Les Mérovingiens – La société mérovingienne

LES MÉROVINGIENS

Détail de la société mérovingienne – l’habillement d’un homme d’arme.

Du Vème siècle au milieu du VIIIème siècle, la dynastie des Mérovingiens régna sur une très grande partie de la France et de la Belgique actuelles, ainsi que sur une partie de l’Allemagne, de la Suisse et des Pays-Bas.

Tiers de sou en or de Dagobert Ier

Tiers de sou en or de Dagobert Ier Cette famille descend des peuples Francs saliens qui se sont installés dès le Vème siècle dans les régions de Cambrai et de Tournai, en Belgique. L’Histoire de la dynastie est marquée par l’apparition d’une forte prédominance de la culture chrétienne au sein de l’aristocratie. Elle se caractérise aussi par l’implantation croissante de l’Église, et par une économie qui se développe suite à l’effondrement de l’Empire romain d’Occident.  

Art mérovingien, fin VIème-début VIIème siècle

Art mérovingien, fin VIème-début VIIème siècle Le nom « Mérovingien » provient du roi Mérovée, ancêtre semi-mythique de Clovis (466-511).

Mérovée

Mérovée Les Mérovingiens, sous l’Ancien Régime et au XIXème siècle, sont désignés par certains légistes et historiens français comme étant la « première race » des rois francs.

Fibules aviformes fin Vème début VIème siècle

LA SOCIÉTÉ MÉROVINGIENNE

Clotaire II et Dagobert Ier

LES PRÉMICES D’UNE NATION

C’est avec son premier roi chrétien, Clovis, que la société mérovingienne voit le jour. Elle naît au

Baptême de Clovis

cours du VIème siècle, alors que celui-ci vient tout juste de recevoir le baptême. Le jeune roi franc se trouve propulsé à la tête d’un peuple disparate et varié. Ses sujets sont issus de l’ancien Empire romain d’Occident qui est en train de s’éteindre. Hormis ces derniers, les Gallo-romains, il faut rajouter les Francs, les Burgondes et les Wisigoths, qu’ils soient Chrétiens ou Païens.

 

LES WISIGOTHS

Wisigoth : peuple germanique issu des Goths.

Les Wisigoths migrèrent depuis la région de la mer Noire, et s’installèrent vers 270-275 dans la province romaine abandonnée de Dacie (actuelle Roumanie), au sein de l’Empire romain.

Dès 376, ils migrèrent à nouveau vers l’ouest, et vécurent au sein de l’Empire romain d’Occident, en Hispanie et en Aquitaine.

Division de la Gaule en 481.

Lentement, les Barbares vont se fondre et s’intégrer à la tradition gallo-romaine. Cette évolution progressive va déboucher vers ce qui sera, quelques siècles plus tard, la société féodale.

LES BURGONDES

Les Burgondes représentent un des peuples du groupe des Germains orientaux.

Au Ier siècle, ils migrent vers l’actuelle Poméranie aux bouches de l’Oder.

Au IIème siècle, ils s’établissent en Silésie, aux sources de la Vistule.

Vers la fin du IIIème siècle, ils font mouvement vers l’Elbe, puis vers le Main.

À la fin du IVème siècle, à la suite de la migration des Vandales et Alains en Gaule romaine, ils s’établissent aux abords du Rhin, en Germanie supérieure. Ils constituent ainsi un premier royaume en 413.

En 436, ils seront battus par les Huns en Germanie inférieure.

A la fin des Migrations germaniques de la fin de l’Antiquité, les Burgondes s’établissent durablement dans le centre-est de la Gaule, comme peuple fédéré de l’Empire romain d’Occident. Au Vème siècle, lors de l’effondrement de ce dernier, les Burgondes y fondent un royaume couvrant initialement une grande partie des actuelles régions suivantes : Bourgogne, Franche-Comté, Savoie, Lyonnais, Dauphiné et Suisse romande.

Dès 534, le Royaume des Burgondes est absorbé dans l’Espace Mérovingien en tant que « Regnum Burgundi », futur Royaume de Bourgogne.

Boucle de ceinture d’époque mérovingienne.

ROME EN HÉRITAGE

Le peuple de Clovis vit encore sous l’influence de Rome. L’Empire romain d’Occident est en pleine décadence, mais il est omniprésent et se fait sentir à tous les niveaux de la société et dans bien des secteurs.

Pour les Grecs et les Romains et, plus tard, pour les chrétiens, un barbare est un étranger qui ne parle ni grec ni latin.

L’État est encore un principe inconnu des Mérovingiens. Le roi est vu comme un chef et un guerrier. Son autorité ne peut être contestée. Son pouvoir, ainsi que celui de Childéric 1er (436-481), le père de Clovis, sur le petit royaume de Tournay (en Belgique), s’appuie sur le serment que lui accordent les hommes libres.

Abeilles en or du roi Childéric Ier

Le roi est propriétaire de son royaume ; il en dispose donc à sa guise. La notion de pouvoir monarchique commence à se raffermir avec Clovis, le jeune roi franc. Cependant, pour longtemps encore, l’unité du royaume n’existera que par le tempérament du suzerain.

La famille, les proches du roi, le maire du palais, ses domestiques commandés par un majordome, sont réunis à la cour et au palais. Les hauts fonctionnaires ne sont encore que des serviteurs.

LA LOI SALIQUE

L’ancêtre de la loi salique date du règne de Clovis, au début du VIème siècle.

La loi salique VIIIème siècle.

 C’est à cette époque que fut élaborée la version primitive de ce qui allait devenir la loi salique.

Elle sera par la suite plusieurs fois modifiée. La dernière version, connue sous le nom de « lex salica emen data », remonte au règne de Charlemagne (né en 742, 747 ou 748, mort en 814).

Cette loi est un recueil des coutumes et des règles de procédure en vigueur chez les Francs saliens, qui lui ont donné leur nom.

L’un de ces titres, « de alodis », est sans doute le plus célèbre : en effet il exclut la femme de la succession à la terre, car en se mariant, celle-ci quitte sa famille. Nonobstant, elle peut en revanche hériter de biens immobiliers, et posséder une immense fortune personnelle.

L’HÉRITAGE GALLO-ROMAIN

La Gaule romaine est à la fois un lieu précis et une période définie de l’Histoire.

En termes d’étendue territoriale, la Gaule romaine occupe une grande partie de la France actuelle, et une large portion des Belgique et Suisse actuelles. Lugdunum (de nos jours Lyon) en était la principale ville. Elle était la capitale des Gaules (Gaule lyonnaise, Gaule aquitaine et Gaule Belgique).

On peut estimer cette époque dans le temps : elle débute avec la conquête de la Gaule par Jules César (-52) jusqu’à la bataille de Soissons (486), qui marque la naissance de la dynastie mérovingienne.

Les Peuples gaulois

L’empereur Auguste avait découpé la Gaule en quatre provinces : trois impériales (la Gaule lyonnaise, la Gaule aquitaine et la Gaule Belgique) et une sénatoriale (la

Auguste

Gaule narbonnaise). Lugdunum fut désignée comme étant la capitale des Trois Gaules et le centre névralgique où siégeaient leurs gouverneurs.

Le 1er août de chaque année (date anniversaire de la prise d’Alexandrie par Octave et aussi fête de Lug, dieu solaire gaulois vénéré sur la colline de Fourvière), un rassemblement des représentants des soixante nations gauloises (sanctuaire fédéral des trois Gaules) se tenait à Lugdunum.

Amphithéâtre des Trois Gaules – Lyon

Lire : l’amphithéâtre romain des trois Gaules.

L’organisation administrative gallo-romaine s’appuie sur l’héritage du Bas-Empire (284 ap. J.-C.- 476 ap. J.-C.) ; ses missions seront reconduites jusqu’au Moyen Âge.

Le Bas-Empire représente la période finale de l’Empire romain, qui vient à la suite du Haut-Empire (27 av. J.-C.-284 ap. J.-C.).

Les Comtes, envoyés personnels du roi, ont toute autorité sur les « pagi » (anciennes circonscriptions territoriales romaines). Il en est de même pour les ducs, qui occupent un rang plus élevé, et qui pratiquent un commandement militaire sur des zones regroupant plusieurs « pagi ». Dans cette organisation, les anciens Gallo-Romains détiennent des postes importants, et leur ascension peut s’avérer très rapide. D’autant qu’il n’y a aucun obstacle (ethnique, religieux au juridique) qui ne contredise l’intégration de peuples aux origines très variées, y compris ceux vaincus par les Francs. C’est de cette manière que les Gallo-Romains, les Francs, les Alamans, les Burgondes et les Wisigoths vont lentement former une société mixte, au centre de laquelle les spécificités vont trouver leur place.

Le paganisme est omniprésent parmi tous ces peuples : on vénère encore les dieux de l’Olympe

Fac-similé de l’anneau sigillaire trouvé dans la tombe du roi Childéric à Tournai en 1653,

ou les idoles barbares, alors que Clovis lui, a choisi le Dieu de Jésus Christ. Chaque ethnie a ses lois, ses règles, ses coutumes, sa justice… Un accusé peut demander à être jugé selon la méthode

Anneau sigillaire d’Alaric II

en vigueur chez les siens (la loi romaine pour les Gallo-Romains, la loi salique pour les Francs saliens, et la loi gombette pour les Burgondes).

Au fil du temps, les Barbares s’assimilent à cette société gallo-romaine qui a été au cœur de l’un des territoires les plus florissants de l’Empire, et d’un grand raffinement. Les mariages mixtes sont nombreux.

L’historien et sénateur romain Tacite (né en 581 et mort vers 120 ap. J.-C) prétend que « Les Germains aiment l’oisiveté et haïssent la paix ». Il flatte aussi leur simplicité et leur mode de vie austère, et par-dessus tout leur honnêteté.

LES ALAMANS

Les Alamans (ou Alémans) représentaient une alliance de tribus germaniques essentiellement suèves, qui s’installèrent d’abord sur le cours moyen et inférieur de l’Elbe, puis le long du Main.

En 213, ils apparaissent pour la première fois dans les écrits romains.

En 260, ils conquirent les Champs Décumates, puis essaimèrent une zone couvrant une partie de l’Helvétie (la Suisse), la Décumanie (le pays de Bade), et une partie de la Séquanaise (l’Alsace). Ils participèrent à la germanisation de ces territoires, auparavant romanisés.

En 496, les Alamans furent vaincus par les Francs de Clovis. Ce dernier annexa leur territoire à son royaume.

Après le traité de Verdun (août 843), ces territoires firent partie de la Francie orientale avant de composer le duché de Souabe, du Xème au XIIIème siècle.

Traité de Verdun 843

L’APPARITION DES PUISSANTS

Une maison d’époque mérovingienne reconstituée

Au début du VIème siècle, on peut estimer selon toute vraisemblance que la Gaule est peuplée de plusieurs millions d’habitants. Pour la grande majorité, se sont de pauvres paysans. Ils sont établis dans de nombreux hameaux, éparpillés dans les landes et les épaisses forêts. D’ailleurs, rares sont les écrits où il est fait mention des paysans et des artisans. C’est pourtant sur ces pauvres hères que repose toute l’économie de la société mérovingienne en Gaule.

Reconstitution d’une ferme mérovingienne, à partir de sources archéologiques.

Les religieux traitent de païens (du latin tous ceux qui pratiquent le méprisable travail de la terre et des champs. Ce terme « paganus » donnera le mot paysan. Dans cette société, le paysan libre est presque autant considéré que l’esclave, l’affranchi ou le « lide », proche du servage.

 

Lide : étranger qui recevait un lopin de terre à cultiver.

Le puissant est un guerrier, et le demeurera dans la société médiévale. Au VIème siècle l’aristocratie n’existe pas encore ; cependant une catégorie de seigneurs commence à poindre. Ces derniers, parfois des fonctionnaires, sont avant tout de riches propriétaires fonciers et détiennent les terres et les fiefs.

Sarcophage Mérovingien de la crypte Saint Seurin à Bordeaux

Le système de propriété collective, héritage des peuples germains, laisse la place à celui de la propriété privée, du régime romain.  La terre prend alors une importance vitale : elle représente dorénavant l’argent, le pouvoir et la puissance.

Les Mérovingiens vont dépenser sans compter le domaine royal, en offrant des concessions nombreuses sans se soucier de la portée de leur action.

Les grands, eux, l’ont compris, et leur prédominance va augmenter avec, de surcroit, la mise en place du « commendatio ». Cette pratique soumet un homme libre à l’autorité d’un puissant en échange de sa protection.

Le cercle familial est le clou central autour de la société mérovingienne. Concernant les familles, la loi est formelle : tous les membres sont légalement solidaires. Si un individu se trouve dans l’incapacité de payer ses dettes, sa parentèle doit l’aider à rembourser.

Dans la théorie, le père détient l’autorité ; c’est lui le maître. Il a le pouvoir sur son épouse, ses enfants et ses esclaves. Nonobstant, concernant les tâches domestiques, c’est la mère qui gère les cordons de la bourse, et exerce son influence sur toute la maisonnée.

Abeille appartenant au Trésor de Childéric

Les Mérovingiens, contemporains de Clovis, sont des parents aimants et affectueux ; ils apportent à leurs enfants énormément d’attention et de soins.

Bijou mérovingien

Il faut dire que la mortalité infantile est élevée en ces temps reculés ; alors tout est fait pour compenser ce fléau et la brièveté de l’enfance. En effet, les garçons sont majeurs à douze ans et soldats à quinze. Quant aux filles, elles doivent prendre un époux une fois devenues nubiles.

Vestiges Gallo-Romaines

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9rovingiens

https://fr.wikipedia.org/wiki/Clovis_Ier

Les rois de France des Éditions Atlas (Les Mérovingiens).

 

 

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