Les Grands Maîtres de l’Ordre du Temple – Thomas Béraud

MOYEN ÂGE

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LES GRANDS MAÎTRES

DE

L’ORDRE DU TEMPLE 

croises

Le 13 janvier 1129 s’ouvre le Concile de Troyes. Convoqué par le

Hugues de Payns

Hugues de Payns

pape Honorius II à la demande d’Hugues de Payns (1er Grand Maître des Templiers), le synode reconnaît officiellement l’Ordre du Temple dont la règle, transcrite par Bernard de Clairvaux, est ratifiée par le Concile.

L’Ordre est créé selon la règle du « chevalier du Christ » : simplicité, pauvreté, chasteté et prières. Cette règle s’appuie sur celle de Saint Benoit,

Honorius II

Honorius II

avec quelques nuances empruntées à celle de Saint Augustin. Cette doctrine est suivie par les chanoines de l’Ordre du Saint Sépulcre, près desquels vivent les premiers Templiers.

L’ordre a alors plusieurs appellations : la milice des Pauvres Chevaliers de Christ, les Chevaliers de la Sainte Cité, les Chevaliers du Temple de Salomon de Jérusalem, la Sainte Milice hiérosolymitaine du Temple de Salomon. Au fil du temps, le nom qui deviendra le plus usité sera celui de « Templiers ».

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L’Ordre du Temple était un « Ordre religieux et militaire » issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge. Il fut créé en 1129, lors du Concile de Troyes. A l’origine, ses membres constituaient

Siège de Saint-Jean-d'Acre 1291

Siège de Saint-Jean-d’Acre 1291

une milice nommée les « Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon ». L’ordre eut pour mission, au cours des 12ème et 13ème siècles, d’accompagner et de protéger les pèlerins qui se rendaient en Terre Sainte, à Jérusalem, dans le contexte de la Guerre Sainte et des Croisades. Les soldats du Christ seront présents dans de nombreuses batailles lors des Croisades en Terre Sainte, ainsi que dans la péninsule ibérique lors de la « Reconquista ».

Pour accomplir et financer ses missions, l’Ordre va pouvoir, grâce à des dons fonciers, essaimer et construire à travers l’Europe tout un réseau de monastères (commanderies), puis s’étendre dans tout l’Occident chrétien. Cette montée en puissance va lui donner un rôle privilégié parmi les souverains de l’époque. Les Pauvres chevaliers du Christ vont devenir des partenaires financiers de premier choix auprès des monarques occidentaux. Ils effectueront même, avec certains rois, des transactions à caractère non lucratif, voire devenir les gardiens des trésors royaux.

Le 28 mai 1291, après la chute de Saint-Jean-d’Acre et le retrait définitif des armées croisées de

Templiers sur le bûcher

Templiers sur le bûcher

la Terre Sainte, l’Ordre va tomber en disgrâce. Devenus trop puissants aux yeux du roi de France, Philippe le Bel, les chevaliers du Temple seront condamnés en procès pour hérésie.

Le 14 septembre 1307, le roi dépêche des messagers à tous ses sénéchaux et baillis, leur ordonnant de saisir tous les biens mobiliers et immobiliers des chevaliers du Temple.

Le 13 octobre 1307, sur ordre du roi, l’on procède en France à l’arrestation de la totalité des Templiers, au cours d’une même journée.

Le 13 mars 1312, l’Ordre est dissout par le pape Clément V.

Le 18 mars 1314, le dernier Grand Maître des Templiers, Jacques de Molay, est brûlé sur un bûcher dressé sur l’île aux Juifs, à Paris.

Croisé

LA HUITIÈME CROISADE

(1270)

Chevaliers de l'Ordre du Temple - peintures de Nan Émile

Chevaliers de l’Ordre du Temple – Les peintures sont de Nan Émile

L’échec de la Septième Croisade aura un retentissement

Bataille de Mansourah 1250

Bataille de Mansourah 1250

profond dans tout l’Occident chrétien. Après la défaite de Mansourah, Louis IX, capturé et maintenu prisonnier, ne sera libéré que contre rançon.

Cet échec sera ressenti par le Capétien comme une punition de Dieu, et il en sera grandement affligé. Au

Alexandre IV

Alexandre IV

13ème siècle, la ferveur religieuse n’est plus la même que pour la Première Croisade (1095-1099) ; elle s’est émoussée au fil du temps et des échecs. L’Europe ne se rassemble plus derrière sa foi et contre les infidèles comme au 12ème

Urbain IV

Urbain IV

siècle. Alors que le tombeau du Christ est toujours aux mains des Mamelouks, en Occident les événements ont évolué. Refoulés hors de la Sicile, les Musulmans sont méthodiquement expulsés de la péninsule ibérique, Reconquista oblige (du milieu du 13ème siècle à 1492). Pourtant, en 1270, le sultan Baybar représente une menace réelle pour la survie des États latins d’Orient qui sont en danger. La situation devient urgente ; c’est ce qui persuade les papes Alexandre IV, Urbain IV et Clément IV à appeler l’Occident chrétien à une Huitième Croisade.

Clément IV

Clément IV

Saint Louis veut alors tenter une nouvelle fois l’impossible… Dès 1267, il commence à réunir l’argent, les vivres et l’armement : tout ce qui est nécessaire et vital à l’expédition. En juillet 1270, il s’embarque d’Aigues-Mortes pour Tunis.

Fourbu et harassé par la chaleur et le manque d’eau, le roi meurt à 56 ans sous les remparts de la ville, ravagé par la peste ou la dysenterie. Avec cet échec se terminent deux siècles de Croisades (1095-1291). Quel meilleur symbole pouvait-on exiger, pour mettre un terme à cette longue période et pour en incarner l’ultime figure, que Saint Louis, ce roi très chrétien …

 

Chevaliers de l'Ordre du Temple - Les peintures sont de Nan Émile

Chevalier de l’Ordre du Temple – Les peintures sont de Nan Émile

THOMAS BÉRAUD

Armoiries de Thomas Béraud

Armoiries de Thomas Béraud

19ème Grand Maître de l’Ordre de 1252 ou 1257 jusqu’à sa mort, en 1273.

Thomas Béraud demeure un personnage mystérieux parmi la confrérie de l’Ordre du Temple ; son parcours est en partie ignoré des historiens. Certains l’attestent Grand Maître de l’Ordre en 1252, dès la démission de Renaud de Vichiers, son prédécesseur, d’autres à la mort de ce dernier, en 1256.

Nonobstant, lorsqu’il débute à la tête de son magistère, il se trouve au sommet d’un Ordre agonisant. Les fiefs des Templiers en Terre Sainte se sont considérablement réduits et se composent de quelques villes et forteresses. De plus, les querelles entre les deux Ordres, celui des Templiers et celui de l’Hôpital, ne se sont pas apaisées ; bien au contraire.

En 1257, l’Ordre du Temple possède sur son immense territoire 3 468 châteaux, forteresses et maisons dépendantes, réparties dans 19 provinces et sous-provinces.

En 1257 et 1258, à Acre, une véritable guerre fratricide voit le jour entre deux parties éminentes : d’une part, les Templiers et leurs alliés vénitiens, et de l’autre, les Hospitaliers et les commerçants génois.

Le 9 octobre 1258, un accord est signé entre Thomas Béraud (Maître du Temple), Hugues de

Hugues de Revel

Hugues de Revel

Anno von Sangershausen

Anno von Sangershausen

Revel (Maître des Hospitaliers), et Anno von Sangershausen (Maître des chevaliers Teutoniques). Ce pacte concerne les revendications qui pourraient survenir sur différentes possessions dans les royaumes de Jérusalem, de Chypre, d’Arménie, dans la principauté d’Antioche et le comté de Tripoli. Nul doute, le magistère de Thomas Béraud fut très mouvementé.

En 1260, les Templiers acquièrent la place de Sajette et le château de Beaufort, puis, en 1262, la place d’Arsuf.

Forteresse de Beaufort

Forteresse de Beaufort

Le 24 octobre 1260, Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari (plus connu en français sous le nom de Baybars) assassine le sultan d’Egypte Al-Muzaffar Sayf ad-Dîn Qutuz (« dit Qutuz »), et se proclame sultan à sa place.

En avril 1263, Baybars saccage Antioche et met le siège devant Saint-Jean d’Acre. La résistance des Templiers est telle qu’il préfère lever le siège au bout de quelques jours.

Au début de 1264, les deux Ordres se rendent maître de la forteresse du Lizon, entre Caïffa et Jenin. En juin de la même année, Templiers et Hospitaliers montent une expédition pour contre-attaquer Baybars ; ils ravagent Ascalon et déciment une colonne de 300 Mamelouks.

En juillet, Baybars (surnommé « la colonne de la victoire » et « le père des victoires ») se venge et saccage la région entre Césarée et la forteresse d’Athlît.

En mars 1265, il rase la citadelle de Césarée, puis il s’empare de Caïffa et transforme la cité en un champ de ruines.

A la fin du mois de mars, il fait une tentative pour s’emparer de la forteresse templière de Château-Pèlerin. Mais il essuie un échec : la citadelle est courageusement défendue par les chevaliers du Temple. Baybars se retourne alors sur Arsuf, défendue par 300 Chevaliers de l’Hôpital, mais la cité résiste également. Au bout d’un mois d’assauts meurtriers, la ville capitule. Malgré les accords convenus pour la reddition de laisser partir libres les défenseurs, les soldats sont fait prisonniers dès leur sortie.

Le 7 juillet 1266, Baybars attaque la forteresse de Safed, défendue par les Chevaliers du Temple. Mais ses pertes sont colossales. Pour arriver à assouvir sa soif de sang, il fait exécuter un grand nombre de ses généraux défaitistes voulant abandonner le siège pour aller combattre ailleurs, vers une cible moins ardue.

Le 25 juillet, la citadelle capitule. Une nouvelle fois, bien qu’il ait promis la vie sauve aux chevaliers de la garnison, dès leur sortie, les défenseurs de la forteresse sont capturés et tous décapités. Les civils sont déportés en esclavage.

Certains historiens attestent que Thomas Béraud se trouvait à l’intérieur des murs de la

Clément V et Philippe le Bel face aux Templiers

Clément V et Philippe le Bel face aux Templiers

forteresse de Safed. D’aucuns ont prétendu qu’il aurait obtenu la vie sauve en reniant sa foi chrétienne. Cela parait peu probable, mais cet épisode sera repris plus tard, en 1307, dans l’acte d’accusation que Nogaret rédigera pour Philippe le Bel.

Départ de Louis IX pour la 8ème Croisade

Départ de Louis IX pour la 8ème Croisade

Face à la menace grandissante et à l’hécatombe due à la perte de toutes ces forteresses, Thomas Béraud et Hugues de Revel, le Maître de l’Hôpital, adressent une missive au Saint Siège. A l’annonce de ces nouvelles désastreuses, les papes Alexandre IV, Urbain IV, et Clément IV prêchent la 8ème Croisade. Seuls le roi de France, Saint Louis, et le roi Jacques Ier d’Aragon répondent à l’appel ; ils n’atteindront jamais la Terre Sainte.

La flotte du roi d’Aragon est dispersée au cours d’une tempête. Une partie de ses effectifs sombre avec à son bord de nombreux Templiers d’Espagne. Ce qui reste de la flotte accoste à Aigues-Mortes. Quant à Louis IX, il choisit de se diriger sur Tunis, où il meurt de la peste en 1270.

En 1271, une trêve de 10 ans est conclue entre Chrétiens et Musulmans, mettant ainsi un terme à deux siècles de Croisades.

Thomas Béraud meurt le 25 mars 1273.

Guillaume de Beaujeu lui succède.

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