Les Témoins du Passé – L’abbatiale Saint Chaffre du Monastier sur Gazeille

LES TÉMOINS DU PASSÉ

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L’ABBATIALE SAINT CHAFFRE

 DU MONASTIER SUR GAZEILLE

 Façade occidentale (4)

Blason de la ville du Monastier sur Gazeille

Blason de la ville du Monastier sur Gazeille

STYLE : roman auvergnat.

CULTE : catholique romain.

TYPE : église abbatiale.

Abbatiale : Une abbatiale, ou église abbatiale, est une église spécialement construite pour une abbaye.

PÉRIODES DE CONSTRUCTION : 11ème, 15ème, 16ème et 20ème siècles.

PROPRIÉTÉ : de la commune.

PROTECTION : classement, sur la liste des Monuments Historiques de 1840 (fiche Mérimée source Monumentum).

Éléments protégés : l’église abbatiale et le mobilier (l’orgue de tribune, le buffet d’orgue et la partie instrumentale de l’orgue).

MONASTIER SUR GAZEILLE

Le château de Monastier sur Gazeille

Le château de Monastier sur Gazeille

 

Blason de la ville du Monastier sur Gazeille

Blason de la ville du Monastier sur Gazeille

SITUATION

Le Monastier-sur-Gazeille est une commune française située dans le département de la Haute-Loire, en région d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Le village est situé à mi-parcours entre le bassin du Puy-en-Velay et les hauts plateaux du mont Mézenc, qui est le point culminant du Velay (1753m). Le bourg est à 950 m d’altitude ; c’est un village balcon qui s’étire sur plus de 2 km. Il domine la vallée de la Gazeille, affluent de la Loire.

L’église abbatiale Saint-Chaffre du Monastier-sur-Gazeille est située au centre du village du Monastier-sur-Gazeille.

Cette petite cité de Haute-Loire abrite une magnifique église abbatiale du 11ème siècle. Son architecture est principalement romane et comporte des éléments gothiques. C’est l’une des plus belles représentations de l’art roman en Auvergne.

Blason de la ville du Monastier sur Gazeille

Blason de la ville du Monastier sur Gazeille

L’ABBATIALE SAINT CHAFFRE

 Façade occidentale (2)

 

PRÉSENTATION

Théofrède de Carméri, aussi appelé Saint Chaffre, est le patron du Monastier-sur-Gazeille dans la Haute-Loire.

A la mort de l’abbé Eudes, Théofrède de Carméri) lui succède et devient le deuxième abbé du monastère. Lors d’une attaque des Sarrasins, il demande à ses religieux de se cacher dans la forêt, alors que lui décide de rester seul dans l’abbaye. Lorsque les Maures s’emparent des lieux, il est prosterné en prière dans son église. Battu violemment, Saint Chaffre est laissé pour mort et abandonné par ses bourreaux, qui s’apprêtent à accomplir une fête rituelle le lendemain. Saint Chaffre les exhorte et condamne leur cérémonie idolâtre. Surpris, les Maures le blessent mortellement, cette fois à la tête. C’est alors qu’une tempête éclate et sème la débâcle parmi les assaillants, qui fuiront sans pouvoir incendier l’abbaye. Saint Chaffre succombera quelques jours plus tard, le 19 octobre 728.

En Europe, durant le Moyen Âge, le mot « Sarrasins » ou « Sarrazins » était employé pour dénommer les peuples de confession musulmane. On les appelait aussi « Mahométans », « Arabes », « Ismaélites », ou bien « Agarènes ». Quant au terme « Maures », il faisait allusion aux Berbères de l’Afrique du Nord après la conquête des Omeyades. Les mots « Islam » et « Musulmans » n’existaient pas encore en Occident médiéval. En français, le mot « Musulman » est cité pour la première fois en 1551 ; « Islam » en 1697. Avant ces dates on utilisait, pour définir la religion des peuples musulmans, l’expression « loi de Mahomet », ou « loi des Sarrasins ».

Construite entre le 12ème et le 13ème siècle, l’église abbatiale est un pur chef-d’œuvre de l’art roman en Velay. Elle doit son nom à l’un des premiers abbés morts en martyre. De par ses dimensions imposantes, c’est la seconde église de la Haute Loire par sa taille derrière la cathédrale du Puy en Velay.

L’église abbatiale a connu son apogée à la fin du 12ème siècle, époque durant laquelle l’influence de l’abbaye de Saint-Chaffre rayonnait sur un large territoire dans le sud de la France : la vallée du Rhône, une partie de l’Ardèche, le Dauphiné, le Gévaudan, la Rouergue, la Provence et au-delà, les Alpes et le Piémont italien. L’abbaye administrait alors un réseau de 250 dépendances.

HISTORIQUE

ÉPOQUE MÉROVINGIENNE (du Vème au milieu du VIIIème siècle).

L’abbaye Saint-Chaffre ou Saint-Théofrède date probablement de la période mérovingienne, ce qui en fait l’un des plus anciens monastères de France. Nous n’avons pas assez de détails concernant ces temps reculés, notamment des écrits hagiographiques (écriture de la vie et ou de l’œuvre des saints) avec le récit notoire des origines et des premiers abbatiats d’Eudes et de Théofrède.

C’est au 6ème siècle que l’Histoire de l’abbaye commence. Un seigneur gallo-romain du nom de Calminius vient s’établir au lieu-dit « le Villars », pour y mener une existence d’anachorète (ermite) selon les principes inspirés par Saint Martin de Tours de « rechercher la solitude ».

Ermite ou Anachorète : « qui s’est retiré du monde ». C’est une personne qui s’est volontairement soustraite de la société temporelle pour des raisons religieuses, afin de suivre une vie basée sur l’austérité, la rigueur et la pénitence. Les anachorètes sont des ermites qui vouent leur existence à la spiritualité, à la prière et à l’Eucharistie.

Très vite il se forme autour de lui un petit groupe de disciples. Cette communauté a vraisemblablement vécu durant une certaine période dans les grottes sises au-dessus du village actuel.

Au 7ème siècle, sous la conduite de l’abbé Eudes, qui fut le premier abbé de Saint Pierre de Calmiliac (ancien nom du Monastier), puis de son neveu Théofrède (qui deviendra Saint Théofrède, puis Saint Chaffre) la communauté se tourne vers le monachisme provençal des Îles de Lérins, en Méditerranée.

ÉPOQUE CAROLINGIENNE (de 751 jusqu’au Xème siècle).

Faisant suite à la réforme bénédictine transmise par Benoit d’Aniane (vers 750-821), le roi Louis le Pieux (778-840) ordonne la restauration de quinze monastères, dont l’abbaye du Monastier. 

En 817, la communauté opte pour la règle bénédictine.

Au cours du 9ème siècle, l’abbaye est placée sous la férule d’abbés, amis et conseillers des papes et des monarques. C’est de cette période, sous l’abbatiat de l’abbé Dructan, que datent les premières acquisitions (achats et donations). Ces dons permettront l’instauration d’un important domaine foncier avec l’obtention de droits féodaux.

Au 10ème siècle il devient nécessaire d’établir une nouvelle réforme. C’est l’abbé Gotescale (qui deviendra plus tard évêque du Puy, et précurseur du pèlerinage de Compostelle) qui en sera le réalisateur. Il ordonnera aux moines de Saint Chaffre  la mise en application de la « règle de Saint Benoît », avec l’aide d’une communauté monastique venue de Saint-Géraud d’Aurillac.

Ses successeurs Dalmace et Vulfalde régentent la « congrégation chaffrienne » et la dotent d’une première organisation. Ils obtiennent eux aussi de nombreuses donations ou fondations d’églises et de prieurés, et s’attèlent à édifier une nouvelle et « magnifique » église.

En deux siècles, trois églises seront érigées. A cause de l’instabilité du terrain, toutes les trois s’effondreront, dont la « grande église », celle de l’abbé Vulfade, dont il ne reste que quelques vestiges.

ÉPOQUE CAPÉTIENNE (de 987 à 1328).

Au 11ème siècle l’abbaye subit de multiples perturbations. Ces désordres sont dus aux circonstances politiques, mais aussi à la complexité de pouvoir mettre sur pied les différentes élections abbatiales. A l’aube de la grande réforme grégorienne, la communauté des moines du Monastier porte à la tête de l’abbaye l’abbé Guillaume III (1074-1086). C’est sous son abbatiat que l’église actuelle sera édifiée. Il sera à l’origine de grands travaux : hormis l’église abbatiale, il fera construire des bâtiments conventuels, et allouera de nombreuse richesses à l’abbaye : bibliothèque, trésors religieux, etc…

Les travaux entrepris seront poursuivis par son successeur Guillaume IV (1084-1136). C’est lui qui fera écrire le cartulaire de l’abbaye qui nous permet, à ce jour, de recueillir un bon nombre de connaissances sur ce que devait être exactement le monastère en ce temps-là. Son abbatiat durera plus de cinquante ans ; le monastère prendra alors une ampleur considérable. Sous son administration, Guillaume IV verra l’apogée de l’abbaye de Saint Chaffre, et mettra en place définitivement la congrégation chaffrienne. Cette dernière compte alors plus de 235 possessions : abbayes, prieurés, églises, chapelles ou celles monastiques, etc…

Son influence s’étend dans plus de 15 diocèses, ramifiant ses dépendances à l’est du Rhône, du midi méditerranéen, jusqu’en Italie (Piémont).

ÉPOQUE DES CROISADES

En Occident, les 12ème et 13ème siècles font l’objet de nombreux troubles politiques. On assiste alors au déclin des ordres monastiques conventionnels au profit de nouvelles fondations : Cîteaux, la Grande-Chartreuse, et des ordres mendiants. Le Monastier n’échappera pas au bouleversement. L’exercice, par les pontifes d’Avignon, du « droit de réserve », déléguant l’autorité abbatiale à des notables le plus souvent absents du monastère, contribue au déclin de l’institution.

LA GUERRE DE CENT ANS

Guerre de Cent Ans : conflit qui opposa la France et l’Angleterre de 1337 à 1453 (entrecoupé de nombreuses trêves).

En 1361 et 1362, le monastère et le bourg de Monastier sont victimes des Grandes Compagnies de « routiers et mercenaires ».

A la fin du XIVème et au début du XVème siècle, les troubles causés par la Guerre de Cent Ans écrivent une page mouvementée de l’Histoire de la région. Durant les cycles de paix de cette guerre, des bandes armées, désœuvrées, en maraudes, vont arpenter les campagnes (lire : Mercenaires, routiers et écorcheurs au Moyen Âge). La région n’échappera pas au pillage : ces bandits de grands chemins la mettront à sac pour survivre.

La région est dévastée, désolée, et appauvrie. Cette misère va pousser l’abbé de Monastier à quémander une exonération des impôts qu’il ne peut payer. L’ensemble des abbés de cette période, pourtant de riches dignitaires de l’église, ressentent de réelles difficultés à subvenir aux besoins et aux nécessités des colossales dépendances chaffriennes. Petit à petit, les plus lointaines possessions essaient de gagner leur indépendance.

C’est de cette manière qu’au 15ème siècle, le groupe italien de Saint-Théofrède de Cervère obtient son rattachement à la congrégation de Savigliano.

Malgré tous ces soucis, l’abbaye se relèvera et connaîtra, vers la fin du 15ème siècle, un renouveau incontestable sous les abbatiats successifs de Vital Erailh (1434-1493) et de François d’Estaing (1492-1504), chanoine-comte de Lyon et conseiller du roi Charles VIII.

Le premier entreprendra la reconstruction de l’église abbatiale dont le chœur s’était effondré. Les travaux seront poursuivis dans le style gothique et achevés par le second.

LA RENAISSANCE

A la fin de 1520, et au bénéfice du Concordat, la famille auvergnate de Saint Nectaire fera de l’abbaye du Monastier et de sa congrégation un véritable domaine familial, qu’elle ne quittera qu’en 1677, au décès de l’abbé Henri de Saint Nectaire. En 1167, sous l’abbatiat de ce dernier, l’abbaye perdra son autonomie par son rattachement à la congrégation de Cluny.

Le concordat de Bologne est signé à Rome le 18 août 1516, lors du Vème concile du Latran, entre le pape Léon X et le chancelier Antoine Duprat qui représentait le roi de France François Ier. Il régit les relations entre l’Église catholique romaine et le roi de France jusqu’en 1790. Il donne au roi de France dans son royaume un pouvoir sur l’Église, privilège dont ne disposait aucun autre souverain catholique jusqu’alors.

A L’AUBE DE LA RÉVOLUTION

Aux 17ème et 18ème siècles, la pratique de la commende, initiée par le concordat de 1516, amène la nomination d’abbés non-résidents, tels les cardinaux de Bonzy (1677-1702) et De Castrie (1702-1747).

La commende : c’est l’usufruit d’un monastère, d’une église ou d’un évêché accordé par le pape à un ecclésiastique ou à un laïc.

Vers la fin du 18ème siècle, le monastère ne compte plus qu’une vingtaine de moines résidents. En 1774, Mgr Lefranc de Pompignan, abbé de Saint Chaffre et évêque de Vienne, demande au Saint-Siège sa fermeture. En 1786, contre l’avis des habitants et des moines du Monastier, il finit par avoir gain de cause ; et l’abbaye sera définitivement fermée en 1787.

A l’aube de la Révolution française, le monastère bénédictin est dans un état lamentable ; il n’est plus que l’ombre de lui-même. Les remous de l’année 1793 et les événements révolutionnaires décideront de sa vente comme bien national, et ses propriétés seront dispersées.

Ainsi disparaissent plus de treize siècles de l’Histoire de l’abbaye du Monastier.

La Révolution française désigne une période de bouleversements sociaux et politiques de grande importance en France, dans ses colonies et en Europe à la fin du XVIIIème siècle. Sa durée s’étend entre l’ouverture des États généraux, le 5 mai 1789, et au plus tard du coup d’État de Napoléon Bonaparte le 9 novembre 1799 (18 brumaire de l’an VIII).

Blason de la ville du Monastier sur Gazeille

Blason de la ville du Monastier sur Gazeille

 L’ABBATIALE

Façade occidentale polychrome

Plan de l'abbatiale

Plan de l’abbatiale

LES EXTÉRIEURS

FAÇADE  OCCIDENTALE

Elle est composée de deux étages :

On distingue au premier étage trois arcs qui reposent sur des piliers carrés. Au centre, le portail d’entrée est surmonté d’un arc agrémenté par trois archivoltes toriques. Ces dernières sont soutenues par de splendides colonnes et des chapiteaux décorés.

Une archivolte est un ensemble de décorations, sculptures ou baguettes qui bordent une arcade en accentuant les pourtours supérieurs et inférieurs des voussoirs ou claveaux de l’arc.

Au deuxième étage, au centre, on aperçoit une grande baie encadrée par deux colonnettes. L’étage est surmonté d’une corniche composée d’un mélange de pierres blanches et noires. On y différencie sept couleurs de pierres différentes.

On découvre, placés sur les contreforts, des sculptures représentant des personnages, des animaux ainsi que des monstres accroupis, rampants et grimaçants.

DÉTAILS DE LA FAÇADE SOMMITALE

Aujourd’hui, l’église abbatiale reste un des plus beaux exemples de l’art roman en Auvergne par sa façade polychrome et sa frise sommitale unique.

 

PORTAIL D’ENTRÉE DE LA FAÇADE OCCIDENTALE

 

FAÇADE MÉRIDIONALE & CONTREFORTS

LE CHEVET

L’INTÉRIEUR

LA NEF

A la période romane, l’édifice comprenait sur la nef centrale une voûte en berceau, cloisonnée d’arcs doubleaux. Les bas-côtés étaient couverts de voûtes d’arête dont certaines subsistent.

Les deux transepts et leur avant-corps ont conservé le système d’origine de voûtement en berceau.

La nef centrale, la croisée et trois travées des collatéraux ont été recouvertes de voûtes sur croisées d’ogives lors des restaurations au 15ème siècle.

LE « TRÉSOR » ABBATIAL

Le buste reliquaire de Saint Chaffre (11ème-12ème siècles)

Au sein du « trésor » sont conservés quelques éléments mobiliers intéressants provenant de l’ancienne abbaye bénédictine :

Actuellement conservé dans l’ancienne sacristie, le buste reliquaire de Saint Chaffre, daté du 11ème siècle, est certainement la pièce majeure. Il est en bois recouvert de feuilles d’argent et d’or façonné au repoussoir et décoré d’un parement de verre.

Buste reliquaire de saint Chaffre plaqué d'argent, Xème - XIIème siècles

Buste reliquaire de saint Chaffre plaqué d’argent, Xème – XIIème siècles

Les fragments de tissus « orientaux » ou « byzantins »

Parmi les trésors de l’abbaye, on trouve aussi des fragments de soieries aux couleurs vives qui recouvraient les reliques (Étoffes précieuses car rares, probablement rapportées de Terre Sainte par les Croisés). Ils proviennent du reliquaire de Saint Chaffre. L’un représente des oiseaux dessinés à l’intérieur de médaillons (suaire de Saint Chaffre), l’autre des griffons qui s’affrontent encadrés de chiens, d’arbres à palmettes et d’oiseaux. Ils datent du 10ème siècle.

La piéta de Vital Erailh

Elle est en bois peint de la fin du 15ème siècle. Elle représente, autour du Christ, Saint-Jean, trois Saintes Femmes, deux personnages richement habillés, ainsi que l’abbé donateur. A côté de l’abbé agenouillé on distingue son écu sommé de la mitre et de la crosse. Dans l’arcature de la fenêtre figurerait un paysage local : les Ducs de Breysse et l’église du Monastier.

Le tombeau en « enfeu »

Il est inséré dans le mur Est. La niche, agrémentée de pilastres ornés de « feuilles de choux », porte encore les traces de décorations polychromées (ocre-rouge). Le gisant de marbre représente le défunt revêtu des « pontificaux » : crosse et gants, symboles de ses hautes fonctions ecclésiastiques. Est-ce un abbé de Saint Chaffre, ce qui est le plus plausible, ou bien un évêque ?

L’ensemble paraît dater du 13ème ou du 14ème siècle.

Enfeu : caveau ou niche, aménagés dans l’épaisseur d’un mur pour y placer un cercueil ou une urne funéraire.

LES RELIQUAIRES & LES OSSEMENTS DE SAINT CHAFFRE ET SAINT THEOFREDE

 

LA CHAIRE

LES STALLES

Les boiseries et les autels (à l’exception du maître autel), les stalles et les grilles en ferronnerie du chœur et de la tribune, datent de la fin des 17ème et 18ème siècles.

LES CHAPELLES

LA CHAPELLE SENNECTERRE

L’ORGUE

Son orgue de 1518, commandé par Gaspard de Tournon et restauré en 1985 par l’atelier de facture d’orgues Giroud (Bernin, Isère), est l’un des plus vieux d’Europe.

Restauré dans les années 80, l’orgue du Monastier est un instrument reconstruit « à l’identique », à partir d’éléments anciens (sommiers, tuyaux, etc…).

Le buffet est l’un des plus anciens actuellement conservés.

L’inscription dédicatoire : « l’an 1518 furent fête ces orgues par frère lancelot pascal… » permet de le situer dans les premières années du 16ème siècle.

Richement décoré, il porte sur un fond bleu-vert des claires-voies rouge vermillon. L’ensemble est encore orné de motifs dorés estampés (fleurettes ou fleur-de-lys), ou peints (vases). A la partie supérieure, deux des quatre cartels portent, l’un les armes de l’abbé Gaspard de Tournon (1504-1520), l’autre un saint abbé bénédictin couronné d’une auréole dorée (Saint Chaffre).

La balustrade (dont la partie centrale est une restitution) affiche un décor à pli-de-serviette, une décoration peinte contenant fleurettes, vases, ou oiseaux.

LES CHAPITEAUX

L’édifice, malgré la disparition du chœur et du rond-point roman, a conservé un nombre élevé de chapiteaux représentant sirènes, griffons, monstres, thèmes végétaux, arcs de triomphes…

Sur les deux chapiteaux de l’arc triomphal est représenté le tétramorphe (en architecture religieuse c’est un décor de tympan d’église).

LES VOÛTES

LES CLEFS DE VOÛTES DÉCORÉES

LES VITRAUX

SARCOPHAGE & STÈLE FUNÉRAIRE

Dans l’église même, on trouve deux tombeaux placés au fond de chacun des collatéraux. Il semblerait que celui du sud ait été construit avec des éléments de réemploi, à la forme d’un coffre ouvert en bâtière. Le panneau principal est décoré d’une crosse, alors que le panneau latéral porte une crucifixion.

Près du sarcophage, dressée contre le mur, se trouve la pierre tombale de l’abbé Vital Erailh, retrouvée au début du siècle. Pour avoir été exposée malencontreusement trop longtemps aux intempéries, elle n’est plus lisible de nos jours.

Sous les armes de l’abbé on lisait autrefois : « SI V’DALS ERALHZ » qui peut se traduire : Subjacet Vidals Eralhz (abbas).

Sources : cet article repose en grande partie sur les détails et les explications affichés à l’intérieur de l’abbatiale, à l’intention du public.

Blason de la ville du Monastier sur Gazeille

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