ou Madeleine, appelée Marie la Magdaléenne dans les Évangiles, est une disciple de Jésus de Nazareth. Elle le suivra jusqu’à ses derniers jours, et assistera à sa Résurrection. Elle a donné naissance à une importante figure du Christianisme.

 

LA LÉGENDE DE MARIE-MADELEINE

C’est en Judée, au 1er siècle de notre ère, que les premiers écrits sur la présence de Marie-Madeleine en Provence voient le jour. Dans les textes bibliques, la tradition raconte l’existence d’une Marie-Madeleine, pécheresse repentie, descendante d’une riche famille, et proche du cercle de Jésus de Nazareth qui contribuait à l’évangélisation du bassin méditerranéen. Elle aurait fait partie de ce groupe de fidèles qui, lors de la Pentecôte, aurait reçu pour mission d’évangéliser le monde d’alors, c’est-à-dire l’Empire romain.

D’après la légende, Marie-Madeleine (ou Marie de Béthanie, sœur de Marthe et de Lazare), fuyant les persécutions d’Hérode, aurait trouvé un abri en Provence avec son frère et sa sœur en débarquant aux Saintes-Maries-de-la-Mer.

Après avoir évangélisé la Provence, elle aurait habité durant 30 ans une grotte du massif de la Sainte-Baume. Et c’est à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume qu’elle aurait été inhumée.

L’arrivée de Marie-Madeleine et de ses disciples donne ainsi naissance à la tradition des Saints de Provence, quelque part entre la fin de l’Antiquité et le Moyen-Âge.

Son illustre tombeau aurait pris place, dit-on, dans l’actuelle crypte de la basilique, et aurait été préservé par des moines cassianites (disciples de Saint Cassien) arrivés de l’abbaye de Saint Victor, à Marseille.

Au 8ème siècle, redoutant les invasions sarrasines, les religieux se voient contraint de combler la crypte qui abritait la sépulture, afin de sauvegarder les précieuses reliques.

En Europe, durant le Moyen Âge, le mot « Sarrasins » ou « Sarrazins » était employé pour dénommer les peuples de confession musulmane. On les appelait aussi « Mahométans », « Arabes », « Ismaélites », ou bien « Agarènes ». Quant au terme « Maures », il faisait allusion aux Berbères de l’Afrique du Nord après la conquête des Omeyades. Les mots « Islam » et « Musulmans » n’existaient pas encore en Occident médiéval. En français, le mot « Musulman » est cité pour la première fois en 1551 ; « Islam » en 1697. Avant ces dates on utilisait, pour définir la religion des peuples musulmans, l’expression « loi de Mahomet », ou « loi des Sarrasins ».

En 1279, s’appuyant sur cette tradition, Charles d’Anjou, Comte de Provence, ordonne des fouilles sur le site. Des ossements sont déterrés, ainsi que des reliques témoignant de l’authenticité de la sépulture (qui avait été cachée au 8ème siècle pour échapper aux hordes sarrasines). Cette découverte renforce la tradition de Marie-Madeleine qui connaît alors un vif succès. Un pèlerinage se met en place vers le sanctuaire que Charles II d’Anjou et le pape Boniface VIII confient à la bienveillance des Dominicains.

Plus tard, la basilique érigée pour célébrer la Sainte sera considérée comme le « 3ème Tombeau de la chrétienté », après Jérusalem et Rome. L’édifice est encore de nos jours le témoignage de cette rencontre entre tradition et Histoire. Il a permis d’écrire, à Saint Maximin-la-Sainte-Baume, une des plus belles pages de l’art gothique provençal. Aujourd’hui, le culte de Marie-Madeleine reste toujours vivace.

LA VILLE HISTORIQUE

Circuit historique

Circuit historique

Vers la fin du 13ème siècle, à l’époque de l’édification de l’actuelle basilique, la ville doit être entièrement recomposée. De toute évidence, les dimensions de la nouvelle bâtisse, conçue par l’architecte Pierre d’Angicourt, ne sont pas proportionnelles à celle de la ville. Et celle-ci va s’en trouver sérieusement transformée.

1 – LES REMPARTS

Les premiers éléments de fortification remonteraient au bas empire romain. Au 10ème siècle, après l’occupation sarrasine, les habitants du castrum Rodénas (ancienne appellation de Saint-Maximin) dressent une enceinte autour de la ville. Cette muraille est munie de deux portes et encerclée par un fossé ; le passage des halles est une de ces portes. De nos jours, le mur de Barboulin demeure le dernier vestige de cette époque.

Le tracé du rempart Sud est connu. Il se situe derrière les arcades et le long de la rue Colbert, et à l’Ouest, dans les maisons qui bordent la rue Denfert-Rochereau.

Au Nord, le premier rempart paraît avoir un tracé identique aux nouvelles fortifications élevées par Charles II au début du 14ème siècle.

A l’Est, le mur d’enceinte part de l’aile Luquet, attenante au Couvent Royal, jusqu’au mur de Barboulin.

C’est en 1306, avec l’extension de la ville sous Charles II d’Anjou, que les remparts sont agrandis et prennent leur forme définitive. Détruits par Arnaud Regnaud de Cervole (1320-1366) et ses routiers lors du sac de la cité en 1357, ils seront reconstruits au cours du 14ème siècle, et renforcés aux 15ème et 16ème siècles ; ils comportaient 19 tours et 5 portes.

Lire : dans les chroniques médiévales : « Mercenaires, routiers et écorcheurs au Moyen-Âge » de Jean-Marie Borghino.

 

Arnaud Regnaud de Cervole (1320-1366) était l’un des grands capitaines de la première phase de la guerre de Cent Ans, et le chef de l’une des redoutables grandes compagnies.

En 1590, lors du siège des Ligueurs, Saint-Maximin essuiera 800 coups de canons. En reconnaissance de la bravoure de ses habitants, Henri IV accordera à la ville de « brocher une fleur de lys d’or » sur son blason.

Blason_de_la_ville_de_Saint-Maximin

Afin d’aérer les rues de la cité pour gagner de l’espace, les Saint-Maximinois, (sur autorisation royale du 10 décembre 1828), démolissent les remparts.

 

2 – LE BAPTISTÈRE

Les fouilles de 1993/1994 ont permis de mettre à jour les vestiges d’une église primitive remontant probablement au 5ème siècle. Dans le prolongement de celle-ci, comme il était en usage au Moyen-Âge, se trouvait un baptistère. Celui-ci était situé sur le même niveau que la crypte qui contenait le tombeau supposé de Marie-Madeleine, formant ainsi un ensemble consacré à la célébration du culte de première importance.

C’était un édifice de base carrée de près de 10 mètres de côté qui communiquait avec l’église par 3 portes. L’intérieur, également carré, contenait un déambulatoire, séparé d’un espace central par un soubassement soutenant une colonnade (stylobate). En son centre prenait place une piscine hexagonale de 1,43 mètres de diamètre, ceinturée par une margelle. La pièce du baptistère était aussi importante que celle de Fréjus et de Riez.

BAPTISTÈRE DE FRÉJUS

3 – LE COUVENT DES DOMINICAINES

Le Couvent des Dominicaines de Sainte-Catherine-de-Sienne fut fondé à Saint-Maximin en 1645. Les sœurs l’ont habité jusqu’à la Révolution Française.

En 1791, elles durent faire un choix entre la vie commune et la vie privée. Le couvent, devenu bien national, fut partagé entre différents acquéreurs.

De nos jours, il subsiste un vaste four à pain dans une partie des pièces, probablement les cuisines, qui donnent sur la rue de l’Agriculture (anciennement rue des Religieuses).

Au croisement de la rue de l’Agriculture et de Strasbourg, on peut admirer une belle fenêtre à meneaux datant de la Renaissance.

4 – L’HÔTEL-DIEU, HOSPICE DU MOYEN-ÂGE

Le cartulaire de l’Abbaye de Saint Victor de Marseille évoque, en 1308, l’existence d’infirmeries situées à proximité d’un aqueduc au sud de la cité, à l’extérieur des remparts.

Cartulaire : recueil de chartes contenant la transcription des titres de propriété et privilèges temporels d’une église ou d’un monastère.

Plus tard, un hôpital est construit à l’intérieur de la cité, près de la Porte d’Aix, entre la rue de la Masse et la Grand’rue (à la hauteur de l’actuelle maison de la presse, rue du général De Gaulle).

C’est en 1681 qu’un nouvel « Hostel Dieu » est bâti à l’extérieur des remparts qui date du 10ème siècle. Celui-ci remplace les infirmeries de la Grand’rue. Il est édifié sur l’emplacement d’un immeuble et d’une rue droite ouverte en 1301, rue qui reliait directement la Voie Aurélienne à la basilique.

A partir du 18ème siècle, il prend le nom d’Hôpital Saint-Jacques. A l’intérieur, on y trouve une apothèque (pharmacie), ainsi qu’une chapelle richement décorée de tableaux et de boiseries, qui seront transférés dans la basilique après la Révolution Française. Administré par des recteurs élus, l’hôpital est doté d’un personnel important : médecins, chirurgiens, apothicaires… On y soigne les malades mais on y recueille aussi les orphelins. Sa situation dans le quartier juif n’est pas due au hasard, car, au Moyen-Âge et dans les siècles suivants, un grand nombre de docteurs en médecine étaient Juifs. Dans le bâtiment voisin se trouvait la confrérie des pénitents bleus, chargés d’inhumer les corps.

 

 

5 – LE QUARTIER JUIF

Les premiers Juifs s’installent en Provence en 1303 ; chassés de hors de France par Philippe le Bel, ils sont accueillis en Provence par Charles II d’Anjou. Dès lors, les quartiers juifs se développent dans les villes et villages. Le sort des Juifs de Saint-Maximin est identique à celui de tous les Juifs de notre région. Bénéficiant de la protection des Comtes de Provence, ils seront intégrés durant près de deux siècles, puis devront se convertir ou être expulsés. Il faudra attendre la Révolution Française pour que leur résidence en France devienne légale.

LE DÉTAIL : LES JUIFS EN PROVENCE

C’est en 1330 que le Prieur Dominicain Jean d’Ollières accorde à la population juive de Saint-Maximin le droit de construire une synagogue, une école et un cimetière, dont l’existence demeure apocryphe. La présence des Juifs en Provence est connue depuis l’Antiquité. C’est à partir du 13ème siècle que les quartiers juifs se développent et prennent de l’importance dans les petites villes et villages. Durant une longue période, la population juive de Provence jouira d’une relative tranquillité, d’une existence paisible et d’une situation privilégiée. Ce n’est qu’en 1348, avec l’épidémie de peste noire, puis avec le rattachement de la Provence à la couronne de France, que l’on observera un vrai changement de leur statut.

LES ARCADES, LA JUIVERIE

A Saint-Maximin, les Juifs occupaient un quartier entier dont nous connaissons mal les limites. Sa construction remonte à la fin du 13ème siècle. Les arcades de la rue Colbert (actuellement rue Jutarié) étaient autrefois appelées « Carriero San Jean ». Les premiers bâtiments de ce quartier remontent au 13ème siècle. On peut encore y admirer deux ouvertures sur piédroits surmontés de linteaux monolithiques.

 

 

LE DÉTAIL

Afin de gagner de l’espace habitable, il était courant dans l’architecture des villages méditerranéens de bâtir des pièces ombragées devant les frontispices des maisons. Les habitants sollicitaient pour cela l’autorisation de construire des arcades. Ces constructions, en forme d’arches, servaient d’appui à leurs nouvelles façades.

Mais ces constructions civiles présentaient un inconvénient majeur pour la défense des cités. Le décret de 1320 ordonnera la démolition de tout ce qui peut faire entrave à la défense de villes et de châteaux en Provence. Ce n’est que par un privilège accordé par le roi de Naples et Comte de Provence Robert d’Anjou, en 1323, que les arcades de Saint-Maximin seront sauvegardées.


6 – MAISON DE LUCIEN BONAPARTE

C’est dans cette petite maison du 17ème siècle que vécut Lucien Bonaparte, frère cadet de Napoléon. Le 4 mai 1794, il se marie en première noce avec une Saint-Maximinoise, Christine Boyer, dont les parents tenaient l’auberge du « Mouton couronné » située sur le faubourg de la Porte d’Aix. De cette union naîtront deux filles : Charlotte et Christine-Egypta.

 

7 – LA CITERNE MÉDIÉVALE

A l’origine, le bâtiment primitif était une grande citerne voûtée qui contenait l’eau amenée à Saint-Maximin par un aqueduc antique. Cette eau servit sans doute à l’édification de la basilique et du Couvent, ainsi qu’à la construction des remparts. Tombée à l’abandon vers l’année 1420, cette citerne est partiellement comblée et sert de fondement à des étages.

En 1645, sous le règne de Louis XIV, un bâtiment voit le jour contre la façade nord ; la salle en double voûte romane est séparée en deux pièces (cellules), où sont détenus des prisonniers en attente de jugement. La bâtisse devient le Palais de justice, qui remplace la Cour Royale.

La construction médiévale est de nos jours masquée par une extension du 17ème siècle, dont une façade a été refaite au 19ème siècle.

 

8 – HALLES DE LA BOUCHERIE

Comme tous les gros villages du Moyen-Âge, Saint-Maximin avait un marché couvert où venaient s’abriter et s’entasser les étals des négociants. Les syndics de la communauté prélevaient un droit sur les étalages. Cette communauté reversait ensuite un droit au trésorier (ou clavaire) de la Cour Royale. Il subsiste seulement de ces halles un porche, qui ouvre au nord sur deux arcs en plein cintre, et au sud sur une ogive. Sous cette voûte se trouvaient les étals des bouchers.

9- LA TOUR DE L’HORLOGE

Au 17ème siècle, un beffroi appelé « La Tour de l’Horloge ou la Grande Tour » est édifié par la ville. La Tour faisait partie intégrante d’un système de défense, et comme dans de nombreuses autres cités, elle contenait des cachots et le gibet. Sa fonction essentielle était de marquer les heures de la vie locale, d’annoncer les guerres et les calamités, mais aussi les grands événements. La Tour est surmontée d’un élégant campanile en fer forgé du 17ème siècle. Dans sa cage est suspendue une cloche en bronze datée de 1476 ; elle est une des plus anciennes qui existent dans le Var. Haute de 70 cm, pour un diamètre d’ouverture de 85 cm, elle pèse 400 kg, et sa sonorité correspond à la note si. Ses motifs ornementaux et les inscriptions qui y sont gravées en font une pièce unique en son genre.

Consacrée à la Vierge à l’Enfant, la cloche porte une mention en lettres gothiques « La campana daireloge delavilo de Sant Maxim » (la cloche de la ville de Saint-Maximin). Elle porte aussi une inscription en latin, « si ergome queritis sinite os abiren » (si donc c’est moi que vous cherchez, laissez-les aller). Ces paroles sont inspirées d’une phrase de l’Evangile selon Jean, destinées sans doute à des potentiels envahisseurs pour les supplier d’épargner les femmes et les enfants.

La place située au pied de la Tour a longtemps été le centre du village. Une fontaine dite « de la reine Jeanne » s’y trouvait jusqu’en 1956. Elle a été déplacée et se situe actuellement sur la place Jean Mermoz. C’était un lieu de rencontre des Saint-Maximinois, où les pèlerins venus vénérer les reliques de Marie-Madeleine y apportaient des nouvelles de l’extérieur.

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