La bataille de Baylen

aiglenLa bataille de Baylen

Capitulation de Bailén (en espagnol)

(Du 19 au 22 juillet 1808)

 « Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle. »

Napoléon Bonaparte

La_Rendición_de_Bailén_(Casado_del_Alisal)


Guerre d’Espagne

Situation

En Andalousie, aujourd’hui dans la province de Jaén (Espagne). A l’issue de la bataille, l’armée française de Joachim Murat, commandée par le général de division Pierre Dupont de l’Etang, est battue et doit capituler face à l’armée espagnole de Francisco Javier Castaños Aragorri Urioste y Olavide, et de Théodore de Reding de Biberegg.


Forces en présence

Pour les Français : 24 000 hommes, sous les ordres du général Pierre Dupont de l’Etang.

Pourles Espagnols : 27 000 hommes (réguliers et miliciens), sous les ordres des généraux Don Francisco Javier Castaños Aragorri Urioste y Olavide et Théodore de Reding de Biberegg (général suisse au service de l’Espagne).


Contexte

Après *l’entrevue de Bayonne, et l’instauration de Joseph Bonaparte sur le trône d’Espagne, le peuple de Madrid se soulève (Dos et Très de Mayo). Ces événements marquent le début d’une terrible guerre d’indépendance espagnole contre l’occupant français.

*Le Portugal refusant de se soumettre au blocus continental établi par Napoléon, continue à faire commerce avec le principal ennemi de l’Empereur : l’Angleterre. Napoléon décide alors, pour le faire plier, de l’envahir. Pour arriver à ses fins, il doit faire passer ses armées à travers l’Espagne, pays ami. Le 27 octobre 1807 est signé le traité de Fontainebleau, entre Manuel Godoy, chancelier du roi d’Espagne Charles IV, et Napoléon 1er. Ledit traité autorise le passage des troupes françaises sur le territoire espagnol pour attaquer le Portugal. Mais ces dernières vont se conduire en conquérantes et outrepasser leurs droits. Elles vont envahir les villes, et se rendre maîtres des principales voies de communication, ce qui va  déclencher une véritable hostilité contre l’occupant. Sous la menace d’une guerre civile, les deux monarques, Charles IV et son fils Ferdinand VII (pour lequel il a abdiqué), demandent l’arbitrage de Napoléon. Ce dernier les reçoit à Bayonne au château de Marracq.

Fernando_VII

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C’est à cette occasion que Ferdinand VII et son père le roi Charles IV renoncent à la couronne, et chargent Napoléon 1er de la placer sur le postulant de son choix. C’est ainsi que le trône d’Espagne échoira à Joseph Bonaparte, le frère de Napoléon. Celui-ci, déjà roi de Naples, cédera son trône à Joachim Murat, beau-frère de l’Empereur.

Bayonne-Château_de_Marracq

Bayonne-Château_de_Marracq

  • 2 mai (Dos de Mayo) : soulèvement de la population de Madrid contre l’occupant français. Cette insurrection est sévèrement réprimée par Emmanuel de Grouchy et Joachim Murat. Cet événement marque le début de la guerre de résistance espagnole (guérilla).
  • 3 mai (Très de Mayo) : poursuite des exécutions d’insurgés madrilènes. Les pertes estimées à la suite des violents affrontements s’élèvent à 200 morts côté Français et de 500 à 1000 morts pour les espagnols.

Dupont de l’Etang a pour mission de se diriger sur Cadix afin de désenclaver l’amiral François de Rosily et ce qui reste de sa flotte, et éventuellement maîtriser la flamme du soulèvement andalou.

  • 7 juin : Dupont de l’Etang arrive à Cordoue ; il est victorieux à la bataille du pont d’Alcolea.
  • 14 juin : reddition de l’amiral de Rosily aux Espagnols.
  • 18 juin : Dupont de l’Etang se rabat sur Andújar.
  • 18 juillet : Dupont de l’Etang tente, dans la soirée, une sortie d’Andújar pour échapper à l’armée de Don Francisco Javier Castaños.
  • 19 juillet : dès 4 heures du matin la bataille débute.

Déroulement de la bataille

Elle sera de courte durée : les affrontements auront lieu de 4 heures du matin jusqu’à midi. Après cinq assauts consécutifs lancés contre les forces espagnoles, les suites seront terribles. Les troupes de Reding et Coupigny, déployées vers le village de Bailén, stoppent toutes les charges des soldats français. Les pertes sont catastrophiques ; à midi il ne reste plus que 2000 hommes en état de se battre dans les rangs de l’armée de Dupont de l’Etang. Les autres gisent morts sur le champ de bataille, blessés ou terrassés par la chaleur de l’été espagnol et par la soif.

Face à cette situation désespérée, une trêve et un arrêt des combats sont sollicités par les Français et acceptés par Reding. Le lendemain, les négociations entreprises aboutiront à la reddition de l’armée française.

Le 22 juillet a lieu la signature de la Convention d’Andujar. Celle-ci ne sera pas respectée, et la junte de Cadix refusera de ratifier la capitulation. Plutôt que d’être rapatriés en France suivant les clauses de la Convention, les prisonniers français (16 000 hommes) seront déportés et soumis à une mort inéluctable sur les pontons de Cadix. Les rares survivants seront ensuite emprisonnés sur l’île de Cabrera. Plus tard, les officiers auront le privilège d’être exilés en Angleterre.

A son retour en France, Dupont de l’Etang sera destitué de ses grades, décorations et titres, et sera enfermé dans une prison d’état, d’abord au fort de Joux puis à la citadelle de Doullens. Il n’en ressortira qu’avec le retour de Louis XVIII, en 1814.


Pertes

Pour les Français : environ 2000 morts et au moins 400 blessés et 17 500 prisonniers.

Pour les Espagnols : environ 250 morts et au moins 700 blessés.


Conséquences

Cette capitulation va avoir des conséquences importantes en Europe. Pour la première fois, l’armée française s’est montrée vulnérable, ce qui va encourager les puissances européennes à reprendre les armes contre la France, et contre Napoléon.

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