Les Témoins du Passé – L’amphithéâtre de Saintes

LES TÉMOINS DU PASSÉ

ANTIQUITÉ

L’AMPHITHÉÂTRE GALLO-ROMAIN

DE SAINTES

« MEDIOLANUM SANTONUM »

Blason de la ville de Saintes

 

Blason du département de la Charente-Maritime

ÉDIFICE : amphithéâtre.

STYLE : gallo-romain.

ÉTAT : restauré au XXème siècle.

LIEU : Mediolanum Santonum (Saintes), Gaule Aquitaine.

L’empereur Auguste avait découpé la Gaule en quatre provinces : trois impériales (la Gaule lyonnaise, la Gaule aquitaine et la Gaule Belgique), et une sénatoriale (la Gaule

Auguste

narbonnaise).

Géographiquement, la Gaule romaine recouvrait la France actuelle et une grande partie des Belgique et Suisse actuelles.

Lugdunum fut désignée comme étant la capitale des Trois Gaules et le centre névralgique où siégeaient leurs gouverneurs.

Lire : l’Amphithéâtre des Trois Gaules.

DATE DE CONSTRUCTION : vers 40 apr. J.-C.

ÉPOQUES : sous les règnes des empereurs Tibère et Claude.

C’est sous le règne de l’empereur Auguste (27 av. J.-C à 14 apr. J.-C) que la ville de Mediolanum Santonum (actuelle ville de Saintes) est désignée comme capitale de la Gaule Aquitaine (l’Aquitania). La cité se dote alors d’imposants monuments publics, dont un amphithéâtre majestueux. Les travaux ont probablement débuté sous le règne de Tibère (14 – 37 apr. J.-C), pour se terminer sous le règne de Claude (41 – 54 apr. J.-C).

PROTECTION : classé Monument Historique en 1840.

DIMENSIONS EXTERNES : 126 m x 102 m.

DIMENSIONS INTERNES : 66,5 m x 39 m x 2 m.

Blason du département de la Charente-Maritime

 

SAINTES « MEDIOLANUM SANTONUM »

Saintes est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Nouvelle-Aquitaine). Ses habitants sont appelés les Saintais et les Saintaises.

 

Blason de la ville de Saintes

MEDIOLANUM SANTONUM SUR LA VOIE AGRIPPA

La via Agrippa représente le réseau de voies romaines, en Gaule romaine, mis en place par Agrippa, à qui Octave (Auguste) avait confié l’organisation des Gaules au Ier siècle av. J.-C.

Agrippa choisit Lugdunum (Lyon) pour en faire le point de départ des grands chemins de la Gaule, lesquels sont au nombre de quatre :

– Une route vers l’Atlantique, de Lugdunum vers Saintes : la Via Agrippa Lyon-Saintes, ou voie d’Aquitaine. Elle reliait Lugdunum, la capitale des Gaules, à Mediolanum Santonum (Saintes) par Augustonemetum (Clermont-Ferrand) et Augustoritum (Limoges).

– Une route vers la Manche et la Mer du Nord, par Reims, Beauvais, Amiens : la Via Agrippa de l’Océan Lyon-Boulogne.

– Une route vers le Rhin, par Langres et Trèves : la Via Agrippa Lyon-Cologne.

– Une route vers le sud, par Arles et Marseille : la Via Agrippa Lyon-Arles.

 

MEDIOLANUM SANTONUM L’ANTIQUE

Soldats romains

UN PEU D’HISTOIRE

On a découvert, à proximité du lieu-dit de Diconche, des traces des fossés et des vestiges datant de la période finale du Néolithique (2900 à -2500 avant l’ère chrétienne).

On trouve les premières traces du Néolithique au Proche-Orient vers 8 500 ans av. J.-C. Il atteint la Grèce vers 6 500 ans av. J.-C., et débutera en Chine plus tard, vers 6000 ans av. J.-C. Il se termine en Anatolie, avec l’apparition du bronze (alliage de cuivre et d’étain), à partir de 3000 ans av. J.-C.

Il apparaît probable qu’un oppidum ou plusieurs oppida aient pu exister sous l’influence du peuple celte des Santones, seigneurs des lieux depuis le 3ème siècle avant notre ère. L’existence d’une ville ne sera attestée qu’après la conquête de la région par les Romains, c’est-à-dire vers le milieu du 1er siècle avant l’ère chrétienne. La ville prend rapidement son essor sous l’impulsion d’Auguste, et devient la capitale de la province romaine d’Aquitaine sous le nom de Mediolanum Santonum. En 20 apr. J.-C., un premier aqueduc est construit et amène l’eau à Saintes.

La cité s’embellit en se dotant d’imposants monuments romains sous le règne des Julio-Claudiens (amphithéâtre, arc de Germanicus), des Flaviens et des Antonins (thermes de Saint-Saloines).

La dynastie dite Julio-Claudienne est la première des dynasties à avoir régné sur l’Empire romain. Les Julio-Claudiens sont issus de deux familles patriciennes :

1 – La Gens Iulia est composée d’Auguste (27 av. J.-C. – 14 apr. J.-C.), de Tibère (14 – 37), et de Caligula (37 – 41).

2 –  La Gens Claudia est composée de Claude Ier (41 – 54) et de Néron (54 – 68).

Mort sans descendance, Néron est le dernier empereur de cette dynastie. Celle des Flaviens lui succède.

Les Flaviens sont une dynastie d’empereurs romains issus de la gens Flavii, qui ont régné sur l’Empire romain de 69 à 96: Vespasien (de 69 à 79), Titus (de 79 à 81) et Domitien (de 81 à 96).

NB : Jules César, père adoptif d’Auguste, fut le premier des Césars et le premier de la dynastie des Julio-Claudiens. Cependant les historiens ne le classent pas au rang des empereurs, bien qu’il fût désigné imperator et dictateur à vie. (Lire la Magistrature romaine).

Buste présumé de Jules César

Les Antonins sont une dynastie d’empereurs romains qui ont régné entre 96 et 192 apr. J.-C. Les cinq premiers empereurs du siècle d’or des Antonins entrent dans l’histoire sous le nom des « Cinq bons empereurs » : Nerva, Trajan, Hadrien, Antonin le pieux, et Marc Aurèle.

Vers le milieu du IIème siècle apr. J.-C., la ville compte vraisemblablement entre 10 000 et 20 000 habitants.

Près d’un siècle plus tard, les différentes invasions et périodes d’anarchie obligent la cité à se réfugier dans un castrum (camp fortifié romain) entouré d’un rempart, dressé avec des matériaux de récupération provenant du démantèlement de plusieurs sanctuaires religieux.

C’est probablement durant cette période que, sous l’influence du 1er évêque et martyr Eutrope (vers le IIIème ou le IVème siècle de l’ère chrétienne), l’on assiste à l’avènement du christianisme.

La période du Haut Moyen Âge est troublée par une succession d’invasions (Wisigoths, Vikings et Sarrasins). De plus, l’instabilité politique du moment entraîne la cité à être rattachée à deux reprises à un royaume d’Aquitaine. Une première fois sous l’hégémonie de rois mérovingiens, puis de rois carolingiens.

Wisigoth : peuple germanique issu des Goths.

Les Wisigoths migrèrent depuis la région de la mer Noire, et s’installèrent vers 270-275 dans la province romaine abandonnée de Dacie (actuelle Roumanie), au sein de l’Empire romain.

Dès 376, ils migrèrent à nouveau vers l’ouest, et vécurent au sein de l’Empire romain d’Occident, en Hispanie et en Aquitaine.

En Europe, durant le Moyen Âge, le mot « Sarrasins » ou « Sarrazins » était employé pour dénommer les peuples de confession musulmane. On les appelait aussi « Mahométans », « Arabes », « Ismaélites », ou bien « Agarènes ». Quant au terme « Maures », il faisait allusion aux Berbères de l’Afrique du Nord après la conquête des Omeyades. Les mots « Islam » et « Musulmans » n’existaient pas encore en Occident médiéval. En français, le mot « Musulman » est cité pour la première fois en 1551 ; « Islam » en 1697. Avant ces dates on utilisait, pour définir la religion des peuples musulmans, l’expression « loi de Mahomet », ou « loi des Sarrasins ».

PRESENTATION

Construit entre 40 et 50 après J.-C., l’amphithéâtre gallo-romain de Saintes est un monument elliptique aux dimensions imposantes. Il a été érigé en bordure de la ville antique, dans un site choisi : « le Vallon des Arènes ». En prenant appui sur les flancs de ce vallon naturel, les bâtisseurs ont économisé une partie de leur travail. Depuis la ville, un parcours pédestre, situé dans un cadre bucolique, nous permet d’y parvenir par une agréable promenade. De nos jours, il est un des amphithéâtres les mieux conservés de France, et probablement l’un des plus anciens construits en Gaule. Malgré la disparition de la plupart des superstructures, les vestiges restituent une reproduction conforme à ce que pouvait être cet amphithéâtre à l’époque de son lustre d’antan.

L’amphithéâtre de Saintes

QUELQUES TERMES ARCHITECTURAUX ANTIQUES

Amphithéâtre : du grec amphi (autour), et theatron (théâtre). C’est un monumental édifice conçu pour donner au peuple romain des spectacles divers (combats de gladiateurs, chasses de bêtes sauvages, parfois combats navals). Les amphithéâtres, comme le précise leur nom, avaient la forme d’un double théâtre, et présentaient en leur centre une piste ovale (arène) destinée à recevoir les représentations. Tout autour se dressaient les gradins, qui pouvaient s’élever jusqu’au toit du monument.

Gladiateurs

Aréna (en latin « le sable ») : désigne la piste de l’amphithéâtre sur laquelle se déroulent les jeux et les spectacles.

Attique : dernier mur de la façade d’un amphithéâtre. Il sert de dossier et de support pour le velum.

Cavea : dans la Rome antique, la cavea (en latin : « creux ») désigne la partie d’un théâtre romain ou d’un amphithéâtre où se trouvent les gradins sur lesquels viennent s’assoir les spectateurs.

Dans les amphithéâtres romains, l’arène avait deux portes bien distinctes, à l’utilisation bien définie :

La porte triumphalis était empruntée par les gladiateurs lors de la parade en début de journée, et par les vainqueurs.

La porte libitinensis servait pour dégager les blessés graves de la scène de spectacle, et les emmener au spoliarium.

Le spoliarium était une pièce disposée sous le Colisée, où les gladiateurs tombés au combat étaient dépouillés de leurs armes et armures, rendues ensuite à leurs propriétaires.

Les jeux étaient toujours organisés à l’occasion de fêtes ou pour célébrer un événement important de l’Empire (une victoire militaire par exemple). Les jeux comprenaient des munera (combats de gladiateurs, particulièrement appréciés par les Romains), des chasses, ou encore des naumachies.

Les munera se pratiquent suivant des règles prédéfinies. Les combats commencent d’abord par le défilé des participants (parade marquant l’ouverture officielle des jeux). Viennent ensuite les duels, qui sont contrôlés par des arbitres. Certains gladiateurs victorieux reçoivent une couronne de laurier, une palme, et des prix en argent (l’affranchissement pour les esclaves). Ils deviennent parfois très célèbres, accédant à une popularité immense à travers tout l’Empire.   

Maeniana : espace où l’on répartissait le public suivant son rang social.

Naumachie : combat naval.

Parement de mur réticulé : désigne une sorte de maçonnerie souvent utilisée par les Romains ; revêtement de petites pierres ou de briquetage, dont la disposition offre à l’œil l’image d’un réseau.

Parement réticulé

Piédroit : qui supporte la naissance d’une voûte, d’une arcade.

Podium : haut muret qui sépare l’arène du premier rang de gradins.

Style corinthien : c’est un des trois ordres architecturaux grecs, repris par les Romains. Il se compose d’un chapiteau à corbeille orné de rangées de feuilles d’acanthe, et d’un entablement richement décoré.

Tuileau : enduit d’étanchéité romain de réemploi, composé de briques ou de tuiles broyées.

Velum ou velarium : grande pièce de tissu, généralement en lin, que l’on étendait dans les théâtres et amphithéâtres romains au-dessus des spectateurs, pour les protéger du soleil.

Vomitoires : du latin vomitere, sortir. Couloirs et galeries qui permettaient l’accès aux gradins.

Blason de la ville de Saintes

L’ARENE DE MEDIOLANUM SANTONUM

Plus communément appelé « les arènes de Saintes », l’amphithéâtre avait pour fonction d’accueillir un important nombre de spectateurs friands de représentations sanglantes et violentes. La plèbe gallo-romaine appréciait particulièrement ces spectacles féroces. En outre, il donnait l’occasion au peuple d’avoir des distractions et de la nourriture : « panem et circenses » (du pain et des jeux).

Les combats de gladiateurs (munera), parfois mortels, représentaient le clou du programme. On pouvait voir également des chasses (venationes), ou des combats d’hommes contre des animaux sauvages. Les spectacles pouvaient être offerts par les riches notables ou par l’empereur lui-même.

L’arène mesurait 66,50 mètres de long pour 93 mètres de large. Elle était ceinturée par un mur (balteus) de 2 mètres de hauteur qui la séparait du podium. Ce mur pouvait, lors des venationes (chasse d’animaux), être rehaussé d’un filet ou d’une grille de protection, ceci afin d’assurer la protection des individus assis aux premiers rangs.

Sur le grand axe principal, on aperçoit des passages voûtés. Celui situé à l’est, la Porta Sanavivaria, était utilisé pour l’entrée de la pompa, c’est-à-dire le défilé des gladiateurs, des musiciens, et bien d’autres personnes chargées d’amuser les spectateurs.

Sur les flancs de ces passages étaient disposés des locaux destinés à accueillir les gladiateurs avant leur combat (les carceres). C’est aussi par cette porte, appelée la porte des vivants, que ressortaient les gladiateurs vainqueurs.

Ceux qui étaient tués étaient évacués par la porte occidentale appelée la Porta Libitinensis, autrement dit la porte des morts.

UN SAUT DANS LE PASSE DE PLUS DE DEUX MILLE ANS

Un moment ! descendez au centre de l’arène, et laissez libre court à votre imagination. Ecoutez la clameur de la foule scandant les noms de ses héros. Pour un court instant, asseyez-vous sur l’un des gradins de la cavea, et devenez alors l’un des 15 000 spectateurs de ce monde antique Gallo-Romain.

En quittant les lieux, éloignez-vous de la lugubre « Porte des Morts » (La porte libitinensis), et ressortez tel un gladiateur victorieux, par la glorieuse « Porte des Vivants » (La porte triumphalis). Un tel bond à travers les siècles ne peut vous laisser indifférent : vous êtes devenu, l’espace d’un moment, un illustre citoyen de l’Empire de Rome.

LA CAVEA

Tout le monde pouvait y entrer et assister aux spectacles. Mais le mélange des couches de la société romaine avait des limites à ne pas franchir. La circulation dans les couloirs et les galeries, ainsi que le placement dans la cavea, étaient conçus pour que les spectateurs des différents milieux sociaux ne se mélangent en aucune manière.

Cavea

La cavea prend appui directement sur les deux flancs nord et sud du vallon. Les côtés est et ouest de l’amphithéâtre, eux, sont dans leur globalité entièrement bâtis avec des murs de soutènement. Le monument est orienté d’est en ouest ; l’entrée principale (la Porta Sanavivaria) est située à l’est comme de nombreuses constructions antiques (temples, decumanus). Edifier ce monument dans ce vallon a permis une économie substantielle des coûts de construction, puisque l’on a utilisé la déclinaison naturelle du vallon pour disposer les gradins.

Le decumanus est un axe est-ouest dans une ville romaine.

La cavea devait avoir 20 à 30 rangées de gradins. On suppose qu’il devait y avoir 90 escaliers permettant aux spectateurs d’accéder aux différents niveaux de la cavea. Celle-ci était divisée en trois niveaux, chacun destiné à une catégorie sociale.

Les notables étaient répartis sur les quatre premiers rangs (podium), et avaient 14 vomitoires à leur disposition (escaliers d’accès voûtés) pour y parvenir.

La plèbe s’installait sur la moitié supérieure de la cavea, et disposait de 28 vomitoires pour y accéder.

Le reste du peuple (les pauvres, les esclaves, et les prostituées) était situé au dernier étage de la cavea ; ils y parvenaient en empruntant de nombreux petits escaliers. Ainsi organisée, la répartition des classes sociales pouvait s’effectuer sans mélange et en respectant la hiérarchisation.

Au nord-est de l’édifice, face à la Porta Sanavivaria, le mur de soutènement se terminait par une série d’une dizaine de niches en cul de four, abritant probablement des statues.

Blason de la ville de Saintes

Sources :

http://mediolanum-santonum.fr/amphitheatre-de-saintes.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Amphith%C3%A9%C3%A2tre_de_Saintes

https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Saintes

 

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