Les bains publics ou « étuves » sous Charles V

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CHRONIQUES MÉDIÉVALES

LES BAINS PUBLICS, « ÉTUVES » AU MOYEN ÂGE

 SOUS CHARLES V

Les étuves, ou bains publics

 

SOMMAIRE

Au Moyen Âge, les bains publics des lieux de plaisirs fort prisés

C’est aux Romains que l’on doit l’usage des bains chauds. Ce mode de vie perdurera jusqu’à la fin du Moyen Âge. Dès le IXème siècle, des bains publics, ou « étuves », voient le jour dans de nombreuses villes.

A la fin du XIIIème siècle, on trouve à Paris une trentaine d’étuves. A l’instar des thermes romains, les bains chauds sont très fréquentés par des gens de toutes conditions. On s’y rend par souci de propreté et d’hygiène, pour s’y détendre, ou tout simplement pour y bavarder en agréable compagnie. On peut y manger, se faire raser, soigner, masser… et plus si affinité : la prostitution y est tolérée.

Ces lieux deviennent avec le temps des lieux de plaisir. Ils sont mixtes, et l’on s’y baigne nu.

Les Étuves se développent en ville à partir du XIIème siècle. La mode en est importée d’Orient par les Croisades. Très rudimentaires pendant le haut Moyen-Age, les bains publics s’inspirent des hammams orientaux remarqués par les Croisés en Terre Sainte. A la fin du XIIIème siècle, on en comptera vingt-six à Paris. Au bain de vapeur s’ajoutent, selon le prix (les tarifs sont assez élevés), le bain en cuve, le vin, le repas, et le lit.  

Source : « Dicotem Moyen Âge – Fleurus 2006 ».

HISTORIQUE

L’homme de la fin du Moyen Age a peur de l’eau ! Et il a toutes les raisons pour çà. Il faut savoir qu’à cette époque-là, les étuves et bains publics sont devenus de dangereux lieux de promiscuité, et qu’en période d’épidémie (la peste de 1348 par exemple), la foule et les rassemblements sont à éviter. L’ignorance populaire est sans limite ; on a peur que la maladie s’infiltre dans les pores dilatés de la peau au moment de l’immersion dans l’eau chaude.

Étuves mixtes

Dans son traîté de la peste en 1573, Nicolas Houel écrit : « Bains et étuves publics seront pour lors délaissés, pour ce qu’après les pores et petits soupiraux du cuir, par la chaleur d’icelle, sont ouverts plus aisément, alors l’air pestilent y entre ».

De ce fait, au XVème siècle, de nombreux bains publics ferment leurs portes. Hommes et femmes opteront pour le parfum et choisiront de se vêtir plutôt que de se déshabiller et se baigner.

Étuves privées

Très rudimentaires pendant le haut Moyen-Age, ils deviennent dès le XIIème siècle des établissements urbains incontournables. Dès 1339, ces étuves médiévales du quartier de la Marine d’Auxerre seront si populaires que l’on observera les filles de joie s’en rapprocher. Ces dames de « petite vertu » proposeront leurs services jusqu’en 1571. Mais les plaintes du voisinage et les procès pour immoralité et débauche contre les tenanciers, seront tels que ces lieux de plaisirs devront fermer. Ils le sont toujours !

 

 

ENTRONS DE PLAIN PIED DANS LE MONDE DES BAINS CHAUDS DE MAÎTRE JEAN !

Les bains publics

Dès potron-minet, le garçon d’étuves sillonne les ruelles de la capitale. « Les bains sont chauds, c’est sans mentir ! », crie-t-il en hurlant de toute la force de sa voix, tout en secouant sa crécelle. Il signale que l’étuve est prête depuis déjà plusieurs heures, et que l’eau est bouillante dans les cuves.

Dans cette période de l’histoire, les ruelles sombres des cités sont dangereuses, et l’on y fait des mauvaises rencontres la nuit. Alors, l’étuveur est tenu

Les étuves, ou bains publics

d’attendre une heure propice et plus tardive pour faire son annonce en sécurité. Pour cette même raison, la loi exige que ces bains chauds doivent fermer à la tombée de la nuit.

Très tôt le matin, les « lève tôt » (petites gens, marchands…) se pressent vers l’étuve. Pour les pauvres, un simple bain à deux deniers fera l’affaire. Pour les autres, un bain aux herbes leur en coûtera quatre deniers.

Puis, plus tard, c’est au tour des bourgeois d’investir le bain public, au fronton duquel est inscrite la devise de la maison : « Céans, l’on tient bains et étuves ». Ceux-ci sont assez riches pour se faire masser, oindre le corps, raser pour les messieurs, épiler pour les dames.

Les étuveurs et les perruquiers ont chacun un corps de métier bien distinct ; cependant tous font « le poil » et coupent les cheveux.

TOUS NUS DANS LE MÊME BAIN !

Le patron des lieux, nommons le Jean, un gros bonhomme plein d’entrain, fustige ses valets tout en surveillant l’évacuation des eaux usées. Le règlement est strict ; la plus petite erreur lui coûterait la fermeture de son établissement.

Les étuves, ou bains publics

Les Statuts de la corporation des étuveurs (codifiés sous Louis IX par le prévôt des marchands Étienne Boileau) ont été transcrits dans le « Livre des métiers ».  Jean connaît tout le monde, et supervise tout. C’est lui d’ailleurs qui accueille ses clients à l’entrée de sa boutique. De la sorte, il peut s’assurer qu’aucun lépreux, ni femme de mauvaise vie, n’entre dans sa respectable étuve.

Le service est permanent. Toute la journée, l’eau chauffe en permanence, et les cuves et baquets se remplissent dans un ballet ininterrompu. Le fond des cuves est recouvert d’une épaisseur de laine, ceci afin d’éviter les possibles échardes et les glissades inopportunes. Des jeunes femmes aimables et avenantes ne s’arrêtent jamais ; elles lavent les têtes, décrassent, essuient, épilent. Elles rajoutent par ici de l’eau froide, par là de l’eau chaude. Sans jamais rouspéter (ce qui leur vaudrait une sérieuse correction de maître Jean), elles déversent leurs brocs sur les corps dénudés des femmes et des hommes.

Oui, ces bains publics sont mixtes. Les clients des deux sexes y viennent sans pudeur et bavardent tout sourire, tous nus.

 

BAIN OU DOUCHE, AU CHOIX !

L’établissement est l’un des plus prisés de la capitale. Il possède une salle de sudation, plusieurs salles de détente. On y trouve des lits avec des draps propres, changés tous les jours pour la relaxation des clients.

Les étuves, ou bains publics

Les étuves, ou bains publics

On compte aussi deux salles avec des douches, munies d’un baquet surélevé percé de trous. D’autres salles, communes, disposent d’une dizaine de baquets ronds en bois, dotés d’un escabeau pour y grimper.

Pour ceux qui souhaitent une intimité, et ne pas se mélanger aux autres, l’établissement est doté de trois petites pièces avec cuves indépendantes munies d’un rideau isoloir. Les baquets sont alimentés par deux tuyaux, un pour l’eau froide et un autre pour l’eau chaude. Ce qui permet un réglage facile et rapide de la température du bain. De telles prestations ont un coût, et seuls les clients les plus riches peuvent s’offrir un tel service ; car le prix est multiplié par deux ou trois.

Autour des cuviers, on trouve des petites tables rondes sur lesquelles sont disposées des boissons et de quoi se sustenter. Il faut savoir que, surtout le samedi, plusieurs habitués peu pressés se prélassent de longues heures dans leur bain de vapeur.

 

LES PRÉMICES DES MAISONS CLOSES !

A partir du XVème siècle, on assiste dans la capitale à une grande transformation dans les habitudes et les mœurs de la population. Les bains publics perdent leur notion d’hygiène et de propreté. La grivoiserie et la débauche se substituent peu à peu à la convivialité. D’aucun n’y vont plus que pour passer un bon moment avec une jeune sybarite. Ne considérant que leurs intérêts personnels et attirés par l’appât du gain, les tenanciers seront de plus en plus nombreux à se dévoyer dans cette activité illégale.

Les étuves, ou bains publics

De leur côté, les honnêtes gens, critiqués par les religieux et les médecins qui sont préoccupés par la recrudescence des maladies vénériennes, désertent ces « lieux de débauche ».

Au XVIème siècle, les bains publics ont acquis une fâcheuse renommée : ils sont devenus des « maisons de dépravation ». Dans la plupart des cas, ils ne sont plus que d’immenses hôtels remplis de maisons de rendez-vous.

Étuves publiques au Moyen Âge

De trente étuves publiques officielles à Paris sous Louis IX, il n’en reste plus que deux sous le règne de Louis XIII. 

Mais à partir de la Renaissance, ce changement n’affecte pas outre mesure les Parisiens. Désormais, ceux-ci n’utilisent plus les bains chauds, qui sont passés de mode ; car l’habitude de se laver est devenue obsolète. Ils préfèrent maintenant s’asperger abondamment de parfums aux senteurs orientales.

Blason de Paris

Sources :

Photos publiques Facebook

Les rois de France des Éditions Atlas (Valois directs).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Cent_Ans

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_V_le_Sage

 

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1 réponse

  1. 28 août 2022

    […] Lire : les bains publics au Moyen Âge […]

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