L’oppidum de Saint-Blaise à Saint Mitre-les-Remparts

LES TÉMOINS DU PASSÉ

ANTIQUITÉ

L’OPPIDUM DE SAINT-BLAISE

À SAINT-MITRE-LES-REMPARTS

La ville basse

Blason de la ville de Saint-Mitre-les-Remparts

SITE : oppidum de Saint-Blaise.

NOM : Site archéologique de Saint-Blaise.

ÉDIFICE : oppidum.

ÉTAT : vestiges, fouilles archéologiques.

ÉPOQUE : Antiquité.

DATES DE CONSTRUCTION :

– l’oppidum gaulois : du VIème au IIème siècle avant J.-C.

– l’agglomération tardo-antique d’Ugium : du IVème au IXème siècle après J.-C.

– le castrum de Castelveyre : du XIIème au XIVème siècle.

PROPRIÉTAIRE : le site archéologique de Saint-Blaise est géré par la Métropole Aix-Marseille-Provence.

PROTECTION : classement sur la liste des Monuments Historiques en 1943.

COMMUNE : Saint-Mitre-les-Remparts.

DÉPARTEMENTS : Bouches du Rhône.

RÉGION : Provence-Alpes-Côte d’Azur.

LOCALISATION

Saint-Blaise est le nom de la chapelle située sur la commune de Saint-Mitre-les-Remparts, à l’extrémité nord de la forêt de Castillon, sur un plateau rocheux, entre les étangs de Citis et de Lavalduc.

La chapelle Saint-Blaise

Le site archéologique de Saint-Blaise est situé sur la commune de Saint-Mitre-les-Remparts, dans le département des Bouches-du-Rhône, entre Istres et Martigues.

Saint-Blaise est à 8 km de Martigues, 6 km d’Istres, 4 km de Fos, 16 km de Port-Saint-Louis-du-Rhône, 24 km de Salon-de-Provence, à 40 km d’Arles, 50 km de Marseille et 55 km d’Aix-en-Provence.

SAINT-MITRE-LES-REMPARTS

Saint-Mitre-les-Remparts est une commune française située dans le département des Bouches-du-Rhône, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

En 2023, la population s’élevait à 6175 habitants, les Saint-Mitréennes et les Saint-Mitréens.

La cité médiévale est blottie au cœur de ses remparts du XVème siècle. Son réseau d’eau souterrain alimente un grand nombre de puits. Avec ses petits jardins médiévaux, Saint Mitre les Remparts dispose d’un patrimoine exceptionnel en Basse Provence.

La cité est située sur un isthme entre la Méditerranée et l’Etang de Berre ; la ville bénéficie d’hivers doux et de soirées ventilées par la brise de mer.

L’ÉTANG DE LAVALDUC

L’étang de Lavalduc (ou de La Valduc) est une étendue d’eau très chargée en sel, à niveau variable, voisine de la Méditerranée. Il est situé à l’ouest de l’étang de Berre, au nord de Fos-sur-Mer.

Il est la propriété des Salins du Midi, qui en ont fait un bassin de stockage de saumure. L’étang se trouve à cheval sur trois communes : Saint-Mitre-les-Remparts, Istres et Fos-sur-Mer.

Sa coloration d’un bleu rose irisé est due à la présence des petits crustacés, les « Artemia salina ».

Situé à une altitude moyenne d’environ 10 m sous le niveau de la mer, il s’agit du lieu le plus bas de France.

L’OPPIDUM GAULOIS DE SAINT-BLAISE

« Saint-Blaise » désigne le site archéologique et sa période d’habitats disparus répartis sur 5,5 ha : un oppidum gaulois étendu et protégé par une enceinte en grand appareil de type grec.

Capitale de la tribu littorale des Avatiques (tribu qui occupait la région entre le Rhône et Marseille), l’oppidum de Saint-Blaise tenait sans doute sa richesse du sel des étangs, qu’il exploitait et commerçait auprès de ses voisins grecs et indigènes.

Au début du VIème s. av J.-C., la fondation de Marseille donna un essor nouveau à Saint-Blaise. En effet, à l’image d’autres habitats protohistoriques du pourtour de l’étang de Berre, Saint-Blaise fut avant tout une agglomération celtique, un oppidum gaulois qui, durant près de cinq siècles, vécut au rythme de ses relations avec la cité phocéenne. Tantôt partenaires économiques, tantôt rivales, voire ennemies, les deux cités suivirent une évolution parallèle. Deux périodes sont emblématiques de cette proximité :

– La période « archaïque » (du VIème au Vème s. av. J.-C.), qui vit l’habitat gaulois se développer derrière une première muraille et accroître des échanges avec le bassin méditerranéen.

– La période « hellénistique » (au IIème siècle av. J.-C.), durant laquelle Saint-Blaise retrouva son éclat après une longue phase de déclin.

                                                               LES PÉRIODES DE L’HISTOIRE DE LA GRÈCE ANTIQUE

Le Vase aux Guerriers, vers 1150 av. J.-C., trouvé sur l’acropole de Mycènes.

ÉPOQUE ARCHAÏQUE L’époque archaïque est une période historique qui précède l’époque classique et succède aux âges obscurs. Ses limites chronologiques et sa définition précise diffèrent selon les spécialistes. Son début est situé quelque part au VIIIème siècle av. J.-C. (entre 800 et 700 av. J.-C.), ce qui représente la date présumée des premiers jeux olympiques antiques. On retient souvent 776 av. J.-C. comme point de repère, sa fin étant souvent située à l’époque des Guerres médiques (490 av. J.-C. – 479 av. J.-C).

ÉPOQUE CLASSIQUE

L’époque classique est une période de l’histoire de la Grèce antique qui se situe entre l’époque archaïque et l’époque hellénistique. Elle correspond à la majeure partie des Vème et IVème siècles av. J.-C. ; c’est-à-dire, chronologiquement, depuis la victoire grecque de Salamine contre les Perses, en 480 av. J.-C., jusqu’à la mort d’Alexandre le Grand en 323 av. J.-C.

ÉPOQUE HELLÉNISTIQUE

L’époque hellénistique est une période chronologique de l’histoire antique de la Grèce antique. Elle représente une ère de l’histoire, mais également de celle des autres civilisations qui sont alors dominées par des dynasties d’origine gréco-macédonienne (Égypte, Phénicie, Mésopotamie, Perse, etc.). L’époque hellénistique s’étend de la fin de l’époque classique (soit à la mort d’Alexandre le Grand, en 323 av. J.-C.) à la défaite de Cléopâtre VII à la bataille d’Actium (en 31 av. J.-C.) et son suicide l’année suivante. Cet événement marque l’aboutissement de la domination romaine sur le monde grec.

DOMINATION ROMAINE

La période de domination romaine en Grèce s’étend conventionnellement de 146 av. J. -C. (après la mise à sac de Corinthe par Lucius Mummius Achaicus), jusqu’à la reconstruction de Byzance par Constantin Ier et sa proclamation en tant que seconde capitale de l’Empire romain, en 330 après. J. -C. Ce fut l’époque de la construction d’une enceinte en grand appareil de type grec. Les Gaulois de Saint-Blaise édifièrent un ouvrage de prestige, à l’image de la muraille qui défendait Marseille. L’œuvre affiche le pouvoir et la richesse de l’agglomération celtique, à une période d’oppositions et de concurrences entre le monde indigène et la colonie grecque. Autant de marques de la force et de l’unité des Gaulois du Midi, qui seront définitivement détruites à la fin du IIème siècle av. J.-C., par les Romains.


MAÇONNERIE

En architecture, le mot appareil (opus en latin) désigne la façon dont les moellons, les pierres de taille ou les briques sont assemblés dans la maçonnerie. On trouve aussi : petit, moyen et grand appareils.

Sur l’oppidum celto-ligure (aujourd’hui oppidum de Saint-Blaise), les Étrusques installèrent un comptoir. La fondation de Saint-Mitre, ou du moins celle du « Castrum Sancti Mitrii » (château fort de Saint-Mitre), date de l’époque où la ville voisine d’Ugium (aujourd’hui Saint-Blaise) fut ravagée par les Sarrasins (probablement vers le IXème siècle). C’était alors sans doute une simple tour en bois (aujourd’hui il ne reste aucun vestige). Il faudra attendre le XIIème siècle pour que soit mentionné le « Castrum de Saint-Mitre », et le XIIIème siècle pour que l’on voie l’édification d’un château plus solide en pierres (alors la propriété de l’archevêque d’Arles).

En Europe, durant le Moyen Âge, le mot « Sarrasins » ou « Sarrazins » était employé pour dénommer les peuples de confession musulmane. On les appelait aussi « Mahométans », « Arabes », « Ismaélites », ou bien « Agarènes ». Quant au terme « Maures », il faisait allusion aux Berbères de l’Afrique du Nord après la conquête des Omeyades. Les mots « Islam » et « Musulmans » n’existaient pas encore en Occident médiéval. En français, le mot « Musulman » est cité pour la première fois en 1551 ; « Islam » en 1697. Avant ces dates on utilisait, pour définir la religion des peuples musulmans, l’expression « loi de Mahomet », ou « loi des Sarrasins ».

Vers 1395 (Guerre de Cent Ans), la région est pillée par des routiers et des mercenaires menés par le seigneur des Baux, Raymond de Turenne, le « Fléau de Provence ». Le bourg de Castelveyre, construit sur les ruines d’Ugium, est détruit : les habitants partent se réfugier au château de Saint-Mitre. La place forte se développant alors, l’archevêque autorise la population à agrandir le château et à construire des fortifications supplémentaires.

En 1407, au château du XIIIème siècle sont rajoutés de nouveaux remparts de 12 m de haut et 1,5 m d’épaisseur. Malgré les modifications apportées au fil des siècles, ils existent encore aujourd’hui dans leur quasi-totalité, seuls vestiges de ce XVème siècle.

Au XVIIème siècle, de nouveaux quartiers se développent, qui vont constituer les faubourgs. Cette évolution hors les murs sera due à la prospérité du village ainsi qu’à l’augmentation de sa population (1 080 personnes en 1621, 1 325 en 1787).

Mais le XVIIIème siècle annonce la phase de déclin de Saint-Mitre : la destruction par le gel de la quasi-totalité des oliviers pendant le terrible hiver de 1709, puis l’épidémie de peste de 1720.

Le XIXème siècle voit le déclin économique du village s’accentuer. La population quitte peu à peu Saint-Mitre et rejoint les villes voisines, en plein essor industriel. Les habitants ne sont plus que 630 dans les années 1950. Il faudra attendre les années 1960-70 pour assister à la résurrection du village, sensibilisé par l’implantation des sites industriels de Fos-sur-Mer et par le développement de la pétrochimie.

L’ENTRÉE DU SITE

L’oppidum est situé sur un isthme séparant l’étang de Lavalduc à l’ouest, et l’étang de Citis au nord. Saint-Blaise occupe l’angle nord-ouest d’une sorte de grande presqu’île à plan carré de 6 km de côté. De nombreuses routes et voies anciennes, venant du nord par la Crau, aboutissent à l’oppidum. Établi sur un éperon barré fournissant une défense naturelle du côté des étangs qu’il surplombe de 30 à 50 mètres selon les endroits le site occupe une superficie de 5,5 ha. Il se compose de deux plateaux, comportant entre eux une dénivellation d’une quinzaine de mètres.

Le plateau inférieur (qui porte le nom de Ville-Basse) est à 50 m d’altitude, et prolongé au nord par le village médiéval de Castelveyre. Le plateau supérieur (dit Ville-Haute) culmine à 65 m environ avec la partie sud, composant ce qu’on appelle La Citadelle.

LE MUR D’ENCEINTE DU XIIIème siècle

Construit en 1231 autour de la chapelle Saint-Blaise, il délimite ce que fut la cité de Castelveyre. Il sert aujourd’hui de mur de clôture au site archéologique.

LA VILLE BASSE

Le sous-sol étant abondant en eau douce, les habitants ne risquaient pas la pénurie. Une source était utilisée sur le flanc Est du site, en contrebas de la première falaise. On y parvenait par un chemin aménagé dans le rocher, redécouvert en 2010 par des bénévoles (sous la direction de l’archéologue responsable du site, Jean Chausserie-Laprée). Cette source est appelée Source de la « Tourtoulane ».

Sur le côté Ouest, deux sources regorgent d’eaux. L’une est située au pied du rempart du XIIIème siècle, l’autre située un peu plus loin.

Une maison du début du Vème siècle est encore visible au centre de la Ville-Basse. Sa fouille a permis de mieux comprendre la fonction et les transformations des nombreux aménagements domestiques (fours, foyers maçonnés, silos aériens, banquettes de briques crues) qui, durant près d’un siècle, investirent l’espace d’une habitation précédente (575-500 av. J.-C.).

La superficie dégagée à ce jour dans cette partie du site est de 4 500 m2. Près de la porte de la Ville-Basse, se côtoient, semble-t-il, au sein d’îlots allongés, des maisons rectangulaires à pièce unique, couvrant une petite superficie (12 à 15 m2) et d’autres, peut-être à pièces communicantes, pourvues d’une paroi en forme d’abside. Une maison du début du Ve siècle à dédoublement de la structure domestique (Ch. Pradelle) est visible au centre de la Ville-Basse. Sa fouille a permis de saisir la fonction et les transformations des nombreux aménagements domestiques, (fours, foyers maçonnés, silos aériens, banquette de briques crues) qui, durant près d’un siècle, avaient investi l’espace d’une habitation précédente (575-500 av. J.-C.).

L’ÉGLISE CHRÉTIENNE SAINT-PIERRE D’UGIUM

L’église Saint-Pierre d’Ugium (dite basilique Saint-Vincent) voit les murs des fortifications plus récentes s’entremêler dans ses fondations. Cette basilique chrétienne affiche les structures bâties d’une nef séparée du chœur à abside par un chancel en pierre de taille, et compte parmi les églises paléochrétiennes les plus exceptionnelles du Midi de la France.

Dans l’architecture ecclésiastique, le « chancel » (du latin « cancelli », « treillis », « barrière », « balustrade ») est une clôture basse en bois, en pierre ou en métal. Il est destiné à séparer la nef d’une église chrétienne (où sont réunis les fidèles) du chœur liturgique, réservé au clergé. Dans les églises paléochrétiennes et médiévales, cette clôture se nomme « chancel » ; pour les périodes suivantes, elle est appelée « clôture de chœur »

Cet édifice se trouvait à l’entrée de l’oppidum, près de la grande porte Est. L’abside, orientée à l’Est, était surélevée de trois marches. Son sol était couvert d’une mosaïque ornée d’imbrications et de croisettes. Dans l’axe de la nef se trouvait (suivant une tradition orientale) la tribune du lecteur. Cette église à nef unique était bordée au Nord par un portique, et par une petite salle servant de sacristie aux diacres.

LES REMPARTS

C’est une fortification de plus de 400 m de long qui ferme et délimite le site sur la partie Sud-Est. Trois fortifications principales ont pu être distinguées :

– un rempart primitif de la période archaïque

– une fortification en grand appareil de type grec, munie de tours quadrangulaires

– un rempart paléochrétien, composé de saillants flanqués de dix tours arrondies ou quadrangulaires.

Cet assemblage aboutit par endroits à la superposition des trois murailles sur une dizaine de mètres de haut. Ce qui se traduit le plus souvent par l’enfouissement ou la disparition des vestiges de l’enceinte la plus ancienne, au profit des deux constructions postérieures.

Adoptant un tracé en ligne brisée de plus de 400 m de long, le rempart grec forme l’habillage monumental des murailles indigènes antérieures. Protégé par un avant-mur, il comprend 3 tours et 3 saillants qui encadrent 11 murs de courtine, larges de 2 à 3 m. Il est percé d’une porte charretière principale dans la ville basse, et de deux poternes dans la ville haute.

LA PORTE D’ENTRÉE DE L’OPPIDUM

LA VILLE HAUTE

La superficie mise à jour dans la Ville-Haute est de 2 500 m2. Cette dernière a révélé une habitation primitive (c’est le terme d’Henri Rolland), entrecoupée par des remparts hellénistiques.

Cet habitat semble être composé de deux espaces adjacents mais bâtis de manière très différente : une pièce principale (peut être servant de séjour) construite en dur, et un petit espace où se trouvait un foyer (peut être la cuisine), simplement délimité par une rangée de pierres dressées de chant.

LA NÉCROPOLE RUPESTRE

Pendant 35 années, jusqu’à sa disparition en 1970, Henri Rolland s’est consacré au dégagement de ce site enfoui sous la végétation. Il en a exploré d’abord les remparts, puis les vestiges de l’habitat mis au jour sur près de 7000 m².

Au cours de ses fouilles, Henri Rolland a dégagé une partie du cimetière de la ville d’Ugium. C’est au sud et à l’est des remparts que l’on trouve la plus grande concentration de tombes.

Parfois réunies en petits ensembles familiaux, les tombes ont été creusées à même le roc, sans orientation prédéfinie, et simplement recouvertes de pierres plates. Ce sont des trous rectangulaires, parmi lesquels les nombreuses fosses de petite taille signalent des tombes d’enfants. Souvent multiples, les inhumations contiennent des défunts allongés sur le dos, les bras le long du corps ou repliés sur le thorax, la tête souvent calée dans un alvéole (tombes antropomorphes).

Tombe anthropomorphe : qui a la forme d’un corps humain ou qui a l’apparence humaine. Et où l’on distingue, creusé dans la pierre, l’emplacement de la tête du défunt.

Selon la manière dépouillée du rite chrétien, ces cavités ne renferment pas de mobilier. Par leur type caractéristique et grâce quelques objets retrouvés (comme des boucles de ceinture), ces tombes se réfèrent pour la plupart à la période wisigothique (du Vème au VIème siècle après J.-C.).

Cet article contient des infos recueillies sur des panneaux explicatifs, affichés sur le parcours du site à l’attention du visiteur.

Sources :

Mes photos

Photos publiques Facebook

https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Mitre-les-Remparts

https://www.saintmitrelesremparts.fr/patrimoine-historique/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Oppidum_de_Saint-Blaise

https://ampmetropole.fr/missions/culture-sport-nautisme-et-grands-evenements/equipement-dinteret-metropolitain-culture/site-archeologique-de-saint-blaise/

 

 

 

 

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