L’abbaye de la Celle

LES TÉMOINS DU PASSÉ

L’ABBAYE DE LA CELLE

 

Blason de la ville de la Celle

 

ORDRE : Bénédictin.

CULTE : catholique romain.

STYLE DOMINANT : roman.

En histoire de l’art, l’art roman est la période qui s’étend, en Europe, du début du 10ème siècle à la seconde moitié du 12ème siècle. Elle se situe entre l’art préroman et l’art gothique.

TYPE : abbaye.

PÉRIODES DE CONSTRUCTION : XIème siècle (monastère primitif), XIIème et XIIIème siècles.

ÉTAT DE CONSERVATION : vestiges restaurés.

PROTECTION DU SITE : classé Monuments Historiques le 12 juillet 1886.

PROPRIÉTAIRE : propriété du département du Var depuis 1990.

SITUATION :

COMMUNE : La Celle.

DÉPARTEMENT : Var.

RÉGION : Provence-Alpes-Côte d’Azur.

PRÉSENTATION

Le monastère bénédictin de La Celle, plus connu sous le nom d’Abbaye de La Celle, est un symbole de l’art roman provençal du XIIIème siècle. Le monument a été classé Monuments Historiques en 1886. Depuis 1990 il est la propriété du département du Var.

Le monastère a été, dans un premier temps, le centre de campagnes de fouilles archéologiques, suivies de plusieurs restaurations qui ont permis de mieux comprendre l’histoire du site, et d’avoir une reconstitution plus fiable.

A l’origine, le monastère se composait d’un ensemble monacal double qui accueillait des moniales et des moines, tous étaient sous l’autorité de l’abbé de Saint-Victor de Marseille.

Il y avait deux églises accolées (Sainte-Marie pour les moniales et Sainte-Perpétue pour les moines, qui est aussi l’église de la paroisse), deux cloîtres distincts, des jardins et des annexes.

Dans le monastère féminin, deux édifices se sont succédés. Celui qui est ouvert à la visite aujourd’hui est une construction datant de la fin du XIIème et du début du XIIIème siècle. Il a été édifié en remplacement d’un bâtiment primitif de la fin du XIème siècle.

HISTORIQUE

L’ÂGE DU FER

Le site de l’abbaye de la Celle a été habité dès l’âge du fer (entre les IIème et Ier siècles av. J.-C.). Des fouilles récentes ont permis de découvrir un four et un sol datant de cette période.

LES ROMAINS D’ABORD…

Sur cet emplacement une « villa » romaine, une « pars rustica », a vu le jour au IIème siècle après J.-C. C’était une exploitation agricole dont la fonction première était la production de vin (le pressoir et le fouloir ont été retrouvés dans la cuisine de l’abbaye).  On a pu établir son plan avec la découverte, lors des fouilles archéologiques, des fondations de ses murs.

Du Ier au VIème siècle, grâce à la proximité de la voie Aurélia qui favorisait le commerce, la villa prendra son essor et aura une activité majeure.

La « villa » restera active jusqu’au VIème siècle. Ce n’est ensuite qu’au début du XIème siècle que débutera la construction du premier monastère.

La Via Aurelia, ou voie Aurélienne, est le nom donné à la grande voie romaine de la côte méditerranéenne de l’Italie romaine et de l’ancienne Gaule.

La Via Aurelia a été mise en œuvre à partir de 241 av. J.-C. par le consul Caïus Aurelius Cotta. Elle partait de Rome, longeait la côte occidentale de la péninsule italienne, et passait par Pisæ (Pise) pour arriver à Luna (Luni).

Après sa victoire sur les peuples des Alpes-Maritimes, l’empereur Auguste prolongea la voie, à partir de 13 av. J.-C., depuis Placentia (Plaisance) jusqu’à Arelate (Arles), sur le Rhône. Elle prendra alors le nom de l’empereur : La Via Julia Augusta.

L’exploitation viticole se poursuivra jusqu’au VIIIème siècle en entraînant des changements et l’aménagement des bâtiments.

Durant la période précédant la construction du monastère primitif (du VIIIème au milieu du Xème siècle), s’ouvre une époque tourmentée par les conflits qui dévastent la région. Rares sont les objets mis à jour sur cette époque qui demeure assez mal connue.

A la fin du Xème siècle, avec la paix et la croissance revenues, la société se structure autour de la religion chrétienne, favorisant la construction de nombreux édifices religieux (églises, monastères…)

UN PRIEURE DE L’ABBAYE SAINT-VICTOR DE MARSEILLE

UN REMARQUABLE ENSEMBLE MONASTIQUE ROMAN

A partir des années 970, sous l’impulsion de l’évêque de Marseille, l’abbaye Saint-Victor prend son essor pour devenir l’ordre religieux majeur en Provence.

XIème XIIème siècles.

En 1011, l’abbaye Saint-Victor reçoit en don l’église Sainte Perpétue, à proximité du rocher de Candelon, ainsi que d’immenses domaines dans les environs de Brignoles.

La présence des moines est attestée dès 1074 ; à cette date apparaît le terme de « Cella », qui donnera plus tard son nom à la commune de La Celle.

Dès le milieu du XIème siècle, les moines de Saint-Victor occupent à La Celle un prieuré masculin (l’arrivée des moniales se fera quelques années plus tard, vers 1099). Ils ont pour tâche d’assurer le service religieux de la paroisse, puis, par la suite, celui du couvent des femmes.

Lire : l’abbaye Saint Victor

Une seconde église est érigée, dédiée à Sainte Marie, et un premier monastère voit le jour à la fin du XIème siècle. A la fin du XIIème siècle, il sera remplacé par le bâtiment actuel.

XIIIème siècle.

UNE FONDATION MÉDIÉVALE FÉMININE RÉPUTÉE

Le prieuré de La Celle est connu comme étant un monastère féminin de première importance. Il jouit d’une grande renommée et accueille des jeunes filles de la haute société.

De la fin du XIème jusqu’au XVIIème siècle, le monastère sera occupé par des Bénédictines. Ces religieuses seront sous la direction d’une prieure et d’un prieur. Le choix des novices s’effectuera parmi les jeunes filles de haut lignage de Provence et du Languedoc.

Ainsi, Garsande de Sabran prendra le voile en 1225. C’est l’héritière du Comté de Forcalquier, et la veuve du Comte de Provence. Elle est la mère de Raimond Bérenger V, Comte de Provence et de Forcalquier.

UNE CONSTRUCTION ÉCHELONNÉE DU PRIEURÉ DE LA CELLE

Consacrée en 1056, l’église conventuelle sera la première à être bâtie. Disparue de nos jours, elle était située dans le prolongement de l’église Sainte Perpétue.

Les travaux de construction se poursuivent dans la seconde moitié du XIIème siècle. Quelques bâtiments sont alors réalisés, comme la salle capitulaire, le dortoir, le réfectoire, et certaines galeries du cloître. L’édification du monastère prend fin au début du XIIIème siècle, lors d’un ultime chantier, avec notamment la galerie nord, qui présente une architecture plus élaborée.

LA REFORME ET LA FERMETURE DU MONASTÈRE

XVème-XVIIème siècles.

Au XVIIème siècle, la discipline de la règle bénédictine se relâchant, le cardinal Mazarin, abbé commendataire, ordonne une réforme.

En 1658, Mazarin décide en représailles la fermeture de l’établissement, et fait transférer les moniales dans un couvent à Aix en Provence. Certaines refuseront ce départ forcé, mais le monastère, ne recevant plus de novices, disparaîtra.

En 1692, au décès de la dernière moniale, le monastère est complètement abandonné.

LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

En 1792, l’abbaye sera réquisitionnée comme bien national. Vendue et morcelée, elle sera transformée en exploitation agricole.

XXème siècle.

En 1990, la commune de La Celle fait valoir son droit de préemption pour acquérir l’abbaye, avant de la céder au Conseil Général du Var. La restauration du site est alors entreprise, et les travaux commencent dès 2010.

XXIème siècle.

Depuis le 12 juillet 2016, et après plusieurs mois de fermeture et de travaux de restauration, l’abbaye est de nouveau ouverte au public. Les visiteurs peuvent à nouveau admirer la renaissance de ce témoin de l’art roman provençal.

LE PLAN DU REZ-DE-CHAUSSÉE

L’ENTRÉE

LE PRÉAU – CLOÎTRE

Avant restauration

Le préau est le nom médiéval donné au jardin du cloître. Les bâtiments monastiques sont répartis autour. Cet espace, ouvert à la déambulation et à la prière, apportait une abondante lumière dans les galeries, un milieu claustral et sombre. Il n’avait pas de fonction pratique dans la vie courante du monastère. Il ne s’agissait donc pas d’un potager ou d’un jardin de « simples » Ce préau fut jusqu’au XIVème siècle un lieu d’inhumation pour les moniales.

Dans les jardins médiévaux, les « simples » étaient le nom donné aux plantes médicinales.

Dans l’angle sud-ouest du préau, on distingue nettement sa forme trapézoïdale. En effet, au XIIIème siècle, lors de sa construction, le chantier a eu des difficultés financières, et la forme octogonale qui était prévue à l’origine n’a pu être terminée. Les nouveaux bâtiments se sont donc ajustés avec l’orientation de l’ancienne galerie ouest.

Après restauration

LES GALERIES

Les galeries sont couvertes de voûtes en berceau harmonisées par des arcs doubleaux qui présentent des baies géminées surmontées par un oculus.

Depuis leur restauration en 2020, l’ensemble des galeries de l’aile ouest est ouvert à la visite. Transformées en ferme à la Révolution, ces galeries ont souffert de cette activité agricole et du prélèvement de pierres après la vente du monastère au XVIIIème siècle. En 1990, seules les baies géminées de la galerie nord seront reconstruites à l’identique.

LE LAVABO DU MONASTÈRE PRIMITIF

LES ARMARIA

Armaria : en latin, pluriel d’armarium.

Dans l’architecture cistercienne ancienne, l’armarium est une pièce de petite dimension se situant entre l’église abbatiale et la salle capitulaire, et débouchant directement dans le cloître. Elle abritait les manuscrits et les livres d’usage liturgique, usuellement utilisés par les moines. L’armarium possédait souvent un placard extérieur de rangement, à proximité de la porte d’entrée de l’abbatiale.

On les trouve en sortant à gauche de la salle capitulaire. Ces trois renfoncements creusés dans le mur sont des armoires qui, à l’origine, étaient fermées par des portes.

L’armarium permettait de protéger et de mieux conserver les livres mis à la disposition des moniales, même si seule une minorité d’entre elles était capable de lire.

LES CHAPITEAUX

Les chapiteaux des colonnes sont sculptés de motifs végétaux et de motifs complexes. Les bases portent des griffes décorées de feuilles et, pour certaines, d’un petit animal recourbé sur lui-même.

L’ÉGLISE SAINTE-MARIE

Bâti en 1056, cet édifice conventuel est aujourd’hui une église paroissiale placée sous le vocable de Notre-Dame de l’Assomption. A l’origine, elle était réservée aux moniales qui s’y assemblaient huit fois par jour pour célébrer les offices selon la règle de Saint-Benoît. L’église actuelle est une reconstruction de la fin du XIIème siècle.

LA NEF

La nef de style roman est longue de 20,50 m et large de 7,80 m. Elle est dotée de trois travées, et sa voûte en plein cintre vient prendre appui sur de solides murs de 1,90 m d’épaisseur au nord et de 1,50 au sud.

Au Moyen Âge on y accédait exclusivement par le cloître. A l’origine, trois portes donnaient directement sur le cloître. La porte est, située au plus près du chœur, était destinée aux moniales, alors que la porte ouest était utilisée par les novices. Entre ces deux portes, une troisième issue donnait accès, par un escalier construit dans l’épaisseur des murs, à une tribune aujourd’hui disparue.

Le mobilier liturgique provient en partie de l’ancienne église Sainte-Perpétue, alors en ruine, utilisée comme église paroissiale jusqu’à la Révolution.

LE CRUCIFIX

C’est un crucifix sculpté sur bois, réalisé sans doute en Italie à l’époque gothique entre le dernier tiers du XVème siècle et le début du XVIème siècle.

LE RETABLE

Il est de style baroque et daté de 1682. En son centre, on distingue un panneau peint sur bois appelé « tableau de la Croix ». Il est daté du début du XVIème siècle et inspiré d’une gravure d’Albrecht Dürer.

L’ANCIEN MAÎTRE-AUTEL

C’est un ouvrage prébaroque, surmonté d’un tableau en bois sur lequel figure la scène de la Vierge à l’enfant. Il est daté du début du XVIIème siècle. De chaque côté de la Vierge on distingue deux saintes couronnées, certainement Félicité et Perpétue, martyres chrétiennes persécutées à Carthage en 203 après J.-C.

LE SARCOPHAGE DE GARSENDE DE SABRAN…

La cuve de ce sarcophage est datée de la fin du XIIème siècle. Elle est réalisée dans le calcaire marbrier de Candelon. Sur un des petits côtés on remarque une sculpture de l’Agnus Dei, et sur sa façade principale celle de la Dormition de la Vierge, c’est-à-dire l’instant de sa mort. 

La mise en scène de la mort d’une femme, sans doute une moniale, et l’ascension de son âme au Paradis, offrent aux sœurs une image de perfection monastique. Cette œuvre a pu être réalisée du vivant de Garsende de Sabran, comtesse de Provence et de Forcalquier, qui prit le voile ici à la Celle en 1225. On ne peut toutefois lui attribuer ce sarcophage, qui n’a sans doute jamais contenu sa dépouille.

LA SALLE CAPITULAIRE

C’est la salle où se réunit chaque jour la communauté religieuse du monastère. Autour de son abbé, chacun écoute un chapitre de la règle de Saint-Benoît ; celle-ci en compte soixante-treize. C’est le seul endroit où il est autorisé de parler. C’est dans ce lieu que les moines prennent des décisions concernant la communauté. C’est ici aussi que se font les prises d’habits, les professions monacales et l’élection du Père Abbé. Les religieux prennent place sur des gradins, le Père Abbé au centre de la pièce. Les lieux sont propices à l’écoute, car l’acoustique y est excellente grâce aux nervures de pierre de la voûte d’arête. On peut ainsi y parler sans effort…

Cette salle, appelée aussi salle du chapitre, est une pièce remarquable du XIIIème siècle. Elle possède une voûte à arêtes ogivales, à croisillons lourds. Le tout est supporté par deux piliers épais, comportant des chapiteaux ornés de dessins géométriques, de style roman.

A l’est, on peut voir trois ouvertures étroites et cintrées, tandis qu’à l’ouest, en direction du cloître, on distingue une porte et deux arcades.

On entre dans la salle capitulaire par une porte en arc brisé à double rouleau, venant s’appuyer sur des colonnettes surmontées de chapiteaux ornés de feuilles d’eau. De chaque côté de cette porte, on aperçoit deux larges baies partagées en trois arcades en plein cintre, soutenues par des colonnes géminées doubles. Cette construction date d’une restauration exécutée en 1962.

Cette pièce, qui fut achevée en 1228, mesure 8 m sur 12 m. Elle est scindée en deux vaisseaux de trois travées. Elle possède une voûte à arêtes ogivales à croisillons lourds. Le tout est supporté par deux piliers épais, dont les chapiteaux sont ornés de dessins géométriques (feuilles d’eau accompagnées de décors floraux, de croix pâtées, et de volutes), de style roman. L’utilisation de croisées d’ogives dans un édifice de style roman n’est pas incohérente en ce début du XIIIème siècle.

Les croisées de la voûte retombent et viennent prendre appui sur des culots en relief, à décor d’accolade terminée en bouton.

En architecture, une accolade, appelée aussi arc en accolade ou arc en talon, est un faux-arc (car constitué d’un unique linteau monolithique) en forme d’accolade horizontale, typique de la période gothique.

Sur la bordure de la salle, on peut apercevoir les assises affichant des traces de l’arrachement des bancs sur lesquels venaient prendre place les moniales lors des séances du chapitre. À partir de la fin du XVIIIème siècle, cette pièce servira de bergerie lorsque l’abbaye sera reconvertie en exploitation agricole.

LE PARLOIR

Il est situé entre la salle des moniales et la salle capitulaire. Il se présente comme un couloir étroit exigu, fermé par une porte à chaque extrémité. Il communique avec le cloître et les jardins insérés dans la clôture du monastère.

C’était le seul endroit où les moniales pouvaient parler. Converser dans un espace aussi réduit et exigu n’engageait pas à de longues conversations.

La Clôture : périmètre d’un monastère interdit aux laïcs où les religieux cohabitent renfermés, vivant en conformité suivant la règle de Saint Benoît.

SALLE DES MONIALES

A la suite du parloir, on trouve une pièce voûtée en plein cintre, qui n’a pas de fonction déterminée : la salle des Moniales. Elle est utilisée aujourd’hui comme sacristie. La pièce qui suit ne se visite pas ; elle est de dimensions identiques et d’architecture analogue. On y trouve un conduit de cheminée nous permettant de l’identifier comme étant le chauffoir.

Le chauffoir : c’est la seule pièce chauffée du monastère excepté la cuisine. Cette salle, où les moines se rendaient pour travailler, servait de « scriptorium », lieu où s’effectuaient la copie de manuscrits et les travaux de couture. L’hiver, on y déposait les encriers afin que l’encre ne gèle pas.

La salle des moniales aujourd’hui.

LE RÉFECTOIRE

Il se trouve dans le prolongement de la cuisine. Cette vaste salle était effondrée depuis la fin du XVIIIème siècle et comblée par quatre mètres de gravats. Son déblaiement a été suivi d’une fouille archéologique en 2011-2012. Respectant une organisation canonique, le réfectoire est construit dans l’aile opposée à l’église. Il est contigu à la cuisine, avec laquelle il communique par une passe-plat. C’est une immense salle de 23,40 m de longueur sur 6,90 m de largeur. Elle est ouverte au sud par cinq fenêtres du même modèle que celles du dortoir et de la salle capitulaire. Sa voûte en plein cintre, totalement restituée en 2014, est partagée en trois travées, supportées par deux arcs-doubleaux. On trouvait autrefois, face à l’entrée, une seconde porte qui donnait vers des bâtiments et les jardins qui s’étalaient au sud, dans l’enceinte monastique.

Des banquettes maçonnées prennent appui sur trois pans de mur. Sur la partie est, la partie de banquette la plus élevée marque les places réservées à la prieure et aux sœurs ayant des charges à responsabilité monastiques.

La dimension de ce réfectoire (160m2) est un exemple des surfaces propres aux grandes fondations monastiques régionales, destinées à accueillir la totalité de la communauté lors des repas.

En 1227, l’abbé de Saint-Victor limita à cinquante le nombre de moniales de La Celle. Ce chiffre a probablement imposé les dimensions du réfectoire et du dortoir.

En sortant du réfectoire, on remarque au sol des dalles de couleur beige. Elles signalent l’emplacement du lavabo circulaire du monastère primitif, celui qui servait aux ablutions des moniales. Ce lavabo avait un diamètre intérieur de 4,20 m. Il a été démoli lors des travaux d’agrandissement de la nouvelle galerie du cloître.

À l’angle sud-est de la galerie du cloître, on trouvait un escalier en bois ou une échelle meunière (escalier droit, raide et étroit, dépourvu de contremarches et de rampe), aujourd’hui remplacé par un escalier métallique. Il menait à une porte, aménagée sous la voûte, qui accédait au dortoir.

LA CUISINE

Cette salle était également effondrée depuis la fin du XVIIIème siècle et comblée par quatre mètres de gravats. Elle a été déblayée et fouillée en 2011, et affiche un plan presque carré.

Elle est voûtée en berceau et mesure 7,70 m sur 7 m de côté. Les fouilles archéologiques ont mis à jour un bon nombre d’éléments justifiant son utilisation comme cuisine sur plusieurs siècles.

La cuisine médiévale reposait sur une partie du sol de béton antique de l’ancienne « villa » romaine, recouvert d’un dallage.

On remarque sur les murs des niches et des trous d’ancrages qui servaient à l’installation d’étagères. L’espace au sol était occupé par les foyers de cuisson, disposés à même le dallage. On peut, encore aujourd’hui, en voir les traces noires, ainsi que sur le mur ouest.

On distingue dans les murs nord et sud, la base d’un pilier et les ancrages d’une double arcade centrale. Celle-ci fut bâtie vers le XIVème siècle, certainement pour évacuer les fumées.

Contre le mur mitoyen avec le réfectoire, on trouve une canalisation de blocs taillés. Elle amenait l’eau provenant de la source de Font Vieille.

LE CELLIER

L’ANCIEN PARLOIR

Cette salle se trouve dans l’état où elle a été mise à jour en 2018. Elle renferme des vestiges qui s’étalent sur toute la période d’occupation du site, de la villa romaine au monastère actuel.

Elle a subi de nombreux réaménagements. A l’époque du monastère primitif, cette pièce était plus vaste, et on ne pouvait y accéder depuis le monastère féminin car elle avait une fonction de parloir. Au cours de la restauration, on a réalisé une grande ouverture et modifié son utilisation.

En sortant du parloir, dans la galerie sud, on distingue sur le sol des dalles de différentes couleurs ; elles matérialisent les vestiges des fondations antérieures au monastère actuel. Elles sont rouges pour la villa antique, grises pour le monastère primitif, bleues pour les canalisations d’eau.

LE PLAN DU PREMIER ÉTAGE

LE DORTOIR

À l’angle sud-est de la galerie du cloître, on trouvait un escalier en bois. Il menait à une porte, aménagée sous la voûte qui accédait au dortoir des moniales.

C’est une magnifique salle, la plus grande de l’abbaye, mesurant 28,80 m de longueur sur 8,20 m de largeur. Elle est voûtée en plein cintre, et fractionnée en cinq travées par des doubleaux venant reposer sur des culots simples. C’est aussi un espace baigné de lumière, grâce aux ouvertures situées sur les quatre côtés. On découvre deux oculi (fenêtres rondes) dans les pignons, quatre baies donnant à l’est sur les jardins, et deux baies et une porte côté préau (la grande porte est une création).

Un oculi, pluriel d’oculus, est une ouverture faite sur un comble de voûte. On en découvre au centre de nombreuses coupoles dans les basiliques latines. C’est aussi une petite baie circulaire (œil-de-bœuf) pratiquée dans un mur en élévation, par exemple au sommet d’un tympan. Percé dans une voûte, il permet de hisser les cloches dans la chambre réservée aux cloches d’un clocher.   

Un comble de voûte est l’espace d’une construction situé sous la toiture et le dernier plancher.

On a très peu d’informations sur l’agencement du dortoir. Il est certifié qu’en 1231, la prieure possédait sa propre chambre. Plus tard, le dortoir sera subdivisé pour y insérer des cellules. Le dortoir, comme le réfectoire, pouvait contenir une cinquantaine de moniales.

A partir du XIVème siècle, le monastère contenait une centaine de religieuses. On dut les loger dans des petites habitations disséminées dans le jardin. Il n’y a plus de traces de ces logements, excepté sur un plan datant de 1659. Au XVIIIème siècle, le dortoir servira de magnanerie (élevage du ver à soie), puis de grange à foin.

LES TERRASSES

On accède aux terrasses par l’aile ouest, dont la remise en l’état d’origine a permis de relier les autres terrasses et autoriser une déambulation intégrale autour du préau. A l’époque des moniales, celle qui touchait le dortoir était probablement recouverte. De nombreux empochements (logements qui recevaient les poutres) sont toujours visibles sur la façade. Au nord on aperçoit encore, sur le mur de l’église, les vestiges des ancrages d’un escalier. Il permettait l’accès au clocher octogonal. Celui-ci était surmonté d’un campanile provençal construit au XIXème siècle. On distingue aussi les traces d’un cadran solaire, dont seul le logement rectangulaire demeure sous la gouttière.

Empochement : procédé qui permet d’effectuer la liaison entre un plancher, ou un chaînage horizontal, et un mur en maçonnerie ancienne. Il est réalisé par des ouvertures régulières, espacées d’un à deux mètres, ce qui évite d’avoir à réaliser une saignée continue qui risquerait de déstabiliser la maçonnerie ancienne.

Avant les travaux

Les terrasses aujourd’hui

Sources :

Mes photos

Photos publiques Facebook

Fascicule explicatif offert au public avec le droit d’entrée.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_La_Celle

https://abbayedelacelle.fr/documents/3924117/4067369/La+Celle+guide+de+visite+du+batiment.pdf/561d07e7-3dbd-ec4e-fc62-cbdb99479d23?t=1621243457976

https://monumentum.fr/abbaye-pa00081575.html

https://abbayedelacelle.fr/les-fouilles-archeologiques

https://www.la-provence-verte.net/top10/incontournable-ma-visite-de-l-abbaye-de-la-celle_116.html

https://abbayedelacelle.fr/l-abbaye-au-temps-des-moniales

 

 

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