Les Témoins du passé – Le Temple d’Horus à Edfou

LES TÉMOINS DU PASSÉ

Horus

LE TEMPLE D’HORUS

A

EDFOU

Pylône du temple d'Edfou (12)

Edfou

Drapeau de l'Egypte

Égypte

Horus

NOM : Edfou (de son nom antique « Behedet » et pour les Grecs « Apollinopolis Magna »). La ville actuelle s’appelle Tell el-Balamoûn.

LOCALISATION : Entre Louxor et Assouan, sur la rive gauche du Nil.

DIVINITÉ : Le dieu faucon Horus (ou l’Horus de Behedet).

ÉPOQUE : Ptolémaïque, gréco-romaine.

L’Époque Ptolémaïque comprend deux dynasties : la Macédonienne, issue d’Alexandre le Grand, et la Ptolémaïque (ou Lagide).

La Ptolémaïque (ou Lagide) fut un royaume Helléniste d’Égypte administré par la dynastie Lagide (de 323 à 30 av. J.C.) Elle fut fondée par le général Macédonien Ptolémée, fils de Lagos (d’où la dénomination « Lagide »). Elle affirma un renouveau dans la culture égyptienne, avec à la fois une ouverture vers la civilisation grecque et le rétablissement des rites ancestraux égyptiens.

 

CONSTRUCTION : de -237 à -57 av. J-C.

CONSTRUCTEURS : Ptolémée III, Ptolémée XII, et Cléopâtre.

DIMENSIONS : 137 mètres de longueur, 79 mètres de largeur, et 36 mètres de hauteur pour les pylônes.

Hiéroglyphes

Horus, le dieu faucon, fils d’Isis et d’Osiris, est le dieu de Behdet (dans la partie occidentale du delta du Nil). Il est l’une des plus anciennes divinités égyptiennes et

Statue d'Horus

Statue d’Horus

le symbole divin de la royauté. C’est celui qui est « au-dessus » ou celui qui est « loin ». Son nom signifie « le lointain », en référence au vol majestueux du rapace. Vénéré dans différentes régions de l’Égypte, il est le Dieu de l’azur et des espaces célestes. Les représentations les plus fréquentes le décrivent comme un faucon coiffé du pschent, ou comme un homme hiéracocéphale (créature humanoïde à tête de faucon). Tout pharaon est la réincarnation d’Horus, son successeur légitime sur le trône, et le protecteur de l’Égypte. Isis, Osiris et Horus forment la trinité Égyptienne.

PLAN DU TEMPLE D’HORUS

Plan du temple d'Edfou

PRÉSENTATION

Le temple d’Horus est un temple égyptien situé à Edfou, sur la rive gauche du Nil. Il a été construit entre les villes d’Assouan et de Louxor, à 105 km au sud de cette dernière. Dédié au culte d’Horus, il est recensé comme étant le plus grand temple de la dynastie des Ptolémée, et le 2ème lieu de culte le plus imposant d’Égypte après celui de Karnak. Il est aujourd’hui l’un des temples les mieux conservés d’Égypte.

Admirablement préservé, le temple rayonne de nos jours de toute sa splendeur d’antan. C’est un des seuls monuments de la Vallée du Nil qui permette de bien comprendre la constitution et l’architecture d’un temple égyptien. Toutefois, on parle d’un sanctuaire ptolémaïque (3ème – 1er siècle av. J.C.), donc d’époque tardive. Certains aménagements, éléments décoratifs, ou méthodes de construction sont liés à la personnalité des bailleurs, donc des Ptolémée, d’origine grecque.

Des pylônes imposants aux pièces les plus éloignées de l’édifice, tout nous apparaît aujourd’hui quasi intact : le temple donne l’impression d’être de construction récente. Il représente le modèle même du monument voué à la célébration du culte, aussi bien dans sa disposition architecturale que dans la qualité de son contenu et de ses décors. Cependant il ne doit pas nous échapper qu’il s’agit d’un édifice ptolémaïque, et donc tardif ; tout laisse à penser que ce style de construction a dû fort évoluer depuis la XVIIIème dynastie.

Ptolémée VI Phimétor sacré roi des deux pays par Ouadjet et Nekhbet, respectivement déesses tutélaires du Nord et du Sud.

Ptolémée VI Phimétor sacré roi des deux pays par Ouadjet et Nekhbet, respectivement déesses tutélaires du Nord et du Sud.

En outre, à l’instar de nombreux temples plusieurs fois retouchés au cours du temps, celui d’Edfou se présente tout à fait rationnel. Il faut savoir que, pour un édifice égyptien, ce monument a été érigé sur un intervalle de temps assez court. Fait exceptionnel en Égypte, les écrits nous témoignent avec exactitude sa date de fondation : le 7 épiphi de l’an X de Ptolémée III (23 août de l’an 237 av J.C). Il en est de même pour celle de son inauguration, le 1er khoïas de l’an XXV de Ptolémée XII (5 décembre de l’an 57 av J.C).

Lire : « Pharaons célèbres de la dynastie ptolémaïque ».

Lire  : « Pharaons célèbres de la XVIIIème dynastie ».

Dans les temples égyptiens, un pylône (issu du grec « pulon », qui signifie portail) est une construction colossale constituée de deux tours à base rectangulaire surmontées d’un linteau, et entourant une porte d’entrée. Sur la façade extérieure, des cavités permettaient de placer d’immenses mâts, à l’extrémité desquels venaient se placer des bannières. Visibles de loin elles prévenaient la présence d’un sanctuaire divin.

 Horus

ENFOUI SUR LES BORDS DU NIL

Le temple d’Edfou, consacré au dieu Horus était, au siècle dernier, au trois quarts enfoui dans le sol. Seuls émergeaient la terrasse, les chapiteaux et les derniers étages du pylône. Les maisons des habitants s’agglutinaient tout autour, et certaines venaient même s’accumuler sur le toit du temple.

C’est l’égyptologue français François Auguste Ferdinand Mariette (1821-1881) qui fait dégager l’imposante construction. Apparaît alors, aux yeux émerveillés des hommes, un temple si parfaitement conservé qu’il donne l’impression d’avoir été fraîchement abandonné par ses discrets serviteurs. Bien que récent, il est le modèle fidèle à l’ordonnance du Nouvel Empire. Après le grand temple de Karnak, il est par sa taille le plus important d’Egypte. Puissantes et massives, ses façades légèrement pentues augmentent la perspective et l’impression de hauteur. Le monument est complètement fermé par les murs d’enceinte et le pylône. Ce dernier, d’une hauteur de 36 mètres, est creusé de cannelures dans lesquelles venaient prendre place des mâts porte-oriflammes.

Horus

LE MAMMISI

Sur le parvis du temple, face au grand pylône, se trouve le mammisi, « lieu de naissance ». Ce mammisi est dédié au dieu Harsomtous, fils d’Hathor et d’Horus.

Un mammisi est une petite chapelle construite près d’un temple majeur, qui servait aux représentations des mystères de la naissance divine. Le terme mammisi fut inventé par Jean-François Champollion au 19ème siècle.

Horus

LA PORTE DU GRAND PYLÔNE

On pénètre dans le temple par la porte du grand pylône décoré d’énormes reliefs montrant le roi et les dieux ; la cour est entourée d’une colonnade sur trois côtés.

Le plus intéressant réside dans les inscriptions qui racontent tous les moments du culte quotidien voué à Horus, ainsi que les cérémonies témoignant des quatre plus grandes fêtes annuelles. Partout, les murs et les colonnes expriment les différents rituels accomplis par le roi. Une fois la cour extérieure franchie, une allée traverse le temple de salle en salle, et vous emmène jusqu’au Naos où reposait la statue de Dieu.

Horus

LA COUR PÉRISTYLE

Deux portiques à chapiteaux bordent la grande cour dallée.

Horus

LE CLIN D’ŒIL

Un détail insolite : des cartouches vides !

Les cartouches étaient utilisés pour y graver le nom des rois. Les pharaons signalaient ainsi la Egypte 2010 132partie du monument qu’ils venaient de bâtir. Ils pouvaient alors rajouter les salles construites à celles de leurs prédécesseurs.

Mais à l’époque de la construction de la salle des offrandes, nul ne savait qui était le roi : la guerre faisait rage pour la conquête du trône, entre deux Ptolémée et la reine Cléopâtre. (Tous les pharaons gréco-romains se sont appelés Ptolémée, donc une quinzaine).

Impossible donc de savoir qui avait construit cette aile du temple, d’où l’absence de noms dans des cartouches restés désespérément vides.

Horus

LA STATUE D’HORUS

Dans le fond, une majestueuse statue d’Horus (faucon coiffé de la double couronne) attend, comme pétrifiée pour l’éternité. Taillée dans un bloc de granit gris, elle monte la garde sur le seuil de la première salle hypostyle.

Horus porte sur la tête le Pschent, symbole de l’union des deux Égypte. L’oiseau divin, remarquable par la pureté de ses formes, affirme ainsi, du haut de ses deux mètres, sa divinité au pays tout entier. Sur la droite se trouve la petite bibliothèque où l’on abritait les papyri sacrés.

Horus

LES SALLES HYPOSTYLES

Une salle hypostyle est un espace fermé dont le plafond est supporté par des colonnes. Ce terme est utilisé couramment en Égypte antique pour désigner les vastes salles des temples.

On traverse d’abord deux salles hypostyles, forêt de colonnes aux fûts gigantesques. Au fur et à mesure que l’on progresse, l’espace se rétrécit, et la lumière décroit ; une façon de donner au sanctuaire une impression d’obscur et de mystérieux. Puis la deuxième salle, plus exigüe, est bordée sur la gauche par la chambre des offrandes et un laboratoire. Enfin, à droite, se trouve celle des offrandes liquides.

Le vestibule, conduisant au saint des saints, communique avec la petite cour du Nouvel An et sa chapelle, d’où partait le cortège.

La procession empruntait un escalier complètement obscur qui conduisait à la terrasse où avaient lieu les fêtes du Nouvel An : pour l’occasion, les statues d’Horus et d’Hathor étaient portées en procession, et exposées aux rayons du soleil afin de les recharger en énergie divine.

Le Dieu Horus sortait du temple dans l’allégresse générale, afin d’accueillir son épouse Hathor qui, de Dendérah, venait le rejoindre pour la fête du mariage sacré, dans la barque escortée d’une flottille de bateaux décorés de guirlandes de fleurs.

Horus

DÉCORATIONS, CARTOUCHES & HIÉROGLYPHES

Les murs sont décorés de reliefs et de dessins raffinés, soulignant la finesse des parures et l’expression des visages, racontant la liturgie et les fêtes qui s’y déroulaient.

Sur les parois du temple d’Horus on distingue de grandes inscriptions et de nombreux dessins. Ils témoignent des coutumes, des gestes de culte du quotidien et des grandes fêtes religieuses. On y voit aussi des scènes de lutte entre Seth et Horus. Sur le grand pylône de la façade d’entrée, on voit le pharaon massacrant ses ennemis.

Un couloir « mystérieux » dessert de nombreuses chapelles rayonnantes. La faible lumière dorée qui frôle les colonnes est répandue savamment par l’intermédiaire d’ouvertures percées dans le plafond, orientant ainsi les faisceaux lumineux de façon choisie, en fonction des heures du jour.

 Horus

LE NAOS

Au fin fond du temple, baignant dans la pénombre, se trouvait le Dieu. Ici, à Edfou, le naos de granit noir poli protégeait la statue d’Horus, le faucon solaire.

C’est dans ce lieu (nommé aussi le saint des saints) que les prêtres pratiquaient leur dévotion auprès de la divinité. Dès l’aube, ils se prosternaient et entonnaient des psaumes. Puis ils purifiaient la statue en l’aspergeant et en l’encensant. Enfin ils la costumaient, la couvraient d’ornements, la fardaient, et déposaient à ses pieds des présents et de la nourriture. Une fois la cérémonie terminée, le clergé se partageait ces offrandes. Des services identiques étaient renouvelés à midi et au coucher du soleil.

Sur le piédestal, situé face au naos, se tenait la barque de procession où prenait place le Dieu durant les festivités. Horus, le Dieu faucon, sortait alors du temple et se montrait au milieu de la foule.

Le Naos est la pièce la plus importante d’un temple de l’Égypte antique, de la Grèce antique ainsi que des églises orthodoxes.

Le Naos est aussi appelé « le Saint des Saint ».

Chaque temple abrite un naos, salle ultime de l’élément divin renfermant une statuette à l’image du dieu ou de la déesse. Le grand prêtre est le seul à pouvoir pénétrer dans la salle sainte.

Horus

A Edfou, un naos en granit patiné au nom de Nectanébo II occupe encore le centre du sanctuaire. C’est la pièce du temple où le plafond est le plus bas et le sol le plus élevé. Ce naos est cerné par trois chapelles rayonnantes, dont une abrite une copie d’une barque sacrée (l’originale, en mauvais état, se trouve au musée du Louvre).

Dans ce lieu, l’effigie d’Horus, parée et ointe de baumes, recevait trois fois par jour un service d’offrandes, la cérémonie étant accompagnée de musique et de prières. Le grand-prêtre plaçait ensuite sur la porte du naos un sceau d’argile puis, tout en reculant, s’éloignait en effaçant ses traces de pas.

Ci-dessus : la barque d’Horus à simple brancard (celle d’Amon à Karnak était posée sur un brancard à sept bras). L’effigie du Dieu résidait dans la cabine-naos bordée d’une frise d’uræiLa poupe et la proue portaient les signes d’identité de la divinité.

Uræi : pluriel de uræus. Dans l’antiquité égyptienne, l’uræus est le cobra femelle qui a pour fonction de protéger le pharaon contre ses ennemis. C’est aussi unehiero_I12 puissante déesse, comme Ouadjet (cobra de Bouto), ou la déesse Ouret-Hékakou (serpent, ou lionne). Sur les coiffes pharaoniques, Ouadjet est souvent associée à la déesse vautour Nekhbet.

Le terme uræus provient du grec ancien, via le latin, mais le nom égyptien est « iaret » : « le cobra dressé ».

Dans la mythologie égyptienne, l’uræus est aussi l’œil de Rê (et sa fille), soit une déesse solaire. On le retrouve dans de nombreux cas représenté sur la coiffe de pharaon dont il est l’un des attributs. Généralement dressé sur le front, l’uræus peut également décorer la couronne et les bandeaux royaux (buste de Néfertiti, Ägyptisches Museum). Il est aussi parfois représenté gravé en relief sur les parois des temples funéraires.


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